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samedi 21 juillet 2018

Vincent Crase, le compère d'Alexandre Benalla, aurait été armé illégalement le 1er Mai ?

Le binôme du cowboy de l'Elysée ne dispose pas d'un permis de port d'arme

Or, sur les vidéos du défilé du 1er Mai, apparaît clairement un holster d'arme de poing à sa ceinture. 

Vincent Crase, le compère d'Alexandre Benalla, était-il armé illégalement ? 
Le cow-boy aux ordres du sheriff de l'Elysée est
en infraction avec la loi
Le binôme de l’affaire, ci-dessous au second plan, fragilise un peu plus Macron. Jusqu’à présent moins exposé que son comparse, Alexandre Benalla, le tuteur est une autre illustration des folles dérives de la présidence de la République pour qui il travaillait également. 
Lors du défilé du 1er Mai à Paris, avec son copain Alexandre Benalla, à l’époque chef de cabinet adjoint d’Emmanuel Macron, Vincent Crase a lui aussi abusé de ses pouvoirs de réserviste. Dans une séquence filmée place de la Contrescarpe, dans le 5e arrondissement de Paris, on le voit lui aussi déshonorer la gendarmerie en tabassant des manifestants. 
Vendredi matin, Vincent Crase, comme son compère Alexandre Benalla, a été placé en garde à vue des chefs de violences en réunion par personne chargée d’une mission de service public et usurpation de fonction.

Un réserviste sans retenue mais bien connu d’En marche

Le 1er mai, lunettes de soleil sur le haut du crâne et brassard orange "police" sur certaines images,   Vincent Crase ci-contre au second plan, se charge d’évacuer le manifestant qui, quelques instants plus tard, recevra des coups assénés par Alexandre Benalla, non sans sadisme. 
Par le col, il porte le jeune homme avec l’aide de plusieurs CRS, le menace avec sa main d’un coup à hauteur du visage, puis une fois le manifestant au sol et immobile, le traîne sur les pavés. A la ceinture de Vincent Crase, on distingue clairement un holster d’arme à feu, équipé d’une dragonne de sécurité. Un peu plus haut, la forme d’une crosse d’arme de poing (voir ci-dessous). 

On voit, sur ces captures d'écran tirées d'une vidéo du militant Taha Bouhafs, 19 ans, et ancien candidat de Mélenchon aux législatives en Isère, l'étui qui soulève la question d'un port d'arme illégale.

Le ministère de l’Intérieur et la préfecture de police de Paris confirment que Vincent Crase ne dispose pourtant pas d’un permis de port d’arme. Sollicité à de nombreuses reprises par la presse, avant d’être placé en garde à vue, Vincent Crase a observé un mutisme à l'instar de celui de Macron, ne donnant aucune réponse sur la raison et la nature de cet équipement.


Cet ex-gendarme expert en sécurité privée est bien connu d’En marche 

Crase est actuellement salarié du parti présidentiel, en charge de la sécurité du bâtiment qui abrite son siège et avait déjà été employé comme prestataire pendant la campagne présidentielle. Par ailleurs gendarme réserviste, Vincent Crase "était très ponctuellement mobilisé, comme d’autres réservistes, par le commandement militaire de la présidence de la République", a précisé Bruno Roger-Petit dans une déclaration de crise jeudi matin, seul face à la caméra, de crainte de questions embarrassantes de journalistes. 
Vincent Crase était présent le 1er mai "dans les mêmes conditions" illégales que le shériff de l'Elysée, Alexandre Benalla, selon la même déclaration de l’Elysée et pourrait être le fusible de Benalla, au même titre que Gérard Collomb, pour protéger Macron

D'ailleurs, sa présence n’avait pas été déclarée à la direction de la Préfecture de police de Paris. Vincent Crase n’était pas non plus associé au dispositif au titre de ses fonctions de gendarme réserviste, selon le ministère de l’Intérieur. Que faisait-il donc là ? Etait-il envoyé comme passager clandestin par l’Elysée ? Ou est-il venu à l’invitation d’Alexandre Benalla ? La présidence de la République n’a pas souhaité répondre à ces questions.

Une police parallèle équipée à l'identique de la vraie...




L’ancien chef de cabinet adjoint de Macron et Vincent Crase se connaissent en tout cas fort bien

Selon des lettres confidentielles, ils ont monté une association professionnelle fantôme consacrée à la sécurité privée. 
Ils ont aussi travaillé ensemble pendant la campagne présidentielle au siège du parti. Plusieurs factures contenues dans la boîte mail du trésorier de la campagne et révélées par la fuite Macron Leaks permettent de documenter ses prestations sécurité. Via sa société dénommée 'Mars' (Benalla ?), du nom du dieu latin de la guerre, lequel fait partie de la triade précapitoline en compagnie de Jupiter (et Quirinus, Crase), Vincent Crase assure par exemple, en janvier 2017 "un audit sécurité" et la "gestion du dispositif" pour des déplacements à Clermont-Ferrand, Nevers, Lille, Hénin-Beaumont, Quimper et Lorient. En mars 2017, il facture plusieurs meetings, la sécurisation du QG ou de certains déplacements à Paris. Avec ou sans ristournes ?

Un autre échange de mails permet de découvrir que Vincent Crase était en contact avec un armurier pour doter l’équipe de sécurité du candidat Macron de plusieurs armes. Un flashball, des pistolets lanceurs de petites balles en caoutchouc ou encore des boucliers de maintien de l’ordre. Un véritable attirail policier. 
Cette initiative sera finalement abandonnée par Jean-Marie Girier, à l’époque chef de cabinet d’Emmanuel Macron et aujourd’hui de Gérard Collomb au ministère de l’Intérieur.

En fait d'"exemplarité", de "transparence" et de "renouvellement de la vie publique", Macron aura mis moins d'un an pour transformer la France en "république bananière".

vendredi 20 juillet 2018

Le comportement d'A. Benalla dénoncé par les gendarmes lors du retour des Bleus

M6 révèle la plainte des gendarmes contre  Benalla lors du retour des Bleus à Roissy

Les "comportements inappropriés" d'Alexandre Benalla, l'"homme du président" sous le feu d'un scandale depuis la diffusion de videos sur les réseaux sociaux, font vaciller l'Elysée qui l'a couvert pendant plusieurs mois

Alexandre Benalla accompagnait les Bleus sur les Champs-Élysées mais "n'a tapé personne"

Alexandre Benalla était avec les Bleus lundi 15 juillet pour leur brève descente des Champs-Elysées, malgré une précédente affaire de violences physiques, alors qu'il était encore adjoint au chef de Cabinet du président Macron. 
Sous le coup d'un scandale datant du 1er Mai à Paris, mais n'affectant l'Elysée que depuis mercredi 18 au soir, celui qui était resté "chargé de mission" était présent dès l'atterrissage des champions du monde à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. 
Suspendu pendant seize jours (du 4 au 19 mai) de ses fonctions de chargé de mission auprès du chef de cabinet d'Emmanuel Macron, Alexandre Benalla, a pu reprendre son poste depuis. Mais à une affectation plus administrative, auprès de l'organisation d'événements "à l'intérieur du palais" élyséen, précise Le Monde.
L'impulsif aurait voulu prendre en main le dispositif de sécurité, sans avoir le statut de gendarme ni de policier. 

Selon M6, l’homme se montre "très agité" et n'est pas passé inaperçu lundi 15.
"Vous me manquez de respect !", avait lancé l'homme du président au commandant de gendarmerietentant d'en imposer à l'officier en charge, montrant l'insigne de l'Elysée qu'il arborait Abus de pouvoir ?
Les gendarmes ont notifié cet incident à leur hiérarchie, ainsi qu'à la Délégation préfectorale des aéroports.

"Qui êtes-vous ?", lui avait demandé ce commandant de gendarmerie, provoquant la colère d'Alexandre Benalla, fort de son macaron portant le sigle de l’Élysée et affirmant être en droit de diriger les opérations. Le commandant lui aurait alors rétorqué que l’autorité administrative sur cet événement est représentée par les gendarmes.
Résultat de recherche d'images pour "benalla sur le car des Bleus"
Benalla a visiblement pris les commandes du car des Bleus

Au micro de la journaliste Apolline de Malherbe,  Noël Le Graët est revenu sur les incroyables images de la descente des Bleus sur les Champs-Elysées au lendemain de la victoire de la France à la Coupe du monde, dont celle d'Alexandre Benalla aperçu près du car des joueurs, lundi 16 juillet (ci-dessus): "Est-ce qu'il était avec vous dans le bus?", lui demande la journaliste. "Euh non, vous me l'apprenez; j'ai appris cette affaire ce matin. S'il était en tout cas, sur le bus, il n'a frappé personne", lui répond Le Graët, un président de la Fédération française de football, toujours bien en cours auprès des pouvoirs successifs, mais qui a un sens particulier de l'humour.

Une autre tentative de main mise sur les opérations au Crillon.
Plus tard dans la soirée, le futur ex-collaborateur de l’Elysée aurait eu une altercation avec un commissaire de police à l’intérieur de l’hôtel de Crillon, place de la Concorde, où l’équipe de France devait se rendre initialement.

Benalla a été placé en garde à vue
ce jeudi pour violences en réunion, usurpation de fonctions, port illégal d’insignes réservés à l’autorité publique et complicité de détournement d’images issues d’un système de vidéo-protection (l'individu a accepté de gendarmes zélés des vidéos le compromettant, en sorte d'organiser sa défense) : Benalla a en effet tabassé un participant de l'"Apéro militant", organisé le 1er mai (précisons '2018', vu le temps long judiciaire et élyséen) par Le Comité d'action interlycéen, place de la Contrescarpe à Paris 5e.

Le collaborateur de l’Elysée est sous le coup d’une procédure de licenciement, a cette fois annoncé le Palais, onze semaines après que l'Elysée à eu connaissance des faits, le 2 mai 2018

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Les dernières révélations sur l’affaire Benalla, après quarante-huit heures et deux mois d'occultation

La presse parle après s'être "auto-censurée" sur l’affaire Benalla

La presse institutionnelle a été témoin des méthodes de Benalla, sans les dénoncer

Flagrant délit de violences physiques à risques sur manifestant,
par des cow-boys armés de l'Elysée
Des activistes  Insoumis (LFI) font filtrer le scandale que la presse "indépendante" s'appliquait à dissimuler. Les gardes du corps du président qui appartiennent à la gendarmerie apparaissaient régulièrement sur les photos de presse, à la différence des barbouzes de l'Elysée qui se permettaient de donner des ordres aux gendarmes. 
Onze semaines après les faits de brutalités commises par Alexandre Benalla, un intime du président Macron planqué auprès de son chef de Cabinet, et quarante-huit heures après les premières révélations, cette presse-là renonce à ses dissimulations coupables. 

Le Monde tente de faire croire à la réactivité, à la fermeté et à la moralité de Macron. Le quotidien écrit en ouverture d'article : "Visé par une procédure de licenciement lancée par l’Elysée, Alexandre Benalla a été placé en garde à vue vendredi. Le directeur de Cabinet de l’Elysée a été entendu comme témoin." En attendant, Macron reste muré dans l'Elysée et refuse de prendre la parole...

La diffusion de vidéos place l'Elysée dans l'obligation de prendre des mesures. Les documents rendus publics par les réseaux sociaux montrent ce chargé de mission auprès du chef de Cabinet de la présidence de la République et chargé de la sécurité, et en tant que tel "épaule" de Macron, finalement identifié par Le Monde - qui le connaît de longue date sans en avoir révélé l'existence nuisible -en train de frapper plusieurs activistes successivement en marge des manifestations du 1er mai, mettant au jour un scandale d'Etat qui suscite des critiques d'une extrême gravité et de questions, alors que Macron se tient silencieux et que les lampistes ont déjà trinqué, en attendant que  saute son fusible, le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb. 
Découvert, grâce aux réseaux sociaux sans qui l'information restait confisquée, 
L’Elysée a finalement lâché Alexandre Benalla

Les images diffusées par les réseaux sociaux ont joué le rôle que la presse institutionnelle a refusé d'endosser : l'entrée en scène du Monde ou de BFMTV et les autres intervient après la révélation par des militants de LFI de l'existence d'une police parallèle. 
Les sanctions prises jusqu’à présent, une mise à pied de deux semaines avec suspension de salaire et un changement d’affectation, étaient un "dernier avertissement avant licenciement", avait déclaré jeudi le porte-parole de l’Elysée, Bruno Roger-Petit, une fois de plus théâtrale et ridicule : il avait affirmé que l'incident était clos !



Pour la première fois depuis les années 60, un porte-parole de l'Elysée s'exprimait seul face à la caméra, hors la présence de tout journaliste accrédité...
Arguant de "faits nouveaux constitutifs d’une faute commise" et faisant "l’objet d’une procédure judiciaire" ouverte par le Parquet - prêt à déclarer "circulez, y a rien à voir" - , l’Elysée a annoncé vendredi avoir "pris la décision d’engager la procédure de licenciement d’Alexandre Benalla", onze semaines après la constitution des faits tenus secrets. Sans donner plus de détails, la présidence a justifié cette décision par le fait que celui-ci, "aux fins de prouver son innocence, […] aurait été destinataire d’un document de la préfecture de police qu’il n’était pas autorisé à détenir".

Tout porte à penser qu’il s’agit d’images de vidéosurveillance, en lien avec l’enquête préliminaire ouverte, qui ont été "indûment communiquées à un tiers dans la soirée du 18 juillet", comme l’a révélé la préfecture de police dans un communiqué de presse, vendredi. C’est pour avoir extrait ces images que trois cadres de la préfecture de police de Paris ont été suspendus, jeudi soir, à titre conservatoire. Des agissements condamnés "lourdement" par le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb.

Alexandre Benalla et Vincent Crase placés en garde à vue

Dans la matinée, A. Benalla a été placé en garde à vue à Paris, suite à l'ouverture la veille de l’enquête préliminaire. Il est visé pour des faits de "violences en réunion par personne chargée d’une mission de service public", "usurpation de fonctions", "port illégal d’insignes réservés à l’autorité publique" et "complicité de détournement d’images issues d’un système de vidéo-protection".
L’enquête ouverte par le Parquet de Paris a été confiée à l’inspection générale de la Police nationale et à la brigade de répression de la délinquance contre la personne, l'ensemble soumis au gouvernement, les ministères de la Justice et de l'Intérieur...

Vincent Crase est porteur d'un holster d'arme de poing,
en toute illégalité : un réserviste n'y a pas  droit...
Le binôme de Benalla, Vincent Crase, un gendarme réserviste et agent d’accueil pour La République en marche (LREM, le parti du président), qui couvrait Alexandre Benalla, imposant leurs présences aux forces de l’ordre, lors des manifestations du 1er mai, a également été placé en garde à vue vendredi pour "violences en réunion par personne chargée d’une mission de service public " et "usurpation de fonctions".

Le directeur de cabinet de l’Elysée entendu comme témoin
Supérieur hiérarchique de Benalla à l’Elysée, le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, a été entendu jeudi comme témoin dans l’enquête. C’est lui qui avait délivré une autorisation à Alexandre Benalla pour assister en tant qu’ "observateur" à la manifestation parisienne du 1er mai. 
Un observateur, fût-il "réserviste" de la gendarmerie, est par définition inactif et encadré par un tuteur.

Contacté par Le Monde avant la publication de l’article révélant les brutalités commises par Benalla, P. Strzoda avait affirmé avoir convoqué son collaborateur le 1er mai après avoir vu les vidéos des violences. Le directeur de cabinet assurait également avoir aussitôt prévenu le président de la République, alors en déplacement en Australie.

Alexandre Benalla disposait d’un certain nombre de privilèges à l’Elysée. 
L’ancien "M. Sécurité" du président de la République avait ainsi lui-même déclaré être domicilié, depuis le 9 juillet, dans une dépendance de l’Elyséedans le très chic 7e arrondissement de Paris, au 11, quai Branly, occupé dans le passé par la maîtresse de François Mitterrand et leur fille Mazarine.

Outre ce prestigieux logement de fonction, le cowboy dispose également d’une voiture avec chauffeur, un Renault Talisman suréquipée, notamment d'un gyrophare, et banalisée, sur le modèle de l'un des trois véhicules à disposition du président. 

Selon Le Parisien, son salaire avoisinait les 10.000 euros bruts. 

Commissions d’enquête et motion de censure

Pourquoi l’Elysée n’a-t-il pas pris de sanctions plus rapides et plus fortes ? Pourquoi n’a-t-il pas signalé les agissements de Benalla à la Justice, comme la loi lui enjoint de le faire ? 
Pourquoi ce cowboy a-t-il continué à travailler pour l’Elysée ?
De nombreuses questions restent sans réponse : 

La commission des lois de l’Assemblée nationale a annoncé s’être transformée en commission d’enquête pour une durée d’un mois, afin de faire la lumière sur "les événements survenus à l’occasion de la manifestation parisienne du 1er mai ". 
Mais, les débats parlementaires sont encore pourris par cette affaire d'Etat, ce vendredi, alors que la commission des lois du Sénat a quant à elle annoncé qu’elle auditionnera l'ex-sénateur Gérard Collomb en début de semaine prochaine et qu’elle demandera également, lundi, les prérogatives d’une commission d’enquête, pour une durée de six mois

De leur côté, les députés de La France insoumise ont proposé à tous les parlementaires de déposer ensemble une motion de censure du gouvernement.

Au cœur du scandale, Emmanuel Macron reste silencieux

Le président de la République a refusé à de multiples reprises de répondre aux questions des journalistes alors qu’il était en déplacement en Dordogne jeudi. 

Vendredi, contrairement aux usages en vigueur lors d’une visite de chef d’Etat, la conférence de presse commune des deux dirigeants a été annulée, à l'issue du déjeuner du président de l’Azerbaïdjan, Ilham Aliev, avec E. Macron.

Sébastien Lecornu fut le patron de Benalla : il n'a rien décelé chez lui d'anormal...

Lecornu fut le "commandant de peloton d’Alexandre Benalla, en 2012 ou 2013"

Le secrétaire d’Etat à la transition écologique et le professionnel de la sécurité se sont connus dans la réserve opérationnelle de la gendarmerie

Lecornu (4ème à partir de la droite) et Benalla (7ème à partir de la droite),
lors d’une opération de la réserve opérationnelle de la gendarmerie, au début des années 2010
Tous deux originaires de l’Eure, ils n’ont jamais perdu le contact depuis.
C’est l’une des nombreuses surprises qui émaillent le parcours d’Alexandre Benalla, le chargé de mission à l’Elysée auteur de violences enregistrées lors des manifestations du 1er mai à Paris. Le responsable de la sécurité de la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron est également un proche de Sébastien Lecornu, ancien membre du parti Les Républicains (LR), et président du Conseil départemental de l'Eure d'avril 2015 à juillet 2017, devenu secrétaire d’Etat à la transition écologique, auprès de Nicolas Hulot, dans le gouvernement d’Edouard Philippe.

Séparés par six années d'âge, l’ancien élu LR et le professionnel de la sécurité, 32 ans, s'est lié à Benhalla, 26 ans, dans la réserve opérationnelle de la gendarmerie, une force composée d’environ 25.000 volontaires, mobilisée dans certaines situations pour renforcer les effectifs de la gendarmerie nationale. "J’ai été le commandant de peloton d’Alexandre Benalla, confirme Sébastien Lecornu, interrogé par Le Monde. J’ai dû l’avoir une dizaine de fois sous mon commandement, en 2012 ou 2013," se défend-il.

Selon le secrétaire d’Etat, qui a quitté la réserve de la gendarmerie après son élection à la mairie de Vernon (Eure) en 2014, Alexandre Benalla "n’était pas un mauvais gendarme de réserve, au contraire", estime encore Lecornu. Les deux hommes étaient notamment chargés de faire des patrouilles pour lutter contre les cambriolages, lors des vacances d’été et de Noël, ou de mener différentes opérations de prévention.

Le protégé de Bruno Le Maire estime être redevable à Benalla

Alexandre Benalla l’aurait en effet sorti d’un "très mauvais pas" lors d’une opération menée conjointement dans le nord de l’Eure, département où Bruno Le Maire était député UMP de la première circonscription (Evreux), tandis que Lecornu n'en a jamais été député. A la recherche d’un individu "présumé dangereux", ils l’auraient retrouvé à bord d’une voiture dans un lotissement. Celui-ci aurait alors foncé sur leur véhicule de fonction, côté passager, où se trouvait le futur secrétaire d’Etat. "Benalla, qui était au volant, a eu le réflexe d’enclencher la marche arrière et de reculer in extremis notre voiture", se souvient Sébastien Lecornu.

Depuis cette période, les deux hommes se seraient recroisés à différentes occasions, notamment lors de cérémonies de la gendarmerie, et seraient restés en contact sur le réseau Facebook, où ils sont amis. "Je savais qu’il avait travaillé pour des membres du Parti socialiste, mais je l’ai surtout revu régulièrement à l’Elysée depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron", raconte ce proche d’Edouard Philippe et de Gérald Darmanin, le ministre de l’action et des comptes publics.
Les quelques mois du passage de Lecornu à la présidence du Conseil départemental a laissé un souvenir cuisant, selon Mediapart. Il met en avant son refus d'augmenter les impôts, mais le site trotskiste souligne que "la chasse aux fraudeurs du RSA a été – à grand renfort de communication – la politique phare menée par le département depuis l’arrivée de Sébastien Lecornu". Il procède également à la fermeture de deux collèges en éducation prioritaire, qu'il justifie par leur taux de remplissage trop faible et à un manque de mixité scolaire. Une présidence musclée...
Le chauffeur de S. Lecornu au conseil départemental de l’Eure, qui l’a suivi au ministère de la transition écologique, aurait également maintenu le contact entre les deux hommes. "C’est un réserviste de la gendarmerie lui aussi, qui connaît très bien Alexandre Benalla. Il est donc arrivé que tout le monde se croise à des événements ou prenne des cafés ensemble près de la mairie" de Vernon, explique un proche du secrétaire d’Etat. Et possiblement plus, avec tant d'affinités ?...

Interrogé sur le comportement de Benalla lors des manifestations du 1er mai à Paris, Sébastien Lecornu n’a pas souhaité faire de commentaire...

jeudi 19 juillet 2018

Affaire Benalla : Macron refuse la transparence et le renouvellement de la vie publique

'Courage, fuyons...', devise d'un "premier de cordée" nommé Macron

Quand les barbares ont leurs couverts à l'Elysée

Emmanuel Macron a tenté d'esquiver le dialogue, jeudi, face à la bronca suscitée par l'affaire Benalla. Il s'est retranché derrière des valeurs républicaines supposées, à l'occasion de lancement en Dordogne du nouveau timbre de Marianne, Française "volontaire et libre".

Macron ne s'attendait pas à être rattrapé par une affaire qui met en doute sa moralité ...républicaine, précisément. La diffusion mercredi soir par Le Monde d'un article et d'une vidéo mettant en cause Alexandre Benalla, l'un de ses hommes de main, officiellement assurant la sécurité du président, pour avoir tabassé un manifestant le 1er mai.
Tahar Bouhafs, brutalisé par un homme du président, casqué, se faisant passer pour policier, mais filmé en flagrant délit par un militant LFI montrant Alexandre Benalla tabassant ce manifestant d'extrême gauche, le 1er-Mai, au coeur de Paris
A Périgueux, dès son arrivée, Emmanuel Macron a été assailli de questions de journalistes. Il les a ignorées tout en serrant innocemment les mains d'habitants et d'estivants visiblement peu au fait des derniers soubresauts de l'actualité.

Le barbare bien en cour est à droite,
lors du Salon de l'Agriculture, en mars 2017
En cours de visite toutefois, à un journaliste qui lui demandait si la République n'était pas "entachée" par cette affaire, il a répondu: "Non non, la République elle est inaltérable !". Une casserole de plus en Teflon ?

Une bouche veule et une tignasse  à extensions

Quelques minutes plus tôt, le président s'était déclaré "très fier de découvrir le nouveau visage de Marianne" qui va orner, à partir du 23 juillet, les timbres d'usage courant.
Ce visage désapprobateur du monde comme il va est apparu sur une immense fresque de 16 mètres sur 11 peinte sur la façade aveugle d'un HLM d'un quartier populaire de Périgueux, à quelques kilomètres de l'usine de La Poste où sont fabriqués les timbres.

Cette nouvelle Marianne est l'oeuvre d'YZ (prononcer 'Eyes', bien que les initiales ne se prononcent pas ainsi yeux en anglais), le nom d'artiste d'Yseult Digan, une quadragénaire franco-anglaise vivant à Abidjan et figure reconnue de la scène du street-art.

"Je voulais que cette Marianne soit forte, fière et volontaire, avec un regard franc qui porte vers l'avenir", a-t-elle expliqué aux quelque 150 personnes présentes devant la fresque. Elle l'a dessinée jeune, de profil, l'oeil décidé et le visage bordé de longs cheveux bouclés.
"Vous avez su marier la référence du bonnet phrygien et la liberté de la chevelure"et les extensions capillaires tant appréciées de Madame, a salué Emmanuel Macron. Cette "Marianne l'engagée" est "le nouveau visage de la République", "une bataille de chaque jour" qui "n'est jamais acquise", a-t-il brodé.

Une autre oeuvre, parmi ses "portraits poétiques", à titre indicatif :
Street art YZ Women from other Century 01

Elle est actuellement appréciée à Montreuil...

Macron s'est fait frotter les oreilles

Emmanuel Macron a été contraint de défendre sa politique face, cette fois face à une femme d'une quarantaine d'années qui a tenté de le sensibiliser à ses difficultés, se plaignant de  "plus avoir les moyens de vivre", à cause de la hausse du prix du gaz ou de la baisse des aides. Le dialogue dure une dizaine de minutes. "Si je pensais que les choses allaient bien, je ne penserais pas à les changer", lui raconte le président, mettant en cause ses prédécesseurs sans s'inclure et lui assurant que les APL (Aide personnalisée au logement) ne baisseront pas "cette année".

Face à cette femme désespérée, Emmanuel Macron est même revenu sur la commande à la Manufacture de Sèvres d'un nouveau service de table pour l'Elysée, qui a récemment provoqué une polémique. "Je peux vous dire, les yeux dans les yeux, ce n'est pas un centime de plus pour les contribuables", assure-t-il. "Ce n'est pas pour mon bon plaisir", se plaint-il et "je me suis toujours payé mes assiettes", assure le président.
Avant de conclure: "Je veux bien qu'on veuille en permanence salir, mais il faut aussi remettre les faits en vérité". Croit-il, en répondant à côté de la plaque.

Dans l'après-midi, le chef de l'Etat était attendu dans la petite ville de Sarliac-sur-l’Isle pour l'inauguration de la Maison de services au public, où il dira sa vérité sur sa stratégie pour "remettre la présence de l'Etat dans les territoires", selon l'Elysée. Et remettre de la République à l'Elysée !
Qui écoute encore ses "j'assume" et "ce n'est pas pour mon bon plaisir" ?


Violences sur manifestant par un proche collaborateur de Macron

Alexandre Benalla s'est acharné sur un manifestant du 1er Mai : depuis, Macron l'a maintenu à son service

L'identité de l'inconnu surpris en train de rouer de coups un manifestant est finalement révélée, plus de deux mois après les faits.

DIRECT. Affaire Alexandre Benalla : le collaborateur de l'Elysée était dans le bus des Bleus lors duAlexandre Benalla lors d\'une manifestation à Paris, le 1er mai 2018.

L' "homme" qui a frappé au sol ce manifestant est Alexandre Benalla, chargé de mission à l'Elysée
auprès du chef de Cabinet, François-Xavier Lauch.

Une vidéo, tournée dans le 5e arrondissement de Paris et diffusée dès le 1er Mai sur les réseaux sociaux, montre Alexandre Benalla, coiffé d'un casque de policier et arborant un brassard - dans certaines scènes seulement -  s'est déchaîné place de la Contrescarpe. 
Des sanctions tardives et factices s'en seraient suivies, en conséquence des révélations de passage à tabac. Ce collaborateur d'Emmanuel Macron aurait été mis à pied pendant deux semaines, mais réintégré pour des fonctions administratives à l'Elysée, révèle Le Monde. 
Que s'est-il passé ce jour-là ?
Les faits se sont déroulés en fin de journée, mardi 1er Mai, lors d'un rassemblement "en marge", comme on dit,  des manifestations, dans le Quartier latin de Paris. Selon le quotidien, moins de 100 personnes sont alors assises par terre place de la Contrescarpe, pour un "apéro" initié par le Comité d'action inter-lycéen (un collectif anarcho-révolutionnaire dont le blog est hébergé par Mediapart), rejoint par le syndicat étudiant UNEF et La France insoumise (LFI).

"Assez vite, une trentaine de CRS est arrivée et a bouclé la place. A ce moment-là, ça a rapidement dégénéré", témoigne auprès de Libération Taha Bouhafs, 19 ans, auteur de la vidéo, ex-candidat de la France Insoumise (LFI) aux législatives en Isère, mêlé aux événements de Tolbiac en avril dernier (individu à droite, ci-dessous). L'activiste, qui y a relayé certaines rumeurs de violence sans avoir vérifié leur véracité, fut la cible d'une campagne d'hostilité à son agit-prop.
L'évacuation du campus de Tolbiac le vendredi 20 avril, avec Taha Bouhafs à droite. / © Christophe SIMON / AFP

Sa vidéo montre les violences physiques commises par Alexandre Benalla. Ce collaborateur d'Emmanuel Macron est vêtu d'un sweat-shirt gris clair sous un blouson noir et
montré en train de tirer une jeune manifestante par le cou. Il se défoule ensuite sur un jeune homme à terre, lui assénant des coups de poing sur la nuque et des coups de pied, sous le regard des forces de l'ordre présentes, qui n'interviennent pas sur ce qui était passé pour des violences policières, ce qui accrédite l'idée qu'elles savent qui est cet individu, un intouchable.
"Il arrive en courant, il attrape par le cou le gars qui est déjà à terre entouré de CRS. Il l’étrangle et lui met plusieurs coups de poing par derrière, c’est un tabassage en règle, témoigne Taha Bouhafsà dans Libération.Le jeune homme agressé lui demande d'arrêter, lui criant "je vais vous expliquer". "La victime a du mal à respirer, se touche le ventre. On crie tous plusieurs fois d’arrêter, c’est hyper violent", rapporte encore T. Bouhafs. Quand le militant s'approche d'Alexandre Benalla pour lui porter secours  mieux filmer son visage [sic], ce dernier quitte les lieux, craignant d'être identifié.
Contacté par Le Monde, Patrick Strzoda, le directeur de cabinet du chef de l'Etat, a confirmé qu'Alexandre Benalla est bien l'auteur de ces violences. 

Qui est ce protégé de Macron ? 
 
Alexandre Benalla, ancien responsable de la sécurité de la campagne d'Emmanuel Macron aujourd'hui chargé de mission à l'Élysée, arborant lors de la manifestation du 1er mai un brassard police alors qu'il n'appartient pas aux forces de l'ordre.
Ce proche du président, adjoint au chef de cabinet François-Xavier Lauch, a été chargé de la sécurité d'Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle, indique Le Monde. Lors de la précédente campagne, en 2011 et 2012, Alexandre Benella avait été responsable de la sécurité de Martine Aubry, puis cet homme de main avait intégré le service d'ordre chargé de la protection du candidat socialiste à l'élection présidentielle, François Hollande. 
Il a également travaillé brièvement pour Arnaud Montebourg, qui l'a très rapidement congédié, précise Le Monde"Je m'en suis séparé au bout d'une semaine après une faute professionnelle d'une première gravité : il avait provoqué un accident de voiture en ma présence et voulait prendre la fuite", confie l'ancien ministre de l'Economie au quotidien. 
Lors de la campagne d'Emmanuel Macron, cet ancien salarié d'un groupe de sécurité privée est repéré pour ses méthodes musclées. Selon les "Macron Leaks", cités par Le Monde, Alexandre Benalla souhaitait commander deux pistolets lançant des balles en caoutchouc, mais également des boucliers anti-émeutes et un flash-ball pour le service de sécurité du candidat. A l'occasion d'un meeting de campagne à Caen (Calvados), en mars 2017, ce chef de la sécurité d'Emmanuel Macron avait évacué de force un photographe, estimant qu'il était trop près du candidat, poursuit Le Monde
Que faisait Benalla à cette manifestation syndicale ?

Alexandre Benalla "souhaitait participer à une intervention auprès de la préfecture de police, pour voir comment se gérait une grande manifestation, à l'occasion du 1er-Mai," explique Patrick Strzoda, 66 ans, ex-socialiste, dans un entretien accordé au Monde. 
Ce dernier avait été nommé préfet de Paris, préfet de la région Ile-de-France, avec prise de fonction au mais n'exerce pas cette fonction en raison d’une nouvelle nomination en tant que directeur du cabinet du président de la RépubliqueEmmanuel Macron prenant effet le même jour.
Il m'en a demandé l'autorisation, je la lui ai donnée, mais en précisant bien qu'il y allait en observateur, assure Patrick Strzoda au "Monde".

Le directeur de cabinet du chef de l'Etat admet qu'il a été informé dès le 2 mai qu'Alexandre Benalla avait été identifié "en train de participer à des opérations de maintien de l'ordre". "J'ai vu les vidéos, je l'ai convoqué le jour-même", affirme Patrick Strzoda.

Comment Benalla a-t-il été sanctionné ?

"Si les faits sont avérés, il faut prendre des sanctions", aurait réagi Macronlorsqu'il a été informé des violences commises par son nervi, si on en croit Le Monde. 

Après avoir reconnu les faits, Alexandre Benalla a reçu une lettre de Patrick Strzoda, dans laquelle le directeur de cabinet stipule que ses actes ont "porté atteinte à l'exemplarité qui est attendue, en toutes circonstances, des agents de la présidence de la République". Il lui annonce alors qu'il est suspendu de ses fonctions et privé de salaire pour une durée de deux semaines, jusqu'au 19 mai. En cas de récidive, Patrick Strzoda le prévient : "Je mettrai fin définitivement à votre collaboration au sein des services de la présidence de la République". 
"Cette sanction est la plus grave jamais prononcée contre un chargé de mission à l'Elysée", commente Bruno Roger-Petit, porte-parole sorti de son placard à l'Elysée, lors d'une déclaration, jeudi 19 juillet.

L'ex-journaliste donneur de leçons sur le site 'LePost', Bruno Roger-Petit a précisé qu'un autre homme, Vincent Crase, a été sanctionné dans le cadre de ces violences. 

"Ce gendarme réserviste, par ailleurs employé de La République en marche, [LREM] était très ponctuellement mobilisé, comme d'autres réservistes, par le commandement militaire de la présidence de la République", a précisé le porte-parole de l'Elysée. Pour avoir escorté Alexandre Benalla le 1er mai, "il a été sanctionné, comme lui, par une mise à pied de 15 jours avec suspension de salaire", a-t-il ajouté. "Il a été également mis fin à toute collaboration entre lui et la présidence de la République." Ce qui n'est pas le cas de Benalla.

Depuis son retour à l'Elysée, le 19 mai, Alexandre Benalla est toujours chargé de mission, mais désormais responsable de la sécurité d'événements ayant lieu "à l'intérieur" de l'Elysée. 


Une enquête préliminaire a été ouverte jeudi, pour "violences par personne chargée d'une mission de service public", "usurpation de fonctions" et "usurpation de signes réservés à l'autorité publique," annonce le Parquet de Paris. L'enquête a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), précise le Parquet.

Quelles sont les premières réactions politiques ?

Depuis mercredi, les révélations ont entraîné de vives réactions dans la classe politique française. 

"Je reste sans voix", a réagi sur Twitter Boris Vallaud, député et porte-parole du Parti socialiste. 

"Est-ce que l'Elysée a sanctionné ce collaborateur ?", interroge de son côté Valérie Boyer, députée Les Républicains des Bouches-du-Rhône.

Plus incisif, le député 'La France insoumise' de Seine-Saint-Denis,
 Eric Coquerel, demande une commission d'enquête parlementaire sur ces violences commises le 1er mai, a-t-il quant à lui annoncé .


"La scène filmée est d'une grande violence", a réagi enfin Florian Philippot sur le réseau social. "Incroyable que ce type soit encore au service du président de la République", a-t-il déclaré.

Interpellée à l'Assemblée nationale sur l'affaire par le député Les Républicains Eric Ciotti, la garde des Sceaux Nicole Belloubet  a déclaré que "les éléments qui ont été révélés par les films qui ont été diffusés témoignent effectivement de gestes absolument inadaptés". "Si cela paraît nécessaire, le procureur prendra de sa propre initiative les décisions qui s'imposent", a-t-elle ajouté.