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jeudi 26 juillet 2018

Benalla, suspendu quinze jours, mais intégralement payé en mai

Mis à pied quinze jours, mais de service et payé, c'est le monde nouveau de Macron

La retenue de salaire se fera sur les reliquats de congés lors du solde de tout compte avant licenciement,
 a déclaré devant la commission d’enquête du Sénat le directeur de cabinet du président de la République, Patrick Strzoda. Une combine pour être agréable au protégé du président.

Alexandre Benalla, l’ex-chargé de mission de l’Elysée, dont le passage à tabac de manifestants, place de la Contrescarpe à Paris, le 1er mai, a certes été suspendu quinze jours en mai pour ces violences physiques, mais il a malgré tout été intégralement rémunéré, contrairement aux déclarations faites précédemment par l’Elysée. C’est ce qu’a déclaré le directeur de cabinet du président de la République, Patrick Strzoda, lors de son audition, mercredi 25 juillet, par la commission d’enquête instituée sur l’ "affaire Benalla" par la commission des lois du Sénat.

"M. Benalla a touché pour le mois de mai son salaire intégral", a admis M. Strzoda devant la commission d’enquête, ajoutant que "les quinze jours de suspension feront l’objet d’une retenue sur les droits à congés qu’il avait en reliquat au titre de l’année 2017". Il a précisé que cela aurait lieu lors du solde de tout compte avant licenciement.
Strzoda confirme un peu plus tard:
"Il y a retenue sur salaire puisqu’il a droit à des congés que nous devons lui payer. Ils ne seront pas payés et ce sera l’équivalent de quinze jours de travail."

Comment l'Elysée justifie-t-il cette faveur, bien que Macron parle de "trahison" ?

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"C’est une mesure de gestion dans la mesure où le décret de 1986 précise que la suspension, c’est avec le maintien du traitement. Et donc, si on veut vraiment qu’il y ait une sanction financière, en terme de gestion, on a ce recours [de ne pas lui payer une partie de ses congés dus]."

Dans une déclaration officielle en date du jeudi 19 juillet, le porte-parole de l’Elysée, Bruno Roger-Petit, avait assuré, que M. Benalla avait été "mis à pied pendant quinze jours », du 4 au 22 mai, "avec suspension de salaire".

Vendredi 20 juillet, trois mois après avoir eu connaissance des faits, la présidence de la République a annoncé avoir engagé "la procédure de licenciement" de Benalla.

Par ailleurs, avant les déclarations de M. Strzoda au Sénat le mardi 24 juillet, Philippe Vigier et Lise Magnier députés UDI, (Constructifs) et Eric Woerth, LR, président de la commission des finances, ont adressé une demande écrite à M. Strzoda de plusieurs documents au nom des "pouvoirs de la commissi Lise Magnier on d’enquête" : le contrat de travail de M. Benalla, la sanction prononcée à son égard en mai 2018 et sa lettre de licenciement. La lettre a été remise le 25 juillet au matin à l’Elysée, ils attendent la réponse.

"Strzoda a en effet éludé les réponses à plusieurs reprises:
"Quels sont les avantages dont il bénéficie ? Je ne pourrai pas répondre à cette question car on touche au cœur de l’organisation" de l’Elysée. Interrompu par les protestations de députés d’opposition, il s'est défaussé : "Ces informations sont connues de la Cour des comptes, qui nous contrôle chaque année, et elles sont connues de la mission parlementaire de la Commission des finances. Donc, ces informations sont à votre disposition."Philippe Vigier a immédiatement contesté, sur son compte Twitter :

Contrairement à ce qu’affirme devant la commission des lois, ni @lise_magnier ni moi, les rapporteurs spéciaux de la mission « Pouvoirs publics » ne disposons des informations sur la rémunération et les avantages accordés à @afpfr 1/2

ayant refusé de répondre à la question de la commission des lois, nous allons écrire sans délai à @Elysee afin d’obtenir ces informations @afpfr 2/2

"Contrairement à ce qu’affirme Strzoda devant la Commission des lois, ni Lise Magnier [députée de la Marne], ni moi, les rapporteurs spéciaux de la mission “Pouvoirs publics”, ne disposons des informations sur la rémunération et les avantages accordés à Alexandre Benalla. Strzoda ayant refusé de répondre à la question de la commission des lois, nous allons écrire sans délai à l’Elysée afin d’obtenir ces informations."



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Suite de l'audition de au cours de laquelle le directeur de cabinet du Président de la République a menti : avec @lise_magnier et @ericwoerth nous écrivons à @Elysee notamment pour demander la rémunération et les avantages d' !

Les auteurs de la lettre dénoncent la dérobade de M. Strzoda et affirment :
"Ces éléments ne figurent pas dans les réponses que vous avez faites au questionnaire budgétaire envoyé en juillet 2017 par Philippe Vigier, rapporteur spécial des crédits pour 2018 de la mission 'Pouvoirs publics'. "
"Face à ce manque d’informations", les signataires demandent à Patrick Strzoda les copies "de l’ensemble des fiches de paie de M. Benalla depuis mai 2017, ainsi que de tous les autres chargés de mission du cabinet présidentiel ; de son contrat de travail et tous les avenants éventuels ; de la sanction prononcée à son égard en mai 2018 ; de sa lettre de licenciement".

mercredi 25 juillet 2018

Affaire Macron-Benalla : Alexandre Benalla est franc-maçon

Alexandre Benalla est ...suspendu de sa loge

Le jeune favori de l'Elysée a "été initié au sein de la Loge des 'Chevaliers de l'Espérance' de la Grande Loge Nationale Française (GLNF)", révèle L'Express. 
Ce frère "n'est venu que deux ou trois fois peut-être", minimise auprès du journal Le Figaro le Grand Maître Jean-Pierre Servel, un avocat toulonnais, selon le journaliste François Koch qui tient un blog hébergé par L'Express. Mais il n'a été admis qu'il n'y a dix-sept mois au 1er mai 2018.

Publiée par plusieurs media,
l
'information avait été démentie il y a quelques jours par le Grand Orient de France, la première obédience française. Si bien que cette obédience, plutôt classée à gauche, a publié un démenti cinglant, plutôt inhabituel"Le GODF le fait en raison du scandale d’Etat autour des agissements de Benalla et des protections dont il a bénéficié au plus haut niveau. Et aussi parce que plusieurs médias ont publié l’information, notamment Valeurs actuelles [qui mentionne un "lien" avec la loge "Emir Abd El Kader" située au Sénégal] et Médiapart [sur un post de Blog intitulé Affaire Benalla : les francs maçons dans le coup et qui a été dépublié]." La GLNF se situe, elle, aux antipodes du paysage maçonnique français: déiste et embourbée dans des affaires jusqu’au tout début des années 2010, avant de retrouver le calme et la sérénité fin 2012. 
Le post de Mediapart, portant toujours accessible, soutient qu’Alexandre Benalla à été "pistonné en 2016 par un franc-maçon aujourd’hui co-dirigeant du ministère de l’Intérieur". Le "trentenaire" de l'entourage de Collomb ? On en saura pas plus... Mais le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, est membre assumé du GODF.
Ce mercredi, François Koch le révèle sur son blog "La lumière": le jeune chargé de mission de l'Elysée a en fait "été initié au sein de la Loge 'Les Chevaliers de l'Espérance" de la Grande Loge Nationale Française (GLNF)". 

"Ce franc-maçon porte le matricule 106161 de cette obédience depuis janvier 2017", écrit François Koch, citant "des documents internes" transmis par "de bonnes sources". 

Le sectaire a été suspendu "le 23 ou le 24 juillet", confirme au Figaro le Grand Maître de la GLNF Jean-Pierre Servel.
Pour les fichiers de la GLNF, précise le journaliste de l'hebdomadaire, Alexandre Benalla est un franco-marocain qui est "né le 8 septembre 1991 à Evreux, réside à Issy-les-Moulineaux, exerce la profession de Responsable Sécurité et son parrain est un notaire trentenaire de Saint-German-en-Laye (Yvelines), membre de la même loge". Il est "toujours apprenti" et n'a bien sûr "pas été très assidu aux réunions rituelles de sa loge depuis l'élection d'Emmanuel Macron".
"J’ai pu joindre ce 25 juillet le Grand Maître de la GLNF Jean-Pierre Servel, indique François Koch. Il me dit naturellement regretter que l’on m’ait communiqué des informations sur un de ses frères. "Conformément à notre jurisprudence constante, dès qu’un frère est mis en examen, nous respectons sa présomption d’innocence, nous ne prenons donc aucune sanction mais nous le suspendons à titre conservatoire jusqu’à l’issue de la procédure judiciaire, m’indique Jean-Pierre Servel. La suspension d’Alexandre Benalla a été prononcée par ordonnance de son Grand Maître Provincial (Île-de-France) au début de cette semaine, le 23 ou le 24 juillet."
"Toutes les leçons" de l'affaire Benalla "seront tirées à la rentrée"

Le porte-parole du gouvernement, qui avance cette assurance de calendrier, s'exprimait à l'issue du Conseil des ministres, au lendemain de la réapparition d'Emmanuel Macron au cours d'un huis-clos entre élus de sa majorité à la Maison de l'Amérique latine à Paris VIIe.

"C'est toujours un peu gênant de lâcher un type qui est dans les emmerdes", 
Jean-Pierre Servel, le Grand Maître, souligne que lui-même ne l'a "jamais vu"! Quant à l'atelier des Chevaliers de l'Espérance, "je ne sais pas très bien le rite qu'ils pratiquent, mais ils doivent être une vingtaine à tout casser", commente-t-il, avec la volonté de relativiser l'impact. 
"Dans son atelier Les Chevaliers de l'Espérance, indique d'ailleurs François Koch sur son blog, il n'y a pas d'autre frère exerçant dans le domaine de la sécurité, ni policier ni gendarme. Ce sont plutôt des cadres supérieurs et des professions libérales du droit".
Voici le communiqué du GODF de ce 23 juillet:
"Démenti sur une pseudo-appartenance. Plusieurs pseudo-informations diffusées et relayées par des sites complotistes assurent depuis quelques jours que M. Benalla serait membre du Grand Orient de France. Un démenti formel peut être apporté. Il n’est pas membre de notre Obédience et ne l’a jamais été. Plus grave, cette assertion mensongère est reprise par des organes de presse réputés sérieux, qui ne se sont en l’occurrence jamais souciés de recouper et de vérifier cette fausse information, ce qui altère l’image et la réputation de notre Obédience et de ses membres. Dans cette période où l’antimaçonnisme prospère à nouveau, il nous appartient collectivement d’exercer une vigilance particulière vis à vis des informations tronquées ou mensongères relayées par malveillance à l’égard de la franc-maçonnerie ou par absence de déontologie. Parfois même les deux. Le 23 juillet 2018."

Emmanuel Macron : "Alexandre Benalla, lui non plus, n'a jamais été mon amant !"

Macron assume les dérives et ambiguïtés de Jupiter

Le président Macron réserve sa déclaration à ses invités de LREM

Les Français n'ont pas droit à la primeur de ses propos...

Le président Macron a mis six jours pour sortir de son silence et évoquer publiquement l'affaire Benalla, du nom de ce chargé de mission de l'Elysée filmé en train de tabasser deux manifestants le 1er mai 2018 à Paris. Ce mardi 24 juillet en début de soirée, le président de la République s'est adressé aux députés LREM, qui l'avait convié à leur "pot de fin de session" à deux pas de l'Assemblée nationale, à la Maison de l'Amérique latine, espace culturel, restaurant et salle de réunion, occupant deux hôtels particuliers (Hôtel de Varengeville et Hôtel Amelot de Gournay )situé 217 Boulevard Saint-Germain, 75007 Paris. 10.000 euros, c'est ce qu'il en coûte (hors taxes) pour louer l'ensemble des salons de la Maison de l'Amérique latine (photo) durant une journée (janvier 2012), sans ristourne...
Le jardin de la maison de l'Amérique latine.jpg
Vue de la Maison de l'Amérique latine, côté jardins

L'état d'agitation et les propos d'Emmanuel Macron ont été largement relayés sur les réseaux sociaux par les députés présents

Le chef de l'Etat a dit "assumer" (?) entièrement sa part (antithétique!) de responsabilité dans cette affaire Benalla: "S'ils cherchent un responsable, le seul responsable, c'est moi et moi seul," a-t-il lancé fièrement, dans sa zone de confort, au milieu de ses courtisans, 

Il s'est ensuite livré sur Alexandre Benalla, qui s'est occupé de sa sécurité lors de la campagne présidentielle l'année dernière. La vidéo a été mise en ligne par de nombreux media, depuis l'AFP jusqu'à Twitter, en passant par BFM TV.

Voici l'intégralité de ce que le président Macron consent à dire sur Alexandre Benalla:
"Alexandre Benalla n'a jamais occupé un 300 m2 à l'Alma [il n'a pas eu le temps d'emménager: des travaux ne sont-ils pas en cours pour accueillir le couple?]. Alexandre Benalla n'a jamais gagné 10.000 euros [combien ?]. Alexandre Benalla, lui non plus, n'a jamais été mon amant. Alexandre Benalla, quoique bagagiste d'un jour [comme également prétendu par Castaner], n'a jamais eu ces fonctions dans la durée. Toutes ces choses qu'on a entendues ces derniers jours, les mêmes vous disant tout et n'importe quoi. Sans que ça les fasse rougir ou s'interroger sur eux-mêmes. Qu'ils soient parfois parlementaires, commentateurs ou journalistes. Les mêmes ont dit des sornettes.
De quoi s'agit-il ? Alexandre Benalla, c'est quelqu'un qui nous a accompagnés pendant la campagne avec beaucoup de courage et d'engagement. C'est quelqu'un qui a permis à un moment, sortant de nulle part [gens de rien],
n'étant pas protégé et aidé, c'est normal, ni par l'état et les services publics. Il était légitime d'avoir des gens qui organisent des déplacements et des réunions. Il a été engagé par le mouvement. Il m'a accompagné avec beaucoup d'engagement et quoiqu'il advienne et ce qu'il se passe dans cette affaire, je n'ai pas à oublier cet engagement ou à ne pas m'en souvenir."
Cette sortie d'Emmanuel Macron renvoie à l'épisode Mathieu Gallet pendant la campagne présidentielle. Lors d'un discours devant ses soutiens au théâtre Bobino à Paris en février 2017, le futur chef de l'Etat avait tenté de ridiculiser des rumeurs sur sa double vie et sa supposée liaison avec Matthieu Gallet, l'ex-président de Radio France. Mauvais signal pour Benalla, cette fois...  Là encore, Emmanuel Macron avait choisi un démenti frontal pour désamorcer ces on-dit, qui commençait à parasiter sa campagne : "Je ne peux pas me dédoubler. Si dans les dîners en ville on vous dit que j'ai une double vie avec Matthieu Gallet, c'est mon hologramme qui m'a échappé, ça ne peut pas être moi !" L'idée de l'hologramme était-elle suggérée par son secrétaire d'Etat chargé du Numérique, Mounir Mahjoubi ?

N'empêche qu'au détour d'un long portrait consacré au ministre de l'Economie,
The Times s'intéressa de près à sa vie personnelle et en particulier à son épouse Brigitte. "C'est en ancien banquier reconverti en ministre des Finances et il est connu pour emmener sa femme, âgée de près de vingt ans de plus que lui, au travail". La retraitée semblait missionnée pour contredire la rumeur de sa présence."Je ne cache pas ma vie privée parce que je considère que cela serait ridicule et que, quand vous vous engagez en politique, vous le faites complètement, commenta ainsi le ministre. Je pense que le fait que je suis marié à quelqu'un qui, il est vrai, est plus âgée que moi, suscite la curiosité. C'est singulier. Mais au moins, les gens savent qu'ils ont affaire à quelqu'un qui veut s'engager, ils savent dans quoi vous vous projetez sur une certaine période, comment vous vivez votre vie privée, et cela a du sens." expliqua même Macron pourtant peu bavard quand il s'agit d'évoquer son épouse. Sur le plateau du Supplément, le locataire de Bercy avait pourtant évoqué le rôle prépondérant de Brigitte à ses côtés, expliquant qu'elle assistait (bénévolement) à certaines réunions...

Macron : "Alexandre Benalla, lui non plus, n'a jamais été mon amant !"
Pour se sortir de ce mauvais pas, le chef de l'Etat tente de ridiculiser les observateurs sains :
idéo en cours

mardi 24 juillet 2018

Affaire Macron: Collomb charge le préfet, qui charge l'Elysée

Institutions plongées dans le chaos, 
Macron cerné reste mutique

Le ministre d'Etat Gérard Collomb s'est dédouané lundi d'une quelconque faute dans la gestion de l'affaire Benalla.

Il faut croire qu'un ministre de l'Intérieur n'est au courant de rien et n'est donc responsable de rien. C'est en niant tout en bloc que Collomb s'est défaussé sur le préfet de police Michel Delpuech, qui s'est défendu, et sur le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron.

Les vidéos montrant Alexandre Benalla, 26 ans, dans ses oeuvres ont un effet domino, à partir de ce proche collaborateur du président Macron, en train de malmener et tabasser au sol deux manifestants le 1er mai à Paris alors qu'il était supposé accompagner les forces de l'ordre en tant qu'"observateur", et donc de rester passif. Emmanuel Macron est directement mis en cause.

Entendu pendant près de deux heures et demie par la commission des Lois de l'Assemblée dotée de prérogatives d'enquête, le ministre de l'Intérieur, appelé à la démission par des personnalités de gauche comme de droite, a esquivé les interrogations des députés de la Commission des lois constituée en commission d'enquête.

Gérard Collomb a admis avoir été informé par son cabinet dès le lendemain de l'existence de la vidéo sur laquelle on voit Alexandre Benalla agresser deux manifestants en présence d'un salarié de La République en marche (LREM), Vincent Crase, lui aussi "observateur".
Alexandre Benalla (casque et capuche) a les coudées franches
pour tabasser un manifestant à Paris
 le 1er mai,
sous les yeux de policiers observateurs passifs
Mais le ministre d'Etat a estimé que - à la différence des "gens qui ne sont rien"  - ce n'était pas à lui de saisir la justice de ces actes qu'il a de nouveau condamnés "avec la plus grande fermeté".
"Je considère que c'est à ceux qui sont en responsabilité dans leurs administrations, au plus près du terrain, de recueillir les éléments permettant de justifier la transmission d'un signalement au titre de l'article 40" du Code de procédure pénale, a-t-il déclaré.

Le 2 mai, "je m'étais assuré que tant le cabinet du président de la République que le préfet de police avaient été destinataires de l'information. (...) C'était à eux de prendre les sanctions et éventuellement d'informer les autorités judiciaires", a lancé le ministre d'Etat, mais simple observateur de la vie publique.

"C'est un tribunal politique", a accusé sur LCI un ex-collaborateur de Dominique Strauss-Kahn (2003-2007), le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, sonnant le tocsin.
"Plusieurs procédures judiciaires, parlementaires sont engagées et c'est une excellente chose", se félicite sur BFMTV, Christophe Castaner, secrétaire d'État aux relations avec le Parlement et délégué général de La République en marche (LaREM), qui acte ces 3 enquêtes comme si le parti du président les avait initiées.
Les féaux du président ne tiennent pas un autre langage. Ainsi, Aurore Berger a-t-elle lâché que "l'opposition se sert de ce sujet pour refuser une réforme institutionnelle majeure." Le site d'information humoristique belge Nordpresse annonce que la députée LREM a dû annuler son mariage avec Benalla...
Autre thuriféraire qui ne s'est pas grandi , Gilles Le Gendre, porte-parole du groupe La République en marche au Palais Bourbon, s'insurgeant sur RFI: "l'opposition cherche à faire d'une banale histoire de confiance trahie une affaire d'État"...
Cerise sur la gâteau élyséen, le président de l'Assemblée, Rugy, relativise le rôle de Jupiter : "Je voudrais qu'on puisse à un moment remettre les pieds sur terre: ce n'est pas le président de la République qui a demandé à un collaborateur d'aller sur la manifestation du 1er mai et de faire ce qu'il a fait! Il faut garder le sens des mesures".

Bien que, pour seul commentaire direct à ce jour, le président Macron ait déclaré que "la République est inaltérable", le porte-parole met en doute la "déontologie" de la Commission d'enquête parlementaire, présidée par une députée REM, Yaël Braun-Pivet, une juriste formée au cabinet de maître Hervé Temime. C'est donc son co-rapporteur, le député Les Républicains Guillaume Larrivé qui est pointé par le politicien. Perturbée par cette affaire d'Etat, les travaux de l'Assemblée sur sa réforme constitutionnelle ont été renvoyés à la rentrée.

Via ses avocats, Benalla a, quant à lui, dénoncé, "l'utilisation médiatique et politique" de son agression contestée du 1er mai, qu'il a justifiée par la volonté de "prêter main forte" aux policiers face aux manifestants, alors que les forces de l'ordre ne semblent pas débordées, à les voir les bras ballants au spectacle de son acharnement sur deux manifestants.

Sous pression, le président de la République a promis, via son entourage, la "vérité" sur des faits "inacceptables", en espérant éteindre la première grave crise politique de son quinquennat. Il a assuré qu'il n'y aurait "pas d'impunité".

Entendu pendant près de deux heures et demie par la commission des Lois de l'Assemblée dotée de prérogatives d'enquête, le ministre de l'Intérieur, appelé à la démission par des personnalités de droite comme de gauche, a dû affronter un feu nourri de questions.

Gérard Collomb a déclaré avoir été informé le lendemain des faits par son cabinet de l'existence de la vidéo sur laquelle on voit Alexandre Benalla s'en prendre à deux manifestants en présence d'un employé de La République en marche (LREM), Vincent Crase, lui aussi "observateur". 
Mais il a estimé -rappelons-le -  que ce n'était pas à lui de saisir la justice de ces actes de violence, bien qu'ils aient pu être imputés et reprochés à des policiers dont il doit assurer la protection contre la diffamation.

L'audition du préfet de police de Paris accable l'exécutif

Entendu dans l'après-midi par la même commission d'enquête, le préfet de police Michel Delpuech a contesté cette posture du ministre d'Etat, rappelant être "sous l'autorité des autorités exécutives".
Après avoir appris l'existence de la vidéo le 2 mai, le préfet Delpuech a contacté le ministère de l'Intérieur. Or, le ministère lui a répondu être "déjà en liaison" avec la présidence de la République, a-t-il rapporté. Dès lors, "il était établi pour moi que le sujet Benalla était traité par l'autorité hiérarchique dont il dépendait".

De même, alors que Gérard Collomb a contesté connaître Alexandre Benalla, dont il ignorait les fonctions même s'il l'a forcément "croisé" lors de la campagne électorale d'Emmanuel Macron, le préfet a assuré que ce chargé de mission à l'Elysée "était un interlocuteur connu" du ministère et de cadres policiers. Un témoin assurera par la suite que Benalla se faisait craindre des policiers de terrain.

A 26 ans, adjoint du chef de cabinet de la présidence, Benalla jouait un grand rôle dans la sécurité entourant le chef de l'État, confirme le préfet : il était régulièrement en contact avec des responsables policiers. Griveaux a pourtant affirmé que Benalla n'était pas "en charge de la sécurité" d'Emmanuel Macron.


Gérard Collomb n'en a pas fini de devoir clarifier le rôle de exécutif. 
Il sera mardi devant la commission des Lois du Sénat, qui entendra aussi mercredi Patrick Strzoda, et Alexis Kohler, le secrétaire général de l'Elysée, bras droit d'Emmanuel Macron, jeudi.

Dernier auditionné lundi, directeur de l'ordre public et de la circulation (DOPC), Alain Gibelin, a affirmé que M. Benalla n'avait "aucune autorisation" de la préfecture de police de Paris pour participer à la manifestation du 1er-Mai comme "observateur".

Interrogé par Marine Le Pen, A. Gibelin a également reconnu que M. Benalla était présent à des réunions entre ses services et l'Elysée entre le 4 et le 19 mai, période pendant laquelle l'adjoint au chef de cabinet d'Emmanuel Macron était censé être suspendu.

La confusion appellerait à l'audition de Macron

"On a bien compris la stratégie qui est celle du ministre de l'Intérieur: se sauver, quitte à renvoyer la responsabilité vers le préfet de police et le directeur de cabinet du président de la République, comme si ceux-là n'avaient eux-mêmes aucune espèce d'autorité hiérarchique" au-dessus d'eux, a réagi le porte-parole du PS, Boris Vallaud

A gauche toujours, les anciens candidats à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon ont chacun demandé qu'Emmanuel Macron soit auditionné. Critiqué pour son silence public sur ce dossier, le chef de l'Etat a annulé son déplacement mercredi sur le Tour de France, en niant tout rapport de cause à effet avec le scandale d'Etat.

Alexandre Benalla, Vincent Crase et trois hauts gradés de la police soupçonnés d'avoir transmis au conseiller de l'Elysée des images de vidéosurveillance de l'incident ont été mis en examen dimanche: les deux premiers notamment pour "violences en réunion" et les trois policiers pour "violation du secret professionnel" et "détournement d'images issues d'un système de vidéoprotection".

"Fondamentalement, ces événements résultent de dérives individuelles inacceptables, condamnables, sur fond de copinages malsains" entre les policiers mis en cause et Alexandre Benalla, a souligné le préfet Delpuech devant les députés.

Via ses avocats, Benalla a, quant à lui, dénoncé, "l'utilisation médiatique et politique" de son agression contestée du 1er mai, qu'il a justifiée par la volonté de "prêter main forte" aux policiers face aux manifestants, alors que les forces de l'ordre ne semblent pas débordées, à les voir les bras ballants au spectacle de son acharnement sur deux manifestants.

Macron lâche son protégé

Le couple par qui le scandale d'Etat arrive 
L'ancien chargé de mission  "rattaché" au chef de Cabinet (et non pas "adjoint" comme il était dit jusqu'ici), dont le licenciement a été annoncé vendredi par l'Elysée, de même que Vincent Crase, a en outre été soumis à un contrôle judiciaire qui lui interdit d'exercer une fonction publique ou une mission de service public, de détenir une arme et d'entrer en contact avec d'autres protagonistes de l'affaire.

Quant aux deux manifestants malmenés sur les vidéos au cœur du scandale, ils ont demandé à être parties civiles dans l'enquête judiciaire, tout comme un syndicat de policiers.

"Pour éviter qu'un tel dysfonctionnement se reproduise", Macron s'est retourné contre le secrétaire général de l'Elysée pour lui demander de "mener la réorganisation" des services de la présidence.

Parallèlement à l'enquête parlementaire, une enquête administrative a été confiée à la "police des polices", qui devrait remettre son rapport "à la fin de cette semaine", selon le président de l'Assemblée nationale, François de Rugy.

Après Gérard Collomb et Michel Delpuech, la Commission d'enquête de l'Assemblée auditionnera mardi le directeur de cabinet de l'Elysée, Patrick Strzoda, et son homologue de l'Intérieur, Stéphane Fratacci, augurant d'une plongée inédite dans les arcanes du pouvoir.