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jeudi 7 mai 2015

La réforme du collège vue par une presse libérale creuse

L’ivresse (?)de l’idéologie s'est emparée du ministère de l'Education 

Cécile Cornudet a rédigé cette chronique pour Les Echos (groupe LVMH)

Elitisme vs égalitarisme

Les yeux tournés vers 2017, l’UMP et le PS se saisissent de la réforme du collège pour ressusciter le clivage gauche-droite. [Cette observation préliminaire serait sensée, si "ressusciter" le réel actuel n'était pas à la portée de chacun, et recevable de petits esprits mesquins si le "clivage" était virtuel ! La suite risque fort d'être de la même eau fétide...] 

L’UMP aurait pu choisir de célébrer les trois ans de François Hollande à l’Elysée en dénonçant la faiblesse de son bilan [le raisonnement peine à décoller] . Elle a choisi de pointer le fusil [celui de Bérégovoy ou de François de Grossouvre au temps du président Mitterrand ?] sur une seule réforme, celle du collège [Elle juste en cours, si c'est une raison suffisante à quiconque est tourné vers l'avenir]. Ou plutôt les fusils, tant la charge du 6 mai a été lourde [sans compter à la fois la  garde à vue de Franck Louvrier et la mise en examen de Nicolas Sarkozy, le lendemain, outre celle de Bernard Tapie dans la même semaine]. Une interview de Nicolas Sarkozy dans Le Figaro ; une lettre signée Bruno Le Maire et 152 parlementaires [et plutôt 160]; une question à l’Assemblée posée par Bernard Accoyer [n'est-ce pas ce qui s'appelle le débat démocratique, à défaut de consultation ?]. Et pour tous le même angle d’attaque. "C’est le nivellement qui tirera tout le monde vers le bas" (Sarkozy), " une réforme égalitariste" (Accoyer), "l’abandon de l’excellence républicaine" (Le Maire) [c'est dire à quel point le risque est réel et l'UMP rassemblée !...].

Gênée [?] par une série de textes dont elle approuvait [partiellement] l’intention (loi renseignement, loi Macron, pacte de responsabilité ) [sans sectarisme politique: saluons-là pour cet exemple à suivre au PS...], l’UMP a saisi là la délicieuse occasion de ressusciter le clivage gauche-droite à deux ans de la présidentielle [ne faut-il pas être totalitaire pour nier ce droit en démocratie et préconiser le silence dans les rangs, non seulement aux godillots de la majorité, mais aux élus de l'opposition ?]. Enseignement du latin, classes bilangues, programmes d’histoire : elle n’a pas forcément lu la réforme en détail [si on n'a d'autre aptitude que faire écho -mot pour mot- à la ministre], mais elle y a puisé une conviction: la gauche vise "l’égalitarisme", quand elle défend l'"excellence" [c'est ce que Cécile Cornudet va probablement démontrer? En attendant, "viser" se signifie pas "atteindre"].

Un Erasmus pour les apprentis

Le PS dit avec d’autres mots exactement la même chose [sa sémantique et l'usage qu'elle fait de la rhétorique fait, d'expérience, craindre le pire], tout en reprochant lui aussi à l’autre son idéologie [La "délicieuse" Cécile commence à s'embourber: n'a-t-elle, en fait, rien à dire?]. A lui "l’égalité", à l’UMP " l’élitisme" [on ne peut être plus binaire et caricatural: à moi le monopole de la république et de la démocratie, aux autres l'élitisme "dynastique", s'il est vrai que Najat Vallaud-Belkacem s'approprie l'élitisme, n'en déplaise à Cécile, à la condition qu'il soit "républicain"... Madame Cornudet souscrit-elle à cette approche marxiste de la lutte des classes par une ministre de l'Education nationale?]. Que le clivage gauche-droite est bon à quelques semaines du congrès de Poitiers ! [Le PS a-t-il besoin de l'opposition républicaine pour s'y déchirer?] "Nous cherchons à faire de l’égalité, ce que la droite traduit par nivellement par le bas; c’est à la singularité de chaque collégien que nous voulons nous adapter", a assumé une nouvelle fois Najat Vallaud-Belkacem [Paroles, paroles, paroles... que contestent de nombreux universitaires et intellectuels de renom]. Le matin, en Conseil des ministres, Manuel Valls avait porté le même combat à propos des échanges universitaires Erasmus. "Il faut qu’ils soient moins élitistes", avait-il plaidé en souhaitant un Erasmus pour les apprentis. [Merveilleux ! Mais Cornudet soutient aveuglément les personnes, indépendamment des propos, puisque la démagogie de Manuel Valls -que les "frondeurs" du PS rejettent au centre droit- abaisse les bac+5, sans élever les CAP: si ce n'est pas du nivellement...]

Pour l’instant, le gouvernement fait donc mine de ne pas s’alarmer de l’offensive de la droite, persuadé qu’elle le sert [Cette dame devrait éclairer notre lanterne, si toutefois elle a une lueur sur ce point]. La ministre de l’Education gagne d’ailleurs 2 points en un mois dans notre baromètre BVA chez les sympathisants de gauche (à 62 %), 4 points chez ceux du PS (à 70 %). Autrement plus délicate serait la contestation à gauche si elle devait s’amplifier. Mercredi, deux personnalités ont émis des réserves sur la réforme, Ségolène Royal, et Julien Dray.

J'ai omis de préciser que "Cécile Cornudet (qui faisait le boulot sans en avoir le titre jusque là), est enfin nommée éditorialiste politique." Vous ne me croyez pas ? Même que c'était en 2013, mais s'est-elle bonifié à l'ombre du PS ? Loin de nous toutefois l'idée que cette promotion est soumise aux lois de la parité, mais le talent de la dame ne saute toujours pas aux yeux de son lecteur. Télérama nous fournit une indication sur la notion de mérite (et d'élitisme républicain !) à l'ancienneté et le machisme aux Echos: "Ces deux nominations de femmes à des postes jusqu’ici réservés aux hommes constituent une étape symbolique forte pour la rédaction des Echos. Mais une étape seulement, dans un processus plus large : "Cette crise des signatures féminines n’est que la face émergée d’un déficit gigantesque de la politique de management aux Echos, depuis des années", analyse Valérie de Senneville, élue du CE." Des commentaires ?
Accablant pour Les Echos ? C'est à eux de voir, mais si la presse va si mal, il doit y avoir des raisons. J'en ai signalée une...

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