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mardi 6 juin 2017

Législatives: Alain Juppé ne soutient pas le candidat de son camp dans les Yvelines

Le battu de la primaire fait campagne pour la candidate LREM contre celui de LR

Alain Juppé s'était engagé à soutenir tous les candidats LR-UDI dans la course aux législatives...

Bien qu'officiellement investi par Les Républicains, ce n'est pas Jean-Frédéric Poisson que soutient le candidat malheureux à la primaire à droite, mais Aurore Bergé, originaire des Yvelines, qui se présente pourtant sous l'étiquette La République en Marche. La candidate LREM, 31 ans, était en effet la collaboratrice du maire de Bordeaux lors de la campagne pour la primaire. Elle a notamment contribué à la campagne numérique d'Alain Juppé, 70 ans, avant de rejoindre Emmanuel Macron mi-février. Elle est d'ailleurs la fille d'un comédien spécialisé dans le doublage de films.

Mais c'est pourtant une transfuge Les Républicains qui a les faveurs du septuagénaire. Aujourd'hui étiquetée La République en Marche, le temps des législatives, Aurore Bergé  faisait partie de son équipe de campagne pour la primaire de la droite et du centre. 

Une législative marquée par les trahisons 

Les renégats se serrent les coudes. 
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"Très fière et émue du soutien que m'apporte aujourd'hui Alain Juppé dans ma campagne législative. Merci à lui !", a tweeté Aurore Bergé mardi 6 juin, en reprenant l'intégralité du texte de soutien du maire LR de Bordeaux. "Aurore Bergé est aujourd'hui votre candidate aux élections législatives. Je connais son engagement, son énergie et sa détermination. J'ai pu les mesurer lorsqu'elle a travaillé à mes côtés dans le cadre de la primaire de la droite et du centre", écrit Alain Juppé, en langue de bois. Une loyauté à l'instar de son modèle...

"Je connais son attachement à son département des Yvelines qu'elle n'a jamais quitté", poursuit l'ancien, qui affirme partager avec la candidate de la République En Marche "les mêmes valeurs", et assure aux électeurs "qu'elle saura vous représenter à l'Assemblée nationale: Je vous invite à voter pour Aurore Bergé", conclut-il, en termes convenus, sans enthousiasme.

Un soutien "personnel" d'Alain Juppé qui n'a pas manqué d'indisposer. 
Nicolas Dupont-Aignan écrit ainsi sur Twitter : "Avec le soutien d'Alain Juppé à Aurore Bergé, les LR ne font même plus semblant d'être dans l'opposition". 

Aurore Bergé, élue LR à Magny, commune PS, où elle est conseillère municipale, a été investie sous l'étiquette LREM dans la 10e circonscription des Yvelinesdépartement LR, mais dans le fief occupé par le député sortant Jean-Frédéric Poisson, ancien adversaire d'Alain Juppé à la primaire de la droite et président du Parti chrétien-démocrate. 
Jean-Frédéric Poisson en mai 2016.Pour rappel, Jean-Frédéric Poisson élu aux élections législatives de juin 2012 sur la 10e circonscription des Yvelines avec le soutien de l'UMP, du Parti chrétien-démocrate, du Parti radical, du Mouvement pour la France, du CNIP, du Nouveau Centre, du Parti libéral démocrate et de France écologie. Il est élu au second tour face à la députée sortante soutenue par le PS et Europe Ecologie-les Verts, Anny Poursinoff, avec 53,65 % des voix.
Image associée
En s'engageant contre son camp, le félon de Bordeaux prend la responsabilité d'une défaite du parti Les Républicains. 
D'autres juppéistes ont préféré leur carrière au parti : outre Renaud Dutreil (prédécesseur de Juppé à la présidence de l'UMP), Philippe Douste-Blazy (ancien UDF), Jean-Jacques Aillagon (qui a travaillé à Venise pour François Pinault), Dominique Perben (battu par Collom à la mairie de Lyon et membre de l'équipe de campagne d'Alain Juppé, candidat à la primaire), Jean Arthuis (soutien de Bayrou, lors de l'élection présidentielle 2007, il a fermé les yeux, comme eurodéputé, sur les emploi fictifs de Marielle de Sarnez, MoDem, au parlement européen ) ou cette autre spécialiste du retournement de veste, Marie-Anne Montchamp, qui a successivement soutenu Villepin, Copé, Sarkozy, Fillon et Macron, Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics depuis 2017, et le premier ministre de Macron, Edouard Philippe, juppéiste.

lundi 15 mai 2017

Des élus LR et du centre appellent leurs familles politiques à trahir pour Macron

J.-L. Borloo (UDI) et N. Kosciusko-Morizet (LR) ralliés à une vingtaine de petits élus renégats

Les 25 félons appellent  à "répondre à la main tendue" par Macron 

Ce lundi 15 mai, quelques heures seulement après la nomination du juppéiste Edouard Philippe à Matignon, plusieurs personnalités de l'opposition républicaine sont sorties du bois pour saluer la nomination à Matignon du député-maire du Havre,  "un acte politique de portée considérable", selon eux, appelant "la droite et le centre" à "répondre à la main tendue" par le candidat de Hollande, le président déchu par son propre renoncement à un second mandat.

Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet se sont joints aux vingt-trois élus LR et UDI qui souhaitent que leurs partis prennent "la mesure de la transformation politique qui s’opère sous [leurs] yeux", écrivent-t-ils. C'est probablement cette perspective politicienne qui a motivé Emmanuel Macron à choisir Edouard Philippe au poste de Premier ministre.

Macron, un miroir aux alouettes

Conscients de la menace qu'ils font planer sur l’unité de leurs formations politiques, les "Macron compatibles" auraient posé leurs conditions. Parmi les signataires, on trouve des députés proches de Bruno Le Maire (Thierry Solère, Franck Riester, Arnaud Robinet), de rares sarkozystes comme le maire de Tourcoing (Nord), Gérard Darmanin, et le maire de Nice, Christian Estrosi, ou encore des élus juppéistes (Christophe Béchu, Benoist Apparu, en plus de Philippe et NKM, 4e à la primaire de la droite et du centre de 2016 (avec 2,6  % des voix, elle avait soutenu Alain Juppé pour le second tour), présidente du groupe Les Républicains au Conseil de Paris, laquelle déclara lors des Régionales de 2015 : "Pour moi, il y a un adversaire, le PS").
S’y ajoutent Laurent Degallaix, député et maire UDI de Valenciennes (Nord), le maire LR de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, et le maire de Mulhouse, Jean Rottner, un ...médecin urgentiste.

Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet ont rejoint les signataires dans l’après-midi. 
Les vingt-cinq s'estiment meilleurs que les autres à être. "Plutôt que les anathèmes, les caricatures, les exclusions, nous demandons solennellement à notre famille politique d’être à la hauteur de la situation de notre pays et de l’attente des Français, qui, au lendemain de l’élection d’Emmanuel Macron, attendent de nous d’être au rendez-vous de l’intérêt général". A la Convention nationale du 15 janvier 1793, les vingt-cinq auraient voté la mort de Louis XVI, guillotiné le 21 janvier 1793.

Signataires contre leur camp et les programmes de leur formation politique
La République en marche (LRM), l’étiquette d’En marche ! pour les législatives, a laissé ouvertes quelques circonscriptions. Ainsi, des personnalités de droite pourront candidater sous le label présidentiel et empêcher le retour d'une opposition de droite et du centre à l'Assemblée nationale. Ces élus ont-ils été mandatés à cet effet par le peuple ? 

En effet, des élus anonymes auraient posé en préalable à leur collaboration avec le mouvement d’Emmanuel Macron le choix d’un premier ministre de leur camp. Dans la liste de candidats que LRM a dévoilée jeudi, aucun candidat n’a pour l’heure été désigné dans les circonscriptions d'hommes de peu de convictions :
- Franck Riester (43 ans, patron de plusieurs concessions automobiles Peugeot, député-maire de Coulommiers,favorable à un rassemblement des sociétés de l'audiovisuel public en un groupe unique, soutien de Jean-François Copé au congrès de l'UMP de novembre 2012 et de Bruno Le Maire au premier tour de la primaire présidentielle des Républicains de 2016, parrain d'Alain Juppé), en Seine-et-Marne,
- Thierry Solère (franc-maçon de 46 ans, dissident et poursuivi en justice par l'UMP dont il sera exclu pendant trois ans, soutien de Bruno Le Maire) dans les Hauts-de-Seine, 
- de Benoist Apparu (48 ans, proche du maire de Bordeaux, Alain Juppé, secrétaire d'État au Logement, auprès de Jean-Louis Borloo, ministre d’État, puis ministre délégué au Logement -en février 2011, il déclara sur RMC vouloir faciliter "la construction de mosquées", y compris avec l'aide de l'État, après modification de la loi de 1905- dans les gouvernements Fillon, favorable au mariage homosexuel, maire de Châlons-en-Champagne), 
- et d’Arnaud Robinet (42 ans, député-maire de Reims et soutien de Bruno Le Maire à la primaire présidentielle des Républicains de 2016), ces deux derniers dans la Marne.
Leurs électeurs diront s'ils sont, mieux que d'autres comme ils le prétendent, "à la hauteur de la situation de notre pays et de l’attente des Français."

samedi 29 octobre 2016

Tribune de Bayrou au vitriol pour appeler Sarkozy à la non-violence

Bayrou, dans le rôle du méchant de l'équipe Juppé,  s'en prend violemment à Sarkozy

Malgré son ton doucereux, l'ambigu François Bayrou trompe énormément

S'il se trompe constamment de monture, il ne trompe personne et n'échappe pas aux critiques de Nicolas Sarkozy. Le maire de Pau a contre-attaqué samedi en pourfendant violemment la "violence" et le "mépris" de l'ancien chef de l'Etat qui, selon lui, miserait sur la division du pays, bien que refondateur du principal parti d'opposition. Il va conduire une nouvelle fois les Français "à lui dire non", assure-t-il

"Comment quelqu'un qui a été président de la République et qui aspire à le redevenir peut-il se comporter de la sorte ?", s'interroge l'ancien ministre de l'Education nationale pendant la cohabitation avec Mitterrand. 

Le président du Mouvement démocrate (MoDem) n'a jamais cessé, avec ses 4 députés, de ruminer sa vengeance aujourd'hui étalée dans un texte intitulé "un affrontement fondateur" publié sur sa page Facebook. "Comment peut-il en arriver à cette violence de chaque minute, lâchant des insultes avec un mépris affiché, crachant sur ceux qui ne votent pas pour lui, n’hésitant pas à leur enjoindre sans crainte du ridicule de 'se taire'?", éructe le fondateur du MoDem, suite à la victoire de N. Sarkozy à l'élection présidentielle de 2007

Après qu'il a fricoté avec la favorite des sondages mais  battue en 2007 Ségolène Royal a pris près de six points dans la vue -  et qu'il a appelé à voter en faveur de François Hollande en 2012, les Sarkozystes ne laissent rien passer au centriste qui voue à Sarkozy une rancune tenace pour ses espoirs déçus d'accès au pouvoir avec les socialistes. 

Ces dernières semaines, Nicolas Sarkozy a donc planté des banderilles dans le maire de Pau, soutien déclaré d'Alain Juppé qui - comme Ségolène Royal en 20007 - fait la course en tête dans les sondages à un mois de la primaire à droite et au centre. Ainsi, des élus proches de l'ex-chef de l'Etat ont fustigé le "retour opportuniste" du président du MoDem et ont plaidé pour une alternance "solide, franche et visible". "Ce n’est pas parce qu’il n’est pas assez violent, assez clivant, assez injurieux que Sarkozy décroche; c’est précisément parce que tout le monde voit toute la faiblesse que révèle un tel comportement", analyse, à sa façon haineuse, François Bayrou. "Et c’est pour cette raison [il tente de raisonner] que les Français, de droite, du centre et d’ailleurs, malgré la logique partisane de la primaire, s’apprêtent à lui dire non. Une deuxième fois", espère le fielleux. 

Troisième homme de la présidentielle en 2007 et éternel battu, François Bayrou a prévenu qu'il pourrait se lancer à nouveau dans la course à l'Elysée pour 2017 si Alain Juppé, favori du scrutin, venait à perdre la primaire des 20 et 27 novembre prochain. Une hypothèse qui glace le septuagénaire et le met en fureur. 
J’y vais ou je n’y vais pas ? Bayrou se rêve en homme providentiel et ne rate pas une occasion de vanter tous les mérites dont il se croit paré. 

Le Béarnais nous aura pourtant tout fait, dressé sur ses ergots à la Chantecler et sa tête grosse comme un melon de Cavaillon. Ses modèles ? Le roi Henri IV, de Gaulle, l’homme seul, envers et contre tout, comme lui, et le fourbe Mitterrand, dont il loue l'habileté politique et la pugnacité qu’il espère égaler en se représentant à la présidentielle autant de fois que nécessaire. Au prix d'une trouble affaire d'attentat de l'Observatoire ? En période d'état d'urgence, ce serait fort !
Il se serait bien lancé en 2017, mais Bayrou s'est fait rouler dans la farine par l'ancien, Juppé, qui l'a grillé sur le poteau de départ, se déclarant le premier à la primaire.
Il y serait allé parce que Hollande l’a déçu en le prenant pour de la roupie de sansonnet. Il y serait allé parce qu’il hait Sarkozy, le bling-bling inculte, et qu’il s’imagine de taille face à Marine Le Pen. Il y serait bien allé parce qu’il se vante d’une virilité de grand fauve [mais qui n'a pas opéré sur une Ségolène Royal pourtant habituée à un gros mou]: les références au Vert à galant et à l’élevage de pur-sang dont il occupe ses temps libres ne font rien à l'affaire.
Chercher les états de service de Bayrou pour justifier une telle vanité est peine perdu. Aucun grand fait d’armes ou accomplissement majeur: ministre de l’Éducation aux mains des syndicalistes co-gestionnaires du ministère, il ne s’est risqué à aucune réforme, ne suscitant jamais ni élans ni contestations. Son parti, le MoDem, n'est qu'une coquille vide qui a vidé de sa substance l’espace politique que Giscard ou Balladur avait réussi à fédérer.
Pusillanime et accommodant, déloyal et changeant, européaniste et humanitariste, Bayrou incarne les pires défauts des ventres mous du centre. Certains crurent en lui en 2007, quand son parler-vrai et sa lucidité (sur la dette, l’autorité de l’État ou l’insécurité) prirent des accents populistes, au point qu’on qualifia sa posture d’extrême centre, mais plus personne ne l'entend.
Si la division droite-gauche n’a plus de sens idéologiquement, elle reste un marqueur d’appartenance. En France, on déteste les félons qui passent d’un camp à l’autre. Bayrou, avec sa danse du ventre devant Royal en 2007 et son ralliement au panache rose de Hollande en  2012, a signé pour toujours sa carte de visite, celle de Iago et de Judas, du traître et du vendu. 
Depuis 2012, Bayrou, c’est Judas. Bayrou et Juppé n’ayant cessé de se rapprocher, l’un pour l’adouber dans sa conquête de la mairie de Pau et l’autre pour le soutenir dans les primaires, les électeurs de droite sauront s’en souvenir et le leur faire payer.
Le baiser de Judas à Juppé sera comme le chant du cygne de la carrière politique du Bordelais avant sa réincarnation en la figure de l’éternel deuxième que l’on aime tant en France, de Mendès France à Rocard, de Barre à Balladur, le sempiternel perdant, trop modéré pour être convaincant et trop au centre pour peser, et que l’on renvoie à ses chères études. 
Et le patron de 3 (2007), puis 2 (2012) députés centristes de s'égosiller
Ses propos dégradants semblent adressés à Hollande, mais non ! "Faire de la division du pays le principe de l’action présidentielle, c’est manquer à la mission première qui est d’assurer la concorde civile, de rassembler les forces et de les ordonner pour faire face aux tempêtes". Le bègue opposé au bipartisme est égaré par la méchanceté et se trompe de cible. "J’affirme même, à l’encontre de Nicolas Sarkozy, et je défendrai cette ligne, que tous ces grands courants du pluralisme français, très à droite, très à gauche ou très au centre, doivent être représentés dans nos institutions, même ceux avec lesquels je suis le plus en désaccord et en affrontement." Tout ça pour en arriver là ?