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mercredi 13 mai 2015

Cuba: la presse condamne la poignée de mains de Hollande au dictateur Castro

Fumer le cigare de la paix avec Fidel Castro: voilà l’"obséquiosité" française, titre Le Temps

Voilà ce que c'est d'être représenté par Hollande


Quand  la presse est libre et les journalistes indépendants du pouvoir,
(Alex Castro/AFP)
(Alex Castro/AFP)
ils tirent à boulets rouges sur François Hollande pour sa visite à Cuba, qualifiée d’"historique" par l’Elysée. Une partie des media français dénonce faiblement un "coup médiatique" et une diplomatie sans âme.

L’auteur de cette photo 'est autre qu'Alex Castro, le fils de Fidel, qui couvre tous les rendez-vous diplomatiques du "lider maximo". Alors il était bien sûr là pour immortaliser l’entrevue, lundi à La Havane, entre le président français, François Hollande, et  le dictateur retraité

Cette compromission interpelle peu ou prou la presse 

La reprise des éléments de langage de l'Elysée commence à déranger les républicainss sincères. Ce qui ne passe vraiment pas, c'est l’emploi du mot "historique" proposé par l’Elysée pour qualifier cette visite et repris en choeur par les journalistes militants.
Le Parisien partage les émotion de son maître, écrivant: "Il plane Francois Hollande. Content de lui après avoir dans la seule journée de lundi réussi un coup double diplomatique: rencontre surprise avec Fidel Castro l'après-midi et poignée de mains historique avec le vrai maître de Cuba, Raul Castro, le soir au Palais de la Révolution à la Havane." "Le tout sur le sol cubain"..., s'extasient les thuriféraires.
VOIR et ENTENDRE le reportage proposé par le palais présidentiel français soi-même, comme le fils Castro, du côté cubain, propose les photos. Toute la propagande totalitaire est organisée en circuit fermé...

Mais Hollande n'est pas celui qui a permis l'opération médiatique 

Si on ne raconte pas l'Histoire comme le propose Najat Vallaud-Belkacem à compter de la rentrée 2016, la presse devrait rendre hommage à la diplomatie vaticane d'une part, puisque le pape Jean-Paul II est celui qui avait servi d'intermédiaire à la diplomatie américaine qui peut aujourd'hui annoncer la levée de l'embargo sur Cuba.
Alors, c'est une escroquerie intellectuelle de l'Elysée de tenter de faire croire  à la population que Hollande accomplirait un acte historique. Si jamais avant Hollande "un président n’avait réussi le doublé", c'est que les états démocratiques avaient dû placer le régime dictatorial de Fidel Castro au ban de la société internationale. Les prédécesseurs de Hollande, et le socialiste Jospin, n'auraient d'autant moins eu l'idée et la volonté de rencontrer Raul ET Fidel que le cadet n'a pas pris la succession de son aîné avant 2008... 
Les commentaires du Parisien tiennent du délire. "Et pourtant, tout aurait pu capoter. Depuis plusieurs jours, l’Elysée n’était sûr de rien sur l’éventualité d’une rencontre compte tenu de l’état de santé fragile du lider maximo. "On ne saura qu’au dernier moment", répétaient en boucle ses conseillers. […] C’est Fidel qui décide, le matin même et en fonction de son état de forme." Où se situe donc encore là le mérite de Hollande ?

La décence n'a inspiré aucune retenue à Libération 
La presse hexagonale fait du Grand guignol
Il s'est une fois de plus déconsidéré lundi 11 mai par son photomontage de Une présentant Pépère en Che Guevara: on confine au grotesque. Le journal des intellos (c'est ce qu'on maintient avec d'autant plus d'insistance qu'il se transforme en tabloïd) écrit toutefois que "pendant les trente heures de son voyage officiel sur l’île caraïbe, l’entourage du président de la République n’a pas cessé de survendre un moment historique". Et le lecteur d'abord abusé comprend finalement que tout est artifice grossier. On a envie de parler de "fake" élyséen et de mettre ça sur le compte d'un joint de trop de Gaspard Gantzer.
Mais Libération retourne à ses flagorneries, rapportant des paroles prêtées à Hollande. "Ça parle au monde, Cuba. Et pas simplement à ceux qui ont collé un jour des affiches de Che Guevara", résume le président manipulateur de l'opinion, avant de quitter la capitale cubaine." Le quotidien socialiste commente aussi: "il a coché beaucoup de cases qui font bomber le torse à l’Elysée. Premier président français dans l’île depuis son indépendance en 1898, premier chef d’Etat occidental sur place depuis la révolution castriste de 1959 et donc premier dirigeant européen à rencontrer Fidel Castro chez lui, à La Havane." Et Obama, dans toute cette affaire, méritait-il d'être le second sur le coup?   

Le Monde en perd tous ses repères
Hollande, pépère mégalomane
L'organe officieux du Parti socialiste exprime finement son malaise, imité aux abonnés. "Hollande tente la synthèse entre castrisme et business à Cuba", en tête d’un article et non pas en Une

L’Opinion ironise clairement. Il a cette formule: "Hollande, ego maximo": "Le président de la République convoque la postérité et parle de sa rencontre avec le vieux Castro comme d’un "moment d’histoire". Rien moins !" raille le journal.

A la remorque de Washington

"Enfin de qui parle-t-on?" lance Le Figaro, en rappelant que ce révolutionnaire communiste qui "s’est emparé du pouvoir en 1959, a fusillé, emprisonné, transformé son île en goulag tropical, pourchassé les homosexuels et, en 56 ans, n’a trouvé ni le temps ni l’envie d’organiser des élections libres"

"Que lui a-t-il pris d’aller fumer le cigare de la paix chez le dictateur à la retraite? renchérit La Voix du Nord. "L’entrevue avec Fidel n’a aucune portée politique", assure-t-elle, et cette obséquiosité française souligne surtout le manque d’assurance. Pour pouvoir suivre les Etats-Unis qui amorcent les mouvements, Paris doit déployer beaucoup d’efforts. Souvent trop."»

Pourtant, La Nouvelle République voit dans cette croisière aux Caraïbes "un sans-faute,  un "coup de génie", car, dans le Centre-Ouest, leur vernis d'Histoire internationale est très écaillé. Le journal se hasarde à la polémique: "La droite a beau tiquer et Mélenchon mégoter sur l’enfumeur de La Havane, c’était bien joué." Même si le "Coma Andante" soliloque. Le journal qui couvre les...Deux Sèvres brode à la façon de Closer ou Voici: "François Hollande s’est prêté à l’exercice, laissant chuchoter la momie le temps d’une photo qui a fait le tour du globe." Cette "doctrine diplomatique hyperpragmatique", le président "l’assume". 

Il "a poussé la porte entrebâillée par Obama et Raul Castro", insinue Midi libre, résolument radical et anti-clérical.

Les ténors de l’UMP se sont étranglés

Axel Poniatowski, un des vice-présidents de la commission des Affaires étrangères, a publié ce tweet qui démonte la propagande de l'Elysée


Le manipulateur a tenté de se défendre
En 2007, Hollande  en formation accélérée
avecHistoire de France pour les Nuls
Selon Hollande, lors d’une conférence de presse à Port-au-Prince, "le sens de ce voyage n’était pas de donner un blanc-seing à qui que ce soit". "Je pouvais venir à Cuba parler de partenariat, parler d’avenir et ignorer l’histoire, ignorer les quarante années pendant lesquelles Fidel Castro a été responsable du pays, avec ce que l’on sait, et j’aurais pu ne pas accepter de le rencontrer ?" s’est-il étonné.
Avec lui, il n'y a décidément rien à faire.

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