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mercredi 24 juin 2020

Affaire Kohler : Macron s'est ingéré dans l'enquête judiciaire

Révélation de Mediapart dans le silence de la presse institutionnelle


Mediapart a reçu copie d'une lettre manuscrite d'Emmanuel Macron qui suscite de nouveaux remous dans l'affaire Alexis Kohler. 

Cette lettre pèse lourd désormais dans le dossier et le plombe. Ce mardi 23 juin en séance à l’Assemblée nationale, 
le député de la France Insoumise Ugo Bernalicis a interrogé la Garde des Sceaux Nicole Belloubet sur les remontées d’informations dont elle a pu bénéficier. L’élu l’a ainsi précisément questionné sur une note qu’Emmanuel Macron a lui-même écrit en faveur d’Alexis Kohler, l’actuel secrétaire général de l’Elysée. 

Alexis Kohler était visé depuis juin 2018 par une enquête du Parquet national financier pour une affaire de conflit d’intérêts entre ses anciens postes dans la haute fonction publique et ses liens familiaux avec l’armateur MSC.


@EmmanuelMacron a écrit (à la main !) une lettre visant à absoudre Alexis #Kohler des chefs d'inculpation dont il fait l'objet.

À mes questions pourtant très claires sur cette affaire, @NBelloubet fait semblant de ne pas comprendre et répond à côté pour mieux couvrir #Macron


L’enquête a finalement été classée sans suite le 22 août 2019, mais un nouvel élément vient jeter le trouble sur cette décision. 
Dans un article paru ce mardi, le quotidien en ligne Mediapart révèle s’être procuré une lettre d’Emmanuel Macron transmise au PNF le 1er juillet dernier. Celle-ci montre, selon le quotidien, que le président est “intervenu directement dans une procédure judiciaire individuelle” au détriment “de la séparation des pouvoirs”. 

Une note personnelle 

Dans ce qui est formulé comme une note à l’attention de son collaborateur, le chef de l’État y assure notamment que, lors de son passage au ministère de l’Economie pendant le quinquennat précédent il était parfaitement informé des liens entre Alexis Kohler, qui était alors son directeur de cabinet, et MSC et que ce dernier lui a formellement “remis un courrier demandant à ne jamais avoir à traiter des dossiers et questions concernant ce dossier”.
 
L’attestation a été envoyée avec de nombreuses autres par l’avocat d’Alexis Kohler. 
Or, relève Mediapart, elle intervient à un curieux moment. Alors qu’un premier rapport d’enquête s’avérait “totalement accablant pour Alexis Kohler”, un deuxième rapport définitif est finalement fourni après que la note du président soit transmise au parquet. Les conclusions y sont résolument différentes et le commissaire ne remet plus en cause la bonne foi du secrétaire général. “Il a été réduit d’une bonne dizaine de pages: tous les faits dérangeants contre Alexis Kohler ont été expurgés”, assure Mediapart.
 
Interrogé le 20 mai dernier par la Commission d’enquête parlementaire sur l’indépendance de la justice, Anticor a dit soupçonner des tentatives d’immixtions dans l’affaire Alexis Kohler. Comme Mediapart, l’association anti-corruption a également relevé que la décision du classement sans suite était intervenue à un moment d’intérim à la direction du PNF, entre le départ d’Éliane Houlette le 30 juin, et l’arrivée officielle de son successeur Jean-Jacques Bohnert, le 9 octobre 2019. 

Si face à Ugo Bernalicis, Nicole Belloubet a plutôt botté en touche sur le fond de l’affaire, l’Élysée n’a pas non plus donné suite aux questions de Mediapart. 

mardi 14 janvier 2020

Enquête judiciaire suite au croche-pied volôntaire de policier sur manifestante à Toulouse

Le policier malveillant a été filmé en action collective

Une enquête disciplinaire est en cours : un avertissement ou un blâme est "envisageable" 

Filmée par un internaute, à défaut de presse institutionnelle suffisamment respectueuse de la déontologie professionnelle, la scène a tourné sur les réseaux, sans qu'elle puisse être censurée, ni tronquée. Le 9 janvier à Toulouse, lors d'un rassemblement contre la réforme des retraites, un policier a délibérément fait chuter une manifestante en lui faisant un croche-pied. 

Le geste malveillant a été réalisé en équipe et en deux temps : un scénario bien huilé dans lequel un premier policier pousse la personne visée brutalement en avant, tandis qu'un second venant en sens opposé laisse traîner un pied pour parachever l'opération de déséquilibre. Au football, la faute est sifflée instantanément et le coupable exclu sur le champ. Dans la police, les faits de violences policières sont mieux tolérés...
L'agent en cause a pourtant été identifié, mais il faut qu'une enquête disciplinaire soit ouverte pour que soit prononcé un simple avertissement ou qu'un blâme sans conséquences puisse être envisagé. 

Christophe Castaner a fait référence à cette vidéo lors de ses voeux à la police nationale lundi. 
Pour la énième fois et dans un flot de paroles prononcées sans respirer, le ministre apparent de l'Intérieur a rappelé les forces de l'ordre au devoir d'"exemplarité", avec un "usage juste et proportionné de la force". Rien de nouveau : des grands mots donc, pour ne rien dire. "C'est l'honneur de la police qui est en jeu, on ne fait pas de croche-pied à l'éthique, sauf à s'abaisser", a assuré le ministre adjoint à Laurent Nuñez-Belda.  

Les violences et brutalités policières contraires à la loi française!

Cela va-t-il mieux en le disant ? 
Dimanche soir, Edouard Philippe, tout en affichant sa "confiance" aux forces de l'ordre, a lui aussi rappelé que lorsqu'il est "fait un usage disproportionné (de la force), alors il doit y avoir enquête, et sanction le cas échéant.
Macron demande des "propositions" pour... "améliorer la déontologie..."

Dans le "même temps", la famille de Cédric Chouviat s'est déclarée déçue que les policiers impliqués ne soient pas suspendus... 
Mardi 14 janvier, Castaner a reçu la famille du livreur mort à 42 ans des suites d'une interpellation musclée par la police.  Mediapart révèle que le père de la victime compte demander au ministre de l'Intérieur l'interdiction du plaquage ventralparfois avec une clé de bras ou un menottage dans le dos, une technique d'immobilisation décriée et abandonnée dans d'autres pays démocratiques, car jugée dangereuse.  La Suisse et la Belgique l’ont par exemple interdite, mais pas la France.

"Je n’attends pas grand-chose du ministre qui est dans le déni des violences policières, a déclaré Christian Chouviat au media trotskiste en ligne. Mais je vais m’adresser au père de famille et lui demander s’il trouve normal qu’un fils qui part le matin au travail, ne rentre pas le soir parce que les policiers l’ont tué ?"

Au moment de l’intervention des pompiers, Cédric Chouviat était déjà en état de mort cérébrale, faute d’oxygène. Les premiers résultats d’autopsie ont ensuite révélé une asphyxie avec fracture du larynx. "Une mort atroce et extrêmement violente", ont commenté les avocats de la famille, qui dénoncent une "bavure policière".

La presse aux ordres banalise la bavure policière mortelle

Le livreur n’est pas la première victime du plaquage ventral, peut-on lire. 
Adama Traoré était déjà mort étouffé sous le poids de trois gendarmes, en 2016. 
Bien avant le décès du jeune délinquant, en 1998, il y avait déjà eu la mort de Mohamed Saoud, qui avait valu à la France une condamnation par la Cour européenne des droits de l’Homme en 2007. 
En 2018, la France avait de nouveau été condamnée pour le décès dans des conditions similaires d’Ali Ziri. 

Depuis des années, Amnesty International alerte sur le danger que représente le plaquage ventral. L’association Acat (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) livre le même combat et milite elle aussi pour une interdiction. 

Pour l’instant, la technique est seulement strictement encadrée par une circulaire de 2008 complétée en 2015. Le texte indique que "la compression - tout particulièrement lorsqu'elle s'exerce sur le thorax ou l'abdomen - doit être la plus momentanée possible et être lâchée dès que la personne est entravée par les moyens réglementaires et adaptés". 
Le 8 janvier, Christophe Castaner a déclaré attendre la fin de l’enquête sur la mort de Cédric Chouviat - et un éventuel décès supplémentaire - pour éventuellement reconsidérer la pratique du plaquage ventral. "S’il est établi qu’une technique, quelle qu’elle soit, et je ne suis pas dans l’affirmative, peut générer la mort d’un homme, évidemment nous étudierons la question de suspendre cette technique", a-t-il pris le risque d'indiquer, dans l'incapacité de prendre une décision qui braquerait les policiers sur lesquels s'appuie le régime.

vendredi 19 avril 2019

Hamon avoue enfin être celui qui accorda à Benalla le badge d'accès au Palais Bourbon

Pourquoi Hamon a-t-il autant tardé à avouer sa complicité ?

Cet ancien candidat PS à la présidentielle a-t-il cédé par sympathie pour la diversité ?
Résultat de recherche d'images pour "Hamon et Benalla"
Hamon a-t-il fait entrave à la manifestation de la vérité
et aux commissions parlementaires
en ne communiquant pas sur ses rapports avec Benalla ?
En octobre 2014, dès le retour de Benoît Hamon dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, sur le banc des frondeurs, après deux années au gouvernement (mai 2012-août 2014), Benalla sollicita le député PS des Yvelines - pourquoi lui ? - pour obtenir un droit d'accès au coeur de la sphère politique, révèle la cellule d'investigation de Radio France.

L'ancien collaborateur de l'Elysée, aujourd'hui mis en cause par la justice, Alexandre Benalla passa le voir dans son bureau. "On se connaissait par le service d'ordre du PS, se justifie l'ex-ministre éphémère de l'Education nationale. Il m'a demandé si je pouvais lui accorder un badge pour qu'il ait un accès à la salle de sport de l'Assemblée. Je n'y voyais pas d'inconvénient, j'ai accepté," avoue l'ancien candidat à la présidentielle de 2017, jusqu'ici silencieux sur son laxisme.

Un passe-droit : peut-on refuser à un Maghrébin ?

En théorie, ces laissez-passer sont accordés uniquement à des membres de la famille, à des assistants rémunérés ou à des collaborateurs des partis politiques et au compte-gouttes. Alexandre Benalla n'est rien de tout cela pour le député des Yvelines. Benoît Hamon n'hésite pourtant pas à lui ouvrir à nouveau la voie politique. 

"J'ai été enfumé"! Tels sont les propos de ce "responsable" politique

L'ancien candidat PS à la présidentielle se décide à parlerracontant comment l'ancien garde du corps du président Macron faisait pour accéder aux lieux de pouvoir, et ce dès l'année 2014.

"J'ai été enfumé", admet l'ancien candidat PS à la présidentielle. 

Le socialiste connaît le mode opératoire de l'ancien garde du corps de Macron  pour accéder aux lieux de pouvoir, mais le fondateur de Génération.s et cède.

Hamon ne sait rien refuser à la diversité.
"J'ai adoré le Mélenchon de Marseille sur l'immigration", a déclaré Hamon, en référence à un discours d'avril 2012 de Mélenchon vantant le "métissage" de la France, mais "il y a un vrai changement entre le discours du Prado et ce que dit Jean-Luc maintenant", a estimé M. Hamon. "Sauf à être naïf sur le bonhomme, quiconque ne voit pas la différence et ne voit pas qu'il a maintenant un côté à dire: "les migrants je les prends quand ils sont docteurs, les autres il vaut mieux les nourrir là-bas plutôt qu'ils viennent chez nous...'"  
Hamon les prend tous.

L
e Parquet de Paris a déjà ouvert une enquête pour "entrave à la manifestation de la vérité".
La justice veut savoir s'il y a pu avoir des "dissimulations de preuves" dans le cadre des différentes enquêtes visant Alexandre Benalla et son entourage. Cette enquête judiciaire ouverte en février dernier vise notamment des propos tenus en garde à vue par l'ex-chargé de mission à l'Elysée sur son coffre-fort, qui n'a jamais été retrouvé par les enquêteurs. Des propos d'Alexandre Benalla en garde à vue cet été puis de récents articles de presse ont laissé entendre qu'il avait sollicité un tiers pour le faire disparaître. Cette armoire-forte "a dû être emmenée dans un lieu sûr par une personne mais ce n'est pas moi qui me suis occupé de cela", avait-il argué face aux enquêteurs le 21 juillet.

jeudi 9 août 2018

Le bras droit de Macron de nouveau accusé de conflits d’intérêts

Le secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler, est de nouveau accusé de conflits d’intérêts

Cette nouvelle action judiciaire engagée par Anticor
 s’appuie sur de nouvelles révélations
 
Le secrétaire général de l’Elysée est-il coupable de conflits d’intérêts ?
L’association anti-corruption Anticor ne lâche pas l'affaire. Elle a déposé mercredi une plainte complémentaire pour "prise illégale d’intérêt" concernant le bras droit de Macron à l’Elysée, Alexis Kohler, déjà visé par une enquête judiciaire depuis début juin dernier à la suite du dépôt d’une première plainte.

Anticor s’appuie cette fois-ci sur des procès-verbaux du conseil de surveillance du " Grand Port maritime du Havre" (GPMH) où Alexis Kohler siégeait de 2010 à 2012 comme représentant de l’Agence des participations de l’Etat (APE) au côté du maire du Havre, l’actuel premier ministre Edouard Philippe.

Les liens familiaux au cœur de l’enquête

Résultat de recherche d'images pour "famille Kohler"

Ces comptes rendus de 2010 et 2011, publiés lundi par Mediapart, révèlent qu’Alexis Kohler a pris la parole et voté en faveur de contrats à venir entre GPMH et Terminal Normandie MSC (TNMSC), filiale française de l’armateur MSC fondé et dirigé par des cousins de sa mère, issue d’une famille de 'sabras' (nés en Palestine avant 1948, date de la création de l'Etat d'Israël)

Résultat de recherche d'images pour "famille Kohler"
Sola Hakim, la mère juive de Kohler, venue faire ses études en Europe, y rencontra un haut fonctionnaire au Conseil de l'Europe, Charles Kohler, qui l’épousa. Ainsi, Sola Kohler et Rafaela Aponte - petite-nièce du grand-père d'Alexis Kohler et épouse de l'entrepreneur italien fondateur et propriétaire de la société MSC - sont cousines germaines.
Or, dans la plainte déposée par ses avocats, l’association  pointe "à défaut de preuve contraire - et notamment de la communication de sa déclaration d’intérêt dont il conviendrait d’obtenir communication", ce lien familial "a toujours été dissimulé par Monsieur Alexis Kohler jusqu’à sa révélation par le journal Mediapart".

Première plainte fin mai
L’association anti-corruption avait déjà déposé fin mai une plainte initiale auprès du Parquet national financier (PNF) contre le bras droit d’Emmanuel Macron pour "prise illégale d’intérêt", "trafic d’influence" et "corruption passive" après des premières révélations du site d’information qui avaient déclenché l’ouverture d’une enquête judiciaire.

Image associéeAnticor dénonçait alors la présence d’Alexis Kohler comme représentant de l’Etat à partir de 2010 au conseil d’administration de STX France (chantiers navals de Saint-Nazaire), commune PS, dont MSC était le principal client, sans faire état de ses liens familiaux avec l’armateur, dont il était devenu en octobre 2017 directeur financier de la filiale croisières.

Alexis Kohler se défend

Résultat de recherche d'images pour "Macron Kohler"
Deux compères soucieux
Le PNF avait alors révélé une enquête en cours sur les conditions dans lesquelles la commission de déontologie de la fonction publique avait donné son feu vert à ce départ dans le privé, après un premier refus en 2014.

Interrogé en mai par Mediapart, le numéro deux de l’Elysée a affirmé s’être "toujours" tenu à l’écart des débats quand il a eu à connaître comme haut fonctionnaire des dossiers concernant MSC. Interrogé mardi, l’Elysée n’a souhaité faire "aucun commentaire", compte tenu de l’enquête en cours.

Macron a-t-il profité de croisières auprès de son ami Alexis ?

mardi 24 juillet 2018

Affaire Macron: Collomb charge le préfet, qui charge l'Elysée

Institutions plongées dans le chaos, 
Macron cerné reste mutique

Le ministre d'Etat Gérard Collomb s'est dédouané lundi d'une quelconque faute dans la gestion de l'affaire Benalla.

Il faut croire qu'un ministre de l'Intérieur n'est au courant de rien et n'est donc responsable de rien. C'est en niant tout en bloc que Collomb s'est défaussé sur le préfet de police Michel Delpuech, qui s'est défendu, et sur le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron.

Les vidéos montrant Alexandre Benalla, 26 ans, dans ses oeuvres ont un effet domino, à partir de ce proche collaborateur du président Macron, en train de malmener et tabasser au sol deux manifestants le 1er mai à Paris alors qu'il était supposé accompagner les forces de l'ordre en tant qu'"observateur", et donc de rester passif. Emmanuel Macron est directement mis en cause.

Entendu pendant près de deux heures et demie par la commission des Lois de l'Assemblée dotée de prérogatives d'enquête, le ministre de l'Intérieur, appelé à la démission par des personnalités de gauche comme de droite, a esquivé les interrogations des députés de la Commission des lois constituée en commission d'enquête.

Gérard Collomb a admis avoir été informé par son cabinet dès le lendemain de l'existence de la vidéo sur laquelle on voit Alexandre Benalla agresser deux manifestants en présence d'un salarié de La République en marche (LREM), Vincent Crase, lui aussi "observateur".
Alexandre Benalla (casque et capuche) a les coudées franches
pour tabasser un manifestant à Paris
 le 1er mai,
sous les yeux de policiers observateurs passifs
Mais le ministre d'Etat a estimé que - à la différence des "gens qui ne sont rien"  - ce n'était pas à lui de saisir la justice de ces actes qu'il a de nouveau condamnés "avec la plus grande fermeté".
"Je considère que c'est à ceux qui sont en responsabilité dans leurs administrations, au plus près du terrain, de recueillir les éléments permettant de justifier la transmission d'un signalement au titre de l'article 40" du Code de procédure pénale, a-t-il déclaré.

Le 2 mai, "je m'étais assuré que tant le cabinet du président de la République que le préfet de police avaient été destinataires de l'information. (...) C'était à eux de prendre les sanctions et éventuellement d'informer les autorités judiciaires", a lancé le ministre d'Etat, mais simple observateur de la vie publique.

"C'est un tribunal politique", a accusé sur LCI un ex-collaborateur de Dominique Strauss-Kahn (2003-2007), le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, sonnant le tocsin.
"Plusieurs procédures judiciaires, parlementaires sont engagées et c'est une excellente chose", se félicite sur BFMTV, Christophe Castaner, secrétaire d'État aux relations avec le Parlement et délégué général de La République en marche (LaREM), qui acte ces 3 enquêtes comme si le parti du président les avait initiées.
Les féaux du président ne tiennent pas un autre langage. Ainsi, Aurore Berger a-t-elle lâché que "l'opposition se sert de ce sujet pour refuser une réforme institutionnelle majeure." Le site d'information humoristique belge Nordpresse annonce que la députée LREM a dû annuler son mariage avec Benalla...
Autre thuriféraire qui ne s'est pas grandi , Gilles Le Gendre, porte-parole du groupe La République en marche au Palais Bourbon, s'insurgeant sur RFI: "l'opposition cherche à faire d'une banale histoire de confiance trahie une affaire d'État"...
Cerise sur la gâteau élyséen, le président de l'Assemblée, Rugy, relativise le rôle de Jupiter : "Je voudrais qu'on puisse à un moment remettre les pieds sur terre: ce n'est pas le président de la République qui a demandé à un collaborateur d'aller sur la manifestation du 1er mai et de faire ce qu'il a fait! Il faut garder le sens des mesures".

Bien que, pour seul commentaire direct à ce jour, le président Macron ait déclaré que "la République est inaltérable", le porte-parole met en doute la "déontologie" de la Commission d'enquête parlementaire, présidée par une députée REM, Yaël Braun-Pivet, une juriste formée au cabinet de maître Hervé Temime. C'est donc son co-rapporteur, le député Les Républicains Guillaume Larrivé qui est pointé par le politicien. Perturbée par cette affaire d'Etat, les travaux de l'Assemblée sur sa réforme constitutionnelle ont été renvoyés à la rentrée.

Via ses avocats, Benalla a, quant à lui, dénoncé, "l'utilisation médiatique et politique" de son agression contestée du 1er mai, qu'il a justifiée par la volonté de "prêter main forte" aux policiers face aux manifestants, alors que les forces de l'ordre ne semblent pas débordées, à les voir les bras ballants au spectacle de son acharnement sur deux manifestants.

Sous pression, le président de la République a promis, via son entourage, la "vérité" sur des faits "inacceptables", en espérant éteindre la première grave crise politique de son quinquennat. Il a assuré qu'il n'y aurait "pas d'impunité".

Entendu pendant près de deux heures et demie par la commission des Lois de l'Assemblée dotée de prérogatives d'enquête, le ministre de l'Intérieur, appelé à la démission par des personnalités de droite comme de gauche, a dû affronter un feu nourri de questions.

Gérard Collomb a déclaré avoir été informé le lendemain des faits par son cabinet de l'existence de la vidéo sur laquelle on voit Alexandre Benalla s'en prendre à deux manifestants en présence d'un employé de La République en marche (LREM), Vincent Crase, lui aussi "observateur". 
Mais il a estimé -rappelons-le -  que ce n'était pas à lui de saisir la justice de ces actes de violence, bien qu'ils aient pu être imputés et reprochés à des policiers dont il doit assurer la protection contre la diffamation.

L'audition du préfet de police de Paris accable l'exécutif

Entendu dans l'après-midi par la même commission d'enquête, le préfet de police Michel Delpuech a contesté cette posture du ministre d'Etat, rappelant être "sous l'autorité des autorités exécutives".
Après avoir appris l'existence de la vidéo le 2 mai, le préfet Delpuech a contacté le ministère de l'Intérieur. Or, le ministère lui a répondu être "déjà en liaison" avec la présidence de la République, a-t-il rapporté. Dès lors, "il était établi pour moi que le sujet Benalla était traité par l'autorité hiérarchique dont il dépendait".

De même, alors que Gérard Collomb a contesté connaître Alexandre Benalla, dont il ignorait les fonctions même s'il l'a forcément "croisé" lors de la campagne électorale d'Emmanuel Macron, le préfet a assuré que ce chargé de mission à l'Elysée "était un interlocuteur connu" du ministère et de cadres policiers. Un témoin assurera par la suite que Benalla se faisait craindre des policiers de terrain.

A 26 ans, adjoint du chef de cabinet de la présidence, Benalla jouait un grand rôle dans la sécurité entourant le chef de l'État, confirme le préfet : il était régulièrement en contact avec des responsables policiers. Griveaux a pourtant affirmé que Benalla n'était pas "en charge de la sécurité" d'Emmanuel Macron.


Gérard Collomb n'en a pas fini de devoir clarifier le rôle de exécutif. 
Il sera mardi devant la commission des Lois du Sénat, qui entendra aussi mercredi Patrick Strzoda, et Alexis Kohler, le secrétaire général de l'Elysée, bras droit d'Emmanuel Macron, jeudi.

Dernier auditionné lundi, directeur de l'ordre public et de la circulation (DOPC), Alain Gibelin, a affirmé que M. Benalla n'avait "aucune autorisation" de la préfecture de police de Paris pour participer à la manifestation du 1er-Mai comme "observateur".

Interrogé par Marine Le Pen, A. Gibelin a également reconnu que M. Benalla était présent à des réunions entre ses services et l'Elysée entre le 4 et le 19 mai, période pendant laquelle l'adjoint au chef de cabinet d'Emmanuel Macron était censé être suspendu.

La confusion appellerait à l'audition de Macron

"On a bien compris la stratégie qui est celle du ministre de l'Intérieur: se sauver, quitte à renvoyer la responsabilité vers le préfet de police et le directeur de cabinet du président de la République, comme si ceux-là n'avaient eux-mêmes aucune espèce d'autorité hiérarchique" au-dessus d'eux, a réagi le porte-parole du PS, Boris Vallaud

A gauche toujours, les anciens candidats à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon ont chacun demandé qu'Emmanuel Macron soit auditionné. Critiqué pour son silence public sur ce dossier, le chef de l'Etat a annulé son déplacement mercredi sur le Tour de France, en niant tout rapport de cause à effet avec le scandale d'Etat.

Alexandre Benalla, Vincent Crase et trois hauts gradés de la police soupçonnés d'avoir transmis au conseiller de l'Elysée des images de vidéosurveillance de l'incident ont été mis en examen dimanche: les deux premiers notamment pour "violences en réunion" et les trois policiers pour "violation du secret professionnel" et "détournement d'images issues d'un système de vidéoprotection".

"Fondamentalement, ces événements résultent de dérives individuelles inacceptables, condamnables, sur fond de copinages malsains" entre les policiers mis en cause et Alexandre Benalla, a souligné le préfet Delpuech devant les députés.

Via ses avocats, Benalla a, quant à lui, dénoncé, "l'utilisation médiatique et politique" de son agression contestée du 1er mai, qu'il a justifiée par la volonté de "prêter main forte" aux policiers face aux manifestants, alors que les forces de l'ordre ne semblent pas débordées, à les voir les bras ballants au spectacle de son acharnement sur deux manifestants.

Macron lâche son protégé

Le couple par qui le scandale d'Etat arrive 
L'ancien chargé de mission  "rattaché" au chef de Cabinet (et non pas "adjoint" comme il était dit jusqu'ici), dont le licenciement a été annoncé vendredi par l'Elysée, de même que Vincent Crase, a en outre été soumis à un contrôle judiciaire qui lui interdit d'exercer une fonction publique ou une mission de service public, de détenir une arme et d'entrer en contact avec d'autres protagonistes de l'affaire.

Quant aux deux manifestants malmenés sur les vidéos au cœur du scandale, ils ont demandé à être parties civiles dans l'enquête judiciaire, tout comme un syndicat de policiers.

"Pour éviter qu'un tel dysfonctionnement se reproduise", Macron s'est retourné contre le secrétaire général de l'Elysée pour lui demander de "mener la réorganisation" des services de la présidence.

Parallèlement à l'enquête parlementaire, une enquête administrative a été confiée à la "police des polices", qui devrait remettre son rapport "à la fin de cette semaine", selon le président de l'Assemblée nationale, François de Rugy.

Après Gérard Collomb et Michel Delpuech, la Commission d'enquête de l'Assemblée auditionnera mardi le directeur de cabinet de l'Elysée, Patrick Strzoda, et son homologue de l'Intérieur, Stéphane Fratacci, augurant d'une plongée inédite dans les arcanes du pouvoir.

mardi 19 décembre 2017

Blanchiment d'argent du terrorisme: La Banque postale visée par une enquête judiciaire

La banque publique française a-t-elle fauté ?

La Banque postale est visée par une enquête préliminaire

La Banque Postale avait supprimé de son système de filtrage la Saving Bank, une banque d'Etat syrienne figurant sur la liste noire de l'Union européenne. Des dysfonctionnements et manquements qui ont conduit l'autorité de contrôle des banques à saisir la justice.
Ouverte par le Parquet de Paris, il y a trois mois,
en septembre, elle est confiée à la brigade financière, pour des soupçons de manquements à ses obligations de la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, a révélé le site d'information Les Jours. 
Ce site indépendant d'info sans pub, a été fondé en 2016 par des anciens du journal Libération, après le plan massif de départs volontaires en 2014Ces transfuges sont Olivier Bertrand, Nicolas Cori, Sophian Fanen, Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts (surnommés les 'Garriberts'), Antoine Guiral et Charlotte Rotman.
"La justice avait été saisie par l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution", l'ACPR, adossée à la Banque de France, qui avait découvert lors d'une inspection "plusieurs faits graves", selon un pré-rapport d'une trentaine de pages élaboré en juin, précise Les Jours.
L'ACPR reproche notamment à la filiale de la Poste un "ensemble de dysfonctionnements" dans le contrôle des clients (le KYC know-your-customer), en particulier sur les "mandats cash", système souvent évoqué comme un canal potentiel de financement frauduleux, notamment du terrorisme, que La Banque postale a prévu d'arrêter au 1er janvier, sa direction prétextant une baisse de son utilisation et sa volonté vertueuse de "poursuivre le renforcement de sa politique de sécurisation des opérations en espèces".

La Banque postale a également dû bloquer son dispositif de gel des avoirs, qui oblige un établissement à bloquer les actifs de toute personne ou société sanctionnées par les autorités. En l'occurrence, le groupe a supprimé de son système de filtrage un établissement syrien lié au régime de Bachar el-Assad et sanctionné par l'Union européenne, la Saving Bank, car son nom, très commun, déclenchait de nombreuses alertes. Au risque de laisser passer des opérations normalement interdites.

Banque syrienne sans filtre

Le gendarme des banques dénonce des "carences du système de filtrage" : elle aurait ainsi suppriméde ce système de filtrage la Saving Bank, banque d'Etat syrienne figurant sur la "liste noire" de l'Union européenne.  

L'ACPR a découvert "plusieurs dizaines d'opérations effectuées au bénéfice de personnes figurant sur des listes de sanctions financières et faisant l'objet de mesures de gel nationales ou européennes."
"A ce stade, la procédure étant en cours, La Banque postale réserve ses réponses à l'ACPR. La Banque postale précise que la Syrie figure sur la liste des pays sous embargo, et qu'aucune opération n'a été faite entre La Banque postale et la Syrie", a certifié la filiale de La Poste, qui précise que le pré-rapport a déjà fait l'objet de modifications à la suite de ses observation
Selon Les Jours, citant le pré-rapport, les risques liés à ces mandats cash ont constitué un "enjeu largement sous-estimé" par l'établissement bancaire. 

Les actionnaires de cette banque publique sont l'Etat français à 73,68 % et la Caisse des dépôts et consignations, institution financière publique, à 26,32 %.

mercredi 22 avril 2015

Attentat déjoué à Paris: arrestation d'un étudiant boursier algérien

Le terroriste était fiché, mais non surveillé

Des faits de crime d'une jeune femme permettent de mettre la main sur le tueur

Cette jeune femme, retrouvée morte dimanche dans sa voiture à Villejuif, aurait été tuée par un "étudiant" de 24 ans. 
L'"homme" s'en serait pris à Aurélie Châtelain, 32 ans, pour lui dérober son véhicule. Pourquoi elle et son véhicule peut apparaître clairement à tout autre que la presse, sachant que l'individu est d'origine algérienne et que la jeune et séduisante femme - présentée comme monitrice de fitness - se dénude en public pour danser: une mécréante qui ne satisfait en rien aux prescriptions supposées du Coran. 
Le mobile du crime semblait mystérieux à certains, puisque la victime était appréciée et "n'avait pas d'ennemis". Aurélie Châtelain aurait eu le malheur d'irriter un terroriste islamiste. Le fanatique, un étudiant en informatique de 24 ans - sans précision de ses origines algériennes - aurait voulu "dérober" (voler, s'il avait été Européen) le Renault Scénic (ou Mégane, selon les sources) de la jeune femme pour "mettre en oeuvre" (sic) des projets d'attentats et l'aurait abattue "dans la foulée" (termes choisis d'origine par deux femmes journalistes du Figaro).
Aurélie Châtelain, dite Lily, se trouvait en région parisienne ce dimanche pour suivre une formation à l'enseignement des Pilates, une forme douce de gymnastique. La jeune "professeur de fitness" (en attendant, non diplômée) et de danse vivait à Caudry, dans le Nord, près de Valenciennes. Sans raison apparente, une mort violente et injuste l'attendait à Clamart.  
"En hommage" à leur collègue, les coachs ont décidé de... maintenir les cours en dépit de son décès. "On ne pouvait pas les annuler, ce n'était pas elle", se justifie-t-on dans l'association. Une marche plus ou moins blanche palliera ce manque de respect: "business is business" ou "the show must go on", comme on voudra.

C'est en blessant Aurélie Châtelain que le suspect se serait lui-même blessé à la jambe. L'individu qui perdait du sang appela le SAMU, qui alerta la police, qui l'interpella dimanche. 
En suivant les traces de sang, la police remonta jusqu'à son véhicule. La police y découvrit deux sacs à dos contenant des armes, puis trouva de la documentation à son domicile.

La presse joue sur les mots

L'homme a des "velléités de départ en Syrie"
C'est ainsi qu'on ne parle pas de djihad. Sur BFMTV, le très trouble journaliste Dominique Rizet affirme même qu'on ne va pas nécessairement de France en Syrie pour faire  le djihad !... 
Le même relais officieux du ministère de l'Intérieur ajoute aussi que les effectifs de police ne permettent pas de tenir tous les suspects à l'oeil. Ainsi circuleraient en France plus de terroristes que de policiers.

Fiché mais tranquille
"Cette information ancienne valait à cet étranger suspect d'être fiché, tout en suivant, pense-t-on des études, puisqu'il bénéficiait d'un logement du CROUS (oeuvres universitaires et sociales)...
Malgré les 17 morts des attentats par des djihadistes français à Paris, le projet de loi renseignement et les affirmations réitérés de détermination de l'exécutif socialiste à lutter contre le terrorisme, le garçon - bien que fiché - ne faisait l'objet d'aucune enquête judiciaire. 

Or, Cazeneuve dont la presse idolâtre vantait l'efficacité apprend que l'homme apparaît sur des images de vidéosurveillance de Villejuif. 
Son ADN est alors vérifié: il correspond à celui retrouvé sur le véhicule d'Aurélie Châtelain.
Accablant et révoltant.

mercredi 24 septembre 2014

La Justice fait-elle marche arrière sur l'enquête qui a conduit à la mise en examen de Sarkozy?

La Cour d'Appel de Paris suspend l'enquête qui valait une mise en examen à Sarkozy  

La Justice reconnaît-elle une injustice?
Mesure politique spectaculaire, sa mise en examen visait à bloquer le retour de l'ancien président. Il était soupçonné depuis juillet d'avoir tenté d'obtenir auprès d'un magistrat des informations dans un dossier judiciaire le concernant. Le recul de la Justice s'est opéré le mardi 23, alors que, le vendredi 19 septembre, Nicolas venait d'annoncer sa candidature à la primaire à la présidence de l'UMP, tremplin évident pour l'élection présidentielle de 2017. 

Nicolas Sarkozy reste mis en examen mais, dans leur bras de fer avec l'ancien chef de l'Etat, les juges d'instruction du pôle financier sont désavoués par cette décision de la présidente de la chambre de l'instruction, qui n'a pas à être motivée et n'est pas susceptible de recours (art. 187 du code de procédure pénale).

Les juges recherchent toujours le début d'une preuve  


Les juges Claire Thépaut (ci-contre) et Patricia Simon ont mis en examen sans preuves et s'efforcent toujours de déterminer si Nicolas Sarkozy a tenté ou non, avec son avocat, Thierry Herzog, d'obtenir auprès d'un haut magistrat de la Cour de cassation, Gilbert Azibert, des informations couvertes par le secret sur une procédure le concernant, la saisie de ses agendas dans l'affaire Bettencourt, dans laquelle une décision de non-lieu a été rendue en sa faveur le 7 octobre 2013. En échange, Nicolas Sarkozy aurait promis d'intervenir pour que ce magistrat obtienne un poste de prestige à Monaco, ce qui reste à démontrer. 

En effet, au final, Gilbert Azibert n'a pas obtenu le poste convoité. "M. Azibert était candidat à un poste à Monaco (...) Thierry Herzog m'a demandé si je pouvais me renseigner pour faire une démarche auprès de Monaco. Je n'ai pas fait cette démarche", avait déclaré début juillet Nicolas Sarkozy.  

Par ailleurs les juges ne s'interrogent pas sur la légalité des écoutes téléphoniques qui ont épié les conversations personnelles du chef de l'Etat. Claire Thépaut et Patricia Simon ne s'intéressent qu'aux conditions dans lesquelles l'ex-président a été informé de son placement sur écoutes. 

Une première pour un ex-président, selon l'AFP 

Mais après l'ordonnance rendue mardi, elles vont désormais devoir geler leurs investigations le temps que la Cour d'Appel se prononce sur des requêtes en nullité déposées le 11 septembre 2014 par maître Pierre Haïk, avocat de Nicolas Sarkozy, et aussi par maître Paul-Albert Iweins, avocat de Me Herzog, également mis en examen.

Une procédure qui pourrait durer plusieurs mois
Me Herzog fait valoir que les magistrates n'ont pas signé de prolongation des écoutes au-delà de quatre mois.

Les affaires dont la gauche  le menace

Outre ces supputations qui lui valent d'être mis en examen sans preuves, plusieurs affaires ont été montées pour faire obstacles au retour de Nicolas Sarkozy. Partie de soupçons de surfacturation de prestations rendues à l'UMP, l'affaire Bygmalion est devenue celle des comptes de sa campagne présidentielle de 2012: 10 à 11 millions d'euros auraient été imputés au parti pour dissimuler le dépassement du plafond de dépenses de campagne autorisé, selon les dirigeants de la société Bygmalion, dont un co-fondateur est un proche d'Anne Hidalgo, ce qui explique que ce soit moins Bygmalion que l'UMP qui est pointée par la justice. Les enquêteurs devraient prochainement procéder à des auditions, selon une source proche du dossier.
Juge Patricia Simon


Des juges émettent également des soupçons sur la régularité de contrats conclus, sans appel d'offres, entre l'Élysée et neuf instituts de sondage sous le quinquennat Sarkozy, notamment avec la société de son conseiller Patrick Buisson.
"Une première pour un ancien chef de l'Etat" ? 
Cette assertion est pure malveillance de la presse au service du pouvoir socialiste. Ceux qui prétendent nous informer abusent en fait des pouvoirs de la presse pour nous désinformer. Le statut juridictionnel du président de la République est précisé dans la Constitution de la Ve République, aux articles 67 et 68 qui datent de ...2007. Si le président de la République jouit d'une irresponsabilité pour tous les actes qu'il a accomplis pendant la durée de son mandat, c'est une disposition héritée de la monarchie. 
En novembre 2012, le rapport de la commission sur la rénovation et la déontologie de la vie publique présidée par Lionel Jospin propose que le président de la République devrait être responsable devant une juridiction de droit commun, civilement et pénalement, de ses actes commis avant son élection ou au cours de son mandat (en dehors de ses fonctions), avec quelques aménagements pour que le président de la République ne soit pas la cible d'actions judiciaires abusives.
Un projet de loi constitutionnelle a été présenté en Conseil des Ministres en mars 2013, Il prévoit uniquement la fin de l'inviolabilité en matière civile du président de la République, sous le contrôle d'une "commission des requêtes". Déposé sur le bureau de l'Assemblée nationale, le texte est toujours en attente d'examen.
Alors que le vice-président de sa campagne présidentielle 2012, Jérôme Lavrilleux, eurodéputé, a obtenu son immunité parlementaire et atted d'être convoqué par la justice, Nicolas Sarkozy a été placé en garde à vue par les deux magistrates, une première pour un ancien chef de l'Etat.
Le sentiment d'un acharnement des deux juges contre Sarkozy est inspiré par la différence de traitement avec Jacques Chirac, devenu président de la République après les faits reprochés et condamné à l'issue de son mandat à deux ans d’emprisonnement avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris en décembre 2011 dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, après une procédure qui n’a pu débuter qu'une fois le mandat présidentiel terminé.

A noter que
François Mitterrand,
le dernier président socialiste de la République (1981-1995), est mort en janvier 1996 et ne peut plus rendre de comptes que devant l'Histoire, notamment des nombreux suicidés de son entourage(Pierre Bérégovoy, François de Grossouvre au Palais de l'Elysée en 1994 et Pierre-Yves Guézou, sali dans l’affaire des écoutes téléphoniques de l’Élysée) et des morts qui jonchent ses présidences, tels René Bousquet en 1993 ou le génocide du Rwanda, la même année). Les gardes à vue et les mises en examens étaient alors inconcevables, mais  parfaitement justifiables.