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jeudi 17 octobre 2019

Macron n'a pas empêché le taux de pauvreté de bondir en France en 2018

L'arrivée massive de clandestins est-elle la seule cause de l'appauvrissement de la France ?

L'INSEE alerte sur une forte hausse importante du nombre de personnes en situation de pauvreté monétaire en 2018

Pauvrete en france en 2018
Après une relative stagnation en 2017, près de 500.000 pauvres de plus étaient désormais dénombrédans ses données provisoires publiées mercredi 16 octobre, par le service du ministère de l'Economie créé par le gouvernement de Vichy.

En 2018, 14,7% de la population française vivait sous le taux de pauvreté, soit une augmentation de 0,6% par rapport à l'année précédente. Au total, quelque 9,3 millions de personnes (8,8 millions en 2017, dont 3 millions d'enfants) étaient en situation de pauvreté monétaire, soit sous le seuil de pauvreté, rapporte l'institut de la statistique, selon une méthode dite de micro-simulation, réalisée à partir d'un échantillon représentatif de ménages. Cette hausse importante fait suite à un taux stable en 2017, précédé d'un recul de 0,2 point du taux de pauvreté en 2016, après deux années de hausse en 2015 et 2014, pendant le quinquennat socialiste de Hollande.


Les mesures anti-sociales de Macron, mais pas que... 

L'Insee impute l'augmentation de la pauvreté d'abord à la forte hausse "des revenus financiers des capitaux mobiliers", désormais soumis à la "flat tax", prélèvement forfaitaire unique sur tous les membres d'un groupe (citoyens ou entreprises), contrairement à l'impôt progressif, ou abaissant la fiscalité dans ce domaine. Or, la progression des revenus des plus riches augmente mécaniquement le seuil de pauvreté, fixé à 60% du revenu médian.

L'institut de la statistique pointe aussi l'effet de la baisse des allocations logement dans le parc HLM, mais sans tenir compte de la baisse équivalente des loyers. En l'incluant, la hausse du taux de pauvreté "serait plus modérée", autour de 0,2 point. L'INSEE est accusé de renouveler un coup similaire à celui de décembre 2008 : le no 2 du gouvernement, ministre de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement et de l'Aménagement durables, Jean-Louis Borloo, avait alors dénoncé les enquêtes trimestrielles de l'emploi de l'INSEE en soulignant que celles-ci ne portaient que sur l'évolution des effectifs dans les entreprises de plus de vingt salariés, alors que l'emploi aurait surtout progressé dans celles de moins de dix salariés.

Par ailleurs, les inégalités de niveau de vie connaissent leur "plus forte hausse depuis 2010",  mais restent toutefois "en dessous du pic atteint en 2011", sous l'effet de la crise économique et financière internationale ouverte en 2008, estime l'Insee. 

Ces données provisoires n'intègrent d'ailleurs pas la réforme de l'ISF
, qui "aurait eu un effet à la hausse sur les indicateurs d'inégalités", ni le chèque énergie qui aurait eu l'effet inverse.

Autre impasse des statisticiens, l'impacte de l'arrivée de clandestins pris en charge.
En baisse dans l'ensemble de l'Europe, le nombre de demandeurs d'asile continue d'augmenter en France.
Le flou sur le nombre de clandestins en France est volontairement entretenu

Il a fallu que Gérard Collomb soit poussé dans ses retranchements pour qu'il consente à lâcher que notre pays compte actuellement "autour de 300.000 personnes en situation irrégulière". En présentant sa loi asile et immigration, le ministre de l'Intérieur a reconnu  que le faible taux d'exécution des obligations de quitter le territoire français créait une situation qui n'était "bonne pour personne", mais il a refusé de donner des chiffres précis. Son cabinet parle d'un taux "qui oscille entre 7 et 10 %". La Cour des comptes, elle, l'avait donc sous-évalué à 5 % en 2015, avant le pic européen du flux migratoire. Seule certitude aujourd'hui: la France reste une destination attractive pour les migrants qui savent avoir peu de chances d'obtenir le statut de réfugié. Dans un document interne, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), qui traite les demandes d'asile, constate que sur les cinq premiers mois de 2018, les demandes d'asile en France sont en hausse de plus de 15 % par rapport à la même période. Ils savent en effet qu'ils peuvent ainsi bénéficier d’une allocation de demandeur d’asile (ADA, 207 euros par mois) pendant toute la durée du traitement de leur dossier (entre cinq et neuf mois en moyenne), un droit dont ne bénéficient pas les clandestins.
L'AME (Aide médicale d'Etat) est attribuée sans conditions aux enfants mineurs - ce qui induit de nombreuses fraudes sur l'âge - isolés ou dont les parents sont en situation irrégulière, même lorsque ces derniers n'en bénéficient pas encore. Mais des organisations humanitaires telle que la Fédération internationale des Sociétés de la Croix rouge et du Croissant rouge (IFRC) dénoncent les contrôles sur l'attribution de l'AME, en dépit de la fraude organisée. Or, dans le nord de la France, qui inclut la zone de Calais, une association qui se pare du titre d'ONG (d'ailleurs illégitime) estime que près des deux-tiers des réfugiés et migrants dont elle s'occupait avaient des problèmes de santé "directement liés aux conditions dans lesquelles ils sont logés". Dans plusieurs villes de France, des cas de gale et de tuberculose ont notamment été rapportés ces dernières années, autant de maladies directement liées aux conditions de vie précaires des personnes en situation irrégulière et échappant aux contrôles. Dans le nord de Paris, les équipes de Médecins sans frontières (MSF) – qui gèrent le centre pour mineurs de Pantin – ont ainsi constaté à plusieurs reprises que certains clandestins refusent de se rendre à l’hôpital, de peur que soit découverte leur fraude.
L'OMS nie "le risque en terme de transmission des maladies transmissibles entre migrants, réfugiés et la population locale", le jugeant "très faible". Selon l’Organisation mondiale de la santé, une part importante des migrants séropositifs ont contracté la maladie... après leur arrivée en Europe.

Quelles sont les aides humanitaires aux immigrés en France ?
Etrangers réguliers
A partir de 25 ans, ils peuvent prétendre au revenu de solidarité active (RSA) au bout de cinq ans de détention d’un titre de séjour permettant de travailler en France (ce délai est supprimé pour les titulaires d’une carte de résident, les réfugiés et les immigrés européens de longue durée, qui peuvent le toucher immédiatement).
Le RSA s’élève à 551 euros par mois, mais il ne peut pas se cumuler avec d’autres aides.
Sur 1,88 million d’allocataires du RSA en décembre 2017, 16 % étaient étrangers, selon le gouvernement.
Un étranger de plus de 65 ans peut bénéficier de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA, ex-minimum vieillesse), d’un montant maximal de 868 euros par mois.
Pour la recevoir, il doit respecter les mêmes conditions que les Français (revenus annuels inférieurs à 9 998 euros). Il doit toutefois préalablement résider en France de manière régulière depuis au moins dix ans (ce délai est supprimé pour les réfugiés, qui peuvent le toucher immédiatement).
Environ un tiers des bénéficiaires de cette aide sont de nationalité étrangère.

Français
Il existe 10 minima sociaux en France, qui correspondent à des publics spécifiques.
• Le plus universel d’entre eux est le revenu de solidarité active (RSA) : une allocation de 551 euros par mois versée à 2,5 millions d’allocataires de plus de 25 ans sous conditions de ressources.
L’allocation adulte handicapé (AAH), versée à plus d’un million de bénéficiaires, s’élève à 860 euros par mois.
L’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA, ex-minimum vieillesse), versée à un peu plus d’un demi-million de retraités de plus de 65 ans, s’élève à 868 euros par mois.

2 | La protection santé


Clandestins
• Ils peuvent bénéficier d’une prise en charge gratuite des principaux soins médicaux au titre de l’aide médicale d’Etat (AME). Tous les frais qui dépassent le plafond « Sécu » (par exemple pour les soins optiques ou dentaires) restent à leur charge.
L’AME est théoriquement réservée aux immigrés présents depuis trois mois en France et sous condition de ressources, mais ces critères sont difficiles à vérifier dans les faits. Cependant, la fraude a un effet limité sur le coût du dispositif, selon un rapport parlementaire de 2011. Quelque 300.000 clandestins en bénéficient.
L’AME a une vocation humanitaire, en prenant en charge les soins vitaux de personnes démunies. Mais c’est aussi un enjeu de santé publique : ne pas traiter ces patients pourrait favoriser la propagation d’affections contagieuses, comme la tuberculose.

Demandeurs d’asile
• La protection universelle maladie (PUMA, qui s’est substituée à la CMU) leur permet de bénéficier gratuitement de la part remboursée par la Sécurité sociale, à l’instar des Français du régime général.
• Ils ont également accès gratuitement à la CMU complémentaire pour financer les restes à charge.

Etrangers réguliers
• Avec ou sans emploi, les étrangers peuvent bénéficier de la protection maladie universelle (PUMA), qui prend en charge la part remboursée par la Sécurité sociale.
• Au bout de trois mois de présence en France, et sous condition de ressources, ils peuvent aussi être couverts par la CMU complémentaire pour les restes à charge.
• Si leurs revenus se situent juste au-dessus du plafond de la CMU complémentaire, ils peuvent recevoir une aide au paiement d’une complémentaire santé (ACS).
• Certains Européens restent par ailleurs rattachés à la "sécu" de leur pays d’origine.

Français
• Avec ou sans emploi, les Français peuvent bénéficier de la protection maladie universelle (PUMA), qui prend en charge la part remboursée par la Sécurité sociale.
• Sous condition de ressources, ils peuvent aussi être couverts par la CMU complémentaire pour les restes à charge.
• Si leurs revenus se situent juste au-dessus du plafond de la CMU complémentaire, ils peuvent recevoir une aide au paiement d’une complémentaire santé (ACS).

3 | L’hébergement et le logement

Clandestins
• Ils peuvent théoriquement bénéficier de l’hébergement d’urgence au même titre qu’un autre résident en France.

Demandeurs d’asile
• Plusieurs types de structures peuvent les héberger le temps de l’examen de leur demande d’asile (entre cinq et neuf mois en moyenne). Il s’agit principalement de centres d’accueil spécialisés (les CADA), mais aussi d’hébergements d’urgence.
Dans tous les cas, cette situation est difficilement comparable avec le fait d’être locataire ou propriétaire d’un logement traditionnel. Les personnes hébergées en CADA sont par exemple parfois amenées à partager certaines pièces de vie avec d’autres personnes ou familles.
Les adultes qui n’ont pas de place d’hébergement reçoivent une allocation de 225 euros par mois pour se loger.

Etrangers réguliers
• Ils peuvent bénéficier des aides au logement (APL, ALF et ALS), demander un logement social et faire valoir leur droit au logement opposable au même titre que les Français, sous condition de ressources.
Environ 14 % des logements sociaux sont attribués à des étrangers hors Union européenne.
• Ils peuvent aussi bénéficier de l’hébergement d’urgence au même titre qu’un Français.

Français
• Ils peuvent bénéficier des différentes aides au logement (APL, ALF et ALS), demander un logement social et faire valoir leur droit au logement opposable, sous condition de ressources.
Environ 80 % des logements sociaux sont attribués à des Français.
• Les plus démunis ont en principe accès à un parc d’hébergement spécifique (places d’allocation logement temporaire, hébergement d’insertion…).

4 | Les allocations familiales


Clandestins
• Aucune prestation ne leur est proposée.

Demandeurs d’asile
• Le montant de l’allocation de demandeur d’asile (voir plus haut) varie en fonction de la taille de la famille. Cela représente environ 100 euros par mois de plus par personne supplémentaire dans le foyer.

Etrangers réguliers
• Ils peuvent bénéficier des allocations familiales au même titre que les Français, à condition que leurs enfants vivent avec eux en France.

Français
• Les citoyens français dont le foyer comporte au moins deux enfants peuvent bénéficier des allocations familiales.
5 | Les transports

Clandestins
• Certains peuvent bénéficier de facilités pour les transports dans certaines villes ou régions.
Par exemple, en Ile-de-France, quelque 115 000 clandestins affiliés à l’aide médicale d’Etat ont le droit à une réduction tarifaire de 50 %.

Demandeurs d’asile
• Ils peuvent bénéficier de facilités dans certaines villes ou régions.
Par exemple, en Ile-de-France, ils ont le droit à une réduction tarifaire de 75 %, comme les Français modestes, à condition d’être affiliés à la CMU complémentaire.

Etrangers réguliers
• Les plus modestes peuvent généralement bénéficier des tarifs sociaux pour les transports offerts par les villes ou les régions, au même titre que les Français.
Par exemple, en Ile-de-France, ils ont le droit à une réduction tarifaire de 75 % (à contrôler), à condition d’être affiliés à la CMU complémentaire.

Français
• Certaines villes ou régions proposent des tarifs sociaux pour les transports aux personnes les plus modestes.
Par exemple, en Ile-de-France, elles ont le droit à une réduction tarifaire de 75 % (passée à 50%), à condition d’être affiliées à la CMU complémentaire.
  • En résumé :

ClandestinDem. d'asileEtranger régulierFrançais
Minimas sociauxADA : 207 €RSA : 551 € si plus de 25 ans et ressources faiblesRSA : 551 € si plus de 25 ans et ressources faibles
SantéAME : protection maladie de baseProtection maladie complète (PUMA + CMU-C)Protection maladie complète (PUMA, CMU-C, ACS) si ressources faiblesProtection maladie complète (PUMA, CMU-C, ACS) si ressources faibles
LogementHébergement d'urgenceCentre d'accueil ou 225 €Hébergement d'urgence, aides au logement ou logement social (si ressources faibles)Hébergement d'urgence, aides au logement ou logement social (si ressources faibles)
FamilleADA : 100 € par enfantAllocations familiales (si les enfants sont résidents)Allocations familiales
TransportTarifs réduits en Ile-de-FranceTarifs réduits en Ile-de-France (si ressources faibles)Tarifs réduits en Ile-de-France (si ressources faibles)Tarifs réduits en Ile-de-France (si ressources faibles)

MÉTHODOLOGIE

Cet article vise à recenser les principaux droits sociaux accordés aux immigrés en France. Ils sont classés dans cinq grandes thématiques.
Il pourrait être tentant de chercher à calculer une sorte de « total » de ces aides, mais nous ne l'avons pas fait car cela n'aurait en réalité guère de sens. Certaines prestations ne sont pas cumulables entre elles ; d'autres, comme par exemple la prise en charge des soins, ne sont pas des aides directes mais des prises en charge. Ainsi, un séjour à l'hôpital qui coûte 3 000 euros ne peut être considéré comme un revenu au même titre qu'un salaire ou qu'une allocation.
Lorsque c'était pertinent, en revanche, nous avons indiqué le montant de ces aides, à chaque fois sur la base des droits accordés à une personne seule. Vous pouvez retrouver les barèmes détaillés de ces prestations pour les couples ou les familles en cliquant sur les liens.
L'AME (Aide médicale d'Etat) est attribuée sans conditions aux enfants mineurs - ce qui induit de nombreuses fraudes sur l'âge - isolés ou dont les parents sont en situation irrégulière, même lorsque ces derniers n'en bénéficient pas encore.

En parallèle de ces chiffres sur la pauvreté, l'Institut des politiques publiques (IPP) a publié une étude
indiquant que les classes moyennes allaient être les principales bénéficiaires du budget 2020. 
Le document met notamment en exergue l'effet des mesures d'urgences prises par le gouvernement sous la pression du mouvement des Gilets Jaunes et elles se traduisent par une augmentation sensible du pouvoir d'achat, dont le coût est reproché aux GJ...
Or, l'IPP travaille en partenariat scientifique avec l'Ecole d'économie de Paris et le Centre de recherche en économie et statistique (CREST), lequel à pour directeur Francis Kramarz, qui a apporté son soutien à Macron lors de l'élection présidentielle de 2017.

mardi 17 septembre 2019

Macron fait désormais de l'immigration verrouillée un enjeu des municipales

Macron veut regarder le sujet de l'immigration "en face" mais, en même temps, il demande à la majorité de ne pas être "un parti bourgeois"

A
près les municipales, le président reprendra sa navigation entre deux eaux... 

Emmanuel Macron

Les motivations de Macron sont politiciennes. 
Il faut prendre le sujet de l'immigration à bras-le-corps car ce sont les classes populaires qui y sont confrontées et que l'afflux de migrants clandestins les oriente vers l'extrême droite, a-t-il expliqué lundi 16 septembre.
Or, il s'adressait - à huis clos - à ses troupes en godillots, quelque deux cents membres de sa majorité (députés ou sénateurs LREM, Modem et de mini-partis à la remorque), ainsi que l’ensemble du gouvernement, quinze jours avant le débat sur l'immigration, à l'Assemblée nationale et au Sénat, prévu les 30 septembre et 2 octobre, et il dressait les grandes lignes de la deuxième partie du quinquennat.

"C'est un sujet en soi qu'il faut prendre avec maturité et calme," a-t-il prêché.
La France a toujours été une terre d'immigration", a-t-il affirmé en préambule, selon des participants. Ce qui est valable pour tous les pays du monde à un moment plus ou moins récent de leurs histoires.

"La gauche n'a pas voulu regarder ce problème," a-t-il aussi accusé, lui qui a servi le socialiste Hollande à l'Elysée, dès mai 2012, puis au gouvernement, jusqu'en août 2016.

"La question est de savoir si nous voulons être un parti bourgeois ou pas," a-t-il lancé à la partie de ses troupes venues de la gauche. Et de caricaturer la France profonde qu'il ne cotoie pas : "Les bourgeois n'ont pas de problème avec cela : ils ne la croisent pas. Les classes populaires vivent avec, a-t-il estimé. La gauche n'a pas voulu regarder ce problème pendant des décennies." Et de conclure, sur des bases théoriques, pour lui : "Les classes populaires ont donc migré vers l'extrême droite." Un raisonnement formel fondé sur des propositions marxisantes supposées vraies au siècle dernier et qui conduisent à un sophisme. La démonstration du  fallacieux Macron aboutit à une vérité partielle -  et partiale visant sa cible -, mais manipulant la raison et son auditoire.

"Vous n'avez qu'un opposant sur le terrain : c'est le Front national (devenu Rassemblement national). Il faut confirmer cette opposition car ce sont les Français qui l'ont choisie. Il y a deux projets : celui du repli, tout faire peur ou bâtir une solution ouverte mais pas naïve", a-t-il conclu. 
Le repoussoir RN lui sert de rabatteur d'éléments tièdes et malléables. C'est l'ADN du MoDem de flotter au gré des vents contraires, mais la droite républicaine s'y est laissé prendre : les juppéistes d'Agir! ou des UDI comme Jean-Christophe Lagarde ou Franck Riester, un ministre potiche, qui a été successivement l'un et l'autre, avant d'être macronien. 

Un appel travesti de Macron à la fermeté sur l'immigration

Vers une réduction des quotas ?
Pour éviter d’être "un parti bourgeois" qui ignore l’opinion de classes populaires séduites par l’extrême droite, il est entré en campagne des municipales pour stigmatiser auprès de ses béni-oui-oui le parti dont il craint le plus la montée aux municipales de mars prochain, parce que que son mouvement au pouvoir est en déficit territorial et de popularité.

Macron a mis ses troupes en ordre de bataille, durcissant le ton sur l’immigration, thème de prédilection de la droite radicale, soulignant que "les flux d’entrée n’ont jamais été aussi bas en Europe et les demandes d’asile jamais aussi hautes en France," et cela, contrairement au vécu quotidien des Français dans leurs villes et leurs quartiers. Mais si Macron évoque le dossier des demandeurs d'asile, c'est qu'il n'est pas lui-même acteur en la matière : il désigne donc le responsable des abus, l’office compétent, l'OFPRA. Il pourrait pourtant "assumer", puisque l'Office français de protection des réfugiés et apatrides est en effet un établissement public administratif sous tutelle due son gouvernement en la personne controversée de son ministre de l'Intérieur, Castaner. 

Macron dénonce un droit d’asile "détourné de sa finalité"
"Nous n’avons pas le droit de ne pas regarder ce sujet (de l’immigration) en face ", a-t-il lancé, virant sa cuti, sur ce sujet également, puisqu'il défendait le droit d’asile sans restriction jusqu’ici. "Je crois en notre droit d’asile, mais il est détourné de sa finalité par des réseaux, des gens qui manipulent. Si nous ne le regardons pas en face, nous le subirons. Cela donne quoi ? Des quartiers ou le nombre de mineurs non accompagnés explose", a observé, bras ballants, celui qui a tous les pouvoirs au sommet de l'Etat.

D'autres propos du président ont filtré : un huis-clos poreux comme des frontières européennes... Car on sait par un participant anonyme qu'il a clairement désigné l'ennemi privilégié aux membres de sa majorité : "vous n’avez qu’un opposant sur le terrain, et ce n'est pas Mélenchon : c’est le Front national (devenu Rassemblement national). Il faut confirmer cette opposition car ce sont les Français qui l’ont choisie. Il y a deux projets : celui du repli, faire peur ou bâtir une solution ouverte mais pas naïve ".

Macron ne fait pas de politique politicienne mais ses éléments de langage sont déjà sur la place publique ! L'ennui, c'est que sa stratégie est à double tranchant : en pointant le RN, Dr Jekyll fait converger aux côtés des candidats de Marine Le Pen les électeurs de tout poil qui rejettent la politique et la personne de Mr Hyde.

 

mercredi 21 février 2018

Asile et immigration: Collomb présente son projet de loi

Macron se contenterait de l'intégration des étrangers

Gérard Collomb présente son projet de loi sur l'asile et l'immigration,  mercredi en Conseil des ministres

Une poignée de manifestants devant la CNDA
Défendu par le ministre de l'Intérieur comme un texte "équilibré"
, le "projet de loi pour une immigration maîtrisée et un droit d'asile effectif" vise à réduire à six mois les délais d'instruction de la demande d'asile et à faciliter la reconduite à la frontière pour les déboutés. Il lance quelques pistes sur le séjour des personnes admises sur le territoire.

Ce texte "s'inscrit dans le cadre plus large de notre politique d'immigration et d'asile", qui "repose sur deux principes, humanité et efficacité", a affirmé lundi Edouard Philippe.
Pour mettre l'accent sur le côté "humaniste", le Premier ministre a reçu en grande pompe ce jour-là un rapport sur l'intégration des étrangers aux mesures ambitieuses, dont il a promis que "les grands axes" seraient repris par le gouvernement.
Mais c'est surtout la "fermeté" affichée dans le projet de loi qui a focalisé l'attention ces dernières semaines. L'une des mesures phares, visant à faciliter les expulsions, est le doublement de la durée maximale de rétention à 90 jours (voire 135, en cas d'obstruction), pour rapprocher la France de la moyenne européenne. "Le problème principal tient à notre législation qui, par rapport aux législations européennes, est beaucoup plus favorable", a souligné G. Collomb.

Les associations restent attachées à la législation actuelle, qu'elles décriaient jusqu'ici

"La durée de rétention influe très peu sur les mesures exécutées", admet David Rohi de la Cimade. Mais d'autres mesures sont critiquées, notamment les propositions qui, au nom de la réduction des délais d'instruction, restreignent les possibilités de recours.

Texte "profondément déséquilibré" pour France terre d'asile, "volonté de dissuasion" et "de tri" pour la Ligue des droits de l'Homme, "très net recul des droits" pour la Cimade, qui demande son retrait.

Résultat de recherche d'images pour "ofpra"L'OFPRA et la CNDA réagissent par la grève
Plusieurs acteurs de l'asile sont en grève mercredi : l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides, un établissement public placé sous la tutelle du ministère de l'Intérieur et présidé depuis 2012 par un socialiste), qui n'avait pas connu de tel mouvement depuis cinq ans, mais aussi la Cour nationale du droit d'asile (CNDA, juridiction française de l'ordre administratif, statuant sur les décisions rendues par ...l'Ofpra, et située à Montreuil, Seine-Saint-Denis), qui entamera son neuvième jour de grève. 

Deux syndicats de l'Ofpra dénoncent une "confusion des genres" dans un texte qui "traite à la fois des politiques de l'asile et de l'immigration". "Alors que le président de la République s'était engagé en faveur d'un accueil digne des personnes exilées en France", ce projet vise "à dissuader les demandeurs d'asile en besoin de protection, réduire leurs droits, restreindre l'accès à la procédure d'asile et nuire à la qualité de l'instruction des demandes par l'Ofpra puis la CNDA", dénoncent-ils.

La CNDA évoque des "revendications relatives à l'organisation du travail, aux fonctions de secrétaire d'audience, aux moyens alloués aux services support, aux risques psycho-sociaux, à la formation et à l'informatique".

Un rassemblement a lieu à 11h00 devant le Conseil d'Etat, avec des avocats et agents des deux organismes. 
Une autre manifestation sera organisée à 18h30, entre Saint Michel et l'Assemblée nationale, par l'association BAAM (Bureau d'Accueil et d'Accompagnement des Migrants, organisateur de permanences juridiques et d'un enseignement du Français et d'ateliers d'apprentissage du français, baptisés 'Bienvenue chez toi') .

Un texte controversé jusque dans la majorité pour sa fermeté

Résultat de recherche d'images pour "projet  de loi collomb"
Combien de ces pays ont-ils un lien historique avec la France ?
Le projet de loi sera présenté dans un climat où les avis sont unanimement opposés à la "circulaire Collomb" pour des raisons contraires, notamment concernant le recensement des migrants dans l'hébergement d'urgence, que le Conseil d'Etat a refusé de suspendre mardi.
Le projet Collomb arrive après la loi sur le droit des étrangers (2016), qui instaurait notamment un titre de séjour pluriannuel et la réforme du système d'asile (2015), qui s'est vite trouvée sous-calibrée avec la crise migratoire. Il y a eu 100.000 demandes d'asile en France l'an dernier.

Les Républicains (LR) se disent "très inquiets du laxisme du gouvernement face au défi migratoire". Ce projet de loi Collomb est fait de "petits ajustements technocratiques", mais ne prévoit pas "la transformation nécessaire de la politique d'immigration", a affirmé mardi sur RFI le député Guillaume Larrivé.

La "subversion migratoire est en marche et ce projet de loi vient aider", a estimé Sébastien Chenu, porte-parole du Front national, en parlant sur LCP de "grand déclassement" des Français.


D'abord cantonnée aux internationalistes défenseurs des étrangers, la grogne a depuis gagné les milieux intellectuels, les belles consciences, et jusqu'à certains proches d'Emmanuel Macron, alors qu'une partie des députés LREM se sentent interpellés par la logique répressive du texte.
Amorçant une "marche arrière", le gouvernement a déjà renoncé à la notion de "pays tiers sûr" (un pays de transit où les demandeurs auraient pu être renvoyés, notamment l'Italie ou l'Espagne).
Mais les débats s'annoncent serrés pour amender le texte, avant les débats parlementaires en mars-avril. La ministre Jacqueline Gourault a prévenu la semaine dernière: les chances que les dispositions du projet de loi soient adoptées avant le 30 juin "sont maigres".

jeudi 30 juin 2016

Vives réactions au transfert par Hidalgo du campement de migrants de la Halle Pajol

La maire PS attire les clandestins pour les envoyer dans les arrondissements d'opposition

Hidalgo pratique l'"immigration de peuplement" en terre ennemie
Le camp de clandestins de la Halle Pajol en juin 2015
Un campement de plus d'un millier de migrants s'était reconstitué à la Halle Pajol, dans le 18e arrondissement de Paris, après qu'un autre a été évacué en juin 2015. Ce camp de migrants s'était reformé à la fin du mois sur l’esplanade Nathalie-Sarraute (après que ses occupants avaient aussi été délogés du camp du jardin d’Eole) et des bus étaient venus les chercher pour les conduire dans des centres d'hébergement d'urgence, cinq à Paris et un à Pantin. La mairie assurait alors que l'ensemble des migrants avait accepté une solution de relogement. "Nous ne savons pas où ils vont [la mairie refuse de communiquer les adresses des centres], soulignait Françoise, qui se définissait comme une militante des droits de l'Homme au sens large. Mais on va suivre ça de près." Certains revendiquaient appartenir à des collectifs "citoyens" sans plus de précisions, d’autres enfin, expliquaient être "chez les Verts".
Au jardin d'Eole, la mairie socialiste avait dépêché un collaborateur pour tenter de naviguer à travers le camp encerclé par la foule. Chemise blanche et costume gris anthracite, parapluie à carreaux façon Burberry dans la main, le contraste avec les migrants dormant sous des bâches alors que l'orage grondait était saisissant.

La maire de Paris récidive
En juin 2015, Le Monde, journal officieux du PS, avait obtenu les adresses des huit centres d’hébergement, destinés à l'accueil de la centaine de migrants présents sur le camp, dans les Hauts-de-Seine et dans le Val-de-Marne, révéla sur son compte Twitter la journaliste Maryline Baumard, du Monde. Une proposition présentée par Pascal Brice, le directeur de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), qui assurait que l’hébergement proposé serait durable.
Or, le journaliste Raphaël Krafft expliqua avoir échangé avec Amr, un réfugié soudanais. Ce dernier lui assura avoir été expulsé du centre d’hébergement dix jours après l’évacuation du Jardin d’Eole. Or, lors de l’évacuation du campement, l’Ofpra avait déjà garanti une solution pérenne... 
"L'hébergement sera assuré jusqu'au bout des démarches administratives [pour les migrants qui demanderont l'asile]", précisa Pascal Julien, élu EELV de l'arrondissement (ci-contre). "Y compris pour ceux qui réfléchissent encore à faire une demande d'asile", précise l'élu qui voyait là un dispositif "acceptable".

L'Express utilise la même image en juin 2015 et en juin 2016
"La gendarmerie a évacué plusieurs centaines de migrants de leur campement de fortune installé à la halle Pajol à Paris le 29 juin 2016 afp.com/MATTHIEU ALEXANDRE", lit-on ce matin...
En juin 2016, à deux mois de la création d'un camp humanitaire à Paris, ils sont au total 1.139 illégaux, dont 58 classés comme "vulnérables" (femmes, enfants...) avait été conduits dans près de 70 centres d'hébergement à Paris et en banlieue, soit plus du double de la population estimée il y a quelques jours, a précisé la préfecture de région. L'année dernière, l'opération d'évacuation avait été musclée; cette année, elle s'est déroulée dans le calme. 
Tenue à distance, la presse n'a d'autres photos que celles diffusées par les militants sur les réseaux sociaux... 

Les élus d'opposition veulent que cesse la partie de ping-pong avec les migrants

La maire de Paris, Anne Hidalgo, juge "inadmissible" le ras-le-bol de l'opposition. 
Mercredi 29 juin, le maire LR du 15e arrondissement de Paris, Philippe Goujon, et le député Jean-François Lamour ont en effet décidé le blocage de l'entrée d'un gymnase (gymnase Cévennes, ci-dessous) prévu pour accueillir - sans leur accord - des réfugiés expulsés de la Halle Pajol.

Ils dénoncent l'autoritarisme de la maire socialiste
Tout en saluant la mobilisation de l'Etat et de la ville de Parisle directeur général d'Emmaüs France a d'ailleurs souligné que la capitale "ne peut pas tout concentrer, sinon on va à l'explosion. Il faut qu'on arrive à une approche nationale", avait diagnostiqué Bruno Morel devant la halle Pajol mercredi matin, diagnostic partagé par les autorités et les associations.

11.300 personnes ont été évacuées depuis 2015, lors de 25 opérations.
Malgré la cruelle réalité des chiffres, "nous sommes dans un Etat de droit: lorsqu'une décision préfectorale est prise, celle-ci doit pouvoir s'appliquer", a estimé la maire socialiste militante, évoquant  dans un communiqué des "mots vifs" prononcés et "des coups de pieds" "donnés dans les baluchons" des réfugiés.

Les élus incriminés réagissent à la désinformation de  la maire-activiste
Bien que nul ne sache à quoi la ministre du Logement occupe son temps depuis sa nomination, Emmanuelle Cosse (ex-EELV) a pour sa part qualifié ce refus de "scandaleux et irresponsable" et "contraire aux valeurs de la République". "Aucun territoire, aucun élu de la République n'est dispensé de la nécessaire solidarité qui fait de la France une terre d'accueil", a ajouté dans un communiqué celle qui a besoin de mettre de l'ordre dans sa vie privée depuis les plaintes en justice pour harcèlement sexuel à l'encontre de son compagnon, Denis Baupin (ex-EELV).

On est en droit de s'interroger en outre sur la légitimité de ce flot de belles paroles, en l'
absence de dialogue républicain sur le lieu d'implantation du Centre humanitaire pour réfugiés tenu secret par la mairie de Paris.
L'opération, 25e du genre en un an

Menée comme chaque fois par la préfecture de région, la préfecture de police, la ville de Paris,
les associations Emmaüs et France Terre d'asile et l'Office français de l'intégration et de l'immigration (Ofii), elle a démarré dans le calme peu avant 06h30 et s'est achevée en fin de matinée.


Philippe Goujon a assuré que "ni l'Etat, ni la ville ne l'avaient prévenu" de la réquisition de l'enceinte sportive
et qu'"injecter dans un gymnase, sans préparation, des centaines de personnes, ce n'est pas possible".

Le maire LR de Palaiseau (Essonne) confirme lui aussi que les maires 
concernés n'ont pas été informés  l'arrivée d'une soixantaine de migrants: "il y a un manque de préparation flagrant de la part de l'Etat. On les déplace comme du bétail. Ce n'est absolument pas respectueux des populations concernées ni des collectivités territoriales", a-t-il souligné.

Le souvenir de l'évacuation de gymnase, le 19 juin 2015

Avec l'aide de militants CNT et d'élus communistes, une centaine de migrants expulsés des jardins d'Eole ont trouvé refuge dans le gymnase du lycée Jean Jaurès, dans le XIXe arrondissement de Paris, il y a un an, quasiment jour pour jour.

Ces images tournées par France 2 témoignent d'un important dispositif de sécurité.
VIDEO. Les migrants évacués du lycée Jean Jaurès à Paris

"Dans le calme" ? Certains migrants ont refusé de descendre des bus...

Les migrants, essentiellement soudanais, afghans et érythréens, se sont pressés pour monter dans des bus. Mais une fois arrivés dans les centres d'hébergement, certains "ont refusé de descendre des bus", et 150 migrants ont décliné les offres faites sur cinq sites en Ile-de-France, a-t-on appris auprès de la préfecture de région. Le préfet Jean-François Carenco expliquait avoir "du mal à comprendre le niveau d'exigence des gens": "beaucoup ont connu la guerre ou la dictature et ne veulent pas aller en province ou dans un centre d'hébergement en Ile-de-France".

"Cette répétition a quelque chose d'absurde. Il est nécessaire que les politiques prennent la mesure de la question", a commenté sur place Pierre Henry, directeur général de France Terre d'asile. Depuis un an, les campements se sont régulièrement reconstitués dans les quartiers proches de la gare du Nord, débouchant à chaque fois sur une évacuation. Au total, quelque 12.000 offres d'hébergement ont été faites par les pouvoirs publics. 

Terre d'Asile plaide pour "des capacités d'accueil temporaires dans toutes les capitales régionales". Anne Hidalgo a annoncé la création à la mi-septembre d'un centre humanitaire de réfugiés dans le nord de Paris. Mais sans que nul ne sache où... Le sait-elle ?

Une rixe entre migrants a éclaté sur l’esplanade Nathalie-Sarraute de la halle Pajol

D'une grande violence, elle a opposé des Soudanais, des Erythréens et des Afghans dans la nuit du 24 au 25 juin, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, rapporte Le Parisien.

Alors qu'il était un peu plus de 23h le 24 juin, plusieurs hommes armés de barres de fer et de branches de bois se sont battus avec une violence inouïe, en plein milieu du camp où ils sont installés à Paris.