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mardi 1 mars 2016

Calais : scènes de guérilla lors du démantèlement de la "Jungle" sud

Des "associations" ont-elles joué un rôle dans l'incendie, heurts avec les forces de l'ordre et camions caillassés ?

Des violences ont émaillé la première journée du démantèlement d'une partie du campement de migrants clandestins
, a-t-on appris auprès de la préfecture.

Caillassage contre gaz
A partir de 15 heures, lundi 29, le chaos et la violence se sont installés dans la zone sud du bidonville où Valls et Cazeneuve ont commencé à détruire les abris de fortune des clandestins, avec l'autorisation du tribunal administratif, le 25 février, à l’exception des lieux de vie collectifs.
Pour Maya Konforti, de l’association 'L’Auberge des migrants', présente de jour dans la "jungle" et depuis 8 heures ce matin-là, la confusion s’est installée "lorsqu’une grenade lacrymogène tombée sur une cabane l’a enflammée," accuse-t-elle. 
Ensuite, le ton est monté, assure-t-elle, mettant bien l'accent sur la violence des policiers de Cazeneuve. Des jeunes migrants ont jeté des pierres sur les forces de l'ordre et les CRS ont riposté à coups de grenades lacrymogènes. Pour contrer les charges successives des policiers et ralentir leur avancée, Le Monde justifie les jets de pierres, malgré la décision du tribunal et le feu vert du ministre Cazeneuve à la préfète... On ne soupçonne pourtant pas les policiers d'être les auteurs des incendies qui ont provoqué des explosions de bouteilles de gaz dans des cabanes en feu, des cris et des mouvements de foule en panique.

On notera le parti-pris des incrustations partisanes du reportage proposé par le quotidien Le Monde: "les CRS ont tiré de nombreuses grenades lacrymogènes," etc... 

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a dénoncé ces violences


Ils assurent ne pas être des terroristes,
mais se présentent masqués
Le ministre de Hollande a accusé l'extrême gauche. "L’activisme d’une poignée de militants "No border" extrémistes [sans préciser de quel bord!] et violents n’y changera rien (…). Cette opération va se poursuivre dans les jours qui viennent avec calme et méthode, en offrant une place à chacun, comme le gouvernement s’y est engagé," a-t-il affirmé mardi, par communiqué.

VOIR et ENTENDRE la presse étrangère mettre le pouvoir en accusation pour n'avoir pas tenu son engagement de ne pas appeler les bulldozers:

La nuit de lundi à mardi a été plutôt calme, selon des "sources concordantes," précise l'agence de presse gouvernementale. "Nous avons comptabilisé des regroupements de migrants à plusieurs reprises le long de la rocade, mais de manière sporadique et sans violence", selon la préfecture du Pas-de-Calais, apaisante.

A noter le parti-pris du quotidien Le Monde, par le choix de son illustration accusatrice :

La zone sud de la "jungle", le plus grand bidonville de France, compte, selon les sources, entre 800 et 3.450 habitants.

dimanche 11 mai 2014

Ukraine: les rebelles de Kiev protestent contre la visite de Poutine en Crimée

L'Humanité rapporte la présence de mercenaires américains au côté de Kiev

Forts du soutien occidental, les insurgés de Kiev haussent le ton



Sans attendre une éventuelle légitimité par les urnes, le ministre ukrainien des Affaires étrangères a exprimé une "ferme protestation" contre la visite aujourd'hui du président russe Vladimir Poutine en Crimée. 

Le gouvernement transitoire veut ignorer l'Histoire

Paradoxalement, les insurgés de Kiev, portés au pouvoir par la rue, nient la volonté populaire de deux régions russo-phones frontalières de la Russie
Cette visite sur un territoire "temporairement occupé" est une "violation flagrante de la souveraineté ukrainienne", estime le rebelle du gouvernement auto-proclamé de Kiev, lequel .    
"Cette provocation confirme une nouvelle fois que la Russie ne veut pas rechercher d'issues diplomatiques" aux tensions entre les deux pays.

Rappel historique à l'attention des dirigeants de Kiev et d'Occident

Le Premier ministre de Crimée a appelé Poutine à aider à restaurer la paix et le calme.

La Crimée a obtenu le statut de "République autonome de Crimée" au sein de l'Ukraine devenue indépendante en 1991. Elle a sa capitale propre, Simféropol. En 1991, bien qu'étant de majorité russophone,  la ville stratégique de Sébastopol, grand port de guerre sur la mer Noire au sud-ouest de la péninsule, ne fait pas partie de la République autonome de Crimée, mais dispose d'un statut administratif particulier au sein de l'Ukraine, lorsqu'en mars 2014 et par décision du parlement, la Crimée fait sécession pour devenir la "République de Crimée", puis proclame son rattachement à la Russie. La communauté internationale sous la domination de l'OTAN refuse de reconnaître la volonté de la population et considère toujours la Crimée comme un territoire de l'Ukraine, malgré l'absence de légitimité du gouvernement de Kiev.
Il est pourtant abusif de parler d'annexion de la République de Crimée par la Russie. Sa "capitale" fédérale, Sébastopol, accueille la flotte russe de la mer Noire depuis le XVIIIe siècle et a obtenu le statut de "ville fédérale russe" à partir du 18 mars 2014.

Plus encore, en 2010, après de longues négociations, l'Ukraine a prolongé le bail de la Russie sur le port de Sébastopol, jusqu'en 2042.

Ce que L'Humanité sait mais que les autres ont ordre d'occulter

Les Ukrainiens sont-ils déjà passés sous la tutelle de Washington?
L'économie ukrainienne en faillite est maintenue sous respiration artificielle par le président démocrate Obama.
Les Occidentaux lorgnent sur la Crimée, stratégique en Mer Noire. En conflit d'intérêts, Washington, Paris, Berlin et Londres jouent un jeu trouble.

Politiquement, la démocratie est bafouée par des pays républicains.
Le référendum d'autodétermination proposé aux Ukrainiens de l'Est ce dimanche est maintenu, selon le quotidien communiste,
malgré les appels au report et à l’apaisement de la Russie.

La présence de mercenaires américains aurait été confirmée, selon le quotidien d'extrême gauche et les violences ont repris dès les premières heures du vote autour de Slaviansk.

"Plus de sept millions d'Ukrainiens de l'Est sont appelés à se prononcer sur l'"indépendance" des "républiques populaires" autoproclamées de Donetsk et de Lougansk, deux régions très industrialisées, frontalières de la Russie, qui représentent 16% du PIB du pays. Autour de 1.200 bureaux de vote ont été mis en place, ouverts entre 8h00 et 22H00. Sur les bulletins, figure la question: 
"Approuvez-vous l'indépendance de la République populaire de Donetsk ?" 
ou 
"Approuvez-vous l'indépendance de la République populaire de Lougansk ?".
Si le "Oui" a de fortes chances de l’emporter, la participation reste incertaine, un taux de 30% de votants à midi pour Donetsk, la principale ville de cette région minière du Donbass, a été avancé par les autorités locales. A Slaviansk, le maire autoproclamé Viatcheslav Ponomarev a promis samedi une "participation de 100%". A Donetsk, le chef de la commission électorale Roman Lyaguine, a parlé de "millions" de votants. "Aucune participation minimale n'est fixée pour valider le vote", a-t-il prévenu.

Le gouvernement transitoire de Kiev et les Etats-Unis ont d'ores et déjà prévenu qu'ils ne reconnaîtront pas le résultat de ces référendums, "illégaux en vertu du droit ukrainien et (qui) sont une tentative pour créer des divisions et des troubles". 
Le chef de l'État français lui a fait écho: Ces "vraies-fausses consultations" n'ont "aucun sens" et sont "nulles et non avenues", a-t-il estimé de son côté, affirmant que "la seule élection qui vaudra" en Ukraine sera l'élection présidentielle du 25 mai organisée par les rebelles de Kiev. 

Des mercenaires de Blackwater

Le Figaro confirme les révélations
de l'hebdomadaire allemand et de l'Humanité
Dès avant l’ouverture du scrutin, les combats menés par des troupes soutenues par des Occidentaux contre Slaviansk. De nombreuses et très fortes détonations ont retenti dès le début de matinée. Après des tirs nourris pendant une grande partie de la nuit, les combats ont repris notamment dans le village d'Andriïvka sur la "ligne de front", rapporte l'AFP. La ville de Slaviansk reste encerclée par les forces rebelles ukrainiennes, qui continuent de qualifier les pro-russes de "terroristes". Selon le journal allemand Bild am Sonntag, 400 mercenaires d'une entreprise privée américaine sont déployés autour de Slaviansk, aux côtés des soldats et de la police ukrainienne. "Ces barbouzes sont des membres de feu Blackwater, maintenant renommée Academi, suite aux nombreuses bavures dont ce groupe est accusé en Irak et Afghanistan. Ils coordonneraient et dirigeraient des opérations de guérilla contre les séparatistes. Le Bild am Sonntag ne sait pas qui les a engagés, mais c’est ce même journal qui avait révélé la semaine dernière que des agents de la CIA et du FBI aidaient Kiev à mettre un terme à la rébellion et à mettre en place un dispositif de sécurité efficace."

dimanche 29 septembre 2013

Duflot met le souk d'EELV à l'Elysée

Cécile Duflot contamine l'Élysée

La peste prend le dessus sur le choléra


Les socialistes n'en peuvent plus du harcèlement des Verts: de l'ultimatum de Pascal Durand à la dernière invective de la ministre du Logement sur la politique de Manuel Valls, notamment à l'égard des Rom.

Les Verts quittent le gouvernement, sixième épisode. 
Après la violente attaque de Cécile Duflot sur Manuel Valls jeudi dans la polémique qui les oppose sur les clandestins venus de Roumanie et de Bulgarie, la question de la présence des écolos dans la majorité n'a pas tardé à se poser à nouveau, mais cette fois directement à François Hollande. Le président de la République ne devait pas intervenir dans l'immédiat.

"Pas de commentaire", esquivait-on piteusement à l'Élysée. François Hollande devrait attendre lundi et profiter d'un déplacement à Cherbourg sur le thème des énergies marines renouvelables pour glisser un mot sur le sujet. Car chez les socialistes, qu'ils soient à l'Élysée, à Matignon, au gouvernement, au Parlement, Rue de Solferino ou à la base, une petite phrase tourne en boucle: "Ça a assez duré !"

Un lourd contentieux de guérilla

Il y avait déjà eu la
polémique sur la fiscalité verte dans le budget 2014 (septembre 2013), le coup de colère après le limogeage de Delphine Batho (juillet 2013), le coup de semonce des parlementaires écolos votant unanimement contre le projet de loi sur l'enseignement supérieur (mai 2013), les mises en garde face au rapport Gallois (novembre 2012), l'opposition à la ratification du traité budgétaire européen (septembre 2012)… À chaque fois, les Verts s'étaient posé la question du maintien de Cécile Duflot et de Pascal Canfin au gouvernement. Sans suite. 
Cohérent? "Ni plus ni moins que d'habitude. On les connaît, on fait avec. Ils ont plus besoin de nous que nous n'avons besoin d'eux", soupirait récemment un député socialiste anonyme.

Menaces sur le pacte social 

Cette fois, Cécile Duflot est plus concrète: plus altermondialiste qu'écolo, c'est une activiste. En accusant Manuel Valls d'avoir mis "en danger le pacte républicain" sur les Rom, la ministre du Logement a implicitement rappelé le texte qui justifie la présence des écolos dans la majorité: l'accord de gouvernement passé entre le PS et Europe Écologie-Les Verts. Signé à l'époque entre Martine Aubry et Cécile Duflot, ce texte ne parle pas explicitement du dossier des Rom. En revanche, dans sa partie consacrée à "améliorer la vie quotidienne des Français", en réaction au discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy, les deux formations politiques dénoncent "la stigmatisation de certaines catégories de population" qui a "affaibli notre pacte social". Pour les socialistes et les écologistes, "la promesse républicaine, c'est l'égalité réelle des citoyens. Nous lutterons donc sans relâche contre toutes les formes de discrimination".

"En 2013, une ministre ça agit, ça ouvre sa gueule et ça ne démissionne pas " décrète Cécile Duflot, ministre du Logement.
Dès lors que Cécile Duflot juge Manuel Valls hors pacte républicain et somme François Hollande de trancher, c'est la place des Verts au sein du gouvernement qu'elle lui demande de conforter, contre Manuel Valls, ou d'infirmer en la limogeant. "En 2013, une ministre ça agit, ça ouvre sa gueule et ça ne démissionne pas", prévenait Cécile Duflot il y a un mois aux journées de rentrée des Verts.

Jusqu'à présent, le président de la République préférait maintenir les Verts dans sa majorité pour bénéficier d'une assise plus large que celle du seul PS et du petit PRG. Jusqu'à quand? Selon un sondage OpinionWay pour Metro, près de 70 % des Français jugent qu'Europe Écologie-Les Verts ne propose pas d'"alternatives politiques".
Duflot sera-t-elle limogée ?
Pour constater que nul n'est indispensable.

vendredi 18 janvier 2013

Mali: Hollande relance la Françafrique en dépit de ses engagements

"En aucun cas, la France n'interviendra elle-même au Mali"

Hollande renie ses promesses à l'Afrique

Mali: troupes françaises
"au sol"
Soutien logistique éventuel, oui, mais "sans jamais avoir de troupes au sol", précise le "facilitateur" Laurent Fabius...
"En aucun cas, la France n'interviendra elle-même au Mali", a déclaré le chef de l'Etat lors de sa conférence de presse , a affirmé  le président François Hollande, mardi 8 novembre 2012.
rappelant que Paris s'était engagé à "soutenir logistiquement" les pays africains pour mettre un terme à l'occupation du nord du Mali par des "groupes terroristes".

Aujourd'hui, la France achèvera son intervention militaire au Mali une fois le pays stabilisé et un processus électoral mis en oeuvre, a déclaré mardi le président François Hollande, ouvrant la perspective d'une opération coûteuse et prolongée contre les rebelles islamistes.

Des "relations de confiance et de respect"

"C'est une affaire qui relève avant tout des Africains," dixit Fabius...
 tout en soulignant que l'occupation (du nord du Mali) par des groupes terroristes" était "suffisamment grave pour que la France puisse aider les Africains à s'organiser face à cette menace". 

VOIR et ENTENDRE François Hollande  s'interdire toute intervention qui puisse être ressentie comme une ingérence de l'ancienne puissance coloniale:

"La France et ...l'Europe" en appui

Qui sont les pays européens au côté des troupes françaises ?..

Le passé colonial de la France au Sahel, ainsi que sa "plus grande" facilité à mobiliser du matériel militaire dans la région, l'ont logiquement placée au premier plan. Reste que, si de nombreux pays ont déclaré soutenir l'opération, peu ont promis d'envoyer des moyens en hommes ou en matériel.

Côté occidental, pour l'heure, seuls la Grande Bretagne, les Etats-Unis et l'Allemagne ont annoncé leur aide. La Grande-Bretagne met à disposition deux avions de transport, tandis que les Etats-Unis promettent l'envoi de drones dans le Sahel.
Enfin, l'Allemagne, par la voix de son ministre des affaires étrangères, Guido Westerwelle a annoncé qu'elle "ne laissera pas seule la France dans cette situation difficile." Evoquant une aide sur le plan logistique ou humanitaire. Même si ses modalités restent floues, pour l'instant.
Côté africain, la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a validé l'envoi de troupes à Bamako. Dirigées par un général nigérian ces troupes devraient rejoindre le Mali dans quelques jours.

Après une semaine que la France assume son rôle de "fer de lance", ses alliés potentiels sont toujours attendus.

La France a déployé 800 soldats au Mali depuis le début de son intervention militaire jeudi, et ce dispositif doit être porté progressivement à 2.500 hommes.

Interrogé sur Europe 1, le chef d'état-major des armées, l'amiralEdouard Guillaud, a souligné pour sa part que les forces françaises étaient confrontées au Mali à "un conflit de type guérilla", situation à laquelle elles sont habituées dans ce genre de zones

A noter qu'il n'est fait état d'aucune victime civile...
 

mardi 30 octobre 2012

Nantes: l'aéroport de Ayrault crée de fortes turbulences

Notre-Dame-des-Landes: vifs affrontements mardi en vue des premiers travaux



Nous ne sommes pas dans la Syrie de Bachar al-assad:

mais à Nantes sur le site de

l'aéroport de Ayrault




Défendu de longue date par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes, le projet d'aéroport Grand Ouest,  continue de diviser la population. 
Les opposants déplorent que la concertation promise par le candidat Hollande ne se vérifie pas plus sur ce terrain que sur les autres.

De vifs affrontements se sont déroulés entre forces de l'ordre et opposants.

La préfecture de Loire-Atlantique a encore comptabilisé des blessés, six légers, côté forces de l'ordre mardi, mais n'a pu assurer si les affrontements avaient fait des blessés côté opposants à Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, déclarant qu'il n'y aurait "pas eu de demande de secours reçue au 18".  Les Echos du 31/10 (07:00) rapportent toutefois que les opposants signalent au moins trois blessés dans leurs rangs. 

Au moins trois personnes ont été blessées.

Les affrontements font suite à une nouvelle opération d'évacuation d'adversaires du projet, lancée à l'aube par les forces de l'ordre, afin de "permettre les travaux préparatoires prévus début 2013", préalables à la construction de l'équipement dont l'ouverture est prévue en 2017, selon la préfecture.

"Ces interventions se sont déroulées face à des opposants très déterminés dont le nombre a notablement augmenté ce week-end (...) Les forces de l'ordre ont du faire face à de violentes attaques par jets de projectiles et éloigner les groupes d'assaillants par l'usage de lacrymogènes", si on en croit un communiqué de la préfecture.



Mardi matin, les forces de l'ordre ont poursuivi l'opération, commencée le 9 octobre, d'évacuation puis de destruction des lieux susceptibles de servir de base aux manifestants. Elles se sont d'abord concentrées sur le site appelé Le Sabot, devenu un lieu de vie dont les habitants se sont lancés dans les cultures maraîchères, pour démontrer la qualité des terres sacrifiées par le projet, et considéré comme un site emblématique de l'opposition au projet d'aéroport.


Appuyées par un très important dispositif, les opérations se sont ensuite focalisées sur La Saulce, un autre site occupé par les opposants.

Partie de bras de fer

Dans la matinée, une vingtaine de tracteurs, qui étaient arrivés à proximité du Sabot, ont été contraints de faire demi-tour sur ordre des forces de l'ordre. Ce rassemblement, "non-violent", selon la préfecture qui la distingue de l'"opposition radicale violente" qui a suivi, était programmé depuis plusieurs jours en soutien aux agriculteurs menacés par ce projet, prévu sur un terrain bocager préservé. L'annonce de cette évacuation avait filtré dès lundi soir. Dans cette perspective, les opposants avaient creusé des tranchées et érigé des barrages pour ralentir la progression des forces de l'ordre.

Une quinzaine d'élus Europe Ecologie Les Verts (EELV) étaient présents mardi sur les lieux, malgré le silence de leurs représentants au gouvernement sur cette question. Les opposants avaient également reçu samedi la visite, non pas d'Eva Joly ou de l'un des membres EELV du gouvernement, mais de l'élu local, Joël Labbé, sénateur EELV du Morbihan.

"La volonté de l'Etat et d'Ayrault (Jean-Marc Ayrault, Premier ministre), c'est de jouer les gros bras sur un projet qui ne se justifie pas. C'est antidémocratique", a affirmé de son côté René Louail, conseiller régional EELV de Bretagne, présent mardi à Notre-Dame-des-Landes. "On aurait pu imaginer que la gauche remette en cause ce type de projets", a-t-il déploré.

J.-M. Ayrault a toujours été le plus ardent défenseur du projet quand il était, maire de Nantes et président de Nantes Métropole et ce, jusqu'à sa désignation à Matignon.
Pascal Durand, numéro un d'EELV, avait laissé entendre lors d'une visite sur le site que l'ancien maire de Nantes, "très attaché à ce projet", changerait peut-être d'avis en tant que Premier ministre "quand arriveront les arbitrages [financiers]".

Partenariat public-privé, avec le groupe capitaliste Vinci en maître d'oeuvre, le projet d'aéroport Grand Ouest est situé à 30 km au nord de Nantes, en direction de Rennes. Il est destiné à remplacer en 2017 l'actuel aéroport de Nantes Atlantique situé au sud de l'agglomération. 
Outre EELV, il est contesté par le Parti de Gauche et le MoDem.

Aéroport Notre-Dame-des-Landes : "la violence doit cesser", selon EELV

Europe-Ecologie-Les Verts (EELV) a déclaré mardi que "la violence doit cesser" à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) où les forces de l'ordre se sont lancées contre les opposants à l'aéroport de Ayrault.
"Alors que l'État poursuit avec violence ce qu'il appelle une opération de 'nettoyage' sur le site de Notre-Dame-des-Landes, Europe Écologie Les Verts exige l'arrêt immédiat des opérations de destructions en cours et appelle au retour à la raison", déclare le parti écologiste dans un communiqué.

"L'entêtement irraisonné du gouvernement à poursuivre cette démonstration de force ne peut que produire l'escalade de violence à laquelle nous assistons et qui a ce matin encore provoqué des blessés", ajoute EELV.
"Pour qui sait le lire, l''avis favorable' de la commission d'enquête en charge de l'examen des dossiers d'autorisation relatifs à la loi sur l'eau porte en fait un véritable coup d'arrêt au projet de nouvel aéroport", estime le parti écologiste.
"La commission a en effet émis deux réserves de taille à la poursuite des procédures, et demande expressément que les travaux ne commencent pas avant que celles-ci n'aient été levées", selon EELV.
"La commission d'enquête insiste sur l'urgence de lever ces deux réserves avant le début des travaux, qui entraîneraient des dommages irréversibles", souligne EELV.

Pour Europe Écologie Les Verts, "l'avis de la commission d'enquête doit ouvrir les yeux aux porteurs du projet. L'État doit cesser immédiatement les destructions en cours, qui créent la situation irréversible que craint la commission d'enquête, dans un processus de passage en force mis au service d'un projet inacceptable".

EELV appelle "à la poursuite de la mobilisation contre ce projet inutile sur le terrain et invite toutes les organisations associatives, syndicales et partis politiques à s'unir pour une action de plus grande ampleur".


Onze organisations nationales interpellent Ayrault sur l'aéroport nantais

Une banderole sur une route des Landes pour protester contre la construction d'un nouvel aéroport, le 24 octobre 2012
Onze organisations nationales dont Greenpeace (ONG supra-nationale !), Les Amis de la Terre, Réseau action climat, la Condéfération paysanne ou Attac ont interpellé jeudi Jean-Marc Ayrault  et dénoncé la "brutalité" des expulsions en cours.

"Nous appelons le Premier ministre à remettre en cause ce projet d'aéroport qui aura une incidence significative sur le budget de l'Etat, un impact irréversible sur plus de 2.000 hectares de zones humides et terres agricoles et sur nos émissions de gaz à effet de serre ", ont déclaré les 11 organisations lors d'une conférence de presse à Paris.



Elles apportent "un soutien plein et entier" aux opposants au projet et veulent en faire "un enjeu national".

"Nous appelons avec la plus grande fermeté le gouvernement à cesser les expulsions des opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-Des-Landes", ont-elles poursuivi, ajoutant que "le déploiement de force auquel nous assistons actuellement à Notre-Dame-des-Landes ne fait que renforcer notre détermination à contester ce projet d'infrastructure".



Depuis une semaine, les forces de l'ordre procèdent à des expulsions de maisons illégalement occupées et à des destructions de ces habitations.



Une lettre ouverte a été adressée jeudi au Premier ministre Jean-Marc Ayrault par les onze organisations altermondialistes (dont, en outre, Agir pour l'environnement, Générations futures, Solidaires, Fnaut, Paysages de France, ou Droit au logement).
Pour Jean-François Julliard, directeur de Greenpeace, "ce qui se passe à Notre-Dame-des-Landes, c'est un nouveau signal négatif envoyé par le gouvernement à la veille d'un grand débat sur la transition énergétique".

"Après la reprise des forages en Guyane, le départ précipité de Nicole Bricq (ex-ministre de l'Ecologie), les provocations d'Arnaud Montebourg sur le nucléaire et les gaz de schiste et la conférence environnementale qui n'a pas répondu à l'urgence, le débat semble mal parti avant même d'avoir débuté", a estimé le responsable de Greenpeace France. Mais les ministres écolos restent sereins au gouvernement, bateau ivre abandonné à toutes les risées et déferlantes. Un comble, lorsqu'il s'agit de donneurs de leçons de vertu démocratique qui avaient de surcroît promis la concertation...

Pour Stéphen Kerckhove, délégué général d'Agir pour l'environnement, "participer à un débat avec parallèlement des interventions policières et des expulsions, ça devient compliqué".

Philippe Colin, porte-parole de la Confédération paysanne, a dénoncé "une contradiction entre les beaux discours sur la volonté de ralentir l'artificialisation des sols et la volonté de prendre possession de ces terres".



L'AFP qualifie de "guérilla bocagère" l'opposition au projet d'aéroport (18 octobre 19:45)




Barrages, barricades, gaz lacrymogènes et cocktail molotov: les abords de la commune de Notre-Dame-des-Landes, ont été le théâtre jeudi d'une véritable "guérilla bocagère" opposant 500 CRS et gendarmes à environ 150 adversaires du projet.



Sur une zone recoupant pratiquement les 1.600 hectares du futur aéroport du Grand Ouest que doit construire Vinci, des barrages de gendarmes filtrent étroitement l'accès depuis qu'ont commencé mardi les évacuations de squats d'opposants.

Dans un chemin boueux encadré de haies, les opposants qui habitent "le sabot", une cabane construite à côté d'un champ maraîcher défriché et cultivé collectivement depuis 18 mois, montrent les photos d'un monceau de cartouches de grenades lacrymogènes. Ils affirment les avoir ramassées après "l'assaut" des CRS mercredi soir, confirmé par l'AFP auprès des autorités.



Depuis mardi, les autorités affirment que les onze lieux qui devaient être dégagés sont "sous contrôle", mais les journalistes ont assisté à d'incessants affrontements autour de barricades posées sur les routes, puis dégagées par les forces de l'ordre, puis remises en places par les opposants dès leur départ.


Jeudi matin, lors de deux nouvelles évacuations, au moins un cocktail molotov a été tiré en direction des forces de l'ordre. La préfecture a annoncé l'interpellation de trois personnes qui ont finalement été relâchées au terme d'un simple "contrôle d'identité".

L'extrême gauche écolo reconstitue une "jungle" de Calais 
Dans un autre lieu "squatté", la "Forêt de Rohanne", jusque-là inaccessible parce que les anticapitalistes qui y avaient construit un campement ne souhaitaient pas être vus, l'assaut a été donné jeudi matin.
D'une grande cabane de plusieurs pièces et deux étages au plus profond d'un bois, il ne reste que gravats qu'écrasent et déplacent les engins de démolition.

Une des occupantes, grimpée dans un arbre à 10 mètres du sol, y est restée perchée, encerclée par les gendarmes avant de finalement accepter de descendre, tétanisée de froid et assistée d'un gendarme escaladeur...
"Si on ne gagne pas une bataille comme celle-là, le monde va se détruire", explique-t-elle une fois au sol dans un français hésitant. "Ils ont détruit la forêt, j'ai beaucoup de rage, on va se battre, on va gagner", ajoute-t-elle.

"Ici c'est le plus grand squat à ciel ouvert d'Europe", raconte une autre jeune femme, venue il y a un an rejoindre cette communauté éparpillée dans une trentaine de cabanes ou de vieilles fermes réhabitées. Dans une cabane juchée à 15 mètres du sol dans un arbre, une occupante anglophone regarde la scène.

"Mais c'est loin d'être fini, la date de notre grande manifestation de réoccupation sera prochainement annoncée", explique Christelle, réfugiée dans la maison d'un habitant "légal" sympathisant, lui-même en voie d'expulsion.

Les journalistes se croient sur un théâtre d'opérations militaires.
Ce n'est pas Beyrouth, mais la couverture du conflit rural s'apparente à un parcours du combattant. Il faut sortir jusqu'à une quinzaine de fois par jour sa carte de presse aux barrages avant d'entendre, comme jeudi: "Passez, mais à vos risques et périls, ils pourraient brûler vos voitures", dramatisent les forces de police.
Il faut ensuite éviter les engins de chantiers, aux sigles et plaques d'immatriculation masqués pour éviter d'éventuelle représailles, affrétés par Vinci pour détruire les maisons et déblayer les gravats.

Puis il faut parlementer, cette fois avec les anti-aéroport, trempés, vêtus de tenues sombres et cagoulés, derrière des barricades faites d'arbres, de vieux meubles, avec un feu derrière pour tenir chaud sous la pluie qui ne cesse de tomber depuis mercredi.

Ayrault cherche-t-il à faire de la région nantaise une Syrie ?  

mardi 7 août 2012

Proche orient: le conflit syrien est avant tout religieux

Le "printemps arabe" n'est pas social comme on nous le fait croire


Le site atlantico.fr a interrogé Karim Sader, un politologue et consultant, spécialiste du Moyen-Orient et du Golfe arabo-persique qui intervient régulièrement auprès de nombreux médias en France et à l’étranger.

Atlantico : L’armée syrienne aurait [re]pris le contrôle de la capitale du pays, Damas. Dans la ville d’Alep, la situation est figée et les rebelles sont dans l’attente d’une contre-offensive de l’armée régulière. Quelles seraient les conséquences d’une reprise d’Alep par le régime ?

Karim Sader : Alep est la deuxième ville de Syrie. C’est aussi la capitale économique du pays. Il y a donc un enjeu très important à la fois sur les plans stratégique, économique et symbolique. Pour rappel, on est dans le nord-ouest du pays avec une base arrière turque qui ravitaille les insurgés [également en armes].

Pour le clan Assad, ce serait aussi un message ferme en direction du camp occidental hostile à son maintien, ainsi qu’à la Turquie qui soutient l’insurrection sunnite. A la frontière nord, le voisin turc tient en effet une position complexe. Pendant longtemps, le gouvernement de ce pays avait annoncé avoir fermé les frontières avec la Syrie pour éviter le pillage commercial des camions entre Alep et la Turquie.

De source turque [et donc saoudienne], il s’agit également d’un moyen d’isoler Alep et de l’étouffer sur le plan économique en coupant les ravitaillements et ainsi faciliter sa chute aux mains des rebelles. L’engagement de la Turquie est donc très fort. A titre personnel, j’ai toujours douté de la facilité avec laquelle on a annoncé la prise de la ville par les rebelles. En réalité, il est techniquement difficile par l’Armée syrienne libre de prendre une ville et de la maintenir durablement dans son giron. Il est clair que les capacités de l’armée syrienne libre sont surestimées, cette dernière disposant de matériels militaires rudimentaires en comparaison de ceux de l’armée régulière, en dépit du soutien discret des pays du Golfe, de la Turquie et des Occidentaux.[Cette déclaration est un appel]
En réalité, L’insurrection joue une sorte de jeu " du chat de la souris " avec l’armée régulière poussant cette dernière à intervenir systématiquement, faisant des forces pro-Assad une véritable armée d’occupation contrainte de maintenir ses chars dans une ville afin d’y asseoir sa légitimité par la seule force coercitive. On est clairement rentré dans une logique de guérilla ou bien de guerre d’usure.  

A vous écouter, la situation telle qu'elle est retranscrite par les media  français semble inexacte...
Je dirais plutôt qu’en parallèle du conflit militaire, nous sommes en pleine guerre de l’information. On a tous les jours des informations contradictoires concernant la crise syrienne. Le régime comme les rebelles essayent de marquer des points au niveau médiatique.
Comme la communication internationale est plus favorable aux insurgés car ils sont soutenus par les pays occidentaux et les pétro-monarchies du Golfe, on a tendance à retrouver des données inexactes voire manquant d’impartialité. De nombreux journalistes s’efforçant de couvrir le conflit  depuis la Syrie, se retrouvent coincés à la frontière turque d’où leur parviennent des informations forcement biaisées.
La couverture de certains media dénote une forme "d’effet libyen ", alors que la comparaison ne tient pas la route. A lire les journaux, on a l’impression que les rebelles prennent les villes les unes après les autres or selon moi, on se dirige vers une " libanisation " du conflit, sous-entendu une guerre civile qui pourrait durer plusieurs années, en l’absence d’une intervention extérieure. Il faut avoir à l’esprit qu’avant la réhabilitation hâtive d’Assad par les Occidentaux en 2008, le régime syrien avait longtemps vécu l’isolement international et peut se maintenir beaucoup plus longtemps qu’on le pense, malheureusement au prix de nombreuses victimes.
J’ajouterai enfin que cette guerre de l’information autour de la crise syrienne a tendance à s’élargir sur le plan régional. Par exemple, voilà une semaine que des media annoncent  la mort de Bendar Ben Sultan qui est le chef des renseignements saoudiens, sans que son " assassinat ", n’ait été démenti ou bien confirmé. Selon de nombreuses sources médiatiques, le Prince saoudien aurait été victime d’un attentat imputé aux services syriens, et ce, dans le but de se venger de l’attaque contre l’appareil sécuritaire du 18 juillet 2012 à laquelle Bandar aurait joué un rôle déterminant…

Le régime syrien a connu une nouvelle défection de son Premier ministre Riad Hijah. Alors que le régime semble avoir repris le contrôle de Damas, comment expliquer l’acte du Premier ministre ?
Là encore, le départ du Premier ministre a fait l’objet d’une guerre médiatique entre la télévision du régime qui l’a présenté comme un limogeage, alors qu’il s’agirait clairement d’une défection côté rebelle. Pour ma part, j’aurais tendance à interpréter l’acte de Riad Hijah - qui est un sunnite - comme le résultat d’une confessionnalisation évidente du conflit syrien.  
La stratégie actuelle du régime vise à créer les conditions d’une guerre sectaire rendant impossible la cohabitation entre la minorité alaouite et la majorité sunnite qui ambitionne de prendre le pouvoir à Damas. Je reste persuadé que le régime cherche à se replier près de Lattaquié et créer un Etat Alaouite. C’est selon moi, le scénario le plus envisageable, d’où l’intérêt pour le régime d’arriver à un point de non-retour dans une possible cohabitation entre les minorités.
Les plus grands massacres de sunnites ont d’ailleurs été perpétrés à la frontière du "pays alaouite " comme si le clan Assad cherchait à en délimiter  les frontières. Le père de Bachar el-Assad, Hafez,  avait lui-même dessiné les contours de cet état alaouite en cas de graves crises dans le pays.

Avec la possible création d’un état alaouite, la Syrie retournerait en arrière comme au temps du mandant français. Quel serait le sort des minorités ?
Concernant la viabilité d’un état alaouite, il est possible à la condition que la Russie et l’Iran maintienne leur soutien à Assad. La Russie grâce à la création de cet Etat va préserver son ouverture vers la Méditerranée par le port de Tartous ; et l’Iran pourrait assurer la continuité de son " croissant chiite " reliant Téhéran au Hezbollah libanais.
On pourrait assister à une recomposition de la carte du Moyen Orient sur une base confessionnelle avec les kurdes au nord de l’Irak, les alaouites au nord de la Syrie, les sunnites au sud….
Quant au sort des autres minorités, je pense particulièrement à celui des chrétiens, ces derniers peinent à se positionner.  Les chrétiens veulent un régime qui les protège. Ils ont peur de l’arrivée des islamistes car parmi les insurgés, il ne faut pas se le cacher, il y a clairement des hommes d'Al-Qaïda. Dans le même temps l’aspiration des chrétiens d’Orient reste liée aux valeurs de démocratie et de liberté contraire aux dictatures d’un autre temps. Cette " troisième voie ", celle d’un Etat de droit demeure à l’heure actuelle une grande utopie dans cette région.
Propos recueillis par Charles Rassaert

ENTENDRE aussi  Pierre Piccinin, historien-politologue