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dimanche 24 mai 2015

Présidentielle 2017: l'UMP Juppé est-il le joker du PS ?

Alain Juppé, dans quel camp êtes-vous?

Plan B: avec le soutien de Bayrou, l'ancien premier ministre pourrait aussi bien être candidat du PS

On entend peu Alain Juppé, mais c'était dernièrement lorsqu'il dénonça "les jugements de valeur" de son camp contre la ministre de l'Education de Hollande, joignant sa voix au PS la semaine dernière pour fustiger les déclarations de Nicolas Sarkozy.

Pour marquer une nouvelle fois sa différence avec le président de  l'UMP, Alain Juppé prend le risque de s'isoler dans son propre parti lequel est unanime contre la réforme du collège de Vincent Peillon portée par Najat Vallaud-Belkacem. L'ancien premier ministre ménage son coeur de cible centriste, mais s'il est bel et bien opposé au projet du gouvernement, il recommande aussi à sa famille politique, de se garder "d'attaques personnelles". Juppé emprunte en effet l'habit de vertu de Hollande. "Moi je ne porte pas de jugement de valeur sur telles ou telles personnes. Aborder la question (de la réforme du collège) sur des attaques personnelles sur telles ou telles ministres n'est pas la bonne méthode", susurre le candidat à la primaire sur RTL.

Un conseil dans la lignée des propos du patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, qui, dans la semaine, avait taxé de "légèrement xénophobe" la prise de position du président de l'UMP contre la ministre de l'Education nationale. L'ancien chef de l'État venait de faire siffler Najat Vallaud-Belkacem lors d'un meeting à Pavillons-sous-Bois le maire est sénateur UMP) en... Seine-Saint-Denis (département PS longtemps géré vaille que vaille par l'actuel président de l'Assemblée): "Dans le combat effréné pour la médiocrité, Christiane Taubira [la ministre de la Justice] est en passe d'être dépassée par Najat Vallaud-Belkacem."
Avril 2013
Il se trouve que
ces deux représentantes de la diversité cristallisent l'hostilité du seul fait de leurs réformes imposées par la force pour le mariage entre personnes du même sexe ou d'un décret pour la réforme du collège, en plus du 49.3 pour faire passer la loi Macron. Le mardi 23 avril 2013 à l'Assemblée nationale, son président, Claude Bartolone, avait hurlé qu'on sorte "les ennemis de la démocratie" qui manifestaient dans la tribune.

"L'école mérite mieux que ce débat très politicien", avait commenté le maire de Bordeaux, un instant sorti de la rédaction d'un nouveau livre. Depuis sa bulle bordelaise, il s'offusqua d'un tweet de Nicolas Sarkozy (60 ans) qui annonçait son intention de revenir sur la réforme du collège s'il accède de nouveau à l'Elysée en 2017. "Tout le monde est monté au créneau pour annoncer qu'on annulera cette réforme, ce n'est pas un projet en soi", dénigra Alain Juppé.

Des propositions à l'automne

L'ancien premier ministre surveille la refondation de l'UMP par Sarkozy mais travaille à son projet personnel.
Il estime qu'il "faut d'abord dire ce qu'on mettra à la place", mais il n'avance aucune proposition. "Il faut aussi revoir ce que j'appelle la gestion de cette ressource humaine essentielle que sont les professeurs. Il n'y aura pas de réussite du système éducatif au XXIe siècle si les professeurs ne sont pas bien dans leur peau," mais il se cantonne dans le confort du  flou. Il faut revoir la formation de nos profs [déjà réformée par Nicolas Sarkozy lorsqu'il était président de la République]. Comment ? Il faut revoir le déroulement de leur carrière, il faut revoir le fonctionnement de nos établissements. Vous voyez qu'on ne peut pas se contenter d'une polémique sur deux ou trois points majeurs qui ne permettent pas d'envisager l'ensemble du problème", estime l'édile bordelais dans un  vague survol de directions évidentes et qui reprend les tournures de phrases normatives et moralisatrices de Hollande, mais laisse à d'autres le soin de plonger les mains dans le cambouis.

Juppé se garde aussi bien de reprendre à son compte les propositions de Bruno Le Maire (ci-contre à gauche). A la différence du vieux sage sur sa dune, l'ancien ministre de 46 ans est monté en première ligne contre la réforme du collègeil a "un projet en soi" dont il a présenté samedi les propositions lors d'un entretien à Libération. 
Juppé en est encore à une esquisse de projet. "Je publierai à l'automne, au terme du travail que je suis en train de faire, une série de propositions sur ce sujet qui mérite approfondissement", annonce Alain Juppé (70 ans avant l'automne) qui craint fort de se laisser dépasser par ses cadets.

Les sondages ne peuvent qu'être favorables à Juppé 
qui se ménage et se réserve pour 2016. Quant à François Fillon, qui ne fait que de rares réapparitions dans les radars, s'il poursuit la même stratégie que Juppé, il pourrait représenter une menace dans la dernière ligne droite s'il surgit dans le virage.

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