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mardi 12 mai 2015

Fichage: le CRAN met les plus grandes villes de France sous surveillance

Vers un fichage de mairies qui seraient anti-républicaines

Les 50 plus grandes villes de France ont reçu un questionnaire
L'objectif est d' "évaluer" leurs actions concrètes en matière de lutte contre le racisme. Orienté, il émane de "République et diversité" et du Conseil représentatif des associations noires (CRAN), tous deux présidés par le suspicieux Louis-Georges Tin.
Y figuraient notamment des questions transparentes
"Combien d’adjoints sont issus de la diversité ? La mairie finance-t-elle des associations antiracistes ? Prend-elle en compte le bilan des entreprises en la matière quand elle attribue des marchés publics ?" 
Immenses sont les surprises à la découverte que les communes les mieux notées sont Villeurbanne (PS), Montreuil (PCF depuis... 1935) et Paris (PS), mais que les moins bien sont Marseille (UMP), Aix-en-Provence (UMP) et Versailles (UMP).
On apprend même au passage que Montreuil figurerait parmi les cinquante plus grandes villes de France. De quoi jeter le... soupçon sur la fiabilité de la démarche "scientifique" adoptée pour les besoins de la cause. S'étonnera-t-on qu’elle soit parmi les mieux notées et que les enquêteurs "indépendants" soient marqués à gauche.

Une enquête cousue de fil noir 


L.-G. Tin
Ses a priori lui font perdre toute valeur pour valider la lutte contre le racisme, non seulement du fait de sa sélection arbitraire de villes, mais aussi de son critère du nombre d’adjoints issus de la "diversité". En quoi une appartenance ethnique serait-elle un gage de compétence en matière d’administration territoriale ? Il faudrait donc choisir des adjoints selon l'origine ethnique et non plus en fonction de leurs aptitudes intellectuelles ou leur savoir-faire. Le Cran se place dans la même logique idéologique selon laquelle une plus grande présence de femmes dans le monde politique modifierait les approches et les comportements. Plus de femmes et plus de Noirs seraient des avancées: et plus de femmes noires ?

Allons-nous vers un nouveau racisme du choix ou de l'exclusion en fonction de l'appartenance ethnique? Si Tin est l'initiateur de ce questionnaire insensé, cela pose d'abord de nombreuses interrogations sur les facultés de raisonnement des agrégés de lettres et des docteurs de l'Université qui enseignent à nos étudiants (Orléans) et aux futurs professeurs de nos enfants (ESPE, anciennement IUFM). Cela interpelle ensuite sur les critères d'attribution des diplômes universitaires, car Tin en est bardé, mais son jugement apparaît sérieusement entaché d'idéologie, d'émotivité et singulièrement de ressentiment, voire de haine de la France et des Français. La crédibilité que confère l'Université est enfin remise en question cause si son estampille est tributaire de l'idéologie et du milieu familial car, notamment avec Tin. Le patron du Cran est en effet issu de la famille martiniquaise de Victor Sévère, avocat et homme politique radical socialiste, prédécesseur d'Aimé Césaire à la mairie de Fort-de-France. Jules, un autre grand-oncle de Louis-Georges, sera maire de Case-Pilote de 1890 à 1925. Faut-il qu'en France des dynasties issues de la diversité se substituent à l'aristocratie hexagonale ?

Le CRAN remet en cause les fondements de la démocratie

La question "la mairie finance-t-elle des associations anti-racistes?" tend à systématiquement pointer les majorités que les minorités combattent. Le CRAN conteste donc le système majoritaire et le vote pour le programme du candidat qui a la préférence du plus grand nombreTin défend ainsi l'idée que le pouvoir doit appartenir aux minorités, aussi multiples et variées qu'elles soient. 

C'est aussi délibérément ignorer les difficultés des collectivités territoriales.
Avec la décentralisation et la réforme territoriale de Marilyse Lebranchu (PS), les mairies, telle celle de la ville de Paris, déjà le plus souvent face à des impossibilités financières relatives à ses obligations communales, devrait financer des associations dont l’anti-racisme est à sens unique et le nombre d’adhérents inversement proportionnel aux subventions qu’elles perçoivent déjà ? La diversité centrée sur elle-même fait peu cas de l'intérêt général et des priorités qui relèvent de l'intérêt commun, le chômage et le pouvoir d'achat, et des efforts de la population dite favorisée qui contribue largement à la solidarité avec les Français en recherche d'emploi et les sans-abri, ainsi qu'avec les sans-papiers qui s'imposent à eux et leur adressent les reproches indécents portés par "République et diversité", le CRAN et les autres. Le vivre ensemble, c'est aussi respecter les personnes légitimes en France.

Autre question stigmatisant les lois républicaines régissant les élections municipales: "Prend-elle en compte le bilan des entreprises en la matière quand elle attribue des marchés publics?" Il ne s'agit même pas de défendre l'emploi des personnes de couleur, sauf à penser que les entrepreneurs soupçonnés devraient donner la priorité de l'embauche à la diversité. Voilà où nous en sommes arrivés : un marché public  ne devrait pas non plus être attribué au "mieux disant" ou du meilleur service proposé, mais en fonction de la proportion de son personnel issu de la "diversité". 
Car le CRAN est favorable aux statistiques ethniques. Il est donc en désaccord aussi avec les autres associations qui se disent anti-racistes (SOS Racisme, etc) On en revient ainsi à la question de départ: compétence ou origine ethnique ?
Mais il conviendrait aux associations de commencer par se mettre d'accord entre elles avant de créer ce climat délétère qui contredit le "vivre ensemble" officiellement préconisé mais sournoisement combattu par les... communautaristes haineux.

Un anti-racisme authentique n'est pas exclusif des Blancs et des chrétiens
En vérité, certains veulent imposer une diversité à laquelle il ne serait pas demandé de compétence particulière, mais dont l’omniprésence justifierait son implantation même non intégrée.
Ce fonds de commerce des nouveaux citoyens veut s'imposer sans étude de marché à la majorité d'origine.

lundi 1 septembre 2014

Rythmes scolaires: Vallaud-Belkacem impose une réforme rejetée par 60% des Français

Vallaud-Belkacem l'imposera pourtant à tous
Concertation socialiste dans toute sa rigueur !
 
À la veille de la rentrée des élèves,
la réforme des rythmes scolaires continue de diviser. Elle est considérée comme "une mauvaise chose" par 60% des Français, selon un sondage CSA pour RTL publié lundiLe nombre d'opposants à la réforme des rythmes scolaires a donc continué de grimper dans l'année, mais Valls la fera généraliser cette rentrée à toutes les écoles publiques. Lors de la dernière enquête CSA réalisée pour la radio peu avant l'adoption de la réforme par les communes pionnières il y a un an, 53% des sondés estimaient alors que la loi allait dans le bon sens, contre 47%.

58% des sympathisants de gauche continuent toutefois à soutenir la réforme initiée par l'ancien ministre de l'Éducation nationale, Vincent Peillon, et maintenue par son successeur Benoît Hamon. Un chiffre qui grimpe à 64% chez les personnes qui se disent proches des socialistes. Le rejet l'emporte en revanche parmi les sympathisants de droite, qui sont 71% à désapprouver la semaine de quatre jours et demi à l'école et 74% chez les proches de l'UMP.


Six Français sur dix ne suffisent-ils pas à bloquer la loi ?

Six personnes interrogées sur dix (59%) considèrent par ailleurs que le chantier de l'évaluation des élèves engagé par Benoît Hamon pour éviter une notation-sanction n'est pas nécessaire55% des sympathisants de gauche y sont opposés et 69% des sympathisants de droite. Un avis qui n'est cependant pas partagé par les 18-24 ans, dont la moitié reste attachée au système actuel de notes.
Publié à la veille de la rentrée scolaire, ce sondage a été réalisé entre le 26 août - jour de la nomination de Najat Vallaud-Belkacem à l'Éducation nationale - et le 28 août. 
Enfin, 57% des sondés estiment que l'école ne permet pas d'assurer l'égalité des chances67% des sondés pensent en outre que le rétablissement de l'uniforme serait une bonne mesure pour lutter contre les inégalités sociales. 

Ministre intérimaire de l'Education pendant 145 jours, Benoît Hamon,  avait promis des assouplissements permettant de rassembler les activités périscolaires en une seule demi-journée et d'envisager un allongement de l'année scolaire au détriment des vacances, a-t-il précisé sur RTL.

Dimanche soir, la nouvelle ministre s'est montrée inflexible sur l'application de la réforme des rythmes scolaires.
"La loi s'appliquera partout et il n'y aura pas d'exception", a-t-elle martelé sur TF1, appelant les élus locaux à la responsabilité. 
Le stalinisme a encore de mauvais jours.

lundi 30 juin 2014

Bac: le tripatouillage des notes est fonction des consignes ministérielles

Le tripatouillage n'est pas vraiment le fait des professeurs-correcteurs-examinateurs

Ce ne soit pas  le niveau des élèves que l’on évalue 
au baccalauréat
Le bac mène-t-il à une impasse?
E
n réalité, la note finale varie en fonction des rivalités entre établissements et d’une "obligation de résultat" au niveau national et global.

La faiblesse du pouvoir socialiste a fait du baccalauréat 2014 une zone de non-droit, une déshérence marquée par le changement de ...ministres à deux mois du début des épreuves: fuites en série, polémiques autour de sujets supposés trop difficiles pour le niveau réel des candidats, pétition inédite d’élèves… Tout a été tenté pour accréditer l'idée que le contrôle continu  serait une "avancée. Mais au-delà de ces embûches dressées sur le parcours, plus encore que l’an dernier, les media se sont livrés sur commande à un matraquage d'un système de notation supposé à géométrie variable pour cet examen national.

Le ministère a organisé le coulage du bac 2014 et obéré l'avenir 

Le ministère de l’Éducation nationale a embrayé sur la campagne de dénigrement en livrant son sentiment de bac+3 que les copies seraient appréciées avec malveillance, puisqu'il a assuré qu'elles seraient désormais notées avec "bienveillance". Dans le même temps et sous la pression populaire, les consignes officielles imposaient que l’épreuve de mathématiques du bac S (supposé faire émerger nos scientifiques de demain) serait notée sur… 24, tandis que les barèmes des exercices de physique-chimie au même bac S seraient relevés au vu de la difficulté de l’épreuve. En réalité, il semble que ce ne soit pas tant le niveau des élèves que l’on évalue. Mais que la note finale varie en fonction d’une "obligation de résultat" au niveau global.

Ordre supérieur de dissimuler le problème de niveau réél

A force de dire que le "niveau baisse" depuis de nombreuses décennies et que le bac est souvent considéré comme "bradé", mais assorti d'une orgie de mentions illusoires, le tripatouillage des notes n’est plus tabou, il devient même quasiment la norme. Il faut désormais atteindre le niveau espéré de réussite au baccalauréat: il n'est plus ambitionné d'évaluer un niveau qui permette de suivre une prépa ou même une première année de fac. Au lieu d’évaluer strictement les savoirs d’une classe d’âge, la notation est donc adaptée à l’objectif d'anesthésie de l'opinion en diplômant un pourcentage toujours plus élevé de candidats. Notre classement PISA de l'OCDE soulèvera la surprise des hypocrites qui décrieront des critères insupportables par no petits génies hexagonaux, mais aussi l'indignation des mêmes experts de l'éducation contre un système supérieur trop élitiste et inapproprié, singulièrement à l'encontre des nouveaux arrivants. Un effet boule-de-neige ravageur de la mauvaise foi à tous les degrés de la société, depuis le ministre qui "comprend" les plaignants en émettant des jugements démagogiques et irresponsables jusqu'aux parents qui délèguent.

Un pourcentage vertigineux de réussite
Hors sujet, dirait l’enseignant un peu rigoureux, désormais classé "vachard". 92 %, 93 %? Quel pourcentage vertigineux de réussite au baccalauréat général va-t-on atteindre pour cette édition 2014 quand certains candidats obtiennent des notes supérieures à 20? Cette formalité devient un bâclage lourd de conséquences tant économiques que psychologiques: elle fabrique des aigris et creuse le déficit de l'Education qui agonise depuis 40 ans, avec renfort de soins palliatifs, et va droit à une mort indigne. 
Le psycho-drame du bac n'est en fait qu'une comédie: pour la poursuite des études des élèves, tout se joue, avant même la publication des résultats, avec le fameux système "Admission post-bac", qui prévoit l'orientation et l'inscription du candidat avant qu'il n'ait reçu ce diplôme de fin d'études et fait rêver les 7% qui n'auront pas réussi à se faire récupérer à la note de 8 sur 20...

Quelle image donnons-nous, à nouveau, de notre système scolaire

après le précédent de la pétition lancée contre les sujets de mathématiques par quelques lycéens en colère ? D’autant que les collégiens, qui passaient la semaine dernière le brevet, se sont aussi plaints sur les réseaux sociaux d’un exercice trop difficile.

Benoît Hamon, ministre de l’Éducation nationale, a ouvert cette semaine un vaste chantier sur le système de notation qui devrait également concerner le baccalauréat. 
De son côté, surprise, un syndicat lycéen évoque une refonte du système, non pas à base de contrôle continu mais d’épreuves passées au fil de l’année. Ce qui mérite autant d'explication que la distinction hasardée par l'aventureux Hamon entre "grammaire" et "syntaxe" (lien PaSiDupes)! Mais si ça peut permettre des économies budgétaires, n'est-ce pas...

Avec juillet, les résultats de l’examen et les grandes vacances, les esprits vont bientôt se tourner vers la future rentrée scolaire et les effectifs d'enseignants. De nouvelles problématiques qui ne doivent pas occulter la nécessité de revenir à la raison sur un examen national emblématique. La question se pose plus que jamais de la valeur du diplôme du baccalauréat, alors que certains professionnels annoncent, à moyen terme, un taux de réussite de 100 %. 
Que l'étranger nous enviera: notre "exception culturelle" ! 
LOL

dimanche 29 juin 2014

Ecole: il faut sauver les notes, alerte Brighelli

Brighelli repart en croisade

Les agences de notation traumatisent
nos dirigeants
Le ministre Hamon propose d'abandonner la note chiffrée.

Jean-Paul Brighelli dénonce une tentative de casser le thermomètre,
de dissimuler le déclin du niveau des élèves affiché par l'OCDE, et, in fine, l'abandon de nos valeurs.

Que comprendront les parents à l'évaluation "bienveillante" de Benoît Hamon, bac +3 ?
Invité par Europe 1 cette semaine à m'exprimer sur le projet d'abandon de la notation dont Benoît Hamon, qui n'avait rien d'autre à faire, s'est fait le chantre, j'ai annoncé - autant en rire puisque c'est à pleurer - le renoncement officiel, par Marisol Touraine, à l'usage des thermomètres, bien coupables d'indiquer, parfois, que le patient a la fièvre. Nous voici revenus au XVIIe siècle, quand on faisait tomber la température en saignant le malade - jusqu'à ce qu'il en crève parfois, demandez donc à la mère de Molière. Si effectivement vous ôtez quelques pintes de sang, la pression descendue régulera votre pouls - jusqu'à ce que ça remonte, parce que vous n'avez rien guéri, juste occulté le symptôme. Benoît Hamon en est là. 

Que comprendront les parents à l'évaluation "bienveillante" de Benoît Hamon ?
L'évaluation "bienveillante" de Benoît Hamon ne peut que
rallier les ignorants et les aigris
Il installe une conférence sur l'évaluation (contre l'avis de tous ses services, à commencer par la DGESCO, contre l'avis même du CNESCO, le Conseil national d'évaluation du système éducatif, un "machin" installé par son prédécesseur, Vincent Peillon, dont la tête lui sert aujourd'hui de marchepied pour tenter d'exister), afin d'en finir avec la "dictature" des notes, qui, nous le savons bien, humilient chaque jour des milliers d'enfants...

Les profs sont méchants ? Pas même. Je n'en connais pas qui se délectent à mettre de mauvaises notes. Mais j'en connais trop qui ont renoncé à afficher la vérité des prix, et gonflent artificiellement les résultats - après tout, on le leur demande officiellement au brevet et au bac.

Je ne suis pas ma note

On connaît l'excuse classique du cancre ramenant à la maison un devoir malmené par le correcteur : "C'est parce que le prof ne m'aime pas !"
Le ministre tient le même raisonnement tordu, confondant la valeur de l'exercice - noté de 0 à 20 - et la valeur de l'élève. Que tu aies un zéro, bougre d'imbécile, ne signifie pas que tu es un zéro ! Il faut un cerveau creux résidant rue de Grenelle pour le croire - et valoir, justement, zéro. Mais qui se soucie au fond de ce que vaut vraiment un ministre ?

Exit, donc, un système de notation qui remonte au XVIIe siècle : il appartenait sans doute à la gauche de nous débarrasser de cet ultime souvenir des grands collèges jésuites, de cette dernière référence au Grand Siècle. Si Richelieu, puis Louis XIV, avaient généré ce système d'évaluation des enfants (nobles) du système d'enseignement mis en place par les disciples de Loyola, c'est parce qu'ils croyaient en la valeur globale de leur civilisation. La France de Louis XIV (et je tiens compte aussi des famines, des guerres, des excommunications et des bûchers) valait cher ; la France de Hollande ne vaut plus grand-chose. Un grand doute a saisi le pays, et les gouvernants, qui ne gouvernent plus rien, s'en font l'écho.

Remplacer une note par une évaluation est contre-productif, dans l'optique même défendue par Hamon. Le chiffre a une objectivité. L'évaluation nous ramène à une subjectivité - l'enfant sera bien plus stigmatisé par un jugement global que par le détail de sa performance.

"Maman, j'ai eu du vert aujourd'hui !"
(et Duflot n'y est pour rien)

Déjà, le primaire évolue au gré des "livrets de compétences" : acquises, non acquises, ou en voie d'acquisition. Base trois. Une usine à gaz qui bouffe le temps scolaire. En janvier 1969, le gouvernement avait décidé, dans un grand élan post-soixante-huitard, d'adopter la notation en ABCDE - base cinq. [avec des C+ équivalent à 11, des C pour 10/20 et des C- pour 9: la belle "avancée" !] Elle fit long feu, et le génie national réimposa une base dix, ou vingt - que l'on peut affiner à l'infini en demi, quart ou centième de point. Sans doute ce qu'il y a de plus précis depuis que Fahrenheit et Celsius ont inventé leurs échelles respectives du froid et du chaud : mais le thermomètre est désormais hors la loi... [Trop de rigueur scientifique nuirait à l'élève  apprenant... quand bien même rappellerait-on que la note ne tombe pas du ciel mais est le résultat du calcul d'un barême réfléchi et établi en fonction d'un objectif précis]

Pourquoi le primaire (et, localement, quelques classes de sixième et de cinquième, prélude à la primarisation du collège) ? Parce que les moyens de pression (en clair, la présence d'un corps d'inspecteurs) sont bien plus prégnants sur les écoles communales que dans le secondaire [les maires ont un droit de regard -ou de sanction- par le biais de la participation financière de la commune au fonctionnement des écoles maternelles et primaires publiques: le maire est en effet garant de l’obligation scolaire, de la sécurité des élèves aux abords de l’école et peut être amené à autoriser l’utilisation des locaux scolaires ainsi qu’à intervenir dans de nombreuses autres occasions]. Un inspecteur primaire (IEN) travaille sur une zone réduite, connaît chacune de ses ouailles, les visite régulièrement. Un IPR (inspecteur pédagogique régional) a souvent un rectorat entier à labourer, et n'inspecte les enseignants qui lui sont dévolus que tous les six ans, en moyenne (j'ai passé 14 ans, en banlieue parisienne, sans voir la queue d'un). Allez imposer des consignes à des gens que vous ne voyez que de loin en loin...

Voici donc la Note sacro-sainte remplacée par des smileys souriants (interdiction de faire la gueule, dans le système Hamon), ou des codes couleur plus aisément lisibles par des élèves analphabètes [venus d'au-delà des mers et des frontières]. Ce bariolage est-il plus efficace que l'indication chiffrée ? Ma foi, j'aimerais savoir ce que les parents y comprennent - "Maman, j'ai eu du vert aujourd'hui, c'est mieux que le rouge hier..." [Les feux tricolores serviraient certes de repères, mais les radars, mobiles ou embarqués, seraient exclus, tout justes bons pour les prochains détenteurs du permis de conduire à 15 ans, l'obligation scolaire restant, elle, fixée à 16] 
Une grande déferlante écolo-compatible déferle sur l'éducation. [Finis le noir maléfique et le blanc pur] Le vert est paré de toutes les vertus - pourquoi pas le mauve ? Pourquoi pas un code de petits animaux : "J'ai eu un perroquet pour cause de bavardage, un singe par habileté à reproduire, et un cheval en gym parce que je cours vite..." [Les fruits ne faisant pas l'affaire: la banane pourrait traumatiser la petite de couleur, la poire, le petit souffre-douleur de la récré et la figue ou la prune, un(e) possible LGBT]. Tout cela pour déstresser des gosses qui, d'après saint Pisa (je reviendrai prochainement sur ce système d'évaluation qui est aussi fiable que celui que le ministère veut mettre en place), sont parmi les plus angoissés de la planète (ah, vraiment ? Je croyais qu'au Japon ou en Corée... J'ai dû mal lire...).

Un mien collègue, prof de prépa, agrémente ses corrections avec un tampon représentant un clown hilare, en marge des trouvailles les plus pittoresques de ses élèves. Cela les fait bien rire, au lieu de les humilier [le second degré supposerait donc un niveau minimal...]. Et les "bulles" - les zéros - que nous avons tous un jour méritées restent dans notre souvenir bien plus comme des anecdotes drôles que comme des traumatismes inexpiables. Benoît Hamon chercherait-il à exorciser quelque souvenir cuisant [le second degré ne serait donc équitablement distribué] ? S'offrirait-il une psychanalyse aux frais de quelques millions d'élèves ? Je n'ose le croire.

Au passage, le ministre, dans l'interview du Parisien citée plus haut, affiche ses admirables compétences : "Un écolier qui éprouve des difficultés en grammaire et en syntaxe obtiendra zéro en dictée. S'il a progressé en syntaxe, mais qu'il fait encore trop de fautes en grammaire, il aura toujours un zéro. Comment peut-il savoir qu'il a progressé ?" Quelle distinction byzantine entre grammaire et syntaxe [cf. PaSiDupes]! Je peux encore distinguer orthographe d'usage et orthographe grammaticale - celle-ci pesant un peu plus lourd que celle-là. Mais entre faute grammaticale et faute syntaxique... C'est ce que les pères maristes qui ont formé le petit Benoît au Sénégal lui ont appris ? J'ai un doute...


Les dangers de l'évaluation sauvage

Vincent Peillon, après avoir annoncé à grand fracas la "refondation" de l'école républicaine, avait accouché d'une souris - les rythmes scolaires. Benoît Hamon, tout en détricotant l'oeuvre (?) de son prédécesseur, enfourche un très vieux cheval pédagogique, que lui ont suggéré de monter ses conseillers issus des deux syndicats qui contrôlent aujourd'hui l'éducation, le SGEN [socialiste] et le SE-Unsa [ex-FEN, de la maternelle au lycée]. Sans compter les associations de parents d'élèves, FCPE et Apel, l'une et l'autre favorables (malgré l'avis contraire de 80 % de leurs adhérents) au grand remplacement des notes par des sourires. Sans compter les plus fainéants des élèves, qui, à l'occasion du bac et du brevet, ont protesté parce qu'ils craignaient que leurs performances soient sous-notées. Tout, tout de suite, et avec du sucre, s'il vous plaît ! Beaucoup de sucre !

Une civilisation qui a cessé de prôner l'effort et le mérite, et la difficulté vaincue, est-elle encore une civilisation ?
La quasi-totalité des élèves, qui n'est pas composée que de feignasses abruties, est favorable au maintien des notes. À vrai dire, les enfants sont férus de classements en tous genres - ils ont la compétition intrinsèque, la comparaison naturelle, et l'évaluation autrement tranchante que leurs enseignants [Dans leur besoin de repères, ils font au fond confiance aux professionnels, si cinglant soit le verdict]. Demandez à une classe de se noter, l'échelle sera terriblement basse. Le seul souci des élèves, lorsqu'on rend des copies, c'est de savoir combien a eu leur copain, histoire de se situer [comme le font d'ailleurs les parents en quête de contre-examen: c'est un souci légitime, que les gosses poussent parfois jusqu'à la caricature.
De surcroît, ils savent bien que si l'on supprime le code chiffré, un autre code se mettra en place. Christian Combaz, dans le Figaro du 24 juin, note avec raison que "le ministre entend supprimer les notes au moment où les caïds commencent pratiquement à les attribuer dans leur groupe. En tout cas, il y a longtemps qu'ils attribuent les corvées à la place des professeurs. On observe en effet un véritable transfert de souveraineté dans cette affaire : les écoliers et lycéens ont substitué, au système d'approbation officiel, que la notation représentait très bien, celui de la réputation qui revient à l'instinct tribal, et au statut de l'individu dans le groupe mafieux." Continuons ainsi : on substituera à un système pédagogique la loi de la rue [l'unique évaluation restera à la tribu et au gang]. C'est sans doute un progrès [que les media qualifieront d' "avancée"].

Au passage, Benoît Hamon se fait étriller par la Pravda du régime - Le Monde, pour ne pas le nommer. Maryline Baumard y épingle avec pugnacité l'initiative du ministre, tout occupé, selon elle, à démanteler l'oeuvre (?) de son prédécesseur. Un jour les notes, et demain, les ABCD de l'égalité, auxquels elle tient particulièrement. Autant d'aliments pour les réactionnaires et autres "blouses grises" dont je suis probablement. La suppression des notes ferait-elle partie de ce plan, si souvent commenté ici même, qui vise à renforcer les conservatismes jusqu'à la caricature afin de provoquer, à l'horizon 2017, un affrontement gauche/extrême droite ? Qui me souffle que la gauche arrivera troisième, en 2017 ?


Interdiction stalinienne des "mauvaises notes"

Dans la grande gabegie occidentale,
l'idée de Benoît Hamon ne lui est même pas personnelle. Le Québec vient d'interdire les mauvaises notes, ce que le sociologue Mathieu Bock-Côté analyse avec justesse : "Comment ne pas y voir une tricherie monumentale, une dissimulation massive et un travestissement honteux de la réalité ? Comment ne pas y voir un autre indice du décalage entre des institutions publiques entretenant la fiction de leur réussite et une réalité qui leur échappe et qui finit par percer de partout ? Plusieurs ont le sentiment que l'État contemporain travaille souvent à occulter une part importante du réel, comme s'il devait entretenir la fiction d'une société qui progresse, sans quoi il serait obligé de se questionner sur les fondements idéologiques des grandes transformations qu'il pilote depuis près d'un demi-siècle. Les statistiques publiques révèlent autant qu'elles dissimulent la société qu'elles prétendent mettre en scène. Mais le réel filtre ici et là, même si ceux qui le nomment risquent les pires épithètes."

Qui ne comprend en effet que les promoteurs de ce nouvel ordre pédagogique font le lit d'un ordre nouveau qui ne fera pas dans la demi-mesure ? Cette question de l'évaluation, qui pourrait paraître anecdotique (les ministres passent, les profs demeurent - et la force d'inertie des enseignants face aux consignes officielles est considérable), est révélatrice d'un mode global de fonctionnement : lorsque la réalité vous déplaît ou vous dépasse, cassez le thermomètre ou tuez le messager. Mais cela ne change rien à la réalité. Si la transmission des savoirs connaît aujourd'hui une si grave crise, c'est que notre société tout entière ne croit plus à ces savoirs - comme elle ne croit plus en elle-même. La proposition de Benoît Hamon, quand on y pense, est l'un des multiples révélateurs de la perte de confiance en soi, manifestation d'une société en bout de course.

Petite cause, grands effets. L'orthographe n'est pas un combat d'arrière-garde, c'est le noeud même :
lâcher du lest, c'est abandonner le navire. Transmettre les règles d'accord du nom et de l'adjectif, c'est transmettre un système de valeurs ; y renoncer, c'est manifester notre rejet de ces valeurs. La France entière fout le camp, et l'on ne refondera pas l'école sans refonder la cité. Le PS au pouvoir, après l'incurie de la droite (ça y est, vous avez compris que les notions de droite et de gauche étaient inopérantes ?), accentue le délitement tout entier d'une civilisation. Soit nous réagissons - et la réaction sera nécessairement brutale, parce que nous sommes au fond et que seul un grand coup de talon nous ramènera à la surface -, soit nous basculons dans les poubelles de l'Histoire.

jeudi 26 juin 2014

Éducation : Hamon dénonce une évaluation qui découragerait les élèves

Comment dissimuler le niveau réél aux élèves et leurs parents

Benoît Hamon lance une conférence afin de revoir les systèmes de notation et d'évaluation des élèves
Hamon est à l'écoute...
Le ministre bac +3 de l'Education nationale, Benoît Hamon, lance mardi une "conférence nationale sur l'évaluation des élèves", espérant parvenir d'ici à décembre à un "consensus" sur une notation plus "bienveillante". "Aujourd'hui, notre système d'évaluation souligne les lacunes et les échecs des élèves, ce qui peut être très décourageant pour certains", déclare Benoît Hamon dans un entretien paru ce mardi dans Le Parisien/Aujourd'hui. 

Les parents n'ont pas à savoir

Le ministre ne les "calcule" pas. Selon lui, "l'évaluation doit permettre aux enseignants et aux enfants de mesurer les progrès accomplis et ceux qui restent à accomplir. Il faut qu'elle soit plus exigeante, qu'elle en dise plus ; qu'elle soit bienveillante et qu'elle stimule au lieu de décourager".

Les jeunes Français seraient inhibés par la peur de l'erreur 
L'enquête Pisa de l'OCDE montre que "les jeunes Français sont ceux qui redoutent le plus l'erreur" et qui s'abstiennent le plus de répondre "par peur de faire une faute", souligne-t-il, bien qu'il soit particulièrement difficile d'évaluer le bien-fondé d'une telle assertion. Nos petits enfants-rois seraient donc plus craintifs qu'ils n'en ont l'air?



Le ministre est capable de distinguer "syntaxe" et "grammaire"...  "En dictée par exemple, un élève qui progresse en syntaxe mais continue à faire trop de fautes en grammaire peut être toujours noté zéro. Comment peut-il savoir qu'il a progressé ?", lance-t-il, à partir d'un exemple particulièrement malheureux qui montre à quel point il domine son sujet. Peut-être l'incompétent voulait-il valoriser la syntaxe contre l'orthographe (grammaticale, dans le meilleur des cas), science des ânes.



L'élève doit savoir qu'il a progressé, mais ignorer qu'il a baissé

La note ne serait pas utilisée "à bon escient"
"La note doit être utilisée à bon escient. Elle est utile, mais quand elle paralyse, on doit lui substituer d'autres formes d'évaluation", prône-t-il. "On doit pouvoir apprendre et évaluer différemment comme avec les travaux personnels encadrés (TPE) par exemple, qui permettent de juger l'aptitude de l'élève à travailler de manière collective". Les TPE, il faut le savoir, sont réalisés à la maison, avec toutes les aides humaines et matérielles possibles -donc inégalitaires- et font l'objet d'une épreuve anticipée du baccalauréat, de type contrôle continu, validée par un groupe de professeurs de l'établissement du candidat, avec en effet toute la "bienveillance" qu'imposent les taux de réussite et la rivalité entre lycées d'une même région...



La conférence nationale sur l'évaluation des élèves associera de juillet à décembre la communauté éducative et la société civile, sous l'égide d'un comité d'organisation présidé par le recteur de l'Académie de Rennes Michel Queré.
Ses travaux se concluront avec "une semaine de l'évaluation" du 8 au 12 décembre. Benoît Hamon recevra ensuite les conclusions d'un jury composé de professionnels et d'usagers du système éducatif, présidé par le physicien Etienne Klein. Leurs recommandations devront s'appuyer sur "les résultats de la recherche, les connaissances scientifiques, les pratiques de terrain nationales et internationales".

La vérité ne doit pas être sanctionnée

Le principe de faire évoluer l'évaluation des élèves pour éviter une "notation-sanction" figure dans la loi de Refondation de l'école défendue par l'ancien ministre Vincent Peillon. 

Avec l'évaluation, Benoît Hamon ouvre son premier chantier depuis son arrivée rue de Grenelle. Si le ministre espère parvenir à un consensus, le sujet peut se révéler délicat à traiter, entre des habitudes qui poussent à l'inertie et la crainte qu'une notation renouvelée n'aboutisse à une baisse des exigences et du niveau des élèves.

Le ministre s'expose à une "notation-sanction" du SNUipp
Ce syndicat hégémonique du primaire s'est montré jusqu'ici hostile à toute évaluation nationale des élèves. Probablement inhibés par la peur d'un jugement tombé du ministère, le syndicat des enseignants de gauche au primaire.   

Liens PaSiDupes:

- 19 janvier 2009: Des enseignants syndicalistes perturbent l'évaluation des élèves de CM2

- 30 janvier 2011Des fonctionnaires organisent le sabotage des évaluations de CM2 - Des fuites sur Internet bloquent les évaluations de CM2

vendredi 30 mai 2014

Education: la méthode Hamon inquiète les démocrates

Le ministre de l'Education adopte-il des procédés totalitaires? 

Hamon a la rigidité et l'autoritarisme des êtres faibles et limités


Un air de Kremlin
Le jour où un rapport annonce une nouvelle baisse du niveau à l'école, le ministre s'occupe du mobilier scolaire. Est-il déphasé ou d'un autre temps, celui des blouses grises? Un rapport de la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (oui, de la performance !) du ministère de l'Éducation nationale annonce une baisse sensible des acquis en début de CE2 entre 1999 et 2013. Il sort ainsi du déni et annonce non seulement que le vocabulaire, l'orthographe et la plupart des problèmes mathématiques sont moins bien maîtrisés que par le passé, mais que le nombre d'élèves en situation de faiblesse s'est accru de 25 % et que fait le ministre de l'Éducation nationale à bac +3 ? Benoît Hamon prend la parole au colloque "Refondation de l'école : une question pour le design" organisé par ses services. Ce télescopage des priorités entre le niveau des acquis et la forme des tables et des chaises ressemble à un mauvais gag hollandien.

Conclure que Hamon se cantonne aux sujets qui ne fâchent pas serait mésestimer sa capacité à tromper son monde. Au moment même où les signaux d'alarme se multiplient, certes il a assoupli la réforme des rythmes scolaires, le 8 mai, pour ne contrarier, et finalement ne satisfaire, personne et il a reporté d'une journée -sous la contrainte- la rentrée scolaire, pour câliner la FSU, le syndicat dominant d'enseignants de gauche qui refusaient de travailler un jour en août. Mais ce qui n'est pas médiatisé révèle sa duplicité toute soviétique.


La méthode coercitive prévaut sur le dialogue annoncé

Dès son arrivée à Matignon,
Manuel Valls annonce une remise à plat de la réforme dans son discours de politique générale et Benoît Hamon s'empresse alors de communiquer sur sa capacité "d'écoute", son "habileté" à résoudre ce dossier sur lequel son prédécesseur est allé s'empaler.
Le décret du 8 mai a en fait ouvert une brèche dans laquelle certains élus UMP se sont immédiatement engouffrés pour réclamer un report, voire un abandon de la réforme. Le 2 mai, une trentaine de maires du Rhône ont ainsi déposé auprès des services du Premier ministre un recours en illégalité contre la réforme des rythmes. Quatre recours en illégalité sont toujours examinés par le Conseil d'Etat. 

Mais les procédés du ministres ne sont pas aussi consensuels qu'ils paraissent, mais totalitaires.
Ainsi, le préfet des Hauts-de-Seine attaque-t-il deux communes pour leur refus d'appliquer la réforme des rythmes scolaires. Du jamais vu à l'Ouest de l'Oural.  Pour ce dossier serpent de mer pendant près de deux ans, Hamon a décidé de passer en force, en pesant, dans la pénombre, sur les leviers discrets de la préfectorale.
La publication d'un nouveau décret autorisant l'enseignement sur huit demi-journées au lieu de neuf et la reconduction du fond de péréquation sont donc les limites à ne pas dépasser. Or, certains maires, dans le Rhône et en région parisienne, résistent encore et se disent décidés à ne pas appliquer la réforme. Ni on dialogue, ni on transige, on frappe.

En région parisienne, le préfet des Hauts-de-Seine a déposé lundi deux référés devant le tribunal administratif contre les communes d'Asnières et de Levallois-Perret. Dans ces deux communes de droite, les délibérations des conseils municipaux dénoncent la réforme. Alors Hamon a chargé son directeur de cabinet, Bertrand Gaume, d'inciter les préfets à déclarer illégale toute délibération d'un conseil municipal refusant d'appliquer la réforme qu'ils devaient financer. Les communes ont jusqu'au 6 juin pour remettre leur projet aux Directeurs académique des services de l'Education nationale (Dasen).
Retour au stalinisme
Interrogé par La Gazette des communes (groupe Moniteur) sur la résistance des maires, Benoît Hamon a jugé qu'"un maire ne peut pas plus faire obstacle à ce qui ne relève pas de sa compétence, de ses prérogatives et de son pouvoir (le temps scolaire) qu'un ministre ne peut obliger les communes à organiser le temps périscolaire".

Un sondage sur mesures affiche un retournement suspect de l'opinion

La méthode Hamon n'est pas frontale mais insidieuse et l
e ministère sort la cavalerie légère. Le ministère de l'Education nationale a aussi sec commandé un sondage et l'entreprise CSA assure tout-à-coup ce vendredi que 69% des Français seraient favorables à la réforme. Les sondés sélectionnés par CSA estiment que la concentration des enseignements le matin est devenue bénéfique pour l'apprentissage. 83% des Français restent toutefois persuadés que la réforme posera des problèmes d'organisation dans certaines familles, mais la presse aux ordres se chargera d'accuser les municipalités. Il y a seulement six mois, un précédent sondage CSA indiquait à la mi-novembre 2013, que 65% des parents d'enfants scolarisés en primaire souhaitaient un abandon de la réforme. Ainsi suffisait-il d'y mettre le prix. 

Ces enquêtes ne jurent d'ailleurs pas que les mesures prises par Benoît Hamon ont aidé à faire accepter la réforme par une plus large partie de l'opinion. Elles font aussi l'impasse sur la proportion d'enseignants opposés à cette nouvelle organisation du temps scolaire. Les sondages servent clairement à travailler les esprits et ne laissant entrevoir qu'une partie de l'iceberg. La comparaison de ces deux enquêtes visent à montrer qu'en matière d'acceptation d'une réforme le temps et l'argent travaillent plus efficacement  que le dialogue et la concertation politiques.

Le gouvernement s'est pris au piège d'une communication à double fond
Il a commis l'erreur de penser qu'il pouvait lâcher du leste sur les modalités d'application de la réforme et tenir un discours volontariste sur l'absence de "recul" sur ce dossier. Les élus l'ont bien compris, mais Hamon est prêt à tout: pour lui, tous les moyens sont bons.