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vendredi 13 avril 2018

Le groupe Kering Kering aurait soustrait des milliards au fisc

La famille Pinault, des amis embarrassants

Le groupe dirigé par François-Henri Pinault aurait soustrait  environ 2,5 milliards d'euros au fisc italien, français et britannique

"La plus grosse affaire d’évasion fiscale mise au jour pour une entreprise française," selon l'enquête de Mediapart publiée à la mi-mars 2018. Le groupe français de luxe Kering aurait soustrait depuis 2002 environ 2,5 milliards d'euros d’impôts, "pour l’essentiel au préjudice du fisc italien", au profit de Gucci, mais aussi de la France et du Royaume-Uni. 

Fleuron du groupe dirigé par François-Henri Pinault, la marque italienne Gucci fait l’objet d’une enquête de la justice italienne qui a mené des perquisitions dans les bureaux de la griffe à Florence et Milan en novembre dernier. Le parquet de Milan soupçonne Gucci d’avoir pendant plusieurs années déclaré en Suisse des activités menées en Italie, faisant échapper jusqu’à 1,3 milliard d'euros au fisc italien, selon un montant avancé par le quotidien La Stampa. Le tout grâce à un montage financier passant par le Luxembourg et les Pays-Bas.  'Ce chiffre n’est que la partie émergée de l’iceberg. 

Des documents confidentiels obtenus par Mediapart et transmis au réseau de media European Investigative Collaborations (EIC), montrent qu’il ne s’agit pas seulement d’une affaire Gucci, mais d’une affaire Kering, plus colossale encore", affirme Mediapart. 
Le site d’information indique également avoir obtenu un document dans lequel "le procureur de Milan écrit que Kering a mis en œuvre un montage "occulte" pour évader l’impôt". 

Kering aurait fait siennes les pratiques de Gucci

Après le rachat de Gucci en 1999, Kering aurait perpétué un accord fiscal limitant à 8 % son taux d’imposition sur les sociétés et négocié avec le canton du Tessin. C’est là où se trouve LGI, société "concentrant les profits du groupe". "Kering a étendu le système conçu par le groupe italien à toutes ses marques de luxe (hors joaillerie), dont les françaises Balenciaga et Yves Saint Laurent, propriété du socialiste Pierre Bergé - comme du groupe Le Monde, conjointement avec Xavier Niel et Matthieu Pigasse, de 2010 à sa mort en 2017 - et après son re-mariage avec le paysagiste américain Madison Fox. 

Si socialiste, vertueuse et solidaire que soit la maison Saint Laurentà elle seule, elle a soustrait le paiement d’environ 180 millions d'euros d’impôts en France", assure le média.
 
Comme le rappelle Mediapart, Yves Saint Laurent et Gucci connaissent pourtant depuis plusieurs années une très forte croissance. 
Et Kering, avec 15,48 milliards d’euros de recettes et un profit de 2,95 milliards d’euros l’an dernier, pourrait largement payer ses impôts. 

Une vingtaine de cadres de Gucci "transférés fictivement" 

Le groupe ne conteste pas le montant avancé par Mediapart, mais assure par communiqué qu’il "a mis en place une gouvernance d’entreprise visant à assurer une conformité totale avec les réglementations fiscales dans les pays où il est présent"
Kering indique ainsi que sa société suisse LGI "est un 'hub' stratégique majeur notamment pour la distribution et la logistique centralisées des marques de Kering", qu’il a été "créé en Suisse dans les années 1990" et qu' "il emploie aujourd’hui plus de 600 salariés". 
"Chacune des sociétés du groupe implantées en Suisse exerce une activité économique effective. A ce titre, le groupe s’acquitte en Suisse des impôts dus, en conformité avec la loi et le statut fiscal de la société. Ce modèle d’exploitation est connu des autorités fiscales françaises et des autres autorités fiscales compétentes", soutient Kering. 

Mediapart assure également que, "afin de tenter de justifier qu’il paye ses impôts en Suisse, Kering n’a pas hésité à transférer fictivement une vingtaine de cadres de Gucci dans le pays, alors même qu’ils travaillaient en réalité en Italie ". 

Le site d’information cite aussi les noms de "deux sociétés boîtes aux lettres" qui "opèrent le montage", "Kering Holland et sa filiale Kering Luxembourg", et qui, selon ses informations "rapatrient les énormes bénéfices engrangés par sa tirelire suisse". 
De son côté, le groupe de luxe affirme que, "en ce qui concerne les sociétés Kering Holland NV et Kering Luxembourg SA, leur existence ne procure pas d’avantage fiscal au groupe Kering".

La famille Pinault

Le président-directeur général du groupe Kering depuis mars 2005 et président d'Artémis depuis mai 2003 est François-Henri Pinault
, 56 ans, fils de François Pinault, 82 ans, fondateur-dirigeant du groupe PPR (Pinault-Printemps-Redoute).
En 2011, PPR fusionne avec sa filiale Gucci Group qui réunit les marques Gucci, Yves Saint Laurent, Bottega Veneta, Balenciaga, Boucheron, Alexander McQueen, Stella McCartney. Puis Puma en 2007 et Volcom en 2011.

François-Henri Pinault vit lui-même à Londres depuis 2014 : selon Mediapart, pour ne pas payer l’impôt sur le revenu à 75 % pour les très hautes fortunes qu'envisage alors François Hollande, mais, selon l'homme d'affaires lui-même, "pour faciliter la carrière de sa femme, […] plus à l'aise pour tourner des films en anglais que dans la langue de Molière", explique Challenges (propriété de L'Obs, détenu à 66 % des actionnaires du Groupe Le Monde, Xavier Niel et Matthieu Pigasse, ainsi que Pierre Bergé, du temps de son vivant). Or, en 2015,  il affirme au journal Le Monde qu'il paie toujours ses impôts en France.

Le "milliardaire favori" de Hollande, celui qui disait ne pas aimer les riches...
François Pinault est aussi propriétaire de l'hebdomadaire Le Point dont le centre de gravité est au centre-droit et de tradition libérale.
En 2012, François Pinault fit connaître son intention de voter pour François Hollande. Il s'associa même avec Julie Gayet - concubine de Hollande et productrice de cinéma du seul fait de son talent - et Charles Gillibert (49 % des parts chacun) dans la société de production cinématographique Cinémaphore en juillet 2013. 
Le 10 février 2014, le Canard Enchainé leva le voile sur le lien unissant François Hollande et son "milliardaire favori". Leur amitié daterait de 2011. Pour la promotion de Pâques 2017, la dernière du quinquennat de François Hollande, François Pinault est élevé à la plus haute distinction française grand-croix de la Légion d'honneur.

dimanche 5 novembre 2017

Paradise Papers: qui sont les "balances" ?

Et qui sont les personnalités impliquées dans les premières révélations ?

Quand la dénonciation est érigée en vertu, les balances en sont-elles d'autant plus vertueuses ?

Photo published for Paradise Papers: Secrets of the Global Elite - ICIJ
Après les "Panama Papers" ou les 'Lux Leaks' (pour le Luxembourg comme paradis fiscal), voici les "Paradise papers". Une enquête menée sous l'égide du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), à laquelle ont participé la cellule investigation Radio France et l'émission "Cash Investigation" de France 2, révèle, dimanche 5 novembre, comment certaines personnalités ont utilisé des montages fiscaux complexes pour échapper à l'impôt. 

Basée sur des synthèses effectuées par le cabinet Appleby, cette enquête met également en lumière des liens d'affaires surprenants. Le service public livre en pâture les noms des premières personnalités égratignées par ces "Paradise Papers", dont la publication s'étalera sur plusieurs jours. 

Ces documents se sont ainsi intéressés à la reine Elisabeth II. 
Elle possède une société qui gère ses biens, intitulée "Duché de Lancaster". En 2005, cette société a investi 7,5 millions de dollars dans un fond situé aux îles Caïmans. Et ce fond a investi dans un autre fond qui contrôle Brighthouse, une société épinglée par des élus britanniques pour ses pratiques commerciales douteuses. 

Surprise, Donald Trump est également ciblé. 
Malgré les sanctions contre la Russie, Le secrétaire américain au Commerce, proche Wilbur Ross possède toujours des intérêts dans la compagnie de transport maritime de gaz liquéfié Navigator Holdings. Cette compagnie fait des affaires avec un géant du gaz et du pétrole, SIBUR, contrôlé par des proches du président russe, Vladimir Poutine.

Cette liste noire mêle aussi le premier ministre canadien, alter-ego de Macron.
Image associée
Un ami d'enfance de Justin Trudeau, ici au cours d'un tendre moment romantique avec Macron, le milliardaire canadien Stephen Bronfman, un acteur clé de sa campagne victorieuse en 2015 et trésorier de son parti, a utilisé, avec un sénateur du parti libéral, un trust aux Iles Caïmans pour échapper à l'impôt. Un montage qui pourrait relever de la fraude fiscale.

Maintenant, q
ui sont les balances ?

Le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ).
Une partie de l’équipe de "chiens de garde et lanceurs d’alerte" de l'ICIJ est basée en permanence à Washington. Le reste, dans le monde entier.
Derrière les révélations sur les paradis fiscaux, se cache le travail de fourmi d’un groupe de journalistes d'investigation sans frontières.
L’enquête 'Panama Papers', qui a mis en lumière, dimanche 3 avril 2016, un vaste système d’évasion fiscale, a été coordonnée par un collectif de 200 journalistes dans 70 pays, appelé le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ).
Logotype du CPI
Fondé en 1997 par l’américain Charles Lewis, ce groupement dépend du Center for Public Integrity (CPI), une organisation à but non lucratif qui se défend d'être un groupe de pression, créée par le même Charles Lewis en 1989. 
La question de l'indépendance réelle du CPI est mise en question par son financement vertueux par la Fondation Ford, la Fondation de la Famille Rockefeller ou la Fondation W.K. Kellogg et l'Open Society Foundations (OSF), réseau de fondations créé en 1979 par le subversif milliardaire et philanthrope américain George Soros, qui, après avoir soutenu Otpor, organisation insurrectionnelle ayant servi à renverser le régime de Slobodan Milošević en Serbie ou des blogueurs ayant déclenché le Printemps arabe en Egypte, finance la GayFest en Roumanie, le CEDAR, premier réseau européen de professionnels musulmans, ou le réseau No Border.
Le CPI est composé de journalistes engagés enquêtant aux États-Unis sur des thématiques variées : politique, finance, environnement, santé, sécurité nationale, etc. 
Officiellement, il serait financé par des dons de fondations caritatives et de mécènes. Or, en 2003, le très sérieux Wall Street Journal a critiqué le CPI pour avoir accepté des fonds importants de George Soros, un financier sulfureux, milliardaire américain d'origine hongroise devenu célèbre pour ses activités de spéculation sur les devises et les actions - fortune personnelle estimée à 3,3 milliards de dollars en 2009 - et ses manipulations douteuses.
C'est ainsi qu'en 2012,
sa fondation fit un don de 35.000 euros au Collectif contre l'islamophobie en France et qu'il finance également à hauteur de 100 millions de dollars Human Rights Watch, sur 10 ans, à partir de septembre 2010. Soros fut condamné en France pour délit d'initié dans l'affaire de la Société générale qui avait vu le gouvernement socialiste des années 1980 fermer les yeux sur la tentative d'OPA menée par Georges Pébereau (lequel, dans Le Monde en septembre 2008, appela à limiter les parachutes dorés et à fiscaliser "les stock-options des dirigeants d'entreprises cotées", critiquant également les niches fiscales) et Robert Lyon, président de la Caisse des dépôts, sur une banque privée).
Une armée de chiens de garde et de lanceurs d’alerte : des anges purificateurs 
Résultat de recherche d'images pour ""Anges purificateurs""
Le but du CPI est de "dévoiler les abus de pouvoir, la corruption et les manquements au devoir des institutions publiques ou privées, dans le but de les pousser à agir avec honnêteté, intégrité, responsabilité, afin de faire prévaloir l’intérêt public."

La "mission" (divine laïque) de l'ICIJ  est explicitée sur son site Internet : "Etendre le journalisme de type 'chien de garde' mis en avant par le CPI, en se concentrant sur des problèmes qui ne s’arrêtent pas aux frontières nationales : crime transfrontalier, corruption et responsabilité des gouvernements." Comme les ONG, ce consortium est illégitime.

Une partie de l’équipe est basée en permanence à Washington, dans les bureaux de l’ICIJ, et les autres journalistes travaillent dans certaines rédactions (tel Mediapart ou le Canard enchaîné) sur tous les continents.

Le fonctionnement du consortium rappelle celui de Wikileaks, l’ONG fondée par Julian Assange en 2006, qui a dévoilé de nombreux scandales politiques, militaires et judiciaires, notamment la mise sur écoute de trois présidents de la République française par la NSA. Wikileaks et l’ICIJ permettent aux lanceurs d’alerte de révéler des scandales et de leur donner une résonance médiatique. 
Les journalistes harceleurs sont les têtes de gondoles d'opérations coups de poings, telle Elise Lucet, rédactrice en chef sur France 2, qui se tient en embuscade dans les couloirs et pourchasse ses cibles, comme Rachida Dati ou le pape François, l'interpellant sur la pédophilie dans l'Église catholique lors d'une audience générale, place Saint-Pierre à Rome...En septembre 2015, au cours d'un entretien, elle annonça la préparation d'un livre consacré au droit du secret des affaires (à l'occasion de la promulgation de la Loi du CICE, dite 'loi Macron'). Résultat de recherche d'images pour "lucet livre sur droit du secret des affaires"Sa main a effectivement été téléguidée et l'opus n'est pas resté dans les ordinateurs, avec les soutiens de Fabrice Arfi et Karl Laske (Mediapart), Paul Moreira (équipe Michel Polac, puis Politis, Canal+ et agence Premières Lignes, il est vice-président de 'Reporters sans frontières' depuis juillet 2015) ou Virgine Marquet, avocate du collectif 'Informer n’est pas un délit'.Lucet fut présidente du Press Club de France qui décerne chaque année les Prix Press Club, Humour et Politique et les Prix Press Club du Tweet Politique : ainsi, le Grand Prix 2016 et le Prix des Internautes allèrent à Bruno Le Maire, parce que député Les Républicains et candidat à la primaire de la droite et du centre pour : "Mon intelligence est un obstacle", obstacle qu'il a surmonté pour passer opportunément au côté d'Emmanuel Macron, un ex-conseiller, puis ministre du président socialiste Hollande.
Les révélations sur les paradis fiscaux et la fraude fiscale ont fait la réputation de l’ICIJ. Les 'Offshore Leaks', premier coup d’éclat, ont été publiés en 2013 et mettaient en lumière un vaste système de fraude fiscale organisée par le biais de sociétés offshore (sociétés domiciliées dans des paradis fiscaux uniquement pour bénéficier d’impôts très bas, voire inexistants). Quelques mois plus tard, le consortium dévoilait une liste de milliers de hauts dignitaires chinois liés à des sociétés offshore, dont des proches du président Xi Jinping.

En novembre 2014, le consortium de journalistes publiait une nouvelle enquête, portant cette fois sur le Luxembourg : elle révélait que des entreprises comme Apple, Amazon et Ikea bénéficient d’accord fiscaux avantageux passés entre le fisc luxembourgeois et des cabinets d’audit. 
Pas un mot sur Altice, groupe multinational présent dans les télécoms (Numéricable et SFR), le divertissement, la publicité et les media (Libération, NextRadioTV (RMC,BFM Business et BFM TV), Groupe l'Express (Studio Ciné Live, L'Express, L'Expansion, L'Étudiant...), bien qu'entreprise de droit ...luxembourgeois, cotée à la bourse ...d'Amsterdam depuis 2001 et propriété du franco-libanais Patrick Drahi, lequel détenait 58,50 % du groupe en 2015, via Next L.P, établie à ...Guernesey. 
En février 2015, HSBC était visée par SwissLeaks, une enquête de l’ICIJ initiée par Le Monde. La banque était accusée d’avoir mis en place un système international de fraude fiscale et de blanchiment, éclaboussant par là même des personnalités comme le roi de Jordanie, le pilote de Formule 1 Fernando Alonso et l’humoriste Gad Elmaleh.

A côté de ces enquêtes relayées par des dizaines de media orientés dans le monde entier, l’ICIJ conduit d’autres investigations : trafic de tissus humains, commerce de l’amiante, économie souterraine de la contrebande de cigarettes… "Nos journalistes renouent avec l’essence même du métier : la recherche de ce qu’on nous cache", affirmait Bill Buzenberg, ex-directeur du CPI, au Monde en 2015. C'est ainsi qu'Oxfam - confédération de 20 organisations "indépendantes" (des ONG) de même sensibilité qui agissent 'contre les injustices et la pauvreté' - a collaboré aux Paradise Papers.

Collaboration de journaux subventionnés par l'impôt.
L’ICIJ réalise des enquêtes avec ses propres membres ou en collaboration avec des rédactions de grands journaux nationaux comme le New York Times, le Washington Post (centre américain), The Guardian (intello de centre gauche britannique) ou le Süddeutsche Zeitung (libéral de gauche allemande), sans compter Le Monde - 4e organe de presse le plus assisté par le ministère de la Culture - et surtout le contribuable (5.438.216 euros, fin 2016), pour aider ses propriétaires, les hommes d'affaires Xavier Niel (Free) et le banquier Matthieu Pigasse (Les Inrockuptibles, Radio Nova et le Huffington Post) - et le service public de Radio France… 
Dans ce cas, la coopération fonctionne dans les deux sens : le consortium demande l’aide de rédactions extérieures si la masse de données à traiter est trop importante, comme ce fut le cas pour les Offshore Leaks en 2013 ; à l’inverse, il arrive que des rédactions se trouvent dépassées par l’ampleur d’une enquête et demandent l’appui de l’ICIJ. Redevables, elles s'engagent à relayer les opérations de l'ICIJ.

Ainsi, en 2015 pour SwissLeaks, c’est Le Monde qui a contacté l’organisation de journalistes pour lui demander de l’aider à traiter les données contenues sur une clé USB adressée au journal. Pour les "Panama Papers", c’est également le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung qui a sollicité l’ICIJ.

Réseau international d'enquêtes collaboratives
Le consortium s’appuie également sur le public. Lanceurs d’alerte, syndicalistes , fonctionnaires ou simples citoyens aigris en mal de règlement de comptes peuvent être incités à la dénonciation en transmettant des informations aux journalistes de l’ICIJ. En retour, quand il le juge pertinent, le consortium met tout ou une partie des données de ses enquêtes à disposition du public (cela a été fait pour les Offshore Leaks et Luxembourg Leaks), officiellement dans le but d’ouvrir encore plus l’investigation et éventuellement découvrir de nouveaux scandales, mais officieusement pour déstabiliser de grands groupes industriels ou financiers, mais aussi bien des Etats.

Pour parvenir à garder secrètes des enquêtes qui s’étalent sur plusieurs mois, les journalistes de l’ICIJ ont recours au cryptage des données, du pain béni pour les complotistes. Ainsi, ils peuvent travailler dans le plus grand secret, à l’abri des personnalités, sociétés, institutions et gouvernements impliqués dans leurs révélations. A noter que Michel Sapin, ancien ministre qui se flatta de faire rentrer les exilés fiscaux et de remplir du même coup les caisses de l'Etat, est ressorti de l'oubli à l'occasion de la publication des Paradise Papers. 


Charles Lewis, fondateur de l'ICIJ, l'ONG à l'origine du scandale des Panama Papers.


C. Lewis est journaliste d'investigation et fondateur du Center for Public Integrity (CPI). Il est actuellement le rédacteur en chef exécutif de l'Atelier d'enquête de rapports à l'American University School of Communication à Washington DC, lequel est en lien avec NBCNews. Il a été un producteur d'enquêtes pour ABC Nouvelles et le programme de nouvelles de CBS 60 Minutes qu'il a abandonné en 1989 pour lancer le CPI, groupe qui analyse le fonctionnement politique et l'activité gouvernementale. 
Il a été professeur dans plusieurs universités (Princeton, Harvard et Washington, DC).


En 2003, Lewis a été président fondateur du Fonds pour l'indépendance en journalisme, qui fit inclure le journalisme dans l'article 509 (a) du Code des impôts relatif aux organisations religieuses, scientifiques, littéraires, éducatifs et autres activités de bienfaisance exonérées de l'impôt fédéral sur le revenu, dont bénéficie le CPI, principalement en dons, subventions publiques et contributions d'un large groupe de personnes.
Appleby est un cabinet d'avocats spécialisé dans l'optimisation fiscale. 
Cabinet expert en offshore
Domiciliée aux Bermudes, territoire britannique d’outre-mer, l'entreprise est à l'origine d'une importante fuite de données ayant entraîné l'affaire des Paradise Papers. Créée en 1888, elle possède 800 salariés en 2009, présents aux Bermudes, sur les Iles Vierges britanniques, sur les Iles Caïmans, aux Seychelles, sur l'Ile Maurice, à Hong Kong comme à Shanghaï et en Europe (à Jersey, Londres, Zurich et l'Ile de Man, à quelques encablures de la France
.
Parmi les 13,5 millions de documents qui composent les "Paradise Papers", près de 7 millions proviennent de ce cabinet d'avocats. Le reste des fichiers est constitué de données d’un autre cabinet, AsiaCity Trust, et des registres commerciaux de 19 juridictions offshores.
Ces experts fiscaux spécialistes des montages financiers sur mesure conseillent avant tout des clients haut de gamme. Grâce à leur fine connaissance des règles et lois et à une veille rigoureuse sur leur évolution, ils parviennent à se maintenir en équilibre sur le fil de la légalité, sachant s’adapter aux différents régimes fiscaux des 10 places offshores dans lesquels ils conseillent. "Sur ses 12 bureaux, 9 sont situés dans les 20 premières juridictions réputées pour leur secret bancaire".

La firme a dénoncé la cyberattaque dont elle a été l’objet. 
Quelques jours avant la sortie mondiale de l’enquête dans lequel elle affirme "conseiller les clients sur des moyens légitimes et légaux dans le développement de leurs affaires", un communiqué du 24 octobre 2017 révéla  le pillage dont elle a été victime. Avant d'affirmer: "Nous ne tolérons pas les comportements illégaux".

samedi 10 juin 2017

Escroquerie, homophobie, antisémitisme,... : des candidats En Marche ! pas très "exemplaires"

Pas plus que Ferrand, Sarnez ou Bayrou, la Commission nationale d'investiture ne les a détectés

Certains d'entre eux ont trébuché en marche

Résultat de recherche d'images pour "dessin moralisation vie publique"
La République en marche voulait faire croire à l'exemplarité de ses candidats aux législatives. Macron promettait de tout avoir sous contrôle. 529 candidats investis sur 19.000 candidatures, après un examen minutieux de leur profil : entretien, vérification des casiers judiciaires... La République en marche (REM) avait reculé la date de parution des noms de ses candidats, mais même en mettant le temps pour que le compte et la qualité y soient, le parti du président n'a pas pu trouver en nombre suffisant les représentants annoncés bien sous tout rapport. Macron et Delevoye ont dû se rabattre sur des centristes du MoDem d'abord écartés avant d'être validés. En dévoilant ces raretés au compte-gouttes, la République en marche n'est pourtant parvenu à sélectionner ces perles rares sorties de nulle part qui devaient faire regretter les anciens, connus et expérimentés. L'équipe du président ne devait rien laisser au hasard... 

Toutes ces précautions dissimulaient une difficulté à trier le bon grain de l'ivraie.
L'exemplarité ne se trouve pas sous les sabots d'un cheval et En marche! a rapidement trouvé les limites à ses belles intentions. 


Des candidats sanctionnés pour homophobie, escroquerie, antisémitisme... 

Bayrou bugue sur la loi de moralisation :
c'est la faute des autres...
Certains candidats font parler d'eux pour des affaires qui alignent le parti du président sur les autres.
   
Des tweets antisémites 
Qui ? Christian Gerin
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journaliste et producteur de télévision, producteur d'émissions aussi célèbres que "Faites entrer l'accusé" sur France 2 (actuellement sur BFMTV depuis 2012, Dominique Rizet est le chroniqueur régulier de l'émission depuis l'origine en 2000) et "le Magazine de la santé", sur une autre chaîne du service public, France 5, candidat dans la 5e circonscription de Charente-Maritime, face au maire LR de Royan, lequel a soutenu Bruno Le Maire, actuellement ministre de l'Economie de ...Macron. 
Juste après la publication de la liste des candidats investis, le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) et la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) ont dénoncé ceux de ses tweets qui s'en prenaient à la politique d'Israël, au Crif ou à Manuel Valls. "A quand la séparation du Crif et de l'Etat ?", avait notamment tweeté Christian Gerin, après avoir accusé Manuel Valls d'être "viscéralement sioniste, raciste et islamophobe". Selon les deux organismes, en appelant, par exemple à la "'séparation du Crif et de l'Etat', c'est 'juif' qui est sous-entendu". 
Christan Guerin s'est défendu d'antisémitisme, déclarant seulement qu'il est hostile à la politique du gouvernement israélien actuel. La commission d'éthique de REM a été saisie et Christian Gerin désinvesti ce 31 mai, ce qui ne l'empêche pas de faire campagne. 
En Charente, par exemple, cinquante postulants s'étaient présentés, pour seulement trois circonscriptions  : il faut être particulièrement amateur pour tomber sur le plus mauvais !...

Condamné pour inéligibilité 
Qui ? Pierre Cabaré
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artisan prothésiste dentaire, ici avec le candidat Cédric Villani, dans la 1ere circonscription de Haute-Garonne. La Dépêche du Midi a révélé que le candidat du président a été condamné à un an d'inéligibilité en 2003. Le Conseil constitutionnel lui reprochait de ne pas avoir pris de mandataire financier lors d'une de ses campagnes législatives. Celui qui se présentait alors sous la bannière Cap21, le mouvement politique de Corinne Lepage, avait vu ses comptes de campagne rejetés. 
Le candidat de REM assume cette inéligibilité mais s'étonne que "cette histoire" remonte à la surface quatorze ans après. A la Dépêche du Midi, il explique : "Il y a inéligibilité et inéligibilité. A l'époque, j'ai péché par inexpérience. C'est vrai, je n'avais pas ouvert de compte de campagne, mais mes seules dépenses se résumaient à trois pots de colle que j'avais achetés environ 100 euros sur mes propres deniers et qui ne m'ont jamais été remboursés." 
Le parti présidentiel a symboliquement retiré son investiture dimanche 28 mai, mais dans les faits, les délais ne permettent plus à La République en marche d'investir un autre candidat et de retirer le matériel de campagne. Pierre Cabaré a annoncé son intention de continuer. 

Des propos homophobes 
Qui ? Olivier Serva, vice-président du Conseil régional de Guadeloupe 
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présidé par Ary Chalus, un des porte-parole d'Emmanuel Macron pour la campagne présidentielle. Il est candidat dans la 1ere circonscription de Guadeloupe. 
C'est 'StreetPress' (soutenu notamment par certains media : Metronews, So Foot, Radio Campus, Radio Nova, Mouv' ou Arte) qui a déniché la vidéo qui met le candidat en difficulté. En octobre 2012, dans un débat autour du mariage pour tous, organisé par l'émission "Buzz Première", il se retrouve face à David Auerbach Chiffrin, porte-parole de Total Respect, une association de lutte contre l'homophobie. L'actuel candidat de Macron n'y alla pas de main morte : "Etre tolérant, ce n'est pas accepter l'intolérable. Pour le chrétien que je suis, quand je lis la Bible, il est écrit qu'un homme qui couche avec un homme ou une femme avec une femme, c'est une abomination." Et d'ajouter : "Bien sûr que c'est un péché. La Bible le dit." 
Contacté par France info, Olivier Serva avait déclaré que les propos étaient sortis de leur contexte et qu'il n'était pas homophobe. "J'ai beaucoup d'amis homosexuels", avait-il expliqué. Avant de présenter ses excuses : "Je peux comprendre que les propos que j'ai tenus en 2012 aient pu blesser et je m'en excuse. [...] Ce sont des propos que je regrette profondément et qui ne correspondent plus à mes convictions." Il a ensuite publié un communiqué sur Facebook, dans lequel il dit s'être exprimé en tant que "simple citoyen en 2012". "Je m'excuse auprès des personnes que j'ai pu blesser pour cette prise de parole outrancière et je retire ces propos qui ne correspondent pas à mes convictions. C'était une faute.
Du côté de La République en marche, le président de la Commission nationale d'investiture Jean-Paul Delevoye, un proche de Raffarin, n'excluait pas de maintenir la candidature d'Oliver Serva si ce dernier récusait ses propos. C'est désormais chose faite. 

Harcèlement moral 
Qui ? Romain Grau, camarade de promotion d'Emmanuel Macron à l'ENA
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est directeur général de EAS Industries, l'entreprise de maintenance aéronautique à l'aéroport de Perpignan. Il est candidat dans la première circonscription des Pyrénées-Orientales. 
Selon 'France Bleu Roussillon', Romain Grau est visé par une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Perpignan, pour harcèlement moral au sein de son entreprise. Toujours selon France Bleu, au moins 10% des 200 employés de l'entreprise seraient en arrêt maladie pour "surmenage, burn-out et cadences infernales"D'autre part, la société aurait une dette de 100.000 euros envers l'aéroport de Perpignan. 
Le candidat a réagi auprès de France Bleu Roussillon : "Je réagis par l'étonnement. […] Il y a encore des choses à améliorer. Certes, ça n'est pas parfait. Mais il n'y a pas grand monde de parfait. […] Il n'y a pas de pression [dans l'entreprise]. […] Je n'ai été ni informé, ni convoqué par la justice. Je me tiens bien sûr à la disposition de tous, si c'est nécessaire." 
Il s'est également indigné de l'ouverture d'une enquête à quelques jours seulement du premier tour des législatives : "Je ne vais pas me mêler de chicayas politiques. Je dérange énormément le petit monde politique qui était habitué à vivre paisiblement en se partageant le gâteau sur le dos des citoyens." Deux représentants syndicaux de l'entreprise ont de leur côté organisé une conférence de presse, pour défendre leur patron: la CGT, l'UNSA ou FO ?... Ils accusent ses adversaires politiques qui "se servent de la boite pour attaquer un candidat". 

Optimisation fiscale 
Qui ? Bruno Bonnell, ex-président des sociétés Infogrames, 
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puis Atari et fondateur de plusieurs sociétés spécialisées dans la robotique, est un proche de Gérard Collomb. Il est candidat à Villeurbanne dans la 6e circonscription du Rhône, face à Najat-Vallaud Belkacem. 
Sur Bruno Bonnell, gourou des robots, le site antilibéral Mediapart révèle dans une enquête publiée ce mercredi ...7 juin (à trois jours du premier tour) qu'il a été sanctionné par l'Autorité des marchés financiers (AMF) pour avoir artificiellement fait varier le cours du titre de sa société "en achetant et revendant des paquets d'actions" entre 2002 et 2003. Il est également propriétaire de deux sociétés dans le paradis fiscal du Delaware, aux Etats-Unis. L'une d'elles a été créée en 2007, mais n'a jamais eu d'activité... Rien d'illégal, a priori... mais pas très citoyen ! 
Bruno Bonnell répond aux accusations du site trotskiste : "Il s'agissait de protéger la marque. Le Delaware n'est pas qu'un paradis fiscal; c'est aussi un lieu où l'on peut monter des sociétés rapidement." L'administration Obama a en effet adopté un règlement pour réformer le régime fiscal opaque du Delaware, considéré jusque là comme un paradis fiscal, mais ce règlement ne date que de décembre 2016 ! 

Détournement de fonds 
Qui ? Buon-Huong Tan, figure charismatique de la communauté asiatique 
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et conseiller municipal du 13e arrondissement de Paris (quartier asiatique), candidat dans la 9e circonscription de Paris (quartier de l'Opéra). 
D'après Le Parisien, le candidat est visé par une plainte de la vice-présidente du Conseil représentatif des associations asiatiques de France (Craaf), une association qu'il a présidée jusqu'en 2014. Une lettre aurait été envoyée au parquet de Paris, dénonçant un possible détournement de fonds. Deux chèques de 3.000 et 13.500 euros auraient été adressés en mai 2014 respectivement une association locale de tennis de table et une association culturelle (dont le trésorier est le beau-frère de l'élu). Le trésorier du Craaf est, depuis, décédé, mais l'affaire couvait au sein du Craaf depuis deux ans. 
Le candidat Buon-Huong Tan s'est dit "étonné" de cette "non-affaire". Il dit ne pas avoir été contacté par la justice. Il a déclaré au Parisien : "C'est n'importe quoi et je n'hésiterais pas à déposer plainte car le courrier dont vous me parlez relève de l'instrumentalisation politique à quelques jours du premier tour de scrutin.

Marchand de sommeil 
Qui ? Véronique Avril, chargée de mission à la Ville (PS) de Paris 
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et ancien membre du conseil d'administration de Médecins sans frontières, candidate dans la 2e circonscription de Saint-Denis, celle du communiste Patrick Braouezec (Saint-Denis), celle qui ne vote qu'à reculons mais accepte les subventions et allocations en tout genre. 
Une enquête de Mediapart révèle qu'en 2011, la candidate a acheté un appartement à Saint-Denis pour le mettre en location. Or, l'immeuble est insalubre et a fait l'objet d'un arrêté de péril en 2004, puis de nouveau en 2008... Or, il est interdit de louer un appartement dans un immeuble touché par ce type de mesure. Les copropriétaires sont mis en demeure de réaliser une série de travaux. Visé par 15 arrêtés en 20 ans, l'immeuble n'a finalement pas bénéficié de la réhabilitation attendue, estimée en 2012 à 3,5 millions d'euros, explique Le Parisien. Car les copropriétaires n'ont jamais voté les travaux... Véronique Avril a elle réalisé 20.000 euros de travaux dans son appartement de 23 m2 et loue les lieux à une première famille, puis à une deuxième famille de cinq personnes, pour 650 euros par mois... un loyer bien supérieur aux prix pratiqués à Saint-Denis. Sauf que l'arrêté n'a jamais été levé, selon Mediapart, et qu'un arrêté de péril prévoit que les locataires ne payent aucun loyer. La famille a fini par quitter les lieux. 
Contrairement à la candidate, d'autres propriétaires de l'immeuble ont été inquiétés par la justice, souligne Le Parisien" qui suggère des protections haut placées à la Mairie de Paris. Anne Hidalgo était alors première adjointe, chargée de l'urbanisme et de l'architecture, Jean-Marie Le Guen, chargé de la Santé Publique et Jean-Yves Mano, chargé du logement.
Véronique Avril confirme les faits mais plaide la bonne foi. Citée par Mediapart, elle assure que la mairie lui avait dit que les travaux seraient faits et l'arrêté levé. Elle s'estime donc "victime" de cette affaire : "La famille locataire ne voulait pas partir. Ils ont été violents, ont changé la serrure. Je m'estime victime." 
Lundi 29 mai, dans un communiqué, La République en marche a tenu à préciser "qu'à sa connaissance la candidate n'a pas été condamnée et qu'à ce jour aucune plainte n'a été déposée contre elle". "Néanmoins, dès qu'elle en a été informée, La République en marche a saisi le comité d'éthique qui statuera dans les meilleurs délais sur la situation de madame Avril." 

Fraude à la Sécurité sociale  
Qui ? Emilie Guerel, professeur d'anglais de 33 ans 
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au collège Les Eucalyptus à Ollioules, candidate dans la 7e circonscription du Var. 
Jean-Pierre Colin, candidat de la droite et du centre, a déposé plainte pour "escroquerie et fraude à la Sécurité sociale". Il accuse la candidate de s'être mise en arrêt maladie pour pouvoir faire campagne, d'abord pour la présidentielle en étant présente à plusieurs meetings d'Emmanuel Macron, puis pour sa propre campagne aux législatives. "Il est avéré des informations que nous avons recueillies que madame Guerel s'est placée en arrêt maladie pour pouvoir faire campagne, d'abord lors de la présidentielle puisqu'elle a assisté à la plupart des meetings de monsieur Macron, et ensuite pour sa propre campagne législative", a déclaré Me Lionel Moroni, l'avocat du plaignant. 
Emilie Guerel s'est exprimée sur les réseaux sociaux, justifiant son arrêt maladie et annonçant qu'elle allait "lancer les démarches nécessaires pour attaquer en diffamation le candidat", qui serait déçu de ne pas avoir été investi par le mouvement En Marche !. Elle assure que son arrêt maladie s'est terminé le 12 mai. 

Falsification de diplôme 
Qui ? Houmria Berrada, ex-conseillère de quartier PS de Fivesn, candidate dans la 2e circonscription du Nord. 
D'après La Voix du Nord, Houmria Berrada a été condamnée à huit mois de prison avec sursis pour faux et usage de faux d'un document administratif en février 2011. Elle avait en effet été exclue en 2010 de l'école d'avocats de Lille, appelée aussi l'IXAD, pour avoir présenté un faux diplôme, censé venir de l'Institut d'études judiciaires (IEJ) de Strasbourg et des identifiants, tous usurpés à une étudiante bourguignonne
Houmria Berrada a affirmé que cette condamnation ne figurait pas sur son casier judiciaire, dont elle avait fourni un extrait aux responsables de La République en marche : la Commission nationale d'investiture de "La République en marche" 
Jean-Paul Delevoye a expliqué à France 3 Nord Pas-de-Calais : "Nous demandons à la personne concernée de bien vouloir consulter son casier judiciaire et nous faire parvenir une attestation sur l'honneur qu'il n'y a pas d'instruction sur le casier judiciaire. Au vu de cette attestation, nous maintenons l'investiture. Dans l'hypothèse où nous apprendrions que contrairement à ce qui avait été affirmé le casier judiciaire révélait une condamnation, immédiatement nous suspendons l'investiture."

Moralisation et ambition sont-ils compatibles ?
Le gamin s'est mis dans de mauvais draps, car les recrues de Macron ont certes les dents longues, mais un sens moral à ré-éduquer... Confier cette tâche à Bayrou serait-il une autre de ses bonnes idées ?