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dimanche 18 mars 2018

Hulot :pas de réduction de nucléaire sans augmentation du CO2

Nicolas Hulot ne croit pas pouvoir réduire la part du nucléaire à 50% d'ici 2025

La France devrait accroître significativement ses émissions de CO2

Macron renonce à atteindre 50 % de nucléaire contre 75 % aujourd’hui - dans le mix électrique en 2025. C’est le constat que fait le ministre Nicolas Hulot, se fondant sur un rapport de RTE, le gestionnaire du réseau électrique français. Il met en accusation un manque d’anticipation du pays, pour ne pas dire une idéologie dominante irréaliste, car un tel objectif nécessitait de fermer une quinzaine de réacteurs en 7 ans.  

La loi de transition énergétique continue néanmoins de prévoir la réduction de la part du nucléaire de 75 à 50 % en 2025.  C’était la mesure phare de la loi de transition énergétique présentée en Conseil des ministres le 30 juillet 2014 par Ségolène Royal, ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, et signée le 17 août 2015. 
La France, le pays le plus nucléarisé au monde, annonçait la réduction de 75 à 50 % de la part de l’atome dans son mix électrique. Un engagement de François Hollande lors de la campagne de 2012 dans le but d’obtenir un accord électoral avec EELV. 

Le 7 novembre 2017, c’était le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, qui se résolvait à repousser cette promesse… à laquelle, en réalité, aucun observateur n’a jamais réellement cru. "Il sera difficile de tenir ce calendrier de 2025 sauf à relancer la production d'électricité à base d'énergies fossiles", a-t-il déclaré à l'issue du Conseil des ministres. 
Il assure que le gouvernement va viser "une date plus réaliste" et précise : "Le gouvernement a réaffirmé très clairement son souhait d'atteindre au plus vite l'objectif de 50 % de la part du nucléaire, mais évidemment sans sacrifier ou rogner nos objectifs sur le changement climatique". 

Les écolos consentiraient à un doublement des émissions de CO2 

L’annonce de l’ancien homme d'affaire a été coordonnée avec la sortie d'un rapport très sensible (et plusieurs fois reporté) de RTE, le réseau de transport électrique. Selon ce dernier, l’objectif de réduction à 50 % de la part du nucléaire d’ici 2025 multiplierait pas deux les émissions de CO2 françaises. Soit un passage de 22 millions de tonnes de CO2 émises par le système électrique en 2016 à 42 millions de tonnes en 2035. "Il n’est pas possible de combiner la fermeture des centrales à charbon avec l’arrêt des réacteurs nucléaires" pour répondre à la consommation électrique des Français, explique Olivier Grabette, directeur général adjoint de RTE. 

Le ministre reprend cette analyse à son compte.
"Si l'on veut maintenir la date de 2025 pour ramener dans le mix énergétique le nucléaire à 50 %, ça se fera au détriment de nos objectifs climatiques. Et ça se fera au détriment de la fermeture des centrales à charbon et si l'on voulait s'acharner sur cette date, il faudrait même rouvrir d'autres centrales thermiques". 

Ce report met à mal les campagnes des opposants au nucléaire.
Ils dénoncent déjà ce rapport de RTE issu d’une filiale d’EDF, exploitant des 58 réacteurs français. Prêts à verser dans le complotisme, le député européen Yannick Jadot ou Greenpeace (ONG illégitime) accuse les lobbies nucléaires en France et en Europe. 
Sauf que le président de RTE n’est autre que François Brottes, ancien président (PS) de la Commission des finances de l’Assemblée nationale, et surtout ancienne éminence grise de François Hollande en matière d’énergie. 
C’est même ce député qui a poussé l’ancien président de la République à mettre en place cet objectif de 50 % de nucléaire… difficile de le taxer de "pro-nucléarisme primaire". 

15 réacteurs à fermer en 7 ans… au minimum

Pour atteindre ces 50%, Sortir du nucléaire exigeait la fermeture de plus de 20 réacteurs. La Cour des Comptes avançait un nombre de 17 à 20 tranches. Nicolas Hulot évoquait, quant à lui, jusqu’à 17 réacteurs à arrêter. 
Or, fin 2017, seul l’arrêt des deux réacteurs de Fessenheim (Haut-Rhin) est programmé. Et encore, cela interviendra début 2019 quand l’EPR de Flamanville (Manche) entrera en service… Cela n’aura donc pas d’impact sur la production nucléaire globale. Il resterait donc 7 ans à la France pour fermer, au bas mot, 15 tranches sur les 58 qu’elle possède. Une impossibilité étant donné un ralentissement du déploiement des renouvelables et la mise à l’arrêt des centrales électriques au fioul et au charbon pour abaisser ses émissions de CO2. 

Sans mise en place d’autres systèmes de production, la fermeture des réacteurs nucléaires mettrait en danger la sécurité d’approvisionnement nationale. Si elle avait voulu réellement tenir cet engagement, la France aurait dû engager la transition énergétique il y a déjà plusieurs années. Or, Pierre-Franck Chevet, le président de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), avait fait une recommandation en 2012, dès son arrivée en poste… ! 

Vers la prolongation des réacteurs
Reste maintenant à savoir quand cet objectif de 50 % sera fixé. Nicolas Hulot promet qu’une nouvelle date sera annoncée dans les mois à venir. Si le recul est important - et RTE conseille 5 ans - , il va lourdement impacter la décision de la prolongation de la durée de vie des réacteurs au-delà de 40 ans. 
Or, les premiers examens de sûreté en ce sens débuteront en 2019. Sur la décennie à venir, une quarantaine de réacteurs passeront ce cap : l’essentiel du parc a été construit entre 1980 et 1990. La difficulté qu’a rencontré le gouvernement Hollande à faire fermer de manière anticipée la centrale de Fessenheim, laisse présager qu'il faudra tordre le bras d'EDF pour qu'elle éteigne ses unités, d'autant qu'elle aura obtenu une rallonge de dix ans !

samedi 3 mars 2018

Bure: des opposants au nucléaire vont au clash avec les forces de l'ordre

La presse dite d'information n'avait pas pris la peine de rappeler cette mobilisation annoncée

Des 
opposants à un projet d'enfouissement des déchets nucléaires du parc français ont créé des échauffourées avec les 
forces de l'ordresamedi après-midi.

Ce grand rassemblement à Bure étaient prévu pour ce premier week-end de mars depuis le début de l'année. Approchant à travers les champs du bois Lejuc, épicentre de la contestation dans le nord-est de la France, des opposants ont lancé des projectiles en direction de l'important dispositif des forces de l'ordre qui bloquaient l'accès à la forêt. Les gendarmes ont répliqué en lançant des grenades lacrymogènes.

Peu après, le gros du cortège de quelques centaines de manifestants, qui s'était mis en route vers 15h00 depuis la commune de Mandres-en-Barrois, a rebroussé chemin vers la route. Quelques opposants continuaient toutefois de s'en prendre aux forces de l'ordre, sous un épais nuage de fumée.

La préfecture de la Meuse avait pris jeudi soir un arrêté interdisant "toute manifestation" samedi et dimanche dans le secteur, en raison de la perspective de "troubles graves à l'ordre public". Une interdiction qu'ont décidé de braver les opposants à ce projet baptisé Cigéo.

Dans la matinée, environ 300 manifestants, selon la police, avaient marché dans le calme entre la localité de Bure et celle de Mandres-en-Barrois, où se situe le bois Lejuc. 
Le site de Bure a été choisi en 1998 pour accueillir un laboratoire souterrain qui doit préparer l'enfouissement à 500 mètres sous terre des déchets nucléaires les plus radioactifs ou ayant une longue durée de vie du parc français.Sur quelque 221 hectares, le bois et ses abords ont été retenus par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) en vue de l'installation des cheminées d'aération du laboratoire. L'Andra a prévu de réaliser des forages exploratoires dans la forêt afin de collecter des données avant de déposer une demande d'autorisation officielle de création du site, prévue pour 2019.
Depuis le lancement du projet, les manifestations d'opposants se sont multipliées et des recours judiciaires ont été intentés pour empêcher le début des travaux. En août, des affrontements avaient fait six blessés parmi les opposants et deux parmi les gendarmes.

La préfète de la Meuse (nord-est), Muriel Nguyen, avait déclaré vendredi que "plus de 700 opposants (étaient) attendus" samedi et dimanche, dont "un nombre important" présente un "profil extrêmement inquiétant". "Il existe un fort risque d'affrontements avec les forces de l'ordre stationnées aux abords du bois", avait affirmé la préfète.

"Au vu du dispositif militaire déployé pour entraver la tenue de ces rencontres, nous dénonçons fermement la stratégie de la tension mise en place par les autorités et redoutons les conséquences d'une répression qui semble d'ores et déjà planifiée", avait de son côté réagi plus tôt samedi le Réseau Sortir du Nucléaire.

Emplois menacés chez Vallourec : Macron décevra-t-il Bertrand ?

Bertrand exprime sa "totale incompréhension" à Bruno Le Maire

Xavier Bertrand a réagi à l’annonce de Vallourec de fermer une ligne de production sur le site de Saint-Saulve (Nord) 

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employant 164 salariés, dans un courrier adressé samedi au ministre de l’Economie, Bruno Le Maire. "C’est avec une vive émotion et une totale incompréhension que nous avons appris la fermeture de la ligne de finition de tubes chaudières",  écrit le président de la région Hauts-de-France, dans ce courrier daté de jeudi et cosigné par Xavier Bertrand (divers droite), Valérie Létard (sénatrice UC du Nord) et Laurent Degallaix (président UDI de Valenciennes Métropole). 

Le fabricant de tubes sans soudure Vallourec a annoncé mercredi la fermeture, affirmant que cette activité subit 'de plein fouet la baisse continue des volumes dans l’énergie électrique conventionnelle, et ce dans un environnement extrêmement concurrentiel". 
Cette annonce intervient alors que des discussions sont en cours pour le sauvetage de l’aciérie Ascoval de Saint-Saulve, près de Valenciennes (depuis les années 70), dans lesquelles Vallourec est partie prenante avec l’Etat et le groupe suisse Schmolz + Bickenbach. "Lors de nos nombreuses rencontres" au sujet de la "restructuration d’Ascoval", en présence de la direction du groupe Vallourec, "il n’a jamais été question" d’un "nouveau plan social laissant présager "une éventuelle fermeture d’une ligne de production”, ont regretté les signataires. 

"Face à la brutalité de cette décision, nous nous interrogeons sur la stratégie du groupe et la transparence des déclarations qui nous sont faites", ont-ils ajouté, réclamant au ministre des "solutions concrètes" pour "l’ensemble des salariés concernés et le devenir du site". 
"La colère, le sentiment de trahison sont grands dans le Valenciennois, parmi les salariés, la population et les élus locaux à qui revient la charge d’assumer les conséquences sociales et économiques de tels choix", a pour sa part réagi Michelle Gréaume, sénatrice PCF du Nord, dans un courrier adressé également au ministre de l’Economie. 
Dans un communiqué, Philippe Eymery, conseiller régional FN, a dénoncé quant à lui "les jeux irresponsables de meccanos industriels" qui "engendrent casse sociale," ainsi que les "ambivalences d’un Etat faible sans politique industrielle coordonnée"

Après l’annonce mercredi de la fermeture de cette ligne, les salariés du site de Saint-Saulve ont décidé en assemblée générale d’engager une grève reconductible, a indiqué Jean-Claude Triboulet, délégué CFDT.  "Jeudi et vendredi l’usine était à l’arrêt et une nouvelle réunion est prévue lundi avec les salariés", a-t-il affirmé.

En janvier 2013, les socialistes Batho et Montebourg posaient en VRP du nucléaire à Vallourec

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En déplacement en Bourgogne à l’usine Vallourec, Arnaud Montebourg et Delphine Batho annoncèrent la création d’un fonds de plus de 150 millions d’euros pour les PME du nucléaire, les deux ministres se posant encore une fois, en VRP du nucléaire.

Sans doute conditionné par la forte présence, à Montbard, d’entreprises nucléaires dans son fief électoral bourguignon, Arnaud Montebourg, le ministre du "Redressement productif", pour ne pas dire de l'Industrie, n’avait d’yeux que pour une énergie encore restée sans alternative dans le monde d'aujourd'hui et qu’il cherchait à faire durer, faute de substitut. Quant à la priorité de Delphine Batho, en tant que ministre de l’Environnement, elle aurait pu être de voler au secours de la filière des renouvelables, qui avait perdu plus de 15.000 emplois les années précédentes, du fait d’un manque de soutien gouvernemental, et d’aider la France à rattraper son retard en ce domaine. Bon gré, mal gré, elle était contrainte d’apporter son appui à une filière industrielle décriée, mais sans équivalent.

Selon Arnaud Montebourg, ce fonds prévoyait de créer près de 110.000 emplois, soit presque autant que le nombre d’emplois directs dans le nucléaire actuellement. Ce soutien à la filière montrait bien que le gouvernement n'avait pas acquis les moyens d'atteindre l’objectif affiché de réduire la part du nucléaire à 50% d’ici 2025. Il s’agissait là d’aider les entreprises du nucléaire à maintenir leur capacité de production et de limiter notre dépendance aux fournisseurs voisins, notamment d'électricité, la "transition énergétique" annoncée n'étant pas assurée, pas plus que la nécessaire reconversion des travailleurs du nucléaire.

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En juin 2015,
le ministre français de l'Économie, Emmanuel Macron, visitait une usine du groupe (ci-dessus) et estimait alors que Vallourec devait "articuler" son plan social avec ..."un nouveau plan industriel". En même temps, il incriminait des "pratiques de dumping chinoises" dans la sidérurgie. L'Etat était alors présent au capital de Vallourec dont il détenait indirectement près de 7,5 % du capital, via Bpifrance et la Caisse des dépôts.

En février 2016Macron, ministre de Hollande, annonçait une augmentation de capital d'un milliard d'euros souscrits par Bpifrance (organisme public français de financement et de développement des entreprises) et Nippon Steel qui prennent de ce fait une participation de 15 % chacun dans l'entreprise, mais le groupe Vallourec annonça bientôt une suppression de mille postes dans un contexte de chute du prix de pétrole et de faible demande pour les équipements ...para-pétroliers.

La sûreté nucléaire d'alors ne faisait que se dégrader, selon Sortir du nucléaire, qui continue, cinq ans plus tard, à développer une psychose des risques nucléaires, sans disposer pour autant d'éléments nouveaux étayant sa thèse. 
Au printemps 2015, Vallourec - société anonyme à directoire et conseil de surveillance - annonce la suppression de deux mille postes dans le monde, du fait du contexte de baisse d'investissement dans les industries ... pétrolière et gazière, lié à la baisse des cours dont plusieurs centaines en France.

lundi 12 mars 2012

Le nucléaire, prétexte à l'activisme révolutionnaire international

Bientôt des marches contre les tsunamis, les tornades et feux follets ?





Les révolutionnaires internationalistes
intrumentalisent le nucléaire




Il y a un an jour pour jour, un accident nucléaire majeur est survenu à la centrale de Fukushima à la suite d'une catastrophe naturelle, un tsunami, qui a fait plus de 19 000 morts et disparus dans le nord-est du Japon.
Des dizaines de milliers d’opposants à l’énergie nucléaire ont manifesté dimanche à travers le monde, un an après le tsunami qui a provoqué la catastrophe de la centrale de Fukushima au Japon.

En France, la centrale de Fessenheim est-elle exposée au risque d'un tsunami ?


Faut-il aussi détruire les barrages hydroélectriques de Donzère-Mondragon ou de Génissiat, à titre préventif, contre le risque qu'un avion vienne s'y écraser. Le barrage de l'Aigle (ci-dessous), dit " barrage de la Résistance " sur la Dordogne, aux confins de la Corrèze et du Cantal, doit-il être désaffecté par mesure de précaution, au prétexte qu'il fut construit pendant la Seconde Guerre mondiale ? Peut-être François Hollande, le président de Conseil général, y serait-il opposé ?
En Allemagne, pays qui a décidé d’abandonner progressivement le nucléaire après le séisme et le tsunami qui ont endommagé les réacteurs de la centrale de Fukushima Daichi, près de 50 000 personnes (mais c'est selon les organisateurs), ont protesté dans six régions. " Fukushima nous avertit : il faut fermer les centrales maintenant !, clamaient les activistes. Sur près de 80 kilomètres, quelque 24 000 manifestants antinucléaires revendiqués ont formé dans la soirée une chaîne humaine, brandissant des flambeaux, dans la région de Braunschweig (nord). Quelque 3 000 personnes ont encerclé la centrale de Brokdorf (nord), selon les organisateurs. Des actions de protestation ont également eu lieu près des réacteurs de Gundremmingen (sud), Neckarwestheim (sud) et Grohnde (nord).
En France, pays où l'industrie nucléaire est la plus développée au monde et produit 75% de l’électricité produite, une chaîne humaine aurait rassemblé 60 000 selon les organisateurs (difficile à croire au vu de la photo ci-contre) mais seulement 31 300 personnes selon les forces de l’ordre. Venus d’Allemagne, de Suisse, de Belgique et de toute la France, les extrémistes se sont déployés sur les 230 km séparant Lyon (centre-est) d’Avignon (sud), le long de la vallée du Rhône, région où l'industrie du nucléaire fournit le plus d'emplois en Europe avec ses quatorze réacteurs.
A l’ouest de la Suisse, quelque 5 000 militants antinucléaires ont marché pendant plus d’une heure aux abords de la centrale de Mühleberg. Les marcheurs "Sortons du nucléaire" exigeaient l’ "arrêt immédiat des centrales de Mühleberg et de Beznau ". Depuis l’accident de Fukushima, les autorités suisses ont recommandé de ne pas remplacer les cinq réacteurs en fonctionnement à l’issue de leur période d’exploitation d’ici à 2034.
En Espagne, plusieurs centaines d'activistes se sont rassemblés près de la centrale de Garona, dans le nord du pays, pour réclamer sa fermeture. Le gouvernement vient de décider de prolonger de cinq ans l’exploitation de cette centrale, la plus ancienne du pays.
En Australie, quelque 500 manifestants contre le nucléaire se sont rassemblés près des sièges des groupes miniers BHP Billiton et Rio Tinto, à Melbourne, à l’initiative d’une association d’expatriés japonais appelée " Les Japonais pour la paix ", ce qui donne un aperçu de l'orientation politique des extrémistes. " Il est très important pour nous de commémorer cette journée, afin que les Australiens se souviennent de ce qui s’est passé à Fukushima et du rôle de l’Australie comme fournisseur important d’uranium au Japon, y compris aux réacteurs de Fukushima ", a déclaré un organisateur, Kazuyo Preston. Il demande également au gouvernement travailliste de Julia Eileen Gillard de mettre un terme à ses exportations d'uranium. L’Australie n’est pas une puissance nucléaire, mais elle est le troisième producteur mondial d’uranium (10% de la production mondiale, sans compter ses projets Honeymoon et Four Mile), derrière le Kazakhstan et le Canada. Les réserves d'uranium australien sont estimées à 31% des réserves mondiales.

A Taiwan
, 5 000 militants (selon les organisateurs qui n'ont pas dû les minorer), ont défilé dans les rues de Taipei pour demander la fermeture des trois centrales nucléaires "dès que possible", dans ce pays régulièrement ébranlé par de puissants séismes.

Les nucléaires iranien et coréen du Nord sont à l'abri de ce genre de manifestations révolutionnaires: une explication ??


vendredi 2 avril 2010

Grenelle de l'environnement: le tango de Nicolas Hulot

Jadot, oiseau mazouté de mauvais augure

Lundi, la fondation Nicolas Hulot annonce son retrait des discussions après l'abandon de la taxe carbone. Vendredi, son président, réhabilite la politique gouvernementale.

A l 'écrit dans Le Parisien et à l'oral sur RTL, Nicolas Hulot apporte une sorte de rectificatif au courrier qu'il avait envoyé aux 750 000 signataires de son pacte écologique, dans lequel le conseiller officieux de Jacques Chirac se justifiait: « Quand les décideurs politiques prendront des décisions structurantes, nous reviendrons au sein des groupes de travail. »

Un coup de fil de Jean-Louis Borloo a calmé Monsieur Hulot
Ce dernier explique sur RTL : « J'ai eu une longue et franche discussion hier [jeudi] soir avec Jean-Louis Borloo, qui considère que nos inquiétudes ne sont pas fondées, et qui rappelle à juste titre qu'il ne faut surtout pas tomber dans le travers qui consiste à dire que le Grenelle n'a servi à rien. »

L'écologiste vif-argent se lance plus loin dans une ré-évaluation de la politique gouvernementale :
« Déjà en Europe, la France est devenue leader en matière de logement, de transport… Il y a une commission sur l'environnement à l'Assemblée, le Conseil économique et social est devenu environnemental. »
Et de faire le mise au point qui s'imposait: « Vous ne m'entendrez pas dire que le président n'a rien fait »

Le président n'est pas resté les « bras ballants »

Nicolas Hulot nuance donc sa révolte

Alors que le bouclier fiscal est la cible d'une nouvelle polémique et que 13 députés chiraquiens et villepinistes s'inquiètent de leurs ré-élections, Hulot se déclarait précisément contre notre « modèle capitaliste pas tenable ». Pour autant, il reconnaît maintenant le travail accompli par Sarkozy et ses ministres, ce qui n'est pas commun dans le climat post-régionales actuel qui émoustille l'opposition. Les Verts bobos qui ne savent pas être objectifs en restent babas.
« Vous ne m'entendrez pas dire que le président de la République n'a rien fait. Il a été offensif à Copenhague. Et sur le Grenelle, il a tenu la plupart des engagements qu'il a pris. »

Hulot rend hommage au ministre Borloo et à sa secrétaire d'Etat, Ch. Jouanno : « Heureusement qu'on les a au gouvernement ! » Yannick Jadot manque d'air.
Lien PaSiDupes

Ecologistes et écologistes politiques s'affrontent

Yannick Jadot, (au centre et à la droite d'Eva Joly ) ancien directeur de Greenpeace et eurodéputé (Europe Ecologie) déclarait en 2008: “ Si je suis contraint de quitter Greenpeace et de sortir de mon rôle de contre-pouvoir, c'est que face à la crise écologique, l'offre politique est insatisfaisante, voire indigente”, avant de rejoindre Europe Ecologie et Dany-le-rouge.
Hulot et sa fondation (ex-Fondation Ushuaïa avant janvier 1995) fait faire aujourd'hui la découverte de la mesure au co-fondateur et porte-parole de l’Alliance pour la planète, réseau d'ONG, de syndicats, d'associations et de collectifs d'associations de consommateurs et d’agriculteurs, etc liés à l’écologie. La Fondation Nicolas-Hulot pour la nature et l'homme, France nature environnement et Réseau Sortir du nucléaire n'en sont plus membres...

Le député européen altermondialiste s'étonne que l'écologiste « renvoie droite et gauche dos à dos et omet de reconnaître qu'Europe Ecologie est la troisième force politique ». L'écologique est-elle restée sa priorité ? Jadot estime que « Hulot avait été le seul à soutenir la taxe carbone à la mode Sarkozy (lien PaSiDupes: les Verts veulent une taxe plus lourde) alors que les écolos la trouvaient inefficace sur le plan environnemental et injuste sur le plan social. »
Partisans para-politiques

L'épisode taxe carbone aura sans doute permis de prendre la température de la radicalité des associations -Lien PaSiDupes sur la défiance des Verts :

Le WWF a ainsi eu des mots très durs : son directeur général, s'emballe sur le retocage annoncé de la taxe carbone. Selon Serge Orru, qui prétend "renouer le lien entre l'humain et son environnement", mais certes pas entre humains, ce délai ne constitue « pas un enterrement mais un reniement du président et un très mauvais signal ». De tels jugements font douter que ceux qui les profèrent souhaitent sincèrement faire avancer le débat.
Le panda hurle au loup, mais ne procède finalement pas autrement que Nicolas Hulot, puisqu'il demande « un entretien avec le président et les associations participantes pour qu'il réaffirme son engagement ».


Yannick Jadot, quant à lui, n'a pas non plus de préjugés, mais tout de même...
Il fait parler le chef de l'Etat sans aucun a priori: « Sarkozy va tous les réunir et leur dire “faites-moi confiance” et tout le monde retournera à table. ». Jadot recherche si fort le dialogue qu'il réunit toutes les conditions...

Greenpeace, qui, en tant qu'organisation supra-nationale et illégitime, ne reçoit pas de subventions, joue sur la rupture, estimant qu'il n'y a pas à se retirer d'un processus « quasiment mort depuis quelques mois déjà ». Ca ressemble à du Besancenot. Elle est capable de reprocher le manque de dialogue du pouvoir exécutif, mais ne demande pas à rencontrer les membres du gouvernement. Les seuls interlocuteurs à la convenance des démocrates de Greenpeace sont ses collègues associatifs. L'ouverture n'est pas au programme des organisations radicales.

Avant même que Greenpeace ne réalise cette concertation unilatérale, Yannick Jadot, s'est fait une opinion
: il prévient, comme si c'était fait, que Greenpeace, suivie par sa meute des Amis de la Terre, va faire le choix de la rupture. « Je serais eux, je ne retournerai pas à table tant qu'il n'y aura pas d'actes posés », explique l'ancien patron de Greenpeace. Classés ONG par l'ONU, les Amis de la Terre s'opposèrent vivement à la conférence de Copenhague (Danemark), du 7 au 18 décembre 2009.

Mais, pour Hulot, le « dialogue n'est pas rompu »

Vigilante, mais pas soumise, la Fondation Nicolas Hulot dérange.
Car les autres ONG ont été forcées de aligner en urgence.

L'autonomie médiatique de la Fondation indispose le tout nouveau président de France Nature Environnement (FNE), Bruno Genty.
« Ça va nous obliger à arrêter une position commune. De notre coté, on se dit qu'il y a d'autres enjeux que la taxe carbone, et que la discussion de la loi Grenelle II, qui arrive en discussion au parlement début mai, sera le véritable test. Le dialogue environnemental, c'est comme le dialogue social, on est dans la position des syndicats qui ont beau être radicaux, ils ne se retirent pas pour autant des négociations. » L'autonomie de FO ne lui pose pas tant de problèmes.
Bruno Genty (FNE) succède à Jean-Pierre Raffin (né en 1937) qui en est maintenant président d'honneur, mais il fut membre du cabinet (de 1997 à 1999) de Dominique Voynet, ministre de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement de Jospin et reste un proche de Daniel Cohn-Bendit.

Si FNE se radicalisait, met en garde son président, cela déboussolerait les milliers de militants de terrain, qui siègent dans des commissions institutionnelles (de protection de la nature, de gestion des risques, etc.).
Les associations qui touchent le plus de subventions, comme FNE (38% du budget), la Ligue de protection des oiseaux (37 % selon son rapport d'activités 2008), sont typiquement bien installées dans la cogestion et il deviendrait inconfortable d'opter pour la rupture. Ecologie sans frontière appelle même les autres ONG à « ne pas quitter le navire », estimant que « le combat se situe à l'intérieur du processus Grenelle. »

Les associations ont déjà réussi à se diviser: celles qui participaient et celles qui avaient refusé le Grenelle.


Ainsi, Sortir du nucléaire, qui n'avait pas rejoint le Grenelle, avait rayé de ses sujets de discussion la question de l'atome.
Le réseau Sortir du nucléaire, qui vit des cotisations de ses adhérents, refuse par principe toute concertation avec la mission Granite sur l'enfouissement des déchets nucléaires. Des acteurs plus radicaux du mouvement antinucléaire le critiquent pourtant.
Cette fois, la taxe carbone fissure la digue associative des « grenelliens » .

L'altermondialiste Vert Jadot sous l'emprise d'éoliennes

L'éolien est un "très mauvais signal".
Orru ne communique pas sur le sujet et le directeur-général du WWF n'est pas encore mûr pour un ... "reniement" !


Pourtant, la proximité des éoliennes provoquerait, selon un article paru dans Le Monde Magazine du 28 novembre 2009, du stress, des insomnies, des nausées, des vertiges, une irascibilité, etc. Pauvre Yannick !

mercredi 29 juillet 2009

La taxe sur le CO2 proposée par Rocard sera redistribuée, précisent Borloo et Lagarde

Des réactionnaires taxent le projet de leurs inévitables critiques

L'ancien Premier ministre socialiste, Michel Rocard, président de la conférence d'experts sur la création d'une taxe carbone, ou Contribution climat énergie (CCE), a rendu mardi 28 après-midi sa copie au ministère du développement durable. Il s'est rendu à 16h30 à l'Hôtel de Roquelaure où il a remis ses recommandations à Jean-Louis Borloo et à la ministre de l'Economie Christine Lagarde.
Les ministres ne voyaient pas alors la nécessité de communiquer à ce stade, estimant "que tout a été dit" après les fuites parues la semaine dernière dans le quotidien économique Les Echos, ont-ils observé lundi.

La conférence de consensus d'experts

Elle a réuni pendant deux jours début juillet économistes, industriels, syndicalistes et associatifs pour dessiner les contours de cette CCE.
Puis, le 9 juillet, une table ronde a rassemblé à huis-clos, sous la présidence de M.Rocard, une quinzaine de personnes (élus, économistes, représentants du patronat et des syndicats), pour formuler ses recommandations.
Ce sont celles qui ont fait l'objet d'un consensus qui ont été présentées aux ministres mardi. LIEN vers les recommandations que l'ancien premier ministre a officiellement remis mardi 28 juillet.

Les objectifs de la taxe carbone

Cette future taxe concerne les énergies fossiles - pétrole, gaz, charbon - "afin de dissuader les consommations excessives", génératrices d'émissions de gaz à effet de serre, a rappelé lundi Michel Rocard. Elle pourrait également s'appliquer à l'électricité, mais ce "n'est pas encore décidé". M. Rocard s'est déclaré "personnellement pour".

Cette taxe pourrait rapporter 8 milliards d'euros sur la base d'une tonne de CO2 facturée 32 euros dans l'immédiat (puis 100 euros en 2030). Avec le chauffage, elle représenterait un total moyen de 300 euros annuels par ménage.

"Nous voulons en tirer de quoi compenser les pertes de pouvoir d'achat des classes moyennes et populaires et soulager les entreprises menacées par la concurrence étrangère", insiste Michel Rocard, qui met en garde: la CCE ne doit pas servir à boucher des trous dans les finances publiques.

Que fera en effet le gouvernement des 8 à 9 milliards d'euros que devrait rapporter ce nouvel instrument dès la première année ?

M. Rocard avait précisé lundi que la manière de compenser la taxe n'était"pas encore tout à fait mise au point". Ce serait à l'administration fiscale d'y travailler pour une inscription possible de la CCE au projet de budget, dès cet automne.L'idée initiale de reverser intégralement ce montant sous forme d'un "chèque vert" pour les ménages ou de baisser les charges pour les entreprises a d'ailleurs été écartée.

Une partie de cette somme pourrait donc être affectée au financement des dispositifs de type prêt à taux zéro mis en place pour inciter les ménages à isoler leur logement ou à changer leurs systèmes de chauffage, indiquait-on. La compensation serait alors réservée aux ménages les plus modestes en prenant en compte d'autres critères, comme la nécessité d'emprunter sa voiture pour aller travailler et le fait d'habiter en milieu rural qui introduit, comme l'ont montré les études de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), une inégalité devant l'impôt.

Ils ont tous des raisons de craindre les conséquences du changement climatique
Tous d'accord pour que soit fait quelque chose, à condition de ne pas être touchés.<br>
"On nous demande de parler avant d'avoir fini de travailler. Or c'est un processus lent, il faut être prudent", regrette Michel Rocard. Et en effet, les ministres Borloo et Lagarde n'avaient pas reçu les propositions de la conférence que chacun y était déjà allé de sa critique, ou de sa propre recommandation: des syndicats au Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) du Che-Besancenot, en passant par des associations de consommateurs, et des mouvements de défense de l'environnement, comme évidemment le réseau Sortir du nucléaire qui n'a jamais rien approuvé, et de la CGPME (Confédération générale des petites et moyennes entreprises) à des responsables politiques de l'UMP. Ils qualifient tour à tour la taxe carbone de hold-up sur le pouvoir d'achat des ménages, de menace sur la compétitivité des entreprises, de cadeau à l'industrie du nucléaire...

Certains élus soucieux de la réduction des déficits publics, comme le rapporteur UMP du budget à l'Assemblée Gilles Carrez, réclamaient tout naturellement que les futures recettes tombent dans le budget général.
Rocard lui-même préfère pour sa part la jouer en mineur: "Nos recommandations sont fermes sur les principes mais il faut maintenant que le ministère de l'économie règle les détails, affine ses évaluations. Il y a encore des mois de travail."
Mais si le premier ministre, François Fillon, a promis "d'ouvrir un grand débat", les arbitrages ne sont pas pris.

Le fruit de la taxe serait intégralement redistribué aux ménages

Les mécontents patentés se sont emportés bille en tête avant d'en savoir plus.

Le lendemain, le temps de recevoir l'ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard et le rapport de sa commission sur cette contribution climat-énergie (CCE), les ministres de l'Ecologie et de l'Economie, Jean-Louis Borloo et Christine Lagarde annonçaient pourtant mardi 28, que la future taxe sur les émissions de CO2 sera intégralement redistribuée aux ménages et aux entreprises.
"Cette contribution sera strictement compensée par une baisse des prélèvements obligatoires, de façon à préserver le pouvoir d'achat des ménages et la compétitivité des entreprises", ont-ils déclaré dans un communiqué.

vendredi 13 février 2009

Total, poule aux œufs d’or des syndicats et associations

La gauche lorgne le pactole capitaliste

La bonne gestion de Total excite la concupiscence des collectivistes

Embauches supplémentaires, taxe exceptionnelle, aide aux énergies renouvelables ou soutien au pouvoir d'achat: associations, syndicats et dirigeants politiques ont chacun une suggestion sur l'emploi des profits record de Total.
Le pétrolier français Total a en effet dégagé en 2008 le plus gros profit jamais réalisé par un groupe français, à 13,9 milliards d'euros, grâce aux prix élevés du pétrole brut, et malgré un recul de son activité au 4e trimestre, a annoncé le groupe jeudi. Mais c’était avant la crise économique internationale qui, de l’avis de tous, connaîtra un pic en France en 2009. Sachant que, dans l’industrie automobile française, Renault résiste moins mal que Peugeot pour avoir anticipé en économisant, la gauche républicaine réussira-t-elle à empêcher Total de prendre les devants et à la mettre sur le flanc ? C’est à craindre aussi sûrement que les effets directs de la crise.

Interrogé sur France Info, Martin Hirsch a envisagé qu’entre autres possibilités Total pourrait être incité à utiliser son bénéfice 2008 pour créer des emplois supplémentaires en 2009, au plus fort de la crise. Quoi de plus naturel de la part du Haut commissaire aux Solidarités actives.
Avec la crise, "on doit tous adapter nos comportements et nos moyens. Il ne peut pas y avoir que l'Etat, que les syndicats, que les gens en difficulté" qui fassent des efforts, a-t-il déclaré.

Le directeur général de Total, Christophe de Margerie, a souligné que son groupe avait procédé à 9.000 recrutements dans le monde en 2008, sur un effectif de 96.400 employés.

De son côté, le président du Conseil Régional de Guadeloupe, Victorin Lurel (PS), qui au départ admettait sur France Info que les manifestants étaient quelque peu exigeants, a demandé au groupe pétrolier de "reverser aux Antillais une partie de cette ‘pwofitasyon’" (exploitation outrancière).
"A défaut d'un versement spontané par le groupe Total, V. Lurel, favorable à l’interventionnisme étatique, demande à l'Etat d'aller au bout de ses intentions en attaquant Total en justice".
Le député PS rappelle que Total est majoritaire dans la SARA, Société antillaise de raffinerie des Antilles, « au coeur du scandale du prix du carburant aux Antilles ». Il rend la société pétrolière française responsable de tous les maux de l’île et pointe « un monopole de fait dans l'approvisionnement du carburant » en Guadeloupe, Martinique et Guyane, alors qu’en fait, l’ignorerait-il, les pétroliers s'entendent entre eux, préfèrent payer une amende plutôt que de déposer leurs comptes annuels au greffe du tribunal et importent le pétrole , déjà raffiné et sans taxes grâce à de faux bordereaux, directement de "Sainte-Lucie" (Etat des Caraïbes, membre du Commonwealth) qui stocke en grande quantité, permettant de jouer sur les prix .

Haro sur Total

La taxe carbone, ce serait bien, mais la peau de Total, ce serait mieux…
Pour sa part, tout bêtement, Désirdavenir Royal attend de Total "de la redistribution vers les consommateurs et on pourrait très bien imaginer une prime à la cuve payée par Total pour que les Français payent moins cher leur fioul". Ainsi, la Gelée Royal envisage-t-elle sereinement de tuer la poule aux œufs d’or et de placer Total en situation de faiblesse face à Sainte-Lucie.

En s’y mettant à tous, ainsi 2009 pourrait bien être moins favorable à Total, ses actionnaires et ses salariés, que 2008.
> Mentionnons les victimes d’AZF qui à la nouvelle que Total gagne encore de l'argent reconsidèrent dès présent les montants de leurs indemnités.
> Les bénéfices de Total ne doivent pas masquer les problèmes à venir. Ils interviennent au lendemain de l'annonce de 216 suppressions d'emplois à Hutchinson, filiale de Total spécialisée dans l'isolation et l'étanchéité.
"Une partie des salariés de Hutchinson, qui travaillent pour la filière automobile, sont aussi touchés par du chômage partiel et perdent du salaire. Total pourrait compenser à 100%", a souligné Charles Foulard, délégué CGT du groupe.
> Les associations de consommateurs demandent plutôt un coup de pouce pour le pouvoir d'achat. Pour la CLCV, Total devrait participer "à un fonds pour aider les ménages confrontés à la hausse des prix de l'énergie".
> Quant à la gauchisante UFC Que Choisir, elle a réclamé "une taxe exceptionnelle" pour aider "le pouvoir d'achat des ménages les plus modestes" et relancer "le chèque transport".
> Le réseau "Sortir du nucléaire" a estimé "juste et nécessaire" d'appliquer une "taxe exceptionnelle" sur les profits de Total en faveur des énergies renouvelables. Ce réseau est surtout motivé par l’affaiblissement de Total qui s’oriente actuellement vers le nucléaire et apprend le métier avant de s’associer.

On constate ainsi que les intérêts de l’Outre Mer ne sont pas véritablement au centre des préoccupations avouables des interlocuteurs des media.

Lire aussi
l’article précédent de PaSiDupes.

dimanche 1 février 2009

EPR: l’opposition s’élève contre le choix d'un second site

Dernière polémique en date de la gauche extrême

La mise en chantier d'un deuxième EPR
(European Pressurized Reactor) de nouvelle génération, après celui en construction à Flamanville (Manche), que Nicolas Sarkozy annonça en juillet a été confiée à EDF, associée à GDF Suez.
"Le président de la République confirme le lancement de la réalisation d'une deuxième centrale nucléaire de type EPR en France", lit-on dans le communiqué de l'Elysée.

Ce deuxième réacteur sera construit à Penly en Seine-Maritime
EDF sera majoritaire dans la société réalisatrice et GDF Suez sera associé au projet, précise le communiqué de l’Elysée. La construction devrait commencer en 2012 pour un raccordement au réseau en 2017 .
"Ce soutien conforte la stratégie industrielle engagée par le groupe sur le long terme dans le développement de moyens de production sans CO2", s'est félicité le P-DG d'EDF, Pierre Gadonneix, dans un communiqué. "C'est également une excellente nouvelle pour l'ensemble de la filière nucléaire et pour l'emploi en France."

GDF-Suez apprend le métier

L'Elysée a un moment envisagé de lancer deux réacteurs supplémentaires, pour attribuer l'un à EDF et l'autre à GDF Suez, avait hasardé le quotidien Les Echos du 22 janvier.
  • Le communiqué de l'Elysée suggère plutôt que GDF Suez pourrait participer au troisième EPR. "Dans la perspective du développement ultérieur de la filière, l'Etat reconnaît la volonté de GDF Suez d'assumer la maîtrise d'ouvrage et l'exploitation de l'EPR suivant", apprend-on dans le communiqué.
    GDF Suez, dont la naissance a eu lieu le 22 juillet 2008, après deux ans et demi de fiançailles entre GDF et Suez, s'est engagé à détenir et exploiter des unités nucléaires de nouvelle génération à l'horizon 2020.
    "C'est un atout incontestable pour la France de posséder deux grands acteurs du nucléaire, sur son territoire et à l'étranger", a déclaré Gérard Mestrallet, PDG de GDF Suez, dans un communiqué publié vendredi.
    "GDF Suez se félicite du soutien de l'État dans (sa) volonté d'être reconnu comme maître d'oeuvre et exploitant d'un prochain EPR en France lorsque celui-ci sera décidé par les autorités françaises", a-t-il ajouté.
  • A Abou Dhabi, en partenariat avec Total et Areva, le groupe a proposé la construction et l'exploitation de deux EPR, un projet qu'il aurait eu du mal à concrétiser s'il n'avait pas obtenu de participer au deuxième EPR français.
    "Il ne serait sans doute pas très facile d'expliquer à Abou Dhabi que nous voulons opérer des centrales nucléaires dans le pays (...) si nous n'étions pas considérés comme en mesure de construire un réacteur nucléaire en France", soulignait fin 2008 Gérard Mestrallet lors de l'assemblée générale des actionnaires du groupe.
  • Le groupe exploite sept réacteurs en Belgique d'une capacité de 5.800 mégawatts (MW) et détient une participation dans deux réacteurs en France qui représentent une capacité de 1.100 MW.

    EDF veut défendre son statut de numéro un

    De son côté, EDF est déterminé à défendre son statut de premier exploitant nucléaire mondial - avec environ 66 gigawatts (GW) installés et 58 réacteurs en France. L'électricien français a fait du nucléaire de nouvelle génération la clé de son développement à l'international, notamment dans le cadre du rachat de British Energy et de la moitié des actifs nucléaires de l'américain Constellation.
    Pierre Gadonneix déclarait le 11 décembre que le groupe capitaliserait sur l'ensemble des EPR qu'il prévoit de construire - dix d'ici à 2020 -, qu'il ferait des "clones" de Flamanville et qu'il ne participerait à des projets nucléaires que s'il les pilotait.
    Il avait indiqué il y a une semaine que le groupe étudiait l'implantation d'un nouveau réacteur EPR sur quatre sites potentiels - Flamanville, Creys-Malville (Isère), Penly (Seine-Maritime) et Chooz - mais qu'il considérait ces deux derniers comme prioritaires. Il avait ajouté que dans l'hypothèse où il se verrait confier la construction d'une centrale nucléaire, il envisageait d'associer au projet "un électricien allemand".
    D'autres groupes pourraient être associés au nouveau réacteur de Penly, indique l'Elysée. "D'autres partenaires, désireux de partager l'investissement et l'approvisionnement électrique seront invités à y participer", lit-on dans le communiqué.

    Les polémistes professionnels ne nous disent pas tout

    La plupart des acteurs politiques, économiques et sociaux de Haute-Normandie, ont salué, vendredi 30 janvier, 'la formidable bouffée d'oxygène' que constitue, selon eux, cette décision. Du PCF au PS…

    Les milieux économiques
    se sont également félicités de cette décision, tout comme la plupart des syndicats. "Cela va dans le sens de la modernisation nécessaire du parc nucléaire", a affirmé
    Philippe Saunier, secrétaire adjoint de l'union départementale CGT. Mais la duplicité de la syndicale ne se dément en aucun cas et, ici encore, elle souligne que son organisation sera …"vigilante sur les conditions d'exécution du chantier" !
  • Une décision contestée par le réseau Sortir du nucléaire
    Tous, à l'exception des écologistes

    Pour Stéphane Lhomme, porte-parole du réseau Sortir du nucléaire, cette décision est néanmoins un non-sens, alors que les réacteurs EPR de Flamanville et en Finlande accumulent les difficultés de construction.

    Les organismes signataires de la charte du Réseau Sortir du nucléaire
    comprennent en particulier des associations nationales (les Amis de la Terre-France, Agir pour l'Environnement, etc.) ou locales (Stop Golfech, etc...), des syndicats (la Confédération Paysanne, SUD Rail, etc), et des partis politiques nationaux (Les Verts, la LCR, etc.). Le Réseau "Sortir du nucléaire" a d'ailleurs dénoncé le processus du "Grenelle de l'environnement".

    "Face à l'argument de l'emploi, en pleine crise, on ne peut pas faire grand-chose", a toutefois concédé
    Alain Corréa, animateur local du réseau, non sans ambiguïté.

    "Des études montrent que les économies d'énergie et les énergies renouvelables créent jusqu'à 15 fois plus d'emplois que le nucléaire. Le projet de construire de nouveaux EPR n'est donc pas seulement irresponsable sur le plan environnemental, il est aussi absurde sur le plan économique", a déclaré l'association écologique dans un communiqué catégorique.


  • Tous, à l'exception des écologistes… et de Greenpeace

    Membre du Réseau Sortir du nucléaire jusqu'en 2007, Greenpeace est bien dans le ton du moment et parle de "déni de démocratie". Avec l'accord du PCF et du PS ! "Le lancement d'un 2e EPR est le choix du prince : aucune concertation, aucune rationalité économique, aucune évaluation indépendante des coûts", se plaint ainsi l'association écologiste.
    Ajoutons que la première tranche de deux réacteurs à eau pressurisée de 1 300 MW chacun, ont été mis en service en 1990 et 1992. De quel princes était-ce alors le choix ? Des socialistes Michel Rocard et Pierre Bérégovoy

  • Une décision qui oppose les Verts et le PCF
    Jean-Pierre CACHEUX, le maire de Penly, 355 habitants sur la Communauté de communes du Petit Caux, est ravi. Trois mille emploi pendant les travaux sur sa commune et plus de 700 ensuite à demeure (670 salariés d'EDF et 170 salariés d'entreprises prestataires), ça ne se refuse pas. Il a d’ailleurs bataillé dur pour gagner le cocotier. Il se flatte même d’avoir fait mieux que le maire précédent qui avait échoué à faire pleuvoir la manne nucléaire sur la région, à l’époque où à l'origine le site devait accueillir quatre réacteurs 1300 MW.
    Or, il s’est placé au cœur de la polémique que les media honnêtes font supporter à tous, sauf lui. Car, ce qui les embarrasse, c’est que ce maire qui fâche les Verts, est communiste…
    « C'est une compensation extraordinaire d'aménagement du territoire pour notre région qui souffre de la crise de l'automobile', a également déclaré le maire PCF de Dieppe, Sébastien Jumel. 'On avait raté le premier [attribué en 2004 à Flamanville, dans la Manche] parce que les socialistes n'étaient pas très chauds, cette fois l'union a été totale', s'est-il réjoui.

    Quatre réacteurs sont annoncés à Paluel, un peu plus au sud, toujours sur le littoral.
  • vendredi 25 juillet 2008

    La dictature de l’écologie et les fuites d’uranium à répétition

    Les guerriers Verts répandent la peur dans nos campagnes
    PaSiDupes avait l’intuition que la loi des séries des malveillances sur les lignes SNCF lors des manifestations syndicales du printemps dernier s’appliquerait à son tour aux centrales nucléaires dans un proche avenir. En effet, lorsqu’un secteur est placé dans l’œil du cyclone des réformes, le hasard qui fait bien les choses vient soudainement à l’aide des militants qui, sans la main secourable de ce hasard-là, peineraient à prouver qu’un risque quelconque menace, tantôt les emplois ou les retraites, tantôt les installations ou le secteur industriel tout entier.
    Or, comme prévu, on apprend précisément d’une agence de presse étrangère que « des salariés » ont été évacués mercredi de la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme) à la suite d'une alerte et cent personnes ont été légèrement contaminées par des particules radioactives, a annoncé EDF. Notons au passage que « des salariés » sont concernés, selon cette agence de presse, si on a une orientation sociale ou syndicale, voire politique d’une question, mais que, si on a une approche humaniste, on y voit « des hommes », avant tout…

    Une porte-parole du groupe EDF apporte des précisions.
    "Suite au déclenchement de balises et conformément aux procédures de sécurité, les 97 intervenants d'EDF et d'entreprises extérieures sur les chantiers en cours dans le bâtiment ont été invités à quitter les lieux" dans la matinée.
    Chaque personne concernée a été conduite au service médical du site pour subir un examen complet "afin de contrôler la présence d'éventuelles traces de contamination", a-t-elle ajouté. EDF a également fait examiner 32 personnes qui avaient quitté les lieux avant l'incident.
    Sur l'ensemble des personnes examinées, 39 présentent des traces inférieures au seuil d'analyse et 61 "de faibles traces de radioéléments, inférieures au quarantième de la limite réglementaire".
    Au total, 100 personnes ont donc été légèrement contaminées, et non 70 comme l'entreprise l'avait indiqué dans un premier temps afin d'informer en temps réel, a souligné la porte-parole.
    "Des analyses se poursuivent pour déterminer les causes de cet événement qui, qui n'a pas de conséquence ni sur la santé des personnes, ni sur l'environnement", précise EDF dans un communiqué.
    Le 7 juillet, 74kg d'uranium en solution s'étaient échappés de l'usine Socatri du site de la centrale nucléaire du Tricastin à cause d'une défaillance d'une cuve de rétention.
    Les autorités ont affirmé que cet incident, qui a suscité de vives réactions des écologistes, n'avait pas eu de conséquence ni sur la santé des personnes ni sur l'environnement.
    Mais le réseau "Sortir du nucléaire" est évidemment d’un avis différent et a aussitôt réagi. Ce réseau militant s’est derechef livré à une généralisation à toutes les installations nucléaires, toutes générations confondues, et au secteur entier, comme précédemment. Lire PaSiDupes et le comportement d'Alain Trautmann, l’un des activistes anti-nucléaires. Le "nouvel événement grave" de la contamination de salariés de l'usine survenu mercredi "met en cause l'industrie nucléaire."
    Le problème est pour eux moins humain que politique.
    "Contrairement au discours officiel qui prétend que ces contaminations ne sont pas dangereuses, Sortir du nucléaire rappelle que, dès 1990, la très officielle Commission Internationale de Radioprotection (CIPR) a admis que toute dose de rayonnement comporte un risque cancérigène et génétique"
    , déclare l'association dans un communiqué.
    « Un risque »
    Quel risque ? Les dictateurs de l’écologie
    brandissent volontiers l’arme de la peur, de préférence ancestrale (celle de la mort) et irraisonnée (incomprise et potentielle), mais désormais génétique, celle qui nous frappera et, après nous, toute notre descendance. L’imposture de ces extrémistes consiste à annoncer l’apocalypse, à désigner des coupables politiques et à prendre la posture de redresseurs de torts. Ces anti-républicains entendent nous dicter nos comportements, nous culpabiliser et nous priver de libertés.
    Trautmann vit-il claquemuré dans son logis, de peur, en mettant le nez dehors, de se faire écraser par un fiacre?