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samedi 1 octobre 2016

Calais: Hollande s'engage à disséminer les clandestins de Calais partout en France "d'ici la fin de l'année"

Hidalgo collabore en ouvrant un camp naturiste:
"décolonial" ?

Hollande, en campagne à Calais ce lundi 26, a annoncé le démantèlement définitif du camp de migrants de la Lande, en trois mois


Hollande, le 26 septembre 2016 à Calais, dans... la cour de la gendarmerie.
Rien à faire des migrants, seulement se montrer sur les chaînes nationales

François Hollande, en visite ce lundi et pour la première fois de son quinquennat à Calais, a déclaré qu'il "faut démanteler complètement, définitivement le campement" de Calais, où s'entassent 7.000 à 10.000 migrants, selon EuroNews. "C'est une opération qui est exceptionnelle parce que nous sommes dans une situation exceptionnelle", a assuré le président de la République.
"Je suis donc venu à Calais aussi pour confirmer la décision que j'ai prise avec le gouvernement (...) de démanteler définitivement, entièrement, rapidement, c'est-à-dire d'ici la fin de l'année [plus facile pour les bulldozers que de redresser la courbe de l'emploi promise pour décembre 2013], ce qu'on appelle la Lande de Calais", a déclaré le chef de l'Etat lors d'un discours prononcé après la pose de la première pierre de l'extension du port de la ville. Il poursuit: "Tout sera fait d'ici la fin de l'année. Et je reviendrai avec le gouvernement après le démantèlement complet et entier de Calais pour qu'il n'y ait pas de doute sur nos intentions et sur notre volonté"


"Le gouvernement ira jusqu'au bout", a-t-il promis,
en prenant "une distance par rapport à des instrumentalisations ou des polémiques qui d'ailleurs tournent le dos aux principes des valeurs de la République". 
"La situation n'est pas acceptable. Nos objectifs sont clairs: il faut garantir la sécurité des Calaisiens, maintenir l'ordre public et assurer aux migrants des conditions dignes", a affirmé François Hollande.
Le président de la République a souligné "un devoir de fermeté et un devoir d'humanité" de la part de l'Etat, les deux étant "indissolublement liés". "Faisons en sorte que les migrants qui répondent aux conditions de l'asile puissent être mis à l'abri et avoir un hébergement, ce sera le sens du démantèlement", a-t-il lancé.


"Garantir l'étanchéité de la frontière franco-britannique"
Le chef de l'Etat a également estimé qu'il est essentiel de "lutter contre les filières de la traite des êtres humains, qui est le pire commerce", et de "garantir l'étanchéité de la frontière franco-britannique".
A ce propos, Hollande a assuré qu'elle est "complètement étanche depuis plusieurs mois". Il suffit de demander aux "fact checkers" Cédric Mathiot (Libération), Antoine Krempf (France Info), mais aussi "Les Décodeurs" dans le journal "Le Monde" ou encore "Le Vrai-faux de l'info" dans la matinale d'Europe 1, pour savoir ce qui est vrai... (Mais pourquoi reprendre Jean-François Copé quand il affirme que les 35 heures coûtent 20 milliards à la France et pas Yves Thréard, éditorialiste du 'Figaro, quand il dit (ou écrit) la même chose ?, si ce n'est pas vrai dans l'épaisseur du trait). Depuis le début de l'année, seules 315 intrusions sur le territoire britannique ont été constatées, contre 10.000 l'année passée.

François Hollande a tout de même appelé les Britanniques à "prendre leur part dans l'effort humanitaire que la France accomplit"
, ajoutant que "ce n'est pas parce que le Royaume-Uni a pris une décision souveraine que le Royaume-Uni est dégagé de ses obligations par rapport à la France".
Si le président n’a pas donné de date précise pour la fermeture du camp (avant la fin de l’année), il a surtout rappelé les Britanniques à leurs obligations en référence aux accords du Touquet signés en 2003 entre Paris et Londres.

10.400 migrants interpellés, 1.500 éloignés
Entre janvier et juillet 2016, 10.400 migrants ont été interpellés en situation irrégulière. 1.500 autres ont été ramenés aux frontières depuis le Pas-de-Calais. "C'est notre devoir de le faire, parce que ceux qui relèvent de l'asile doivent être accueillis, et ceux qui n'en relèvent pas doivent être raccompagnés", a déclaré François Hollande.
Parallèlement, 28 réseaux de trafic d'êtres humains ont également été démantelés à Calais, soit "deux fois plus qu'en 2014", a annoncé le président de la République. Au total, 230 filières sur l'ensemble du territoire, dont 30 à destination du Royaume-Uni "ont été mises hors d'état de nuire". 
"De nombreuses interpellations (liés à ces trafics) ont eu lieu, avec des comparutions immédiates et des condamnations à de la prison ferme", a également rapporté le président-comptable.

Au-delà des belles paroles, une dispersion des migrants à travers la France

"Les Républicains (LR) disent non au plan Cazeneuve de dissémination des migrants de Calais sur le territoire national," déclaraient les porte-parole Annie Genevard et Brigitte Kuster, mardi matin.
"Ni les présidents de régions, de département, ni les maires n'ont été concertés. Nous condamnons cette absence de respect. Ce comportement n'est pas républicain", pointe Brigitte Kuster qui souligne les difficultés concrètes auxquelles vont être confrontés les maires, entre l'intégration des migrants, la scolarité des enfants, les accueils non adaptés..." "Le Gouvernement fixe sur le territoire national des migrants qui, au départ, voulaient quitter la France pour rejoindre le Royaume-Uni", déplore également la maire du XVIIème arrondissement de Paris, Brigitte Kuster.
Hidalgo apporte sa contribution avec l'ouverture d'un camp naturiste à Paris

La municipalité socialiste est majoritairement favorable à l'installation d'un camp naturiste à Paris
, a révélé Bruno Julliard, premier adjoint d'Anne Hidalgo, le 26 septembre sur RMC. On est en train de confondre naturisme et nudisme, voire exhibitionnisme, sachant que l'ex-meneur de l'UNEF a fait son coming out. Ca ne suffisait pas: il a encore quelque chose à étaler sur la place publique. 


"Nous allons accepter la proposition d'un camp naturiste à Paris", déclare le 1er adjoint au maire @BrunoJulliard sur RMC

Aujourd'hui,
une proposition du groupe écologiste pour expérimenter le naturisme sera soumise au Conseil de Paris. Ses membres [sic] expliquaient la semaine dernière vouloir "créer un lieu en plein air délimité au sein [sic] d'un espace vert ou piéton parisien permettant la pratique du naturisme". Cul-turel, quoi ! Une introduction de campagne,  somme toute, racoleuse.

Est-ce une bonne idée ? feint de s'interroger Libération, logiquement libéré

La possible mise en place d'un espace dédié à la nudité dans la capitale à l'été 2017, validée par le conseil de Paris lundi, est l'occasion de se pencher sur la législation autour de cette... "philosophie de vie" et vœu  présenté par le groupe écologiste. De quoi satisfaire les adeptes du naturisme, touristes ou Franciliens, mais aussi peut-être mettre certains en alerte, qu'ils soient prudes ou voyeurs.  Monsieur Cosse, ministre par alliance, y établira-t-il ses quartiers. Quartier VIP fréquenté par Dominique (Strauss-Kahn) et Bruno (Julliard) cohabitant dans le plus simple appareil, ça promet d'être coquinou... Mais comment cela va-t-il se passer, concrètement ?

Quel lieu choisir ?

Galut et Bays, députés PS
Le groupe écologiste de Paris souhaite avant tout trouver un lieu "ni privatisé ni clôturé"accessible et visible de tous. "L'idée n'est pas de 'parquer' les personnes qui souhaitent pratiquer le naturisme", précise Hélène Bracon, responsable de la communication du groupe Europe Ecologie-les Verts de Paris. L'espace choisi sera signalé aux abords par des panneaux d'informations, pour éviter toute situation embarrassante. "Personne ne sera pris au dépourvu", assure-t-on chez les Verts.
NON à l'"écologie punitive": restez habillé(e)s !

Pour l'heure, le groupe écologiste de Paris "ne préempte pas de lieux" mais plusieurs parcs sont cependant envisagés pour accueillir le camp naturiste. Parmi eux, les Buttes-Chaumont, le parc de Vincennes ou le bois de Boulogne. 
Ch. Najdovski, candidat EELV à Paris et
David Belliard, candidat dans le 11ème,
lors d'un kiss-in à l’ambassade de Russie, 
le dimanche 8 septembre 2013
"D'ici 2018, la baignade sera autorisée au lac Daumesnil [dans le 12ᵉ arrondissement à l'est de Paris. Son maire est Catherine Baratti-Elbaz, suppléante de Sandrine Mazetier, députée PS et vice-présidente de l'Assemblée nationale Tiens, c'est celui de Christophe Najdovski, adjoint à la mer maire, chargé de... l’espace public du 12e encore, contigu au 20e, notoirement multi-ethnique].  Alors pourquoi pas là-bas, aussi ?", avance Hélène Bracon, chargée de communication. Ce lac est situé dans le quartier tout désigné du Bel-Air et bordé par le temple bouddhiste tibétain de Kagyu-Dzong. Si le coeur leur en dit... Le canotage y est permis sur 12 hectares, à l'abri des regards.
L'expérimentation devrait démarrer à l'été 2017. Si elle est concluante, et elle le sera en fonction des membre de la commission ad hoc constituée, elle pourrait être appliquée à d'autres lieux dans Paris, permettant ainsi aux naturistes de ne pas rester cantonner à un seul parc.

Est-ce que ça existe ailleurs ?

Si les autres le font, c'est forcément que c'est bien... C'est aussi que les Français sont à la traîne, mais que les élus de gauche regarde beaucoup par dessus le mur. Plusieurs métropoles européennes ont déjà autorisé la pratique du naturisme dans des lieux publics.
En Allemagne, à Berlin ou Munich par exemple, existent des espaces où cohabitent naturistes et personnes vêtues, pour certains depuis les années 1970. Sans que cela pose problème à la population, toutes générations confondues et donc les enfants. On demande à voir ! La campagne de Ségolène Royal contre le string à l'école paraît bien ...dépassé du pantalon et des esprits. Pour les bonnes adresses, signalons un segment - ne parlons surtout pas de ghetto - de la plage du Wannsee, le plus grand lac en bordure de Berlin, ci-contre, réservé aux naturistes, rapporte Le Point, mais contre un droit d'entrée de 9 euros. Passée la barre des 25 degrés, les Berlinois sont même autorisés à se déshabiller aux abords de petits lacs du centre-ville ou dans le parc du Tiergarten, tout proche de la chancellerie.

En France, la pratique fait de plus en plus d'adeptes. La Fédération française de naturisme a d'ailleurs recensé une hausse considérable de ses adhérents. "Deux millions de personnes pratiquent le naturisme en France", a rappelé samedi, sur Europe 1, David Belliard, co-président du groupe Europe Écologie-Les Verts au Conseil de Paris, ancien conseiller de Paris du 11e arrondissement et ex-directeur général adjoint de Sidaction.
En 2011, à l'occasion d'un dossier que consacre le magazine LGBT Têtu à la nouvelle génération en politique, cet activiste a rendu publique son homosexualité.
Mitterrand-Lang
En 2012, il co-signe dans Le Monde une tribune intitulée 'Sortons du placard', incitant les personnalités à faire leur coming-out
. En 2013, il fit partie des signataires du manifeste publié dans Libération pour la création d’une association de journalistes LGBT. En 2013, pour dénoncer l’homophobie du gouvernement russe, il participe avec Christophe Najdovski, adjoint de Bertrand Delanoe, à un kiss-in devant l’ambassade de Russie. En 2014, il publie, dans Libération, une tribune "pour en finir vraiment avec Eddy Bellegueule", où il critique la réception du livre d’Édouard Louis.
Dans le cadre de son mandat au Conseil de Paris, il relance notamment l’idée de la création d’un centre d’archives LGBT à Paris. En décembre 2015, il fait partie de la liste des 50 personnalités qu'il faudra suivre en 2016 par le média LGBT Yagg
A Paris, seule la piscine couverte Roger-Le-Gall, dans le 12ème arrondissement, propose des créneaux de baignade aux naturistes. L'été, Parisiens et touristes sont alors contraints de faire route vers le sud de la France, au Cap d'Agde par exemple.


Cela pose-t-il des problèmes de sécurité ?

Après la provocation estivale et sulfureuse de musulmans intégristes partisans du burkini dans l'espace public et donc laïc, la question de l'habillement dans l'espace public semble de plus en plus épineuse à Paris comme dans le reste du pays. 
La question  se pose de la sécurisation d'un lieu public dans lequel les naturistes côtoieraient les "textiles". Malgré l'état d'urgence ! Il ne s'agit pourtant pas d'une priorité pour le groupe écologiste de Paris. "Comme on ne peut pas mettre une policier derrière chaque personne âgée qui se promène dans la rue avec son sac à main, on ne peut pas protéger tous les naturistes", illustre Hélène Bracon peu concernée par les réactions des enfants. 

Les femmes en burkini seront autorisées dans l'espace naturiste ?
Un "camp décolonial" s'est tenu à Reims du 25 au 28 août 2016. Présenté comme "un séminaire de formation à l'antiracisme politique", il était
destiné "uniquement aux personnes subissant à titre personnel le racisme d'État en contexte français" et excluant donc les Français blancs de peau.

Se former à "l'antiracisme politique" n'est pas possible aux  Blancs de France. Il et des espace dans ce pays des libertés où des exogènes imposent aux indigènes européens de montrer patte blanche. Le camp était autorisé, bien que discriminatoire puisqu'expressément réservé "aux personnes subissant à titre personnel le racisme d'Etat en contexte français".

Hollande et Cazeneuve autorisent qu'on ne mélange pas les torchons et les serviettes. C'est du communautarisme au degré raciste. "En contexte français", le Français est victime du délit de sale gueule.  "Interdit aux Blancs", comme il était inscrit "Interdit aux Noirs" dans les établissements publics de l'Amérique ségrégationniste. 

Pour le même motif ségrégationniste, impossible d'assister aux rencontres organisées à l'université de Paris-VIII, où il était précisé : "Paroles non blanches". Pour préparer les travaux, les concepteurs de ce huis-clos avaient décidé de constituer un "groupe de réflexion organisé en non-mixité". Pas question de mélanger les Blancs et les autres, fût-ce pour lutter de concert contre tous les racismes et toutes les exclusions. La France étant décrétée blanche, coloniale et raciste, tout Blanc est raciste et chacun s'est donc découvert raciste à l'insu de son plein gré. Se réveiller porteur d'une étoile jaune est-il un juste retour des choses ? On connaissait le réflexe identitaire d'une extrême droite qui rêve d'une France blanche? Mais nous n'avons pas encore tout vu.
  Demain, les ayatollahs nous feront-ils embarquer pour un Vel'd'Hiv ? 
La lutte des classes prend un tour nouveau que les bobos peinent à imaginer. Entre deux joints et six mojitos, bien que les terrasses de cafés ne leur réussissent pas ! Cerise sur le gâteau, ces nouveaux racistes venus d'ailleurs sont encouragés par de beaux esprits sensibles - des humanistes mondialistes- qui crient au "fascisme" à la moindre gesticulation du FN, ou même de la droite républicaine, alors qu'ils encouragent de la voix et du geste les chevaux fous de l'identitarisme ethnique. On a beau être blanc, il y a de quoi être vert de rage et rouge de honte.

A grands pas et à découvert, la lutte des races se développe sous leurs yeux, aboutissement d'un long mûrissement dans les esprits d'une partie des militants d'extrême-gauche. 
La décolonisation passe par la colonisation du  sol des Blancs et la négation de leur droit à leur propre sol. Bouteldja "nique" la France depuis longtemps et avec elle les rappeurs et la plupart des associations communautaristes subventionnées. En d'autres temps, on parlait d'invasions barbares, on sonnait le tocsin et les populations s'armaient. Aujourd'hui, elles culpabilisent et se rendent sans combattre.  
Estimons-nous heureux que la solution finale soit pour après-demain.

mercredi 10 août 2016

Cosse créera des milliers de logements, mais pour des migrants illégaux

Trois mille places de plus détournées des premiers demandeurs

Les sans-abri légaux ne sont pas prioritaires

L'équité, c'est sans passe-droits...
La ministre du Logement de Hollande annonce la création de 3.000 places supplémentaires pour accueillir des migrants dans des centres d'accueil et d'orientation (CAO). "Nous allons, avant la fin septembre, plus que doubler les capacités de ces centres de répit, en passant de 2.000 à 5.000 places", indique la ministre, Emmanuelle Cosse,  dans un entretien publié mercredi par Le Monde, en n'excluant pas d'aller plus loin si les besoins sont supérieurs.

"Toutes les grandes villes ont accepté cet accueil, l'un des objectifs étant de désengorger les territoires très sollicités", précise Emmanuelle Cosse, qui gère ce dossier avec le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.

Depuis le lancement de ce plan fin octobre, 148 CAO ont été ouverts sur l'ensemble du territoire national et les près de 2.000 places correspondantes ont permis "de mettre l'abri plus de 4.700 personnes dans des délais très resserrés", selon des données diffusées par le ministère du Logement le 1er août.
"Nous devons accueillir dignement ces réfugiés. C'est une priorité et un engagement international", se justifie Emmanuelle Cosse. 

La ministre fait valoir que "les campements ne satisfont personne, ni les migrants, ni les riverains, ni les élus."
Plusieurs campements de fortune ont été démantelés ces derniers mois à Paris. La maire de la capitale, Anne Hidalgo, a annoncé fin mai son intention d'ouvrir un centre pour proposer une solution plus durable aux centaines de migrants qui ont occupé ces derniers mois des sites clandestins, le plus souvent dans des conditions insalubres.

"Si l'expérience parisienne est concluante, avec la fluidité nécessaire, nous en mènerons d'autres", promet Emmanuelle Cosse.

La ministre du Logement des clandestins fait même part de son intention de développer l'hébergement de migrants chez des particuliers et dit avoir lancé à cet effet un appel à projets auprès d'associations.

Et Emmanuelle Cosse évoque encore l'ouverture à Calais, fin septembre, d'un centre de 72 places pour mineurs isolés.

Le Brexit encourage l'établissement des clandestins en France


"Sans dent" néo-colonialiste trop blanc 
pour retenir l'attention d'E. Cosse,
la ministre du Logement de Valls
Suite au référendum en faveur du Brexit, les frontières du Royaume-Uni pourraient changer. L'une d'entre elles, fixée à Calais depuis 2003, pourrait repartir de l'autre côté de la Manche, à Douvres. Face aux 6.000 exilés qui se sont retrouvés bloqués à Calais, certains responsables politiques français et une partie des Calaisiens réclament la renégociation de ces accords.

Adnan s'est tourné vers un compatriote passé en Angleterre. "Il m'a dit que peut-être ils arrêteront d'accueillir des réfugiés." Et d’ajouter : "
Il n'y a aura plus aucune chance pour un réfugié de rester en Angleterre. Avant le référendum, c'était possible, maintenant ils vont complètement fermer la frontière."

Le président de la région des Hauts de France, Xavier Bertrand, attend du gouvernement qu’il dénonce les accords du Touquet.
Il a solennellement demandé au gouvernement français de dénoncer les accords du Touquet signés après la fermeture de Sangatte, avec pour objet principal de situer la frontière franco-britannique, et donc les contrôles, à Calais, afin de mieux maîtriser les flux migratoires. En vertu de ce traité bilatéral, la Grande-Bretagne a investi plusieurs dizaines de millions d'euros côté français pour sécuriser les infrastructures notamment portuaires, construire des kilomètres de grillage et renforcer les contrôles douaniers et tenir loin les clandestins qui, pour une bonne part, sont pourtant originaires de pays anciennement membres du Commonwealth.

Et Macron avait d'ailleurs prévenu les Anglais qu’en cas de sortie de l’Union européenne la France ne retiendrait plus les migrants à Calais. Dans un entretien accordé au Financial Times, le ministre de l'Economie avait fait monter la pression en menaçant d'inciter les banquiers à quitter le Royaume-Uni, mais aussi de cesser de retenir les migrants à Calais. Il soulignait que le Brexit saborderait les accords du Touquet qui permettent à Londres de mener des contrôles du côté français de la frontière.

jeudi 7 juillet 2016

Calais: la Commission nationale consultative des droits de l’homme fait la leçon à Hollande, donneur de leçons

La CNCDH demande de nouveau la dénonciation des accords du Touquet

Hollande n'a toujours plus levé le petit doigt depuis 2015

Droits de l'Homme
La Commission nationale consultative des droits de l’homme a rédigé un nouvel état des lieux après être retournée sur place, un an après avoir rendu public un rapport sans concession sur la jungle de Calais. Encore 48 recommandations… 
La situation a évolué depuis 2015, suite à des aménagements imposés aux services de l’Etat par Conseil d’Etat ou décidés par le ministère de l’intérieur. 

Pourtant, les droits de l’homme ne sont toujours pas respectés dans cet immense bidonville où stationnent des milliers de migrants illégaux afghans, soudanais, érythréens, syriens ou koweïtiens. La situation s’y est même tendue depuis mars, après l’évacuation forcée de la moitié sud de la zone, sur ordre préfectoral. Depuis, la surpopulation dans la moitié nord de la jungle fait à tout moment craindre des bagarres, mais aussi des incendies, redoutés par la CNCDH.

C’est sur cette toile de fond qu'a été dressé le bilan qui fait l'objet d'un rapport de l’instance consultative, chargée de rappeler à l’Etat les obligations qu’il a prises en matière de droits de l’homme. 

Ce travail se félicite d'avancées effectuées sous sa pression, mais fait aussi le compte de ses demandes de l’an dernier laissées de côté et s’attaque aux manquements actuels… Or, selon l’instance, il faudrait que l’Etat entende encore une liste de 48 recommandations pour que la vie dans la jungle de Calais ne soit plus attentatoire aux droits fondamentaux. Autant dire que l'exécutif doit mettre les bouchées doubles.

Le Brexit renforce la nécessité de débattre urgemment des accords bilatéraux

Comme en 2015, la première recommandation de la CNCDH a peu de chance d’être entendue. Créée en 1947 pour éclairer l'action du gouvernement et du Parlement, l’autorité administrative française réitère avec force sa demande de "dénonciation des traités et accords dits du Touquet et de Sangatte, ainsi que la dénonciation du protocole additionnel de Sangatte". Christine Lazerges, présidente de la CNCDH:
"Signés il y a dix ans, les accords du Touquet ont permis au Royaume-Uni, ni plus ni moins, de déplacer leur frontière sur le sol français. Des milliers de migrants se retrouvent bloqués; le littoral français est devenu une zone d’attente et la contribution financière britannique est complètement dérisoire au regard des besoins pour proposer des conditions de vie dignes aux migrants. Le contexte actuel, depuis le vote des Anglais en faveur du Brexit, ne saurait être pris comme excuse pour reculer ou éviter tout débat sur ces accords bilatéraux." 
D’autant que, pour la CNCDH, "du fait de l’externalisation des contrôles frontaliers britanniques sur le sol français, le Royaume-Uni ne sera quasiment jamais compétent pour traiter des demandes d’asile"… Par voie de conséquence, les accords et arrangements administratifs bilatéraux empêchent le dépôt des demandes d’asile au Royaume-Uni, ce qui est "une atteinte à la substance même du droit d’asile", déplore le rapport.

En matière de respect du droit à s’installer en Grande-Bretagne, la Commission "recommande aux pouvoirs publics de poursuivre leurs efforts dans le sens d’une application systématique de la clause humanitaire de l’article 17.2 du règlement Dublin III". En vertu de laquelle la France peut demander au Royaume-Uni "de prendre un demandeur en charge pour rapprocher tout parent pour des raisons humanitaires fondées, notamment sur des motifs familiaux ou culturels". La France se targue de le faire, certes, mais l’avancée des dossiers tend à montrer que c’est seulement du bout des lèvres. Pour les adultes comme pour les mineurs qui ont un parent en Grande-Bretagne.

Détérioration des relations autorités-associations

La CNCDH rend hommage au "travail exceptionnel réalisé par les associations présentes jour après jour sur le terrain". L'Etat s'en remet aux associations subventionnées et aux bénévoles qui assurent en effet toujours des missions qui devraient revenir à l’Etat. Qu’il s’agisse de l’accès aux soins de prévention, de la distribution de nourriture, de celle de vêtements ou de matériel de camping, si les associations n’étaient pas là, des pans entiers de ces besoins de base ne seraient pas couverts. D’ailleurs, une des recommandations porte sur la nécessaire distribution par l’Etat d’un deuxième repas quotidien. Aujourd’hui, un seul est servi par la solidarité nationale aux illégaux.

L'organisation déplore en outre que les relations entre les associations humanitaires et les autorités se sont tendues au fil de l’année. "Contrairement à ce qu’était la situation en 2015, la délégation de la Commission a eu l’impression très négative d’une détérioration des relations", ce qui provoque " une dispersion des initiatives", rappelle-t-elle.

Si elle apprécie la création du centre d’accueil provisoire (CAP) sur place et aussi la mise en place de centres d’accueil et d’orientation (CAO) ailleurs en France, la CNCDH préconise une montée en gamme de ces deux types d’hébergement. Dans le premier, le CAP, il juge nécessaire que "la gestion des espaces de convivialité et de vie" soit concédée à des associations, puisqu'aujourd’hui les conteneurs qui accueillent quelque 1.500 personnes ne sont que des lieux dortoirs.

"La CNCDH a eu connaissance, à plusieurs reprises, du manque d’information des personnes partant en CAO, sur leurs droits et sur les modalités de leur prise en charge", dénonce le rapport. C’est pourquoi elle préconise aussi à Calais "la création d’une maison de l’asile, c’est-à-dire un lieu dédié à l’accompagnement individuel des migrants qui souhaitent rester en France, afin de leur délivrer les informations utiles et de les aider à accomplir les premières démarches relatives à la demande d’asile ou encore à préparer un départ vers un CAO".

Le cas sensible des mineurs isolés

Elle demande aussi, même si ce droit ne figure nulle part dans la loi sur l’asile du 29 juillet 2015, que, une fois dans ces structures, ils bénéficient d’un enseignement précoce de la langue française. Les textes de loi ne prévoient cet enseignement qu’une fois que les illégaux sont déclarés réfugiés.

Toute une partie du rapport porte sur le cas des mineurs isolés. Un des problèmes majeurs de Calais aujourd’hui, et un sujet dont le gouvernement n’a pas encore pris la mesure. La CNCDH recommande, comme tous ceux qui ont travaillé le sujet avec elle, la mise à l’abri, la délivrance d’une information sur leurs droits, afin que ces jeunes soient en mesure de renoncer de façon éclairée à passer en Grande-Bretagne…

Par ailleurs, la CNCDH écrit avoir "été informée à plusieurs reprises de
soupçons de commission de faits de traite et d’exploitation (prostitution, mendicité forcée…), notamment à l’encontre de femmes et d’enfants vivant dans la jungle de Calais. S’agissant plus spécifiquement des mineurs isolés étrangers, la récente étude d’Olivier Peyroux pour l’Unicef conclut aussi à l’existence "d’un risque potentiel de traite" après avoir constaté des cas d’exploitation sexuelle (masculine et féminine), d’incitation de mineurs à commettre des délits et d’exploitation économique", insiste le rapport. 

En dénonçant l'insouciance de l'Etat-PS, la CNCDH joue là encore un rôle d’alerte sur ce sujet de l’esclavage moderne qu’elle fait doucement émerger depuis quelques années en France.