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mardi 4 février 2020

Nuançage politique des listes aux municipales : Castaner doit battre en retraite

Le ministre de l'Intérieur se prend un nouveau râteau

Le Conseil d’Etat a suspendu vendredi la circulaire Castener visant à attribuer 
une couleur politique aux candidats aux municipales

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L'incompétent joueur de poker a réagi à l'avis défavorable du Conseil d'Etat. Dans un communiqué publié ce mardi, Castaner vient d'annoncer la transmission aux préfets d'une nouvelle circulaire fixant les règles d'attribution d'une couleur politique aux candidats aux élections municipales. Le nouveau document contraint désormais les préfets à nuancer d'office les candidats des villes de plus de 3.500 habitants, contre 9.000 auparavant. Est ainsi jeter à la corbeille sa circulaire tentant d'occulter les résultats des municipales où le parti du président n'est pas implanté, c'est-à-dire à la marge, voire invisible. 

Ce nuançage politique est indispensable à l'interprétation des résultats des élections municipales. Les préfets se chargent de classer les listes par grands blocs politiques. C'est ce qui permet ensuite au ministère de l'Intérieur de présenter "de manière intelligible et par grands blocs politiques" les résultats à l'échelle nationale, le soir de l'élection. Et de colorer la carte électorale pour les media lus dans les transports.

En optant pour un seuil à 3.500 habitants, le ministère de l'Intérieur vient quelque peu contredire tout l'argumentaire qu'il avait mis en place
Le 17 janvier dernier, avant d'être recalé, le ministère assurait être contraint de choisir un seuil préexistant dans le code électoral, à savoir 1.000 ou 9.000 habitants. Or, le nouveau seuil de 3.500 habitants n'a pas d'existence propre dans le code électoral et aurait pu être préféré dès le départ. Ce seuil demeure plus élevé que celui de 2014, année au cours de laquelle le nuançage politique était réalisé d'office dans les communes de plus de 1.000 habitants.

Les opposants à la circulaire scélérate accusaient la majorité de vouloir gonfler artificiellement ses scores 

Le ministère dit avoir répondu, point par point, à chacun des motifs ayant conduit le Conseil d'Etat à suspendre la précédente circulaire. C'est donc vrai pour le seuil de 9.000 habitants, mais aussi sur les deux autres réserves émises la semaine dernière. La version revue et corrigée donne partiellement satisfaction aux détracteurs.
"Il est ainsi désormais explicitement prévu par la circulaire qu'une liste qui n'a pas reçu d'investiture, mais qui est soutenue par un parti politique disposant de sa propre nuance de liste, se verra attribuer la nuance de liste correspondant au bloc du parti ayant accordé son soutien", écrit le ministère dans son communiqué.
Un point mérite encore un éclaircissement,
le cas des villes investies par un parti d'opposition et soutenues par LREM, comme c'est le cas par exemple pour Olivier Klein à Clichy-sous-Bois (investiture PS et soutien de LREM), Christian Estrosi à Nice (LR et LREM) ou encore Jean-Luc Moudenc à Toulouse (LR et LREM).
Debout la France revient à droite.
Enfin, 'Debout la France', qui était classée dans le bloc "extrême droite", a été reclassé dans le bloc "droite". Le Conseil d'Etat avait estimé que ce nouveau classement était insuffisamment motivé.

Le coucou Macron escomptait accaparer les scores d'autres listes, celles qui, "sans être officiellement investies par LREM ou le MoDem, ni par l'UDI, seront soutenues par ces mouvements".... 

 Le ministère de l'Intérieur a par ailleurs promis de rendre la circulaire publique. Ce qui serait une première.

jeudi 31 octobre 2019

Municipales: à Toulouse : le maire sortant Les Républicains, objet du désir de LR et de... LREM

Le coucou Macron pond dans le nid des autres: sera-t-il fécond ?

Le maire LR sortant, Jean-Luc Moudenc, également soutenu par LREM

Résultat de recherche d'images pour "Moudenc Philippe Macron"Elu en 2014 sous l'étiquette UMP, le tombeur du maire PS de Toulouse Pierre Cohen a des relations fluctuantes avec son parti: démocrate-chrétien "Macron-compatible", comme Arnaud Robinet à Reims ou Christian Estrosi à Nice, il a affiché sa proximité avec Edouard Philippe mais, "en même temps",  a pourtant pris position en faveur de la liste LR menée par François-Xavier aux Européennes.

Cahin-caha, le parti présidentiel investit ses têtes de listes pour les municipales de 2020. 
Lundi, le parti présidentiel, La République en Marche (LREM), a ainsi apporté son soutien au maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc, adhérent du parti Les Républicains (LR).

A deux jours d'intervalle, mercredi, c'était au tour du premier parti de la droite républicaine de se prononcer également en faveur de l'édile sortant, candidat à sa propre succession depuis la fin du mois de septembre dernier. 
 
Une double investiture:  cohérence ou opportunisme ?

Interrogé mercredi par Le Parisien sur cette double investiture, le ministre de la Ville et du Logement Julien Denormandie a justifié cette décision:
"La cohérence se mesure à travers le projet politique de progressisme local [?]. Cela ne veut pas dire que l'on est d'accord sur tout, mais sur un socle", a déclaré ce proche d'Emmanuel Macron.

Une double investiture qui "montre simplement la faiblesse des Marcheurs, qui sont incapables de trouver leurs propres candidats"
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tacle un membre de l'entourage du nouveau président de LR, Christian Jacob, dans les colonnes du Figaro mercredi. "Personne n’est dupe. Jean-Luc Moudenc est un maire sortant LR, soutenu par une majorité LR écrasante", rappelle-t-on opportunément aux parasites LREM de la vie publique depuis trois années. Ils pondent leurs œufs dans le nid d'autres oiseaux, signe de paresse, car incapables de bâtir eux-mêmes leur propre nid. 
Quant à la mariée, a-t-elle conclu un contrat, en l'occurrence universel, à plusieurs plutôt qu’à deux ? Et compte-t-elle vivre en... trouple (version moderne de la "triade", communément appelé "ménage à trois"?

Le nid de Moudenc, une auberge espagnole ?

Proche de Juppé et donc du premier ministre Edouard Philippe, Jean-Luc Moudenc, déjà premier magistrat de Toulouse entre 2004 et 2008, compte dès à présent des élus LREM dans sa majorité municipale.

Officiellement candidat à sa propre succession, Moudenc se présente, comme en 2014, sans étiquette politique. 
"Je suis candidat aux prochaines élections municipales des 15 et 22 mars 2020 pour initier ces nouveaux progrès que nous devons réussir ensemble", écrit-il dans une lettre de deux pages envoyée aux Toulousains. Cette candidature était un secret de polichinelle depuis plusieurs semaines.

Toujours membre de LR, 
Jean-Luc Moudenc s'était consacré à sa ville, puisqu'il a renoncé à son mandat de député, mais a toutefois soutenu - à distance -  la liste conduite par François-Xavier Bellamy aux élections européennes.


Plusieurs raisons expliquent ce cas de figure

1 - Il a soutenu Bellamy, de loin.

Centré sur Toulouse, Moudenc n'a pas mené une campagne active pour l'Europe. C'est ce qu'ont apprécié les cadres d'En marche! "Il a témoigné d'un vrai esprit constructif avec le gouvernement ces derniers mois", affirmait un proche de l'Elysée  dans le JDD en août.
Pour faire la distinction entre ceux qui avaient apporté un soutien actif au candidat LR, genre Arnaud Robinet (Reims) ou Christian Estrosi (Nice), un cadre du parti résumait la situation en ces termes avant l'été : "Ce n'est pas la même chose de se faire étreindre par quelqu'un qu'on n'a pas envie d'embrasser que d'embrasser."

L'élu avait prévenu de sa stratégie. "Pour mieux rassembler, je ne sollicite l'investiture d'aucun parti politique", écrivait-il dans sa lettre de deux pages aux Toulousains.

2 - Des élus LREM ont déjà infiltré sa majorité.

Le parti du président a déjà un pied dans la porte. "C'est une décision logique, dans la mesure où il y a déjà des élus LREM dans ma majorité", a admis le maire de Toulouse, assurant qu'il s'agit de "la continuité du travail entrepris". Trois adjoints au maire ou conseillers municipaux - Franck Biasotto (Logement), Sylvie Rouillon Valdiguié (Politique touristique) - dont Laurent, le mari journaliste, est depuis la rentrée 2018 reporter chargé de l’investigation à l’hebdomadaire Marianne -  et Elisabeth Toutut-Picard - siègent en effet dans le groupe "Alliance majorité présidentielle", qui appartient à la majorité. 

3 - LREM n'a pas d'implantation locale; or, Moudenc a de bons sondages 

Deux sondages d'intentions de vote réalisés sur la ville  avant les européennes ont été rendus publics par deux organes de presse 'Macron-friendly'. Pour La Tribune, proche du quotidien gratuit 'Metro'devenu une filiale de la chaîne de télévision LCI qui appartient au groupe TF1, BVA en a publié un début mai, alors que l'IFOP avait déjà étudié le terrain électoral pour CNews (groupe Canal+) en avril. A chaque fois, le maire sortant Jean-Luc Moudenc (36%) est loin devant les candidats LREM, que ce soit le député En Marche! du coin, Jean-François Portarrieu (9%), ou Mickaël Nogal, 28 ans, ex-adhérent au Parti socialiste, devenu l'un des principaux responsables des Jeunes avec Macron, (8%). Loins du comptepour se maintenir au second tour. 

Le jeunot - qui a préféré se retirer de la course avant la rentrée - explique : "Face au risque de l'extrême-gauche, il nous faut aller aux municipales rassemblés. Il s'agit d'un accord de fond avec Jean-Luc Moudenc, et pas d'une alliance de circonstance."
Testée dans l'enquête BVA, une liste emmenée par le maire sortant et soutenue par Les Républicains, l'UDI, En marche, le MoDem et les Radicaux obtiendrait 40% des suffrages au premier tour du scrutin en mars prochain.
Pour l'instant, le MoDem n'a pas encore officiellement arrêté sa stratégie en vue de l'élection municipale.

4 - La gauche divisée présentera deux listes.

Sauf surprise, il y aura "au moins" deux listes de gauche au premier tour du scrutin municipal.
D'un côté, Europe Ecologie - Les Verts, puis La France insoumise se sont insérés dans un processus citoyen intitulé "Archipel citoyen", rejoint également par l'ancien socialiste Romain Cujives. L'ordonnancement de la liste (70 noms ont été retenus) sera connu à la mi-novembre.
De l'autre, la vice-présidente de la région Occitanie Nadia Pellefigue - qui est la belle-fille de la garde des Sceaux Nicole Belloubet, dont la candidature avait un temps été évoquée à Toulouse - a été investie par le Parti socialiste début octobre.
Elle espère mener une liste d'union citoyenne composée du PCF et du PRG et attaque Moudenc - et sa belle-mère (mère de trois fils, de 22, 34 et 35 ans), qui fut première adjointe au maire socialiste de Toulouse Pierre Cohen - sur le front de l'insécurité à Toulouse, après six années d'enfer socialiste (2008-2014) avec Pierre Cohen, lequel a quitté le PS en avril 2018, pour rejoindre Génération.s de Benoît Hamon...
"On verra dans l'entre-deux-tours ce qu'il est possible de faire avec l'équipe du PS de Nadia Pellefigue", indique au JDD Hélène Cabanes, la porte-parole d'EELV dans 'Archipel Citoyen' et candidate. Or, si on se réfère aux deux sondages BVA et Ifop du printemps, en cas de rapprochement au second tour, l'union de la gauche pourrait avoisiner les 45% des voix.

lundi 11 février 2019

Offensive gouvernementale pour retourner l'opinion contre les Gilets jaunes

La campagne gouvernementale de discrédit des Gilets jaunes est en marche

Des élus des grandes villes et métropoles font le jeu du pouvoir

Image associée

La cabale dénonce une "prise d'otage" qui dure depuis 13 semaines.
Les pertes sont de l'ordre de plusieurs "millions d'euros dans nombre de grandes villes". 
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Ces maires sont ceux de Bordeaux (Juppé en est le maire et c'est un proche de Macron et le mentor de son premier ministre), Lyon (ville dont le maire est l'ancien ministre de l'Intérieur de Macron), ou Saint-Etienne, gérée, comme le maire de Reims, par un soutien du ministre l'Economie de Macron, Bruno Le Maire, lors de la primaire présidentielle des Républicains de 2016...)", dénonce France Urbaine, qui réunit les élus de grandes villes et métropoles, dans un communiqué relayé par la presse officielle et les réseaux sociaux qui, pour l'occasion, ne sont pas diabolisés.

VOIR et ENTENDRE le maire de Saint-Etienne, Gaël Perdriau, défendre les intérêts catégoriels des commerçants contre ceux des Français les plus précarisés (ruraux, petits salaires ou
 retraités, notamment), relayé par BFMTV :

Le président de France Urbaine a fait les comptes pour sa ville lors du dernier conseil municipal, vendredi dernier: la facture des dégâts  - un montant global invérifiable incluant à la fois le mobilier urbain public et privé, ainsi que les aides aux commerçants - s'élèverait désormais à 5,65 millions d'euros. "Ça fait trois mois qu'il y a un énorme problème au niveau économique, au niveau commercial", a alerté - encore une fois au micro de BFMTV - le maire de Toulouse.
Dans de nombreuses villes, les municipalités ont dû mettre la main à la poche pour réparer les dégâts et aider les commerçants lésés, ce qu'ils font sans alarmer les populations s'agissant des mouvements syndicaux provoqués par Macron, comme lors de la Loi Travail ou de la réforme du statut des cheminots.
A Saint-Etienne, la municipalité a mis sur un pied un plan de soutien de 300.000 euros. A Toulouse, la Ville a voté des exonérations de taxes pendant trois mois pour un montant d'un million d'euros. Et à Nantes, la maire PS Johanna Rolland a annoncé fin janvier un plan de 500.000 euros pour les commerçants, notamment pour aider ceux qui n'arrivent plus à trouver d'assurance acceptant de couvrir les risques de casse, lorsqu'ils n'ont pas pris les précautions élémentaires pour se protéger : cherche-t-elle à récupérer sur les dégâts commis par les Zadistes et leurs soutiens radicaux en lutte contre l'aéroport Ayrault à Notre-Dame-des-Landes.

De troublantes contradictions
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Tout en rappelant aux plaignants que l'État est aux côtés des commerçants depuis le 26 novembre, la secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie souligne que les commerçants reçoivent déjà une aide... Invitée sur le plateau de ...BFMTV (surprise !) lundi matin, Agnès Pannier-Runnacher a déclaré : "Nous avons activé la cellule de continuité économique", financé le chômage partiel à hauteur "de 35 millions d'euros", et décalé les échéances fiscales et sociales... Malgré tout, ces dispositifs restent trop peu utilisés par les commerçants, révèle-t-elle, mettant à mal les lamentations mal fondées des commerçants et la campagne politicienne de France urbaine.

On dit qu' En Marche ! n'est pas implanté en régions, mais c'est occulter les élus de terrain ralliés à LREM et Macron.
Des anti-Gilets jaunes organisent une marche de soutien à Macron le 20 janvier
La foirade des 'Foulards rouges' appelait à une nouvelle charge
Ainsi, présidée par Jean-Luc-Moudenc, maire de Toulouse et proche de Juppécette association compte-t-elle parmi ses membres Jean-Louis Fousseret, maire de Besançon, démissionnaire du PS et président de Tous politiques !, l'institut de formation de La République en marche, qui vise à "accompagner l'émergence d'une génération progressiste", André Rossinot, président Radical (MRSL, que les radicaux de gauche ont d'ailleurs quitté en février 2019) de la CU de Nancy, qui a apporté son "soutien personnel" au candidat Macron avril 2018, ou Christian Estrosi, maire LR de Nice, qui a créé 'La France audacieuse' et s'est rapproché de Macron.

L'association "demande au Premier ministre une rencontre avec le ministre de l'Economie (...) et la ministre de la Cohésion des territoires" , pour "définir les modalités d'indemnisation et d'accompagnement, au nom de la solidarité nationale". Un gag, vu l'état des finances publiques, mais le moyen de faire parler d'eux et d'aider le président à sortir du pétrin dans lequel sa politique à plongé la France, en discréditant globalement le mouvement des Gilets jaunes dans l'opinion.
Des chiffres d'affaires en baisse depuis avril et non pas depuis trois mois
Parmi les préjudices subis, ces élus citent, pour "les contribuables locaux", des dégradations de biens publics, la "mobilisation des services de la ville et des forces de l'ordre". Et pour les commerces, des dégradations, des pertes de recettes et des "pertes d'emplois".
Selon Procos, la Fédération du commerce spécialisé, les seuls mois de novembre et de décembre ont vu le chiffre d'affaires du commerce spécialisé chuter respectivement de -6,8% et de -3,9%, par rapport aux mêmes mois de 2017, "avec un pic à -12% au 17 décembre". Or, la baisse de la consommation des ménages en biens recule nettement depuis avril 2018 (−1,5 %) en volume, bien avant que n'éclate le mouvement de crise sociale incriminé... Ce repli concerne d'ailleurs aussi la consommation d'énergie  et les achats alimentaires. Les dépenses en habillement [des gilets jaunes ?) sont en revanche orientées à la hausse.

Dans le même temps, vendredi 8 février, la secrétaire d'Etat à l'Economie a exhorté les commerçants et entreprises à solliciter les mesures d'accompagnement mises en place, s'ils s'estiment touchés par les actions des "gilets jaunes" car les demandes spontanées sont à ce jour "extrêmement limitées", déplore Agnès Pannier-Runacher...

La presse officielle emboîte le pas du gouvernement et de ses relais territoriaux

Pilonnage de l'opinion
Image associée
Outre BFMTV, très en pointe, on l'a vu, dans son soutien aux maires et aux commerçants motivés par un soutien politique à Macron  - mais qui ne prennent pas pour autant la peine de faire appel aux mesures d'accompagnement offertes par le gouvernement -, une autre chaîne privée d'information, LCI, répercute le "cri de colère" de certains maires : "Ils n'en peuvent plus payer la note des dégradations en marge des manifestations des "gilets jaunes" et veulent présenter la facture à l'Etat, écrit la chaîne du groupe TF1, dont Bouygues est le principal actionnaire. "Cela fait treize semaines que les Gilets jaunes défilent à Paris comme en région. Et les fins de manifestations sont souvent synonyme de casse et d'affrontements violents avec les forces de l'ordre. La facture des dégâts provoqués par les Gilets jaunes est salée. Cinq millions d'euros de dégâts à Toulouse, treize dans la capitale, un million à Dijon ou Saint-Étienne. Exaspérées, beaucoup de communes ont décidé de ne plus réparer et de se tourner vers l'Etat. Les commerçants, eux, redoutent d'avoir à licencier des employés si les manifestations se poursuivent."
On le voit, cette dramatisation médiatique est non seulement orchestrée, mais inédite. 
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Quatre mois de manifestations
Seule 'La Manif pour tous' avait suscité ce type de réaction politicienne : c'était à Paris, quand Anne Hidalgo refusa aux manifestants le Champs-de-Mars qu'elle autorise aux Gilets jaunes. En janvier 2013, la socialiste avait estimés à 100.000 euros, les dégâts dus au "piétinement" lors de la manifestation contre le mariage homosexuel du 13 janvier.
En revanche, en avril 2018, deux groupes de manifestants cheminots se sont finalement retrouvés sur le Champ-de-Mars et la maire socialiste n'a pas constaté de dégâts...
L"acte 2" du mouvement des Gilets jaunes a pu se dérouler au Champ-de-Mars à Paris samedi 24 novembre 2018, ce lieu offrant les "conditions de sécurité nécessaires", a indiqué le ministère de l'Intérieur, sans problème avec la Mairie.

Gouvernement, quelques élus et des media font monter la pression
"Plus la journée passe, plus la facture augmente […] Le total atteint en gros 20 à 25 millions", raconte à PublicSenat.fr Olivier Landel, délégué général de France urbaine. Et cette facture ne concerne que les 20 premières villes françaises. Aussi, pour faire face à ces dépenses non prévues, les élus de la France urbaine demandent à être reçu par le ministre de l'Economie et le premier ministre, les deux.  
O. Landel est directeur-général à l'Agence France Locale qui oeuvre pour l'autonomie financière des collectivités territoriales, et il milite aussi à l'Association des communautés urbaines de France (ACUF) et à l'Association d'études pour l'agence de financement des collectivités locales (AEAFCL).

On attend pour bientôt l'entrée dans la campagne des sondeurs des reins et des coeurs, mais aussi, désormais, de "l'imaginaire" des Français...



mardi 9 octobre 2018

Toulouse : une fusillade fait un mort et deux blessés dans un bar PMU

Toulouse n'a rien à envier à Marseille

Un homme de 35 ans a été tué et deux autres ont été blessés par balle dont un grièvement, 40 ans, lundi, dans un petit bar PMU d'un quartier populaire de Toulouse. Les tueurs ont vidé les chargeurs de leur pistolet automatique : les enquêteurs ont ramassé 24 douilles de calibre 9 mm.

L'un des deux individus à moto a ouvert le feu avec une arme de poing vers 17h00 sur la terrasse du bar "Le Papus", où se trouvaient des clients. Les deux complices ont ensuite poursuivi l'une des trois victimes à l'intérieur de l'établissement situé dans le quartier populaire du même nom, a indiqué le Parquet de Toulouse.
Les assassins ont ensuite pris la fuite, a ajouté la même source, selon laquelle un homme a été abattu sur place et deux autres ont été hospitalisés, dont l'un dans un état grave.

Le SRPJ de Toulouse a été saisi pour assassinat et tentative d'assassinat. Toutes les pistes sont explorées, y compris celle liée à un règlement de comptes dans le milieu du trafic de drogue, indique-t-on "de source proche de l'enquête".
Sur place, un périmètre de sécurité a été mis en place par la police autour du bar, un bâtiment d'un étage dont les quelques tables en plastique à l'extérieur étaient restées quasiment intactes une heure après les coups de feu. Plusieurs policiers du SRPJ relevaient les impacts de balles et scrutaient le sol à la recherche de douilles, en présence d'une magistrate du Parquet.

Une habitante a déclaré: "Ca fait 40 ans que j'habite ici et je n'avais jamais vu ça".
"C'est triste, c'était quelqu'un du quartier; on a grandi ensemble", a déclaré un autre habitant en parlant de la victime décédée. "Il habitait La Faourette, c'était quelqu'un de carré; il se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment", a-t-il ajouté. "Il vivait avec sa mère, c'était quelqu'un de bien", a ajouté un autre témoin.

L'héritage de quatre années de socialisme avec Pierre Cohen

"Je connais très bien ses frères", a renchéri un autre habitant d'une trentaine d'années. Ses frères et lui "ne baignent pas dans ce milieu-là [de la drogue]. Ce n'est pas une question de quartier, de territoire. Ici, on n'est pas à Marseille, on est à Toulouse", a-t-il estimé.

Ce bar PMU se situe à côté de la salle de boxe du champion Sofiane Oumiha, récemment inaugurée et à quelques dizaines de mètres d'un jardin d'enfants et d'une école primaire, au milieu de bâtiments de seulement quatre étages du quartier populaire du Papus.

Une mère de famille a qualifié cette fusillade d'"inadmissible", ..."à l'heure où les enfants sortent" de l'école. "Mon fils n'était pas allé (à la salle de boxe) aujourd'hui, mais il ira demain, a-t-elle ajouté.

Il y a deux ans, des habitants du Papus avaient lancé une pétition pour "des réponses concrètes" pour ce quartier construit dans les années 60 "où il fait bon vivre", dénonçant "incivilités", "suspicion de trafics illicites" (un merveilleux euphémisme) et "désert commercial", notamment. Elle avait été signée par une cinquantaine de personnes.
Le quartier en cours de réhabilitation se trouve à proximité de la cité sensible de Bagatelle, en périphérie du Mirail, un grand ensemble mal famé où trente policiers de la PSQ (police de sécurité du quotidien) ont été récemment déployés sur fond de trafic de stupéfiants.

"Face à ce déferlement de violence, délinquance et trafics doivent être combattus sans relâche, avec des moyens adéquats, en particulier la nouvelle #PoliceSécuritéQuotidien", a déclaré sur Twitter le maire LR de Toulouse depuis 2014, Jean-Luc Moudenc, un proche d'Alain Juppé.
Plusieurs quartiers populaires toulousains, dont celui du Mirail, ont été par le passé le théâtre de règlements de comptes mortels sur fond de trafic de drogue. En juillet 2017, un homme avait été tué et sept autres blessés dans une fusillade perpétrée par un individu dissimulé sous une burka et utilisant une poussette pour cacher son arme.

dimanche 29 avril 2018

Un élu de Toulouse fait son Valls : "Tu me mets quelques Blancos"

Il y a "trop d’Arabes", lâche un conseiller municipal de Toulouse; le maire ouvre une enquête 

Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse, a ordonné l’ouverture d’une enquête visant ce conseiller municipal de la majorité

Dérapage ou erreur de traduction ?
Moudenc, Valls, Collomb
Aviv Zonabend, sans étiquette, a-t-il vraiment déclaré qu’il y a "trop d’Arabes à Toulouse" ? Prêtés à un conseiller municipal toulousain de confession juive sur l’antenne d’une radio israélienne, ces propos ont-ils été prononcés ? Toujours est-il qu'une polémique vise leur auteur présumé depuis la publication d’un article sur la version française du 'Times of Israël', magazine en ligne israélien.

Le maire (LR) de Toulouse, Jean-Luc Moudenc envisage de lui retirer sa délégation, dans l'hypothèse où cette déclaration serait avérée. Selon le quotidien israélien, à la question posée par le journaliste israélien Razi Barkai, de savoir combien il y a d’Arabes vivant dans la ville rose - qui est jumelée à la ville blanche israélienne depuis 1962 -, le conseiller en charge des relations avec les villes jumelées, répond : "Beaucoup. Trop [d’Arabes dans la ville]", avant de préciser qu’ils représentent "11 à 12 % des habitants" sur une population toulousaine municipale de plus de 470.000 habitants, selon l’INSEE au 1er janvier 2017, soit environ 4.800  48.000 (merci au lecteur qui a corrigé)

"Je ne voulais pas parler d’Arabes, mais d’islamistes."

Des propos que l’élu local a démentis. 
Résultat de recherche d'images pour "Moudenc Macron"
Contacté par France 3 Occitanie, Aviv Zonabend invoque une erreur de traduction : "J’ai été interrogé sur l’affaire Merah et j’ai répondu dans un hébreu hésitant, une langue que je ne maîtrise pas. Je ne voulais pas parler d’Arabes, mais d’islamistes," explique celui qui est aussi président de la commission Eau et Assainissement Toulouse Métropole. 
"Je n’ai rien contre les Arabes et j’entretiens d’excellentes relations avec la communauté musulmane. Je voulais insister sur le fait qu’il y a trop d’islamistes à Toulouse. Je suis très clair. J’en ai après les islamistes, mais je n’ai rien du tout contre les Arabes," insiste-t-il. 


Une explication qui ne suffit pas au premier édile de la ville, Jean-Luc Moudenc.
 
Ex-secrétaire du groupe d’amitié France-Israël lorsqu'il était député, ce proche d'Alain Juppé a menacé de retirer ses délégations à son adjoint et publié un communiqué sur Facebook. "Toulouse mérite mieux que des propos à l'emporte-pièce. J'ai découvert avec stupéfaction, dans le journal 'The Times of Israël', des propos prêtés à Aviv Zonabend, conseiller délégué à la mairie de Toulouse, issus d'une interview sur une chaîne de radio israélienne. Je les condamne avec la plus grande fermeté", précise-t-il dans ce texte. 

Un interprète-traducteur devra donc expliquer si une transposition approximative des propos de Aviv Zonabend  est possible, avant que le maire de la Ville Rose ne statue sur le sort de son adjoint. Aviv Zonabend n’envisage pas de démissionner.

Manuel Valls n'avait pas eu à démissionner

L'ancien maire d'Evry n'avait pas pu invoquer l'excuse d'une traduction incorrecte :


lundi 15 mai 2017

Des élus LR et du centre appellent leurs familles politiques à trahir pour Macron

J.-L. Borloo (UDI) et N. Kosciusko-Morizet (LR) ralliés à une vingtaine de petits élus renégats

Les 25 félons appellent  à "répondre à la main tendue" par Macron 

Ce lundi 15 mai, quelques heures seulement après la nomination du juppéiste Edouard Philippe à Matignon, plusieurs personnalités de l'opposition républicaine sont sorties du bois pour saluer la nomination à Matignon du député-maire du Havre,  "un acte politique de portée considérable", selon eux, appelant "la droite et le centre" à "répondre à la main tendue" par le candidat de Hollande, le président déchu par son propre renoncement à un second mandat.

Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet se sont joints aux vingt-trois élus LR et UDI qui souhaitent que leurs partis prennent "la mesure de la transformation politique qui s’opère sous [leurs] yeux", écrivent-t-ils. C'est probablement cette perspective politicienne qui a motivé Emmanuel Macron à choisir Edouard Philippe au poste de Premier ministre.

Macron, un miroir aux alouettes

Conscients de la menace qu'ils font planer sur l’unité de leurs formations politiques, les "Macron compatibles" auraient posé leurs conditions. Parmi les signataires, on trouve des députés proches de Bruno Le Maire (Thierry Solère, Franck Riester, Arnaud Robinet), de rares sarkozystes comme le maire de Tourcoing (Nord), Gérard Darmanin, et le maire de Nice, Christian Estrosi, ou encore des élus juppéistes (Christophe Béchu, Benoist Apparu, en plus de Philippe et NKM, 4e à la primaire de la droite et du centre de 2016 (avec 2,6  % des voix, elle avait soutenu Alain Juppé pour le second tour), présidente du groupe Les Républicains au Conseil de Paris, laquelle déclara lors des Régionales de 2015 : "Pour moi, il y a un adversaire, le PS").
S’y ajoutent Laurent Degallaix, député et maire UDI de Valenciennes (Nord), le maire LR de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, et le maire de Mulhouse, Jean Rottner, un ...médecin urgentiste.

Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet ont rejoint les signataires dans l’après-midi. 
Les vingt-cinq s'estiment meilleurs que les autres à être. "Plutôt que les anathèmes, les caricatures, les exclusions, nous demandons solennellement à notre famille politique d’être à la hauteur de la situation de notre pays et de l’attente des Français, qui, au lendemain de l’élection d’Emmanuel Macron, attendent de nous d’être au rendez-vous de l’intérêt général". A la Convention nationale du 15 janvier 1793, les vingt-cinq auraient voté la mort de Louis XVI, guillotiné le 21 janvier 1793.

Signataires contre leur camp et les programmes de leur formation politique
La République en marche (LRM), l’étiquette d’En marche ! pour les législatives, a laissé ouvertes quelques circonscriptions. Ainsi, des personnalités de droite pourront candidater sous le label présidentiel et empêcher le retour d'une opposition de droite et du centre à l'Assemblée nationale. Ces élus ont-ils été mandatés à cet effet par le peuple ? 

En effet, des élus anonymes auraient posé en préalable à leur collaboration avec le mouvement d’Emmanuel Macron le choix d’un premier ministre de leur camp. Dans la liste de candidats que LRM a dévoilée jeudi, aucun candidat n’a pour l’heure été désigné dans les circonscriptions d'hommes de peu de convictions :
- Franck Riester (43 ans, patron de plusieurs concessions automobiles Peugeot, député-maire de Coulommiers,favorable à un rassemblement des sociétés de l'audiovisuel public en un groupe unique, soutien de Jean-François Copé au congrès de l'UMP de novembre 2012 et de Bruno Le Maire au premier tour de la primaire présidentielle des Républicains de 2016, parrain d'Alain Juppé), en Seine-et-Marne,
- Thierry Solère (franc-maçon de 46 ans, dissident et poursuivi en justice par l'UMP dont il sera exclu pendant trois ans, soutien de Bruno Le Maire) dans les Hauts-de-Seine, 
- de Benoist Apparu (48 ans, proche du maire de Bordeaux, Alain Juppé, secrétaire d'État au Logement, auprès de Jean-Louis Borloo, ministre d’État, puis ministre délégué au Logement -en février 2011, il déclara sur RMC vouloir faciliter "la construction de mosquées", y compris avec l'aide de l'État, après modification de la loi de 1905- dans les gouvernements Fillon, favorable au mariage homosexuel, maire de Châlons-en-Champagne), 
- et d’Arnaud Robinet (42 ans, député-maire de Reims et soutien de Bruno Le Maire à la primaire présidentielle des Républicains de 2016), ces deux derniers dans la Marne.
Leurs électeurs diront s'ils sont, mieux que d'autres comme ils le prétendent, "à la hauteur de la situation de notre pays et de l’attente des Français."

samedi 16 juin 2007

Législatives: Moudenc, la divine surprise !

Tout reste possible à Toulouse
Jean-Luc Moudenc, le candidat de l'UMP, maire de la ville, pourrait l'emporter dans la 1re circonscription de Toulouse. Elu en 2002, Philippe Douste-Blazy a préféré laisser la place plutôt que d'encaisser une défaite promise avec perspicacité par les médias... La rumeur faisait état d'une montée en puissance du PS dans les bureaux du centre-ville!
VOIR et ENTENDRE sa suppléante, Sofia Herzi:
A 37,44 %, Jean-Luc Moudenc ne devance, certes, que de 6 points la pharmacienne PS Catherine Lemorton, laquelle peut compter sur les 11 points promis par les Verts et les Alternatifs-PCF.
Un retour de flamme dans les amours du PCF et du PS laisserait rêveur!

Mais Jean-Luc Moudenc espère rallier l'électorat du MoDem Jean-Luc Forget (9,56 %), dont la responsabilité est grande.
Le Parti socialiste voyait dans la conquête de cette 1re circonscription un dernier coup de semonce électorale avant la municipale à venir.

C'est au contraire le maire en place qui pourrait en ressortir requinqué.