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mardi 5 janvier 2016

Charlie hebdo, exsangue, fait sa pub sur les attentats islamistes qui l'ont vidé de sa substance

La surchauffe désespérée des rotatives de "Charlie Hebdo" 

Avant l'attentat, l'hebdomadaire libertaire était déjà porté pâle.



"Charlie" ne tirait plus qu'à environ 30.000 exemplaires par semaine, avant son expiation. Depuis la tuerie islamiste, il en a sorti "300.000 exemplaires chaque semaine", assura son directeur commercial, qui garde l'anonymat, à la suite de l'émotion des attentats qui fauchèrent les dessinateurs (Cabu, Wolinski, Charb, Tignous, Honoré) et quand l'émotion était encore de règle. Mais la compassion n'est plus ce qu'elle était.
Actuellement, le journal ne se vendrait plus qu'à environ 100.000 exemplaires en kiosques, selon Le Monde.

Chez l'imprimeur de la feuille anarcho-révolutionnaire, les rotatives tournaient à plein lundi
pour sauver ce mort en réanimation. Dans un dernier sursaut, il sort le numéro anniversaire, dont il espère vendre un million d'exemplaires, un an après le châtiment dont les croisés de l'anarchie veulent croire qu'il fut divin. 

Sa stratégie d'apaisement n'était pas crédible: Charlie retombe dans ses provocations

Ce numéro spécial affiche en une un dieu barbu, armé d'une kalachnikov et couvert de sang, car les impies ne sont jamais coupables de rien: seul dieu peut l'être, selon les incohérents caricaturistes libertaires qui se veulent émancipés de toute tutelle suprême.
Des éléments extérieurs s'associent à l'entreprise, dont la ministre de la culture Fleur Pellerin, qui citera probablement Patrick Modiano dont elle ne soupçonnerait toujours pas l'existence s'il n'avait reçu le Nobel de litérature, des comédiennes comme Isabelle Adjani, Charlotte Gainsbourg, Juliette Binoche, des intellectuels et écrivains, tels qu’Elisabeth Badinter, la Bangladaise Taslima Nasreen, l’Américain Russell Banks, et le musicien Ibrahim Maalouf. Manquent Jamel Debbouze ou Sophia Aram, Stéphane Guillon et... Christophe Alévêque au nombre des artistes et intellectuels...

Un an après, les irresponsables
 refusent d'assumer
Plutôt que de s'en prendre à lui-même, l'hebdo accuse le ciel : "1 an après, l'assassin court toujours", et le dessinateur Riss, patron du journal sectaire et agressif, se croyant au Bataclan, décharge sa haine laïque en rafales, arrosant large ses victimes,  tous des "fanatiques abrutis par le Coran" et, pour le même prix, les "culs-bénits venus d'autres religions" qui, selon le "déséquilibré" (dirait Cazeneuve), souhaitaient la mort du journal qui "ose rire du religieux". Les victimes de l'intolérance laïque auront-elles le coeur à rire de leurs pitoyables agresseurs ? 

L
a République doit-elle commémorer un "acte militant" criminel ? 

Pendant les mois qui ont suivi la tuerie perpétrées par des djihadistes français (ou bi-nationaux), la gendarmerie a surveillé le site. Puis les patrouilles se sont raréfiées, mais ce dimanche, à la veille de l'impression du numéro anniversaire,
une brigade renforcée est venue sécuriser les lieux

Pour l'entreprise commerciale d'imprimerie, il s'agit d'un "acte militant", car depuis qu'il travaille pour Charlie Hebdo, "c'était d'abord des connaissances, devenues des amis", raconte-t-il. En revanche,
pour la quinzaine d'ouvriers du site d'imprimerie, l'hebdomadaire reste presque "un client lambda". "Certes, on a été choqués après l'attentat, mais nous n'avons pas d'appréhension particulière pour venir travailler", a témoigné l'un d'eux, anonyme (ou imaginé). "On lit vite fait la première et la der" (la dernière page), mais ce n'est pas trop notre soupe. Mais depuis les attentats, tout le monde me demande si je peux ramener des numéros", a-t-il raillé. Il y a un an, l'imprimeur avait réparti sur plusieurs sites la sortie en urgence du "numéro des survivants", le 14 janvier, qui avait été tiré à quelque 8 millions d'exemplaires.
La banque de France est-elle aussi sécurisée ?

samedi 21 février 2015

Dérapages des manifestations d'extrémistes contre les "violences" policières

L'extrême gauche pourrit la vie des Toulousains et Nantais

800 manifestants à Nantes et 400 à Toulouse se sont rassemblés ce samedi 

Violences d'extrême gauche anarcho-révolutionnaire et trotskiste
pour lutter contre les... violences policières !
pour dire non aux "violences" policières. Les anarcho-révolutionnaires cultivent leur colère sans laquelle ils ne seraient plus grand chose. Des manifestations émaillées de violences ont en effet opposé les activistes aux forces de police ce samedi à Nantes et à Toulouse sur les zones à défendre comme celle de Notre-Dame-des-Landes, notamment, car ils faudrait également citer les fermes-usines.
Civisme et lutte contre l'austérité
des anti-républicains anarcho-révolutionnaires
A Nantes, ils ont défilé derrière une banderole "Contre les violences policières, sociales, économiques... Résistance", samedi après-midi, un an après la manifestation violente du 22 février 2014 contre l'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, voulu par Jean-Marc Ayrault, avec "détermination."

La tension est montée peu avant 16h (photos ci-dessus), quand des activistes encagoulés ont jeté des pierres sur les forces de l'ordre, qui ont répliqué avec des canons à eau pour tenter de les disperser.

17 blessés, dont 15 policiers, à Nantes
La police dresse le bilan: "1000 manifestants dont 2 blessés, 15 policiers blessés,10 interpellations". Plus tôt, elle faisait état d'un seul policier a été blessé au thorax par un jet de pierre, à la manière palestinienne' et qui avait été transporté au CHU.


A Toulouse, une manifestation en soutien aux "zones à défendre" (ZAD) a réuni 450 personnes, selon la police. Les manifestants ont dénoncé "l'agriculture intensive et le monde des bétonneurs".

Les forces de l'ordre ont répliqué aux jets de peinture des extrêmistes par des gaz lacrymogènes. Pendant ce temps, d'autres manifestants lançaient des projectiles contre des vitrines, dont celle d'un bureau de transferts d'argent et d'un magasin de... décoration.

Les pseudo-"pacifistes" n'assument aucune responsabilité républicaine

Les protestataires, souvent très jeunes et pour beaucoup le visage masqué, avaient déployé en tête de cortège une banderole - noire - aux lettres blanches, à la mémoire du jeune altermondialiste, Rémi Fraisse, porteur de matières inflammables : "Je suis Rémi et toutes les autres victimes de la police". Les dessinateurs anarchistes de Charlie hebdo qui ont provoqué les attentats meurtriers de djihadistes de France à Paris tiennent le même discours. "On n'oublie pas, on ne pardonne pas", clament les haineux sur la voie publique.
Le jeune militant avait été tué par une grenade défensive de la gendarmerie au cours d'affrontements avec les représentants de la loi lancés par le ministre de l'Intérieur sur le site du projet contesté de réservoir d"eau Sivens (Tarn), le 26 octobre 2014. Les activistes anarcho-révolutionnaires ont clamé des slogans anti-républicain comme "Tout le monde déteste la police", "Flics assassins".

Parmi les manifestants, quelques drapeaux du NPA (extrême gauche trotskiste), co-organisateur du mouvement. Plusieurs dizaines de jeunes s'étaient grimés en clowns. Quelques autres étaient déguisés en plante.




A Toulouse comme à Nantes, le dispositif des forces de l'ordre était particulièrement important, en rapport de la capacité de destruction des hordes en noir, les précédentes manifestations du même type ayant donné lieu à de nombreux affrontements et dégradations dans les deux villes.


mardi 3 juin 2014

Tribune: La droite et la défense de l'ordre naturel

De l'ordre naturel en économie, social et politique

L'éternelle querelle des Anciens et des Modernes

Il y a une autre façon d'être conservateur, plus subtile et plus féconde, que de défendre une marche du monde prétendument sacré et immuable.

Le débat sur le mariage homosexuel (sur lequel je me suis déjà exprimé) conduit à exacerber le clivage entre la droite et la gauche quant à leurs visions respectives de la société [un stratagème de la majorité présidentielle qu'on avait-dit productif en termes de fracture, jusqu'aux municipales et aux européennes qui ont sévèrement sanctionné les gauches].

En première approximation, c'est une opposition entre une approche conservatrice, qui passe par la défense d'un ordre naturel, et une approche progressiste, selon laquelle la société doit au contraire s'émanciper de ce déterminisme naturel. Elle dépasse largement les seules questions de société comme le mariage pour tous ou l'euthanasie et concerne les différents débats économiques, sociaux et politiques. C'est ce qui rend son analyse particulièrement intéressante.

Le paysage médiatique et le politiquement correct sont à ce point imprégnés par le progressisme que ce débat est censé ne pas faire débat, pour reprendre la formule du regretté Philippe Muray. En effet, il y aurait un sens de l'Histoire, une émancipation progressive de l'Humanité qui quitterait progressivement sa condition naturelle pour s'élever vers le progrès humain, fruit de son génie propre. Le passage de l'ombre à la lumière en quelque sorte. Selon cette vision, les conservateurs sont identifiés aux réactionnaires comme des empêcheurs de réaliser la destinée humaine.

Il s'agit là d'une caricature du conservatisme qu'il convient de dénoncer avec force. Contrairement au réactionnaire, le conservateur ne refuse pas l'idée de progrès humain, mais il croit que ce progrès ne va pas de soi, qu'il n'est pas écrit à l'avance et il est donc enclin à considérer le passé avec humilité et intérêt.

Ce n'est pas un culte du bon vieux temps

Non pas que le passé serait, par essence, meilleur que le présent, mais parce que ce qui nous parvient du passé aujourd'hui [en résistant au temps] a été sélectionné: les grands auteurs, les grands enseignements historiques, les grandes lois de la science, les grands principes d'organisation sociale. C'est ce passé "sélectionné" [plus fort que le temps] qui est digne d'intérêt, qui nous oblige et qui doit nous aider à déceler, au sein de la modernité, ce qui a de la valeur et ce qui n'en a pas.

Incontestablement, il y a donc à droite la défense d'un ordre hérité du passé qui, s'il n'est pas figé, ne peut évoluer que lentement et avec discernement. Le caractère "révolutionnaire" du libéralisme qui s'est imposé à droite depuis les années 1980 est en ce sens un choc trop souvent sous-estimé et qui pourrait à terme constituer un péril.

Reste à savoir si cet ordre que la droite cherche à défendre est issu, ou pas, d'un ordre naturel.

Il y a, c'est incontestable, une partie de la droite pour qui l'ordre social découle de l'ordre naturel qui découle lui-même de l'ordre divin. Cette vision de la société, qui est assez indissociable de la prédominance de la religion catholique en France au cours des décennies et siècles passés, est en déclin progressif, malgré certains regains de vigueur [sous-estimé par les gauches] comme aujourd'hui avec la mobilisation contre le mariage et l'adoption homosexuels.

La progression des idées du protestantisme

En effet, la société continue à se laïciser et le catholicisme lui-même ne cesse d'être gagné par les idées du protestantisme: l'individualisme libéral, hérité des révolutions cartésienne et luthérienne, gagne peu à peu les consciences et exerce son esprit critique chaque jour plus aiguisé contre un ordre du monde prétendument sacré et immuable.

Si les progressistes sont si sûrs de leur fait, c'est parce qu'ils ne savent (ou ne veulent) voir que cette tendance strictement naturaliste dans la droite conservatrice. Ils se complaisent dans ce dialogue de sourds avec des catholiques réactionnaires. Mais il y a une autre façon d'être conservateur, plus subtile et plus féconde.

Il faut pour cela partir du fait que la société est un système complexe, comme peuvent l'être les systèmes naturels étudiés par la thermodynamique, la chimie, la biologie ou encore l'écologie. Par système complexe il faut comprendre système composé de multiples entités imbriquées avec des interactions et des rétroactions permanentes entre les différentes échelles.

On peut se référer à l'ordre naturel sans être réactionnaire

Ces systèmes échappent assez largement à l'analyse réductionniste cartésienne qui nous permet de comprendre les systèmes simples: impossible de décomposer un problème compliqué en plusieurs problèmes simples ou d'aboutir à une interprétation causale univoque. Ces systèmes partagent entre eux des caractéristiques communes comme une capacité spontanée d'évolution dans le temps, une lutte permanente contre l'entropie ou encore l'émergence de propriétés au niveau macroscopique qui ne sont pas "souhaitées" au niveau microscopique.

Dès lors que la société partage ces caractéristiques avec des systèmes naturels complexes, il est légitime que des modes d'analyse communs soient utilisés. La droite est donc parfaitement fondée à se référer à l'ordre naturel et à mettre en exergue des analogies entre ordre social et ordre naturel, sans que cela ne la range du côté réactionnaire pour autant.

Il s'agit simplement de reconnaître que la complexité du monde appelle la politique à une bonne dose d'humilité et que l'observation de systèmes complexes, fussent-ils naturels, pour résoudre des problèmes similaires (auto-organisation, échanges avec l'extérieur, transmission de l'information...) est digne d'intérêt.

Une telle approche n'a rien à voir avec des doctrines dangereuses comme celle du darwinisme social, qui s'appuient le plus souvent sur une profonde méconnaissance de la théorie de l'évolution et réduisent l'être humain à sa composante biologique, mettant de côté les composantes culturelles et sociales.

Souvenons-nous que l'homme est doué de libre-arbitre

Car s'il y a bien une spécificité des systèmes complexes sociaux, c'est que leurs constituants de base, les individus, sont doués de libre-arbitre. On peut même penser que la liberté joue sur le plan politique le rôle que le hasard joue dans les systèmes naturels : il est cet élément perturbateur qui vient faire évoluer l'ordre existant, cette irruption créatrice du présent dans le passé.

C'est donc l'alliance de l'ordre et de la liberté, par analogie avec les systèmes complexes naturels, qui doit être à la base de la doctrine de la droite. Cette approche consiste à refuser une dichotomie de la droite en une composante conservatrice et une composante libérale qui ne mène à rien.

En effet, l'ordre sans la liberté, c'est le risque de l'autoritarisme, de la fermeture et de la stagnation, tandis que la liberté sans l'ordre c'est le risque de l'anarchie, de l'absence totale de régulation ou de l'individualisme triomphant.

Ordre et liberté forment donc un couple dialectique pour la droite, qui joue un rôle similaire au couple égalité/progrès pour la gauche. Ces deux visions de la société sont légitimes: il n'y a pas l'ombre d'un côté et la lumière de l'autre.

Vincent Le Biez, secrétaire national de l'UMP et secrétaire général du mouvement Droit au Cœur.
Tribune publiée par Slate, le le 23/01/2013