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vendredi 2 octobre 2015

Le budget 2016 sacrifie l'environnement et l'aide au développement

Ségolène Royal promet de faire mieux en gagnant moins...

Le chef de l'Etat est-il intoxiqué ou toxique ?

François Hollande continue de répandre la bonne parole en amont de la COP21, pendant que le gouvernement multiplie les incohérences. Il dit le contraire de ce que fait Valls, fournissant encore l'emballage médiatique du prochain budget, au grand dam des ONG.Alors qu'au Conseil des ministres du 30 septembre François Hollande aurait ainsi vanté un budget de "cohérence et [la] confirmation des engagements du début de quinquennat", les ONG et les associations de solidarité internationale sont  les premières tombées de toute leur hauteur. La mission "aide publique au développement" se voit allouer des crédits de paiement de 2,60 milliards d’euros l’an prochain contre 2,77 milliards en 2015. Une chute de 6%. "C’est la 5e année de baisse consécutive du budget d’aide au développement", s’étrangle l’ONG ONE (Lutter contre la pauvreté et les maladies évitables en Afrique). En 2016, c'est une coupe réglée deux fois plus importante que celle de l’année précédente, précise cette organisation internationale de campagne et de plaidoyer qui annonce 7 millions de soutiens dans le monde (voire seulement 6), dont Bono, le chanteur et leader du groupe irlandais U2.
Deux jours plus tôt, à la tribune de l’ONU, le chef de l’Etat assurait pourtant que la France doit "montrer l’exemple". Il avait promis que les financements annuels pour le climat passeraient de 3 milliards d’euros à plus de 5 milliards en 2020. Il avait aussi rappelé que l’aide publique au développement de la France augmenterait de 4 milliards d’euros, mais à partir de 2020 seulement. Sera-t-il encore là en 2020 pour assumer ses engagements ? Au final, il n'aura agité que l'illusion d'une prise de conscience, le temps d'un discours.

Incohérence ? Inconséquence ? Indécence ? Ou tromperie ?

"Nous sommes abasourdis", déplore l'Allemande Friederike Röder, directrice France de ONE. Ce budget va complètement à l’encontre des annonces faites par le président de la République. Pire, il est même en totale contradiction. 

C'est un affront à Annick Girardin, secrétaire d’Etat au Développement de Valls. Elle promettait récemment que ce budget ferait enfin s'inverser sa courbe et elle avait rappelé au sommet du développement d’Addis-Abeba de juillet que la France s’engageait à dédier 0,7% de sa richesse nationale à l’aide au Sud. "New York n’aurait-il été qu’un écran de fumée ?, s'interroge Christian Reboul, d’Oxfam. 
Si la répartition plus précise de l’aide au développement amputée n’a pas encore été dévoilée, il est à craindre que, contrairement à ce que déclarait François Hollande à New York, "faire davantage pour le climat" signifie en vérité "faire moins pour le développement". "Dans un contexte de baisse globale de l’aide au développement, l’additionnalité des fonds climat est tout simplement impossible", constate Christian Reboul, à la différence de Hollande, qui soudainement se mêle d'environnement, révélant son incompétence dans un domaine de plus.

En 2013, devant l’ensemble des acteurs français de la solidarité internationale, François Hollande s’était déjà engagé à "reprendre une trajectoire positive" pour cette politique cruciale. "Comment va-t-on atteindre plus 4 milliards en 2020 comme annoncé à New York en démarrant par une nouvelle année de baisse ? Ce projet de loi sape la crédibilité des annonces du Président ! " flingue Philippe Jahshan (ancien président de F3E composée d'organisations françaises de solidarité internationale et logée dans le 9e arrondissement de Paris, et actuel coordinateur de Solidarité Laïque, association loi 1901 créée par des organisations liées à l’enseignement public), président de Coordination Sud (Solidarité Urgence Développement), coalition d’associations "nationales" d'ONG -dont Action contre la Faim qui est internationale- de solidarité, de campagne et de plaidoyer. Car 170 millions, ce sont des traitements antirétroviraux dont seront privés 500.000 patients, rappelle encore ONE. Ou des vaccins pour 2 millions d’enfants.

Des annonces qui font dilettante et désordonné 
Surtout, cette annonce de coupe sombre dans les aides au développement (enseignement et santé, en France et à l'étranger), comme celle des économies sur l’environnement - la mission "écologie, développement et mobilité durables" se voit affecter une enveloppe de 6,49 milliards, contre 6,59 milliards en 2015 -, intervient alors que la France organise en décembre à Paris la plus grande conférence internationale sur le climat de l’histoire, la COP21. 40.000 personnes sont attendues pour y sceller un accord contraignant et universel sur le climat. Signalons toutefois que le financement de la COP21 en... décembre à Paris n'est pas assuré: une souscription est ouverte !

Pour tenter de corriger le tir, le 30 septembre sur France Inter, Manuel Valls a assuré qu’un amendement sera introduit pour doper l’aide au développement. 
"Nul doute que les parlementaires, très mobilisés lors du précédent budget, se saisiront de cet enjeu pour rappeler le gouvernement à ses responsabilités en tant que 6e puissance économique mondiale, acteur majeur de la vie internationale, et hôte de la future COP21", insiste Oxfam. "Nous espérons que l’amendement du gouvernement sera présenté au plus vite et qu’il sera à la hauteur des enjeux, développe ONE. Rattraper la baisse des cinq dernières années serait un bon début pour regagner en crédibilité. Il faudrait donc que la mission augmente d’environ 700 millions."

La Fondation Nicolas Hulot s'est elle aussi trouvée contrainte de dénoncer le projet de loi de finances "d’un gouvernement amnésique", qui "fait l’impasse à la fois sur le climat et sur le scandale sanitaire autour du diesel", classé cancérigène certain par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), sans distinction de modèle et de génération.

A peine deux jours après avoir salué "l’engagement exemplaire annoncé par la France à New York", appelant les 195 Etats membres la Convention-cadre des Nations unies à intensifier leurs efforts dans la lutte contre le réchauffement, l’Agence spécialisée de l'ONU déchante déjà. "La COP21 est oubliée le temps de la discussion budgétaire", déplore-t-elle dans un communiqué. "Oublié le fait que la France continue à subventionner généreusement les énergies fossiles et n’a pas fixé de prix au carbone après 2016 malgré la demande des acteurs économiques. Oublié le fait que les transporteurs routiers ne s’acquittent pas de la contribution climat énergie malgré un prix du pétrole ridiculement bas. Oubliés les avantages fiscaux sur le diesel dénoncés quelques jours plus tôt par l’ensemble du gouvernement. Oubliée la précarité énergétique. Diminué le budget de l’écologie, comme d’habitude. Diminué le budget de l’aide au développement […]."

"Le budget de mon ministère augmente considérablement", assure Royal 

Interrogée sur la baisse du budget de l’Ecologie lors d’une conférence de presse vantant son "plan d’action pour améliorer la qualité de l’air", la ministre Ségolène Royal s'est montrée déterminée à esquiver le problème.  Selon elle, "il n’y a pas de baisse du budget de l’environnement". Elle ne se contente pas de nier: elle affiche une totale mauvaise foi, confondant intelligence et rouerie. "Si vous faites les comptes, le budget de [son] ministère augmente considérablement." Elle aurait pu s'en tenir à cette contre-vérité, mais elle y ajoute l'insolence: "il augmente de façon intelligente." 
Qu'on les prennent dans un sens ou dans un autre, même en jouant sur les mots et avec les comptes, le budget ministériel baisse. Mais Royal affirme avoir "obtenu plus que la compensation, et sur des outils financiers bien plus efficaces que ceux qui existaient dans la structuration du ministère". 

Et Royal de se lancer dans une embrouille sur ces outils miracles 
Parmi eux, "le 1,2 milliard du fonds de transition énergétique pour la croissance verte". La ministre insiste : sans ce fonds "unique" qu’elle a "inventé", "même avec un budget qui augmente, il [lui] serait absolument impossible de financer les 528 territoires à énergie positive auxquels [elle va] allouer 500.000 euros chacun", soit 264 millions d'euros. Ni d’accorder "1 million d’euros par ville respirable en cinq ans" (la facture des 25 lauréats de la carte ci-dessous  - représentant 735 communes et près de 15 millions d’habitants soit 24 % de la population française - désignés le 28 septembre 2015 sera présentée au prochain président, soit 25 millions d'euros) ou encore 500.000 euros par "territoire zéro gaspillage, zéro déchets", soit près de 30 millions d'euros répartis entre les 58 territoires désignés lauréats de l'appel à projets à la fin 2014. Qui paie l'addition de 320 millions d'euros ? L'Etat ou les territoires ?

Autre outil fabuleux, "le crédit d’impôt de la transition énergétique, qui représente un coût pour l’Etat (et l'Etat, c'est nous!) de 980 millions d’euros et l’année prochaine 1,2 milliard d’euros".

Quant au retrait des avantages fiscaux pour un diesel moins polluant, Royal s’est contentée de répéter les éléments de langage de Manuel Valls. "Il faudra programmer la neutralité (sic) de la fiscalité (essence et diesel) sur plusieurs années. Mais pour l’instant, ce n’est pas prévu dans le dispositif actuel", a reconnu la ministre.

Enfin, quid de cette ultime incohérence, selon laquelle Ségolène Royal et son confrère de l’Economie, Emmanuel Macron, viennent d’accorder trois nouveaux permis de recherches d’hydrocarbures liquides ou gazeux (en Seine-et-Marne, dans le Bas-Rhin et dans la Marne). Et ce, alors même qu’il faudrait sevrer la planète des énergies fossiles, principales responsables du dérèglement climatique ? "Il y en a trois qui ont été autorisés mais beaucoup plus qui ont été refusés. C’est un équilibre, qui a été aussi un arbitrage interministériel", a répondu Royal.  
Belle preuve d’exemplarité, à la veille de la COP21. Quid du gaz de schiste ? 

"Pas de baisse du budget de l’environnement"; puis, "plus d'actions avec moins d'argent public"...

Ségolène Royal admet finalement un coup de rabot, mais ne s'effraie pas.
"Il faut faire des économies", a lancé la ministre de l'Ecologie ce jeudi à Matignon, à propos du budget de l'Ecologie prévue par le projet de loi de finances pour 2016. 
"Moi, je donne l'exemple. Il s'agit de dépenser mieux, de faire plus en dépensant moins." 
Et la candidate archi-battue de la présidentielle 2007 de faire du chantage: "Si on veut baisser les impôts, il faut lutter contre les gaspillages et faire des économies." 

Sans oublier de se flatter au passage: "c'est ce que je fais. Donc, mon budget baisse et, parallèlement, je veille à mieux dépenser l'argent public. Paradoxalement, je fais plus avec moins d'argent public."
"J'assume ces économies", a-t-elle martelé, bien qu'elle n'ait plus les moyens de ses promesses d'aide au développement. "Ceux qui me critiquent parce que le budget baisse, je leur dis "bah oui le budget baisse". Mais citez-moi un exemple d'action publique auquel il faut renoncer et qui aurait été utile : il n'y en a pas. 

Le ministère de Ségolène Royal devrait en outre être amputé de 671 postes. 
Au contraire, je fais plus d'action avec moins d'argent public, c'est formidable !"
Le culot a un visage.

mardi 28 avril 2015

Indonésie: la grâce de Serge Atlaoui aurait été rejetée

L'Indonésie disposait de dix condamnés à exécuter pour trafic de drogue

Jeudi 23,
l
es autorités indonésiennes ont donné l'ordre de préparer les exécutions de dix condamnés à mort pour trafic de drogue

L'appel à la grâce de Serge Atlaoui aurait été rejeté par le tribunal administratif de Jakarta, selon le Jakarta Post et l'édition locale de CNN.
Condamné en 2007 pour un trafic de drogue qu'il a toujours nié, Serge Atlaoui dénonce l'absence de motivation dans le rejet de son recours en grâce par le président indonésien, Joko Widodo. Un recours avait été rejeté en première instance, avant que le Français ne fasse appel. Des étrangers sont principalement concernés, dont le Français Serge Atlaoui, suscitant l'indignation de la France et 
de l'UE. "L'ordre a été donné de lancer les préparatifs", a déclaré le porte-parole du bureau du procureur général, Tony Spontana, sans plus de détails.

Les Européens, réunis en sommet jeudi à Bruxelles, ont vivement réagi: "L'Union européenne est totalement opposée à la peine de mort. Cela ne peut pas être une réponse au trafic de drogue", a déclaré le président du Conseil européen, Donald Tusk.

Le président français François Hollande a pour sa part affirmé qu'il faut "tout faire jusqu'au dernier moment" pour que l'exécution du Français Serge Atlaoui n'ait pas lieu. "L'abolition de la peine de mort est pour nous un principe essentiel (...) Pour Serge Atlaoui, la mort ne peut pas être la sanction", a-t-il déclaré. 

Une procédure cruelle. 
Aucune date n'a été fixée pour les exécutions qui seront notifiées 72 heures au préalable aux condamnés. Le procureur général a précisé que cela n'a pas encore été le cas.
"C'est une torture psychologique intense", témoigne l'épouse de Serge Atlaoui. Sabine Atlaoui accuse la justice indonésienne d'exécuter "des innocents". " Il y a un énorme problème au niveau de la justice", déplore Sabine Atlaoui. Jusqu'à quand durera le sursis accordé à Serge Atlaoui ? Condamné à mort en Indonésie pour trafic de drogue, le Français a été retiré de la liste des exécutions imminentes en raison d'une procédure en cours devant le tribunal administratif de Jakarta. Si la procédure en cours était rejetée, il serait fusillé seul, a indiqué ce lundi 27 avril Tony Spontana, porte-parole du Parquet. 
Mon mari a été retiré de la liste mais il y a eu tout de suite une annonce du procureur général qui stipule que l'on n'attendra pas la troisième vague pour exécuter Serge Atlaoui : 'Dès que le recours administratif est fini, on l'exécute'. Et ça passe dans les media; c'est une torture psychologique intense".

L'Indonésie a exécuté huit personnes, dont sept étrangers, lundi 28 avril. Sabine Atlaoui évoque "un traumatisme". Elle ajoute : "Tout n'est que souffrance et tristesse". L'épouse du seul Français condamné à mort dans le monde reproche au gouvernement indonésien sa politique, qui vise à donner un sentiment de tolérance zéro vis-à-vis de la drogue. "Ce n'est pas avec des exécutions qu'ils régleront le problème", s'emporte-t-elle.

Serge Atlaoui, incarcéré depuis dix ans, affirme qu'il n'a fait qu'installer des machines industrielles dans ce qu'il croyait être une usine d'acrylique, et qui abritait en réalité une fabrique clandestine d'ecstasy.

Les dix condamnés, originaires d'Australie, France, Brésil, Philippines, Nigeria, Ghana et Indonésie, seront alignés ensemble devant un peloton d'exécution.

Paris n'a cessé de hausser le ton
Depuis le rejet du dernier recours du Français mardi par la Cour suprême d'Indonésie, François Hollande avait déjà menacé mercredi que cette exécution "serait dommageable pour l'Indonésie, dommageable pour les relations que nous voulons avoir avec elle", rappelant son opposition à la peine de mort, abolie en France en 1981.

L'Indonésie reçoit de l'Occident de l'aide humanitaire et de l'aide au développement depuis 1966, en particulier en provenance des États-Unis, de l'Europe occidentale, de l'Australie et du Japon. L'Indonésie est le seul pays membre du G20 dans l'Asie du Sud-Est.

Dans une lettre adressée jeudi à son homologue indonésienne, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a dénoncé le fait que, selon lui, Serge Atlaoui n'a "pas bénéficié du plein exercice de ses droits", "du fait de graves dysfonctionnements de la justice indonésienne". Le ministre français a accusé la justice indonésienne de "traitement expéditif", jugeant que la victime a été "condamnée à mort par une décision qui comporte des affirmations erronées", a-t-il accusé.
A Jakarta, capitale de l'Indonésie, la ministre indonésienne des Affaires étrangères, Retno Marsudi, a indiqué qu'elle communiquerait dans la soirée par téléphone avec L. Fabius. "Je vais lui expliquer le système judiciaire en Indonésie, et je vais lui expliquer l'urgence de la situation provoquée par les crimes liés à la drogue" dans l'archipel, a déclaré Mme Marsudi.
Pour la troisième fois, Fabius a convoqué mercredi l'ambassadeur d'Indonésie pour... évoquer cette affaire.

L'UE s'était également déjà émue de cette condamnation.
"Nous reconnaissons que l'Indonésie doit affronter un problème de (trafic de) drogue grandissant, mais l'expérience dans d'autres pays montre que la peine capitale n'est pas la bonne réponse", avait estimé jeudi la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, avant le sommet.
"L'UE est prête à réfléchir aux moyens de soutenir les efforts de l'Indonésie dans sa lutte contre la drogue et nous sommes prêts à renforcer notre coopération avec l'Indonésie en ce domaine", avait-elle ajouté.

La détermination du président indonésien Joko Widodo dans sa lutte contre le trafic de drogue est implacable et passe par l'exécution de condamnés à mort, pour des raisons de politique intérieure, mais aussi de crédibilité.
Après avoir remporté la présidentielle l'été dernier et pris ses fonctions en octobre, l'une de ses premières décisions a été de rejeter toutes les demandes de grâce de condamnés à mort pour drogue. Après la reprise des exécutions en janvier pour la première fois depuis 2013 -six condamnés pour trafic de drogue dont cinq étrangers- les autorités ont montré leur intransigeance à exécuter une deuxième liste de condamnés à mort, en grande majorité pour trafic de drogue.

Dirigeant du Parti démocratique indonésien de lutte, 
Widodo, souriant, avenant, 
mais dur au travail et coeur sec
né de la fusion forcée par le régime de Soeharto de tous les partis non musulmans en un seul, Joko Widodo est proche des gens et en particulier des milieux les plus pauvres dont il est lui-même issu, celui que ses compatriotes appellent affectueusement "Jokowi" incarne un véritable renouveau dans la politique indonésienne. C'est toutefois un homme d'affaires qui exportait de par le monde des meubles en teck indonésien, fabriqués dans l'atelier qu'il avait monté à Solo, sa ville natale, dans l'est de l'île de Java. 
Ancien gouverneur de Jakarta, J. Widodo est arrivé à la politique par la mairie de Solo, conquise en 2005 sous la bannière d'une coalition d'entrepreneurs en guerre contre la corruption et la bureaucratie, fléaux qui freinent le développement global de l'Indonésie. A peine élu, il donna le ton en conservant jeans et chemise, en refusant également d'acheter une nouvelle voiture de fonction, et en reversant son salaire aux bonnes œuvres de la ville. Le genre de comportement que d'aucuns pourraient qualifier de "démago" si Joko Widodo ne vivait pas en Indonésie, pays 260 millions d'habitants où près de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec moins de 2 dollars par jour et pratique l'islam à près de 90% (8 % des Indonésiens se déclarent chrétiens, dont les deux tiers protestants). Widodo est convaincu que c’est en changeant les habitudes que l’on peut espérer faire évoluer les mentalités.

Comme la France, l'Australie, dont deux ressortissants doivent être exécutés, a mis en garde contre des "conséquences" sur les relations bilatérales en cas d'exécution.


Joie à Manille après le sursis accordé à Mary Jane Veloso


Mary Jane Veloso, une domestique philippine qui devait être fusillée en Indonésie dans la nuit de mardi à mercredi, a bénéficié d'un sursis de dernière minute salué par une joie immense sur les places de Manille. Elle était au nombre des condamnés, dont huit hommes effectivement exécutés, tous convaincus de trafic de drogue. 

Mary Jane Veloso doit son salut provisoire à la personne qui l'aurait recrutée pour transporter de la drogue en Indonésie et qui se serait rendue aux autorités philippines. 

Ces dernières semaines, le pays tout entier s'était mobilisé derrière Mary Jane Veloso. Tout comme le champion de boxe Manny Pacquiao, star dans son pays et très populaire en Indonésie, le président philippin avait supplié de grâcier la jeune mère de famille.