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jeudi 17 octobre 2019

Macron n'a pas empêché le taux de pauvreté de bondir en France en 2018

L'arrivée massive de clandestins est-elle la seule cause de l'appauvrissement de la France ?

L'INSEE alerte sur une forte hausse importante du nombre de personnes en situation de pauvreté monétaire en 2018

Pauvrete en france en 2018
Après une relative stagnation en 2017, près de 500.000 pauvres de plus étaient désormais dénombrédans ses données provisoires publiées mercredi 16 octobre, par le service du ministère de l'Economie créé par le gouvernement de Vichy.

En 2018, 14,7% de la population française vivait sous le taux de pauvreté, soit une augmentation de 0,6% par rapport à l'année précédente. Au total, quelque 9,3 millions de personnes (8,8 millions en 2017, dont 3 millions d'enfants) étaient en situation de pauvreté monétaire, soit sous le seuil de pauvreté, rapporte l'institut de la statistique, selon une méthode dite de micro-simulation, réalisée à partir d'un échantillon représentatif de ménages. Cette hausse importante fait suite à un taux stable en 2017, précédé d'un recul de 0,2 point du taux de pauvreté en 2016, après deux années de hausse en 2015 et 2014, pendant le quinquennat socialiste de Hollande.


Les mesures anti-sociales de Macron, mais pas que... 

L'Insee impute l'augmentation de la pauvreté d'abord à la forte hausse "des revenus financiers des capitaux mobiliers", désormais soumis à la "flat tax", prélèvement forfaitaire unique sur tous les membres d'un groupe (citoyens ou entreprises), contrairement à l'impôt progressif, ou abaissant la fiscalité dans ce domaine. Or, la progression des revenus des plus riches augmente mécaniquement le seuil de pauvreté, fixé à 60% du revenu médian.

L'institut de la statistique pointe aussi l'effet de la baisse des allocations logement dans le parc HLM, mais sans tenir compte de la baisse équivalente des loyers. En l'incluant, la hausse du taux de pauvreté "serait plus modérée", autour de 0,2 point. L'INSEE est accusé de renouveler un coup similaire à celui de décembre 2008 : le no 2 du gouvernement, ministre de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement et de l'Aménagement durables, Jean-Louis Borloo, avait alors dénoncé les enquêtes trimestrielles de l'emploi de l'INSEE en soulignant que celles-ci ne portaient que sur l'évolution des effectifs dans les entreprises de plus de vingt salariés, alors que l'emploi aurait surtout progressé dans celles de moins de dix salariés.

Par ailleurs, les inégalités de niveau de vie connaissent leur "plus forte hausse depuis 2010",  mais restent toutefois "en dessous du pic atteint en 2011", sous l'effet de la crise économique et financière internationale ouverte en 2008, estime l'Insee. 

Ces données provisoires n'intègrent d'ailleurs pas la réforme de l'ISF
, qui "aurait eu un effet à la hausse sur les indicateurs d'inégalités", ni le chèque énergie qui aurait eu l'effet inverse.

Autre impasse des statisticiens, l'impacte de l'arrivée de clandestins pris en charge.
En baisse dans l'ensemble de l'Europe, le nombre de demandeurs d'asile continue d'augmenter en France.
Le flou sur le nombre de clandestins en France est volontairement entretenu

Il a fallu que Gérard Collomb soit poussé dans ses retranchements pour qu'il consente à lâcher que notre pays compte actuellement "autour de 300.000 personnes en situation irrégulière". En présentant sa loi asile et immigration, le ministre de l'Intérieur a reconnu  que le faible taux d'exécution des obligations de quitter le territoire français créait une situation qui n'était "bonne pour personne", mais il a refusé de donner des chiffres précis. Son cabinet parle d'un taux "qui oscille entre 7 et 10 %". La Cour des comptes, elle, l'avait donc sous-évalué à 5 % en 2015, avant le pic européen du flux migratoire. Seule certitude aujourd'hui: la France reste une destination attractive pour les migrants qui savent avoir peu de chances d'obtenir le statut de réfugié. Dans un document interne, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), qui traite les demandes d'asile, constate que sur les cinq premiers mois de 2018, les demandes d'asile en France sont en hausse de plus de 15 % par rapport à la même période. Ils savent en effet qu'ils peuvent ainsi bénéficier d’une allocation de demandeur d’asile (ADA, 207 euros par mois) pendant toute la durée du traitement de leur dossier (entre cinq et neuf mois en moyenne), un droit dont ne bénéficient pas les clandestins.
L'AME (Aide médicale d'Etat) est attribuée sans conditions aux enfants mineurs - ce qui induit de nombreuses fraudes sur l'âge - isolés ou dont les parents sont en situation irrégulière, même lorsque ces derniers n'en bénéficient pas encore. Mais des organisations humanitaires telle que la Fédération internationale des Sociétés de la Croix rouge et du Croissant rouge (IFRC) dénoncent les contrôles sur l'attribution de l'AME, en dépit de la fraude organisée. Or, dans le nord de la France, qui inclut la zone de Calais, une association qui se pare du titre d'ONG (d'ailleurs illégitime) estime que près des deux-tiers des réfugiés et migrants dont elle s'occupait avaient des problèmes de santé "directement liés aux conditions dans lesquelles ils sont logés". Dans plusieurs villes de France, des cas de gale et de tuberculose ont notamment été rapportés ces dernières années, autant de maladies directement liées aux conditions de vie précaires des personnes en situation irrégulière et échappant aux contrôles. Dans le nord de Paris, les équipes de Médecins sans frontières (MSF) – qui gèrent le centre pour mineurs de Pantin – ont ainsi constaté à plusieurs reprises que certains clandestins refusent de se rendre à l’hôpital, de peur que soit découverte leur fraude.
L'OMS nie "le risque en terme de transmission des maladies transmissibles entre migrants, réfugiés et la population locale", le jugeant "très faible". Selon l’Organisation mondiale de la santé, une part importante des migrants séropositifs ont contracté la maladie... après leur arrivée en Europe.

Quelles sont les aides humanitaires aux immigrés en France ?
Etrangers réguliers
A partir de 25 ans, ils peuvent prétendre au revenu de solidarité active (RSA) au bout de cinq ans de détention d’un titre de séjour permettant de travailler en France (ce délai est supprimé pour les titulaires d’une carte de résident, les réfugiés et les immigrés européens de longue durée, qui peuvent le toucher immédiatement).
Le RSA s’élève à 551 euros par mois, mais il ne peut pas se cumuler avec d’autres aides.
Sur 1,88 million d’allocataires du RSA en décembre 2017, 16 % étaient étrangers, selon le gouvernement.
Un étranger de plus de 65 ans peut bénéficier de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA, ex-minimum vieillesse), d’un montant maximal de 868 euros par mois.
Pour la recevoir, il doit respecter les mêmes conditions que les Français (revenus annuels inférieurs à 9 998 euros). Il doit toutefois préalablement résider en France de manière régulière depuis au moins dix ans (ce délai est supprimé pour les réfugiés, qui peuvent le toucher immédiatement).
Environ un tiers des bénéficiaires de cette aide sont de nationalité étrangère.

Français
Il existe 10 minima sociaux en France, qui correspondent à des publics spécifiques.
• Le plus universel d’entre eux est le revenu de solidarité active (RSA) : une allocation de 551 euros par mois versée à 2,5 millions d’allocataires de plus de 25 ans sous conditions de ressources.
L’allocation adulte handicapé (AAH), versée à plus d’un million de bénéficiaires, s’élève à 860 euros par mois.
L’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA, ex-minimum vieillesse), versée à un peu plus d’un demi-million de retraités de plus de 65 ans, s’élève à 868 euros par mois.

2 | La protection santé


Clandestins
• Ils peuvent bénéficier d’une prise en charge gratuite des principaux soins médicaux au titre de l’aide médicale d’Etat (AME). Tous les frais qui dépassent le plafond « Sécu » (par exemple pour les soins optiques ou dentaires) restent à leur charge.
L’AME est théoriquement réservée aux immigrés présents depuis trois mois en France et sous condition de ressources, mais ces critères sont difficiles à vérifier dans les faits. Cependant, la fraude a un effet limité sur le coût du dispositif, selon un rapport parlementaire de 2011. Quelque 300.000 clandestins en bénéficient.
L’AME a une vocation humanitaire, en prenant en charge les soins vitaux de personnes démunies. Mais c’est aussi un enjeu de santé publique : ne pas traiter ces patients pourrait favoriser la propagation d’affections contagieuses, comme la tuberculose.

Demandeurs d’asile
• La protection universelle maladie (PUMA, qui s’est substituée à la CMU) leur permet de bénéficier gratuitement de la part remboursée par la Sécurité sociale, à l’instar des Français du régime général.
• Ils ont également accès gratuitement à la CMU complémentaire pour financer les restes à charge.

Etrangers réguliers
• Avec ou sans emploi, les étrangers peuvent bénéficier de la protection maladie universelle (PUMA), qui prend en charge la part remboursée par la Sécurité sociale.
• Au bout de trois mois de présence en France, et sous condition de ressources, ils peuvent aussi être couverts par la CMU complémentaire pour les restes à charge.
• Si leurs revenus se situent juste au-dessus du plafond de la CMU complémentaire, ils peuvent recevoir une aide au paiement d’une complémentaire santé (ACS).
• Certains Européens restent par ailleurs rattachés à la "sécu" de leur pays d’origine.

Français
• Avec ou sans emploi, les Français peuvent bénéficier de la protection maladie universelle (PUMA), qui prend en charge la part remboursée par la Sécurité sociale.
• Sous condition de ressources, ils peuvent aussi être couverts par la CMU complémentaire pour les restes à charge.
• Si leurs revenus se situent juste au-dessus du plafond de la CMU complémentaire, ils peuvent recevoir une aide au paiement d’une complémentaire santé (ACS).

3 | L’hébergement et le logement

Clandestins
• Ils peuvent théoriquement bénéficier de l’hébergement d’urgence au même titre qu’un autre résident en France.

Demandeurs d’asile
• Plusieurs types de structures peuvent les héberger le temps de l’examen de leur demande d’asile (entre cinq et neuf mois en moyenne). Il s’agit principalement de centres d’accueil spécialisés (les CADA), mais aussi d’hébergements d’urgence.
Dans tous les cas, cette situation est difficilement comparable avec le fait d’être locataire ou propriétaire d’un logement traditionnel. Les personnes hébergées en CADA sont par exemple parfois amenées à partager certaines pièces de vie avec d’autres personnes ou familles.
Les adultes qui n’ont pas de place d’hébergement reçoivent une allocation de 225 euros par mois pour se loger.

Etrangers réguliers
• Ils peuvent bénéficier des aides au logement (APL, ALF et ALS), demander un logement social et faire valoir leur droit au logement opposable au même titre que les Français, sous condition de ressources.
Environ 14 % des logements sociaux sont attribués à des étrangers hors Union européenne.
• Ils peuvent aussi bénéficier de l’hébergement d’urgence au même titre qu’un Français.

Français
• Ils peuvent bénéficier des différentes aides au logement (APL, ALF et ALS), demander un logement social et faire valoir leur droit au logement opposable, sous condition de ressources.
Environ 80 % des logements sociaux sont attribués à des Français.
• Les plus démunis ont en principe accès à un parc d’hébergement spécifique (places d’allocation logement temporaire, hébergement d’insertion…).

4 | Les allocations familiales


Clandestins
• Aucune prestation ne leur est proposée.

Demandeurs d’asile
• Le montant de l’allocation de demandeur d’asile (voir plus haut) varie en fonction de la taille de la famille. Cela représente environ 100 euros par mois de plus par personne supplémentaire dans le foyer.

Etrangers réguliers
• Ils peuvent bénéficier des allocations familiales au même titre que les Français, à condition que leurs enfants vivent avec eux en France.

Français
• Les citoyens français dont le foyer comporte au moins deux enfants peuvent bénéficier des allocations familiales.
5 | Les transports

Clandestins
• Certains peuvent bénéficier de facilités pour les transports dans certaines villes ou régions.
Par exemple, en Ile-de-France, quelque 115 000 clandestins affiliés à l’aide médicale d’Etat ont le droit à une réduction tarifaire de 50 %.

Demandeurs d’asile
• Ils peuvent bénéficier de facilités dans certaines villes ou régions.
Par exemple, en Ile-de-France, ils ont le droit à une réduction tarifaire de 75 %, comme les Français modestes, à condition d’être affiliés à la CMU complémentaire.

Etrangers réguliers
• Les plus modestes peuvent généralement bénéficier des tarifs sociaux pour les transports offerts par les villes ou les régions, au même titre que les Français.
Par exemple, en Ile-de-France, ils ont le droit à une réduction tarifaire de 75 % (à contrôler), à condition d’être affiliés à la CMU complémentaire.

Français
• Certaines villes ou régions proposent des tarifs sociaux pour les transports aux personnes les plus modestes.
Par exemple, en Ile-de-France, elles ont le droit à une réduction tarifaire de 75 % (passée à 50%), à condition d’être affiliées à la CMU complémentaire.
  • En résumé :

ClandestinDem. d'asileEtranger régulierFrançais
Minimas sociauxADA : 207 €RSA : 551 € si plus de 25 ans et ressources faiblesRSA : 551 € si plus de 25 ans et ressources faibles
SantéAME : protection maladie de baseProtection maladie complète (PUMA + CMU-C)Protection maladie complète (PUMA, CMU-C, ACS) si ressources faiblesProtection maladie complète (PUMA, CMU-C, ACS) si ressources faibles
LogementHébergement d'urgenceCentre d'accueil ou 225 €Hébergement d'urgence, aides au logement ou logement social (si ressources faibles)Hébergement d'urgence, aides au logement ou logement social (si ressources faibles)
FamilleADA : 100 € par enfantAllocations familiales (si les enfants sont résidents)Allocations familiales
TransportTarifs réduits en Ile-de-FranceTarifs réduits en Ile-de-France (si ressources faibles)Tarifs réduits en Ile-de-France (si ressources faibles)Tarifs réduits en Ile-de-France (si ressources faibles)

MÉTHODOLOGIE

Cet article vise à recenser les principaux droits sociaux accordés aux immigrés en France. Ils sont classés dans cinq grandes thématiques.
Il pourrait être tentant de chercher à calculer une sorte de « total » de ces aides, mais nous ne l'avons pas fait car cela n'aurait en réalité guère de sens. Certaines prestations ne sont pas cumulables entre elles ; d'autres, comme par exemple la prise en charge des soins, ne sont pas des aides directes mais des prises en charge. Ainsi, un séjour à l'hôpital qui coûte 3 000 euros ne peut être considéré comme un revenu au même titre qu'un salaire ou qu'une allocation.
Lorsque c'était pertinent, en revanche, nous avons indiqué le montant de ces aides, à chaque fois sur la base des droits accordés à une personne seule. Vous pouvez retrouver les barèmes détaillés de ces prestations pour les couples ou les familles en cliquant sur les liens.
L'AME (Aide médicale d'Etat) est attribuée sans conditions aux enfants mineurs - ce qui induit de nombreuses fraudes sur l'âge - isolés ou dont les parents sont en situation irrégulière, même lorsque ces derniers n'en bénéficient pas encore.

En parallèle de ces chiffres sur la pauvreté, l'Institut des politiques publiques (IPP) a publié une étude
indiquant que les classes moyennes allaient être les principales bénéficiaires du budget 2020. 
Le document met notamment en exergue l'effet des mesures d'urgences prises par le gouvernement sous la pression du mouvement des Gilets Jaunes et elles se traduisent par une augmentation sensible du pouvoir d'achat, dont le coût est reproché aux GJ...
Or, l'IPP travaille en partenariat scientifique avec l'Ecole d'économie de Paris et le Centre de recherche en économie et statistique (CREST), lequel à pour directeur Francis Kramarz, qui a apporté son soutien à Macron lors de l'élection présidentielle de 2017.

jeudi 11 avril 2019

La restitution du "grand" débat ignore les revendications des Gilets jaunes

L'exécutif n'en fait qu'à sa tête 

Déception des figures des Gilets jaunes qui voulaient y croire

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Beaucoup de leurs revendications initiales n'apparaissent pas ou peu dans les conclusions de la concertation, selon la restitution du grand débat par Edouard Philippe qui a envoyé un mauvais signal. Exit le 'RIC' ou encore le rétablissement de l'ISF... D'autres propositions convergent. Que dit "le Vrai débat", leur plateforme concurrente ? 

'Paroles de Français', un slogan trompeur
"RIC" : ce slogan pour un référendum d'initiative citoyenne, relayé sur les rond-points tenus par les Gilets jaunes, était l'une des principales revendications du mouvement, mais il est littéralement passé à la trappe de la mascarade de débat national. Si l'on s'en tient à la synthèse rendue publique lundi, seuls 2.1% des contributeurs auraient soutenu l'idée d'instaurer un tel mode de consultation, préférant un élargissement du recours aux référendums locaux ou à d'autres modes de consultation de la population : le "RIC" ne serait donc soutenu que par une petite minorité de participants.
Il faut rappeler que les participants au 'grand' débat étaient essentiellement des élus, autant que possible sélectionnés, ou des retraités à la fois modérés et sympathisants de la majorité présidentielle. Les Gilets jaunes y étaient représentés de manière très marginales, quand ils n'étaient pas exclus du 'grand' débat. Le président n'a même jamais cité leur nom, zappant avec mépris  leur existence.
Les figures du mouvement n'ont donc pas de quoi être déçus, d'autant que, sur leur propre plateforme concurrente, baptisée "le Vrai débat" - et qui revendique 25.000 propositions et "plus d'un million de votes" - cite au contraire le "RIC" comme la deuxième revendication la plus soutenue, avec plus de 85% de votes favorables. 

Le "grand débatteur" a fait son marché parmi les propositions 

Il apparaît un étrange hiatus entre les propositions de Philippe et les revendications réelles. 'Paroles de Français' est un slogan trompeur.
On observe ainsi que nombre de revendications économiques et sociales portées sur la plateforme concurrente des Gilets jaunes reste très marginales côté 'grand débat', soit parce qu'elles sortent des thèmes proposés par le gouvernement, soit parce qu'elles apparaissent minoritaires. Parmi elles, la renationalisation des autoroutes et des secteurs de l'énergie, la "hausse du seuil de pauvreté au niveau du Smic" ou encore la suppression du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), plébiscitées par "le Vrai débat", alors qu'elles ne surgissent que de façon marginale dans les "contributions libres" des participants du Grand débat national.

Surtout, la recherche commune de justice fiscale aboutit à une hiérarchisation différentes des grandes options fiscales. 
Le rétablissement de l'ISF, présenté comme l'une des priorités des Gilets jaunes dans le cadre du "Vrai débat", n'est avancé "que" par 10.3% des contributeurs du Grand débat national. 
L'abandon de la hausse de la CSG, sixième proposition du "Vrai débat", est proposée par 9.8% des participants du grand débat. 
En revanche, la lutte contre l'évasion et la fraude fiscales sont des priorités pour les deux plateformes. 

Des convergences théoriques, notamment sur la démocratie

Les deux plateformes convergent en revanche sur des revendications liées à la démocratie. Parmi les sujets placés largement en tête des deux côtés, la reconnaissance du vote blanc, le contrôle des "privilèges" des élus (anciens présidents, ministres, députés et sénateurs) et le renforcement de la transparence (90% des personnes qui se sont exprimées souhaitent qu'un candidat ne puisse se présenter à des élections que s'il possède un casier judiciaire vierge). Celui des privilèges des journalistes est toutefois négligé.
Durant sa campagne, le candidat Macron avait promis la "moralisation de la vie publique", qui s'est traduite en début de quinquennat dans deux lois visant à "rétablir la confiance dans la vie politique". Ces lois encadrent notamment le statut des collaborateurs du chef de l'Etat (on a vu avec l'affaire Benalla quel respect Macron leur porte), l'interdiction des emplois familiaux au sein de l'exécutif et du Parlement, et la transparence des élus en matière fiscale.
Durant sa campagne, Macron avait défendu le principe du casier judiciaire vierge pour les élus. Lors des débats autour de la moralisation de la vie publique, la mesure avait toutefois été écartée au profit d'une peine d'inéligibilité complémentaire inscrite dans le Code pénal, d'une durée maximale de dix ans, pour certaines condamnations (atteinte à la probité comme la fraude fiscale aggravée, violences, agressions sexuelles, harcèlement, discriminations ou terrorisme). D'autres pays, comme l'Italie ou l'Allemagne, présentent toutefois des règles plus contraignantes en tenant compte des condamnations passées.
Parmi les points de convergence, on peut également citer des mesures sociales (réindexation des pensions de retraite), environnementales (interdiction des pesticides, promotion de l'agriculture biologique), mais aussi la préservation des services publics, notamment dans le secteur de la santé. 

samedi 1 décembre 2018

Quand les carburants coûtent plus cher que l'impôt sur le revenu

Un employé moyen verse plus de taxes sur les carburants que d'impôt sur le revenu 


Alors que certains râlent contre les filtrages de voitures aux carrefours lesquels visent à attirer l'attention de Macron sur l'insupportable poids de la fiscalité des carburants sur leur niveau de vie, les commerçants et artisans, parmi les plaignants, sont au nombre de ceux qui font passer dans les frais généraux de leurs entreprises leurs passages à la pompe de véhicules professionnels qu'ils utilisent à leur usage personnel et familial - sans compter  les cadres ou employés qui effectuent tous leurs déplacements en voitures de fonctions ou d'astreinte -,  
il faut souligner que la France de 2017 n'a compté que 43,1 % de foyers imposables. Il est à croire que les autres, une forte majorité, sont tous des défavorisés, à quelque titre que ce soit. En 2017, sur les 37.889.181 foyers fiscaux, seuls 16.344.784 ont acquitté un impôt sur le revenu. Le différentiel est de 21.000.000. Ceux-là sont-ils néanmoins au nombre des "gilets jaunes' ? En 2017, quelque 8,8 millions de personnes vivaient en situation de pauvreté monétaire, c'est-à-dire sous le seuil de pauvreté fixé à quelque 1.026 euros par mois. 

Qui sont ces 12 millions de personnes qui 
ne paient pas l'impôt de solidarité sur le revenu
mais perçoivent pourtant des revenus supérieurs au seuil de pauvreté et des aides associées à leur exonération fiscale ?

Les ménages imposables ont en revanche payé davantage, les recettes de l’impôt sur le revenu grimpant d’un milliard d’euros pour atteindre 77,6 milliards en 2017.

Les employés habitant la province et contraints d’aller travailler en voiture sont injustement frappés par l’augmentation de la fiscalité sur les carburants

Leur budget est notoirement impacté par l'envolée de la fiscalité sur les carburants,  brutale, injustifiée et facteur d'inégalité sociale.  
C’est l’histoire d’une double peine. Des salariés de la France périphérique aux revenus moyens, qui n'ont d'autre choix que d’aller travailler en voiture faute d’alternative, et qui sont aussi les premières victimes de la fiscalité écologique sur les carburants. Secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Action et des Comptes publics de Macron, Olivier Dussopt (LREM) devrait ainsi savoir que l'Ardèche ne dispose d'aucun réseau ferré : aucun train sur l'ensemble de ce territoire où il fut maire d'Annonay et député socialiste (proche de la Nouvelle Gauche avec Benoît Hamon, aujourd'hui proche de la gauche extrême) ... 

Des millions de Français partagent la colère des gilets jaunes et rêvent de voir le gouvernement renoncer à la nouvelle hausse de la TICPE (Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques), prévue en janvier. Ces Français s’inquiètent de la fin du mois avant de penser à la fin du monde, roulent majoritairement dans des véhicules diesel - parce qu'incités par plusieurs législatures - et contribuent déjà largement à la TICPE lors de leur passage à la pompe. Or, la seule augmentation de cette taxe ajoutera 66 euros pour 2.000 litres au prix actuel ! ...

L’alourdissement, année après année, de cet impôt à vocation écologique a initié la révolte des gilets jaunes.  Macron n'a pas fait que pérenniser cette tendance dans son "monde nouveau" : il l'a accentuée, au moment où le cours du Brent (pétrole brute) baisse depuis deux mois maintenant. Les taxes représentent 60% des prix à la pompe et de manière indifférenciée entre le diesel et l'essence 'sans plomb' 95, les plus consommées : c'est dire que le prétexte de la réduction de l'empreinte carbone est fallacieux, car la taxe carbone est affectée, non pas à l'écologie, mais au budget général. 

Présenter la taxe carbone comme un impôt écologique "c’est une escroquerie", a souligné le rapporteur général de la commission des finances au Sénat. Lors de la discussion générale du projet de loi de Finances, Alberic de Montgolfier, LR, a mis les points sur les "i" du gouvernement à propos de la TICPE. "Une simple mesure de rendement budgétaire et non d’une véritable politique en faveur de l’environnement", a-t-il dénoncé. (lien Public Sénat)
Dès l’année dernière, le Sénat s’inquiétait de la trajectoire des tarifs de la TICPE "qui allait atteindre les zones rurales et les ménages les plus modestes, surtout si elle s’accompagnait d’une hausse des prix du pétrole," a rappelé, ce jeudi 22 novembre, le rapporteur général (LR) de la commission des finances, Alberic de Montgolfier avant d’inviter l’hémicycle et les membres du gouvernement à "relire le compte rendu (de la séance du 24 novembre) de l’année dernière".
Jean-François Husson, rapporteur spécial (LR) pour l’écologie "avait parlé à l’époque d’un risque de nouveau bonnets rouges (voir l'article de Public Sénat). "On avait dit qu’en cas de hausse du pétrole, ces trajectoires pluriannuelles seraient insupportables. Nous considérions déjà à l’époque qu’il s’agissait d’une simple mesure de rendement budgétaire et non d’une véritable politique en faveur de l’environnement". Raison pour laquelle le Sénat ne l’avait pas voté.

Aujourd'hui, s'il utilise sa voiture pour se rendre au travail, un salarié aux revenus modestes, mais imposables, est susceptible de dépenser davantage en taxes sur les carburants, que ce qu’il débourse au titre de l’impôt sur le revenu.

Pour cerner l’impact réel de la fiscalité écologique, prenons un profil type, le salarié célibataire sans enfant qui perçoit 1.637 euros net par mois, soit des revenus correspondants au salaire moyen des employés français, en 2015, selon l’INSEE. Détenteur d’un diesel, il est obligé de prendre son véhicule pour ses trajets domicile-travail et parcoure 13.194 kilomètres par an, un chiffre qui correspond au kilométrage moyen des voitures particulières en France en 2017, selon les données de Statista. S’il possède un diesel classique (6,1 litres au 100 km), notre employé consomme 67 litres de gazole par mois. Que représente alors la fiscalité écologique sur son budget mensuel ?

Le dernier relevé de l’Union française des industries pétrolières (UFIP), daté du vendredi 23 novembre, indique que la TICPE représente 0,732 euro/litre pour le gazole. Or, notre salarié-type roulant au diesel a versé 49 euros au titre de la fiscalité écologique, rien qu’au mois de novembre. Sur une année entière, à niveau équivalent, sa contribution à l'écologie s'élève à 588 euros,  en taxe carburant.

Le profil type n’a rien d’un gros rouleur. Pourtant, via les taxes carburants, sa contribution à la fiscalité écologique est quasi-équivalente au montant de son impôt sur le revenu.
A l’aide d’une simulation réalisée sur le site www.impots.gouv.fr, on observe que son impôt sur le revenu s’élevait à 601 euros, en 2018. Ce montant pourrait même être encore plus faible s’il était marié ou avait des enfants. D'où son constat de l’injustice qu’entraînent les taxes à la pompe : contrairement à l’impôt sur le revenu, basé sur la progressivité, la TICPE frappe également tous les automobilistes. Et a donc davantage d’impact sur les plus modestes.

Et ce n’est pas tout : en janvier 2019, le gouvernement va imposer un nouveau tour de vis fiscal.
Macron va enchérir le litre de gazole de 6,5 centimes d’euros. A elle seule, la TICPE ainsi renforcée coûtera à notre salarié 53,4 euros par mois et et 641 euros sur l’année. Il versera alors davantage de taxes carburants que d’impôt sur le revenu, à barème inchangé. 

Et la hausse des taxes sur les carburants est programmée pour se poursuivre jusqu’en 2022, ultime année du quinquennat d’Emmanuel Macron. dans quatre ans, notre salarié qui roule au diesel déboursera près d’un euro par litre de carburant (0,96 euro/litre) au titre de la fiscalité verte. L’addition de la TICPE deviendra encore plus salée : 64,3 euros par mois, et 771 euros sur un an. Notre employé déboursera alors 170 euros de plus en taxes carburants, qu’en impôt sur le revenu, à barème équivalent.

Appliquée à un autre salarié qui possède un véhicule essence et consomme 7,4 litres aux 100 km, cette mécanique fiscale est saisissante. 
Il lui faut 81 litres de carburant par mois pour parcourir le même kilométrage annuel. La TICPE du sans plomb grimpe moins vite que celle du gazole (+2,9 cts/litre en 2019), mais son niveau actuel s’élève déjà à 0,83 euro/litre, selon le dernier relevé de l’UFIP. Lors de son passage à la pompe, la part de TICPE versée par notre salarié est sensible : 67,14 euros par mois et 806 euros sur un an.

En 2019, la fiscalité écologique sur l’essence lui coûtera 69,5 euros chaque mois et 834 euros sur l’année. Enfin, en 2022, il dépensera 76,5 euros par mois, soit 918 euros annuels, au seul titre de cette taxe. Un chiffre qui dépasse largement le montant que notre employé consacre à son impôt sur le revenu.

dimanche 26 novembre 2017

Chômage: le nombre de demandeurs d'emploi a encore augmenté en octobre

La baisse record de septembre ne se confirme pas 

+ 8.000 : le nombre de demandeurs d'emploi s‘est "stabilisé" (Reuters et Les Echos) en France métropolitaine le mois dernier

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Le député macronien Damien Adam s'en est pris à "certaines personnes
qui partent en vacances aux Bahamas grâce à l'assurance chômage"
Le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi a progressé de 0,2% le mois dernier en catégorie A (sans aucune activité)  pour s’établir à 3.483.600, soit 8.000 de plus qu’à la fin septembre.
En septembre, il avait pourtant reculé de 1,8%, diminuant de 64.800 sur le mois: sa plus forte baisse depuis le début de cette série statistique en 1996 n'aura été que passagère.

Si on prend également en compte les catégories B et C (personnes exerçant une activité réduite), le nombre d‘inscrits à Pôle emploi resterait stable, avec 100 personnes supplémentaires en un mois, à 5.616.000 (5.923.200 chômeurs, en incluant les départements d‘Outre-mer, également stable sur un mois).

Sur un anle total des personnes inscrites dans les catégories A, B et C augmente de 2,8%, tandis que le nombre de demandeurs de catégorie A progresse toujours, de 0,2%.

Au total, depuis le début de l‘année, le nombre de demandeurs d‘emploi s‘inscrit en hausse de 16.500 pour la seule catégorie A mais progresse de 152.200, si on ne néglige pas  les catégories B et C.

Cette progression du nombre d‘inscrits dans les trois catégories ABC depuis le début de l‘année - qui dépasse la baisse enregistrée sur l‘ensemble de l‘année 2016 - s'établit malgré un recul marqué des inscrits à Pôle emploi non disponibles et donc non tenus de chercher un emploi.

Jusqu’à la mi-année 2017, le plan de formations supplémentaires des chômeurs mis en place sur la fin du quinquennat de François Hollande a artificiellement alimenté une baisse statistique: ces formations - des stages parkings pour nombre d'entre eux -  ne débouchent pas automatiquement sur des emplois. Les effectifs de la catégorie D (sans emploi pour cause de formation ou de maladie, par exemple), ont ainsi reflué de 0,7% sur un mois et chutent de 17,3% sur un an. Les sorties de stage pourraient donc produire un effet rebond du chômage.

Les tripotages des modes de calculs et les occultations de catégories  


Résultat de recherche d'images pour "chomage invisible"La catégorie E (en emploi, par exemple création d‘entreprise ou contrat aidé) pourrait avoir naturellement amplifié le phénomène de vases communicants vers les catégories ABC, du fait de la réduction du nombre d‘emplois aidés au second semestre. 
Le nombre d‘inscrits dans cette catégorie recule de 2,6% sur un mois et de 6,8% sur un an. Depuis le début de l‘année, plus de 87.000 personnes sont sorties de ces deux catégories.

Dans la seule catégorie A, toutes les catégories d’âge ont connu des progressions de leurs effectifs le mois dernier, qu‘il s‘agisse des jeunes (+0,4%), des 25-49 ans (+0,1%), ou des seniors (+0,5%).
Sur un an, le total des jeunes chômeurs s‘inscrit en baisse de 4,1%, celui des 25-49 ans stagne (-0,2%), tandis que celui des seniors progresse de + 3,3%.

Considérés comme des chômeurs de longue durée, les demandeurs d'emploi inscrits depuis plus d'un an à Pôle emploi sont en hausse de + 0,7%, à 2.506.000, et progresse de 3,5% par rapport à octobre 2016.
Leur proportion dans le nombre total de chômeurs est en hausse de 0,3 point, à 45,1%.

Permettant les comparaisons internationalesselon les critères du Bureau international du travail (BIT), le taux de chômage calculé par l‘INSEE est reparti en hausse au troisième trimestre, alors qu'il était orienté à la baisse depuis le printemps 2015.
Sur la période juillet-septembre, il s‘est établi à 9,4% de la population active en France métropolitaine et à 9% en incluant les départements d‘Outre-mer (hors Mayotte). Une exclusion justifiée par le fait que Mayotte enregistre le taux de chômage le plus élevé de France...
En 2016, Mayotte est devenu "le département français au taux de chômage le plus élevé", avec un taux de 27,1% de la population active, note l'Institut d'émission des départements d'Outre-mer (Iedom), dans son rapport annuel 2016 sur la conjoncture économique de l'île.

Désormais, le ministère du Travail et Pôle emploi ne diffuseront plus leurs données chiffrées que tous les trois mois à compter de 2018...

L’évolution en dents de scie du nombre de demandeurs d‘emploi a conduit Pôle emploi et la Dares (Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques) qui produit des statistiques et analyses utiles au ministère du Travail de Muriel Pénicaud, à opter pour une publication trimestrielle de ces chiffres à compter de 2018, pour noyer dans la masse "des évolutions mensuelles qui sont du bruit plus que de l‘information", commentent les intéressés au maquillage politique de la réalité des faits.

Ce changement, "qui a été engagé bien avant le changement de gouvernement", insistent Reuters et Les Echos, mais bel et bien validé par Muriel Pénicaud, se situe dans la continuité des changements mis en œuvre en 2016, suite aux recommandations de l’Autorité de la statistique publique (ASP), autre organisme public français chargé -entre soi- de superviser la statistique publique... Il fait d'ailleurs écho au choix de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, de ne pas commenter cet indicateur, trop volatile et peu révélateur de l’évolution du marché du travail, selon elle, en accord donc avec son prédécesseur, Myriam El Khomri.
La ministre préfère s‘exprimer lors de points trimestriels sur la situation du marché du travail dans son ensemble - les "Rendez-vous de Grenelle" - dont le prochain est prévu en décembre.


Le gouvernement compte ramener le taux de chômage à 7% en 2022, notamment sous l‘effet de l‘assouplissement du droit du travail ou encore des réformes prévues de l‘apprentissage, de la formation professionnelle et de l‘assurance chômage.


Ce que ne dira pas Les Echos

Résultat de recherche d'images pour "chomage invisible"Ce sont 6.705.000 personnes qui sont privées d'emploi ou travailleurs occasionnels officieux, toutes catégories confondues, + 4.800.000 environ d'invisibles qui n'entrent pas ou plus dans les statistiques officieuses (chiffres détaillés ci-dessous).
Total : toujours + de 11 millions de chômeurs en France (fourchette basse), et autant de pauvres largement sous les seuils de pauvreté.

Un "chômage invisible" existe, mais il est tenu en dehors des statistiques.
Dans ces 6,705 000 demandeurs d'emploi et travailleurs pauvres occasionnels, ne sont pas comptés :

1 000 000 foyers bénéficiaires du RSA, en effet sur 1 820 000 environ de foyers (dernier chiffre connu), seuls 820 000 environs sont inscrits à Pôle Emploi, les autres bénéficient d'autres suivis (associations, collectivités locales, etc.) en sachant qu'un foyer bénéficiaire, comporte parfois + d'un demandeur d'emploi en son sein, donc si on parle en nombre d'individus c'est pire.

1.200.000 de foyers bénéficiaires de la prime d'activité (qui remplace le RSA activité et les fait sortir des statistiques RSA) environ, sur les 2,5 millions au total (dernier chiffre connu) de bénéficiaires (160€ en moyenne par foyer), sont en recherche d'emploi stable et non précaire.

+ encore 1.100.000 au bas mot, qui ne sont pas inscrits à Pôle emploi, sur les environs 2 millions de bénéficiaires de l'AAH ou d'une pension d'invalidité, malgré une aptitude et un désir d'accès à un emploi adapté,  

+ encore 1.500.000 de Sans-droits, qui sont principalement :
- des jeunes de moins de 25 ans, primo demandeurs d'emploi, qui comme vous le savez n'ont même pas droit au RSA. (quasi unique en Europe), favorisant délits, crimes, trafics, prostitution, esclavagisme moderne, radicalisations etc.
- des sans droits, pour motif, dépassement des plafonds de ressources dans le foyer. Exemple, votre conjoint(e) perçoit 700€ d'allocation chômage, ou 810,89€ d'allocation adulte handicapé: vous n'aurez même pas droit au RSA, car vous dépasserez le plafond couple qui est de 687€ par mois, si vous êtes non SDF.
- des bénéficiaires de pensions de reversions ( veufs, veuves ) de 55 ans et +, qui dépassent les plafonds du RSA (473,50€ pour une personne seule), et qui n'ont pas l'âge pour prendre leur propre retraite ou pour percevoir le minimum vieillesse (65 ans) qui s'appelle aujourd'hui "ASPA" (allocation solidarité aux personnes âgées), qui est récupérable sur le patrimoine, au décès.
- des bénéficiaires de pensions alimentaires qui dépassent les plafonds du RSA (plafonds 2 fois inférieurs aux seuils de pauvreté, une véritable honte).
- des étudiants, boursiers ou non, qui cherchent des petits jobs alimentaires, qui sont donc bien demandeurs d'emploi, en concurrence avec les autres (même si beaucoup sont aussi exploités en stages sous payés, voire gratuits).
- des auto-entrepreneurs, qui ne gagnent rien ou presque, et sont demandeurs d'emploi en parallèle.
- des retraités qui cherchent un emploi, car leur retraite ne couvre pas les charges fixes pour survivre (loyer, énergie, assurances, voiture, téléphone, eau, nourriture, santé (lunettes, dentiste ..) incalculable.

Au final, tout bien calculé, on arrive à + de 11 millions de demandeurs d'emploi en France, et travailleurs pauvres occasionnels.
Sources : Rapport complet de la DARES de 13 pages (et non pas le simple communiqué de presse envoyé aux médias) : http://dares.travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/di-mensuel-1disbal.pdf