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mercredi 1 juillet 2020

Bordeaux a voté écologie punitive: son maire veut aller vers une interdiction de la voiture

Séisme Pierre Hurmic: il a commencé par "dégoûter" les Bordelais qui préfèrent circuler en voiture

Le nouveau maire Vert de Bordeaux veut muscler les jambes des piétons et cyclistes de tout âge, jusqu'à interdire les automobilistes dans sa ville.

Le maire de gauche est prêt pour le vélo sur piste cyclable privatisée 

Les électeurs du Parti socialiste (O. Faure), du Parti communiste (F. Roussel), du Parti radical de gauche (G. Lacroix), de Génération.s (B. Hamon), de Nouvelle Donne (Larrouturou) et de Place publique (R. Glucksmann) ont-ils voté pour relancer l'industrie de la chaussure, et aller "à terme", vers une "interdiction de la voiture" et la mort de l'industrie automobile ? L'écologiste Pierre Hurmic, fraîchement élu à la mairie de Bordeaux dimanche 28 juin, insiste sur la mise en place d'une mesure en douceur, afin de "dégoûter progressivement l'automobiliste d'emprunter ces chaussées".

Le sexagénaire qui aura 71 ans dans six ans a mis fin à 73 ans de gouvernance de la droite à Bordeaux. Avec 46,48% des suffrages, contre 44,12% à son principal adversaire à droite, le Juppéiste Nicolas Florian, cet avocat, un grand bourgeois qui a séduit les bobos du cru, croit-il plaire à son électorat de gauche qui a besoin de la voiture pour aller travailler et à qui il propose le vélo ? Il tente de rassurer en expliquant,  mercredi 1er juillet, qu'il veut commencer par installer des pistes cyclables "continues et sécurisées". 

Volonté de "rééquilibrer les choses"

"Dans les aménagements urbains, 70% de la voirie est consacrée à la voiture. Or, elle représente 29 % des déplacements", constate Pierre Hurmic, mais développer le vélo, c'est juste prendre à la route pour donner à la piste cyclable, sans réduire les frais de voirie."Je ne veux pas interdire la voiture, mais rééquilibrer les choses", raconte-t-il pourtant. 
Et le sournois d'ajouter: "Même si, à terme, je pense qu'on ira vers une interdiction. Mais, pour le moment, on va y aller calmement".

Une interdiction totale sans date d'échéance pour l'instant. 
L'édile a d'ores et déjà "proposé comme solution post-Covid, que l'on mette tout le secteur intra-boulevard en "zone 20", dans lesquelles le piéton et les cyclistes sont prioritaires; le piéton a le droit de marcher au milieu de la route, et la voiture ... s'adapte".

Hurmic illustre déjà la critique qui circule quant à elle, de l'écologie qui n'a rien à proposer.
La gauche pastèque ne fait que s'aligner sur  Paris, où la maire sortante socialiste Anne Hidalgo est pourtant la cible de nombreuses critiques, durant son mandat et en campagne. Lors du dernier débat de l'entre-deux tours, mercredi 24 juin, Rachida Dati (LR) dénonçait par exemple  "l'explosion" de la pollution dans la capitale depuis la politique de "sans voitures" initiée par la maire socialiste.
L'ancien garde des Sceaux a fait valoir qu'il n'est pas souhaitable d'opposer les modes de transports les uns aux autres, comme le fait la sortante, pour des résultats peu probants. "La pollution a augmenté de 118% à Paris.
(...) On n'a jamais eu si peu de voitures à Paris et pourtant la pollution explose. (...) Le plan de mobilité a été fait à la hâte, de manière dogmatique et symbolique." 
Agnès Buzyn avait en outre reproché à l'Andalouse l'ouverture, sans préavis, d'une piste cyclable devant l'hôpital Necker à la place d'un couloir de bus emprunté par les ambulances. "Je trouve ça irresponsable, c'est la méthode sans anticipation et sans concertation."
"Moi, maire de Paris, avait déclarer Dati, je suis pour lutter contre la pollution, mais je n'entrave pas la complémentarité des mobilités à l'échelle du grand Paris."

Hurmic n'entend pas et fait cette première annonce "sans concertation, ni anticipation"...

lundi 22 juin 2020

Convention citoyenne pour le climat : de quoi donner à réfléchir aux électeurs tentés par le vote vert

Des citoyens, tirés au sort "pour leur compétence" (!), pensent notre avenir, organisant la décroissance comme une sanction

Ils souhaitent ainsi un référendum sur le crime d’"écocide" : 
tous criminels ?

Métamorphose de Macron en Greta Thunberg,
un grimage à cinq jours du second tour des municipales

Les 150 membres de la convention ont remis leurs propositions à la ministre de la transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne.
 Et ça fait peur: à côté d'eux, Greta  Thunberg fait figure d'enfant de choeur... 

Plusieurs mois de débats ont conduit à la sentence et les attendus sont saignants. La convention citoyenne pour le climat, voulue par Macron, va prendre la France dans les glaces. Dimanche 21 juin après-midi, alors que quatre manifestations - dont deux non-autorisées (qui ont lieu quand même !) - ramenaient Paris à l'état insurrectionnel du temps des Gilets jaunes, cette fois développé par les anti-racistes racisésles Conventionnels ont rendu dimanche 21 juin après-midi leurs propositions pour lutter contre le réchauffement climatique "dans un esprit de justice sociale".

Recevant le produit de leur réflexion au nom de l’exécutif, la ministre de la transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne,  a salué leur "ambition" à défaut de réalisme et de bienveillance. "Le président de la République [prépare] une reconstruction économique, écologique et solidaire. Votre travail sera au cœur du projet", leur a-t-elle promis, assurant qu’il n’y aura "pas de tabou". Juste des contraintes budgétaires et les entraves de la faisabilité.

Le parti écologiste EELV n' pas tardé à faire part de son soutien à l’ensemble des propositions: inquiétant...
Il appelle le gouvernement à se saisir "globalement" - sans débat - des propositions formulées: comme si ils en étaient les auteurs réels, les écolos totalitaires les présentent comme "un tout indissociable", tout en s'accommodant de "l’absence de la taxe carbone" et de... "l’oubli du nucléaire"

Si, comme il se doit, LFI  salue le travail accompli, Mélenchon a également observé que les propositions de la convention n'ont "rien sur le nucléaire", regrettant simplement qu’il n’y ait "rien sur les conduites d’eau".

Les partis de droite se sont montrés plus critiques que les pères de la répression verte

Saluant courtoisement le "sérieux" de l'encadrement du travail des Conventionnels, le MEDEF déplore le manque de chiffrage des mesures dévoilées. "Au cas par cas, certaines propositions sont extrêmes", a également déclaré Patrick Martin, président délégué de l’organisation patronale, évoquant l’interdiction de certains vols intérieurs"surtout quand on connaît la situation d’Air France" et le fait que certains territoires sont enclavés. 

Un référendum pour une mesure spécifique

Les 150 citoyens tirés au sort ont voté dimanche matin en faveur d’un référendum visant à introduire la lutte contre le changement climatique dans la Constitution et à créer le crime d’ "écocide" et donc le sanctionner
En revanche, ils ont rejeté l’idée d’utiliser le référendum pour d’autres mesures spécifiques. "Pour le reste, que le pouvoir prenne ses responsabilités", a balayé d'un revers de manche l'un des participants.

Elisabeth Borne s’est en revanche déclarée "favorable à un référendum," à titre personnel", histoire de dire qu'elle existe. "Des questions multiples permettraient de partager les travaux" de la convention "avec tous les Français", a-t-elle plaidé, anxieuse des effets pervers d'une Convention dont Macron n'a pas anticipé les risques. "L’organisation prendrait du temps, mais ce serait utile pour faire mûrir la conscience écologique", juge-t-elle, adepte de la marche à petits pas comptés.

A plusieurs reprises, Macron s’est en effet dit ouvert à l’idée d’interroger directement les Français sur les questions environnementales, mais il n'a visiblement pas été suivi. Le président de la République doit recevoir les membres de la convention dans une semaine, le 29 juin, pour leur apporter de "premières réponses" où le flou devrait recouvrir le tout.

Accusé d'autoritarisme et de violences policières, le locataire de l'Elysée avait imaginé cet exercice de démocratie participative "inédit en France", le top étant non pas d'aboutir, mais d'être le premier, comme une première femme maire à Marseille ou un Bordeaux vert, dimanche, après la crise des 'Gilets jaunes'déclenchée par l’annonce d’une taxe carbone sur les carburants. 

Si les propositions de la convention survivent plus longtemps que les belles paroles du "Grand débat national" bidon, le 'timing' de leur publication est d'ores et déjà malencontreux,  au moment où l’exécutif travaille sur son plan de relance face à la récession économique aggravée par la pandémie et la nomination d'un incapable à la présidence de la Cour des Comptes: Moscovici, ministre de l'Economie de Hollende a-t-il jamais redressé, ne serait-ce que fait frémir, la courbe de l'emploi? 

Une fausse bonne mesure : la réduction de la vitesse à 110 km/h

La convention, mandatée pour proposer des mesures permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 %, a accouché d'une autre souris : approche des municipales obligeant, elle n’a pas osé remettre sur la table l’idée d’une telle taxe, mais a proposé près de 150 autres mesures, inventaire à la Prévert, chacun des 150 Conventionnels y allant de la sienne...

Une des plus controversées, la réduction du temps de travail à quatre jours (28 heures) par semainea été largement (65 %) écartée samedi. C’est la seule proposition à ne pas avoir été adoptée par les membres. Outre les conséquences sur les entreprises, beaucoup se sont inquiétés de l’image que donnerait de leurs travaux une telle proposition. "On va passer pour des guignols", avait quand même reconnu l’un des "déclinistes" de la convention.

Autre mesure visant les automobilistes, proie facile. Elle ne manquera pas de diviser un peu plus l’opinion publique : la réduction de la vitesse sur autoroute de 130 km/h à 110 km/h. Elle a recueilli 60 % des suffrages des ayatollahs. 
La proposition a évidemment irrité les associations d’automobilistes: les écologistes n'ont pas retenu la leçon du mouvement d’opposition déjà déclenché par la limitation de la vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires. Pauvreté de la réflexion des environnementalistes ou obsession de névrosés ?

Plusieurs autres mesures visent à réduire la place de la voiture individuelle, avec notamment une "amélioration du forfait mobilité durable". Elle consiste en la prise en charge (facultative) par l'employeur des frais de transports personnels du salarié dit "mobilité douce" ou "alternatfs" pour se rendre sur son lieu de travail. Dans leur bulle, les conventionnels n'ont donc pas pris en compte le développement du télé-travail depuis le confinement contre la Covid19, pas plus qu'ils n'ont pris conscience de l'excédent de pistes cyclables sur le nombre réel de vélos en location, ou du manque d'autonomie des véhicules électriques, sans parler de la fabrication des batteries délocalisées en Orient et de l'insuffisance des bornes de recharge.

L'électeur doit savoir que la convention propose aussi de renforcer le bonus-malus écologique sur les véhicules, les aides à la location longue durée et des prêts à taux zéro pour l’achat de véhicules propres, l’interdiction dès 2025 de la vente de véhicules neufs très émetteurs (+ 110 g de CO2/km), et d’interdire les centres-villes aux véhicules les plus polluants.

"Ecocide" ? Notre chance, la peine de mort n'est pas rétablie !
 
1984: "la guerre, c'est la paix; la liberté, c'est l'esclavage".
Pour le comité "VéritéPourAdama": la liberté, c'est l'esclavage"...

Parmi les autres mesures figure un encadrement "fort" de la publicité, avec interdiction des panneaux dans l’espace public extérieur et de la pub pour des produits à fort bilan carbone – comme les gros véhicules de type SUV. Et des violences policières vertueuses garanties contre les contrevenants européens, notamment tchétchènes, mais à l'exclusion des Africains et Maghrébins au dessus des lois de la République, puisque la Convention ne préconise pas pas la révision du Coran ? 
Nos portefeuilles ne seront allégés seulement par les hausses liées au Covid19.
De lourdes taxes sur l’alimentation ultra-transformée sont également envisagées, et les foyers les plus défavorisés seront donc les premiers pénalisés puisqu'ils peinent à se nourrir, a fortiori à basculer dans le bio... 
Autre interdiction, celle des semences OGM (organisme génétiquement modifié), une taxation plus forte des engrais azotés et la réduction de moitié en 2030 de l’usage des pesticides, et l’interdiction des plus dangereux d’ici à 2035.

La liste comprend également l’interdiction des terrasses chauffées ou de l’éclairage des magasins la nuit, ou encore une taxe sur les dividendes des sociétés pour financer la transformation de l’outil productif. 

L’introduction du crime d’ "écocide"  dans le droit pénal français a séduit les pervers de la convention.

Cette proposition a pourtant été récemment rejetée à la fois au Sénat et à l’Assemblée nationale, mais elle revient par la fenêtre.

La création d’une "haute autorité" pourrait surveiller chacun d'entre nous.
Si les électeurs donnent leur feu vert aux écoloselle sera chargée de faire respecter les "limites planétaires" jugées soutenables pour la survie de l’humanité (réchauffement climatique limité à 2°, par exemple). A partir de là, les ayatollahs de l'écologie punitive pourrait proposer une "haute autorité" répressive contre la hausse du chômage ! 

Les citoyens tirés au sort veulent enfin nous imposer l’inscription dans la Constitution de la préservation de la biodiversité, de l’environnement et de la lutte contre le dérèglement climatique, ainsi que, en plus de la 'Haute autorité' la création d’un "Défenseur de l’environnement"

Les participants souhaiteraient également que soit renouvelée l’expérience de convention citoyenne, éventuellement dans le cadre d’une réforme du Conseil économique, social et environnemental (CESE), qui a accueilli leurs travaux.

mardi 9 juillet 2019

Macron veut imposer une écotaxe punitive dès 2020

Son gouvernement va mettre en place une écotaxe de 1,50 euro à 18 euros sur les billets d'avion à partir de 2020

Cette mesure sera intégrée au projet de loi de finances 2020

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La sémantique aide-t-elle à faire avaler la pilule ?

Annoncée mardi par Borne, sa ministre des Transports, elle a été décidée lors du deuxième Conseil de défense écologique et s'appliquera à toutes les compagnies aériennes.

Le gouvernement a fixé cette écotaxe entre 1,50 et 18 euros sur les billets d'avion à partir de 2020 pour tous les vols au départ de la France, sauf vers la ...Corse et l'Outre-mer et sauf les vols en correspondance, a précisé la bornée du ministère des Transports, mardi 9 juillet.

Une incitation à ne pas (r)entrer en France
Avion sur le tarmac de l'aéroport 
Roissy-Charles de Gaulle (Val d'Oise),
 le 8 juillet 2019
 
L'écotaxe ne s'appliquera pas aux vols arrivants dans l'hexagone, mais, une fois parti, il faudra avoir envie de revenir. 

Elle sera résolument discriminante, idéologie oblige de 1,50 euro en classe éco pour les vols intérieurs et intra-européens, de 9 euros pour ces vols en classe affaires, à la charge des entreprises. 
Pour les vols en classe éco hors de l'Union européenne, elle sera de 3 euros mais de 18 euros pour ces vols en classe affaires, a précisé la ministre.

Cette taxe devrait rapporter 182 millions d'euros à partir de 2020, selon la Borne rechargeable en taxes et surtaxes. La somme sera consacrée à des investissements pour des infrastructures de transports plus écologiques, notamment le ferroviaire.

Pionnière, la France est maintenant distancée par la Chine

Alors que la Chine s’est offerte la première autoroute solaire en janvier 2018, il y a déjà 18 mois, où en sont le projet de Ségolène Royal et sa tranche expérimentale normande ? 
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En Chine
Dans la province chinoise du Shandong, à environ 400 kilomètres de Pékin, les automobilistes roulent à présent - "à plus de 100 km/h en toute sécurité" - sur une portion de voie rapide dont la chaussée produit de l'électricité. Deux kilomètres de voies, traversant la ville de Jinan, ont été équipées de dalles photovoltaïques, lesquelles permettent d'alimenter en électricité la vidéosurveillance, la signalisation et l'éclairage de cette chaussée. Cette voie solaire permettra également de recharger par induction les véhicules électriques ou de déneiger la chaussée.
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En France
Fin 2015, en vitrine de la COP21, l'entreprise Colas (filiale du groupe Bouygues) a présenté "Wattway", son prototype de revêtement solaire. Quelques mois plus tard, Ségolène Royal, alors ministre de l'Ecologie et du Développement durable, n'avait pas hésité à annoncer son intention de doter la France de "1.000 kilomètres de route solaire". Un pari ambitieux ! Le premier kilomètre de route solaire a vu le jour en décembre 2016 dans l'Orne. A la sortie du village de Tourouvre-au-Perche, des dalles Wattway ont été collées sur un kilomètre de route départementale. Depuis son inauguration, ce kilomètre de route solaire -dont le coût s'élève à 5 millions d'euros- a produit 147,5 MWh d'électricité... Soit moitié moins qu'espéré.
Lien PaSiDupes : "L'expérimentation d'un kilomètre de route solaire en Normandie interpelle le contribuable Une première mondiale, coup de com' coûteux"

La route solaire normande est hors d'usage après moins de 2 ans et demi de service. La totalité des panneaux solaires va être retirée avant l'été 2019. Ce kilomètre de route solaire aura donc produit "beaucoup moins que prévu". Pour le media Contrepoints, "cette pénible aventure illustre à elle seule plusieurs maux que le peuple français subit régulièrement sans trop grogner : idiotie d’une idée initiale, sa récupération pour des raisons purement médiatiques par des politiciens aussi incompétents qu’avides d’exposition facile, capitalisme de connivence qui permet à certaines entreprises bien en cour de bénéficier d’une publicité gratuite".
Depuis, une filiale du groupe Vinci a d'ailleurs proposé la 'Power Road"...

samedi 4 mai 2019

Le Sénat ne veut pas de l’inscription du "crime d’écocide" dans notre droit pénal

Marre de l'écologie punitive !

Les sénateurs socialistes ont échoué à faire adopter un texte réprimant les crimes contre l’environnement
 
Le lobby de l'écologie radicale va encore devoir redoubler d'agressivité. Le Sénat – à majorité de droite – a retardé le processus de mise au pas des Français rejetant, jeudi 2 mai, en première lecture, une proposition de loi du groupe socialiste visant à introduire dans le code pénal français l’incrimination d’ "écocide" - néologisme stalinien de la novlangue (néoparler) écologiste, afin de "punir les crimes environnementaux d’une particulière gravité", pour commencer.

En prévision de cette soirée où ils étaient maîtres de l’ordre du jour, Jérôme Durain (successeur de Montebourg en Saône-et-Loire), Nicole Bonnefoy (ex-attachée parlementaire de Jérôme Lambert, un petit-neveu de l'ancien président François Mitterrand, sénatrice de la Charente et marraine du candidat Macron), Marc Daunis (élu PS des Alpes-Maritimes, soupçonné de sous-évaluation de son patrimoine immobilier), Patrick Kanner (ancien ministre de Valls à la Ville, élu du Nord, président du groupe socialiste au Sénat) et plusieurs de leurs collègues avaient déposé, le 19 mars, un texte définissant l’écocide comme le fait de "porter atteinte de façon grave et durable à l’environnement et aux conditions d’existence d’une population, en exécution d’une action concertée tendant à la destruction ou à la dégradation totale ou partielle d’un écosystème, en temps de paix comme en temps de guerre". 

Le document prévoyait des sanctions dissuasives : une peine de réclusion criminelle de vingt ans, 7,5 millions d’euros d’amende, ainsi que l’imprescriptibilité, comme elle est déjà prévue pour les génocides et les crimes contre l’humanité par le code de procédure pénale. Mais il s’est vu notamment reprocher son manque de clarté sur le caractère intentionnel ou non des infractions visées.

"La France ne peut s’ériger en gendarme du monde" (LR)

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"Protéger notre planète est une question de survie que personne ne conteste, mais la France ne peut s’ériger en gendarme du monde, a déclaré au Monde la rapporteure du texte, Marie Mercier (LR, Saône-et-Loire), juste avant les débats. En revanche, a-t-elle ajouté, la France pourrait être leader dans la conclusion d’un traité international définissant un socle de sanctions qui se déclinerait dans le droit interne de chaque Etat".

La secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, Brune Poirson, a rappelé que la France "a déjà un arsenal robuste et, [qu’]au niveau international, le président de la République œuvre en faveur du pacte mondial pour l’environnement".

"La criminalité environnementale n’est pas une criminalité de pays pauvres"...
La veille de la séance, Jérôme Durain n’a pas caché que le succès de la pétition 'L’Affaire du siècle' - lancée par quatre associations intégristes (Notre Affaire à Tous, la Fondation pour la Nature et l’Homme, Greenpeace France et Oxfam France) réclamant, au nom de l’intérêt général, la possibilité d’attaquer l’Etat français en justice - a recueilli le nombre record de 2,1 millions de signatures en faveur de la lutte contre le changement climatique, l’approche des élections européennes du 26 mai n’étant pas étrangère à l’initiative du groupe totalitaire. "L’écologie est un marqueur politique à même de fédérer, a déclaré le sénateur de Saône-et-Loire, Jérôme Durain, un proche de Christophe Sirugue, rival local de Montebourg, reconverti dans le commerce du miel. Notre démarche n’est pas totalement désintéressée, mais elle est sincère, et elle témoigne de notre maturité politique (sic). Si tout le monde s’attend, on ne fera jamais rien. La criminalité environnementale n’est pas une criminalité de pays pauvres".

Unique sénatrice EELV, apparentée au groupe communiste, républicain, citoyen, écologiste,
Esther Benbassa a soutenu que le texte a une portée "essentiellement symbolique". "Les infractions qu’il vise relèvent plutôt du droit pénal international", a-t-elle prétendu, minimisant la menace qu'il représente pour la France et les Français. Mais la Cour pénale internationale – créée par le Statut de Rome de 1998 – ne juge aujourd’hui que les quatre "crimes les plus graves qui touchent l’ensemble de l’humanité" : génocide, crime contre l’humanité, crime de guerre et crime d’agression

"Amateurisme de la démarche socialiste"

Le groupe socialiste a recyclé les travaux de différents spécialistes de l’écocide, notamment l’ouvrage Des écocides à l’écocrimeLe droit pénal au secours de l’environnement (Bruylant), publié en 2015 sous la direction du professeur de droit de l’environnement  et de la notion de préjudice écologique, Laurent Neyret. Dès 1999, il soulignait entre autres le manque d’accessibilité et de lisibilité, le quantum des peines généralement peu dissuasif par rapport aux profits réalisables par les auteurs d’infractions environnementales et la frilosité des juges. L. Neyret n’a pu être auditionné par le Sénat au sujet de la proposition de loi du 2 mai : il est aujourd’hui directeur de cabinet de Laurent Fabius, président du Conseil constitutionnel.

"Cette proposition de loi [socialiste] était si mal ficelée qu’elle donnait à la droite toute latitude pour la rejeter sans avoir à en débattre sur le fond"
La juriste internationale Valérie Cabanes, présidente d’honneur de l’ONG 'Notre Affaire à tous' (évoquant un ouvrage publié en 2000 par la magistrate franco-norvégienne Eva Joly, ancienne magistrate et ex-candidate EELV à la présidentielle de 2012 où elle avait recueilli 2,31 % des voix) et auteure d’ 'Un nouveau droit pour la Terre', 2016, pointe une forme d’ "amateurisme" dans la démarche du groupe socialiste qui n’a pris en compte aucun des amendements qu’elle lui a proposés. "Cette proposition de loi était si mal ficelée qu’elle donnait à la droite toute latitude pour la rejeter sans avoir à en débattre sur le fond", accuse-t-elle, mettant en cause la forme plutôt que le fond. Pour autant, elle veut croire que ce revers "fait avancer la notion d’écocide", terme popularisé au début des années 1970 après l’utilisation au Vietnam par l’armée américaine de l’agent orange, le défoliant chimique qui a ravagé les forêts vietnamiennes et la santé des populations locales.

En 2018, une mission conjointe de l’Inspection générale de la justice et du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) a été lancée afin de
développer l'arsenal répressif du droit de l’environnement en France. Parmi les pistes étudiées, un renforcement de la formation des magistrats et une spécialisation des juridictions dans la protection de l’environnement et de la biodiversité. Les conclusions devraient être dévoilées en septembre. 
Ca va charcler !...

 

samedi 1 décembre 2018

Quand les carburants coûtent plus cher que l'impôt sur le revenu

Un employé moyen verse plus de taxes sur les carburants que d'impôt sur le revenu 


Alors que certains râlent contre les filtrages de voitures aux carrefours lesquels visent à attirer l'attention de Macron sur l'insupportable poids de la fiscalité des carburants sur leur niveau de vie, les commerçants et artisans, parmi les plaignants, sont au nombre de ceux qui font passer dans les frais généraux de leurs entreprises leurs passages à la pompe de véhicules professionnels qu'ils utilisent à leur usage personnel et familial - sans compter  les cadres ou employés qui effectuent tous leurs déplacements en voitures de fonctions ou d'astreinte -,  
il faut souligner que la France de 2017 n'a compté que 43,1 % de foyers imposables. Il est à croire que les autres, une forte majorité, sont tous des défavorisés, à quelque titre que ce soit. En 2017, sur les 37.889.181 foyers fiscaux, seuls 16.344.784 ont acquitté un impôt sur le revenu. Le différentiel est de 21.000.000. Ceux-là sont-ils néanmoins au nombre des "gilets jaunes' ? En 2017, quelque 8,8 millions de personnes vivaient en situation de pauvreté monétaire, c'est-à-dire sous le seuil de pauvreté fixé à quelque 1.026 euros par mois. 

Qui sont ces 12 millions de personnes qui 
ne paient pas l'impôt de solidarité sur le revenu
mais perçoivent pourtant des revenus supérieurs au seuil de pauvreté et des aides associées à leur exonération fiscale ?

Les ménages imposables ont en revanche payé davantage, les recettes de l’impôt sur le revenu grimpant d’un milliard d’euros pour atteindre 77,6 milliards en 2017.

Les employés habitant la province et contraints d’aller travailler en voiture sont injustement frappés par l’augmentation de la fiscalité sur les carburants

Leur budget est notoirement impacté par l'envolée de la fiscalité sur les carburants,  brutale, injustifiée et facteur d'inégalité sociale.  
C’est l’histoire d’une double peine. Des salariés de la France périphérique aux revenus moyens, qui n'ont d'autre choix que d’aller travailler en voiture faute d’alternative, et qui sont aussi les premières victimes de la fiscalité écologique sur les carburants. Secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Action et des Comptes publics de Macron, Olivier Dussopt (LREM) devrait ainsi savoir que l'Ardèche ne dispose d'aucun réseau ferré : aucun train sur l'ensemble de ce territoire où il fut maire d'Annonay et député socialiste (proche de la Nouvelle Gauche avec Benoît Hamon, aujourd'hui proche de la gauche extrême) ... 

Des millions de Français partagent la colère des gilets jaunes et rêvent de voir le gouvernement renoncer à la nouvelle hausse de la TICPE (Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques), prévue en janvier. Ces Français s’inquiètent de la fin du mois avant de penser à la fin du monde, roulent majoritairement dans des véhicules diesel - parce qu'incités par plusieurs législatures - et contribuent déjà largement à la TICPE lors de leur passage à la pompe. Or, la seule augmentation de cette taxe ajoutera 66 euros pour 2.000 litres au prix actuel ! ...

L’alourdissement, année après année, de cet impôt à vocation écologique a initié la révolte des gilets jaunes.  Macron n'a pas fait que pérenniser cette tendance dans son "monde nouveau" : il l'a accentuée, au moment où le cours du Brent (pétrole brute) baisse depuis deux mois maintenant. Les taxes représentent 60% des prix à la pompe et de manière indifférenciée entre le diesel et l'essence 'sans plomb' 95, les plus consommées : c'est dire que le prétexte de la réduction de l'empreinte carbone est fallacieux, car la taxe carbone est affectée, non pas à l'écologie, mais au budget général. 

Présenter la taxe carbone comme un impôt écologique "c’est une escroquerie", a souligné le rapporteur général de la commission des finances au Sénat. Lors de la discussion générale du projet de loi de Finances, Alberic de Montgolfier, LR, a mis les points sur les "i" du gouvernement à propos de la TICPE. "Une simple mesure de rendement budgétaire et non d’une véritable politique en faveur de l’environnement", a-t-il dénoncé. (lien Public Sénat)
Dès l’année dernière, le Sénat s’inquiétait de la trajectoire des tarifs de la TICPE "qui allait atteindre les zones rurales et les ménages les plus modestes, surtout si elle s’accompagnait d’une hausse des prix du pétrole," a rappelé, ce jeudi 22 novembre, le rapporteur général (LR) de la commission des finances, Alberic de Montgolfier avant d’inviter l’hémicycle et les membres du gouvernement à "relire le compte rendu (de la séance du 24 novembre) de l’année dernière".
Jean-François Husson, rapporteur spécial (LR) pour l’écologie "avait parlé à l’époque d’un risque de nouveau bonnets rouges (voir l'article de Public Sénat). "On avait dit qu’en cas de hausse du pétrole, ces trajectoires pluriannuelles seraient insupportables. Nous considérions déjà à l’époque qu’il s’agissait d’une simple mesure de rendement budgétaire et non d’une véritable politique en faveur de l’environnement". Raison pour laquelle le Sénat ne l’avait pas voté.

Aujourd'hui, s'il utilise sa voiture pour se rendre au travail, un salarié aux revenus modestes, mais imposables, est susceptible de dépenser davantage en taxes sur les carburants, que ce qu’il débourse au titre de l’impôt sur le revenu.

Pour cerner l’impact réel de la fiscalité écologique, prenons un profil type, le salarié célibataire sans enfant qui perçoit 1.637 euros net par mois, soit des revenus correspondants au salaire moyen des employés français, en 2015, selon l’INSEE. Détenteur d’un diesel, il est obligé de prendre son véhicule pour ses trajets domicile-travail et parcoure 13.194 kilomètres par an, un chiffre qui correspond au kilométrage moyen des voitures particulières en France en 2017, selon les données de Statista. S’il possède un diesel classique (6,1 litres au 100 km), notre employé consomme 67 litres de gazole par mois. Que représente alors la fiscalité écologique sur son budget mensuel ?

Le dernier relevé de l’Union française des industries pétrolières (UFIP), daté du vendredi 23 novembre, indique que la TICPE représente 0,732 euro/litre pour le gazole. Or, notre salarié-type roulant au diesel a versé 49 euros au titre de la fiscalité écologique, rien qu’au mois de novembre. Sur une année entière, à niveau équivalent, sa contribution à l'écologie s'élève à 588 euros,  en taxe carburant.

Le profil type n’a rien d’un gros rouleur. Pourtant, via les taxes carburants, sa contribution à la fiscalité écologique est quasi-équivalente au montant de son impôt sur le revenu.
A l’aide d’une simulation réalisée sur le site www.impots.gouv.fr, on observe que son impôt sur le revenu s’élevait à 601 euros, en 2018. Ce montant pourrait même être encore plus faible s’il était marié ou avait des enfants. D'où son constat de l’injustice qu’entraînent les taxes à la pompe : contrairement à l’impôt sur le revenu, basé sur la progressivité, la TICPE frappe également tous les automobilistes. Et a donc davantage d’impact sur les plus modestes.

Et ce n’est pas tout : en janvier 2019, le gouvernement va imposer un nouveau tour de vis fiscal.
Macron va enchérir le litre de gazole de 6,5 centimes d’euros. A elle seule, la TICPE ainsi renforcée coûtera à notre salarié 53,4 euros par mois et et 641 euros sur l’année. Il versera alors davantage de taxes carburants que d’impôt sur le revenu, à barème inchangé. 

Et la hausse des taxes sur les carburants est programmée pour se poursuivre jusqu’en 2022, ultime année du quinquennat d’Emmanuel Macron. dans quatre ans, notre salarié qui roule au diesel déboursera près d’un euro par litre de carburant (0,96 euro/litre) au titre de la fiscalité verte. L’addition de la TICPE deviendra encore plus salée : 64,3 euros par mois, et 771 euros sur un an. Notre employé déboursera alors 170 euros de plus en taxes carburants, qu’en impôt sur le revenu, à barème équivalent.

Appliquée à un autre salarié qui possède un véhicule essence et consomme 7,4 litres aux 100 km, cette mécanique fiscale est saisissante. 
Il lui faut 81 litres de carburant par mois pour parcourir le même kilométrage annuel. La TICPE du sans plomb grimpe moins vite que celle du gazole (+2,9 cts/litre en 2019), mais son niveau actuel s’élève déjà à 0,83 euro/litre, selon le dernier relevé de l’UFIP. Lors de son passage à la pompe, la part de TICPE versée par notre salarié est sensible : 67,14 euros par mois et 806 euros sur un an.

En 2019, la fiscalité écologique sur l’essence lui coûtera 69,5 euros chaque mois et 834 euros sur l’année. Enfin, en 2022, il dépensera 76,5 euros par mois, soit 918 euros annuels, au seul titre de cette taxe. Un chiffre qui dépasse largement le montant que notre employé consacre à son impôt sur le revenu.

lundi 19 novembre 2018

Gilets jaunes : Ségolène Royal riposte à Edouard Philippe

Ségolène Royal est colère, mais est-elle sincère?

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En faisant démonter 173 portiques, S. Royal déboursait entre 7 et 13 millions d'euros:
ils sont toujours là, neutralisés, inutiles
Suite à un week-end de manifestations spontanées à l'initiative des gilets jaunes partout sur le territoire, Edouard Philippe s'est invité sur le service public, au JT de 20h de France 2, dimanche pour commenter le mouvement de révolte et les revendications des mécontents. Dans son argumentaire, le premier ministre a tenté de s'exonérer de toute responsabilité, égratignant, et pourquoi ne pas le faire, l'ancienne ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal qui n'a pas la même lecture de son action de 2014 à 2017, relève Le Huffington Post.
En 2007, l'écotaxe prévoyait de taxer les poids lourds de plus de 3,5 tonnes, sur certains tronçons du réseau routier français. Elle devait entrer en vigueur le 1er janvier 2014, mais elle a été suspendue en novembre 2016."Je rappelle que l'écotaxe avait été votée, donc il était normal de l'appliquer," avait fait valoir l'ancien ministre des Transports, Thierry Mariani.
Face à la révolte populaire, Edouard Philippe se devait de répondre.
En l'absence de Macron qui n'a pas annulé pour autant sa visite à la Belgique, les gilets jaunes ont manifesté pendant tout le week-end et sur l'ensemble du territoire, établissant des barrages filtrants et affichant leur colère, bon-enfant jusqu'à l'entretien de l'Edouard avec le bellâtre du JT, et l'Edouard a dû monter au créneau, tandis que Jupiter se tenait en retrait. Certains se sont demandés où il était passé, samedi, et pensaient qu'il été claquemuré à l'Elysée, quand il était allé se relaxer à La Lanterne. A Versailles, les Gilets jaunes n'ont pas réussi à engager le débat à l'heure de la brioche : la résidence était bunkerisée par un service de sécurité hors normes.

Le premier ministre a continué à seriner qu'il entend la grogne populaire, bien qu'il ne l'ait visiblement pas  écoutée. Mais Philou a aussi polémiqué : alors qu'il se targuait de lancer "un nouveau plan", Edouard Philippe a fait une petite référence au passé et notamment à Ségolène Royal, a relevé le Huffington Post.
"J'ai vu, dans le passé, un nombre considérable de responsables politiques venir changer des plans qu'ils avaient formulés pour un nouveau plan...". En ajoutant. "Souvenez-vous des bonnets rouges : aujourd'hui, si on a un problème de financement des infrastructures, c'est probablement parce qu'à l'époque des bonnets rouges, le gouvernement - parce qu'il a été impressionné - a changé de plan."


Une déclaration qui a ébranlé la ministre de l'Ecologie de l'époque, Ségolène Royal.
Pour compenser l’abandon de l’écotaxe, Ségolène Royal avait choisi d’augmenter de deux centimes le prix du litre de gazole. Un choix qui n’était pas juste selon la Cour des comptes : "L'écotaxe devait peser sur les poids lourds étrangers circulant en France à hauteur de 31%", explique le rapport. "La compensation de son abandon par un relèvement de la taxe par le diesel ramène cette contribution à 2% et fait donc supporter cet abandon par les poids lourds français et les automobilistes à hauteur de 98% ?"
Royal explique-t-elle dans son bouquin que "l'écotaxe devait aussi servir à renflouer les caisses de l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF) qui supervise et finance les grands projets routiers ou ferroviaires dans notre pays. Or, la nouvelle taxe sur le diesel, qui devait rapporter un peu plus d’un milliard par an, n'allait déjà pas en totalité dans ses caisses, contrairement à ce qui était prévu avec l’impôt sur les poids lourds.


Concrètement, la décision de Ségolène Royal, motivée par la peur d'une paralysie du pays par les transporteurs routiers français et la ré-orientation des étrangers vers les ports de la concurrence, a affecté le développement du transport ferroviaire, comme le décrit l’ancien ministre Dominique Bussereau : "On va mettre en service la ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux. C’est un coût de 8 milliards d’euros. Figurez-vous que l’AFITF ne peut pas payer la part de l’Etat ! Et donc SNCF Réseaux emprunte pour payer la part de l’Etat. L’AFITF est obligée de faire emprunter des opérateurs publics pour payer sa part."

Autre avatar, sur l'avenir de certaines routes nationales et départementales qui ont besoin d'être rénovées, Philippe Duron, membre du Parti socialiste, n'était pas très optimiste : "Il y a une dégradation des chaussées et des ouvrages d’art. L’État ne met plus assez d’argent. Il faudrait au moins 500 millions d’euros par an pour rénover nos routes. Or, l’État n’en met que 350."  D'où la décision de l'Edouard en faveur d'une réduction de vitesse à 80 km/h sur certaines routes secondaires...

Ces deux députés imputent la faute à l’abandon de l’écotaxe sur les poids lourds par l'amère Royal. Dans son dernier rapport annuel, la Cour des comptes chiffrait alors le manque à gagner à environ dix milliards d'euros en 2026, date à laquelle le contrat avec Ecomouv devait prendre fin.

La gauche se repasse la patate chaude

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Sur Twitter, l'ancienne ministre de François Hollande s'est justifiée avec sa véhémence coutumière. "Non ! Je n'ai pas été impressionnée, j'ai écouté, travaillé et découvert un projet injuste et aberrant signé par F. Fillon et aux financements étranges (...) Quand une réforme est mauvaise, humilité de la changer." Marie-Ségolène est humble, il fallait oser !

Dans son tweet, l'ancienne candidate à la présidentielle fait également la promotion de son 'opus', où elle donne sa vérité sur le sujet, preuve qu'elle a besoin de se justifier. 
Depuis plusieurs semaines, elle raconte que l'abandon de l'écotaxe était "un cadeau empoisonné" de la part de François Fillon. Elle dénonce même "un montage financier absurde", raison pour laquelle elle a préféré abandonner le projet, le 9 octobre 2014, soit un manque à gagner de 450 millions d'euros par an le démontage des 176 portiques aurait coûté plus de 75.000 € chacun. Il en reste 142... Et qu'a-t-elle fait des portiques inutiles dès lors qu'elle renonçait à cette taxe juste sur les pollueurs-payeurs.
L'ensemble des installations de portiques a eu un coût : les quelque 170 portiques, 230 bornes de contrôles pour les routes secondaires, 720.000 boîtiers qui devaient équiper les camions, sans compter un centre informatique dernier cri, ont coûté 652 millions d'euros, selon la Cour des comptes. Difficile d'avouer aux contribuables, notamment les Gilets jaunes, que tout a été jeté à la poubelle. Macron fait-il maintenant de la récup dans les poches des particuliers ? 
Sur France 2, Edouard Philippe, lui, défend l'écologie punitive de Rugy. 
"J'entends ce que disent les Français. Je vois le cap, je n'en change pas et j'essaye de trouver les bonnes solutions pour intégrer ce que les Français me disent."
Le fusible de Rugy sauterait que personne ne s'en plaindrait, mais cela suffirait-il ?