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mardi 24 septembre 2013

Ecologie: Hollande ne bouge que sous la pression

Hollande s'engage sur la transition énergétique

Placé, arroseur arrosé
Sous la menace de ses alliés écologistes, le chef de l'Etat a ouvert les palabres de la deuxième conférence environnementale.
Attendu au tournant par ses alliés d'Europe Ecologie - les Verts et les ONG environnementales, François Hollande a donné vendredi 20 septembre le coup d’envoi de la seconde conférence environnementale de son quinquennat au Palais d'Iéna à Paris. 

Au cours d’un discours inaugural, le chef de l’Etat a choisi de se concentrer sur la question de la transition énergétique, en en détaillant les "outils et les principes". De quoi se rabibocher avec les Verts ? Ce qu'il faut retenir :

  • Baisse de la TVA à 5% en 2014 sur la rénovation thermique
Pour réduire la consommation d'énergie de l'habitat, le chef de l’Etat a promis que le taux de TVA passera à 5% sur les travaux de la rénovation thermique des logements en 2014 au lieu des 10% prévus.

"François Hollande a par ailleurs précisé que "2.000 emplois d'avenir seront formés pour conseiller les ménages dans leur démarche de rénovation thermique".
  • Un dispositif de tiers financement des travaux de rénovation thermique 
"Un dispositif de tiers financement des travaux de rénovation thermique avec la Caisse des dépôts" verra le jour, pour permettre d'avancer des frais engagés par les ménages français choisissant de rénover leur logement. 
  • Une loi sur la transition énergétique avant la fin 2014
Après les travaux du Débat national sur la transition énergique qui ont duré plusieurs mois, le chef de l'Etat a annoncé que la future loi sera présenté au printemps 2014. "L’un des textes les plus importants du quinquennat" doit être voté avant la fin de l’année prochaine. La fixation du calendrier de cette loi a déclenché la colère des Verts la semaine dernière.

  • Réduction de 50% notre consommation d’énergie à l’horizon 2050
L'efficacité écologique
que les Verts envient aux Allemands
"C’est un choix politique majeur". Le chef de l’Etat a par ailleurs présenté "les principes et les instruments" de la transition énergique.  "C’est une décision stratégique, ce n’est pas un problème, c’est la solution", a-t-il commenté. "Nous devons agir, a lancé le chef de l’Etat. Nous devons réduire de 50% notre consommation d’énergie à l’horizon 2050" pour tenir les engagements climatiques de la France. Mais le président a expliqué qu'il ne souhaite pas faire de cet objectif ambitieux "un dogme".
  • Baisse de 30% la consommation nationale d’énergies fossiles d’ici à 2030
Autre objectif fixé, la diminution de 30% de la consommation nationale d'énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) d'ici à 2030, afin de lutter contre le réchauffement climatique, tout en réduisant la facture énergétique du pays. François Hollande qui souhaite que les pouvoirs publics soient exemplaires a également souhaité que "20% des véhicules commandés par l’Etat" soient électriques ou hybrides.
  • La contribution Climat Energie entérinée       
Comme annoncé lors de son interview télévisée de dimanche dernier, le chef de l’Etat a entériné l'idée d'une taxe carbone – une "contribution Climat Energie" – pour financer la transition énergique. "Ce qui compte c’est d’inciter les choix du futur, et de préserver le pouvoir d’achat des ménages", précise le président de la République, qui entend de ne pas tomber dans "une logique punitive".
  • Des outils juridiques pour fermer les centrales nucléaires
Conformément à sa promesse de campagne, François Hollande a confirmé son objectif de réduire à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité en 2025. Elle est aujourd’hui de 78%. De même, la centrale nucléaire de Fessenheim sera bien fermée d'ici la fin de l'année 2016. Pour y parvenir, il a annoncé la mise en place de "modalités juridiques" qui permettront à l'Etat de prendre des décisions en matière d'"aménagement du parc nucléaire" - décisions qui incombent aujourd'hui exclusivement à l'exploitant (EDF) et aux autorités de sûreté.  
  • Des absences remarquées
Débarquée en juin dernier du gouvernement, l’ancienne ministre de l’Ecologie Delphine Batho n’était pas présente dans l'assistance lors du discours présidentiel, contrairement à quatre anciens titulaires du poste. Fragilisé après son ultimatum lancé au gouvernement, le secrétaire national d’Europe Ecologie – les Verts, Pascal Durand figure parmi les autres absents remarqués, tout comme la coprésidente du groupe écologiste Barbara Pompili et l’eurodéputé  Bové Joseph, comme Staline.

Le président nomme des patrons et coupe des têtes
L'ultimatum qu'à la mi-septembre Durand a lancé au président de la République et au Premier ministre sur la transition énergétique l'a mené à sa chute. Le chef de fil d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a annoncé ce week-end aux cadres de son parti qu'il ne briguera pas un second mandat. Il devrait s'exprimer sur la question d'ici la fin de la semaine, mais Noël Mamère a déjà affirmé que "Pascal Durand n'était pas un chef, c'était un fusible" et que confirme que c'est Cécile Duflot qui continue de tirer les ficelles en interne.
"Le président a fait passer des messages", explque un parlementaire écologiste. "Impossible de travailler avec des gens comme ça", aurait tempêté François Hollande.
C'est une proche de Cécile Duflot, Emmanuelle Cosse, vice-présidente du Conseil régional Ile-de-France et activiste de Act-Up, qui pourrait lui succéder.

mercredi 12 mai 2010

Grenelle II adopté par les députés, malgré l'opposition

Promotion de la biodiversité et des économies d'énergie, sans la gauche
Le débat politique

Une large majorité de députés français a adopté mardi la loi dite Grenelle II.
La loi a été adoptée par 314 voix contre 213, les groupes UMP et du Nouveau centre (NC) votant pour et les groupes socialiste, radical et citoyen (SRC) et de la gauche démocrate et républicaine (GDR, PC et Verts) votant contre. Lien PaSiDupes

Duflot et Ségo sont dans un bateau
Les divisions à gauche ne faisaient qu’amplifier le malaise: «Martine est pour, Ségolène est contre»
Fin août 2009 à La Rochelle, Cécile Duflot avait dénoncé les dirigeants politiques contestataires de la fiscalité écologique, ciblant la populiste Désirdavenir Royal qui avait en effet lancé: "De quel droit un gouvernement va-t-il assommer d'impôts des familles alors qu'elles n'auront même pas le libre choix de rouler propre ?" L'entourage de l'amère Royal nia d'ailleurs toute démagogie ou erreur stratégique. "Il ne faut pas être complexé par les Verts : la taxe carbone, c'est un impôt sur la ruralité et la banlieue. C'est un impôt sur les pauvres", avait renchéri la députée Delphine Batho, qui chauffe le siège de Sa Cynique Majesté Royal.
Invitée à La Rochelle, Cécile Duflot avait répliqué vertement. "Toutes celles et tous ceux qui s'aventurent à critiquer dans son principe et dans ses fondements la fiscalité écologique ne sont que des démagogues déconnectés de la réalité", a-t-elle déclaré devant les militants socialistes. "Cette contribution climat-énergie doit être la première pierre d'une nouvelle redistribution, d'un nouveau partage des risques parce que ceux qui polluent le plus ce ne sont pas les plus démunis", avait-elle ajouté, visant Désirdavenir Royal.

Au temps des régionales
, Europe Ecologique était déjà moins radicale que les Verts et Cécile Duflot. Lien PaSiDupes sur les écologistes 'fondamentalistes'

ou sur Lalanne fustigeant les Verts rouges
Quant aux élus locaux de l'opposition ne s'inquiètent-ils donc plus d'une réforme qui aurait dû s'accompagner d'une réallocation des ressources des collectivités locales ? Bartolone, où êtes-vous ? Lien PaSiDupes sur les emprunts toxiques de certains Conseils généraux

Un "monument législatif"
Le texte, composé de près de 250 articles et sur lesquels avaient été déposés quelque 3.000 amendements
, prévoit notamment de protéger la biodiversité et de favoriser la rénovation thermique des bâtiments mais durcit les conditions d'implantation des parcs d'éoliennes.
Le Sénat avait adopté ce texte en octobre dernier.

Une commission mixte paritaire (CMP) Assemblée-Sénat sera prochainement convoquée pour mettre au point un texte qui sera soumis ensuite aux deux assemblées pour un vote définitif.

Quelle différence entre les Grenelle I et II ?
  • Le Grenelle Environnement I ne se réduisait pas à la taxe carbone (convertie en 'Contribution Climat Energie') dont le report fut approuvé par 69% des Français. Fin mars 2010, la secrétaire nationale de Verts, Cécile Duflot, expliquait: «Nous, on veut une vraie réforme en profondeur de la fiscalité, une évolution où on fait davantage peser la fiscalité sur le gaspillage et la pollution, que sur le travail. Ce n'est pas une taxe supplémentaire, [contrairement à ce que les Français ont compris], parce qu'on leur a mal expliqué. Pratiquement, la Contribution Climat Energie, c'est une taxe qui pèse sur l'ensemble des consommations énergétiques et qui est immédiatement redistribuée, notamment à ceux qui en ont le plus besoin, pour qu'ils puissent faire des économies sur leur consommation énergétique. »
  • Lire PaSiDupes sur les principales mesures du Grenelle Environnement I
  • Le texte Grenelle II a pour objet de mettre en oeuvre concrètement les dispositions du Grenelle I, qui décline les grandes orientations et objectifs arrêtés en octobre 2007 par le "Grenelle de l'environnement". "C'est une mutation d'un pays entier dans toutes ses acceptions", a dit Jean-Louis Borloo à l'Assemblée nationale. "En matière de gouvernance, on fait une évolution majeure", a-t-il dit, évoquant ce processus long de deux ans et demi qui a impliqué la classe politique, des experts, des industriels et des associations environnementales.
    "N'en déplaise aux inquiets et aux grincheux, les 250 articles de ce texte seront les 250 fleurs du printemps de l'écologie", a ajouté le ministre de l'Ecologie.
    Durant les débats, qui n'ont duré qu'une semaine en raison de la limitation du temps des débats, Jean-Louis Borloo n'a cessé d'évoquer un "monument législatif".

    Fin du consensus gauche-droite sur l'environnement

  • L'attitude négative du front du refus
    "Ce qui était présenté comme une cathédrale par M. Borloo est plutôt un champ de ruines", commente, tout en nuances, Noël Mamère. "Ce n'est plus la grande loi qu'on attendait sur l'environnement", a ajouté le républicain bananier.
    "Nous, on fait de la politique et on estime qu'il y a eu trahison des pouvoirs publics", a-t-il prétendu, prenant l'offensive contre les associations qui ont appelé à voter en faveur du texte.
    Lire PaSiDupes sur le retoquage de la taxe carbone

  • L'attitude positive de progrès
    => "Non, cette loi n'est pas celle que nous aurions écrite", reconnaît France Nature Environnement (FNE). "Des lacunes persistent. Mais c'est une étape, qu'il faut franchir pour continuer à avancer", ajoute l'association.
    => Autre ONG environnementale, le WWF France reconnaît que:
    « Le temps de l’action concrète est urgemment venu et pour cela, nous reconnaissons les points positifs de ce texte quand bien même nombre de propositions discutées à l’origine n’ont pas été transcrites » Pour l’ONG, le Grenelle (Grenelle 1 + 2) permet à la France de rattraper partiellement son retard et de rester dans la course de l’économie verte du 21ème siècle.

    Le combat d'arrière garde

    Les décrets d'application des dispositions du texte et leur utilisation par les collectivités locales seront surveillés par les écologistes, qui espèrent peser sur l'avenir du Grenelle II.

    Selon Me Arnaud Gossement, citoyen vigilant
    "Des lois étaient très brillantes, très attendues et n'ont jamais été appliquées. Si la société civile, si les collectivités ne s'en saisissent pas, ce sera un chiffon de papier", dit l'avocat en droit de l'environnement et de l'énergie, docteur en droit, maître de conférences à Sciences Po Paris, et, depuis le 13 janvier 2010, ex-porte-parole de l’association écologiste France Nature Environnement (FNE). Les raisons possibles de ce retrait ? Un conflit d'intérêt avec ses fonctions d'avocat associé au cabinet Huglo-Lepage, son soutien à la taxe carbone recalée par le Conseil Constitutionnel ou encore d'éventuelles ambitions politiques.

    Il est du nombre de ceux qui préconisaient une fiscalité environnementale lourde, comme condition du développement économique de la France. La commission d'experts dirigée par le socialiste Michel Rocard préconisait le taux de 32 euros par tonne de CO2, tandis que le Pacte écologique - approuvé en 2007 par la signature de la quasi-totalité des candidats à la présidentielle - proposait un prix de départ de 20 euros, pour atteindre 50 euros la tonne en 2020, 100 euros en 2030.
    Lorsque la taxe carbone était envisagée à 15 €, les Verts estimaient que la contribution perdait toute efficacité : « elle alourdit la facture des plus modestes sans dissuader les comportements les plus énergivores de ceux qui en ont les moyens. » Ils réclamaient une taxe de classe: «Pour que la taxe carbone soit - aussi - un instrument de justice fiscale, son montant doit être élevé : on collecte davantage, donc on peut redistribuer davantage à ceux qui en ont le plus besoin.»
    En 2009, les fonds prélevés devant être redistribués ensuite sous forme de crédits d’impôts, le Gouvernement avait prévu de mettre la taxe carbone en œuvre au 1er janvier 2010, avec un montant initial de 17 € la tonne de CO2. C'est ce que regrette le PS. Lien PaSiDupes sur la redistribution de la taxe aux plus défavorisés
    En Suède, elle s'élève actuellement 300 €.

    Or, la fiscalité « verte » ne se réduit pas à la seule taxe carbone : "le dispositif du bonus-malus automobile a très bien marché et il serait temps de l’élargir à d’autres familles de produits pour redonner du pouvoir d’achat « vert ». Et il y a d’autres mesures fiscales, comme la taxe générale sur les activités polluantes, qui sont appliquées et que l’on pourrait également renforcer", selon Me Gossement. Lire PaSiDupes


    Comportements du gouvernement, des associations et des partis politiques
  • Le gouvernement veut aujourd’hui attendre l’application de la taxe carbone au niveau européen avant de la mettre en œuvre en France. La gauche en prend prétexte pour bloquer l'avancée législative et ainsi accréditer l'idée que l'écologie ne serait pas de droite.

  • Coupée du monde réel de la crise économique et financière et de la rigueur qu'elle impose, l'opposition politique pratique la politique du tout ou rien.

  • Quant à l'association FNE (environ 3000 associations membres, dont la Ligue pour la protection des oiseaux), prisonnière de sa bulle environnementale, elle continue de penser que si l’écologie est une condition de la justice sociale, l’abandon de la taxe carbone ne signifie pas qu’il est impossible de marier le social et l’écologie: « il n’a jamais été aussi urgent de protéger la santé et l’environnement des plus faibles », répète Me Gossement, convaincu de n'être démenti par personne ! L'amère Royal déteindrait-elle ?

    La pression des associations sur les décrets

    FNE compte sur "la centaine de décrets" pour faire avancer ses idées.
    D'autres, dans un contexte de maîtrise de la dépense publique, y voient l'occasion de bloquer certaines dispositions, notamment les exonérations, alors que le gouvernement a lancé la chasse aux niches fiscales.
    "Tout ce qui coûte est infinançable", a souligné la semaine dernière Gilles Carrez (UMP), rapporteur général de la commission des Finances. "Ca ne passera pas, on le flinguera lors des décrets d'application. Tout ça, c'est nul et non avenu", a dit le député UMP.

    Sur son site internet, le WWF confirme
    « Nous resterons extrêmement vigilants sur les décrets d’application de cette loi et nous nous opposerons avec détermination à tous ceux qui entraveront ou retarderont les acquis du Grenelle ».
  • Enfin, WWF « continuera et persistera à vouloir et à obtenir la transformation de notre pays pour atteindre la prospérité verte afin de permettre à l’être humain de vivre en harmonie avec la nature. Il reste tant à faire… Rendez-vous au Grenelle 3 en 2012 »!

    Si les partis de gauche ralentissent au frein-moteur, les associations seront-elles moteurs ?

    mercredi 9 septembre 2009

    Taxe carbone: Sa Cynique Majesté Royal renie sa signature du Pacte Ecologique

    L'amère Royal aura une "responsabilité particulière"...
    En janvier 2007, après Nicolas Sarkozy, le 22 décembre 2006, Désirdavenir Royal de signa son tour le pacte écologique de Nicolas Hulot. "Je le signe tel qu'il est", avait-elle alors déclaré dans les locaux de l'Assemblée Nationale après une rencontre avec Nicolas Hulot.
    Elle intégra les cinq points du Pacte à son programme : création d'un poste de vice-premier ministre chargé du développement durable, taxe sur les émissions de dioxyde de carbone, réorientation de la politique agricole, débat participatif sur les questions d'environnement et éducation à l'écologie. A cette occasion, elle avait d'ailleurs envisagé de multiplier les vice-présidents de la République. "S'il y a éventuellement un vice-premier ministre chargé de l'environnement, il y en aura un aussi chargé de la question sociale et de l'emploi, parce que je crois que le développement économique durable s'appuie sur ces deux piliers". C'était pour l'anecdote...
    Voir la signature de qui vous savez
    en haut à gauche...

    Septembre 2009

    Nicolas Hulot est de retour dans le débat politique, à l'occasion de la question de la taxe carbone, dont le gouvernement travaille actuellement à la mise en orbite. Cette taxe est combattue par une partie du PS, notamment par l'ancienne candidate battue à la présidentielle. Lors de l'université d'été de son parti, la qualifiant d'"insupportable", Sa Cynique Majesté Royal a en effet rejetée en bloc la mesure, se targuant aujourd'hui d'être le fer de lance du combat contre la contribution climat énergie, l'autre nom de cette fiscalité visant à décourager l'utilisation d'énergies émettant du dioxyde de carbone dans l'atmosphère.
    C'est donc dans ce climat que le père de la taxe carbone (à 20 euros et non pas 14), Nicolas Hulot, se voit obligé d'intervenir, déjà pour soutenir le principe même de la taxe carbone en général, ensuite pour en demander des modalités d'applications exigeantes, et enfin pour rappeler que de nombreux candidats à la présidentielle l'avaient soutenue pendant la campagne de 2007.
    Et parmi eux, Sa Cynique Majesté Royal. Durant la campagne, Nicolas Hulot avait sagement pris la précaution de faire signer son Pacte par les candidats, pour s'assurer que ses propres idées sur la sauvegarde de l'environnement seraient mises en œuvre et que l'élu ne puisse pas se rétracter sur dix objectifs de politique général et cinq propositions concrètes. Or, ce ne sont pas tant la population et les différents acteurs de la vie politique française qui font faux bond que la socialiste battue. Car, parmi ces cinq propositions concrètes, qui ne posaient pas problème en campagne, la deuxième était "Instaurer une contribution climat-énergie en croissance régulière" et elle s'avère difficile à accepter en ces temps de crise économique. L'opinion résiste.

    Sa Cynique Majesté Royal a changé de ton
    Le 31 janvier 2007, Sa Cynique Majesté Royal a signé le Pacte écologique, prononçant un discours à cette occasion. Elle s'y montrait alors clairement favorable, et, solennelle, déclarait d'emblée: "Ici, et devant vous, je réaffirme mon engagement à mettre en œuvre si je suis élue le Pacte écologique." Elle appella même l'ensemble de la population à le signer dans le même élan populiste.
    Et, en gage de sa bone-foi légendaire, ne fit-elle pas la part belle à la la taxe carbone, assurant: "J'engagerai donc un vaste chantier pour réformer la fiscalité écologique, afin d'intégrer le coût des impacts environnementaux dans le coût des produits et des services, et mettre les instruments existants en cohérence avec le principe pollueur-payeur. Dans ce cadre, je mettrai en œuvre une adaptation de la taxe carbone." Selon elle, déjà, un impôt indirect sournois était alors plus pédagogique et formateur au respect de l'environnement qu'un impôt direct.
    Désiravenir Royal précisa ensuite son intention de mettre en place cette réforme de la fiscalité à pression constante, ce qui n'est autre que le but affiché du gouvernement. En somme, le 31 janvier 2007, elle affirmait clairement vouloir faire ce que le gouvernement fait actuellement.. Mais entre temps, l'amère Royal s'est faite étendre aux élections et a changé d'avis sur son propre engagement passé.

    Sa Cynique Majesté Royal renie donc publiquement le Pacte écologique
    , expliquant désormais qu'elle avait des "très fortes réserves" quant à la taxe carbone, bien qu'elle l'ait soutenu en paroles, et s'y soit liée par sa signature. Ainsi confirme-t-elle en 2009 qu'elle parlait déjà à la légère en 2007. A quoi bon signer un texte, si on ne l'approuve pas, sinon par opportunisme ?

    Le sondage d'opinion
    Deux Français sur trois désapprouvent la taxe carbone.
    Les opposants se recrutent aussi bien à droite qu'à gauche.
    L'instauration de l'impôt nouveau sur les énergies polluante, appelé taxe carbone, est désapprouvée par 65% des Français, selon un sondage Ifop pour Paris Match. 69% des sympathisants socialistes comme 60% des sympathisants UMP y sont opposés.
    Globalement, l'idée n'est approuvée que par un tiers des personnes interrogées, 34%.
    L'opposition est nette et majoritaire dans toutes les catégories socio-professionnelles et politiques, même chez les Verts, note l'Ifop. Les sympathisants du parti écologiste s'y déclarent en effet hostiles à 56% contre 44%.=> Qui étaient les signataires du Pacte Ecologique de Nicolas Hulot en Juillet 2007 ?
    LIEN
    Europe Ecologie, Cohn-Bendit, Eva Joly et Jojo Bové ont-ils de quoi se montrer satisfaits? On dit qu'ils se posent désormais des questions existentielles sur leur avenir politique. Le feu de broussailles des Européennes est-il éteint ?
    Pour mieux coller au sondage des 3 et 4 septembre, Sa Cynique Majesté susnommée a donc retourné sa veste. Puisqu'à son cynisme constitutionnel, il faut ajouter un besoin pathologique de se démarquer, la Toquée Royal trouve ici une nouvelle occasion de se singulariser tout en faisant obstruction à la mesure qu'elle défendait pourtant hier. L'antisarkozysme primaire consiste désormais à se faire sur les pieds.

    Les réactions au revirement de la girouette Royal
    Une franche poignée de mains


  • Le socialiste Jack Lang qualifie aujourd'hui d' "opération populiste et opportuniste" la posture démagogique de l'ancienne candidate. Cet ancien ministre de Mitterrand qui faisait partie de l'équipe de campagne de la candidate socialiste défaite, stigmatise au passage la démonétisation de la parole politique. Autres temps, autres moeurs ?... LIEN
  • Thierry Mariani (UMP)
    VOIR et ENTENDRE
    le représentant spécial de la France pour l'Afghanistan et le Pakistan sur le sujet de la taxe carbone à France Info en ce mercredi matin, à la suite d'un entretien sur la situation afghane et de la burqa en France, mais aussi celle dans les prisons et la détention provisoire. Il propose de faire de la pédagogie auprès des Français qui avaient manifesté de la sympathie -voire de l'intérêt- pour le Pacte Ecologique proposé par Nicolas Hulot, mais qui ne font peut-être pas clairement le lien: il propose d'appeler la taxe carbone du nom de son promoteur, 'taxe Hulot':


















    Thierry Mariani,france info ,09 09 09 envoyé par FranceInfo

    Le gouvernement qu'on disait peu préoccupé d'écologie s'avère plus vert que bien d'autres.

    La morale de Sa Cynique Majesté Royal est sauve
    Comme sa ligne de conduite morale éthique.
    Ils ne peuvent plus ignorer que, puisqu'elle est incapable de respecter sa signature, ils iraient au-devant de graves déconvenues, si jamais elle accédait au pouvoir.
    Elle garde sa conscience pour elle et c'est mieux comme çà !

    N.B.
    Un prochain article de PaSiDupes est consacré aux réductions d’impôt prévues par le gouvernement en faveur des plus défavoriés pour compenser la taxe carbone taxe Hulot.
  • dimanche 30 août 2009

    Cohn-Bendit: « Ridicule », la position de l'amère Royal sur la taxe carbone

    Désirdavenir Royal fait obstacle à une participation de son camp aux primaires
    Daniel Cohn-Bendit (Europe-écologie) a qualifié dimanche de "ridicule" et "aberrant" le point de vue de Sa Cynique Majesté Royal sur le projet de taxe carbone, qualifiée vendredi par la présidente PS de Poitou-Charentes d'"impôt injuste".

    "Elle est à l'est avec ce qu'elle a dit !", a lancé le chef de file d'Europe-écologie sur Europe 1. "Ce qu'elle a dit est complètement ridicule, absolument ridicule". Voire minable ?...

    Dany-le-Rouge brandit la menace

  • Son constat: l'amère Royal fait obstacle à une participation de son camp aux primaires

    "Si voter pour les primaires c'est dire: la contribution climat-énergie, on n'en veut pas, c'est complètement idiot, on ne peut pas y participer", car "nous croyons que la fiscalité écologique est une nécessité, une urgence", a poursuivi D. Cohn-Bendit.

  • Son rappel à la « cohérence juste »

    "C'est Ségolène Royal qui pendant toute la campagne électorale nous a dit: l'ordre juste, avec les punitions nécessaires et qui aujourd'hui, se fait le chantre d'un néo-libéralisme du comportement ! C'est aberrant. Il faut une réglementation", a-t-il poursuivi.

  • Dany-le-Rouge se paie la tête de Marie-sEGOlène

    Enumérant les initiatives de fiscalité écologique dans le monde entier, il a ajouté: "la présidente de Poitou-Charentes, elle seule, avec Claude Allègre - voilà une alliance révolutionnaire maintenant - dit : ça, c'est contre le peuple"...

  • Sentence de Daniel Cohn-Bendit

    Le donneur de leçon condamne "C'est de la mauvaise politique".

    Dany-le-Rouge met le PS en garde

    Le message est-il assez clair ?
    La ré-élection de l'amère de Melle à la Région est soumise au bon vouloir de Dany-le-Rouge.

    Les primaires « ouvertes » se ferment … et le ciel de Poitou-Charentes se bouche.
  • mercredi 29 juillet 2009

    La taxe sur le CO2 proposée par Rocard sera redistribuée, précisent Borloo et Lagarde

    Des réactionnaires taxent le projet de leurs inévitables critiques

    L'ancien Premier ministre socialiste, Michel Rocard, président de la conférence d'experts sur la création d'une taxe carbone, ou Contribution climat énergie (CCE), a rendu mardi 28 après-midi sa copie au ministère du développement durable. Il s'est rendu à 16h30 à l'Hôtel de Roquelaure où il a remis ses recommandations à Jean-Louis Borloo et à la ministre de l'Economie Christine Lagarde.
    Les ministres ne voyaient pas alors la nécessité de communiquer à ce stade, estimant "que tout a été dit" après les fuites parues la semaine dernière dans le quotidien économique Les Echos, ont-ils observé lundi.

    La conférence de consensus d'experts

    Elle a réuni pendant deux jours début juillet économistes, industriels, syndicalistes et associatifs pour dessiner les contours de cette CCE.
    Puis, le 9 juillet, une table ronde a rassemblé à huis-clos, sous la présidence de M.Rocard, une quinzaine de personnes (élus, économistes, représentants du patronat et des syndicats), pour formuler ses recommandations.
    Ce sont celles qui ont fait l'objet d'un consensus qui ont été présentées aux ministres mardi. LIEN vers les recommandations que l'ancien premier ministre a officiellement remis mardi 28 juillet.

    Les objectifs de la taxe carbone

    Cette future taxe concerne les énergies fossiles - pétrole, gaz, charbon - "afin de dissuader les consommations excessives", génératrices d'émissions de gaz à effet de serre, a rappelé lundi Michel Rocard. Elle pourrait également s'appliquer à l'électricité, mais ce "n'est pas encore décidé". M. Rocard s'est déclaré "personnellement pour".

    Cette taxe pourrait rapporter 8 milliards d'euros sur la base d'une tonne de CO2 facturée 32 euros dans l'immédiat (puis 100 euros en 2030). Avec le chauffage, elle représenterait un total moyen de 300 euros annuels par ménage.

    "Nous voulons en tirer de quoi compenser les pertes de pouvoir d'achat des classes moyennes et populaires et soulager les entreprises menacées par la concurrence étrangère", insiste Michel Rocard, qui met en garde: la CCE ne doit pas servir à boucher des trous dans les finances publiques.

    Que fera en effet le gouvernement des 8 à 9 milliards d'euros que devrait rapporter ce nouvel instrument dès la première année ?

    M. Rocard avait précisé lundi que la manière de compenser la taxe n'était"pas encore tout à fait mise au point". Ce serait à l'administration fiscale d'y travailler pour une inscription possible de la CCE au projet de budget, dès cet automne.L'idée initiale de reverser intégralement ce montant sous forme d'un "chèque vert" pour les ménages ou de baisser les charges pour les entreprises a d'ailleurs été écartée.

    Une partie de cette somme pourrait donc être affectée au financement des dispositifs de type prêt à taux zéro mis en place pour inciter les ménages à isoler leur logement ou à changer leurs systèmes de chauffage, indiquait-on. La compensation serait alors réservée aux ménages les plus modestes en prenant en compte d'autres critères, comme la nécessité d'emprunter sa voiture pour aller travailler et le fait d'habiter en milieu rural qui introduit, comme l'ont montré les études de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), une inégalité devant l'impôt.

    Ils ont tous des raisons de craindre les conséquences du changement climatique
    Tous d'accord pour que soit fait quelque chose, à condition de ne pas être touchés.<br>
    "On nous demande de parler avant d'avoir fini de travailler. Or c'est un processus lent, il faut être prudent", regrette Michel Rocard. Et en effet, les ministres Borloo et Lagarde n'avaient pas reçu les propositions de la conférence que chacun y était déjà allé de sa critique, ou de sa propre recommandation: des syndicats au Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) du Che-Besancenot, en passant par des associations de consommateurs, et des mouvements de défense de l'environnement, comme évidemment le réseau Sortir du nucléaire qui n'a jamais rien approuvé, et de la CGPME (Confédération générale des petites et moyennes entreprises) à des responsables politiques de l'UMP. Ils qualifient tour à tour la taxe carbone de hold-up sur le pouvoir d'achat des ménages, de menace sur la compétitivité des entreprises, de cadeau à l'industrie du nucléaire...

    Certains élus soucieux de la réduction des déficits publics, comme le rapporteur UMP du budget à l'Assemblée Gilles Carrez, réclamaient tout naturellement que les futures recettes tombent dans le budget général.
    Rocard lui-même préfère pour sa part la jouer en mineur: "Nos recommandations sont fermes sur les principes mais il faut maintenant que le ministère de l'économie règle les détails, affine ses évaluations. Il y a encore des mois de travail."
    Mais si le premier ministre, François Fillon, a promis "d'ouvrir un grand débat", les arbitrages ne sont pas pris.

    Le fruit de la taxe serait intégralement redistribué aux ménages

    Les mécontents patentés se sont emportés bille en tête avant d'en savoir plus.

    Le lendemain, le temps de recevoir l'ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard et le rapport de sa commission sur cette contribution climat-énergie (CCE), les ministres de l'Ecologie et de l'Economie, Jean-Louis Borloo et Christine Lagarde annonçaient pourtant mardi 28, que la future taxe sur les émissions de CO2 sera intégralement redistribuée aux ménages et aux entreprises.
    "Cette contribution sera strictement compensée par une baisse des prélèvements obligatoires, de façon à préserver le pouvoir d'achat des ménages et la compétitivité des entreprises", ont-ils déclaré dans un communiqué.