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dimanche 26 novembre 2017

Chômage: le nombre de demandeurs d'emploi a encore augmenté en octobre

La baisse record de septembre ne se confirme pas 

+ 8.000 : le nombre de demandeurs d'emploi s‘est "stabilisé" (Reuters et Les Echos) en France métropolitaine le mois dernier

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Le député macronien Damien Adam s'en est pris à "certaines personnes
qui partent en vacances aux Bahamas grâce à l'assurance chômage"
Le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi a progressé de 0,2% le mois dernier en catégorie A (sans aucune activité)  pour s’établir à 3.483.600, soit 8.000 de plus qu’à la fin septembre.
En septembre, il avait pourtant reculé de 1,8%, diminuant de 64.800 sur le mois: sa plus forte baisse depuis le début de cette série statistique en 1996 n'aura été que passagère.

Si on prend également en compte les catégories B et C (personnes exerçant une activité réduite), le nombre d‘inscrits à Pôle emploi resterait stable, avec 100 personnes supplémentaires en un mois, à 5.616.000 (5.923.200 chômeurs, en incluant les départements d‘Outre-mer, également stable sur un mois).

Sur un anle total des personnes inscrites dans les catégories A, B et C augmente de 2,8%, tandis que le nombre de demandeurs de catégorie A progresse toujours, de 0,2%.

Au total, depuis le début de l‘année, le nombre de demandeurs d‘emploi s‘inscrit en hausse de 16.500 pour la seule catégorie A mais progresse de 152.200, si on ne néglige pas  les catégories B et C.

Cette progression du nombre d‘inscrits dans les trois catégories ABC depuis le début de l‘année - qui dépasse la baisse enregistrée sur l‘ensemble de l‘année 2016 - s'établit malgré un recul marqué des inscrits à Pôle emploi non disponibles et donc non tenus de chercher un emploi.

Jusqu’à la mi-année 2017, le plan de formations supplémentaires des chômeurs mis en place sur la fin du quinquennat de François Hollande a artificiellement alimenté une baisse statistique: ces formations - des stages parkings pour nombre d'entre eux -  ne débouchent pas automatiquement sur des emplois. Les effectifs de la catégorie D (sans emploi pour cause de formation ou de maladie, par exemple), ont ainsi reflué de 0,7% sur un mois et chutent de 17,3% sur un an. Les sorties de stage pourraient donc produire un effet rebond du chômage.

Les tripotages des modes de calculs et les occultations de catégories  


Résultat de recherche d'images pour "chomage invisible"La catégorie E (en emploi, par exemple création d‘entreprise ou contrat aidé) pourrait avoir naturellement amplifié le phénomène de vases communicants vers les catégories ABC, du fait de la réduction du nombre d‘emplois aidés au second semestre. 
Le nombre d‘inscrits dans cette catégorie recule de 2,6% sur un mois et de 6,8% sur un an. Depuis le début de l‘année, plus de 87.000 personnes sont sorties de ces deux catégories.

Dans la seule catégorie A, toutes les catégories d’âge ont connu des progressions de leurs effectifs le mois dernier, qu‘il s‘agisse des jeunes (+0,4%), des 25-49 ans (+0,1%), ou des seniors (+0,5%).
Sur un an, le total des jeunes chômeurs s‘inscrit en baisse de 4,1%, celui des 25-49 ans stagne (-0,2%), tandis que celui des seniors progresse de + 3,3%.

Considérés comme des chômeurs de longue durée, les demandeurs d'emploi inscrits depuis plus d'un an à Pôle emploi sont en hausse de + 0,7%, à 2.506.000, et progresse de 3,5% par rapport à octobre 2016.
Leur proportion dans le nombre total de chômeurs est en hausse de 0,3 point, à 45,1%.

Permettant les comparaisons internationalesselon les critères du Bureau international du travail (BIT), le taux de chômage calculé par l‘INSEE est reparti en hausse au troisième trimestre, alors qu'il était orienté à la baisse depuis le printemps 2015.
Sur la période juillet-septembre, il s‘est établi à 9,4% de la population active en France métropolitaine et à 9% en incluant les départements d‘Outre-mer (hors Mayotte). Une exclusion justifiée par le fait que Mayotte enregistre le taux de chômage le plus élevé de France...
En 2016, Mayotte est devenu "le département français au taux de chômage le plus élevé", avec un taux de 27,1% de la population active, note l'Institut d'émission des départements d'Outre-mer (Iedom), dans son rapport annuel 2016 sur la conjoncture économique de l'île.

Désormais, le ministère du Travail et Pôle emploi ne diffuseront plus leurs données chiffrées que tous les trois mois à compter de 2018...

L’évolution en dents de scie du nombre de demandeurs d‘emploi a conduit Pôle emploi et la Dares (Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques) qui produit des statistiques et analyses utiles au ministère du Travail de Muriel Pénicaud, à opter pour une publication trimestrielle de ces chiffres à compter de 2018, pour noyer dans la masse "des évolutions mensuelles qui sont du bruit plus que de l‘information", commentent les intéressés au maquillage politique de la réalité des faits.

Ce changement, "qui a été engagé bien avant le changement de gouvernement", insistent Reuters et Les Echos, mais bel et bien validé par Muriel Pénicaud, se situe dans la continuité des changements mis en œuvre en 2016, suite aux recommandations de l’Autorité de la statistique publique (ASP), autre organisme public français chargé -entre soi- de superviser la statistique publique... Il fait d'ailleurs écho au choix de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, de ne pas commenter cet indicateur, trop volatile et peu révélateur de l’évolution du marché du travail, selon elle, en accord donc avec son prédécesseur, Myriam El Khomri.
La ministre préfère s‘exprimer lors de points trimestriels sur la situation du marché du travail dans son ensemble - les "Rendez-vous de Grenelle" - dont le prochain est prévu en décembre.


Le gouvernement compte ramener le taux de chômage à 7% en 2022, notamment sous l‘effet de l‘assouplissement du droit du travail ou encore des réformes prévues de l‘apprentissage, de la formation professionnelle et de l‘assurance chômage.


Ce que ne dira pas Les Echos

Résultat de recherche d'images pour "chomage invisible"Ce sont 6.705.000 personnes qui sont privées d'emploi ou travailleurs occasionnels officieux, toutes catégories confondues, + 4.800.000 environ d'invisibles qui n'entrent pas ou plus dans les statistiques officieuses (chiffres détaillés ci-dessous).
Total : toujours + de 11 millions de chômeurs en France (fourchette basse), et autant de pauvres largement sous les seuils de pauvreté.

Un "chômage invisible" existe, mais il est tenu en dehors des statistiques.
Dans ces 6,705 000 demandeurs d'emploi et travailleurs pauvres occasionnels, ne sont pas comptés :

1 000 000 foyers bénéficiaires du RSA, en effet sur 1 820 000 environ de foyers (dernier chiffre connu), seuls 820 000 environs sont inscrits à Pôle Emploi, les autres bénéficient d'autres suivis (associations, collectivités locales, etc.) en sachant qu'un foyer bénéficiaire, comporte parfois + d'un demandeur d'emploi en son sein, donc si on parle en nombre d'individus c'est pire.

1.200.000 de foyers bénéficiaires de la prime d'activité (qui remplace le RSA activité et les fait sortir des statistiques RSA) environ, sur les 2,5 millions au total (dernier chiffre connu) de bénéficiaires (160€ en moyenne par foyer), sont en recherche d'emploi stable et non précaire.

+ encore 1.100.000 au bas mot, qui ne sont pas inscrits à Pôle emploi, sur les environs 2 millions de bénéficiaires de l'AAH ou d'une pension d'invalidité, malgré une aptitude et un désir d'accès à un emploi adapté,  

+ encore 1.500.000 de Sans-droits, qui sont principalement :
- des jeunes de moins de 25 ans, primo demandeurs d'emploi, qui comme vous le savez n'ont même pas droit au RSA. (quasi unique en Europe), favorisant délits, crimes, trafics, prostitution, esclavagisme moderne, radicalisations etc.
- des sans droits, pour motif, dépassement des plafonds de ressources dans le foyer. Exemple, votre conjoint(e) perçoit 700€ d'allocation chômage, ou 810,89€ d'allocation adulte handicapé: vous n'aurez même pas droit au RSA, car vous dépasserez le plafond couple qui est de 687€ par mois, si vous êtes non SDF.
- des bénéficiaires de pensions de reversions ( veufs, veuves ) de 55 ans et +, qui dépassent les plafonds du RSA (473,50€ pour une personne seule), et qui n'ont pas l'âge pour prendre leur propre retraite ou pour percevoir le minimum vieillesse (65 ans) qui s'appelle aujourd'hui "ASPA" (allocation solidarité aux personnes âgées), qui est récupérable sur le patrimoine, au décès.
- des bénéficiaires de pensions alimentaires qui dépassent les plafonds du RSA (plafonds 2 fois inférieurs aux seuils de pauvreté, une véritable honte).
- des étudiants, boursiers ou non, qui cherchent des petits jobs alimentaires, qui sont donc bien demandeurs d'emploi, en concurrence avec les autres (même si beaucoup sont aussi exploités en stages sous payés, voire gratuits).
- des auto-entrepreneurs, qui ne gagnent rien ou presque, et sont demandeurs d'emploi en parallèle.
- des retraités qui cherchent un emploi, car leur retraite ne couvre pas les charges fixes pour survivre (loyer, énergie, assurances, voiture, téléphone, eau, nourriture, santé (lunettes, dentiste ..) incalculable.

Au final, tout bien calculé, on arrive à + de 11 millions de demandeurs d'emploi en France, et travailleurs pauvres occasionnels.
Sources : Rapport complet de la DARES de 13 pages (et non pas le simple communiqué de presse envoyé aux médias) : http://dares.travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/di-mensuel-1disbal.pdf


vendredi 13 décembre 2013

Abandon de l'intégration et reprise du voile à l'école: le rapport qui encourage le communautarisme religieux

Les recommandations de ce rapport sont fidèles à la commande de Matignon

L'exécutif veut "changer la manière d'aborder l'intégration"
Le changement annonce une fracture sociale. 
On ne parlera peut-être bientôt plus "d'intégration" mais de "faire France" ou de "vivre ensemble égalitaire". Ces formules un peu sémantiques résument l'esprit de la commande passée par l'éxécutif socialo-écolo à cinq commissions thématiques qui ont rendu leurs conclusions dans le sens préconisé par le Premier ministre. Un rapport qui devrait servir de base à une vaste réforme de la politique d'intégration.

Les conclusions  publiées jeudi soir sur le site de Matignonaprès quelques semaines par plusieurs groupes de travail préconisent des mesures en cinq volets. Y figurent notamment l'abandon de l'objectif d'"intégration", le retour du voile à l'école et la création d'un "délit de harcèlement racial"
Le Premier ministre, qui tiendra une réunion interministérielle début janvier pour bâtir sa feuille de route, a annoncé son intention de prendre le temps du débat sur ce sujet de fond: comme sur le "mariage entre personnes du même sexe ? Mais ces idées font d'ores et déjà bondir les Français.

Ce que recèle ce rapport a
nnoncé en juillet dernier 

Ce rapport, dont
les conclusions ont été remises au Premier ministre le 13 novembre, est le fruit du travail de cinq commissions thématiques, auxquelles ont participé des représentants des services de l'Etat, des collectivités territoriales, des associations, des partenaires sociaux, ainsi que des chercheurs et experts. Voilà pour la caution... 

Le retour du voile à l'école

Le rapport préconise de casser la législation actuelle sur le port du voile à l'école. Serait aussi annulée la circulaire de mars 2012  qui interdit le voile aux mères accompagnatrices des élèves lors des sorties scolaires.

Réécriture de l'Histoire

Un travail "de (re)mise à plat de l'histoire de la France est nécessaire", estiment aussi les auteurs. Ils reprochent à "l'histoire enseignée de se référer à des figures incarnées qui demeurent très largement des 'grands hommes' blancs et hétérosexuels"... "Il y a donc un enjeu fort à faire évoluer le panthéon des figures censées incarner les grands mouvements, les époques et les dynamiques plurielles de la société", selon cette bande d'experts choisis. L'histoire des mouvements de population, "c'est-à-dire ceux liés à l'esclavage et à la traite négrière, les colonisations [...] sans oublier les Rom" devrait également être enseignée dès le primaire, selon les individus mandatés par le gouvernement. 

Réapprendre l'Histoire et la langue des minorités
"La France doit assumer la dimension arabe-orientale (comme afro-antillaise, océanindienne, mélano-polynésienne ou sud-est asiatique) de son identité et sortir de son attitude post-coloniale", expliquent ces experts, qui exhortent le gouvernement à valoriser l'enseignement de l'arabe et, dès le collège, d'une langue africaine. Laquelle ?

Prestations sociales discriminantes
  
Sur le plan social, "il est nécessaire de reconnaître le caractère discriminant de certaines prestations", comme l'Allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) ou le RSA qui "ne sont servis aux assurés ressortissants étrangers que s'ils justifient d'un séjour régulier de 5 ans au moins".

La "non-désignation" des individus
Ce rapport, dont les propositions doivent favoriser le "vivre ensemble" pose comme principe la "non désignation" des individus, puisque "désigner c'est assigner et c'est stigmatiser". "Seules les personnes devraient avoir le droit de se désigner elles-mêmes", estiment les auteurs qui souhaitent la mise en place de recommandations en direction des media pour "ne mentionner la nationalité, l'origine, l'appartenance ethnique, la couleur de peau, la religion ou la culture que si cette information est pertinente". Pour empêcher les désignations stigmatisantes, il est aussi suggéré de créer un délit de "harcèlement racial" et d'"étudier le recours à la sanction".

Intégration, un mot maudit? 

De l'assimilation, il n'est plus question. Dans la phase suivante conduisant au communautarisme et à la fracture, le rapport assène que "symboliquement, l'abandon du terme intégration peut constituer un signal fort pour celles et ceux qui sont soumis à cette injonction au quotidien et à tort". Un changement sémantique qui devra "s'accompagner d'une transformation du sens de l'action et de l'intervention publique qui soit visible".
Nous n'en sommes plus au tabou, mais à la chasse aux sorcières.

Le texte intégral du rapport sur l'intégration

Idée fixe ou véritable obsession ?

Un énième rapport au Premier ministre sur la refondation des politiques d’intégration avait déjà été remis le 1er février 2013.
L'auteur de ce rapport "La grande nation pour une société inclusive", Thierry Tuot, conseiller d’Etat et ancien directeur général du Fond d’action sociale pour les travailleurs immigrés et leurs familles (FAS), attaquait de front les politiques d’intégration menées par les précédents gouvernements toutes couleurs politiques confondues et en proposait une nouvelle qui suggérait entre autres mesures de régulariser une grande partie des sans-papiersSous un pseudonyme, le conseiller d'Etat Tuot avait déjà publié "Les indésirables" (200), un ouvrage qui critiquait déjà l’inaction de la France en matière d’intégration des étrangers. Dans son rapport public de février 2013, Thierry Tuot accusait encore les responsables, "tous partis confondus", d'avoir "oublié jusqu’au mot même d’intégration" et d'avoir détruit les outils" de cette politique.

Tuot abondait dans le sens de la mission parlementaire initiée, le 16 janvier, par Claude Bartolone
, président de l’Assemblée nationale...

Parmi leurs propositions conjointes, citons:

Création d’un statut de tolérance, pour les immigrés en situation irrégulière mais inexpulsables, soit la majorité d’entre eux, selon Thierry Tuot. 

- Offrir la nationalité française sur simple déclaration aux étrangers ayant suivi une scolarité complète en France et aux ascendants de Français séjournant en France depuis vingt-ans ou plus. La naturalisation des chibanis seraient une bouffée d’oxygène pour ces personnes âgées fragilisées. 

- "
Aider les anciens combattants immigrés à bénéficier des prestations qui leur ont été progressivement ouvertes", suggérait Thierry Tuot, en écho aux réclamations d’associations comme l’Association des Travailleurs Maghrébins en France (ATMF) qui demandent que la remise à niveau des retraites des anciens combattants soient automatiques ou facilitées.

- Aimer les musulmans
"La 'question musulmane', pure invention de ceux qui la posent, ne cesse d’enfler et de soucier, de polluer le débat public, et de troubler jusqu’au délire les meilleurs esprits. À l’islamisme (…) répond un laïcisme de combat, furibond et moralisateur", estimait Thierry Tuot. Pour lui, il faut faciliter l’implantation de carrés musulmans dans les cimetières, "permettre la création de nouveaux lieux de culte via le recours à des fondations", et sur la question du voile laisser le "culte se déployer, [respecter] la pleine liberté de ses croyants. "

-
L’histoire de l’immigration dans les quartiers
La reconnaissance de l’histoire de l’immigration qui était préconisée dans les quartiers qui les ont accueillis pourrait gagner l'Education nationale. « Consacrer une fraction des crédits de toute opération de rénovation urbaine à l’édification préalable d’un lieu de mémoire du quartier, en association avec les habitants et sous l’égide de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration », souhaitait Thierry Tuot. 

- Ce qu’il ne disait pas: Donner le droit de vote aux étrangers pour les élections locales, à partir d’une certaine durée de résidence sur le territoire français.

Hollande m'a tuer
Mandela est bien mort, emportant avec lui son idéal de réconciliation raciale.


vendredi 29 novembre 2013

Les chiffres en trompe-l'oeil de la baisse du chômage, selon le pouvoir

Les chômeurs, sujets de trompe-l'oeil, d'intox et de "bidouille"

La presse gouvernementale n'en fait-elle pas un peu trop?

Ca y est, "La hausse du chômage est enrayée", clame Les Echos, qui estime qu'une hirondelle fait le printemps en autômne et que le chômage baisse, raillant de surcroît SFR qui, cette fois, "n’y est a priori pour rien du tout", en allusion à la précédente fausse bonne nouvelle de septembre liée à son bug informatique.
"Après un ralentissement progressif depuis plusieurs mois, le chômage a reculé en octobre : -20.500 demandeurs d’emploi inscrits à Pôle Emploi, soit -0,6%," selon Libération.

Souvent Hollande varie et entretient le doute 
Le capitaine de pédalo a louvoyé toute la jounée de jeudi, créant le doute sur son propre objectif d'inversion de la courbe du chômage. Hier matin, lors d'une visite à Aubervilliers (sans crier gare, de peur d'être accueilli par des sifflés d'opposants), le président François Hollande a déclenché la confusion en affirmant que la "bataille" prendra "tout le temps qu'il faudra". Changement de stratégie dans l'après-midi: il maintient qu'il est "persuadé" que cet objectif sera atteint "d'ici fin décembre" annonçant une intensification de la bataille pour l'emploi dans les mois qui viennent. "De la bataille pour l'inversion de la courbe du chômage, il faut passer à la bataille pour une baisse continue du nombre de chômeurs et l'intensifier", a déclaré le président de la République, misant sur une relance des contrats de génération.

Le soir, les chiffres tombent. 
Le nombre de demandeurs d’emploi sans activité a baissé de 20.500 en métropole en octobre et s’élève désormais à 3,27 millions. Cependant si l’on inclut les demandeurs exerçant une activité réduite, la tendance reste fortement négative, avec 39.600 inscrits supplémentaires (4,88 millions au total).

La diminution des demandeurs d’emploi sans aucune activité en octobre s’accompagne d’une
augmentation de ceux ayant travaillé à temps partielUne partie des chômeurs "à plein-temps" serait passée à temps partiel et sont 60 .000 inscrits supplémentaires)… L'aggravation de la précarité des Français n'est pas un ressenti, mais un fait.

François Hollande estime néanmoins que "c'est une bonne nouvelle",
mais ne pavoise pas: "il en faudra d'autres pour que nous soyons sûrs de la victoire". "Je pense aux 3,2 millions de personnes qui sont demandeuses d'emploi, ma responsabilité c'est de faire que nous soyons dans une perspective de baisse durable du chômage", a-t-il ajouté.
Le quotidien socialiste Libération titre : "François Hollande fait trembler le chômage." On comprend donc que la crédiblité du journal soit mise en doute et que ses ventes chutent...

J.-L. Mélenchon, V. Pécresse, M. Le Pen et N. Dupont-Aignan réagissent vendredi à l'intox gouvernementale sur les chiffres du chômage
publiés la veille. 
S'ils se montrent sceptiques, ce n'est pas le cas de Michel Sapin. Le ministre du Travail a défendu "la traduction de la capacité à agir contre le chômage" et attaqué les observateurs qui refusent de s'extasier sur des chiffres valables pour un mois et qui ne constituent donc pas une tendance.

VOIR et ENTENDRE TF1 laisser le mot de la fin à Michel Sapin, c'est-à-dire participer à l'intox psychologique des Français:

Chômeurs radiés

Les vrais chiffres du chômage
en octobre 2013, 55.900 chômeurs en plus, malgré 285.900 radiés, ne permettent pas de boire et digérer le petit lait de Sapin.

Explosion des radiations administratives
(les punis) : + 25.8% en 1 mois, + 34,5% en 1 an.
Des petits kapos se sont bien lâchés, c'est pas bien grave si quelques suicides de plus au passage, ou si un jour un agent se fera probablement buter, Libération et Le Monde diront que la personne était dérangée psychologiquement ces derniers temps.

111.020 offres d'emplois -majoritairement précaires- pour environ 9.500.000 chômeurs et travailleurs précaires et intermittents, y compris les invisibles. 

Toujours 1 inscrit sur 2 qui ne perçoit aucune indémnité de Pole emploi.
Seuls 2 chômeurs sur 10, sortent des listes pour "reprise d'emploi déclarée."


Radiations des listes A,B,C,(D,E) de Pôle Emploi par motifs, Octobre 2013 :
 

- Défauts d'actualisation : 185 500, 41,4 % des sorties des listes.

- Radiations Administratives (les punis) : 52 600, 11,7 % des sorties.
- Autres Cas ( les morts, suicidés, emprisonnés .. ) : 47 800 et 10,7 % des sorties.
 
soit 285 900 radiés des listes (63,8 %) pour autres motifs que :
 
- Stages parking : 37 300, 8,3 % des sorties.
- Arrêts maladie, maternité etc : 32 200, 7,2 % des sorties.
 
Reprises d'emploi déclarées : 92 500, ne représentent que 20,7 % des sorties des listes de pôle emploi.
 
Demandeurs d'emploi par catégories :
A : 3 275 200 -0,6 % ( + 6 % sur 1 an )
B : 651 200 +3,7 % ( + 8,7 % sur 1 an ) travailleurs pauvres moins de 78 heures
C : 946 600 +4 % ( + 8,5 % sur 1 an ) travailleurs pauvres de + de 78 heures
D : 279 200 +3,1 % ( + 7,9 % sur 1 an ) stages parking, occupationnels etc
E : 366 700 +2,2% ( + 2,8 % sur 1 an ) contrats aidés etc
Total : 5 528 900 ( données corrigées ), hors DOM TOM, soit + 6,6 % sur 1 an, soit 55 900 chômeurs de + par rapport à Septembre.
 
Total, Dom-Tom compris : 5.946.600 (page 15 du rapport de la DARES: doc photo ci-dessous)
Quelques chiffres révélateurs :
Chômage Longue durée (entre 2 et 3 ans) : + 16,5 % sur 1 an
Chômage Très Longue Durée + de 3 ans : + 17,6 % sur 1 an Chômage des 50 ans et +, + 11,4 % sur 1 an
+ d'1 chomeur inscrit à Pôle emploi sur 2 (51,5 %) ne perçoit AUCUNE INDEMNITE, ni ARE (allocation retour à l'emploi), ni allocation de solidarité (ASS, AER ...)
Offres d'emploi dispo, dernier chiffre connu : 111.020
Le plus scandaleux, LES INVISIBLES, complètement en dehors des statistiques
 
Ne sont pas comptés dans ces 5.946.600 demandeurs d'emploi et travailleurs pauvres occasionnels :
 
1.362.800 foyers bénéficiaires du RSA, en effet sur 2.230.000 environ de foyers (dernier chiffre connu), seuls 867.200 sont inscrits à Pôle Emploi, les autres bénéficient d'autres suivis (associations, collectivités locales, etc.) en sachant qu'un foyer bénéficiaire, comporte parfois plus d'un demandeur d'emploi en son sein, donc si on parle en nombre d'individus c'est pire.
 
+ 1 000 000 au bas mot, sur les environs 2 millions de bénéficiaires de l'AAH ou d'une pension d'invalidité, ne sont pas inscrits à Pôle emploi, malgré une aptitude et un désir d' accès à emploi adapté.
 
+ d'1 million de SANS-DROITS, principalement :
 
- des jeunes de moins de 25 ans, primo demandeurs d'emploi, qui comme vous le savez n'ont même pas droit au RSA. (quasi unique en Europe)
 
- des sans droits, pour motif, dépassement des plafonds de ressources dans le foyer, exemple, votre conjoint(e) perçoit 650€ d'allocation chômage, ou 790€ d'allocation adulte handicapé, vous n'aurez même pas droit au RSA, car vous dépasserez le plafond couple qui est de 621€ par mois, si vous ètes NON SDF.
- on peut parler également de retraités qui cherchent un emploi car leur retraite ne couvre pas les charges fixes pour survivre (loyer, énergie, assurances, voiture, téléphone, eau, nourriture, santé (lunettes, dentiste ..) incalculables,
- des bénéficiaires de pensions de reversions (veufs, veuves) de 55 ans et plus, qui dépassent les plafonds du RSA, et qui n'ont pas encore l'age pour prendre la retraite ou encore percevoir le minimum vieillesse "ASPA" (67 ans) ASPA récupérable sur le patrimoine, au décès.
- des bénéficiaires de pensions alimentaires qui dépassent les plafonds du RSA (plafonds 2 fois inférieurs aux seuils de pauvreté, une véritable honte)
- on peut également évoquer, des étudiants, boursiers ou non, qui cherchent des petits jobs alimentaires, qui sont donc bien demandeurs d'emploi, en concurrence avec les autres (même si beaucoup sont aussi exploités en stages sous payés, voir gratuits)
 
- on peut évoquer enfin, des auto-entrepreneurs, qui ne gagnent rien ou presque, et sont demandeurs d'emploi en parallèle.

Faites le calcul vous même, on arrive
au total, à + de 9 MILLIONS demandeurs d'emploi en France, et travailleurs pauvres occasionnels.


Emplois aidés

L'analyse des statistiques complètes donne une image moins brillante de la situation.
Outre qu'octobre a donc été marqué par une hausse des radiations administratives (11.000 de plus sur un mois), c'est surtout le nombre de personnes en contrats aidés, en stage ou en formation qui est en hausse. Du coup, ce sont 16.000 personnes sur un mois qui ne sont plus comptabilisées en catégorie A. C'est notamment la conséquence du choix du gouvernement de recourir massivement aux emplois aidés et aux formations ( opération "30.000 formations prioritaires pour 30.000 emplois vacants") pour faire baisser les statistiques en catégorie A, via des transferts de chômeurs dans les autres catégories.

Autre dommage collatéral de ces "contrats aidés", sur le Budget de la nation, cette fois.
Ils sont financés par la dette publique. 
Le recul du chômage des jeunes n'est pas une bonne affaire pour tout le monde, car il s'explique par la création d'emplois de formation sur trois mois de jeunes sans aucune formation. En juin 2012, Michel Sapin, à peine nommé ministre du Travail, avait décidé la création de 80.000 emplois aidés supplémentaires pour 2012 -exclusivement signés avec les organismes publics et des associations- venant s'ajouter aux 310.000 financés par le gouvernement Fillon. Le jeudi 18 octobre 2012 Sapin a annoncé que le financement de 40.000 des 80.000 nouveaux contrats aidés déjà signés coûteraient deux milliards d'euros au budget de l'Etat en 2012.
Ce sont les contribuables, soit seulement 50% des Français, qui les financent.