POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est Paradise Papers. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Paradise Papers. Afficher tous les articles

dimanche 26 novembre 2017

La patronne de France Télévisions ne maîtrise plus les journalistes radicaux de ses magazines d'information

Ernotte face à la colère des journalistes de 'Complément d’enquête' et d''Envoyé Spécial' 

France Télévisions envisage de supprimer les magazines d'information le jeudi soir en deuxième partie de soirée. 

Elise Lucet dans "cash investigation"Le projet de Delphine Ernotte de fondre les deux magazines d’information de la chaîne, 'Complément d’enquête' et 'Envoyé Spécial', en un seul numéro, 'Complément d’enquête', en prime-time dès la rentrée de janvier 2018, suscite une levée de boucliers dans les équipes des deux émissions d'investigation de la chaîne publique, dont les têtes de gondole sont la hargneuse Elise Lucet pour 'Envoyé Spécial', et l'aimable Thomas Sotto, depuis septembre 2017, pour 'Complément d'enquête'.
Cette décision actuellement dans les tuyaux viserait à réduire le nombre d'éditions des deux équipes et, avant qu'elle soit prise, son annonce a d’ores et déjà provoqué la fronde des journalistes de France 2. 

Cette décision supprimerait 33 CDD de reporters des magazines"Nous venons d’apprendre par accident que notre propre direction vous propose de supprimer jusqu’à 30 ETP (Equivalent Temps Plein) dans les magazines – dont les effectifs s’élèvent à moins de 100 personnes, hiérarchie et production comprises", expliquent les reporters des 2 émissions dans un courrier adressé à Delphine Ernotte. D'après cette lettre, la trentaine d'ETP concernée représente la "quasi-totalité des postes de fabricants" d'Envoyé spécial et de Complément d'enquête. "Autant le dire franchement, cela reviendrait à faire disparaître ces émissions", en concluent les reporters.

"Concrètement, sans CDD, sachez qu’il ne restera plus que deux reporters à ‘Complément d’enquête’, et cinq à ‘Envoyé Spécial’."

"Envoyé spécial" et "Complément d'enquête" prennent de plein fouet les baisses de crédit imposées par l'Etat

Cette décision relève d'une forme de "censure en amont" exercée par le gouvernement,
qui préférerait couper les vivres à l'investigation plutôt que de l'interdire frontalement, estime le député d'extrême gauche, François Ruffin (La France Insoumise), un journaliste.

Il est toutefois révélateur que ce soit François Ruffin qui se soit insurgé contre ces projets, d'une part dans une intervention à l'Assemblée nationale, le 16 novembre, et d'autre part, dans son bulletin vidéo, ce vendredi 24 novembre. L'élu de l'extrême gauche perd de vue que France Télévisions est au service de la population et que ses journalistes doivent des comptes au redevable de la taxe audiovisuelle. 

Or, ses journalistes militants sont à l'origine d'une série de polémiques.
En janvier 2014, lorsque Envoyé spécial était présenté par Françoise Joly et Guilaine Chenu, l'émission de France 2 avait subi un rappel à l'ordre du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) pour manquements déontologiques, pour un reportage diffusé en 2013 et intitulé "Villeneuve : le rêve brisé", portant sur ce quartier populaire de Grenoble. Le CSA insistait sur la nécessité d’assurer la diversité des points de vue sur un sujet prêtant à controverse. 
Présenté depuis 2016 par Elise Lucet, l'ex-compagne de Jean-Marie Cavada, l'émission continue de se distinguer par ses partis-pris et ses méthodes intrusives, voire agressives. Cumularde de plusieurs émissions de télévision ('Cash Investigation' sur France 2 depuis avril 2012 et de 'Pièces à Conviction', émission similaire sur France 3) toujours sur le service public, en plus de 'Envoyé spécial'), Cash Investigation" du mardi 26 septembre a pris le parti de se concentrer sur deux entreprises emblématiques, Lidl France et Free, ironisant sur le "monde merveilleux du travail" et révélant l'envers du décor, la souffrance au travail et les licenciements avec des séquences parfois provocantes, selon de nombreux téléspectateurs. Une charge militante que ne renie pas le syndicat d'extrême gauche, SNJ-CGT.
Dans TPMP (Touche pas à mon poste), Pierre Ménès dira avoir "honte de faire le même métier qu’Elise Lucet". "Je la trouve d’une agressivité incroyable. J’ai déjà eu l’occasion de le dire ici : son Cash Investigation sur le foot était lamentable. La manière qu’elle a eue d’invectiver le Pape, j’ai trouvé ça très choquant. Le pipeau, c’est minable".

Mais le néo-député Ruffin va plus loin. Selon lui, les restrictions économiques sont une stratégie directement inspirée du gouvernement. "On voit comment la contrainte budgétaire se conjugue avec la censure politique", commente le député de la Somme. Il estime que les pouvoirs économiques et politiques "peuvent être gênés" par des émissions telles que Envoyé spécial et Complément d'enquête, car "ce sont ces magazines qui ont sorti Bygmalion, qui ont envoyé une équipe en Erythrée, qui ont sorti des trucs sur Penelope Fillon, la com' d'Emmanuel Macron..." Des émissions politiques partisanes déguisées.
Ruffin omet juste de signaler que l'équipe à la manoeuvre derrière Elise Lucet a participé au scandale des 'Paradise papers' qui a monté une opération de déballage des procédés de plusieurs entreprises et personnalités en matière d'optimisation fiscale à travers le monde, bien qu'elles n'aient rien d'illégal. Ainsi, le groupe Louis-Dreyfus, géant mondial des matières premières et ancien propriétaire de l'OM, à travers un holding, est lui aussi pointé du doigt par les équipes anti-libérales de France Télévisions.

Les journalistes disent devoir participer aux efforts financiers.
Tout en affirmant que la direction de France Télévisions a fait le choix de viser ces émissions d'investigation, ils disent aussi dans leur lettre que "la rédaction et les magazines doivent participer aux efforts d’économie. Nous avons beaucoup d’idées allant dans ce sens. Avant de faire votre choix, gardez à l’esprit que derrière cette décision comptable, c’est la survie des derniers magazines produits par le service public qui est en jeu", prétendent en conclusion les journalistes attachés à la co-gestion du service public par la gauche radicale. 

Ernotte assure vouloir préserver les deux marques "Envoyé Spécial" et "Complément d’Enquête" 
Contactée par le Figaro, la direction de France Télévisions confirme ce projet mais se veut rassurante sur la baisse des effectifs de la rédaction, évoquée par ailleurs: “Il y a une volonté de notre part de préserver les deux marques “Envoyé Spécial” et “Complément d’Enquête” et de conserver la place de l’investigation sur nos antennes. Effectivement, dans le cadre du plan d’économies qui est demandé à France Télévisions, de 50 millions d’euros, l’évolution de la programmation des deux magazines est l’une des pistes étudiées, mais rien n’est arbitré".

150 à 200 journalistes de France Télévisions  ont voté le principe d'une motion de défiance à l'encontre de la présidente du groupe, Delphine Ernotte, lors d'une assemblée générale, le jeudi 23 novembre. 
En cause, les conséquences du plan d'économies de 50 millions d'euros demandées par l'Etat à l'audiovisuel public en 2018. Le budget de l'émission Envoyé spécial s'élève à 150.000 € pour 1 h 30 de programme. Depuis 2001, quand le temps de l'émission est passé à 2 h, aucune donnée financière n’est plus disponible actuellement.

dimanche 5 novembre 2017

Paradise Papers: qui sont les "balances" ?

Et qui sont les personnalités impliquées dans les premières révélations ?

Quand la dénonciation est érigée en vertu, les balances en sont-elles d'autant plus vertueuses ?

Photo published for Paradise Papers: Secrets of the Global Elite - ICIJ
Après les "Panama Papers" ou les 'Lux Leaks' (pour le Luxembourg comme paradis fiscal), voici les "Paradise papers". Une enquête menée sous l'égide du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), à laquelle ont participé la cellule investigation Radio France et l'émission "Cash Investigation" de France 2, révèle, dimanche 5 novembre, comment certaines personnalités ont utilisé des montages fiscaux complexes pour échapper à l'impôt. 

Basée sur des synthèses effectuées par le cabinet Appleby, cette enquête met également en lumière des liens d'affaires surprenants. Le service public livre en pâture les noms des premières personnalités égratignées par ces "Paradise Papers", dont la publication s'étalera sur plusieurs jours. 

Ces documents se sont ainsi intéressés à la reine Elisabeth II. 
Elle possède une société qui gère ses biens, intitulée "Duché de Lancaster". En 2005, cette société a investi 7,5 millions de dollars dans un fond situé aux îles Caïmans. Et ce fond a investi dans un autre fond qui contrôle Brighthouse, une société épinglée par des élus britanniques pour ses pratiques commerciales douteuses. 

Surprise, Donald Trump est également ciblé. 
Malgré les sanctions contre la Russie, Le secrétaire américain au Commerce, proche Wilbur Ross possède toujours des intérêts dans la compagnie de transport maritime de gaz liquéfié Navigator Holdings. Cette compagnie fait des affaires avec un géant du gaz et du pétrole, SIBUR, contrôlé par des proches du président russe, Vladimir Poutine.

Cette liste noire mêle aussi le premier ministre canadien, alter-ego de Macron.
Image associée
Un ami d'enfance de Justin Trudeau, ici au cours d'un tendre moment romantique avec Macron, le milliardaire canadien Stephen Bronfman, un acteur clé de sa campagne victorieuse en 2015 et trésorier de son parti, a utilisé, avec un sénateur du parti libéral, un trust aux Iles Caïmans pour échapper à l'impôt. Un montage qui pourrait relever de la fraude fiscale.

Maintenant, q
ui sont les balances ?

Le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ).
Une partie de l’équipe de "chiens de garde et lanceurs d’alerte" de l'ICIJ est basée en permanence à Washington. Le reste, dans le monde entier.
Derrière les révélations sur les paradis fiscaux, se cache le travail de fourmi d’un groupe de journalistes d'investigation sans frontières.
L’enquête 'Panama Papers', qui a mis en lumière, dimanche 3 avril 2016, un vaste système d’évasion fiscale, a été coordonnée par un collectif de 200 journalistes dans 70 pays, appelé le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ).
Logotype du CPI
Fondé en 1997 par l’américain Charles Lewis, ce groupement dépend du Center for Public Integrity (CPI), une organisation à but non lucratif qui se défend d'être un groupe de pression, créée par le même Charles Lewis en 1989. 
La question de l'indépendance réelle du CPI est mise en question par son financement vertueux par la Fondation Ford, la Fondation de la Famille Rockefeller ou la Fondation W.K. Kellogg et l'Open Society Foundations (OSF), réseau de fondations créé en 1979 par le subversif milliardaire et philanthrope américain George Soros, qui, après avoir soutenu Otpor, organisation insurrectionnelle ayant servi à renverser le régime de Slobodan Milošević en Serbie ou des blogueurs ayant déclenché le Printemps arabe en Egypte, finance la GayFest en Roumanie, le CEDAR, premier réseau européen de professionnels musulmans, ou le réseau No Border.
Le CPI est composé de journalistes engagés enquêtant aux États-Unis sur des thématiques variées : politique, finance, environnement, santé, sécurité nationale, etc. 
Officiellement, il serait financé par des dons de fondations caritatives et de mécènes. Or, en 2003, le très sérieux Wall Street Journal a critiqué le CPI pour avoir accepté des fonds importants de George Soros, un financier sulfureux, milliardaire américain d'origine hongroise devenu célèbre pour ses activités de spéculation sur les devises et les actions - fortune personnelle estimée à 3,3 milliards de dollars en 2009 - et ses manipulations douteuses.
C'est ainsi qu'en 2012,
sa fondation fit un don de 35.000 euros au Collectif contre l'islamophobie en France et qu'il finance également à hauteur de 100 millions de dollars Human Rights Watch, sur 10 ans, à partir de septembre 2010. Soros fut condamné en France pour délit d'initié dans l'affaire de la Société générale qui avait vu le gouvernement socialiste des années 1980 fermer les yeux sur la tentative d'OPA menée par Georges Pébereau (lequel, dans Le Monde en septembre 2008, appela à limiter les parachutes dorés et à fiscaliser "les stock-options des dirigeants d'entreprises cotées", critiquant également les niches fiscales) et Robert Lyon, président de la Caisse des dépôts, sur une banque privée).
Une armée de chiens de garde et de lanceurs d’alerte : des anges purificateurs 
Résultat de recherche d'images pour ""Anges purificateurs""
Le but du CPI est de "dévoiler les abus de pouvoir, la corruption et les manquements au devoir des institutions publiques ou privées, dans le but de les pousser à agir avec honnêteté, intégrité, responsabilité, afin de faire prévaloir l’intérêt public."

La "mission" (divine laïque) de l'ICIJ  est explicitée sur son site Internet : "Etendre le journalisme de type 'chien de garde' mis en avant par le CPI, en se concentrant sur des problèmes qui ne s’arrêtent pas aux frontières nationales : crime transfrontalier, corruption et responsabilité des gouvernements." Comme les ONG, ce consortium est illégitime.

Une partie de l’équipe est basée en permanence à Washington, dans les bureaux de l’ICIJ, et les autres journalistes travaillent dans certaines rédactions (tel Mediapart ou le Canard enchaîné) sur tous les continents.

Le fonctionnement du consortium rappelle celui de Wikileaks, l’ONG fondée par Julian Assange en 2006, qui a dévoilé de nombreux scandales politiques, militaires et judiciaires, notamment la mise sur écoute de trois présidents de la République française par la NSA. Wikileaks et l’ICIJ permettent aux lanceurs d’alerte de révéler des scandales et de leur donner une résonance médiatique. 
Les journalistes harceleurs sont les têtes de gondoles d'opérations coups de poings, telle Elise Lucet, rédactrice en chef sur France 2, qui se tient en embuscade dans les couloirs et pourchasse ses cibles, comme Rachida Dati ou le pape François, l'interpellant sur la pédophilie dans l'Église catholique lors d'une audience générale, place Saint-Pierre à Rome...En septembre 2015, au cours d'un entretien, elle annonça la préparation d'un livre consacré au droit du secret des affaires (à l'occasion de la promulgation de la Loi du CICE, dite 'loi Macron'). Résultat de recherche d'images pour "lucet livre sur droit du secret des affaires"Sa main a effectivement été téléguidée et l'opus n'est pas resté dans les ordinateurs, avec les soutiens de Fabrice Arfi et Karl Laske (Mediapart), Paul Moreira (équipe Michel Polac, puis Politis, Canal+ et agence Premières Lignes, il est vice-président de 'Reporters sans frontières' depuis juillet 2015) ou Virgine Marquet, avocate du collectif 'Informer n’est pas un délit'.Lucet fut présidente du Press Club de France qui décerne chaque année les Prix Press Club, Humour et Politique et les Prix Press Club du Tweet Politique : ainsi, le Grand Prix 2016 et le Prix des Internautes allèrent à Bruno Le Maire, parce que député Les Républicains et candidat à la primaire de la droite et du centre pour : "Mon intelligence est un obstacle", obstacle qu'il a surmonté pour passer opportunément au côté d'Emmanuel Macron, un ex-conseiller, puis ministre du président socialiste Hollande.
Les révélations sur les paradis fiscaux et la fraude fiscale ont fait la réputation de l’ICIJ. Les 'Offshore Leaks', premier coup d’éclat, ont été publiés en 2013 et mettaient en lumière un vaste système de fraude fiscale organisée par le biais de sociétés offshore (sociétés domiciliées dans des paradis fiscaux uniquement pour bénéficier d’impôts très bas, voire inexistants). Quelques mois plus tard, le consortium dévoilait une liste de milliers de hauts dignitaires chinois liés à des sociétés offshore, dont des proches du président Xi Jinping.

En novembre 2014, le consortium de journalistes publiait une nouvelle enquête, portant cette fois sur le Luxembourg : elle révélait que des entreprises comme Apple, Amazon et Ikea bénéficient d’accord fiscaux avantageux passés entre le fisc luxembourgeois et des cabinets d’audit. 
Pas un mot sur Altice, groupe multinational présent dans les télécoms (Numéricable et SFR), le divertissement, la publicité et les media (Libération, NextRadioTV (RMC,BFM Business et BFM TV), Groupe l'Express (Studio Ciné Live, L'Express, L'Expansion, L'Étudiant...), bien qu'entreprise de droit ...luxembourgeois, cotée à la bourse ...d'Amsterdam depuis 2001 et propriété du franco-libanais Patrick Drahi, lequel détenait 58,50 % du groupe en 2015, via Next L.P, établie à ...Guernesey. 
En février 2015, HSBC était visée par SwissLeaks, une enquête de l’ICIJ initiée par Le Monde. La banque était accusée d’avoir mis en place un système international de fraude fiscale et de blanchiment, éclaboussant par là même des personnalités comme le roi de Jordanie, le pilote de Formule 1 Fernando Alonso et l’humoriste Gad Elmaleh.

A côté de ces enquêtes relayées par des dizaines de media orientés dans le monde entier, l’ICIJ conduit d’autres investigations : trafic de tissus humains, commerce de l’amiante, économie souterraine de la contrebande de cigarettes… "Nos journalistes renouent avec l’essence même du métier : la recherche de ce qu’on nous cache", affirmait Bill Buzenberg, ex-directeur du CPI, au Monde en 2015. C'est ainsi qu'Oxfam - confédération de 20 organisations "indépendantes" (des ONG) de même sensibilité qui agissent 'contre les injustices et la pauvreté' - a collaboré aux Paradise Papers.

Collaboration de journaux subventionnés par l'impôt.
L’ICIJ réalise des enquêtes avec ses propres membres ou en collaboration avec des rédactions de grands journaux nationaux comme le New York Times, le Washington Post (centre américain), The Guardian (intello de centre gauche britannique) ou le Süddeutsche Zeitung (libéral de gauche allemande), sans compter Le Monde - 4e organe de presse le plus assisté par le ministère de la Culture - et surtout le contribuable (5.438.216 euros, fin 2016), pour aider ses propriétaires, les hommes d'affaires Xavier Niel (Free) et le banquier Matthieu Pigasse (Les Inrockuptibles, Radio Nova et le Huffington Post) - et le service public de Radio France… 
Dans ce cas, la coopération fonctionne dans les deux sens : le consortium demande l’aide de rédactions extérieures si la masse de données à traiter est trop importante, comme ce fut le cas pour les Offshore Leaks en 2013 ; à l’inverse, il arrive que des rédactions se trouvent dépassées par l’ampleur d’une enquête et demandent l’appui de l’ICIJ. Redevables, elles s'engagent à relayer les opérations de l'ICIJ.

Ainsi, en 2015 pour SwissLeaks, c’est Le Monde qui a contacté l’organisation de journalistes pour lui demander de l’aider à traiter les données contenues sur une clé USB adressée au journal. Pour les "Panama Papers", c’est également le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung qui a sollicité l’ICIJ.

Réseau international d'enquêtes collaboratives
Le consortium s’appuie également sur le public. Lanceurs d’alerte, syndicalistes , fonctionnaires ou simples citoyens aigris en mal de règlement de comptes peuvent être incités à la dénonciation en transmettant des informations aux journalistes de l’ICIJ. En retour, quand il le juge pertinent, le consortium met tout ou une partie des données de ses enquêtes à disposition du public (cela a été fait pour les Offshore Leaks et Luxembourg Leaks), officiellement dans le but d’ouvrir encore plus l’investigation et éventuellement découvrir de nouveaux scandales, mais officieusement pour déstabiliser de grands groupes industriels ou financiers, mais aussi bien des Etats.

Pour parvenir à garder secrètes des enquêtes qui s’étalent sur plusieurs mois, les journalistes de l’ICIJ ont recours au cryptage des données, du pain béni pour les complotistes. Ainsi, ils peuvent travailler dans le plus grand secret, à l’abri des personnalités, sociétés, institutions et gouvernements impliqués dans leurs révélations. A noter que Michel Sapin, ancien ministre qui se flatta de faire rentrer les exilés fiscaux et de remplir du même coup les caisses de l'Etat, est ressorti de l'oubli à l'occasion de la publication des Paradise Papers. 


Charles Lewis, fondateur de l'ICIJ, l'ONG à l'origine du scandale des Panama Papers.


C. Lewis est journaliste d'investigation et fondateur du Center for Public Integrity (CPI). Il est actuellement le rédacteur en chef exécutif de l'Atelier d'enquête de rapports à l'American University School of Communication à Washington DC, lequel est en lien avec NBCNews. Il a été un producteur d'enquêtes pour ABC Nouvelles et le programme de nouvelles de CBS 60 Minutes qu'il a abandonné en 1989 pour lancer le CPI, groupe qui analyse le fonctionnement politique et l'activité gouvernementale. 
Il a été professeur dans plusieurs universités (Princeton, Harvard et Washington, DC).


En 2003, Lewis a été président fondateur du Fonds pour l'indépendance en journalisme, qui fit inclure le journalisme dans l'article 509 (a) du Code des impôts relatif aux organisations religieuses, scientifiques, littéraires, éducatifs et autres activités de bienfaisance exonérées de l'impôt fédéral sur le revenu, dont bénéficie le CPI, principalement en dons, subventions publiques et contributions d'un large groupe de personnes.
Appleby est un cabinet d'avocats spécialisé dans l'optimisation fiscale. 
Cabinet expert en offshore
Domiciliée aux Bermudes, territoire britannique d’outre-mer, l'entreprise est à l'origine d'une importante fuite de données ayant entraîné l'affaire des Paradise Papers. Créée en 1888, elle possède 800 salariés en 2009, présents aux Bermudes, sur les Iles Vierges britanniques, sur les Iles Caïmans, aux Seychelles, sur l'Ile Maurice, à Hong Kong comme à Shanghaï et en Europe (à Jersey, Londres, Zurich et l'Ile de Man, à quelques encablures de la France
.
Parmi les 13,5 millions de documents qui composent les "Paradise Papers", près de 7 millions proviennent de ce cabinet d'avocats. Le reste des fichiers est constitué de données d’un autre cabinet, AsiaCity Trust, et des registres commerciaux de 19 juridictions offshores.
Ces experts fiscaux spécialistes des montages financiers sur mesure conseillent avant tout des clients haut de gamme. Grâce à leur fine connaissance des règles et lois et à une veille rigoureuse sur leur évolution, ils parviennent à se maintenir en équilibre sur le fil de la légalité, sachant s’adapter aux différents régimes fiscaux des 10 places offshores dans lesquels ils conseillent. "Sur ses 12 bureaux, 9 sont situés dans les 20 premières juridictions réputées pour leur secret bancaire".

La firme a dénoncé la cyberattaque dont elle a été l’objet. 
Quelques jours avant la sortie mondiale de l’enquête dans lequel elle affirme "conseiller les clients sur des moyens légitimes et légaux dans le développement de leurs affaires", un communiqué du 24 octobre 2017 révéla  le pillage dont elle a été victime. Avant d'affirmer: "Nous ne tolérons pas les comportements illégaux".