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mercredi 1 avril 2020

Crise sanitaire: Philippe et Véran rendent compte de leurs actes devant l'Assemblée

Ils seront auditionnés par la mission d’information sur le coronavirus

Une mission parlementaire auditionne Edouard Philippe et Olivier Véran à l'Assemblée



Cette mission parlementaire cherchera à obtenir les informations qui ne filtrent pas. Le Premier ministre et le ministre de la Santé répondront peut-être mercredi aux interrogations des députés sur la gestion de l'épidémie de coronavirus, a-t-on appris lundi de source parlementaire.

Cette mission, dont la création a été validée la semaine dernière au Palais Bourbon, a vocation à contrôler chaque semaine les mesures prises par le gouvernement et devrait débuter ce mercredi à 18 heures. 

Les présidents de tous les groupes politiques seront membres.
Cette mission se penchera sur "l'impact, la gestion, et les conséquences dans toutes ses dimensions de l'épidémie". Elle devrait être dirigée par le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand (LREM).

Plusieurs groupes d'opposition militent pour un élargissement de ses compétences

Coronavirus: Philippe, Véran et Buzyn visés par plusieurs plaintes ...Les uns souhaitent que la mission parvienne à se doter des prérogatives d'une commission d'enquête. Certains plaident pour que ce ne soit pas avant l'été, voire l'automne, car "le but est de tirer les leçons de la crise". 

D'autres plaident aussi en faveur d'un "équilibre démocratique" avec un rapporteur de l'opposition.
Alors que plusieurs plaintes en justice visent la gestion de la crise, notamment déposées par des collectifs d'élus, mardi, Macron s'est irrité contre les "irresponsables" qui "cherchent déjà à faire des procès alors que nous n'avons pas gagné la guerre".

mercredi 17 juillet 2019

Gilets jaunes : l'autisme de Macron coûte un max à la France

L'obstination de Macron, pour finalement céder, a alourdi la facture de réponse aux Gilets jaunes

Les pertes se chiffrent à plusieurs centaines de millions d'euros 

Résultat de recherche d'images pour "cout social Gilets jaunes"

dans certains secteurs depuis le début du mouvement de protestation sociale, selon une mission parlementaire.

Service du ministère de l'Economie, l'Institut de la statistique et des études économiques avait estimé le coût en termes de PIB à 0,1 point au dernier trimestre 2018. Un rapport d'une mission parlementaire a ensuite procédé à ses propres calculs pour savoir en termes plus parlants aux "gens" à combien revient le mouvement des Gilets jaunes, au-delà de l'estimation donnée pour l'ensemble de l'économie française produite par l'Insee. 
Le rapporteur de cette mission parlementaire est Jean-René Cazeneuve, un ingénieur (Bouygues) de 61 ans qui se déclare diplômé de l'Ecole centrale de Marseille (créée en ...2006 !)  élu LREM du Gers. 

Pour les élus de la mission constituée à l'initiative du député LREM Roland Lescure, le président de la commission des affaires économiques de l'Assemblée, cette estimation semble faible, mais ne reflète pas totalement la réalité. " L'impact des violences [parti-pris affiché contre un mouvement social] sur l'activité est conséquent [?] et cette perspective macroéconomique est loin de refléter l'étendue des répercussions économiques liées aux débordements [et mutilations qui représentent un coût pour la Sécurité sociale]", écrivent-ils dans leur synthèse. Ce Lescure est un de ces socialistes ralliés à Macron. Fils de François Lescure, journaliste à L'Humanité, et d'une mère syndicaliste à la RATP, il est le demi-frère de Pierre Lescure, un homme d'affaires qui débuta à la radio et fonda Canal+ en 1984 avec André Rousselet, son président directeur général, avant lui.

Selon les parlementaires de la mission présidée par Damien Abad (LR), les assureurs ont indemnisé "217 millions de préjudices", dont 41 % à Paris, pour "vols, incendies, dégradations et pillages". "Toutefois, ce chiffre ne correspond qu'à la partie émergée de l'iceberg. L'approche adoptée par la mission d'information, davantage centrée sur les entreprises, les secteurs d'activité et les zones géographiques, a permis de révéler un ensemble de coûts bien plus larges et aux effets bien plus durables", considèrent-ils.

Selon eux, la baisse de fréquentation des centres-villes le samedi a causé des pertes de chiffre d'affaires comprises entre 20 et 30 % pour les commerces. Quant aux centres commerciaux, ils ont fait état "de pertes de l'ordre de 2 milliards d'euros".

71 millions pour remettre les radars en marche

Dans ce rapport, les députés citent également la baisse de fréquentation des hôtels au premier trimestre 2019 (- 2,5 % par rapport à l'année précédente alors qu'ils avaient enregistré deux ans de hausse trimestrielle continue.

Le rapport liste surtout le coût budgétaire de la crise des Gilets jaunes. "L'Etat a fait face à des coûts directs de rémunération de forces de l'ordre au titre des heures supplémentaires effectuées – au moins 46,08 millions d'euros ont dû être mobilisés pour permettre aux policiers et gendarmes de répondre à la crise – et à la prise en charge de certaines dégradations physiques. Des dégradations physiques subies par les contestataires ne sont pas évoquées. 
Quant à la remise en état des 2.410 radars détruits et des 577 abîmés, elle pourrait "à terme coûter 71 millions d'euros".

Plus de 12,4 millions de coûts pour Bordeaux, Toulouse et Rouen

Les collectivités locales ont aussi dû dégager des fonds. L'association France urbaine évalue les coûts pour les grandes villes de France à 30 millions d'euros. Une estimation qui comprend "notamment le coût des dégradations d'équipements et de mobiliers urbains, ainsi que des dépenses exceptionnelles engendrées par les manifestations, dont le bouleversement de l'agenda de certaines missions de services publics et de travaux, ou encore la rémunération des agents sollicités au-delà de leur temps de travail habituel". Pour Paris, le coût attendrait 10,43 millions d'euros.

La mission s'est particulièrement concentrée sur les dégâts constatés dans des villes cibles, tel la rouge Toulouse (7,5 millions) récemment passée à la droite, la juppéiste Bordeaux (3 millions) et Rouen, la socialiste (1,9 million), trois villes particulièrement impactées par des conflits sociaux (Ford à Blanquefort, ou la fermeture de l'usine d'hydroliennes à Cherbourg ou celle annoncée de l'usine de sucre "Saint Louis" de Cagny à 124 km de Rouen et bien sûr celle de Goodyear à Amiens, à 120 km. A elles seules, ces trois villes ont enregistré une perte de 12,4 millions entre les dégâts enregistrés et les mesures exceptionnelles nécessaires pour y faire face, selon le décompte révélé par le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire, mais ce que l'on sait depuis le mercredi 20 mars 2019, lors de son audition par la commission des Affaires économiques et des finances de l’Assemblée nationale.

Cette facture est une conséquence des propos tenus par Macron, provoquant l'indignation et la colère, comme l'a lui-même reconnu le président méprisant, pompier-pyromane. "Je sais qu’il m’est arrivé de blesser certains d’entre vous par mes propos", a-t-il confessé, en référence à ses petites phrases comme le "pognon de dingue", pour parler des dépenses sociales, ou le "je traverse la rue et je vous en trouve", du travail, adressé à un jeune chômeur sur la pelouse de l’Elysée. Mais ce ne serait qu’incompréhension, parce que "je crois plus que tout dans notre pays et (…) je l’aime", a raconté Macron, qui a loué les "femmes de courage" venues exprimer leur "détresse sur tant de ronds-points"....

Cette nouvelle évocation du coût du mouvement social tous les quatre mois n'inclut pas l'évaluation à
2,4 milliards les mesures annoncées par Macron pour acheter la paix sociale.
La question est maintenant de savoir quel mauvais coup de Macron cette relance de la campagne gouvernementale vise à justifier, dès que les Français seront pour la plupart à la plage, déconnectés de la vie politique...

dimanche 12 juillet 2009

Rémunérations: «le patronat n'a pas réussi à s'autoréguler»

Un entretien du Figaro
Les propos recueillis par Samuel Laurent ont été publiés le 08/07/2009

Entretien - Le député Philippe Houillon , rapporteur d'une mission, propose
une loi pour mieux encadrer les rémunérations des dirigeants, notamment en supprimant les retraites chapeaux.

Philippe Houillon, député UMP du Val-d'Oise, était le rapporteur de
la mission parlementaire sur la rémunération des patrons, qui a rendu ses conclusions mardi 7 juillet. Le constat que dresse le rapport est accablant : les dix patrons les mieux payés du CAC 40 gagnent entre 2,4 millions et 4,7 millions d'euros par an.
Pour mettre fin à ces dérives, la mission propose 16 mesures, parmi lesquelles l'institutionnalisation des comités de rémunération ou la suppression des retraites chapeaux. Le député revient sur les conclusions de ce rapport pour lefigaro.fr.

Quelles sont les principales propositions de ce rapport ?
Nos propositions ne sont pas révolutionnaires, elles correspondent à des notions déjà déclinées par d'autres interlocuteurs, comme la charte éthique du Medef. Pour nous, la rémunération doit correspondre à l'intérêt général de l'entreprise. Une notion qui existe déjà, mais qui a du mal à s'appliquer. Nous proposons donc de l'inscrire dans la loi. Cette notion reste générale, car il faut examiner la situation entreprise par entreprise, avec des critères composites et qui peuvent varier en fonction de la situation.

  • Mais nous proposons aussi de
    - diminuer le nombre de mandats dans les grandes entreprises de cinq à trois,
    - institutionnaliser les comités de rémunération
    -et de les ouvrir à d'autres acteurs, notamment les salariés.
  • Il faudra aussi tenir compte de la situation d'échec ou de réussite de l'entreprise avant de fixer la rémunération.
  • Nous proposons également
    -d'interdire les retraites chapeaux
    -ou de mieux encadrer les stock-options.

    Ces mesures suffiront-elles à changer des pratiques déjà en place ?
    Où met-on le curseur ? Les propos martiaux que nous avons entendus depuis la crise au sujet de la rémunération des patrons n'ont pas été suivis d'effet. On nous reproche d'un côté de ne pas être assez sévères, de l'autre on trouve que nous allons déjà trop loin. Pour moi, on assiste à un timide changement de culture depuis la crise, et notre but est de proposer des mesures à même d'accompagner ce changement. Personnellement je ne suis pas favorable, par exemple, à un plafonnement par la loi de la rémunération des dirigeants, qui doit rester l'affaire des actionnaires. Mais le patronat, qui parle sans cesse d'autorégulation plutôt que d'une loi, a montré qu'il ne parvenait pas à se réguler seul.
  • L'une des mesures que nous proposons, la décote de 20% à l'acquisition de stock-options, fait partie du code éthique du Medef depuis des années. Elle n'est pas appliquée. Nous voulons aider l'organisation patronale à faire appliquer son code. Il faut bien comprendre que les abus, même s'ils sont marginaux, rejaillissent sur l'ensemble des acteurs concernés en termes d'image. Il faut donc une réponse adaptée.

    L'argument contre une législation, c'est de dire que les grands patrons risquent de quitter la France…
    On a toujours en fond de lucarne ce risque de départ des patrons, c'est pour cela qu'il ne nous est pas possible d'aller trop loin. On ne fait que reprendre des choses dites mille fois, en espérant que cette fois, elles s'appliquent. Cela étant, je ne connais pas beaucoup de patrons français qui dirigent de grandes sociétés étrangères, ni l'inverse d'ailleurs.

    Quelle sont les suites à attendre après votre rapport ?
    Soit il en restera à ce stade, soit on déposera une proposition de loi, soit nous engagerons un débat avec les ministres concernés. Quinze mesure sur les 16 que nous proposons sont consensuelles et correspondent à des éléments déjà présents dans les codes éthiques. Une seule risque de faire débat [qualifié de 'polémique' par la presse d'opposition], le plafonnement de la déductibilité fiscale de l'impôt sur les sociétés. Mais à une époque où les sociétés sont implantées à l'international, aucune législation quelle qu'elle soit ne suffit. Il faut des accords internationaux, au niveau de l'Europe, ou du G20. Pour moi, nous sommes dans un changement de culture. Nous parlons de rémunérations « correspondant à l'intérêt général », le Bundestag allemand évoque des rémunérations « appropriées », on sent bien que nous sommes dans des choses très voisines. Les comités de rémunération sont une instance composée de personnalités indépendantes, chargé de définir la politique de rémunération des dirigeants d'une entreprise en fonction des performances de la société.

    Philippe Houillon (1951), avocat à 21 ans, juge titulaire de la Cour de justice de la République (du 25/06/1997 au 18/06/2002) et maire UMP de Pontoise, réélu député en 2007 dans le Val-d’Oise, il fut désigné comme rapporteur de la Commission d'enquête chargée de rechercher les causes des dysfonctionnements de la justice dans l'affaire d'Outreau et de formuler des propositions pour éviter leur renouvellement.