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samedi 1 octobre 2016

Calais: Hollande s'engage à disséminer les clandestins de Calais partout en France "d'ici la fin de l'année"

Hidalgo collabore en ouvrant un camp naturiste:
"décolonial" ?

Hollande, en campagne à Calais ce lundi 26, a annoncé le démantèlement définitif du camp de migrants de la Lande, en trois mois


Hollande, le 26 septembre 2016 à Calais, dans... la cour de la gendarmerie.
Rien à faire des migrants, seulement se montrer sur les chaînes nationales

François Hollande, en visite ce lundi et pour la première fois de son quinquennat à Calais, a déclaré qu'il "faut démanteler complètement, définitivement le campement" de Calais, où s'entassent 7.000 à 10.000 migrants, selon EuroNews. "C'est une opération qui est exceptionnelle parce que nous sommes dans une situation exceptionnelle", a assuré le président de la République.
"Je suis donc venu à Calais aussi pour confirmer la décision que j'ai prise avec le gouvernement (...) de démanteler définitivement, entièrement, rapidement, c'est-à-dire d'ici la fin de l'année [plus facile pour les bulldozers que de redresser la courbe de l'emploi promise pour décembre 2013], ce qu'on appelle la Lande de Calais", a déclaré le chef de l'Etat lors d'un discours prononcé après la pose de la première pierre de l'extension du port de la ville. Il poursuit: "Tout sera fait d'ici la fin de l'année. Et je reviendrai avec le gouvernement après le démantèlement complet et entier de Calais pour qu'il n'y ait pas de doute sur nos intentions et sur notre volonté"


"Le gouvernement ira jusqu'au bout", a-t-il promis,
en prenant "une distance par rapport à des instrumentalisations ou des polémiques qui d'ailleurs tournent le dos aux principes des valeurs de la République". 
"La situation n'est pas acceptable. Nos objectifs sont clairs: il faut garantir la sécurité des Calaisiens, maintenir l'ordre public et assurer aux migrants des conditions dignes", a affirmé François Hollande.
Le président de la République a souligné "un devoir de fermeté et un devoir d'humanité" de la part de l'Etat, les deux étant "indissolublement liés". "Faisons en sorte que les migrants qui répondent aux conditions de l'asile puissent être mis à l'abri et avoir un hébergement, ce sera le sens du démantèlement", a-t-il lancé.


"Garantir l'étanchéité de la frontière franco-britannique"
Le chef de l'Etat a également estimé qu'il est essentiel de "lutter contre les filières de la traite des êtres humains, qui est le pire commerce", et de "garantir l'étanchéité de la frontière franco-britannique".
A ce propos, Hollande a assuré qu'elle est "complètement étanche depuis plusieurs mois". Il suffit de demander aux "fact checkers" Cédric Mathiot (Libération), Antoine Krempf (France Info), mais aussi "Les Décodeurs" dans le journal "Le Monde" ou encore "Le Vrai-faux de l'info" dans la matinale d'Europe 1, pour savoir ce qui est vrai... (Mais pourquoi reprendre Jean-François Copé quand il affirme que les 35 heures coûtent 20 milliards à la France et pas Yves Thréard, éditorialiste du 'Figaro, quand il dit (ou écrit) la même chose ?, si ce n'est pas vrai dans l'épaisseur du trait). Depuis le début de l'année, seules 315 intrusions sur le territoire britannique ont été constatées, contre 10.000 l'année passée.

François Hollande a tout de même appelé les Britanniques à "prendre leur part dans l'effort humanitaire que la France accomplit"
, ajoutant que "ce n'est pas parce que le Royaume-Uni a pris une décision souveraine que le Royaume-Uni est dégagé de ses obligations par rapport à la France".
Si le président n’a pas donné de date précise pour la fermeture du camp (avant la fin de l’année), il a surtout rappelé les Britanniques à leurs obligations en référence aux accords du Touquet signés en 2003 entre Paris et Londres.

10.400 migrants interpellés, 1.500 éloignés
Entre janvier et juillet 2016, 10.400 migrants ont été interpellés en situation irrégulière. 1.500 autres ont été ramenés aux frontières depuis le Pas-de-Calais. "C'est notre devoir de le faire, parce que ceux qui relèvent de l'asile doivent être accueillis, et ceux qui n'en relèvent pas doivent être raccompagnés", a déclaré François Hollande.
Parallèlement, 28 réseaux de trafic d'êtres humains ont également été démantelés à Calais, soit "deux fois plus qu'en 2014", a annoncé le président de la République. Au total, 230 filières sur l'ensemble du territoire, dont 30 à destination du Royaume-Uni "ont été mises hors d'état de nuire". 
"De nombreuses interpellations (liés à ces trafics) ont eu lieu, avec des comparutions immédiates et des condamnations à de la prison ferme", a également rapporté le président-comptable.

Au-delà des belles paroles, une dispersion des migrants à travers la France

"Les Républicains (LR) disent non au plan Cazeneuve de dissémination des migrants de Calais sur le territoire national," déclaraient les porte-parole Annie Genevard et Brigitte Kuster, mardi matin.
"Ni les présidents de régions, de département, ni les maires n'ont été concertés. Nous condamnons cette absence de respect. Ce comportement n'est pas républicain", pointe Brigitte Kuster qui souligne les difficultés concrètes auxquelles vont être confrontés les maires, entre l'intégration des migrants, la scolarité des enfants, les accueils non adaptés..." "Le Gouvernement fixe sur le territoire national des migrants qui, au départ, voulaient quitter la France pour rejoindre le Royaume-Uni", déplore également la maire du XVIIème arrondissement de Paris, Brigitte Kuster.
Hidalgo apporte sa contribution avec l'ouverture d'un camp naturiste à Paris

La municipalité socialiste est majoritairement favorable à l'installation d'un camp naturiste à Paris
, a révélé Bruno Julliard, premier adjoint d'Anne Hidalgo, le 26 septembre sur RMC. On est en train de confondre naturisme et nudisme, voire exhibitionnisme, sachant que l'ex-meneur de l'UNEF a fait son coming out. Ca ne suffisait pas: il a encore quelque chose à étaler sur la place publique. 


"Nous allons accepter la proposition d'un camp naturiste à Paris", déclare le 1er adjoint au maire @BrunoJulliard sur RMC

Aujourd'hui,
une proposition du groupe écologiste pour expérimenter le naturisme sera soumise au Conseil de Paris. Ses membres [sic] expliquaient la semaine dernière vouloir "créer un lieu en plein air délimité au sein [sic] d'un espace vert ou piéton parisien permettant la pratique du naturisme". Cul-turel, quoi ! Une introduction de campagne,  somme toute, racoleuse.

Est-ce une bonne idée ? feint de s'interroger Libération, logiquement libéré

La possible mise en place d'un espace dédié à la nudité dans la capitale à l'été 2017, validée par le conseil de Paris lundi, est l'occasion de se pencher sur la législation autour de cette... "philosophie de vie" et vœu  présenté par le groupe écologiste. De quoi satisfaire les adeptes du naturisme, touristes ou Franciliens, mais aussi peut-être mettre certains en alerte, qu'ils soient prudes ou voyeurs.  Monsieur Cosse, ministre par alliance, y établira-t-il ses quartiers. Quartier VIP fréquenté par Dominique (Strauss-Kahn) et Bruno (Julliard) cohabitant dans le plus simple appareil, ça promet d'être coquinou... Mais comment cela va-t-il se passer, concrètement ?

Quel lieu choisir ?

Galut et Bays, députés PS
Le groupe écologiste de Paris souhaite avant tout trouver un lieu "ni privatisé ni clôturé"accessible et visible de tous. "L'idée n'est pas de 'parquer' les personnes qui souhaitent pratiquer le naturisme", précise Hélène Bracon, responsable de la communication du groupe Europe Ecologie-les Verts de Paris. L'espace choisi sera signalé aux abords par des panneaux d'informations, pour éviter toute situation embarrassante. "Personne ne sera pris au dépourvu", assure-t-on chez les Verts.
NON à l'"écologie punitive": restez habillé(e)s !

Pour l'heure, le groupe écologiste de Paris "ne préempte pas de lieux" mais plusieurs parcs sont cependant envisagés pour accueillir le camp naturiste. Parmi eux, les Buttes-Chaumont, le parc de Vincennes ou le bois de Boulogne. 
Ch. Najdovski, candidat EELV à Paris et
David Belliard, candidat dans le 11ème,
lors d'un kiss-in à l’ambassade de Russie, 
le dimanche 8 septembre 2013
"D'ici 2018, la baignade sera autorisée au lac Daumesnil [dans le 12ᵉ arrondissement à l'est de Paris. Son maire est Catherine Baratti-Elbaz, suppléante de Sandrine Mazetier, députée PS et vice-présidente de l'Assemblée nationale Tiens, c'est celui de Christophe Najdovski, adjoint à la mer maire, chargé de... l’espace public du 12e encore, contigu au 20e, notoirement multi-ethnique].  Alors pourquoi pas là-bas, aussi ?", avance Hélène Bracon, chargée de communication. Ce lac est situé dans le quartier tout désigné du Bel-Air et bordé par le temple bouddhiste tibétain de Kagyu-Dzong. Si le coeur leur en dit... Le canotage y est permis sur 12 hectares, à l'abri des regards.
L'expérimentation devrait démarrer à l'été 2017. Si elle est concluante, et elle le sera en fonction des membre de la commission ad hoc constituée, elle pourrait être appliquée à d'autres lieux dans Paris, permettant ainsi aux naturistes de ne pas rester cantonner à un seul parc.

Est-ce que ça existe ailleurs ?

Si les autres le font, c'est forcément que c'est bien... C'est aussi que les Français sont à la traîne, mais que les élus de gauche regarde beaucoup par dessus le mur. Plusieurs métropoles européennes ont déjà autorisé la pratique du naturisme dans des lieux publics.
En Allemagne, à Berlin ou Munich par exemple, existent des espaces où cohabitent naturistes et personnes vêtues, pour certains depuis les années 1970. Sans que cela pose problème à la population, toutes générations confondues et donc les enfants. On demande à voir ! La campagne de Ségolène Royal contre le string à l'école paraît bien ...dépassé du pantalon et des esprits. Pour les bonnes adresses, signalons un segment - ne parlons surtout pas de ghetto - de la plage du Wannsee, le plus grand lac en bordure de Berlin, ci-contre, réservé aux naturistes, rapporte Le Point, mais contre un droit d'entrée de 9 euros. Passée la barre des 25 degrés, les Berlinois sont même autorisés à se déshabiller aux abords de petits lacs du centre-ville ou dans le parc du Tiergarten, tout proche de la chancellerie.

En France, la pratique fait de plus en plus d'adeptes. La Fédération française de naturisme a d'ailleurs recensé une hausse considérable de ses adhérents. "Deux millions de personnes pratiquent le naturisme en France", a rappelé samedi, sur Europe 1, David Belliard, co-président du groupe Europe Écologie-Les Verts au Conseil de Paris, ancien conseiller de Paris du 11e arrondissement et ex-directeur général adjoint de Sidaction.
En 2011, à l'occasion d'un dossier que consacre le magazine LGBT Têtu à la nouvelle génération en politique, cet activiste a rendu publique son homosexualité.
Mitterrand-Lang
En 2012, il co-signe dans Le Monde une tribune intitulée 'Sortons du placard', incitant les personnalités à faire leur coming-out
. En 2013, il fit partie des signataires du manifeste publié dans Libération pour la création d’une association de journalistes LGBT. En 2013, pour dénoncer l’homophobie du gouvernement russe, il participe avec Christophe Najdovski, adjoint de Bertrand Delanoe, à un kiss-in devant l’ambassade de Russie. En 2014, il publie, dans Libération, une tribune "pour en finir vraiment avec Eddy Bellegueule", où il critique la réception du livre d’Édouard Louis.
Dans le cadre de son mandat au Conseil de Paris, il relance notamment l’idée de la création d’un centre d’archives LGBT à Paris. En décembre 2015, il fait partie de la liste des 50 personnalités qu'il faudra suivre en 2016 par le média LGBT Yagg
A Paris, seule la piscine couverte Roger-Le-Gall, dans le 12ème arrondissement, propose des créneaux de baignade aux naturistes. L'été, Parisiens et touristes sont alors contraints de faire route vers le sud de la France, au Cap d'Agde par exemple.


Cela pose-t-il des problèmes de sécurité ?

Après la provocation estivale et sulfureuse de musulmans intégristes partisans du burkini dans l'espace public et donc laïc, la question de l'habillement dans l'espace public semble de plus en plus épineuse à Paris comme dans le reste du pays. 
La question  se pose de la sécurisation d'un lieu public dans lequel les naturistes côtoieraient les "textiles". Malgré l'état d'urgence ! Il ne s'agit pourtant pas d'une priorité pour le groupe écologiste de Paris. "Comme on ne peut pas mettre une policier derrière chaque personne âgée qui se promène dans la rue avec son sac à main, on ne peut pas protéger tous les naturistes", illustre Hélène Bracon peu concernée par les réactions des enfants. 

Les femmes en burkini seront autorisées dans l'espace naturiste ?
Un "camp décolonial" s'est tenu à Reims du 25 au 28 août 2016. Présenté comme "un séminaire de formation à l'antiracisme politique", il était
destiné "uniquement aux personnes subissant à titre personnel le racisme d'État en contexte français" et excluant donc les Français blancs de peau.

Se former à "l'antiracisme politique" n'est pas possible aux  Blancs de France. Il et des espace dans ce pays des libertés où des exogènes imposent aux indigènes européens de montrer patte blanche. Le camp était autorisé, bien que discriminatoire puisqu'expressément réservé "aux personnes subissant à titre personnel le racisme d'Etat en contexte français".

Hollande et Cazeneuve autorisent qu'on ne mélange pas les torchons et les serviettes. C'est du communautarisme au degré raciste. "En contexte français", le Français est victime du délit de sale gueule.  "Interdit aux Blancs", comme il était inscrit "Interdit aux Noirs" dans les établissements publics de l'Amérique ségrégationniste. 

Pour le même motif ségrégationniste, impossible d'assister aux rencontres organisées à l'université de Paris-VIII, où il était précisé : "Paroles non blanches". Pour préparer les travaux, les concepteurs de ce huis-clos avaient décidé de constituer un "groupe de réflexion organisé en non-mixité". Pas question de mélanger les Blancs et les autres, fût-ce pour lutter de concert contre tous les racismes et toutes les exclusions. La France étant décrétée blanche, coloniale et raciste, tout Blanc est raciste et chacun s'est donc découvert raciste à l'insu de son plein gré. Se réveiller porteur d'une étoile jaune est-il un juste retour des choses ? On connaissait le réflexe identitaire d'une extrême droite qui rêve d'une France blanche? Mais nous n'avons pas encore tout vu.
  Demain, les ayatollahs nous feront-ils embarquer pour un Vel'd'Hiv ? 
La lutte des classes prend un tour nouveau que les bobos peinent à imaginer. Entre deux joints et six mojitos, bien que les terrasses de cafés ne leur réussissent pas ! Cerise sur le gâteau, ces nouveaux racistes venus d'ailleurs sont encouragés par de beaux esprits sensibles - des humanistes mondialistes- qui crient au "fascisme" à la moindre gesticulation du FN, ou même de la droite républicaine, alors qu'ils encouragent de la voix et du geste les chevaux fous de l'identitarisme ethnique. On a beau être blanc, il y a de quoi être vert de rage et rouge de honte.

A grands pas et à découvert, la lutte des races se développe sous leurs yeux, aboutissement d'un long mûrissement dans les esprits d'une partie des militants d'extrême-gauche. 
La décolonisation passe par la colonisation du  sol des Blancs et la négation de leur droit à leur propre sol. Bouteldja "nique" la France depuis longtemps et avec elle les rappeurs et la plupart des associations communautaristes subventionnées. En d'autres temps, on parlait d'invasions barbares, on sonnait le tocsin et les populations s'armaient. Aujourd'hui, elles culpabilisent et se rendent sans combattre.  
Estimons-nous heureux que la solution finale soit pour après-demain.

samedi 2 juillet 2016

Jungle de Calais: Toubon pointe le gouvernement

Le Défenseur des droits recadre le gouvernement

Dans le silence des associations "humanitaires", une voix s'est élevée

Le Défenseur des droits s’est rendu jeudi 2 juin dans le camp de migrants. Très peu de politiques ont jusqu’ici osé s'aventurer dans les allées boueuses et sableuses de la 'jungle' de Calais. L’ancien très chiraquien garde des Sceaux, désormais Défenseur des droits depuis juin 2014, n'a pas craint, quant à lui, de passer tout son après-midi. 

Le courageux Jacques Toubon a surpris en s’élevant contre la politique menée par l’Intérieur et les récents traités internationaux.  

Constat fait, en fin de journée, il a profité de sa conférence de presse pour prononcer des mots qui ont sonné comme un réquisitoire sans concessions contre la politique de Bernard Cazeneuve. 

"La maîtrise des flux migratoires n’est pas la solution du problème, mais c’est le problème, a-t-il déclaré. […] A l’exception de l’Allemagne, on n’a pas mis en place de politiques d’accueil conformes à l’histoire de l’Europe." Voilà pour les grands principes. Mais Toubon n’en reste pas là. 


Et se fait plus accusateur sur les conséquences de l’évacuation de la partie Sud de la jungle, décidée par Beauvau en février. "Les conditions sur le Camp de la Lande sont absolument indignes et non respectueuses des droits humains.
A ne pas confondre avec le Camp de la Lande à Monts, lieu d'internement de Juifs d'origine étrangère, réfugiés à Bordeaux, puis regroupés à Monts à partir de décembre 1940, au lieu-dit La Lande, un camp d'une capacité de 600 personnes, en Indre-et-Loire.


Un camp en dur inauguré dans les limites de la "Jungle" de Calais, en janvier 2016

Les conteneurs en dur et chauffés du camp de la lande à Calais (Pas-de-Calais) ont accueilli leurs tout premiers occupants à la mi-janvier dernier, mais l'Etat cherche avant tout à convaincre les migrants de s'éloigner de la côte et de renoncer à passer en Grande-Bretagne.
Promesse de Manuel Valls, fin août, ce camp humanitaire géré par l'association La vie active (association loi de 1901 qui œuvre depuis 1964 à la prise en charge et l'accompagnement des personnes ...handicapées dans le Pas-de-Calais) agréée par l'État, devait - avant fin janvier 2016 - mettre à l'abri 1.500 des quelque 4.000 migrants illégaux actuellement présents dans la 'Jungle', s'ajoutant aux 400 places offertes aux femmes et enfants du centre de jour Jules-Ferry.
Situé près de ce dernier, ce centre d'accueil provisoire (CAP) composé de 125 conteneurs de 12 places offre un confort "spartiate", mais "fonctionnel" (14m2), selon Stéphane Duval, directeur de La vie active, deuxième plus gros employeur du département. La surface minimale d'une chambre d'étudiant est de 9 m².

Alignés en bordure du camp, ces préfabriqués sont équipés chacun de radiateurs et sèche-serviettes, de prises électriques, et même de berceaux pour ceux devant abriter des nouveaux-nés. S'y ajoutent trois "conteneurs de convivialité" où les migrants pourront se retrouver.
Dans ce CAP clos par un grillage, les migrants pourront entrer librement, jour et nuit. Pour s'identifier, ils auront chacun un code d'accès et devront se prêter à une analyse morphologique 3D de la main, "sans qu'aucune empreinte ne soit gardée". De quoi faire rêver Salah Abdeslam. Un dispositif en tout cas validé par la CNIL.
Les familles - qui  ne sont manifestement pas des réfugiés économiques - ne se sont pourtant pas bousculées pour prendre possession des lieux. Seule une poignée s'était installée dans l'après-midi. "Je comprends qu'il y ait une certaine appréhension au début. Il faut savoir tout ce qu'ils ont vécu avant d'arriver ici, ils n'ont donc pas une confiance immédiate", avait relativisé la préfète, Fabienne Buccio.
La préfète a signalé à la presse un père de famille afghan de 44 ans hébergé dans la 'Jungle' depuis quatre mois, avec sa femme et ses 6 enfants. "Ici, il fait chaud; on est protégé du froid et de l'humidité", a-t-il souligné sous l'oeil sévère de la représentante du gouvernement, nuançant aussitôt: "comment imaginer vivre dans un conteneur de 12 personnes, où il n'y a pas de douche, pas de cuisine?".
Bien que jugeant "techniquement possible" d'augmenter à terme la capacité de ce nouveau camp, F. Buccio a dit qu'un agrandissement n'était pas "raisonnable". Les autorités ne cachaient déjà plus leur volonté de limiter le nombre de migrants à Calais. Des maraudes sociales vont continuer de leur proposer de rejoindre l'un des 78 centres d'accueil et d'orientation (CAO) du territoire et les inciter à déposer une demande d'asile.

Elles tentent de poursuivre le même objectif à Grande-Synthe (Nord), à une quarantaine de kilomètres, où vivent 2.500 migrants dans des conditions plus précaires encore et où le maire a annoncé le déménagement dans un camp de tentes aux normes internationales, malgré les fortes réticences de l'Etat. "Il faut un équilibre entre humanité et fermeté. (...) Actuellement, la France a un dispositif qui permet à chaque personne du camp d'avoir une solution digne", a assuré la préfète, rappelant que depuis la mise en place de ce "plan Cazeneuve" fin octobre, "près de 2.000 migrants" ont quitté Calais pour un CAO.

Selon elle, le camp de conteneurs ne crée pas d'appel d'air, car, hérissée de grillages et barbelés, la frontière avec la Grande-Bretagne est devenue "complètement étanche: on ne passe plus à Calais", ce qui explique "les tensions beaucoup plus fortes" entre migrants et forces de l'ordre, affirme F. Buccio. Sur place, les associations battaient des mains, estimant que ce camp en dur "va dans le bon sens", mais certaines émettent des réserves. 
"Contrairement à Sangatte, ici il n'y aura pas de véritable lieu de vie. C'est juste un dortoir. Or on ne passe pas sa journée à dormir mais au moins les familles pourront s'abriter", observe le président de l'Auberge des migrants, Christian Salomé.

Formé de quelques centaines d'abris de fortune début 2015, le bidonville de la "Jungle" a rapidement grossi avec la crise migratoire européenne, jusqu'à atteindre 6.000 personnes en octobre. Y survivent dans des conditions très précaires majoritairement des réfugiés de Syrie, Libye, Irak, Soudan, Erythrée ou encore Afghanistan.


"Tout est devenu plus difficile, car il n’y a pas dans la zone Nord la possibilité d’organiser des lieux de vie qui existaient dans la zone Sud."
Et Toubon ne cache pas son inquiétude "s’il était question pour l’avenir de démanteler aussi la zone Nord [comme Cazeneuve l’avait annoncé]. Je ne fais de procès à personne, ni à la préfète, ni au ministère de l’Intérieur, mais je dis que s’il y avait un tel projet, il doit être longuement anticipé et qu’on mette en place des solutions alternatives respectueuses des droits fondamentaux." 


Les ONG se disent plutôt ravies ce jeudi de la démarche de l’ancien ministre. 
"Il fait un travail très intéressant. Il a par exemple dépassé la seule question des mineurs. Il y a un désir de comprendre et d’appréhender les situations. Ça progresse", admet Vincent De Coninck, chargé de mission du Secours catholique du Pas-de-Calais. Une bénévole trouve "intéressant" qu’au-delà des points de droit, il a  posé "les questions politiques", dès son rapport d’octobre 2015 sur les atteintes aux droits. Un rapport accablant sur les mineurs, les conditions de vie et les violences policières, qui avait plus qu’agacé le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve. Le Défenseur des droits y réclamait aussi la remise en cause "des accords de Dublin", qui obligent les candidats à l’asile à le solliciter dans leur pays d’arrivée. 

Il réclame désormais "la remise en cause des accords du Touquet", qui obligent la France à surveiller la frontière vers l’Angleterre. Mais la même bénévole ne tarde pas à polémiquer, déplorant que la visite manque, selon elle,  de discrétion : "Il pourrait venir deux jours, incognito, et là, il verrait ce que vivent vraiment les migrants, les conditions de vie qui régressent, les gaz lacrymogènes parfois pour rien, maintenant les tirs tendus de flash-ball avec viseur qui touchent les gens à la poitrine et au visage." Reste que Jacques Toubon, a fait le déplacement.  
Et il se fait tout expliquer par Nathanaël Caillaux, coordinateur de la Plateforme de services aux migrants, une fédération d’associations, et Solenne Lecomte, coordinatrice "lutte contre les violences" à la cabane juridique de la jungle. Il pose des questions parfois basiques : "Pourquoi il y a une barrière devant ces cabanes ?" "Ils sont regroupés sur une base ethnique ?" "C’est un resto tenu par qui ?" Nathanaël Caillaux explique que s’abriter pour les migrants est désormais un casse-tête. 

La situation, qui s’était améliorée depuis le dernier rapport du Défenseur des droits, s’est à nouveau dégradée. 
La zone Sud a été démantelée de force fin février, et les exilés vivent les uns sur les autres dans la partie Nord. Dans la zone Sud, ne subsistent plus que les écoles, une église et une mosquée. Les cabanes détruites ont laissé la place à une lande où pousse le colza. Quelque 500 personnes ont perdu leur abri après une bagarre générale le 26 mai, dans laquelle des cabanes ont brûlé. 
Or, des dizaines de nouveaux réfugiés arrivent chaque jour. Depuis un mois, il y a 1.000 personnes de plus, selon les associations, c’est-à-dire plus de 6.000 personnes. Comme la police - qui filtre les entrées - empêche toute arrivée de matériaux dans la jungle, il est impossible de construire de nouvelles cabanes, et 1.300 personnes dorment sous des tentes. 

Le sort des mineurs est toujours aussi inquiétant. 
Ils sont 700 dans la jungle, dont 600 "non accompagnés", explique à Toubon un représentant de Médecins sans frontières, qui prépare un lieu d’accueil sécurisé pour ces jeunes. Il devrait ouvrir dans une dizaine de jours. Chaleureux et très tactile, Toubon bavarde avec un Ethiopien. Avec un accent anglais chiraquien, ce qui est toujours préférable à un accent hollandien : "You are alone or wiz your family ?" rapporte l'AFP. Le jeune homme en sweat orange lui explique qu’il est seul, qu’il veut passer en Angleterre, mais que les Italiens lui ont pris ses empreintes digitales de force et qu’il craint d’être renvoyé vers l’Italie quand il sera passé. Puis il s’éloigne. Toubon : " Il est dans l’errance. Et dans l’impasse. On entend le chant du muezzin. 
On montre au Défenseur des droits un point d’eau, installé après la décision du Conseil d’Etat qui a suivi son rapport de l’automne. Depuis, les robinets sont pris d’assaut par les exilés. La bénévole reconnaîtra-t-elle une utilité à la visite de Toubon ?