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mercredi 27 mai 2015

Licenciements à France Télévisions: Sapin dénonce les sureffectifs

Plus de 1.000 postes sont superflus, selon Bercy

Des suppressions d'emplois, premier effet Delphine Ernotte

Le  service public est sans cesse pris en otage par les syndicats prompts à lancer des mouvements de grève pour la défense de leurs avantages. Ainsi, la grève contre le plan de départs volontaires fut très suivie à France. Télévisions en 2013, avec un taux de grévistes chez les journalistes (SNJ) allant de 50% à 90% dans les rédactions du groupe audiovisuel public. 
A quelques semaines de la nomination de son nouveau président par le CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel), depuis le 29 janvier 2015 et pendant 28 jours, les principaux syndicats avaient perturbé les antennes de radio-télévision, à tour de rôle selon la technique de SUD, et chaque jour, un préavis de grève de 24 h.

Le ministère de l'Economie et des Finances pointe du doigt le groupe public audiovisuel. Selon une note de Bercy, dévoilée ce mercredi par Le Canard Enchaîné, il y aurait 1.222 emplois en trop à France Télévisions. 
Alors que, pour faire des économies, Delphine Ernotte, la nouvelle patronne de France Télévisions, prévoit le "non-remplacement des départs", Bercy lui impose une solution bien plus radicale, digne d'un skinhead comme France 3 en co-produit (film polémique 'Un Français' : supprimer des emplois. Dans une note confidentielle rendue publique mercredi par le quotidien satirique anarchiste, le ministère estime que 1.222 postes sont accessoires chez France Télévisions. Soit, sur un total de 10 000 employés, 12% des effectifs.

La réduction des effectifs n'est pas la seule priorité définie par l'État sur la feuille de route de France Télévisions. Le groupe doit d'abord "faire preuve d'audace dans ses programmes" et progresser sur le numérique afin de faire remonter ses audiences.

France Télévisions se croyait intouchable

Ce document, intitulé "Enquête sur le temps de travail dans les secteurs de l'audiovisuel public et culturel", a été rédigé par la contrôleuse d'Etat Françoise Miquel. Haut fonctionnaire issu de la promotion Voltaire de l'ENA (1980), comme F. Hollande, elle est chef de mission au ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie où elle est chargée du contrôle économique et financier du service public, de la radio et de la télévision.
Selon Les Echos, elle a envoyé ses conclusions à la commission des Finances du Sénat le mois dernier, mais sans prévenir France Télévisions, précise Le Figaro. Ainsi, la direction financière du groupe audiovisuel a été très surprise de recevoir un questionnaire émanant des sénateurs et dans lequel il lui était demandé de fournir des explications.

France Télévisions a donc immédiatement contre-attaqué avec une lettre que Le Canard Enchaîné dévoile. Le rapport de Françoise Miquel serait "truffé [...] d'âneries", selon la réponse du groupe au Sénat, la contrôleuse d'Etat "utilisant des chiffres non réactualisés par-ci, ajoutant des RTT par-là, ou encore incluant élégamment les congés obligatoires accordés aux travailleurs handicapés...". C'est dire l'opacité de la gestion des effectifs, aussi taboue que des statistiques ethniques... Une contre-offensive également transmise au ministère de la Culture et à celui des Finances.

Arte et l'INA eux aussi dans le viseur

Outre France Télévisions, cette note de Bercy évoque aussi la possibilité de supprimer des postes dans d'autres groupes audiovisuels tels que Arte ou l'INA. Ainsi, 25 postes seraient superflus à Arte France et 84 à l'INA. C'est un peu plus qu'à TV5 Monde (79).
 
Mais cette pléthore est moins grave qu'à France Médias Monde.
Ce groupe - une holding créée en avril 2008 pour superviser et coordonner les activités des radios et télévisions publiques détenues par l'État français et ayant une diffusion internationale - compterait en effet 185 postes inutiles. Or, FMM est dirigé par Marie-Christine Saragosse, une protégée de Catherine Tasca quand elle fut ministre déléguée à la Francophonie, toutes deux d'origine italienne. En mars 2015, elle se déclare candidate à la présidence de France Télévisions et compte tenu de son parcours professionnel et du fait qu'elle soit une femme de gauche et soutenue par le président de la République François Hollande, elle fait figure de favorite. Mais elle fut évincée à la suite d'une campagne des syndicats FO et CFTC pointant son bilan à France Médias Monde, semant le doute quant à la pertinence de sa candidature à la tête de France Télévisions

Au final, Hollande et Tasca maintiennent Saragosse à la direction de France Médias Monde: en compensation, les 185 postes excédentaires ne sont pas menacés. Malgré ses 238,7 millions d'euros de dotation publique, France Médias Monde (France 24 ) reste loin derrière ses concurrentes internationales. Sa patronne avait demandé jusqu'à 8 millions d'euros supplémentaires pour son budget 2014. En échange, elle devait consentir des efforts d'économies, de synergies et de développement commercial à hauteur de 10 millions d'euros d'ici à 2015.

Les syndicats dénoncent par ailleurs un projet de réorganisation interne, un projet baptisé "info 2015" prévoyant une unification des rédactions de France 2, France 3 et France TV info, pour réduire la gabegie en supprimant notamment les doublons. 
Pour dégager un sureffectif de plus de 1.000 postes, Françoise Miquel a appliqué à France Télévisions le régime du temps de travail en vigueur dans les entreprises privées, et non celui convenu dans l'accord collectif signé entre la direction et les syndicats de France Télévisions en mai 2013, plutôt généreux pour les salariés de France Télévisions. Quand les effectifs prennent de l'embonpoint, un régime minceur s'impose, même s'agissant du groupe audiovisuel public.

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