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samedi 21 mars 2020

Député LREM et contrevenant aux consignes de confinement, en réanimation

Le député de Charente-Maritime, Raphaël Gérard, n'a rien compris aux mesurettes prises  par son patron à l'Elysée

L'arrogant s'est retrouvé en réanimation samedi

Illustration.
Fleuron de la "société civile", dont Macron disait qu'elle allait changer la face de la politique, est responsable du patrimoine et de l'action culturelle de Jas Hennessy & Co, fabricant de cognac qui a pour actionnaire majoritaire le groupe Arnault, via la holding Christian Dior et dirigé par l'homme d'affaires Bernard Arnault, l'homme le plus riche du monde, en janvier 2020, selon le magazine Forbes. Le député LREM de Charente Maritime, tombeur de Dominique Bussereau, est-il victime d'un virus marxiste engagé dans la lutte des classes ou crétin de naissance ?

Les tests positifs du Covid-19 sont tombés ce jeudi, mais les premiers symptômes étaient apparus le jeudi précédent. Il est hospitalisé depuis lundi dans le centre de la France, en région Auvergne-Rhône-Alpes. L'élu de 51 ans explique n'avoir été en contact qu'avec son compagnon. Ce dernier est placé sous surveillance. Un état peu inquiétant, certes, mais douloureux notamment pendant les quintes de toux.
Image
La fièvre est tombée et l’état pulmonaire du député de la 4e circonscription, positif au Covid19, se serait stabilisé.
Député de la 4e circonscription de Charente-Maritime, le député Raphaël Gérard aurait, selon nos confrères de Charente Libre, été placé en réanimation, hors du département.

Le député de Rochefort, ville militaire, a fait son coming-out.
Si les coming-outs sont encore rares dans le paysage politique, LREM crève le plafond de verre des "quotas", avec la volonté militante de promotion de la cause LGBT, montrant que l'on peut accéder à n'importe quel métier et fonction. Alors, quand un élu étale son homosexualité, c'est pour faire bouger les lignes et marquer sa singularité: une étrangeté parmi les godillots de la bande à Macron. 
Il faut dire que l'ex-banquier à transgressé les convenances en fricotant avec sa professeure, de 24 ans son aînée, une Gabrielle Russier que la profession a épargnée, tandis que son modèle s'était suicidée par pendaison, le 1er septembre 1969 à Marseille. Portée aux nues par les animateurs bobos-intellos de Mai 68, la pédophilie n'a pas toujours réussi à tous ceux et celles qui filent encore des jours heureux en 2020, tels Gabriel Matzneff (soutenu par Bernard Pivot, Philippe Sollers - qui insulta la très critique Denise Bombardier : "Philippe Sollers a dit que j'étais une mal baisée" - ou François Mitterrand qui écrivit sur Matzneff un article admiratif), Romain Goupil ou , en passant par Daniel Cohn-Bendit, entre autres libertins odieux, à l'époque où la libération sexuelle incluait les pratiques pédophiles.

Le 21 mars 1995, à l'occasion du Salon du Livre, Jacques Toubon, ministre de la Culture du gouvernement Balladur, remettait d'ailleurs à Gabriel Matzneff l'insigne d'officier des arts et des lettres (lien) sous les ors de son ministère. Aujourd'hui impensable au temps d'Osez le féminisme!, de #Me Too et des cabales du type remise des César 2020. 
Hollande a nommé Toubon "Défenseur des droits" en juillet 2014. Macron le reconduira-t-il pour six ans en avril prochain, à 77 ans (et il perçoit 15.725 euros mensuels).

Le député LREM Raphaël Gérard, un transgresseur

Résultat de recherche d'images pour "Raphaël Gérard et Macron affiche"Député LREM (La République en Marche, mouvement du président) de la 4e circonscription de Charente-Maritime, Raphaël Gérard est l'auteur d'un rapport sur la lutte contre l'homophobie dans les Outre-Mer. Un texte rédigé conjointement avec Laurence Vanceunebrock-Mialon (Allier, LREM) et Gabriel Serville (Guyane, GDR). Interrogé par Têtu, le député évoqua alors sa propre homosexualité. 
"Je suis, en effet, homosexuel et marié avec mon compagnon. Je ne l'ai pas dit médiatiquement mais je n'en fais aucun mystère, ayant toujours plaidé pour un droit à 'l'indifférence'", confie sans détour Raphaël Gérard. Et le député de 49 ans [51, en 2020], également membre de la Commission des affaires culturelles et de l'éducation à l'Assemblée nationale, d'ajouter : "Nous aurons gagné notre place dans la société lorsque nous n'aurons plus rien à revendiquer. Je reconnais que la route est longue et si un peu de visibilité peut aider, alors soyons visibles !" lançait l'élu prosélyte.
Comme lui député LREM, outre Matthieu Orphelin, Mounir Mahjoubi, ex-secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre chargé du Numérique, Gabriel Attal, ancien membre du cabinet de la ministre socialiste (2012-2017) de la Santé Marisol Touraine, responsable du non-renouvellement des stocks de masques chirurgicaux, et en charge de la Jeunesse comme secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale et de la Jeunesse, Jean-Michel Blanquer, ou Franck Riester, ministre de la Culture (et contaminé au coronavirus), entourent le président Macron. 
Et que déclare au magazine Têtu ce député militant porteur du virus Covid-19 ?
"Les services de l'Etat et l'Education nationale ont un vrai rôle à jouer.
Les figures politiques locales ont une responsabilité dans cette libéralisation de la parole. (...) Il nous paraît important d'avoir une action volontariste de la part des services de l'Etat. On se rend compte que les fonctionnaires sont mal formés. Les policiers locaux rencontrent ces mêmes blocages culturels. Prendre sans jugement la déposition d'un ou d'une homosexuel.le qui viendrait porter plainte n'est pas évident pour eux non plus", assure-t-il.

mardi 18 juin 2019

Une pétition pour appeler à la protection de la langue française des anglicismes

Snobisme anglophone et dynamisme faible de la création de mots français nouveaux

La lettre au président français plaide non pas pour une réhabilitation du français, mais pour sa revivification

Que les journalistes à bac +5 (?) apprennent d'abord
à prononcer 'The Guardian' ou 'bunker' proprement 
et 'Peter', en fonction de la langue d'origine,
et qu'ils viennent ensuite nous revoir !
Plusieurs auteurs ont signé un texte en défense de la langue française, non pas celle de Molière, mais celle de notre culture vivante contemporaine, non pas "étouffée par l’anglo-américain", mais négligée.  

Une centaine d’intellectuels, responsables associatifs ou politiques et auteurs ont publié dans Le Parisien, dimanche 16 juin, une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron, lui enjoignant de "refuser la dictature du tout-anglais". Parmi les signataires figurent les prix Goncourt Tahar Ben Jelloun et Didier Van Cauwelaert, l’écrivain franco-russe Vladimir Fédorovski, l’académicien Jean-Marie Rouart ou encore le poète Alain Borer.

  • « Les Chinois sont très addicts aux smartphones » (Télématin du 20 mai 2016)
  • « On inaugure des fans zones » (Journal de 13 h du 9 juin 2016)
  • « […] le pitch de ce film » — « […] la French-touch aujourd’hui » (Télématin du 15 juin 2016)
  • « […] les humoristes voteront en live » (Télématin du 16 juin 2016)
  • « […] permet d’ouvrir le top case » (Télématin du 17 juin 2016)
  • « liker – followers » à propos du compte Facebook de Télématin (Télématin du 29 juin 2016)
"La langue française va mal, avertit le collectif. 

Résultat de recherche d'images pour "arretez de massacrer l'anglais"
Les Français font de l'anglais une boucherie :
à chacun son problème !

Etouffée par l’anglo-américain, elle voit désormais son usage même évincé par la langue des affaires. Confrontée à cette invasion, notre mémoire renvoie en écho un passé douloureux de soumission et d’oubli de soi. Une majorité capitulatrice plaidera le réalisme, hermétique aux cris sourds d’une identité enchaînée par une pseudo-langue universelle en réalité servante d’un maître particulier. Le français outragé, le français brisé, le français martyrisé."

Les pétitionnaires déplorent l’attitude du chef de l’Etat français envers la francophonie. Ils l'accusent d’organiser une "marche suicidaire vers l’intronisation de la langue anglo-américaine comme seconde langue officielle de la nation". Bien que le français soit langue officielle de l'Union européenne, il est relégué sans que nos eurodéputés ne veille à maintenir la flamme. Est-il une seule liste aux élections du 26 mai 2019 qui s'est engagée sur la protection de la langue française - et de notre culture - en Union européenne ? En fait, quand fut créée l'Union européenne, en 1993, le français était déjà noyé dans onze langues reconnues officielles : l'allemand, l'anglais, le danois, l'espagnol, le français, le finnois, le grec, l'italien, le néerlandais, le portugais et le suédois, comme si la Finlande ou le Portugal était un état-fondateur, alors que le français est une langue partagée par plusieurs membres européens.Il est loin le temps où, en 1957, la Communauté économique européenne (CEE) avait quatre langues officielles pour six pays fondateurs : l'allemand, le français, l'italien, le néerlandais. Au Parlement de Strasbourg, sur territoire français, le multilinguisme intégral est d'ailleurs la règle pour l’ensemble des séances plénières, des réunions des organes parlementaires, des commissions parlementaires et des groupes politiques : le français est une parmi 24. 

Le texte des pétitionnaires d'après-scrutin des européennes fait le constat de "l’adoubement, lors du dernier Sommet de la francophonie, de l’anglo-américain comme langue d’usage pour le monde", ainsi que du projet du président de dispenser des cours de matières générales en anglais.

"Il y va de notre identité nationale"

Comme chaque année à la même époque, on s'alarme. Cette fois, ce qui surprend, hormis les post-modernes tiers-mondistes c'est, de surcroît, la nomination récente de la rwandaise Louise Mushikiwabo au poste de secrétaire générale de la Francophonie, qu’ils qualifient de "membre actif d’un régime politique détestable. Il est attendu du chef de file de l’OIF qu’il défende l’usage de la langue française, non qu’il le rétrécisse," fait valoir le collectif.

Résultat de recherche d'images pour "franglais"Pour protéger l’usage de la langue française, les signataires proposent notamment d’encourager "les appellations françaises pour baptiser nouveaux produits et services créés par toute entreprise" qui touche des fonds publics, ou bien de renforcer "par une loi le dispositif linguistique présent, en en rendant notamment l’application contraignante". On pense notamment au mot "challenge" n'apporte aucune valeur ajoutée qui justifierait la relégation de notre mot "défi". Pourtant, la langue française dispose parfois de plusieurs possibilités "made in France" : ainsi, les mots "méthodes", "processus", "marche à suivre" ou "procédés" existent-ils en français sans besoin d'un recours à "process" dont se gargarisent les "femmes savantes" de Molière (oui, Marlène, et les hommes!) de notre temps d'ignares prétentieux. Les pétitionnaires ne mettent en revanche pas en garde contre certaines traductions stupides telles que "scène de crime"  pour "lieux du crime", importé des feuilletons américains traduits servilement de "crime scene", au motif d'impératifs de doublage, ou "dispositif médical" littéralement inspiré de "medical device". 

Et de conclure: "Faute d’avoir su précéder le Québec comme référence mondiale pour la défense du français, du moins sachons nous inspirer de sa pugnacité et abandonner nos comportements serviles. Il y va de notre identité nationale et de l’avenir de la francophonie." Le Québec a voté en 1977 la Charte de la langue française dite Loi 101 pour officialiser l'usage du français jusque dans l'économie et la politique.
Résultat de recherche d'images pour "franglais"
On ne peut passer sous silence l'entreprise de Jacques Toubon, ministre de la Culture d'Edouard Balladur, qui fut le premier à réunir la francophonie à  proposer, pour lutter contre le franglais, une liste complète de mots à utiliser à la place des mots anglais. Cette tentative ne fut pas toujours couronnée de succès. Sa proposition fut même l'objet de moqueries en son temps et la loi Toubon (loi no 94-665) pour la promotion de la francophonie fut ironiquement surnommée 'loi AllGood'. Les mots "mél" et "pourriel" étaient-ils tellement risibles ? De plus, la loi no 94-88 du 1er février 1994 impose aux radios "qu’au moins 40 % de la totalité des chansons diffusées mensuellement entre 6 h 30 et 22 h 30 soient des chansons d’expression française". Voyez le résultat dans l'émission The Voice France...

samedi 5 janvier 2019

"Atteintes à la liberté" : des Gilets jaunes saisissent le Défenseur des droits

Ils ont été interpellés mercredi et saisissent le Défenseur des droits

Ces manifestants ont demandé au Défenseur des droits d’ouvrir une enquête sur des "atteintes à la liberté" 

Image associée
Ces "atteintes à la liberté" sont destinées à "bâillonner" la contestation, estiment samedi les interpellés lors de l’arrestation d’Eric Drouet, mercredi soir à Paris, alors qu’elles se rendaient place de la Concorde, en réponse à l’appel à mener une "action" lancée par Eric Drouet quelques heures plus tôt sur les réseaux sociaux.

Cette figure du mouvement social avait été interpellée vers 21h00 pour "organisation d’une manifestation sans déclaration préalable", son arrestation suscitant l’indignation de représentants politiques de droite comme de gauche. 

Au moins 31 de ses sympathisants ont pour leur part été retenus plusieurs heures,  "au prétexte" de contrôles d’identité, selon leurs avocats. 
Deux autres ont, eux, été placés en garde à vue pour "participation à un attroupement après sommations", mais les procédures contre eux ont été classées sans suite, jeudi soir.

Atteinte à la liberté

"L’atteinte à la liberté d’aller et venir de l’ensemble de ces personnes parfaitement pacifiques, pour la plupart en mouvement au moment des interpellations, ne fait pas le moindre doute", écrivent Mes William Bourdon, Vincent Brengarth et Céline Mokrane dans ce courrier envoyé vendredi au Défenseur des droits, Jacques Toubon. "Nous nous inquiétons de telles mesures qui (…) semblent poursuivre une finalité dissuasive", est-il écrit dans ce courrier.

"Un nouveau palier semble désormais avoir été franchi" avec le recours par les autorités à l’infraction de "participation à un attroupement", considéré "comme un délit politique" par la Cour de cassation, rappellent les avocats. Ils soutiennent que "le droit pénal n’a pas à servir d’instrument pour bâillonner ce qui relève de droits démocratiques et en particulier le droit de manifester." 

Mercredi dans un communiqué, l’avocat d’Eric Drouet, Me Khéops Lara,  avait dénoncé pour sa part une arrestation menée "arbitrairement à la demande de la Préfecture de police de Paris et sans que le Parquet de Paris, décidément bien docile et accommodant, n’émette aucune objection ou joue son rôle de contrôle des gardes à vue".

Ce samedi, les Gilets jaunes ont prévu une huitième mobilisation ce week-end, ce samedi (et ce dimanche pour les femmes) pour relancer la mobilisation mise en veille pendant la "trêve des confiseurs". 
Les media soumis au pouvoir ont tenu à y voir un essoufflement, puis un recul, après deux mois d'actions hebdomadaires et d'occupation continue de certains ronds-points, diabolisant l'un des meneurs, Eric Drouet"fascinant" Jean-Luc Mélenchon, mais harcelé par la préfecture de police qui l'a déjà fait arrêter à deux reprises en quinze jours.

samedi 2 juillet 2016

Jungle de Calais: Toubon pointe le gouvernement

Le Défenseur des droits recadre le gouvernement

Dans le silence des associations "humanitaires", une voix s'est élevée

Le Défenseur des droits s’est rendu jeudi 2 juin dans le camp de migrants. Très peu de politiques ont jusqu’ici osé s'aventurer dans les allées boueuses et sableuses de la 'jungle' de Calais. L’ancien très chiraquien garde des Sceaux, désormais Défenseur des droits depuis juin 2014, n'a pas craint, quant à lui, de passer tout son après-midi. 

Le courageux Jacques Toubon a surpris en s’élevant contre la politique menée par l’Intérieur et les récents traités internationaux.  

Constat fait, en fin de journée, il a profité de sa conférence de presse pour prononcer des mots qui ont sonné comme un réquisitoire sans concessions contre la politique de Bernard Cazeneuve. 

"La maîtrise des flux migratoires n’est pas la solution du problème, mais c’est le problème, a-t-il déclaré. […] A l’exception de l’Allemagne, on n’a pas mis en place de politiques d’accueil conformes à l’histoire de l’Europe." Voilà pour les grands principes. Mais Toubon n’en reste pas là. 


Et se fait plus accusateur sur les conséquences de l’évacuation de la partie Sud de la jungle, décidée par Beauvau en février. "Les conditions sur le Camp de la Lande sont absolument indignes et non respectueuses des droits humains.
A ne pas confondre avec le Camp de la Lande à Monts, lieu d'internement de Juifs d'origine étrangère, réfugiés à Bordeaux, puis regroupés à Monts à partir de décembre 1940, au lieu-dit La Lande, un camp d'une capacité de 600 personnes, en Indre-et-Loire.


Un camp en dur inauguré dans les limites de la "Jungle" de Calais, en janvier 2016

Les conteneurs en dur et chauffés du camp de la lande à Calais (Pas-de-Calais) ont accueilli leurs tout premiers occupants à la mi-janvier dernier, mais l'Etat cherche avant tout à convaincre les migrants de s'éloigner de la côte et de renoncer à passer en Grande-Bretagne.
Promesse de Manuel Valls, fin août, ce camp humanitaire géré par l'association La vie active (association loi de 1901 qui œuvre depuis 1964 à la prise en charge et l'accompagnement des personnes ...handicapées dans le Pas-de-Calais) agréée par l'État, devait - avant fin janvier 2016 - mettre à l'abri 1.500 des quelque 4.000 migrants illégaux actuellement présents dans la 'Jungle', s'ajoutant aux 400 places offertes aux femmes et enfants du centre de jour Jules-Ferry.
Situé près de ce dernier, ce centre d'accueil provisoire (CAP) composé de 125 conteneurs de 12 places offre un confort "spartiate", mais "fonctionnel" (14m2), selon Stéphane Duval, directeur de La vie active, deuxième plus gros employeur du département. La surface minimale d'une chambre d'étudiant est de 9 m².

Alignés en bordure du camp, ces préfabriqués sont équipés chacun de radiateurs et sèche-serviettes, de prises électriques, et même de berceaux pour ceux devant abriter des nouveaux-nés. S'y ajoutent trois "conteneurs de convivialité" où les migrants pourront se retrouver.
Dans ce CAP clos par un grillage, les migrants pourront entrer librement, jour et nuit. Pour s'identifier, ils auront chacun un code d'accès et devront se prêter à une analyse morphologique 3D de la main, "sans qu'aucune empreinte ne soit gardée". De quoi faire rêver Salah Abdeslam. Un dispositif en tout cas validé par la CNIL.
Les familles - qui  ne sont manifestement pas des réfugiés économiques - ne se sont pourtant pas bousculées pour prendre possession des lieux. Seule une poignée s'était installée dans l'après-midi. "Je comprends qu'il y ait une certaine appréhension au début. Il faut savoir tout ce qu'ils ont vécu avant d'arriver ici, ils n'ont donc pas une confiance immédiate", avait relativisé la préfète, Fabienne Buccio.
La préfète a signalé à la presse un père de famille afghan de 44 ans hébergé dans la 'Jungle' depuis quatre mois, avec sa femme et ses 6 enfants. "Ici, il fait chaud; on est protégé du froid et de l'humidité", a-t-il souligné sous l'oeil sévère de la représentante du gouvernement, nuançant aussitôt: "comment imaginer vivre dans un conteneur de 12 personnes, où il n'y a pas de douche, pas de cuisine?".
Bien que jugeant "techniquement possible" d'augmenter à terme la capacité de ce nouveau camp, F. Buccio a dit qu'un agrandissement n'était pas "raisonnable". Les autorités ne cachaient déjà plus leur volonté de limiter le nombre de migrants à Calais. Des maraudes sociales vont continuer de leur proposer de rejoindre l'un des 78 centres d'accueil et d'orientation (CAO) du territoire et les inciter à déposer une demande d'asile.

Elles tentent de poursuivre le même objectif à Grande-Synthe (Nord), à une quarantaine de kilomètres, où vivent 2.500 migrants dans des conditions plus précaires encore et où le maire a annoncé le déménagement dans un camp de tentes aux normes internationales, malgré les fortes réticences de l'Etat. "Il faut un équilibre entre humanité et fermeté. (...) Actuellement, la France a un dispositif qui permet à chaque personne du camp d'avoir une solution digne", a assuré la préfète, rappelant que depuis la mise en place de ce "plan Cazeneuve" fin octobre, "près de 2.000 migrants" ont quitté Calais pour un CAO.

Selon elle, le camp de conteneurs ne crée pas d'appel d'air, car, hérissée de grillages et barbelés, la frontière avec la Grande-Bretagne est devenue "complètement étanche: on ne passe plus à Calais", ce qui explique "les tensions beaucoup plus fortes" entre migrants et forces de l'ordre, affirme F. Buccio. Sur place, les associations battaient des mains, estimant que ce camp en dur "va dans le bon sens", mais certaines émettent des réserves. 
"Contrairement à Sangatte, ici il n'y aura pas de véritable lieu de vie. C'est juste un dortoir. Or on ne passe pas sa journée à dormir mais au moins les familles pourront s'abriter", observe le président de l'Auberge des migrants, Christian Salomé.

Formé de quelques centaines d'abris de fortune début 2015, le bidonville de la "Jungle" a rapidement grossi avec la crise migratoire européenne, jusqu'à atteindre 6.000 personnes en octobre. Y survivent dans des conditions très précaires majoritairement des réfugiés de Syrie, Libye, Irak, Soudan, Erythrée ou encore Afghanistan.


"Tout est devenu plus difficile, car il n’y a pas dans la zone Nord la possibilité d’organiser des lieux de vie qui existaient dans la zone Sud."
Et Toubon ne cache pas son inquiétude "s’il était question pour l’avenir de démanteler aussi la zone Nord [comme Cazeneuve l’avait annoncé]. Je ne fais de procès à personne, ni à la préfète, ni au ministère de l’Intérieur, mais je dis que s’il y avait un tel projet, il doit être longuement anticipé et qu’on mette en place des solutions alternatives respectueuses des droits fondamentaux." 


Les ONG se disent plutôt ravies ce jeudi de la démarche de l’ancien ministre. 
"Il fait un travail très intéressant. Il a par exemple dépassé la seule question des mineurs. Il y a un désir de comprendre et d’appréhender les situations. Ça progresse", admet Vincent De Coninck, chargé de mission du Secours catholique du Pas-de-Calais. Une bénévole trouve "intéressant" qu’au-delà des points de droit, il a  posé "les questions politiques", dès son rapport d’octobre 2015 sur les atteintes aux droits. Un rapport accablant sur les mineurs, les conditions de vie et les violences policières, qui avait plus qu’agacé le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve. Le Défenseur des droits y réclamait aussi la remise en cause "des accords de Dublin", qui obligent les candidats à l’asile à le solliciter dans leur pays d’arrivée. 

Il réclame désormais "la remise en cause des accords du Touquet", qui obligent la France à surveiller la frontière vers l’Angleterre. Mais la même bénévole ne tarde pas à polémiquer, déplorant que la visite manque, selon elle,  de discrétion : "Il pourrait venir deux jours, incognito, et là, il verrait ce que vivent vraiment les migrants, les conditions de vie qui régressent, les gaz lacrymogènes parfois pour rien, maintenant les tirs tendus de flash-ball avec viseur qui touchent les gens à la poitrine et au visage." Reste que Jacques Toubon, a fait le déplacement.  
Et il se fait tout expliquer par Nathanaël Caillaux, coordinateur de la Plateforme de services aux migrants, une fédération d’associations, et Solenne Lecomte, coordinatrice "lutte contre les violences" à la cabane juridique de la jungle. Il pose des questions parfois basiques : "Pourquoi il y a une barrière devant ces cabanes ?" "Ils sont regroupés sur une base ethnique ?" "C’est un resto tenu par qui ?" Nathanaël Caillaux explique que s’abriter pour les migrants est désormais un casse-tête. 

La situation, qui s’était améliorée depuis le dernier rapport du Défenseur des droits, s’est à nouveau dégradée. 
La zone Sud a été démantelée de force fin février, et les exilés vivent les uns sur les autres dans la partie Nord. Dans la zone Sud, ne subsistent plus que les écoles, une église et une mosquée. Les cabanes détruites ont laissé la place à une lande où pousse le colza. Quelque 500 personnes ont perdu leur abri après une bagarre générale le 26 mai, dans laquelle des cabanes ont brûlé. 
Or, des dizaines de nouveaux réfugiés arrivent chaque jour. Depuis un mois, il y a 1.000 personnes de plus, selon les associations, c’est-à-dire plus de 6.000 personnes. Comme la police - qui filtre les entrées - empêche toute arrivée de matériaux dans la jungle, il est impossible de construire de nouvelles cabanes, et 1.300 personnes dorment sous des tentes. 

Le sort des mineurs est toujours aussi inquiétant. 
Ils sont 700 dans la jungle, dont 600 "non accompagnés", explique à Toubon un représentant de Médecins sans frontières, qui prépare un lieu d’accueil sécurisé pour ces jeunes. Il devrait ouvrir dans une dizaine de jours. Chaleureux et très tactile, Toubon bavarde avec un Ethiopien. Avec un accent anglais chiraquien, ce qui est toujours préférable à un accent hollandien : "You are alone or wiz your family ?" rapporte l'AFP. Le jeune homme en sweat orange lui explique qu’il est seul, qu’il veut passer en Angleterre, mais que les Italiens lui ont pris ses empreintes digitales de force et qu’il craint d’être renvoyé vers l’Italie quand il sera passé. Puis il s’éloigne. Toubon : " Il est dans l’errance. Et dans l’impasse. On entend le chant du muezzin. 
On montre au Défenseur des droits un point d’eau, installé après la décision du Conseil d’Etat qui a suivi son rapport de l’automne. Depuis, les robinets sont pris d’assaut par les exilés. La bénévole reconnaîtra-t-elle une utilité à la visite de Toubon ?