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jeudi 17 août 2017

Pas de "second degré" au crédit de Christophe Barbier

L'humour du journaliste et éditorialiste Christophe Barbier déplaît aux Norvégiens

Pour les esprits conventionnels, un journaliste ne peut être humoriste à ses heures

Le journaliste et éditorialiste Christophe Barbier.
Il est irritant, mais s'il a quelque chose à dire?
Quant à ses détracteurs ?
La presse conservatrice ne veut pas d'un mélange des genres qui brouille leurs repères. Désemparée, la presse, même parisienne, ouverte à tous les genres, s'est découverte conformiste... Christophe Barbier aurait, semble-t-il, dû décrypter le risque, le comprendre et ne pas franchir la ligne.
Le rap qu’il a imaginé cette semaine dans les colonnes de L’Express a désorienté et fait un flop parmi les grincheux. Ce n’est pourtant pas la première fois cette année qu’avec ses blagounettes il fait un écart et que les experts en 'second degré' y perdent leur latin. La touffeur estivale et le désoeuvrement ont fait suinter les critiques contre l’éditorialiste. Le pastis est-il si rare à Paris ? Macron va devoir s'y mettre. Devant ses caméras... 
video

"T’es pas dans le bad, t’es un killer"

Les "Norvégiens" de 20 minutes ont entrevu l’intention 'nouveau journalisme' mais le sens de l'humour n'est pas la caractéristique première des gens graves. Imaginez donc que, dans L’Express paru ce mercredi, Christophe Barbier imagine le rap que Sibeth N’Diaye, chargée des relations presse à l’Elysée, aurait coécrit avec Ismaël Emelien, le conseiller spécial du président, pour remonter la cote de popularité d’Emmanuel Macron. Iconoclaste ?

Un journaliste du JDD s'offusque:
 .

On est à deux orteils du scandale racial sur fond d'eau tépide des Calanques marseillaises, où le couple Macron squatte la villa du préfet de Région promis à une belle promotion.


"Mister Préz, t’es en chute libre auprès des jeunes; ça sent le ground zero pour la rentrée.
Pourtant, t’as un bon flow, t’as la bonne attitude, t’es pas dans le bad, t’es un killer." A boire et à manger que certains internautes dédaigneux des auberges espagnoles et des chansons d'un été se sont attachés à dézinguer, car personne ne rappe comme ça, nulle part, jamais. Le rap, c'est plus hard, subversif et anti-blancs...

"Quatre semaines de vacances et on supprime aussi les RTT "

Photo published for "Les Français doivent renoncer à leur cinquième semaine de congés" - L'édito de Christophe Barbier
Le 28 juillet, également dans L’Express, Christophe Barbier, imaginait de "s’asseoir sur la cinquième semaine de congés payés" pour améliorer la santé de l’économie française. Tabou social ? Provocation des classes laborieuses ?
"Quatre semaines de vacances et on supprime aussi les RTT. Je sais que je ne vais pas me faire beaucoup d’amis, mais je vous souhaite, quand même, de bonnes vacances." Le journaliste. 
20minutes fait à nouveau parler les internautesselon les salles de rédaction, ce sont tous des trolls, des pourvoyeurs intempestifs (non correctement encartés) d'information alternative et contre-offensive, et ça dérange. Mais voilà qu'ils sont utiles: les internautes sont ressortis de leur crasse, comme des enfants de migrants dans les reportages pro-clandestins économiques, et ces internautes choisis pour leur conformisme politique ne se sont pas privés de railler ses vacances en Italie. Temps à perdre. Militantisme de bon aloi !
La majorité présidentielle n'est pas sensible à l'"éclipse de lune partielle, hier soir, à la terrasse du palazzo barbaro à Venise." Le romantisme se perd; le main dans la main Brigitte-Emmanuel efface toute autre sensibilité. 

" En hommage à mes ancêtres touaregs"
En juin, alors que la France fondait sous la canicule, Christophe Barbier joua le jeu d’une vidéo pour L’Express dans laquelle il expliquait enfin pourquoi il ne se séparait jamais de son écharpe rouge. Question essentielle s’il en est. 
Un bon petit soldat de L'Express, Julien Jouanneau, rédacteur en chef adjoint web, brigue le Prix Albert Londres :




Décryptage : "Si le port de l’écharpe devait être indexé sur la température, je la laisserais tomber dès le mois d’avril", raconte le boss. Et d’avancer que, "dans le désert, les Touaregs se couvrent de laine lorsque la chaleur fait rage". Le/la journaliste anonyme a bien dû étudier la généalogie de sa cible et commente : "l’éditorialiste affirme sans ciller [peut-être à -t-il fait, quant à lui, des recherches] que c’est "en hommage à [ses] ancêtres touaregs qu’il continue à porter cette écharpe rouge pendant l’été." Un certain sens de l’humour "absurde", selon le contempteur anonyme qui consacre toutefois du temps à cette futilité. Dans le "creux de l'été", les journalistes en mal de copie comblent leurs éditions de n'importe quoi, la responsabilité n'étant pas leur.  

"Un jeune de banlieue au volant d’une grosse voiture…"

Le 15 avril, à une semaine du premier tour de la présidentielle, Christophe Barbier livra son analyse de la campagne menée par Emmanuel Macron et l'anonyme la ressort, faute de mieux personnel. 
Sa démonstration prend une direction très gênante, on s'y attendait de puis plusieurs lignes, "quand il balance, sans plus de cérémonie" : "Il y a dix ans quand on voyait un jeune de banlieue au volant d’une grosse voiture, c’était un dealer, maintenant c’est un chauffeur Uber." Bof ! Si c'est vrai (les dealers roulent aujourd'hui en Fiat Panda). Qu'est-ce, alors, qui pollue donc autant la fontaine à eau de 20minutes ?  "C’est quand même la modernité Macron. Et puis, il vous offre une bouteille d’eau, c’est sain." Uber, c'est pas bien, mais Macron, c'est bien et ça ne supporte aucun humour au second degré.

A 20 minutes, on l'a vu, ils ont le sens des priorités et de l'important. 
Une blagounette "clairement douteuse" (le stagiaire est clairement bloqué: cf. à partir de 21 minutes 35 dans la vidéo ci-dessus) qui ne fait toujours rire personne autour de la table. 
Deuxième de la Macronie 'Les Inrocks' s'en mêle ! Ca ne vaut pas une polémique, finit pas admettre le stagiaire, mais Christophe Conte réserve à Christophe Barbier un "billet dur" : le billet d'un salarié de banquier, Matthieu Pigasse, ça fait nécessairement mal. Les "Billets durs" de Christophe Conte prennent chaque semaine pour cible une personnalité au comportement agaçant, voire révoltant. La charge cinglante, le style brillant, la critique réjouissante. Si c'est méchant, c'est mieux : l'aigreur et la haine font recette. Un édito qu’il conclut donc ainsi : "Ton confrère Joseph Macé-Scaron [à propos d'un directeur du magazine Marianne, ça peut surpendre] est désormais payé pour muscler les discours de Fillon; si tu es sage, tu pourras prétendre sans même bouger ton cul de BFMTV à servir d’anabolisant à ceux de Le Pen." Ce n'est pas le moins du monde polémique; plutôt confraternel et classe...



"Se confronter au terrain pollue l’esprit de l’éditorialiste"

Evidemment, le stagiaire masqué est, quant à lui, indemne...
 S'adressant à des lecteurs du JDD, en avril, Christophe Barbier  expliqu'il revient "aux reporters de rencontrer les gens", tandis que le rôle d’un éditorialiste "est de donner son opinion, d’affirmer ses certitudes, par essence improuvables. Afficher avec force ses convictions permet aux lecteurs de s’y frotter pour former les leurs." Le b.a.ba du métier indispose le stagiaire dont on se prend penser tout à coup qu'il doit être un laissé pour compte de APB "mis au point" par Vallaud-Belkacem...
"Un point de vue qui ne fait pas l’unanimité," semble s'étonner le novice. Dans un billet publié dans Le Dauphiné libéré (c'est pas rien !), Gilles Debernardi ne règle pas ses comptes de plumitif aigri, mais tacle néanmoins sa capacité à donner "un avis péremptoire" sur n’importe quel sujet : réaction typique de petit provincial au rêve parisien déçu. Et de moquer ce "vrai intellectuel [qui] s’applique à ne pas fréquenter les gens d’en bas." Ne disais-je pas que Debernardi est un frustré. 
Comme les journalistes d'astreinte estivale en manque d'inspiration, mais chargés en fiel. 

Score stalinien pour l'adoption des nouveaux statuts de la REM

Les nouveaux statuts de la REM adoptés à ...90,6% des voix !

Les godillots de la piétaille marchent au même pas cadencé

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La base militante a largement approuvé les nouveaux statuts du parti du président, La République en marche!, jeudi, après près d'un mois de scrutin. 

Pluie d'été fait les grosses crues : tout nouveau, tout beau; le petit mouvement est devenu grand parti. La République en marche! s'est dotée, jeudi, de nouveaux statuts qui en font désormais un parti politique en bonne et due forme. Ces statuts, soumis au vote des adhérents depuis le 23 juillet dernier, ont été largement adoptés, à 90,6% des suffrages exprimés. 

L'enjeu de la participation

Au total, 72.066 adhérents ont voté, soit
une participation de 32,1% (sur les 224.640 militants qui remplissaient les conditions pour se prononcer, notamment plus de trois mois d'adhésion). Un chiffre dont ne se plaint pas véritablement la REM dans un communiqué où transparaît une déception nette  : "les adhérents ont été nombreux en période estivale à participer à ce scrutin", estime le parti. De fait, alors que l'adhésion au mouvement ne requiert rien d'autre qu'une adresse e-mail valide, le parti n'avait pas à craindre une participation catastrophiquement faible.

Tourner la page de la contestation interne

"Avant la fin de l'année", 
le parti devra donc constituer ses nouvelles instances, notamment le bureau exécutif. En attendant, trois personnes ont été désignée pour assurer la direction de la REM de façon transitoire : l'ancien député Arnaud Leroy, la sénatrice de Paris Bariza Khiari, et la cheffe d'entreprise Astrid Panosyan, membre fondatrice du mouvement.
Prennent transitoirement la direction collégiale du mouvement :
 
Arnaud Leroy, 41 ans, député de la 5e circonscription des Français établis hors de France et l'un des ex-porte-parole d'En marche ! pendant la campagne du petit banquier. Il fut Vert, puis rose (proche de Montebourg à la gauche du PS) et enfin violet, au centre avec l'homme du moment.

Résultat de recherche d'images pour "Bariza Khiari  Valls"Bariza Khiari, sénatrice de Paris dans le groupe socialiste et binationale de 70 ans née en Algérie, est diverse à plus d'un titre: militante du MRAP, de la FCPE au ...lycée Janson-de-Sailly, de la CFDT et farouche opposante des "statistiques ethniques", elle est l'une des fondatrices du Club XXIe siècle (aux côtés de Rachida Dati ou Rama Yade). En 2013, elle a présidé des séances du Sénat lors des débats sur la loi Taubira, relative à l'ouverture du mariage aux couples homosexuels, qu'elle soutient.
 
et Astrid Panosyan, dont l'âge semble être un secret d'Etat (45 ans), est issue d'une famille arménienne et de la société civile, GIE d'Axa, Unibail (premier groupe coté de l'immobilier commercial en Europe) et Groupama (société d'assurance mutuelle française qui possède trois marques dont possède 3 marques dont GAN), essentiellement, sans aucune expérience parlementaire, mais un passage au cabinet d’Emmanuel Macron, ministre de l’Economie, comme conseillère en charge de l'attractivité économique et des investissements internationaux, avec une belle arrogance aussitôt remarquée et qui irrite déjà dans les media.

Saisi pour vice de forme par une trentaine d'adhérents REM
Résultat de recherche d'images pour "Macron stalinien"
remontés contre leurs instances dirigeantes, le tribunal de grande instance de Créteil avait ordonné cette prolongation. Ils leur reprochent notamment un manque de transparence et contestaient, au-delà de la forme, le contenu de ces statuts, selon eux peu démocratiques. Après le résultat sans appel du scrutin, la REM compte bien tourner la page de cette contestation interne.

Plainte du président qui prend et jette les personnes utiles à sa gloire médiatique

Macron, pressé par un syndicat de retirer sa plainte contre un photographe

Le président absolu ne prend pas de repos dans les media

Un syndicat demande à Macron de retirer sa plainte contre un photographe

Le président de la République a porté plainte pour "harcèlement et tentative d'atteinte à la vie privée" contre un photographe qui faisait son travail en le suivant sur son lieu de villégiature, dans le quartier huppé du Roucas-Blanc à Marseille.

Le syndicat de journalistes SNJ-CGT a demandé mercredi à Emmanuel Macron de retirer sa plainte pour "harcèlement et tentative d'atteinte à la vie privée" contre un photographe de presse qui faisait un reportage sur ses vacances phocéennes, tantôt privées, tantôt ultra médiatisées. Le président de la République, actuellement en vacances dans la villa de son ami préfet de Région, a porté plainte mardi contre un photographe qui, selon l'Élysée, se serait montré "insistant", en dépit de mises en garde, et se serait introduit sur la propriété où réside le chef de l'État. Cette version a été contestée par le photographe.

Dépôt d'une plainte "inapproprié"

Sardine du port de Marseille
ou maquereau des media ?
Tout en se démarquant de la presse "people", le communiqué du SNJ-CGT explique qu'il "ne peut accepter de voir un président de la République, qui a largement usé et abusé de la presse, aussi bien 'people' que d'information, porter plainte contre un photographe". Selon le SNJ-CGT, les différentes versions des faits concernant l'interpellation du photographe "sont si éloignées que tout dépôt d'une plainte apparaît inapproprié".

Le syndicat relève la bipolarité du président-monarque. 
Le test sur les troubles bipolaires"Quelques heures plus tard, Emmanuel Macron a multiplié les poses et a personnellement alimenté quelques réseaux sociaux pour immortaliser sa visite aux footballeurs de l'Olympique de Marseille", un séance de propagande -en maillot- au côté de joueurs de l'OM, dont les journalistes "avaient été écartés". 
Pubs comprises: InterSport et Adidas,
sociétés de droit allemand
Le syndicat voit dans cette séquence "une nouvelle manifestation" de la volonté du président "de maîtriser sa communication et d'adresser un message à la profession de journaliste".

Si des supporteurs de l'OM se sont sentis flattés, la plupart ont déjoué le coup de pub politicienne et la tentative de récupération de l'électorat phocéen, car
le manipulateur a joué le même tour aux fans du PSG... avec la même sincérité.
Résultat de recherche d'images pour "neymar macron"
Prochain coup de com', l'OL ?

Le prince-président s'inscrit dans une tradition faible d'instrumentalisation de la presse. 
Eux-mêmes protégés de poursuites durant leurs mandats par leur immunité présidentielle, les chefs d'État, portent exceptionnellement plainte. 
Résultat de recherche d'images pour "macron et presse"
La presse récompensée de sa servilité

Macron 1er n'a pas tardé à frapper la presse : après à peine plus de cent jours, certes décevants, c'est donc une première depuis le début du quinquennat d' Emmanuel Macron. 

Nicolas Sarkozy, avait porté plainte à plusieurs reprises, dont une contre L'Obs : l'hebdomadaire avait affirmé que l'ancien président de la République avait envoyé un SMS à son ex-épouse, Cécilia, lui proposant d'annuler son mariage avec Carla Bruni.
Son successeur François Hollande n'avait pas personnellement intenté d'actions en justice durant son quinquennat.
 Le magazine people Voici qui avait publié en 2014 des photos d'elle et du chef de l'État, avait été poursuivi par sa concubine officieuse, l'actrice Julie Gayet, qui s'était chargée d'attaquer en justice, bien qu'ils aient été surpris dans l'enceinte de l'Elysée, palais officiel de la République et non pas dans un lieu privé.


mercredi 16 août 2017

'Les InRocks' attribue un rôle majeur à François Ruffin dans 'La Nuit Debout'

Si Ruffin a "impulsé" le mouvement, Frédéric Lordon  est-il un fantoche de 'Nuit debout'? 

"Enquête sur François Ruffin, l’homme qui a impulsé le mouvement Nuit debout" (mardi 3 mai 2016)

'Les InRocks' donne à croire que François Ruffin est l'initiateur du mouvement social contre la 'loi travail' portée par Myriam el-Khomri, mais inspirée de Macron depuis l'Elysée et de Valls à Matignon et s'étendant du refus de cette loi à la contestation globale des institutions politiques et du système économique.

Résultat de recherche d'images pour "Merci patron!"Depuis qu’a débuté Nuit debout, le rédacteur en chef de 'Fakir', une feuille subversive, et réalisateur de 'Merci patron !', un documentaire partisan visant Bernard Arnault, est sur tous les fronts. Propriété du banquier Matthieu Pigasse, également actionnaire du Groupe Le Monde et du Huffington Post, le magazine culturel et politique dresse un portrait ambigu d’un activiste avéré présenté comme journaliste supposé tombé dans la presse alternative et dissidente.

Le lundi 18 avril, lors de la projection de son documentaire satirique à Louviers, une petite commune perdue de Normandie, François Ruffin portait un blouson de cuir vieilli dans le complexe de cinéma désert qui l'attend en face de l’usine textile désaffectée du centre‑ville. "La lose, lâche le Picard d’un air déçu. C’est la première fois que ça arrive depuis le début." Son docu se paie le multimillionnaire Bernard Arnault, patron du groupe LVMH, propriétaire du journal Le Parisien et soutien du candidat Macron.

"C’est un film militant qui se fait contre les militants"
Résultat de recherche d'images pour "Nuit debout"Depuis février 2016, et les avant‑premières du film un peu partout en France, le quadra anime les bénévoles du journal Fakir, dont il est le rédacteur en chef, pour en faire un événement politique.
"C’est un film militant qui se fait contre les militants, explique Ruffin. C’est son succès populaire qui lui a donné une portée politique." A vrai dire, le succès est médiatique et renforcé par les réseaux de salles d'art et essai et associatifs. Son slogan: "Seule l’alliance des classes populaires et des classes intermédiaires permet de contester la toute‑puissance des riches."
C’est la leçon qu’il veut tirer de son film, réalisé avec l’aide bienveillante des Mutins de Pangée (coopérative de production cinématographique dédié au film engagé) et celle d'un autre quadra, Olivier Azam, également réalisateur de films documentaires politiquement engagés sur des thématiques liées aux luttes sociales, ainsi que les moyens du bord : 40.000 euros - tout de même - qui ont permis de payer les professionnelles. Dans un climat de divisions de la gauche extrême, en perte d’influence et de repères malgré une présidence Hollande décriée, "Merci patron ! fait office de stimulant," selon Les InRocks. Voilà pour le film, "a guerrilla-style documentary," selon le New York Times, et souvent comparé au brûlot subjectif du très controversé réalisateur canadien Michael Moore ('Bowling for Columbine') et qui reçut les appuis des sociologues Monique et Michel Pinçon Charlot, de l'ancien inspecteur du travail, le socialiste de gauche Gérard Filoche et de l'économiste Frédéric Lordon,  notamment.

Dans 'Nuit debout', Frédéric Lordon joue un rôle fondateur et crédibilisant

Clown hanté de démons
Au printemps 2016, l'économiste communiste s’engage contre la réforme du Code du travail voulue par Macron à l'Elysée et Valls à Matignon, mais portée par la ministre du Travail, Myriam El Khomri devant l'opinion et le Parlement. Il mobilise dans un amphithéâtre de l'université Panthéon-Sorbonne et prend la parole lors de la première Nuit debout, place de la République à Paris, dont il est alors désigné par Libération comme le "moteur insurrectionnel" ou le "maître à penser"
Ruffin n'est en fait rien d'autre que le chauffeur de rassemblement et l'agitateur d'idées, si bien que, faute de leader et de porte-parole, la récupération politique du mouvement est peu à peu discrètement opérée par Olivier Besancenot, porte-parole du Nouveau Parti anticapitaliste (et trotskiste), et Julien Bayou, porte-parole de Europe Écologie Les Verts, qui viennent régulièrement participer à Paris, en leur nom propre.

Jean-Luc Mélenchon, autoproclamé 'Tribun du peuple', n’ose encore se réclamer de Nuit debout en public, mais, avec Jean-Claude Michéa, Jacques Juillard, Christophe Guilluy, poussés par les agités du collectif de pilotage, une quinzaine de personnes : Johanna Silva du journal Fakir, Loïc Canitrot, intermittent de la compagnie Jolie MômeLeïla Chaibi du Collectif Jeudi noir et adhérente du Parti de gauche (PG), une syndicaliste d’Air France, également au PG, un activiste de Sud-PTT, un membre de l'association Les Engraineurs, un étudiant à Sciences Po et l’économiste atterré Thomas Coutrot, Frédéric Lordon théorise la cause des gens ordinaires contre "le système". Le concept se précise et focalise sur le populisme qui, selon eux, ne peut être que de droite ! 


La question est la suivante: "faut-il inventer un 'populisme de gauche' ?

Résultat de recherche d'images pour "populisme de gauche"Au risque d'apparaître ethnicisé et xénophobe, les qualificatifs que la gauche lui accole, schématiquement : à gauche, le terme est un anathème qui consiste à discréditer l'adversaire.
Ce stigmate peut se retourner. 
Pour le sociologue Eric Fassin, professeur à Paris VIII, l’ambiguïté réside dans le fait que le terme se fonde sur la notion de "peuple", dans sa globalité ou dans son acception marxiste, réductrice à la "classe sociale".

Or, en France, Mélenchon se rêve justement en "bon" populiste
domptant l’ordre néolibéral et proche des "vrais gens", anti-establishment (et anti-cravate), renégociateur des traités européens, revalorisation du Smic, recours au référendum, souverainisme, etc, etc. Certains lui reprochent d’ailleurs des similitudes dans son programme avec celui de Le Pen... En fait, le mouvement Nuit debout porte en lui-même les germes de sa mort : niant les luttes de classes, le thème du populisme de gauche vient contrarier l’héritage socialiste et communiste, deux courants historiques en voie d'anéantissement.

Le mouvement Nuit debout prétendait concilier l'inconciliable

Résultat de recherche d'images pour "populisme de gauche"
Les conservateurs du modèle thatchérien revendiquaient d’être "au côté du peuple", Marine Le Pen (FN) aussi, alors que les travaillistes se voulaient "du côté de l’Etat". Or "celui-ci est de plus en plus vécu par les travailleurs ordinaires comme une contrainte bureaucratique puissante, bien plus qu’avantageuse." Hollande ne l'avait pas grandi. 

Nuit debout et ses utopistes excités, tel Ruffin sur le terrain, sur le terreau propice de Goodyear Amiens, ne sont pas parvenus à donner forme au populisme de gauche. Quant à Lordon, s'il a, en revanche, donné une consistance économique au mouvement, il n'a pas réussi  à éclairer durablement la face obscure de Nuit debout, son simplisme primaire.

Résultat de recherche d'images pour "Nuit debout"
Pour Brice Couturier, authentique journaliste et auteur d'articles dans les revues Communisme et Esprit et contributeur régulier aux magazines Le Point et Causeur, ce rassemblement de quelques milliers de personnes a été essentiellement un battage médiatique. Il compare la "surexposition médiatique" de ce mouvement "avec l'affligeante pauvreté des propositions qui en émanaient". 
Les InRocks a-t-il tenté de discréditer Ruffin ? C'était en mai 2016. Nuit debout y aura largement contribué.

Emmanuel Macron nous la fait "à l'envers", selon François Ruffin (LFI)

Emmanuel Macron est "Robin des bois à l'envers"

Le député LFI a fustigé la politique économique du gouvernement qu'il juge uniquement favorable aux Français fortunés.

Députés insoumis d'extrême gauche
La grille de lecture marxiste de François Ruffin ne connaît pas de blancs pendant les vacances du gouvernement. Interrogé sur RMC ce mardi, le député La France insoumise (LFI) a étrillé ce mardi la politique économique de l'exécutif. Pendant les congés payés du Lider maximo hexagonal, il est d'astreinte estivale sur les sujets brûlants de la rentrée :  réforme du Code du travailemplois aidés et baisse des APL ... Les projets du gouvernement font l'objet de critiques féroces de l'opposition de gauche, qui table sur une rentrée sociale animée. 

Ruffin, La Vache rebelle
"Emmanuel Macron mène une politique de classe, juge François Ruffin. Les mesures qui vont être prises par le gouvernement sur le plan fiscal, comme la suppression de l'ISF pour les actionnaires, va représenter sept milliards d'euros." Le gouvernement a en effet annoncé une diminution de la fiscalité pour 2018, en contrepartie de mesures d'économie. 

Le président de la République veille aux intérêts des "plus fortunés", qui seraient les seuls bénéficiaires de ses mesures économiques, conclut l'ancien rédacteur en chef de Fakir, un "journal fâché avec tout le monde. Ou presque", confidentiel indépendant et alternatif "dans la mouvance de la gauche de la gauche, quand on n'assume pas son engagement à l'extrême gauche.
On le dit journaliste parce qu'il apporte sa contribution militante à l'association de critique des media Acrimed. Est-il pour autant détenteur d'un diplôme de journaliste et d'une carte de presse, et de surcroît bénéficiaire des avantages fiscaux qui lui sont attachés ?
"Réduction d'impôts pour les riches, et hausse de la CSG [pour tous], c'est Robin des bois à l'envers", a-t-il lancé. On prend aux pauvres pour donner aux riches."  Le député sans cravate ne calcule ni les fonctionnaires, ni les professions indépendantes, ni les retraités.

"La loi se fait à l'Elysée"

Manifestants du collectif "Front social", le 19 juin, place de la Concorde.
Alors que le gouvernement doit présenter en septembre son projet de réforme du Code du travail, la rentrée sociale aura valeur de test pour l'exécutif. François Ruffin se montre toutefois réservé sur l'ampleur de la contestation qui naîtra de cette réforme à la rentrée.
Si le quadragénaire juge que la "chute vertigineuse" du trentenaire de l'Elysée dans les sondages montre qu'un "réveil est possible", le député estime que la proximité de l'élection présidentielle n'est pas de nature à mobiliser les foules. "Le gouvernement a encore peut-être une certaine légitimité. Ce ne sont pas les années les plus faciles pour la contestation."
Le samedi 23 septembre, en riposte à l'adoption, le mercredi 20, des ordonnances réformant le code du travail,  "on sera dans la rue, et pour plusieurs jours s’il faut." prévient un manifestant du "front social". 
François Ruffin a enfin regretté le faible poids politique des députés dans le système institutionnel. "La loi se fait à l'Elysée et l'Assemblée est un bureau d'enregistrement des désirs du président", a-t-il commenté.

Poursuivi par une plainte d'Emmanuel Macron, le photographe incriminé se dit "choqué"

Avec Macron 1er, c'est le retour du crime de lèse-majesté

Cette notion juridique d'Ancien régime avait été réactivée par le précédent quinquennat socialiste, pour Valérie Trierweiler et Julie Gayet

Vue sur les villas du parc Talabot dans le quartier Roucas-Blanc à Marseille
Le prince-président a choisi le très huppé parc du Talabot, 
situé dans le quartier du Roucas-Blanc (VIIe arrondissement de Marseille)
Ironie de l'histoire, la concubine officielle de Hollande était déjà journaliste, mais une journaliste qui avait du mal à en comprendre le travail et qui poursuivait en justice quiconque publiait des informations ou des images qui n'étaient pas à son avantage, quand le "rottweiler" ne bousculait pas ceux de ses confrères qui entravaient son passage. 
15.000 euros de dommages et intérêts, c'est la peine que la justice avait décidée pour donner raison à Julie Gayet qui estimait que les photos publiées par Closer portaient atteinte à sa vie privée. Le journal avait déjà été condamné à verser des dommages et intérêts à Valérie Trierweiler.

FRANCE-POLITICSLes vacances du nouveau couple présidentiel à Marseille suscitent l'intérêt de la presse en mal de copie. Mais, si les services de la com' présidentielle ont laissé filtrer la destination de vacances du chef de l'Etat à Marseille, le prince-président entend garder une main exclusive sur ce qui peut être diffusé et par ses propres canaux seuls.

Macron s'est senti victime de "harcèlement et tentative d'atteinte à la vie privée"
Vue de l'entrée du parc Talabot dans le quartier du Roucas-Blanc, à Marseille, le 14 août 2017 © BERTRAND LANGLOIS AFPMardi, un communiqué de l'Élysée indiquait qu'Emmanuel Macron avait porté plainte contre un photographe. Contacté par RTL, le photographe incriminé par le trentenaire a usé de son droit de réponse. "On se disait que le président serait un peu plus ouvert à communiquer sur ses vacances", confie-t-il. "En arrivant, je reconnais l'officier de sécurité qui m'avait arrêté la veille et je prends l'initiative d'aller lui parler. Il m'envoie bouler en m'indiquant qu'il va appeler les forces de l'ordre pour me faire coffrer 48 heures, alors que je n'ai pas fait une seule photo. Tout mon matériel était dans ma voiture."

Six heures de garde à vue 

L'Élysée assure que le photographe se serait montré insistant en dépit de plusieurs mises en garde allant jusqu'à s'introduire dans la propriété privée où réside le couple présidentiel : la villa du préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA), située dans le Parc Talabot, d'une étendue de plusieurs hectares. Pour Le Point, un restaurateur commente : "c'est quand même très haut de gamme ,comme lieu de villégiature !"
 
Quartier huppé et hautement résidentiel, le Roucas-Blanc, qui borde la corniche Kennedy, est presque exclusivement composé de luxueuses résidences fermées qui font face à la mer et à la basilique Notre-Dame-de-la-Garde. "C’est le triangle d’or de Marseille", résume le maire FN du 7e secteur Stéphane Ravier.

L'intéressé explique sa démarche : "je me souviens très bien des photos de monsieur Hollande avec sa compagne de l'époque Valérie Trierweiler quand il est allé serrer les mains sur les plages de Brégançon. Ce sont des photos comme ça qu'on aurait aimé faire... quand il est parti visiter le château de La Buzine."

Côté sécurité, c'est l'état d'urgence à Marseille. Le Figaro rapporte en effet que les portails de la résidence du préfet de région sont surveillés en permanence par des vigiles privés filtrant les accès routiers. En raison des grilles métalliques imposantes, il est impossible d’entrer sans y avoir été invité.
"
Plusieurs camions de police" stationnent également sur l’avenue bordant le parc (les termes exacts, mais flous, repris par Le Point), pour satisfaire le monarque présidentiel qui souhaite poursuivre ses vacances "dans le calme et la discrétion" (sic). Un "quartier-village" dont le décor tranche avec les quartiers nord, populaires et gangrenés par le chômage et la précarité, mais d'abord par l'économie souterraine.
Selon le journal régional La Provence, pas moins de 32 policiers et 28 gendarmes ont été mobilisés pour faire partie de cette garde rapprochée du couple présidentiel. Et le Président de la République ne compte pas rester cloîtré chez lui, comme l'indiquait une source proche de l'Elysée : "Il veut pouvoir traverser la rue et aller voir les gens sur le trottoir d'en face."

Pourquoi Emmanuel et Brigitte Macron ont-il choisi ce port sur la Méditerranée ? Bernard Tapie assurait au journal Le Parisien : "Marseille, c'est un bon coup politique. Il y a un million d'habitants. Les gens sont vachement fiers qu'il soit ici, et ce, quelle que soit leur couleur politique." La presse partisane cessera-t-elle donc de stigmatiser ce port ouvert sur le Maghreb pour sa criminalité de seconde ville de France ?
Le socialiste Patrick Mennucci est moins béat : "Espérons qu'il se repose un peu à Marseille pour faire une politique meilleure après..."
Au final, les Marseillais perdent l'illusion que le président -qui se dit fan de l'OM- est venu pour l'équipe de foot...
"Je n'ai jamais eu un tel traitement"

"L'individu (selon 6Medias) aurait vécu un véritable calvaire". "Les forces de l'ordre sont arrivées et m'ont embarqué", précise-t-il toujours sur RTL. "Je suis resté près de six heures en garde à vue. Ils ont regardé le contenu de mes cartes mémoires, de mon ordinateur. Pour me dire au final que j'étais libre mais qu'il fallait que je parte de Marseille. Je vous avoue que je suis choqué et très surpris. Depuis Nicolas Sarkozy, j'ai toujours travaillé sur les chefs d'État, mais je n'ai jamais eu un tel traitement. C'est un peu spécial comme méthode."