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vendredi 17 juin 2016

"Ce n'est pas à l'école de s'adapter aux minorités," souligne Brighelli

Les idéologues de gauche encouragent l'abandon de la laïcité et le triomphe du communautarisme

Marianne sera-t-elle, 
demain, lapidée? 
Dans son dernier livre #Je suis Marianne (Grasset), Lydia Guirous n'a pas davantage sa langue dans sa poche que dans 'Allah est grand, la République aussi' (Jean-Claude Lattès, 2014). Née en Algérie, féministe française engagée, ancienne militante au Parti radical, membre de l'UDI et ex-porte-parole des Républicains, remerciée pour son absence de langue de bois, l'auteure s'exprime sur l'école et plus particulièrement les musulmans français.

"11 janvier 2015, 4 millions de Français défilèrent pour Charlie.13 novembre 2015, l’islam radical tue plus de 130 personnes et fait plusieurs centaines de blessés : des vies volées, des destins brisés. Leur crime : être libres.
Renoncements, lâchetés et déni, la République a été frappée en plein cœur.
Que s’est-il donc passé, dans ce pays, pour que les coupables de janvier aient été perçus comme des victimes ? Pour que les défenseurs de la République soient montrés du doigt et sommés de se taire ? Pour que la laïcité soit abandonnée et le communautarisme triomphant ? Pour que le combat féministe oublie ses propres exigences ? Pour que l’école soit livrée à ceux qui la détruisent ? Pour que l’autorité et l’ordre, enfin, soient regardés comme des valeurs d’hier – et, à ce titre, démodées et méprisables ?
On dirait que Marianne, désormais, dérange tout le monde." ()
Quand elle revint au Roubaix de son enfance, après dix années à Bordeaux, Lydia Guirous dit ne plus reconnaître la ville : "le communautarisme avait tout envahi. C'était une sorte de bled importé dans le nord de la France… le supermarché est devenu un Halal Market... ou une femme en hidjab vous dit bonjour et vous interroge en arabe". "Il y a même des burqas, alors que c’est interdit".
Elle a épousé un catholique à l'église Saint-Augustin de Paris, ce qui, explique-t-elle, correspond "à
l'esprit d'ouverture qu'incarne ce saint d'origine berbère... Augustin était le trait d'union entre nos deux cultures et nos deux confessions".
Jean-Paul Brighelli rebondit sur les déclarations de Lydia Guirous et livre ses propos.

Jean-Paul Brighelli : Vous insistez à plusieurs reprises dans votre livre sur l'abyssal mépris de certains pédagogues – ceux qui dirigent la Rue de Grenelle depuis trente ans – pour le peuple. Pouvez-vous en donner des exemples ? Qu'en a-t-il été pour vous, née en Kabylie, petite fille d'une famille nombreuse déracinée dans le nord de la France par la montée des périls en Algérie, et parlant un français qui n'était pas forcément celui de vos petits camarades ?

Lydia Guirous : La gauche bien-pensante aime se donner bonne conscience en faisant semblant de s'intéresser aux enfants de condition modeste, et particulièrement aux enfants issus de l'immigration. Ils font leur BA, en bons scouts de la pensée unique, mais attention : il ne faut pas croire qu'ils souhaitent que tous les enfants modestes se mélangent avec les autres et que l'école républicaine tire tout le monde vers le haut, riches comme pauvres. Non, ce qu'ils veulent, eux, c'est garder les gens enfermés dans leurs cases : le pauvre, l'ouvrier, l'immigré… Eh oui, si tout le monde se mélangeait, on ne pourrait pas les entendre geindre sur les plateaux télé alors que leurs enfants sont tranquillement enfermés dans les bonnes écoles parisiennes. Alors ils ont trouvé la solution pour concilier leur volonté de se faire du bien et de leurrer le peuple : ils ont nivelé le niveau scolaire vers le bas dans les zones d'éducation difficile. De cette manière, ils ont l'illusion d'avoir œuvré pour le bien commun, alors que, finalement, ils ont créé des bataillons d'élèves de faible niveau qui seront très rapidement largués dans l'enseignement secondaire et supérieur et qui finiront chômeurs, car malheureusement le marché du travail, lui, augmente en permanence ses exigences. C'est cela, le mépris : faire croire au peuple qu'on l'aide, alors que l'on construit une barrière autour de lui et qu'on lui lance avec beaucoup de mépris quelques cacahuètes pour calmer sa colère. A titre personnel, à Roubaix, il a fallu que je me batte et que je travaille seule pour apprendre les grands auteurs, car de nombreux enseignants pensaient que l'étude du rap, du graph et des tags nous parlait plus… Mais ce n'est pas avec cette "culture urbaine" qu'on réussit ses copies de culture générale lors des concours de grandes écoles…

"C'est justement pour préserver ce qui est neuf et révolutionnaire dans chaque enfant que l'éducation doit être conservatrice." Un propos auquel j'adhère entièrement. Comment expliquez-vous que son évidence ne saute pas aux yeux de nos modernes pédagogues, qui se veulent (ou se croient) "de gauche"?

Tout simplement parce que ces idéologues vieillissants sont les produits du ravage culturel de Mai 68 : "il est interdit d'interdire", "Sous les pavés la plage ", "CRS, SS"… vous vous souvenez ? Eh bien, ce sont ces dinosaures, ces apparatchiks gauchistes, qui ont pris le pouvoir et lénifié la pensée et le sens critique pendant plus de quarante ans. Ils ont menti au peuple et à ses enfants en développant des théories absurdes sur l'autonomie des élèves et en n'ayant de cesse de niveler l'école vers le bas. Najat Vallaud-Belkacem est leur digne héritière ! Le pire dans tout cela, c'est que les pédagogues de gauche savent très bien qu'ils ont tort et que leur idéologie est dangereuse. Leur pensée, c'est un dol culturel et idéologique qui n'a pour seule ambition que de garder leur zone de pouvoir, leurs enseignements à la fac et leurs contrats d'édition… Dans le fond, ils savent très bien que ce qu'ils prônent ne marche pas, sinon ils n'y aurait pas autant d'enfants de profs à Sciences Po, à l'ENA et dans les grandes écoles… L'élitisme, ils connaissent – pour leurs enfants !

"La discrimination positive à l'école n'est rien d'autre qu'un néo-colonialisme déguisé" – bien sûr ! Mais alors, comment faire lorsque certaines populations sont de toute évidence en décalage culturel ? Leur proposer de travailler deux fois plus que les autres ?

Oui, c'est une évidence. Cela n'a rien de stigmatisant: quand on est moins bon, il faut travailler plus. Cela est vrai pour l'école, le sport, la musique, partout ! C'est comme ça. Quant au décalage culturel dont vous parlez, il y a deux points. Concernant les nouveaux entrants, il faut stopper l'immigration massive et passer à une immigration choisie, avec des populations en accord avec nos besoins économiques et nos valeurs culturelles et politiques. 
Concernant les immigrés qui sont déjà sur notre territoire, il faut imposer des cours de langue française, d'instruction civique et d'histoire et sanctionner ces derniers par un examen. La réussite à cet examen devrait, selon moi, conditionner l'obtention de la nationalité française et d'un certain nombre d'aides sociales. Cela permettrait une meilleure assimilation et nous retrouverions plus de cohésion nationale.

Vous retrouvez les formules de Jean Zay, homme de gauche qui préconisait, comme vous, "une école hermétique aux pressions de tout ce qui se présente avec le masque de la sacro-sainte modernité". Il n'y a donc pas d'école de droite ou d'école de gauche ?

Non, il n'y a qu'une seule école, l'école de la République, celle dans laquelle votre mérite et votre travail construisent votre avenir, celle dans laquelle vous devenez des citoyens, celle dans laquelle vous devenez des hommes. Malheureusement, ce gouvernement a choisi l'école du nivellement par le bas. Ils mettent l'école au niveau des plus mauvais élèves et y font entrer "tout ce qui se présente sous le masque de la modernité" en supprimant les notes, le redoublement, les classements… Ils remplacent les livres par des tablettes, l'apprentissage de l'écriture par des 'clics', les exposés se font par copier-coller sur Wikipédia [cf. TPE, travaux personnels encadrés, épreuve du baccalauréat passée en batterie de 3] sans un effort réel de compréhension… 

Et la laïcité est bafouée en laissant des femmes voilées accompagner les enfants lors des sorties scolaires. Cette école-là est une école à deux vitesses, qui s'apparente plus à une garderie qu'à un sanctuaire du savoir. Je souhaite une école de l'instruction, de la rigueur et de la discipline. C'est la seule manière de permettre à tous les élèves – quelle que soit leur condition – de réussir, de construire une génération de citoyens à l'esprit critique et éclairé; c'est la seule façon de rendre possible la méritocratie républicaine.

"La réforme du collège détruit l'ambition d'excellence pour tous et installe la médiocrité pour tous." Comment expliquez-vous que Najat Vallaud-Belkacem, née dans le Maghreb comme vous, petite fille d'une famille nombreuse comme vous, avec des parents ouvriers, n'ait pas pensé à revivifier l'école primaire et le collège qui lui ont permis de devenir ce qu'elle est – et même qu'au contraire elle ait à cœur de détruire ce qu'il en reste en mettant en place, comme vous le dites fort bien, "une école à deux vitesses, celle de l'instruction face à celle de la garderie" ? Par idéologie, par obéissance aux règles fixées par l'Europe – ou quoi ?

Le problème, c'est que bien des gens oublient de regarder derrière eux et de dire merci. C'est ce qui doit se passer pour Najat Vallaud-Belkacem, qui a oublié que c'est l'école de la République qui a fait d'elle ce qu'elle est aujourd'hui. Elle n'aime pas l'excellence ? Alors pourquoi est-elle allée sur les bancs de Sciences Po ? Elle aime la mixité sociale et ne supporte pas les élites… Et pourtant, son mari est énarque et secrétaire général adjoint de l'Élysée. Tout cela est factice, le positionnement idéologique de NVB comme de toute la gauche repose sur un mensonge, mais, rassurez-vous, leurs enfants, eux, sont dans les filières d'excellence ! Finalement, avec la gauche, c'est "faites ce que je dis, mais pas ce que je fais". Quel manque de considération pour les Français ! Quel cynisme, quel mépris !

"Une famille dont les enfants ont un fort taux d'absentéisme et causent des troubles au sein de l'école doit voir ses allocations diminuées ou complètement supprimées" – fort bien. Ne pourrait-on pas également repenser le système des bourses en les attribuant plus systématiquement au mérite, au lieu de les indexer systématiquement sur l'état des ressources ?

C'est à voir !
C'est une évidence, c'est le mérite qui doit primer. Il est vrai que, chaque année, certains bénéficient de bourses dans le supérieur sans suivre les cours ensuite. Avoir une bourse, alors que l'on ne veut pas travailler réellement, est une insulte pour tous les étudiants qui, sans bourse, vivent souvent dans 6 ou 7 mètres carrés avec des douches et des toilettes communes sur le palier.

"La religion se vit pour soi, chez soi, et ne doit pas se porter comme un étendard en place publique." Vous exprimez votre désir de voir étendue aux universités la loi de 2004. Mais êtes-vous favorable à une interdiction totale du voile dans les rues ? Et que pensez-vous de la décision de Mme Vallaud-Belkacem d'autoriser des mères voilées à encadrer des sorties scolaires ?

Je souhaite que le voile soit interdit à l'université, mais également dans les entreprises. Il est un instrument de prosélytisme religieux employé par les salafistes et les Frères musulmans pour construire une société où la religion s'impose dans l'espace public et défie la République. L'idée, c'est de dire 'nous sommes musulmanes avant d'être françaises': cela est incompatible avec le sens même de la République. Les femmes voilées sont les idiotes utiles du salafisme; elles ne se rendent même pas compte de leur degré de soumission aux hommes et à leur "communauté". Celles qui portent le jilbeb [de la tête au pied] ou le niqab sont les instruments de propagande d'une idéologie mortifère surtout chez les jeunes. Si c'est leur choix, elles doivent être cohérentes et aller vivre dans un pays où cela ne dérange personne et ne heurte pas les valeurs et le mode de vie. Il y a plein de beaux pays musulmans où leur pratique rigoriste et leur mode vestimentaire ne dérangeront pas… Mais pas en France.

Quant à la décision de NVB d'autoriser le voile aux mères accompagnatrices en revenant sur la circulaire Chatel, je la condamne fermement depuis plusieurs années. C'est une honte, un renoncement, une lâcheté, un recul grave qui consiste à laisser s'installer l'idée que le fait religieux a toute sa place à l'école publique de la République française. Je ne peux pas l'accepter. Et puis, c'est aussi une façon d'habituer les enfants à voir des voiles sur la tête des femmes et des signes ostentatoires à l'école… Ensuite, comment pourront-ils comprendre la loi de 2004 ? C'est une façon sournoise d'attaquer encore une fois la laïcité à l'école. Par ailleurs, cela installe l'idée que c'est l'école qui doit s'adapter aux minorités. Je combats cette idée. L'école est une institution pilier de notre République, il faut la renforcer. Ce n'est pas à elle de s'adapter aux élèves, aux parents, aux revendications religieuses, aux minorités.

Comme vous le notez, ce n'est plus seulement la viande de porc qui est rejetée par les petits musulmans à l'école, mais toute viande, à partir du moment où elle n'est pas halal – si bien que des centaines de kilos de viande sont jetés à la poubelle chaque jour. J'ai vu moi-même des élèves refuser des légumes qui étaient susceptibles d'avoir touché une viande non halal. Que proposer alors aux enfants dans les cantines ?

Vous savez, c'est un faux problème, le porc est servi moins d'une fois par semaine dans les cantines et, à chaque fois, on peut prendre en parallèle des légumes et des féculents, ainsi que des entrées, des desserts ou du fromage avec du pain. Je pense que le fait de ne pas manger de viande à un repas n'est pas un drame. D'ailleurs, aujourd'hui, ils ne mangent même pas le poulet, le bœuf, l'agneau, car ils ne sont pas "halal"… A mon sens, c'est un signe de radicalisation des esprits, c'est la pression des parents qui amène à ces comportements. Beaucoup de personnes d'origine maghrébine m'ont rapporté les pressions subies par leurs enfants. Des pressions venant d'autres camarades et même du personnel des cantines scolaires pour exiger qu'ils choisissent le menu de substitution. Cela s'appelle la pression communautaire, et elle se fait aujourd'hui au sein de l'école.

Pour moi, les menus de substitution à l'école, c'est comme le voile : c'est encore de la mauvaise foi pour remettre du religieux à l'école publique et faire céder la République en se victimisant et en jouant sur la culpabilité. Ces gens doivent savoir que l'école publique et laïque ne cédera pas à leur chantage, comme elle n'a pas cédé lorsque des filles voilées hurlaient qu'on les privait de l'accès au savoir en leur interdisant le voile en 2004. Finalement, elles ont retiré le voile dans le secondaire et sont allées à l'école quand même. Force doit rester à la loi. Ne nous laissons pas berner.

Agrégé de lettres venu de l'extrême gauche,
Jean-Paul Brighelli a été révélé au grand public en 2005, lors de la parution de La Fabrique du crétin, premier opus d'une série de quatre ouvrages fustigeant le déclin du système scolaire français au cours des dernières décennies.

jeudi 7 mai 2015

La réforme du collège vue par une presse libérale creuse

L’ivresse (?)de l’idéologie s'est emparée du ministère de l'Education 

Cécile Cornudet a rédigé cette chronique pour Les Echos (groupe LVMH)

Elitisme vs égalitarisme

Les yeux tournés vers 2017, l’UMP et le PS se saisissent de la réforme du collège pour ressusciter le clivage gauche-droite. [Cette observation préliminaire serait sensée, si "ressusciter" le réel actuel n'était pas à la portée de chacun, et recevable de petits esprits mesquins si le "clivage" était virtuel ! La suite risque fort d'être de la même eau fétide...] 

L’UMP aurait pu choisir de célébrer les trois ans de François Hollande à l’Elysée en dénonçant la faiblesse de son bilan [le raisonnement peine à décoller] . Elle a choisi de pointer le fusil [celui de Bérégovoy ou de François de Grossouvre au temps du président Mitterrand ?] sur une seule réforme, celle du collège [Elle juste en cours, si c'est une raison suffisante à quiconque est tourné vers l'avenir]. Ou plutôt les fusils, tant la charge du 6 mai a été lourde [sans compter à la fois la  garde à vue de Franck Louvrier et la mise en examen de Nicolas Sarkozy, le lendemain, outre celle de Bernard Tapie dans la même semaine]. Une interview de Nicolas Sarkozy dans Le Figaro ; une lettre signée Bruno Le Maire et 152 parlementaires [et plutôt 160]; une question à l’Assemblée posée par Bernard Accoyer [n'est-ce pas ce qui s'appelle le débat démocratique, à défaut de consultation ?]. Et pour tous le même angle d’attaque. "C’est le nivellement qui tirera tout le monde vers le bas" (Sarkozy), " une réforme égalitariste" (Accoyer), "l’abandon de l’excellence républicaine" (Le Maire) [c'est dire à quel point le risque est réel et l'UMP rassemblée !...].

Gênée [?] par une série de textes dont elle approuvait [partiellement] l’intention (loi renseignement, loi Macron, pacte de responsabilité ) [sans sectarisme politique: saluons-là pour cet exemple à suivre au PS...], l’UMP a saisi là la délicieuse occasion de ressusciter le clivage gauche-droite à deux ans de la présidentielle [ne faut-il pas être totalitaire pour nier ce droit en démocratie et préconiser le silence dans les rangs, non seulement aux godillots de la majorité, mais aux élus de l'opposition ?]. Enseignement du latin, classes bilangues, programmes d’histoire : elle n’a pas forcément lu la réforme en détail [si on n'a d'autre aptitude que faire écho -mot pour mot- à la ministre], mais elle y a puisé une conviction: la gauche vise "l’égalitarisme", quand elle défend l'"excellence" [c'est ce que Cécile Cornudet va probablement démontrer? En attendant, "viser" se signifie pas "atteindre"].

Un Erasmus pour les apprentis

Le PS dit avec d’autres mots exactement la même chose [sa sémantique et l'usage qu'elle fait de la rhétorique fait, d'expérience, craindre le pire], tout en reprochant lui aussi à l’autre son idéologie [La "délicieuse" Cécile commence à s'embourber: n'a-t-elle, en fait, rien à dire?]. A lui "l’égalité", à l’UMP " l’élitisme" [on ne peut être plus binaire et caricatural: à moi le monopole de la république et de la démocratie, aux autres l'élitisme "dynastique", s'il est vrai que Najat Vallaud-Belkacem s'approprie l'élitisme, n'en déplaise à Cécile, à la condition qu'il soit "républicain"... Madame Cornudet souscrit-elle à cette approche marxiste de la lutte des classes par une ministre de l'Education nationale?]. Que le clivage gauche-droite est bon à quelques semaines du congrès de Poitiers ! [Le PS a-t-il besoin de l'opposition républicaine pour s'y déchirer?] "Nous cherchons à faire de l’égalité, ce que la droite traduit par nivellement par le bas; c’est à la singularité de chaque collégien que nous voulons nous adapter", a assumé une nouvelle fois Najat Vallaud-Belkacem [Paroles, paroles, paroles... que contestent de nombreux universitaires et intellectuels de renom]. Le matin, en Conseil des ministres, Manuel Valls avait porté le même combat à propos des échanges universitaires Erasmus. "Il faut qu’ils soient moins élitistes", avait-il plaidé en souhaitant un Erasmus pour les apprentis. [Merveilleux ! Mais Cornudet soutient aveuglément les personnes, indépendamment des propos, puisque la démagogie de Manuel Valls -que les "frondeurs" du PS rejettent au centre droit- abaisse les bac+5, sans élever les CAP: si ce n'est pas du nivellement...]

Pour l’instant, le gouvernement fait donc mine de ne pas s’alarmer de l’offensive de la droite, persuadé qu’elle le sert [Cette dame devrait éclairer notre lanterne, si toutefois elle a une lueur sur ce point]. La ministre de l’Education gagne d’ailleurs 2 points en un mois dans notre baromètre BVA chez les sympathisants de gauche (à 62 %), 4 points chez ceux du PS (à 70 %). Autrement plus délicate serait la contestation à gauche si elle devait s’amplifier. Mercredi, deux personnalités ont émis des réserves sur la réforme, Ségolène Royal, et Julien Dray.

J'ai omis de préciser que "Cécile Cornudet (qui faisait le boulot sans en avoir le titre jusque là), est enfin nommée éditorialiste politique." Vous ne me croyez pas ? Même que c'était en 2013, mais s'est-elle bonifié à l'ombre du PS ? Loin de nous toutefois l'idée que cette promotion est soumise aux lois de la parité, mais le talent de la dame ne saute toujours pas aux yeux de son lecteur. Télérama nous fournit une indication sur la notion de mérite (et d'élitisme républicain !) à l'ancienneté et le machisme aux Echos: "Ces deux nominations de femmes à des postes jusqu’ici réservés aux hommes constituent une étape symbolique forte pour la rédaction des Echos. Mais une étape seulement, dans un processus plus large : "Cette crise des signatures féminines n’est que la face émergée d’un déficit gigantesque de la politique de management aux Echos, depuis des années", analyse Valérie de Senneville, élue du CE." Des commentaires ?
Accablant pour Les Echos ? C'est à eux de voir, mais si la presse va si mal, il doit y avoir des raisons. J'en ai signalée une...

jeudi 2 avril 2015

Réforme du collège : le multiculturalisme produit le nivellement par le bas

Femme, elle aurait dû faire mieux; incompétente présomptueuse, elle est recalée ! 


Avec sa réforme du collège, le gouvernement a succombé à "l'éphémère, la mode, le moment," dénonce Jean-Paul Brighelli, enseignant et essayiste. 

Valls et Vallaud-Belkacem
ont tout à apprendre,
sauf en démagogie
"On sait pourtant, écrit-il, ce qu'il y a à faire : mettre au centre du système la transmission de savoirs précis, exigeants et pérennes, par des enseignants qualifiés."  Cette réforme est donc manquée à double titre : parce qu'elle rate sa cible, et parce qu'elle avoue que le gouvernement qui l'a promulguée n'est pas capable de penser droit. Une réforme pour rien l'est toujours pour le pire. La réforme du collège — maillon faible d'une chaîne qui n'a plus de maillons forts, à part les classes préparatoires, promises à démantèlement — est à ce titre un modèle.


Cette énième réforme fait descendre en amont, si je puis dire, la réforme du lycée de Luc Chatel : on vide encore un peu de leur substance les savoirs fondamentaux, et on amuse la galerie avec des pédagogies périphériques. Fin du principe une heure égale un prof, ce qui fait fulminer conjointement le SNALC et le SNES), l'interdisciplinarité proclamée présente comme une innovation une pratique britannique vieille de trente ans qui doit permettre aux élèves, plusieurs heures par semaine, de construire un "projet" mobilisant plusieurs compétences et plusieurs matières autour d'un objectif "citoyen." Si les journalistes spécialisés connaissaient leur sujet, ils dénonceraient ce qui n'est rien d'autre dans la France du début des années 2000 que de la constitution de dossiers interdisciplinaires par des binômes d'élèves de premières sous la tutelle de plusieurs de leurs professeurs, notamment d’histoire-géographie et de sciences économiques et sociales, notés en interne par les enseignants du candidat, au bénéfice de ses résultats au baccalauréat. Si, en outre,  on pense apprendre la laïcité aux mômes en regroupant français, musique et histoire autour d'un projet Marseillaise, on a du souci à se faire pour la laïcité, qui s'apprend à travers des savoirs complexes, et non pas en sacrifiant au ludique généralisé, fusse au collège, et à l'hymne national, version Serge Gainsbourg. Les enfants, dit la ministre, s'ennuient. J'espère bien ! s'exclame Brighelli. L'ennui conduit plus sûrement à la réflexion, au rêve, à la lecture et à la recherche que le divertissement permanent que l'on nous propose. Il est formateur. Le divertissement déstructure sans que l'on ait été structuré. Il décervèle des écervelés.


18 % de quasi-analphabètes en sixième

L'illettrisme, fustigé par Emmanuel Macron, ne frappe pas -aveuglément et exclusivement- les immigrés et c'est une chance, car il serait interdit de tacler ces "nouvelles" méthodes de facilité par le nombre de classes où la langue française est maltraitée, par les horaires, certes, mais aussi par une pratique minimaliste: ainsi, les ados ne savent-ils plus ce qu'on attend d'eux lorsqu'une consigne "perverse" les invite à... "rédiger." 

Poudre aux yeux de cette réforme Vallaud-Belkacem, l'apprentissage précoce en cinquième de la deuxième langue. Comme on navigue à flux constants, quand bien même on trouverait assez d'enseignants linguistes (on sait combien on peine à en recruter aujourd'hui, pour 1.600 € par mois, incivilités en prime), on financera ces deux heures de cinquième en supprimant une heure de première langue en quatrième et en troisième, en sacrifiant ces dédoublements de classe qui seuls permettent un apprentissage sérieux proche du tête-à-tête.
Notez que l'on n'apprend bien l'anglais ou l'espagnol qu'en maîtrisant le français — ce qui est loin d'être le cas: les 18 % de quasi-analphabètes à l'entrée en sixième sont, de l'aveu du ministère, tout aussi nombreux à la fin de la troisième. Depuis 1985, pendant les années Mitterrand aujourd'hui louangées, plus de cinq cents heures de français ont disparu des programmes du collège au nom de l'interdisciplinarité, en fait pour supprimer des postes au nom des équilibres budgétaires. Droite et gauche ont fait le travail avec constance, tout comme elles ont imposé, depuis la loi Fillon en 2004, les objectifs minimalistes du "socle commun de connaissance", ce plus petit commun dénominateur des apprentissages. Ce n'est pas ainsi que l'on pousse les élèves au plus haut de leurs capacités, ni qu'on leur insuffle l'ambition d'y parvenir.

Le multiculturalisme produit le nivellement par le bas. 
Objectif, non avoué par la franco-marocaine mais évident, de ces manipulations linguistiques: combattre l'élitisme au nom de l'égalitarisme, et vider les classes européennes, affreux repaires de filles et fils de bourgeois et autres initiés. Le chinois suivra la pente de l'allemand comme ce fut celle du latin ou du grec. Si encore ce n'était pas au profit de l'arabe, dont on nous vantait, il y a encore quelques mois, le pouvoir motivant des quartiers. Mais c'était avant les attentats islamistes meurtriers du début de l'année à Paris. Dans le même esprit, latin et grec ne seront plus que des à-côtés du cours de français, des sensibilisations aux civilisations antiques comme à l'occitan: à rapprocher du fait que le Capes de lettres classiques n'existe plus en soi: il est une option du Capes de lettres.
 
Et il est fortement question que toutes les options soient désormais enseignées en ligne, ce qui justifiera par l'absurde l'informatisation généralisée, dont on sait qu'elle coûte et surtout qu'elle ne rapporte rien. Fleur Pellerin et ses semblables pourront toujours vitupérer contre l'internet et ses moteurs de recherche... A ce compte, la fuite vers le privé, y compris le privé confessionnel, s'accentuera.

Par chance, en 2013, les derniers arrivés, les musulmans, pouvaient déjà opter pour l'un des 30 établissements scolaires musulmans créés, écoles, collèges et lycées, voire crèches. Et les musulmans de France sont encouragés à ouvrir leurs propres établissements scolaires, à l'ombre du minaret et de centres culturels, si bien qu'ils sont une cinquantaine en 2015. Sûr que la laïcité en profitera, et que les ghettos scolaires en sortiront socialement diversifiés...



Comment la concertation proclamée peut-elle ne créer que des mécontentements ?

Cerise sur le gâteau, cette réforme ne satisfait personne - ni les "républicains" qui hurlent à la mort, ni les "pédagos" qui la trouvent trop tiède. La FCPE ne se remet pas du maintien des notes chiffrées, le SNPDEN, syndicat des chefs d'établissement, aurait aimé plus d'indépendance, puisqu'on ne laisse aux établissements la bride sur le cou que pour 20 % de l'emploi du temps. Les jusqu'au-boutistes de l'autonomie, au SGEN (proche de la CFDT et donc du PS) et au SE-UNSA (FO), auraient aimé une vraie révolution permettant aux équipes pédagogiques (qui sont pourtant fort instables dès qu'un établissement est vraiment difficile) de s'organiser à leur gré : le jacobinisme, voilà l'ennemi. Et le baccalauréat décentralisé, affaibli et inégalitaire?


On sait pourtant ce qu'il y a à faire : mettre au centre du système la transmission de savoirs précis, exigeants et pérennes, par des enseignants qualifiés. La pédagogie de "projet" travaille dans l'éphémère, la mode, le moment. Mon optimisme pourtant se nourrit de la mauvaise volonté des enseignants à rompre avec les bonnes pratiques, au risque de passer pour conservateurs et archaïques. La "gauche de progrès" est un slogan que démentent la réalité du terrain et le bon sens. On ne les forcera pas à se suicider pédagogiquement d'ici à 2016, ni certainement après. Et après, c'est 2017 - et Najat Vallaud-Belkacem sera alors dans les notes de bas de page de l'histoire des cataclysmes

"Najat," prochain nom ajouté à la liste noire des ouragans ? Un sujet de dossier interdisciplinaire à venir...

lundi 27 octobre 2014

Najat Vallud-Belkacem, ministre qui nivelle l'Education nationale par le bas

Brighelli décrypte le sourire niais de Najat Vallaud-Belkacem...

Vallaud-Belkacem est imprévisible
La ministre de l'Education  a encore justifié le reproche qui liu est adressé d' reproche qui lui est fait d'être une idéologue. Mais alors, en petites babouches!
A la question cruciale du salaire des enseignants, la ministre répond par des boutades. À la question de la laïcité, par une grenade dégoupillée !

On a dit de Poincaré, un jour où le soleil l'avait fait grimacer, qu'il était "l'homme qui riait dans les cimetières". Les politiques du début du XXe siècle n'avaient pas encore assimilé le fait que désormais il faudrait se garder de ce que l'on n'appelait pas encore les paparazzis, et que les appareils photographiques étaient entrés dans l'ère du Reflex et de l'instantané. Mais les femmes et les hommes d'aujourd'hui devraient savoir qu'ils sont en permanence filmés, enregistrés, scrutés - particulièrement lorsqu'ils passent à la télévision, hein, Mme le Ministre... Surtout
quand ils se croient doués en communication. 

"Peanuts"

Samedi dernier, le 25 octobre, chez Ruquier, Najat Vallaud-Belkacem, en réponse à une question sur la crise du recrutement, a répliqué à propos des enseignants : "Enfin, ces gens, ce n'est pas l'argent qui les attire, sinon ils ne feraient pas enseignants." Et elle a ri - tout heureuse de sa boutade...

"Ces gens" ne détesteraient pas, comme leurs homologues luxembourgeois ou allemands (deux nations européennes de référence, ces temps-ci, mais pas pour tout apparemment), être un peu mieux payés qu'aujourd'hui, un domaine
où la France se situe en tête des pays de l'Est, dépassée par la totalité du bloc occidental. Nous vivions en Bulgarie et nous ne le savions pas !

"Ces gens", donc, "ces enseignants du premier degré", sont "sous-payés", a reconnu Najat Vallaud-Belkacem. "Donc le gouvernement auquel j'appartiens fait des efforts pour les augmenter. On a rajouté pour eux une indemnité annuelle de 400 euros qu'ils percevront chaque année." [Les indemnités, c'est la garantie d'une retraite meilleure!]
Montant ? 33,33 euros par mois. Byzance ! "Peanuts", a répliqué Aymeric Caron - in french in the text. Ma foi, il n'a pas tort.

"Petits pains" et approximations

Ce n'est pas une prime (non intégrée dans le calcul des futures retraites, c'est bien pratique) qu'il faut verser, d'urgence, aux instituteurs et aux néo-professeurs. C'est 50 % de salaire de plus ! On se sent moyennement motivé pour aller se faire insulter par des parents hystériques ou des gosses qui se croient tout permis dans des établissements lointains et difficiles [sans compter qu'ils sont placés sous la tutelle de chefs d'établissement qui sont pour bon nombre à ce poste parce qu'incapables de tenir une classe...]. D'autant qu'il apparaît de plus en plus nettement qu'il n'y a plus d'établissements faciles, à part ceux où Najat Vallaud-Belkacem met ses enfants. 

Ah, mais voilà : "Je ne multiplie pas les petits pains" [seulement le déficit public et donc les impôts pour recruter des candidats fantômes à l'Education nationale], a-t-elle plaisanté lorsqu'on lui a suggéré de dépasser le stade de l'aumône. Ah, l'humour ! Madame le Ministre, l'humour consiste à se moquer de soi-même. Pas à enfoncer les autres. [Ni à se dérober !]

À une autre question du même Aymeric Caron, qui semble avoir un peu bossé son interview au préalable (bon sang, dans quel monde suis-je où j'en viens à penser du bien d'Aymeric Caron !) [LOL], la ministre a répondu qu'elle "ignorait" que l'on avait recruté des professeurs des écoles avec 5 de moyenne au concours. 

Puis elle a affirmé : "On a augmenté l'indemnité liée au fait d'être affecté en éducation prioritaire. C'est une indemnité de 1.056 euros. On va la doubler - enfin, un peu moins, on va l'augmenter de 50 %." 50 %, c'est moins que 100 % - bravo ! La ministre aura peut-être le brevet des collèges. [Elle continue d'assurer la propagande gouvernementale, mais ne potasse pas ses fiches]

Exister médiatiquement

Par quelle aberration un ministre qui n'a absolument rien à dire [parce qu'elle ne connaît pas le métier], et qui de surcroît le dit mal, se croit-il obligé de participer à des émissions télévisées ? Qui lui a dit que c'est la condition nécessaire pour continuer à exister ? Il y a en France aujourd'hui 65 millions de "gens" qui persistent à exister, et difficilement, sans passer à la télé. Et qui n'en ont rien à faire que le ministre soit ou non bien ou mal coiffé Chatel avait la plus belle permanente du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem se fabrique un casque bien peigné [On la dirait parfois recoiffée à la bave: une scène personnellement observée au temps de mon adolescence] - et puis ? 

Pour exister, il faut donc se répandre. La semaine dernière, la ministre s'est répandue à l'Observatoire de la laïcité, le "machin" [une sinécure socialiste] dirigé par Jean-Louis Bianco, qui est venu ici même nous expliquer ce qu'était la laïcité élargie/aménagée/déglinguée, barrer les adjectifs inadéquats. "La situation globalement apaisée" sur le front de la laïcité, affirme la ministre - qui constate toutefois des "contestations de certains enseignements concernant le fait religieux (refus de visiter des édifices religieux, de suivre un cours sur l'islam ou un cours de français utilisant comme support la Bible...), la musique (refus de chanter ou de souffler dans un instrument à vent), l'éducation physique et sportive (la natation particulièrement), l'éducation à la sexualité, l'histoire de l'évolution (en cours de SVT), le génocide arménien et la Shoah". Mais, à part ces menus détails, rien à signaler... [L'odieux nazisme, mais les merveilleux stalinisme, maoïsme et bolivarisme de feu Chavez, un amateur de " démocratie participative",: suivez mon regard...]

Retour des voiles

Donc, en tronquant un avis fort bien balancé émis jadis par le Conseil d'État,
elle a décidé qu'il était licite pour des mères d'élèves d'accompagner des enfants lors d'une sortie scolaire en portant des signes extérieurs et vestimentaires de soumission. Si ! [Mais n'est-elle pas justement franco-marocaine et de religion musulmane?]
"Le Conseil d'État a rappelé que les usagers du service public et les tiers à ce service ne sont pas soumis en tant que tels à l'exigence de neutralité", avait expliqué un communiqué ministériel en décembre 2013. Mais il ajoutait immédiatement : "Le milieu scolaire est un cadre qui doit être particulièrement préservé. Ainsi, s'agissant des parents d'élèves qui participent à des déplacements ou des activités scolaires, ils doivent faire preuve de neutralité dans l'expression de leurs convictions, notamment religieuses. C'est ce qu'indique la circulaire du 27 mars 2012 dont l'application est mise en oeuvre sur le terrain avec intelligence, en privilégiant toujours d'abord la voie du dialogue. Cette circulaire reste donc valable." [cf. vidéos ci-dessous]
La ministre a fait une longue intervention bâtie comme un mauvais devoir de Sciences Po, en conclusion de laquelle elle affirme : "Je veux réaffirmer un principe et une orientation. Le principe, c'est que dès lors que les mamans (les parents) ne sont pas soumises à la neutralité religieuse, comme l'indique le Conseil d'État, l'acceptation de leur présence aux sorties scolaires doit être la règle et le refus, l'exception", déclare-t-elle [C'est sa thèse]. [A noter qu'Aymeric Caron opine à ce discours] Elle ajoute [son antithèse]: "Pour autant, il peut y avoir des situations particulières, liées par exemple à du prosélytisme religieux, qui peuvent conduire les responsables locaux à recommander de s'abstenir de manifester leur appartenance ou leurs croyances religieuses. [Et synthèse] C'est un équilibre qui doit être trouvé par les responsables de terrain et les cas conflictuels restent heureusement limités."

Examen de conscience

En clair, elle refile la patate chaude aux enseignants et aux chefs d'établissement. Ce n'est pas encore la guerre, mais des conflits en nombre sont contenus dans cette décision qui va, comme le souligne, consterné, le Café pédagogique, à l'encontre de son prédécesseur Vincent Peillon, qui s'était exprimé sur la question en décembre 2013. Mais elle est dans le droit fil de l'une des rares décisions prises par Benoît Hamon lors de son passage rue de Grenelle - nous en avions parlé ici.
Heureusement, les professeurs des écoles ont en général assez de bon sens pour choisir, comme accompagnateurs, des "gens" qui ne posent pas de problèmes à la laïcité. [Sauf que les associations et collectifs entravent leur action et contestent leurs choix] En collège et en lycée, en général, on ne demande pas aux parents d'escorter leurs enfants - qui s'en voudraient d'être vus avec leurs géniteurs...

Suis-je misogyne ? Non. Suis-je raciste ? Non plus. Islamophobe ? Pas même. Ai-je un mépris abyssal pour les jeunes ? Je les forme ! Alors, peu me chaut que le ministre soit une femme, musulmane et jeunette. Je souhaite juste qu'elle soit compétente. [Et moins sectaire]

Devoir de mémoire

Quand Vallaud-Belkacem se voit en ambassadrice du "Made in France"
Najat Vallaud-Belkacem croit porter du Made in France 

Quand Vallaud-Belkacem se ridiculise à Lorient...

Quand l'idéologue endoctrine les enfants des écoles du Loiret 

mardi 19 août 2014

Cachan: Hollande ferme l'internat d'excellence pour les plus défavorisés

Benoît Hamon n'a plus de place pour les jeunes méritants

Les parents de ces élèves prometteurs ont été prévenues au dernier moment, l
e 29 mai dernier
Leurs enfants ne feront pas leur rentrée à l’internat d’excellence de Cachan. Ils s'y préparaient depuis des mois, mais le pouvoir socialiste ferme l'internat d'excellence de Cachan. Bien qu'étiquetés "défavorisés", des élèves méritants sont sanctionnés pour des raisons idéologique.

Le mérite, ça n'existe pas. 
Les meilleurs n'ont plus droit qu'au tronc commun: la "fosse" commune pour tous ! 

Nicolas Sarkozy les avait créés en 2008

Au nombre de 44, ils recevaient depuis des élèves défavorisés mais qui avaient donné des preuves de motivation. Au printemps, sans annonce du ministère, les parents d’élèves de l’internat apprennent que l’établissement  de Cachan supprime la moitié de ses classes dès septembre avant de fermer ses portes en 2015.

Camillia, adolescente de 13 ans, avait pourtant été présélectionnée pour entrer à Cachan. Elle a même visité l’internat. Mais fin mai, Shéhérazade, sa maman, reçoit une lettre de l’Académie de Créteil expliquant que la candidature de sa fille a finalement reçu "un avis défavorable"

Après enquête, Shéhérazade découvre qu'à la vérité, il n'y aura pas de classe de 4e à la rentrée dans l'établissement. Elle remue alors ciel et terre pour trouver une solution. Sa fille, très motivée, souffre de son environnement scolaire où il y a, dit-elle "beaucoup de mauvais élèves. Dans certaines matières, on ne finit jamais le programme."

Shéhérazade n'a obtenu aucune explication de l'éducation nationale. 

Prévenue fin mai,
elle n'a "pas pu se retourner. Les inscriptions dans le privé étaient closes." 
Shéhérazade élève Camillia seule avec un SMIC et doit  désormais mettre de l’argent de côté pour lui payer des cours particuliers: un dopage nécessaire, si on peut dominer le lot commun et qu'on veut préserver à la fois son potentiel et ses chances d'un avenir meilleur. 

Cachan ferme mais les autres internats d'excellence se savent sous la menace du ministre de l'aile gauche du PS. 
En février dernier, la Cour des Comptes considérait que leur coût était trop élevé et leur objectif pédagogique mal défini... 
On ne nivelle jamais assez.

lundi 30 juin 2014

Bac: le tripatouillage des notes est fonction des consignes ministérielles

Le tripatouillage n'est pas vraiment le fait des professeurs-correcteurs-examinateurs

Ce ne soit pas  le niveau des élèves que l’on évalue 
au baccalauréat
Le bac mène-t-il à une impasse?
E
n réalité, la note finale varie en fonction des rivalités entre établissements et d’une "obligation de résultat" au niveau national et global.

La faiblesse du pouvoir socialiste a fait du baccalauréat 2014 une zone de non-droit, une déshérence marquée par le changement de ...ministres à deux mois du début des épreuves: fuites en série, polémiques autour de sujets supposés trop difficiles pour le niveau réel des candidats, pétition inédite d’élèves… Tout a été tenté pour accréditer l'idée que le contrôle continu  serait une "avancée. Mais au-delà de ces embûches dressées sur le parcours, plus encore que l’an dernier, les media se sont livrés sur commande à un matraquage d'un système de notation supposé à géométrie variable pour cet examen national.

Le ministère a organisé le coulage du bac 2014 et obéré l'avenir 

Le ministère de l’Éducation nationale a embrayé sur la campagne de dénigrement en livrant son sentiment de bac+3 que les copies seraient appréciées avec malveillance, puisqu'il a assuré qu'elles seraient désormais notées avec "bienveillance". Dans le même temps et sous la pression populaire, les consignes officielles imposaient que l’épreuve de mathématiques du bac S (supposé faire émerger nos scientifiques de demain) serait notée sur… 24, tandis que les barèmes des exercices de physique-chimie au même bac S seraient relevés au vu de la difficulté de l’épreuve. En réalité, il semble que ce ne soit pas tant le niveau des élèves que l’on évalue. Mais que la note finale varie en fonction d’une "obligation de résultat" au niveau global.

Ordre supérieur de dissimuler le problème de niveau réél

A force de dire que le "niveau baisse" depuis de nombreuses décennies et que le bac est souvent considéré comme "bradé", mais assorti d'une orgie de mentions illusoires, le tripatouillage des notes n’est plus tabou, il devient même quasiment la norme. Il faut désormais atteindre le niveau espéré de réussite au baccalauréat: il n'est plus ambitionné d'évaluer un niveau qui permette de suivre une prépa ou même une première année de fac. Au lieu d’évaluer strictement les savoirs d’une classe d’âge, la notation est donc adaptée à l’objectif d'anesthésie de l'opinion en diplômant un pourcentage toujours plus élevé de candidats. Notre classement PISA de l'OCDE soulèvera la surprise des hypocrites qui décrieront des critères insupportables par no petits génies hexagonaux, mais aussi l'indignation des mêmes experts de l'éducation contre un système supérieur trop élitiste et inapproprié, singulièrement à l'encontre des nouveaux arrivants. Un effet boule-de-neige ravageur de la mauvaise foi à tous les degrés de la société, depuis le ministre qui "comprend" les plaignants en émettant des jugements démagogiques et irresponsables jusqu'aux parents qui délèguent.

Un pourcentage vertigineux de réussite
Hors sujet, dirait l’enseignant un peu rigoureux, désormais classé "vachard". 92 %, 93 %? Quel pourcentage vertigineux de réussite au baccalauréat général va-t-on atteindre pour cette édition 2014 quand certains candidats obtiennent des notes supérieures à 20? Cette formalité devient un bâclage lourd de conséquences tant économiques que psychologiques: elle fabrique des aigris et creuse le déficit de l'Education qui agonise depuis 40 ans, avec renfort de soins palliatifs, et va droit à une mort indigne. 
Le psycho-drame du bac n'est en fait qu'une comédie: pour la poursuite des études des élèves, tout se joue, avant même la publication des résultats, avec le fameux système "Admission post-bac", qui prévoit l'orientation et l'inscription du candidat avant qu'il n'ait reçu ce diplôme de fin d'études et fait rêver les 7% qui n'auront pas réussi à se faire récupérer à la note de 8 sur 20...

Quelle image donnons-nous, à nouveau, de notre système scolaire

après le précédent de la pétition lancée contre les sujets de mathématiques par quelques lycéens en colère ? D’autant que les collégiens, qui passaient la semaine dernière le brevet, se sont aussi plaints sur les réseaux sociaux d’un exercice trop difficile.

Benoît Hamon, ministre de l’Éducation nationale, a ouvert cette semaine un vaste chantier sur le système de notation qui devrait également concerner le baccalauréat. 
De son côté, surprise, un syndicat lycéen évoque une refonte du système, non pas à base de contrôle continu mais d’épreuves passées au fil de l’année. Ce qui mérite autant d'explication que la distinction hasardée par l'aventureux Hamon entre "grammaire" et "syntaxe" (lien PaSiDupes)! Mais si ça peut permettre des économies budgétaires, n'est-ce pas...

Avec juillet, les résultats de l’examen et les grandes vacances, les esprits vont bientôt se tourner vers la future rentrée scolaire et les effectifs d'enseignants. De nouvelles problématiques qui ne doivent pas occulter la nécessité de revenir à la raison sur un examen national emblématique. La question se pose plus que jamais de la valeur du diplôme du baccalauréat, alors que certains professionnels annoncent, à moyen terme, un taux de réussite de 100 %. 
Que l'étranger nous enviera: notre "exception culturelle" ! 
LOL