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jeudi 11 avril 2019

La restitution du "grand" débat ignore les revendications des Gilets jaunes

L'exécutif n'en fait qu'à sa tête 

Déception des figures des Gilets jaunes qui voulaient y croire

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Beaucoup de leurs revendications initiales n'apparaissent pas ou peu dans les conclusions de la concertation, selon la restitution du grand débat par Edouard Philippe qui a envoyé un mauvais signal. Exit le 'RIC' ou encore le rétablissement de l'ISF... D'autres propositions convergent. Que dit "le Vrai débat", leur plateforme concurrente ? 

'Paroles de Français', un slogan trompeur
"RIC" : ce slogan pour un référendum d'initiative citoyenne, relayé sur les rond-points tenus par les Gilets jaunes, était l'une des principales revendications du mouvement, mais il est littéralement passé à la trappe de la mascarade de débat national. Si l'on s'en tient à la synthèse rendue publique lundi, seuls 2.1% des contributeurs auraient soutenu l'idée d'instaurer un tel mode de consultation, préférant un élargissement du recours aux référendums locaux ou à d'autres modes de consultation de la population : le "RIC" ne serait donc soutenu que par une petite minorité de participants.
Il faut rappeler que les participants au 'grand' débat étaient essentiellement des élus, autant que possible sélectionnés, ou des retraités à la fois modérés et sympathisants de la majorité présidentielle. Les Gilets jaunes y étaient représentés de manière très marginales, quand ils n'étaient pas exclus du 'grand' débat. Le président n'a même jamais cité leur nom, zappant avec mépris  leur existence.
Les figures du mouvement n'ont donc pas de quoi être déçus, d'autant que, sur leur propre plateforme concurrente, baptisée "le Vrai débat" - et qui revendique 25.000 propositions et "plus d'un million de votes" - cite au contraire le "RIC" comme la deuxième revendication la plus soutenue, avec plus de 85% de votes favorables. 

Le "grand débatteur" a fait son marché parmi les propositions 

Il apparaît un étrange hiatus entre les propositions de Philippe et les revendications réelles. 'Paroles de Français' est un slogan trompeur.
On observe ainsi que nombre de revendications économiques et sociales portées sur la plateforme concurrente des Gilets jaunes reste très marginales côté 'grand débat', soit parce qu'elles sortent des thèmes proposés par le gouvernement, soit parce qu'elles apparaissent minoritaires. Parmi elles, la renationalisation des autoroutes et des secteurs de l'énergie, la "hausse du seuil de pauvreté au niveau du Smic" ou encore la suppression du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), plébiscitées par "le Vrai débat", alors qu'elles ne surgissent que de façon marginale dans les "contributions libres" des participants du Grand débat national.

Surtout, la recherche commune de justice fiscale aboutit à une hiérarchisation différentes des grandes options fiscales. 
Le rétablissement de l'ISF, présenté comme l'une des priorités des Gilets jaunes dans le cadre du "Vrai débat", n'est avancé "que" par 10.3% des contributeurs du Grand débat national. 
L'abandon de la hausse de la CSG, sixième proposition du "Vrai débat", est proposée par 9.8% des participants du grand débat. 
En revanche, la lutte contre l'évasion et la fraude fiscales sont des priorités pour les deux plateformes. 

Des convergences théoriques, notamment sur la démocratie

Les deux plateformes convergent en revanche sur des revendications liées à la démocratie. Parmi les sujets placés largement en tête des deux côtés, la reconnaissance du vote blanc, le contrôle des "privilèges" des élus (anciens présidents, ministres, députés et sénateurs) et le renforcement de la transparence (90% des personnes qui se sont exprimées souhaitent qu'un candidat ne puisse se présenter à des élections que s'il possède un casier judiciaire vierge). Celui des privilèges des journalistes est toutefois négligé.
Durant sa campagne, le candidat Macron avait promis la "moralisation de la vie publique", qui s'est traduite en début de quinquennat dans deux lois visant à "rétablir la confiance dans la vie politique". Ces lois encadrent notamment le statut des collaborateurs du chef de l'Etat (on a vu avec l'affaire Benalla quel respect Macron leur porte), l'interdiction des emplois familiaux au sein de l'exécutif et du Parlement, et la transparence des élus en matière fiscale.
Durant sa campagne, Macron avait défendu le principe du casier judiciaire vierge pour les élus. Lors des débats autour de la moralisation de la vie publique, la mesure avait toutefois été écartée au profit d'une peine d'inéligibilité complémentaire inscrite dans le Code pénal, d'une durée maximale de dix ans, pour certaines condamnations (atteinte à la probité comme la fraude fiscale aggravée, violences, agressions sexuelles, harcèlement, discriminations ou terrorisme). D'autres pays, comme l'Italie ou l'Allemagne, présentent toutefois des règles plus contraignantes en tenant compte des condamnations passées.
Parmi les points de convergence, on peut également citer des mesures sociales (réindexation des pensions de retraite), environnementales (interdiction des pesticides, promotion de l'agriculture biologique), mais aussi la préservation des services publics, notamment dans le secteur de la santé. 

vendredi 13 avril 2018

Le groupe Kering Kering aurait soustrait des milliards au fisc

La famille Pinault, des amis embarrassants

Le groupe dirigé par François-Henri Pinault aurait soustrait  environ 2,5 milliards d'euros au fisc italien, français et britannique

"La plus grosse affaire d’évasion fiscale mise au jour pour une entreprise française," selon l'enquête de Mediapart publiée à la mi-mars 2018. Le groupe français de luxe Kering aurait soustrait depuis 2002 environ 2,5 milliards d'euros d’impôts, "pour l’essentiel au préjudice du fisc italien", au profit de Gucci, mais aussi de la France et du Royaume-Uni. 

Fleuron du groupe dirigé par François-Henri Pinault, la marque italienne Gucci fait l’objet d’une enquête de la justice italienne qui a mené des perquisitions dans les bureaux de la griffe à Florence et Milan en novembre dernier. Le parquet de Milan soupçonne Gucci d’avoir pendant plusieurs années déclaré en Suisse des activités menées en Italie, faisant échapper jusqu’à 1,3 milliard d'euros au fisc italien, selon un montant avancé par le quotidien La Stampa. Le tout grâce à un montage financier passant par le Luxembourg et les Pays-Bas.  'Ce chiffre n’est que la partie émergée de l’iceberg. 

Des documents confidentiels obtenus par Mediapart et transmis au réseau de media European Investigative Collaborations (EIC), montrent qu’il ne s’agit pas seulement d’une affaire Gucci, mais d’une affaire Kering, plus colossale encore", affirme Mediapart. 
Le site d’information indique également avoir obtenu un document dans lequel "le procureur de Milan écrit que Kering a mis en œuvre un montage "occulte" pour évader l’impôt". 

Kering aurait fait siennes les pratiques de Gucci

Après le rachat de Gucci en 1999, Kering aurait perpétué un accord fiscal limitant à 8 % son taux d’imposition sur les sociétés et négocié avec le canton du Tessin. C’est là où se trouve LGI, société "concentrant les profits du groupe". "Kering a étendu le système conçu par le groupe italien à toutes ses marques de luxe (hors joaillerie), dont les françaises Balenciaga et Yves Saint Laurent, propriété du socialiste Pierre Bergé - comme du groupe Le Monde, conjointement avec Xavier Niel et Matthieu Pigasse, de 2010 à sa mort en 2017 - et après son re-mariage avec le paysagiste américain Madison Fox. 

Si socialiste, vertueuse et solidaire que soit la maison Saint Laurentà elle seule, elle a soustrait le paiement d’environ 180 millions d'euros d’impôts en France", assure le média.
 
Comme le rappelle Mediapart, Yves Saint Laurent et Gucci connaissent pourtant depuis plusieurs années une très forte croissance. 
Et Kering, avec 15,48 milliards d’euros de recettes et un profit de 2,95 milliards d’euros l’an dernier, pourrait largement payer ses impôts. 

Une vingtaine de cadres de Gucci "transférés fictivement" 

Le groupe ne conteste pas le montant avancé par Mediapart, mais assure par communiqué qu’il "a mis en place une gouvernance d’entreprise visant à assurer une conformité totale avec les réglementations fiscales dans les pays où il est présent"
Kering indique ainsi que sa société suisse LGI "est un 'hub' stratégique majeur notamment pour la distribution et la logistique centralisées des marques de Kering", qu’il a été "créé en Suisse dans les années 1990" et qu' "il emploie aujourd’hui plus de 600 salariés". 
"Chacune des sociétés du groupe implantées en Suisse exerce une activité économique effective. A ce titre, le groupe s’acquitte en Suisse des impôts dus, en conformité avec la loi et le statut fiscal de la société. Ce modèle d’exploitation est connu des autorités fiscales françaises et des autres autorités fiscales compétentes", soutient Kering. 

Mediapart assure également que, "afin de tenter de justifier qu’il paye ses impôts en Suisse, Kering n’a pas hésité à transférer fictivement une vingtaine de cadres de Gucci dans le pays, alors même qu’ils travaillaient en réalité en Italie ". 

Le site d’information cite aussi les noms de "deux sociétés boîtes aux lettres" qui "opèrent le montage", "Kering Holland et sa filiale Kering Luxembourg", et qui, selon ses informations "rapatrient les énormes bénéfices engrangés par sa tirelire suisse". 
De son côté, le groupe de luxe affirme que, "en ce qui concerne les sociétés Kering Holland NV et Kering Luxembourg SA, leur existence ne procure pas d’avantage fiscal au groupe Kering".

La famille Pinault

Le président-directeur général du groupe Kering depuis mars 2005 et président d'Artémis depuis mai 2003 est François-Henri Pinault
, 56 ans, fils de François Pinault, 82 ans, fondateur-dirigeant du groupe PPR (Pinault-Printemps-Redoute).
En 2011, PPR fusionne avec sa filiale Gucci Group qui réunit les marques Gucci, Yves Saint Laurent, Bottega Veneta, Balenciaga, Boucheron, Alexander McQueen, Stella McCartney. Puis Puma en 2007 et Volcom en 2011.

François-Henri Pinault vit lui-même à Londres depuis 2014 : selon Mediapart, pour ne pas payer l’impôt sur le revenu à 75 % pour les très hautes fortunes qu'envisage alors François Hollande, mais, selon l'homme d'affaires lui-même, "pour faciliter la carrière de sa femme, […] plus à l'aise pour tourner des films en anglais que dans la langue de Molière", explique Challenges (propriété de L'Obs, détenu à 66 % des actionnaires du Groupe Le Monde, Xavier Niel et Matthieu Pigasse, ainsi que Pierre Bergé, du temps de son vivant). Or, en 2015,  il affirme au journal Le Monde qu'il paie toujours ses impôts en France.

Le "milliardaire favori" de Hollande, celui qui disait ne pas aimer les riches...
François Pinault est aussi propriétaire de l'hebdomadaire Le Point dont le centre de gravité est au centre-droit et de tradition libérale.
En 2012, François Pinault fit connaître son intention de voter pour François Hollande. Il s'associa même avec Julie Gayet - concubine de Hollande et productrice de cinéma du seul fait de son talent - et Charles Gillibert (49 % des parts chacun) dans la société de production cinématographique Cinémaphore en juillet 2013. 
Le 10 février 2014, le Canard Enchainé leva le voile sur le lien unissant François Hollande et son "milliardaire favori". Leur amitié daterait de 2011. Pour la promotion de Pâques 2017, la dernière du quinquennat de François Hollande, François Pinault est élevé à la plus haute distinction française grand-croix de la Légion d'honneur.

jeudi 5 avril 2018

Julien Clerc et sa fille, victimes de violence dans un stade

Le chanteur fait moins de révélations que de démagogie 

Julien Clerc est un passionné de football depuis l'enfance

Fan de l'équipe de France, mais aussi du PSGJulien Clerc s'est confié au journal L'Equipe, ce 4 avril 2018. S'il est longtemps allé au Parc des Princes pour supporter son équipe de coeur, le chanteur révèle que cela fait plusieurs années qu'il n'y est pas retourné.
On n'en saura pas plus sur la nature de l'agression, ni sur leurs auteurs. Ce qui n'empêche pas Télé-loisirs de titrer : "Julien Clerc raconte comment il a été agressé au Parc des Princes." En plus de cela, il a trois filles...

Il explique les motifs de sa frustration par l'expérience subie dans les travées du Parc, alors qu'il se trouvait avec sa fille. "En fait, avant l'arri­vée des Qata­riens, tient-il à préciser, l'atmo­sphère était irres­pi­rable et on s'est fait agres­ser une fois avec ma fille. Je m'étais dit : 'Ben si c'est ça le football, ça ne vaut pas le coup...'", révèle dans les colonnes du quotidien celui qui avait pris l'habitude de partir avant le coup de sifflet final pour éviter la cohue. "Ce n'était pas très malin, car à cette époque, le PSG marquait souvent en fin de match et on a raté un nombre incalculable de buts...", s'auto-critique l'artiste. Ouest France titre: "il boycotte les matchs du PSG." Voilà pour le message de "vivre ensemble" adressé par cette région à Paris.

Suite à cette agression, Julien Clerc a tiré un trait sur le Parc des Princes
 
"Je n'y suis pas retourné depuis, même si je sais que l'ambiance a changé, insiste-t-il. Nico­las Sarkozy me dit tout le temps : 'Quand tu veux, on va au Parc ensemble, je t'emmène'. Mais j'habite à Londres, désormais".
 
Installé dans la capitale anglaise avec sa famille, Julien Clerc goûte désormais à l'ambiance festive des stades anglais. "J'aime l'ambiance très musi­cale avant les matchs, les chants, le public qui applaudit sur une action défensive de son équipe, le fait que les enfants peuvent venir avec leurs grands-parents", explique-t-il.

L'artiste n'affirme pas qu'il paie ses impôts en France et n'a pas placé sa fortune à Jersey.
En octobre 2017, quelques semaines après l'affaire Florent Pagny parti vivre au Portugal pour raisons fiscales, Julien Clerc avait tenu à se distinguer de son confrère au sujet de ses rapports avec le fisc. Même s'il est parti vivre à Londres, il affirmait dans Paris Match qu'il n'a "jamais cherché à fuir l'impôt".
"Je travaille en France, donc je paie mes impôts en France. Et il faut être un grand industriel pour éventuellement s'établir à l'étranger. Moi, mon argent, je le gagne en France. Et le souci de ma vie a toujours été d'être dans les clous. Je ne comprends pas la malhonnêteté sur ce sujet", lança dans Paris Match le septuagénaire qui est parti en Angleterre pour rejoindre ses enfants. 

Il pourrait rentrer en France, sous certaines conditions, annonçait-il
"Les gens qui pensent payer trop d'impôts ont raison de le penser." Voilà pour la démagogie. "Donner la moitié de ce qu'on gagne me semble normal, au-delà, c'est anormal", grondait Julien Clerc dans Paris Match en septembre dernier. Et voilà pour le populisme.
Bruno Le Maire n'a pas été entendu. Le patron de Bercy avait invité Pagny à "rester en France." 
Quant à Juju, depuis et plus de six mois après, il vit toujours en Angleterre. 
Et les Qatari ne l'ont pas fait rentrer...

dimanche 5 novembre 2017

Paradise Papers: qui sont les "balances" ?

Et qui sont les personnalités impliquées dans les premières révélations ?

Quand la dénonciation est érigée en vertu, les balances en sont-elles d'autant plus vertueuses ?

Photo published for Paradise Papers: Secrets of the Global Elite - ICIJ
Après les "Panama Papers" ou les 'Lux Leaks' (pour le Luxembourg comme paradis fiscal), voici les "Paradise papers". Une enquête menée sous l'égide du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), à laquelle ont participé la cellule investigation Radio France et l'émission "Cash Investigation" de France 2, révèle, dimanche 5 novembre, comment certaines personnalités ont utilisé des montages fiscaux complexes pour échapper à l'impôt. 

Basée sur des synthèses effectuées par le cabinet Appleby, cette enquête met également en lumière des liens d'affaires surprenants. Le service public livre en pâture les noms des premières personnalités égratignées par ces "Paradise Papers", dont la publication s'étalera sur plusieurs jours. 

Ces documents se sont ainsi intéressés à la reine Elisabeth II. 
Elle possède une société qui gère ses biens, intitulée "Duché de Lancaster". En 2005, cette société a investi 7,5 millions de dollars dans un fond situé aux îles Caïmans. Et ce fond a investi dans un autre fond qui contrôle Brighthouse, une société épinglée par des élus britanniques pour ses pratiques commerciales douteuses. 

Surprise, Donald Trump est également ciblé. 
Malgré les sanctions contre la Russie, Le secrétaire américain au Commerce, proche Wilbur Ross possède toujours des intérêts dans la compagnie de transport maritime de gaz liquéfié Navigator Holdings. Cette compagnie fait des affaires avec un géant du gaz et du pétrole, SIBUR, contrôlé par des proches du président russe, Vladimir Poutine.

Cette liste noire mêle aussi le premier ministre canadien, alter-ego de Macron.
Image associée
Un ami d'enfance de Justin Trudeau, ici au cours d'un tendre moment romantique avec Macron, le milliardaire canadien Stephen Bronfman, un acteur clé de sa campagne victorieuse en 2015 et trésorier de son parti, a utilisé, avec un sénateur du parti libéral, un trust aux Iles Caïmans pour échapper à l'impôt. Un montage qui pourrait relever de la fraude fiscale.

Maintenant, q
ui sont les balances ?

Le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ).
Une partie de l’équipe de "chiens de garde et lanceurs d’alerte" de l'ICIJ est basée en permanence à Washington. Le reste, dans le monde entier.
Derrière les révélations sur les paradis fiscaux, se cache le travail de fourmi d’un groupe de journalistes d'investigation sans frontières.
L’enquête 'Panama Papers', qui a mis en lumière, dimanche 3 avril 2016, un vaste système d’évasion fiscale, a été coordonnée par un collectif de 200 journalistes dans 70 pays, appelé le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ).
Logotype du CPI
Fondé en 1997 par l’américain Charles Lewis, ce groupement dépend du Center for Public Integrity (CPI), une organisation à but non lucratif qui se défend d'être un groupe de pression, créée par le même Charles Lewis en 1989. 
La question de l'indépendance réelle du CPI est mise en question par son financement vertueux par la Fondation Ford, la Fondation de la Famille Rockefeller ou la Fondation W.K. Kellogg et l'Open Society Foundations (OSF), réseau de fondations créé en 1979 par le subversif milliardaire et philanthrope américain George Soros, qui, après avoir soutenu Otpor, organisation insurrectionnelle ayant servi à renverser le régime de Slobodan Milošević en Serbie ou des blogueurs ayant déclenché le Printemps arabe en Egypte, finance la GayFest en Roumanie, le CEDAR, premier réseau européen de professionnels musulmans, ou le réseau No Border.
Le CPI est composé de journalistes engagés enquêtant aux États-Unis sur des thématiques variées : politique, finance, environnement, santé, sécurité nationale, etc. 
Officiellement, il serait financé par des dons de fondations caritatives et de mécènes. Or, en 2003, le très sérieux Wall Street Journal a critiqué le CPI pour avoir accepté des fonds importants de George Soros, un financier sulfureux, milliardaire américain d'origine hongroise devenu célèbre pour ses activités de spéculation sur les devises et les actions - fortune personnelle estimée à 3,3 milliards de dollars en 2009 - et ses manipulations douteuses.
C'est ainsi qu'en 2012,
sa fondation fit un don de 35.000 euros au Collectif contre l'islamophobie en France et qu'il finance également à hauteur de 100 millions de dollars Human Rights Watch, sur 10 ans, à partir de septembre 2010. Soros fut condamné en France pour délit d'initié dans l'affaire de la Société générale qui avait vu le gouvernement socialiste des années 1980 fermer les yeux sur la tentative d'OPA menée par Georges Pébereau (lequel, dans Le Monde en septembre 2008, appela à limiter les parachutes dorés et à fiscaliser "les stock-options des dirigeants d'entreprises cotées", critiquant également les niches fiscales) et Robert Lyon, président de la Caisse des dépôts, sur une banque privée).
Une armée de chiens de garde et de lanceurs d’alerte : des anges purificateurs 
Résultat de recherche d'images pour ""Anges purificateurs""
Le but du CPI est de "dévoiler les abus de pouvoir, la corruption et les manquements au devoir des institutions publiques ou privées, dans le but de les pousser à agir avec honnêteté, intégrité, responsabilité, afin de faire prévaloir l’intérêt public."

La "mission" (divine laïque) de l'ICIJ  est explicitée sur son site Internet : "Etendre le journalisme de type 'chien de garde' mis en avant par le CPI, en se concentrant sur des problèmes qui ne s’arrêtent pas aux frontières nationales : crime transfrontalier, corruption et responsabilité des gouvernements." Comme les ONG, ce consortium est illégitime.

Une partie de l’équipe est basée en permanence à Washington, dans les bureaux de l’ICIJ, et les autres journalistes travaillent dans certaines rédactions (tel Mediapart ou le Canard enchaîné) sur tous les continents.

Le fonctionnement du consortium rappelle celui de Wikileaks, l’ONG fondée par Julian Assange en 2006, qui a dévoilé de nombreux scandales politiques, militaires et judiciaires, notamment la mise sur écoute de trois présidents de la République française par la NSA. Wikileaks et l’ICIJ permettent aux lanceurs d’alerte de révéler des scandales et de leur donner une résonance médiatique. 
Les journalistes harceleurs sont les têtes de gondoles d'opérations coups de poings, telle Elise Lucet, rédactrice en chef sur France 2, qui se tient en embuscade dans les couloirs et pourchasse ses cibles, comme Rachida Dati ou le pape François, l'interpellant sur la pédophilie dans l'Église catholique lors d'une audience générale, place Saint-Pierre à Rome...En septembre 2015, au cours d'un entretien, elle annonça la préparation d'un livre consacré au droit du secret des affaires (à l'occasion de la promulgation de la Loi du CICE, dite 'loi Macron'). Résultat de recherche d'images pour "lucet livre sur droit du secret des affaires"Sa main a effectivement été téléguidée et l'opus n'est pas resté dans les ordinateurs, avec les soutiens de Fabrice Arfi et Karl Laske (Mediapart), Paul Moreira (équipe Michel Polac, puis Politis, Canal+ et agence Premières Lignes, il est vice-président de 'Reporters sans frontières' depuis juillet 2015) ou Virgine Marquet, avocate du collectif 'Informer n’est pas un délit'.Lucet fut présidente du Press Club de France qui décerne chaque année les Prix Press Club, Humour et Politique et les Prix Press Club du Tweet Politique : ainsi, le Grand Prix 2016 et le Prix des Internautes allèrent à Bruno Le Maire, parce que député Les Républicains et candidat à la primaire de la droite et du centre pour : "Mon intelligence est un obstacle", obstacle qu'il a surmonté pour passer opportunément au côté d'Emmanuel Macron, un ex-conseiller, puis ministre du président socialiste Hollande.
Les révélations sur les paradis fiscaux et la fraude fiscale ont fait la réputation de l’ICIJ. Les 'Offshore Leaks', premier coup d’éclat, ont été publiés en 2013 et mettaient en lumière un vaste système de fraude fiscale organisée par le biais de sociétés offshore (sociétés domiciliées dans des paradis fiscaux uniquement pour bénéficier d’impôts très bas, voire inexistants). Quelques mois plus tard, le consortium dévoilait une liste de milliers de hauts dignitaires chinois liés à des sociétés offshore, dont des proches du président Xi Jinping.

En novembre 2014, le consortium de journalistes publiait une nouvelle enquête, portant cette fois sur le Luxembourg : elle révélait que des entreprises comme Apple, Amazon et Ikea bénéficient d’accord fiscaux avantageux passés entre le fisc luxembourgeois et des cabinets d’audit. 
Pas un mot sur Altice, groupe multinational présent dans les télécoms (Numéricable et SFR), le divertissement, la publicité et les media (Libération, NextRadioTV (RMC,BFM Business et BFM TV), Groupe l'Express (Studio Ciné Live, L'Express, L'Expansion, L'Étudiant...), bien qu'entreprise de droit ...luxembourgeois, cotée à la bourse ...d'Amsterdam depuis 2001 et propriété du franco-libanais Patrick Drahi, lequel détenait 58,50 % du groupe en 2015, via Next L.P, établie à ...Guernesey. 
En février 2015, HSBC était visée par SwissLeaks, une enquête de l’ICIJ initiée par Le Monde. La banque était accusée d’avoir mis en place un système international de fraude fiscale et de blanchiment, éclaboussant par là même des personnalités comme le roi de Jordanie, le pilote de Formule 1 Fernando Alonso et l’humoriste Gad Elmaleh.

A côté de ces enquêtes relayées par des dizaines de media orientés dans le monde entier, l’ICIJ conduit d’autres investigations : trafic de tissus humains, commerce de l’amiante, économie souterraine de la contrebande de cigarettes… "Nos journalistes renouent avec l’essence même du métier : la recherche de ce qu’on nous cache", affirmait Bill Buzenberg, ex-directeur du CPI, au Monde en 2015. C'est ainsi qu'Oxfam - confédération de 20 organisations "indépendantes" (des ONG) de même sensibilité qui agissent 'contre les injustices et la pauvreté' - a collaboré aux Paradise Papers.

Collaboration de journaux subventionnés par l'impôt.
L’ICIJ réalise des enquêtes avec ses propres membres ou en collaboration avec des rédactions de grands journaux nationaux comme le New York Times, le Washington Post (centre américain), The Guardian (intello de centre gauche britannique) ou le Süddeutsche Zeitung (libéral de gauche allemande), sans compter Le Monde - 4e organe de presse le plus assisté par le ministère de la Culture - et surtout le contribuable (5.438.216 euros, fin 2016), pour aider ses propriétaires, les hommes d'affaires Xavier Niel (Free) et le banquier Matthieu Pigasse (Les Inrockuptibles, Radio Nova et le Huffington Post) - et le service public de Radio France… 
Dans ce cas, la coopération fonctionne dans les deux sens : le consortium demande l’aide de rédactions extérieures si la masse de données à traiter est trop importante, comme ce fut le cas pour les Offshore Leaks en 2013 ; à l’inverse, il arrive que des rédactions se trouvent dépassées par l’ampleur d’une enquête et demandent l’appui de l’ICIJ. Redevables, elles s'engagent à relayer les opérations de l'ICIJ.

Ainsi, en 2015 pour SwissLeaks, c’est Le Monde qui a contacté l’organisation de journalistes pour lui demander de l’aider à traiter les données contenues sur une clé USB adressée au journal. Pour les "Panama Papers", c’est également le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung qui a sollicité l’ICIJ.

Réseau international d'enquêtes collaboratives
Le consortium s’appuie également sur le public. Lanceurs d’alerte, syndicalistes , fonctionnaires ou simples citoyens aigris en mal de règlement de comptes peuvent être incités à la dénonciation en transmettant des informations aux journalistes de l’ICIJ. En retour, quand il le juge pertinent, le consortium met tout ou une partie des données de ses enquêtes à disposition du public (cela a été fait pour les Offshore Leaks et Luxembourg Leaks), officiellement dans le but d’ouvrir encore plus l’investigation et éventuellement découvrir de nouveaux scandales, mais officieusement pour déstabiliser de grands groupes industriels ou financiers, mais aussi bien des Etats.

Pour parvenir à garder secrètes des enquêtes qui s’étalent sur plusieurs mois, les journalistes de l’ICIJ ont recours au cryptage des données, du pain béni pour les complotistes. Ainsi, ils peuvent travailler dans le plus grand secret, à l’abri des personnalités, sociétés, institutions et gouvernements impliqués dans leurs révélations. A noter que Michel Sapin, ancien ministre qui se flatta de faire rentrer les exilés fiscaux et de remplir du même coup les caisses de l'Etat, est ressorti de l'oubli à l'occasion de la publication des Paradise Papers. 


Charles Lewis, fondateur de l'ICIJ, l'ONG à l'origine du scandale des Panama Papers.


C. Lewis est journaliste d'investigation et fondateur du Center for Public Integrity (CPI). Il est actuellement le rédacteur en chef exécutif de l'Atelier d'enquête de rapports à l'American University School of Communication à Washington DC, lequel est en lien avec NBCNews. Il a été un producteur d'enquêtes pour ABC Nouvelles et le programme de nouvelles de CBS 60 Minutes qu'il a abandonné en 1989 pour lancer le CPI, groupe qui analyse le fonctionnement politique et l'activité gouvernementale. 
Il a été professeur dans plusieurs universités (Princeton, Harvard et Washington, DC).


En 2003, Lewis a été président fondateur du Fonds pour l'indépendance en journalisme, qui fit inclure le journalisme dans l'article 509 (a) du Code des impôts relatif aux organisations religieuses, scientifiques, littéraires, éducatifs et autres activités de bienfaisance exonérées de l'impôt fédéral sur le revenu, dont bénéficie le CPI, principalement en dons, subventions publiques et contributions d'un large groupe de personnes.
Appleby est un cabinet d'avocats spécialisé dans l'optimisation fiscale. 
Cabinet expert en offshore
Domiciliée aux Bermudes, territoire britannique d’outre-mer, l'entreprise est à l'origine d'une importante fuite de données ayant entraîné l'affaire des Paradise Papers. Créée en 1888, elle possède 800 salariés en 2009, présents aux Bermudes, sur les Iles Vierges britanniques, sur les Iles Caïmans, aux Seychelles, sur l'Ile Maurice, à Hong Kong comme à Shanghaï et en Europe (à Jersey, Londres, Zurich et l'Ile de Man, à quelques encablures de la France
.
Parmi les 13,5 millions de documents qui composent les "Paradise Papers", près de 7 millions proviennent de ce cabinet d'avocats. Le reste des fichiers est constitué de données d’un autre cabinet, AsiaCity Trust, et des registres commerciaux de 19 juridictions offshores.
Ces experts fiscaux spécialistes des montages financiers sur mesure conseillent avant tout des clients haut de gamme. Grâce à leur fine connaissance des règles et lois et à une veille rigoureuse sur leur évolution, ils parviennent à se maintenir en équilibre sur le fil de la légalité, sachant s’adapter aux différents régimes fiscaux des 10 places offshores dans lesquels ils conseillent. "Sur ses 12 bureaux, 9 sont situés dans les 20 premières juridictions réputées pour leur secret bancaire".

La firme a dénoncé la cyberattaque dont elle a été l’objet. 
Quelques jours avant la sortie mondiale de l’enquête dans lequel elle affirme "conseiller les clients sur des moyens légitimes et légaux dans le développement de leurs affaires", un communiqué du 24 octobre 2017 révéla  le pillage dont elle a été victime. Avant d'affirmer: "Nous ne tolérons pas les comportements illégaux".

dimanche 1 octobre 2017

Fiscalement, le mercenaire français du foot, Eric Cantonna, est solidaire ...des Portugais

L'exemplarité trotskiste commence par les autres...

Eric Cantona s'est instal­lé au Portu­gal avec femme, Rachida Brakni, et enfants.

Le footballeur était probablement à découvert, "dans le rouge".
Il est au Portugal pour faire des ménages: le monde à l'envers ! Il a en effet accepté de poser nu avec sa femme pour le magazine Elle, féministe, pas macho pour un sou (photos 2 et 3, ci-dessous).

Le besoin poussa-t-il Eric Cantona à s'établir au Portugal ? 
A-t-il tenu à participer à sa reconstruction après la crise économique et financière internationale de 2008 ? Ou a-t-il réussi à exploiter un pays en état de faiblesse ? 
Toujours est-il que le couple pavoise en révé­lant s’être installé en famille à Lisbonne, au Portu­gal. Un chan­ge­ment de vie que sa compagne – la comé­dienne et réali­sa­trice Rachida Brakni – se plut à évoquer en août 2016.

Dans un entre­tien qu’il accor­dait au jour­nal anglais The Guar­dian, Eric Cantonna révé­lait avoir quitté la France pour le Portu­gal. "Je m’en fous de la France," décla­rait-il. En termes de foot­ball, je suis anglais. J’ai dans mes veines ce sang noble qui coule […] Je me sens vivant [à Lisbonne]." Lisbonne au Royaume Uni ?

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Un démé­na­ge­ment que sa compagne,  Rachida Brakni, née à Paris de parents algériens, n'a pas non plus hésité  à commenter, elle aussi, mais dans les colonnes de Télé­rama (groupe Le Monde). "J'aime profon­dé­ment mon pays, mais j'ai ressenti le besoin de le quit­ter quand il a commencé à être ques­tion de déchéance de natio­na­lité, avouait-elle. Il y a des gens sur qui l'envi­ron­ne­ment, l'ambiance, les déci­sions poli­tiques glissent. Pas sur moi. […] J'habite Lisbonne depuis avril. Je revien­drai en France parce que j'aime ce pays et qu'il est peuplé de gens merveilleux qui font contre­poids. Mais là, comme en amour, j'ai besoin de mettre de la distance pour mieux reve­nir." L'un et l'autre sont difficile à suivre.Résultat de recherche d'images pour "cantona pose nu pour Elle"
En tenue de combat
pour la "mixité sociale"

Dans Version Femina, Rachida Brakni s'est également étendue sur sa vie au Portugal avec leurs deux enfants (Emir, 7 ans et Selma, 3 ans, outre deux autres enfants d'Eric, Raphaël et Joséphine, issus de sa précédente histoire avec Isabelle Ferrer)"Le week-end ou entre deux dates, je file à la maison. Je m'

orga­nise avec Éric et, dans mes tour­nées, je demande à être libre pendant les vacances scolaires, explique l’ac­trice, qui donnerait ainsi à croire qu'elle est extrêmement demandée. Je gère mon temps pour profi­ter d'eux au maxi­mum." Loin de regre­ter ce choix, Rachida Brakni trouve à Lisbonne une nouvelle forme de quié­tude, raconte complaisamment Femina. "Mon fils et ma fille sont au lycée français, on vit au bord de la mer, à deux heures de Paris seule­ment; il y a le soleil, la bonne bouffe, la mixité sociale", conclut-elle." En 2016, quand ils s'épanchaient dans la presse et lorsque des centaines de migrants arrivaient chaque jour en Grèce ou en Italie, le Portugal était parvenu à en accueillir… trente-deux.
Outre sa situation géographique, l'état financier, économique et sociale du pays, avec ses programmes d’austérité drastiques, n’a pas aidé à rendre le Portugal attractif. Seuls les nantis y ont trouvé leur compte.

Des bavards qui ne disent pas tout de leur rapport au fisc

Le Portugal a des charmes cachés,
comme pour Florent Pagny, plus réservé.
L'exhibitionnisme naturel du footballeur se trouva frustré par l'arrêt de sa carrière. Il se tourna donc des vestiaires vers les caméras de cinéma sous lesquelles il a en effet déjà donné (presque) toute sa mesure... 

Alors, comment expliquer qu'il soit l'acteur français le plus vu dans le plus simple appareil et dans des situations pour le moins scabreuses?
  
Bercy l'aurait mis à poil. 
La solidarité sociale, Cantona connaît, à en croire ce qu'il écrit, contre la misère, l'injustice et le débat sur l'identité nationale, dans son livre d'images consacré aux mal-logés, pour la fondation Abbé Pierre. Mais il y a loin de l'édition à la réalité. 
"On est là pour rappeler que tout ça n'est pas naturel. On est dans un pays riche, c'est inacceptable." Et pourtant, dit-il, cette situation n'est pas inconnue : "Ca nous crève les yeux à tous (...) C'est ce qui m'inquiète le plus ; on voit déjà, et on s'habitue". "On trouve des excuses à tout, à tout le monde, à ce que les gens crèvent dans la rue. On s'habitue à zapper, à s'abrutir, à supporter la manipulation, le bourrage de crâne. Faut se battre contre cette facilité-là." Et se bat-il au Portugal ?
D'aucuns assure qu'en réalité le pouvoir d'attraction qu'exerce le Portugal sur ce grand sensible est sa fiscalité.  Par un décret-loi en date du 23 septembre 2009, le Portugal a en effet reconnu aux étrangers le statut fiscal de résident non habituel qui permet de bénéficier d’un taux spécial d’imposition pour certains revenus de source portugaise et de bénéficier d’exonérations sur les revenus de source étrangère.

Tout footballeur est au-dessus des lois de son pays tant aimé, 
comme de la morale citoyenne


Eric Cantona a un droit à la révolte ! Ainsi avait-il vivement réagi à la polémique d’évasion fiscale qui toucha de grands noms du football mondial parmi lesquels Cristiano Ronaldo ou Paul Pogba, mais aussi Anelka. Selon l’ancienne gloire du football, les joueurs n’ont pas à se montrer plus exemplaires que les multinationales, qui utilisent les mêmes pratiques. Son vendeur de lingerie, oui.


Une ficelle de string est encore trop grosse. "Prenez des grands noms, des sommes astronomiques, mettez-les dans les journaux et jetez-les en pâture au tribunal populaire", rage Eric Cantona, de mauvaise foi, dans une nouvelle vidéo du Commissionnaire du Football sur Eurosport. L’ancien joueur devient violent à la seule évocation du scandale des Football Leaks qui a épinglé plusieurs grands noms du football mondial pour évasion fiscale. 
Le monde du football international trembla en effet un instant après les révélations du consortium European Investigative Collaborations, composé d’une douzaines de media européens. Simultanément, des journaux à travers l’Europe dévoilèerent une vaste opération d’évasion fiscale touchant de grands noms du football mondial. Les noms de Cristiano Ronaldo,  Ballon d’or pour la quatrième fois, Paul Pogba, José Mourinho ou encore Radamel Falcao ont été éclaboussés. A Jersey, Cantona sentit passer le coup.
L’enquête n’est pas sans rappeler la découverte des Panama Papers, vaste organisation d’évasion fiscale touchant de très nombreuses personnalités de la banque, du monde de la culture ou encore de la classe politique. Sujet tabou à géométrie variable.

"C’est marrant à quel point on pense que les footballeurs, parce qu’ils gagnent beaucoup d’argent, parce qu’ils sont idolâtrés [sic], doivent être plus exemplaires que les autres. Que vous le vouliez ou non, le foot sera toujours un miroir de notre société", raconte le trotskiste, sans suite dans les idées. Monsieur Durand et madame Michu peuvent bien payer pour les footballeurs qu'ils idolâtrent...


Pour cette ancienne gloire, les cachotteries des joueurs mondiaux ne sont pas plus condamnables que celles des grosses sociétés, dont on parle beaucoup moins. "Si on autorise les multinationales à faire de l’optimisation fiscale et que certaines banques encouragent l’évasion fiscale, on ne peut pas reprocher au monde du foot d’utiliser les mêmes ficelles", fait-il valoir. 
Les "vrais gens" décrits par son camarade trotskiste, Ken Loach, n'ont qu'à avoir un conseiller fiscal...

Cantona montre aux acteurs politiques comment mettre en branle leur virilité
Au risque de nous lasser de ses raisonnements spécieux, car un affichage n'est pas une garantie de qualité du produit, King (size) Eric explique que c’est aux hommes politiques de prendre leurs responsabilités. Et qu'il en est lui-même dégagé... 
"Ce n’est pas une question morale; c’est une question légale. Si c’est interdit, condamnez-les. Mais condamnez-les tous ! Si c’est légal, mais qu’on n’aime pas ça, changeons la loi. C’est aux hommes politiques de se greffer une paire de c….. et de résoudre ce problème." Bref, Cantona n'a pas pour elles l'usage qu'il destine aux autres et se refuse à lui-même.

Ses films engagés apparaissent comme d'autres vastes escroqueries intellectuelles.

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Arrêtons-nous sur 'Looking for Eric', film de Ken Loach (ci-contre) qu'il coproduisit en 2009. Il y vole au secours d'Eric [narcissisme oblige] Bishop, un postier, comme Olivier Besancenot, et fan de football, comme tout le monde à Manchester. Ce travailleur découvre notamment que le plus âgé des enfants de sa femme fréquentent des gangsters et cache une arme dans sa chambre. Pas banal, en effet... Lors de ses moments de détresse, il a des pensées suicidaires, des hallucinations (sous l'effet du cannabis ou de l'alcool) qui lui valent la visite de son héros, le footballeur Éric Cantona, soi-même, philosophe à la "pensée complexe" à ses heures, qui l'aidera à reprendre sa vie en main dans un monde hostile d'inégalités sociales et d'exploitation par le capital. 
Image associéeL'empathie du coproducteur avec les difficultés des plus défavorisés n'a pas manqué de séduire le jury du Festival de Cannes qui est bon juge en sincérité...
Mais, pour Cantona, cette empathie, c'est bon pour la fiction, car sa capacité à partager les souffrances de l'Autre, si aiguë soit-elle au cinéma, ne le submerge pas dans son quotidien personnel : se mettre à la place de son voisin, c'est bon pour les petites b*tes; la solidarité est plus belle dans l'art...