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mercredi 24 juin 2020

Affaire Kohler : Macron s'est ingéré dans l'enquête judiciaire

Révélation de Mediapart dans le silence de la presse institutionnelle


Mediapart a reçu copie d'une lettre manuscrite d'Emmanuel Macron qui suscite de nouveaux remous dans l'affaire Alexis Kohler. 

Cette lettre pèse lourd désormais dans le dossier et le plombe. Ce mardi 23 juin en séance à l’Assemblée nationale, 
le député de la France Insoumise Ugo Bernalicis a interrogé la Garde des Sceaux Nicole Belloubet sur les remontées d’informations dont elle a pu bénéficier. L’élu l’a ainsi précisément questionné sur une note qu’Emmanuel Macron a lui-même écrit en faveur d’Alexis Kohler, l’actuel secrétaire général de l’Elysée. 

Alexis Kohler était visé depuis juin 2018 par une enquête du Parquet national financier pour une affaire de conflit d’intérêts entre ses anciens postes dans la haute fonction publique et ses liens familiaux avec l’armateur MSC.


@EmmanuelMacron a écrit (à la main !) une lettre visant à absoudre Alexis #Kohler des chefs d'inculpation dont il fait l'objet.

À mes questions pourtant très claires sur cette affaire, @NBelloubet fait semblant de ne pas comprendre et répond à côté pour mieux couvrir #Macron. 


L’enquête a finalement été classée sans suite le 22 août 2019, mais un nouvel élément vient jeter le trouble sur cette décision. 
Dans un article paru ce mardi, le quotidien en ligne Mediapart révèle s’être procuré une lettre d’Emmanuel Macron transmise au PNF le 1er juillet dernier. Celle-ci montre, selon le quotidien, que le président est “intervenu directement dans une procédure judiciaire individuelle” au détriment “de la séparation des pouvoirs”. 

Une note personnelle 

Dans ce qui est formulé comme une note à l’attention de son collaborateur, le chef de l’État y assure notamment que, lors de son passage au ministère de l’Economie pendant le quinquennat précédent il était parfaitement informé des liens entre Alexis Kohler, qui était alors son directeur de cabinet, et MSC et que ce dernier lui a formellement “remis un courrier demandant à ne jamais avoir à traiter des dossiers et questions concernant ce dossier”.
 
L’attestation a été envoyée avec de nombreuses autres par l’avocat d’Alexis Kohler. 
Or, relève Mediapart, elle intervient à un curieux moment. Alors qu’un premier rapport d’enquête s’avérait “totalement accablant pour Alexis Kohler”, un deuxième rapport définitif est finalement fourni après que la note du président soit transmise au parquet. Les conclusions y sont résolument différentes et le commissaire ne remet plus en cause la bonne foi du secrétaire général. “Il a été réduit d’une bonne dizaine de pages: tous les faits dérangeants contre Alexis Kohler ont été expurgés”, assure Mediapart.
 
Interrogé le 20 mai dernier par la Commission d’enquête parlementaire sur l’indépendance de la justice, Anticor a dit soupçonner des tentatives d’immixtions dans l’affaire Alexis Kohler. Comme Mediapart, l’association anti-corruption a également relevé que la décision du classement sans suite était intervenue à un moment d’intérim à la direction du PNF, entre le départ d’Éliane Houlette le 30 juin, et l’arrivée officielle de son successeur Jean-Jacques Bohnert, le 9 octobre 2019. 

Si face à Ugo Bernalicis, Nicole Belloubet a plutôt botté en touche sur le fond de l’affaire, l’Élysée n’a pas non plus donné suite aux questions de Mediapart. 

lundi 9 décembre 2019

Déclaration d'intérêts de Delevoye: l'"oubli" qui dissimule un conflit d'intérêts avec les assureurs ?

Un "irresponsable" ou  un "dissimulateur", aux manettes de la réforme des retraites ?

Dans sa déclaration d'intérêts,
le haut-commissaire aux retraites nommé par Macron a omis de mentionner sa fonction d'administrateur dans un institut de formation de l'assurance.


La transparence selon Macron n'a encore percé...
La mémoire du  septuagénaire a des ratés: Delevoye a eu un blanc au moment d'établir sa déclaration d'intérêts, comme laisse apparaître samedi la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Celui qui nous assène des promesses et des garanties sur un projet flou de réforme des retraites a eu un trou noir de trois années sur sa fonction d'administrateur de l'institut de formation de la profession de l'assurance (IFPASS) depuis 2016. 

Notre problème avec lui n'est pas tant sa rémunération - à part des gueuletons de homard, il est bénévole - que ses liens étroits avec une profession qui est partie prenante au projet de réforme qu'il conduit cahin-caha.  Ce n'est donc pas une simple "erreur qui tombe mal" en plein mouvement contre la réforme des retraites", comme l'écrit l'AFP.  

"Ce n'est pas responsable", reconnaît celui que Macron a placé à la tête de sa réforme

Un "oubli", selon la tête de linotte en charge de nos retraites à venir.  
Le secteur des assurances "est très intéressé par la réforme" des retraites, confirme un ancien dirigeant. "La réforme des retraites ouvre des perspectives," Fin octobre, déclara au JDD le directeur général d'AG2R-La Mondiale."C'est une omission par oubli", a répondu dimanche Jean-Paul Delevoye, qui a expliqué "n'y avoir pas pensé une seconde" au moment de faire sa déclaration. "Je reconnais que ce n'est pas responsable", a-t-il confessé. Il a précisé exercer "une fonction bénévole" au sein de l'IFPASS. 
Mais "s'il y a incompatibilité" avec ses fonctions de haut commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye se dit prêt à démissionner de l'IFPASS.

Delevoye a déjà fait polémique en prônant plus d'immigration au détriment d'une politique nataliste. Le Haut-commissaire aux retraites a expliqué qu'il faudra "50 millions de population étrangère pour équilibrer la population active en Europe en 2050" en faveur de la natalité :

Les conflits d'intérêts se multiplient autour de Macron

Alors qu'en juin dernier les députés de la République en marche (LREM) votaient (contre l’avis de tous les autres partis politiques) la privatisation d’Aéroport de Paris (ADP) et de la Française des jeux (FDJ), on apprenait que, choisie pour gérer ce processus, Bank of America a  recruté Bernard Mourad, l’homme qui a financé la campagne de Macron et l’a orienté en 2008 vers une banque d’affaires où il a gagné ses premiers millions. De plus, parmi les actionnaires minoritaires qui vont toucher immédiatement des "indemnités" (anticipant une éventuelle perte 70 ans après la privatisation) et les entreprises candidates au rachat se trouvent des personnes ou des groupes envers lesquels la macronie est redevable ou qu’elle veut courtiser pour y placer ses proches. C'est ainsi que Raphaële Rabatel, l’épouse de Gilles Legendre, patron des députés En marche! devait être recrutée à la communication de la FDJ en mai 2019. Le lendemain, autre révélation : Hugh Bailey, l’ancien conseiller industriel d’Emmanuel Macron au ministère de l’Économie, où il avait en son temps supervisé le rachat (soupçonné d'affairisme et de scandale et supprimé 1.000 emploi à GE-Belfort) de la branche énergie d’Alstom par l’Etasunien General Electric (GE) en 2015, a fait depuis 2017 une belle carrière au sein de GE France puisqu’il en est devenu le patron en avril dernier.
Dès juin 2018, une enquête fut ouverte contre Alexis Kohler pour prise illégale d'intérêts. Le parquet national financier eut vite fait de la classer sans suite : les investigations visaient les liens entre l'armateur italo-suisse et cet Alexis Kohler, qui n'était autre que le secrétaire général de l'Elysée et bras droit d'Emmanuel Macron.

Et Buzyn, la ministre de tutelle de Delevoye, n'est pas plus "responsable". Agnès Buzyn a également été victime de l'un de ces passages à vide. Cette fois, son "omission par oubli", c'est son mari, Yves Lévy, dirigeant l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Or, la ministre des Solidarités et de la Santé s'est mise en situation de conflit d'intérêts, car si son ministère ne finance pas l'INSERM (ses crédits sont attribués par la ministre de la Recherche, Frédérique Vidal, sa voisine de table en Conseil des ministres), il en est ministère de co-tutelle... politique, nuance !, et plusieurs des membres du conseil d’administration de l'Inserm y représentent le ministère de la santé.
Après sa nomination au gouvernement,  en 2017, Agnès Buzyn avait déclaré en substance - et sourire de Joconde aux lèvres - que les "liens d’intérêts" ne sont pas un problème, mais au contraire une preuve de compétence !

lundi 11 novembre 2019

Où en est l'affaire Alexis Kohler pour "prise illégale d’intérêt", "trafic d’influence" et "corruption passive"?

L''affaire Benalla a-t-elle servi à détourner l'attention de l'affaire Kohler ? 

Une enquête reste actuellement ouverte pour des soupçons de conflits d’intérêts visant le bras droit d’Emmanuel Macron à l'Elysée

Le président Macron a redit sa confiance en son bras droit à l'Élysée.

L’association Anticor a-t-elle lâché l'affaire ? Voilà trois mois que, mercredi 8 août, elle a déposé une plainte pour "prise illégale d’intérêt" contre le secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler. Ancien directeur de cabinet de Pierre Moscovici, puis d'Emmanuel Macron au ministère des Finances sous la présidence de Hollande, Kohler est celui à qui on devait chaque mois, pendant cinq ans, la promesse pour la fin décembre suivante de l'inversion de la courbe du chômage.

Comme haut-fonctionnaire, Kohler avait approuvé des contrats avec l’armateur italo-suisse MSC, fondé et dirigé par des cousins de sa mère, selon Mediapart.
En mars 2019, l’association anticorruption en était à sa troisième plainte : elle accusait alors le numéro 2 de l’Elysée de "faux et usage de faux" et d’"omission substantielle de ses intérêts", en l’occurrence d’avoir dissimulé deux points dans différentes déclarations sur l’honneur : ses liens familiaux avec l’armateur et le fait d’avoir été impliqué, comme fonctionnaire, dans des décisions concernant MSC, selon la plainte rédigée le 18 mars.

Si elles sont confirmées, ces accusations pourraient une nouvelle fois ébranler la présidence de la République, déjà à l'origine du scandale de l’affaire Alexandre Benalla. Mais, selon plusieurs spécialistes, si de nouvelles révélations concernant le secrétaire général de l’Elysée continuent de sortir dans la presse, l’affaire Alexis Kohler pourrait avoir un impact plus grave que celle qui vise l’ancien collaborateur et garde du corps d’Emmanuel Macron. Or, la justice prend son temps... Le pas de la justice est-il celui de la politique ? 

La justice a en effet ouvert une enquête fin mai après la première plainte de l’association anticorruption auprès du Parquet national financier (PNF), une institution judiciaire qui ne manque pas de moyens. Déposée pour "prise illégale d’intérêt", "trafic d’influence" et "corruption passive", la plainte s’appuyait sur les premières révélations de Mediapart.

Kohler mis en examen, c'est l'Elysée qui vacillerait

Si cette enquête conduisait à une mise en examen, l'affaire pourrait faire chanceler Macron. 
"A mon sens, si les faits sont avérés pour Alexis Kohler, je pense que sur le plan politique, l’affaire est plus grave que celle d’Alexandre Benalla", souligne Jean Garrigues, un historien qui, le 25 avril 2017, a pourtant fait partie des signataires d'une tribune de chercheurs et d'universitaires  - évidemment neutres et apolitiques - clamant leur soutien à Emmanuel Macron dès le premier tour de l'élection présidentielle française de 2017 et appelant à voter pour lui au second, en raison notamment de son projet pour l'enseignement supérieur et la recherche.
Un avis partagé par Jérôme Fouquet de l’Ifop. 
"C’est politiquement et institutionnellement bien plus grave", tranche le sondeur sur France 5, rappelant qu’Alexis Kohler est le bras droit du président, son homme de confiance fidèle parmi les fidèles. "C’est le pivot de la République. D’autant plus qu’Emmanuel Macron a manifestement une très fort proximité avec lui. Une toute confiance en lui. C’était le cas sous les précédents quinquennats mais là c’est très fort", explique-t-il.
Et Jérôme Fouquet d’estimer qu’on est "très loin d’un collaborateur qui a joué les policiers et est allé mettre un coup de poing a des manifestants." Il s’agit ici d’une affaire qui touche l’ancien directeur de cabinet d’Emmanuel Macron quand il était ministre, "principale cheville ouvrière de la création d’En marche! en 2015" et grand artisan de sa campagne présidentielle.

Les oppositions suivent-elles le dossier ?
"Nous sommes face à "un phénomène oligarchique", fustige le député Ugo Bernalicis (LFI) dans Le Figaro, tandis que Sébastien Chenu (Rassemblement national) parle d’un pouvoir "bâti sur le mensonge et la dissimulation". 

Du côté des Républicains, on dénonce "l’hypocrisie de la majorité" sur la moralisation de la vie publique, engagement fort de la présidence d’Emmanuel Macron.

VOIR et ENTENDRE l'audition sénatoriale de Kohler sur l'affaire Benalla :

Quels sont les faits reprochés à Alexis Kohler par Anticor et les grands partis politiques d'opposition ?



Alexis Kohler aurait approuvé en 2010 et 2011 
des contrats entre l’armateur MSC, fondé et dirigé par des cousins de sa mère, et le port du Havre, dont il était alors membre du conseil de surveillance, selon des documents révélés par Mediapart. 

Le site d’investigations avait déjà accusé le numéro 2 de l’Elysée de conflit d’intérêts au motif qu’il a siégé à partir de 2010 au conseil d’administration de STX France - les chantiers navals de Saint-Nazaire -, dont MSC était le principal client, et qu’il avait rejoint l’armateur quelques années après.
STX France était une société de construction navale (branche française de STX Europe, filiale du groupe sud-coréen STX Offshore & Shipbuilding). Elle regroupait les chantiers de Leroux Naval à Lorient qui ont été vendus en octobre 2016, et les Chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire qui appartiennent à 51 % au constructeur naval italien Fincantieri. Le 18 juillet 2018, STX France devient les Chantiers de l'Atlantique.
Le bras droit du ministre de l'Economie était devenu après août 2016 directeur financier de la filiale croisières de MSC, grâce au feu vert de la commission de... déontologie de la fonction publique. Cette dernière s’était opposée en 2014 à une première tentative du haut fonctionnaire de travailler pour l’armateur. 
Marianne croit d’ailleurs savoir que, pour cette deuxième demande, fructueuse cette fois-ci, "Alexis Kohler a pu bénéficier du soutien d’Emmanuel Macron", alors ministre de l’Economie, lequel se serait alors "porté garant de l’intégrité de l’énarque."

Le problème est que le numéro 2 de l’Elysée a affirmé s’être toujours écarté des débats quand il a eu à connaître des dossiers concernant MSC, comme haut-fonctionnaire. 
Or, Mediapart a ouvert un nouveau front en publiant deux procès-verbaux du conseil de surveillance du "Grand Port maritime du Havre" qui affirment le contraire. 
Or, de 2010 à 2017, Le Havre a eu Edouard Philippe pour maire. Et Macron en a fait son premier ministre, verrouillant un peu plus l'affaire...  

Des allers-retours dans le privé qui alimentent les soupçons.
Selon les documents, de 2010 à 2012, Alexis Kohler y siégeait, comme représentant de l’Agence des participations de l’Etat, au côté d'Edouard Philippe, alors maire du Havre qui doit peut-être sa nomination à Matignon par Macron en échange de son silence. Or, lors de deux réunions, en septembre 2010 et 2011, Kohler a pris la parole et a voté en faveur de contrats à venir entre le port du Havre et Terminal Normandie MSC, filiale française de l’armateur et acteur majeur de l’extension du port alors en cours.
Plusieurs ex-membres du conseil ont d’ailleurs affirmé à Mediapart qu' "ils ignoraient tout de la situation familiale d’Alexis Kohler et qu’ils sont tombés des nues quand ils ont découvert très récemment ses liens avec MSC", l’un des plus gros transporteurs maritimes de conteneurs au monde.

Membre actif de la campagne présidentielle pour le candidat Macron, Alexis Kohler avait rejoint l’Elysée en mai 2017 après moins de neuf mois passés chez MSC. Dans l’intervalle, comme cadre de l’armateur, il était revenu à Bercy en mars 2017 pour participer  à une "réunion sur la reprise de STX France alors en faillite", alimentant les soupçons de conflit d’intérêts.
Michel Sapin et Christian Eckert se sont-ils exprimés sur ce dossier ?

"Passer de la haute fonction publique au privé est insupportable; il faut couper toute relation entre le pouvoir politique et économique", s’indigne à ce sujet le député communiste Stéphane Peu, avant de s’étonner sur Franceinfo, que son amendement interdisant ces pratiques ait été refusé par la majorité... 

De son côté, ne souhaitant pas commenter ces faits, l’Elysée se retranche derrière "une affaire judiciaire en cours." Et qui pourrait encore durer encore trois ans, voire huit, si besoin...

L'Elysée assure en août dernier qu'"il n'y a jamais eu dissimulation"



Macron savait... 
Kohler "a toujours, tout au long de sa carrière, informé sa hiérarchie de ses liens familiaux avec les actionnaires de MSC. Il n'y a jamais eu dissimulation", rapporte le JDD du 12 août, quand le Palais est sorti de son mutisme avec la plainte complémentaire déposée le 8 août par l'association Anticor pour "prise illégale d'intérêts" contre le secrétaire général de l'Elysée. Les allers et venues du secrétaire général de l'Elysée entre le public et le privé étaient donc approuvées, voire facilitées. C'est ce qu'il ressort de l'édition du Journal Du Dimanche.

Vers une possible démission de Kohler ?
Bruno Bézard et Dominique Comolli, ses deux supérieurs de l'époque à l'APE, "avaient été informés de l'existence de ces liens familiaux," confirme l'Elysée. De plus, les décisions sur les chantiers navals étaient prises par la Direction générale du Trésor et non pas par Alexis Kohler. Reste à démontrer que la Direction Générale du Trésor, rattachée notamment au ministère de l'Economie et des Finances, d'habitude si bien informée, ignorait tout des liens familiaux de Kohler. 

Kohler, sur un siège éjectable ? Futur démissionnaire ou démissionné ?
La démission est la règle en cas de mise en examen: elle s'applique aux ministres. L'Elysée se veut pourtant serein sur l'avenir de celui qui était devenu en octobre 2017 directeur financier de la filiale croisières de l'armateur : "Il n'y a pas de raison que ce qui s'applique à un ministre ne s'applique pas à un collaborateur du président. Mais la question ne se pose pas". 

mercredi 27 mars 2019

Anticor ne lâche pas le numéro 2 de l'Elysée, accusé de conflits d'intérêts

L'honneur de l'entourage du président Macron une nouvelle fois entâché

La président Macron assume-t-il le parjure de plusieurs hommes de confiance de son entourage?


Le Bureau du Sénat a déjà entériné la demande de sa Commission d'enquête pour une saisine de la Justice sur les "probables faux témoignages" sous serment de trois autres membres de l'entourage du Président Macron (Alexis Kohler, Patrick Strzoda et le général Lionel Lavergne) dans l'affaire Alexandre Benalla et Vincent Crase, le secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler est de nouveau sous pression avec une nouvelle plainte d'Anticor sur ses liens familiaux controversés avec l'armateur italo-suisse MSC, 2e plus grand armateur de porte-conteneurs du monde et numéro quatre international des croisières.

L'association anti-corruption a en effet adressé une troisième plainte au Parquet national financier (PNF), qui enquête depuis un an sur des soupçons de conflit d'intérêts entre les postes d'Alexis Kohler dans la fonction publique et ses liens avec le groupe fondé et dirigé par des cousins de sa mère, la famille Aponte.

Le bras droit d'Emmanuel Macron est cette fois accusé de "faux et usage de faux" et d'"omission substantielle de ses intérêts", en l'occurrence d'avoir dissimulé deux faits dans différentes déclarations sur l'honneur: ses liens familiaux avec l'armateur et le fait d'avoir été impliqué, comme fonctionnaire, dans des décisions concernant MSC, selon la plainte rédigée le 18 mars.

Deux de ces déclarations avaient été adressées en 2014 et 2016 à la commission de déontologie de la fonction publique, lorsque le haut-fonctionnaire avait souhaité travailler pour l'armateur.
La première fois, la commission s'y était opposée: "M. Kohler a, en qualité de représentant de l'Etat au conseil d'administration de la société STX France [les chantiers de Saint-Nazaire, dont MSC était le principal client], participé en février 2012, à une délibération du conseil autorisant la conclusion d'un contrat d'achat d'un paquebot par la société MSC", concluait son avis du 10 juillet 2014 cité par la plainte. Emmanuel Macron est pourtant déjà secrétaire général adjoint de Hollande à l'Elysée.
Mais deux ans plus tard, la commission rendait un avis favorable, le 6 octobre 2016. Macron venait alors juste de démissionner du ministère de l'Economie et de l'Industrie, un mois plus tôt, fin août 2016.

Quand Macron avait quitté Bercy, l'énarque était devenu directeur financier de la filiale croisières du groupe familial. Il quitta ces nouvelles fonctions au bout de quelques mois pour rejoindre l'Elysée à l'élection d'Emmanuel Macron, en mai 2017.

Lors de ces processus, les liens familiaux d'A. Kohler avec l'armateur n'avaient jamais été mentionnés.

Anticor en déduit que Kohler a omis de les mentionner dans trois déclarations d'intérêts qu'il a dû remettre à la Haute autorité pour la transparence (HATVP), en vertu de la "loi Cahuzac" de 2013. "En ciblant cette fois ces omissions de déclarations, on remonte peu à peu aux racines d'un système qui a sa logique", a commenté l'avocat d'Anticor, Me Jean-Baptiste Soufron. Selon cette loi, une telle omission est punie au maximum de trois ans de prison et de 45.000 euros d'amende.

En mai 2018, le PNF a ouvert une enquête sur cette affaire après de premières révélations de Mediapart pour "vérifier si les règles relatives à la mise en disponibilité des agents publics ont bien été respectées" lorsque M. Kohler a rejoint l'armateur en 2016.

Dans la foulée, Anticor avait déposé une première plainte contre le bras droit du président, en qualifiant les faits de "prise illégale d'intérêt", "trafic d'influence" et "corruption passive". L'association avait complété sa plainte par un deuxième courrier le 8 août, au lendemain de nouvelles révélations de Mediapart.

Il s'agissait cette fois de procès-verbaux du conseil de surveillance du "Grand Port maritime du Havre" (GPMH), où Alexis Kohler siégeait de 2010 à 2012 comme représentant de l'Agence des participations de l'Etat (APE) aux côtés du maire du Havre, l'actuel premier ministre Edouard Philippe.

Le numéro deux de l'Elysée a affirmé s'être "toujours déporté" [s'être écarté des débats] quand il a eu à connaître comme haut-fonctionnaire des dossiers impliquant MSC. 
Ces documents attestent cependant qu'en septembre 2010 et 2011, il a pris la parole et voté en faveur de contrats à venir entre GPMH et Terminal Normandie MSC (TNMSC), filiale française de l'armateur et acteur majeur de l'extension du port alors en cours.
Or, cet automne, la Commission d'accès aux documents administratifs (CADA) a refusé à Mediapart le droit d'obtenir la déclaration d'intérêts de M. Kohler lors de sa nomination au port du Havre.
Selon le site, la Brigade de la répression de la délinquance économique (BRDE, division de la la police judiciaire parisienne, PJ) n'est pas parvenue non plus à obtenir cette déclaration, malgré des perquisitions au port du Havre ou au ministère de François de Rugy, Transition écologique et solidaire.

samedi 25 août 2018

A peine rentré de vacances, Macron s'offre un long weekend au Fort de Brégançon

Le Président de la République est tellement chargé de travail qu'il est de retour dans sa résidence de vacances à Bormes-les-Mimosas...

Arrivé dès jeudi, en début d'après-midi, le chef de l'Etat devrait rester tout le weekend, en compagnie de son épouse et de sa famille. 

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Tiphaine, la fille de Brigitte Macron, a table ouverte 
avec sa famille, dans la résidence de la République
La presse nous refait pourtant le coup de la rentrée studieuse. 
Alors que le mistral devrait souffler fort sur le rivage varois (jusqu'à 90 km/heure), le président de la République aura du temps à consacrer à sa belle-famille.

Brigitte Macron à Brégançon
Brigitte Macron en quête de sensations, photographiée
au large du fort de Brégançon, à l'arrière d'un jet-ski 

La rentrée politique et sociale (retraites, chômage, lutte contre la pauvreté, croissance ou déficit public) s'annonce pourtant tendue. Et il aura à revoir le discours qui lui sera proposé pour la conférence des ambassadeurs devant lesquels il s'exprimera, lundi matin.

Macron a du mal avec ses femmes

Brigitte Macron, une femme en campagnePendant ces deux jours, il pourra également se déconnecter de deux des derniers sujets qui ternissent son quinquennat : outre l'affaire Benalla et le refus de ce proche collaborateur d'aider les enquêteurs, ou celle d'Alexis Kohler, accusé de conflit d'intérêts familial, deux autres apparaissent moins directement impactantes : le désaccord entre les ministres de la santé et du travail - Agnès Buzyn et Muriel Penicaud - sur le financement des arrêts maladie par les entreprises, 
Résultat de recherche d'images pour "Macron barbe las vegas"et surtout l'ouverture d'une enquête par la justice concernant la ministre de la culture, Françoise Nyssen, sur de supposées infractions aux règles d'urbanisme commises par Actes Sud, la maison d'éditions que son père a créée. 
Sans compter l'implication suspecte de Havas et Muriel Pénicaud dans le financement masqué de Macron, ministre, en visite de campagne à Las Vegas, déguisé en start-upper avec barbe de trois jours.
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Tous les Trogneux profitent du fort de Brégançon,
tout en boudant la piscine à 34.000 euros
On peut comprendre que Macron n'ait guère envie de rentrer à Paris

Il se fait discret, nous dit-on, mais il n'est question que de lui et des jambes de Madame, "les plus belles de France" (sic): "Brigitte Macron a choisi de s’habiller court pour montrer ses longues jambes. Faut-il s’habiller court comme Brigitte Macron ? Vaste débat qui anime TOUTES les conversations de France et de Navarre ! " (Paris Match) Voyez vous-même les coton-tiges, ci-contre. 
Certes, il n'a pas abusé de sorties officielles, mais chacune a suscité la polémique et la nausée, du fait de mises en scènes grossières révélées par la presse, l'une avec le petit Maxime, 6 ans, qui aurait une passion pour Macron (lien PaSiDupes), l'autre avec la mère d'un détenu français au Maroc, Thomas Gallay (lien PaSiDupes)