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vendredi 17 juin 2016

"Ce n'est pas à l'école de s'adapter aux minorités," souligne Brighelli

Les idéologues de gauche encouragent l'abandon de la laïcité et le triomphe du communautarisme

Marianne sera-t-elle, 
demain, lapidée? 
Dans son dernier livre #Je suis Marianne (Grasset), Lydia Guirous n'a pas davantage sa langue dans sa poche que dans 'Allah est grand, la République aussi' (Jean-Claude Lattès, 2014). Née en Algérie, féministe française engagée, ancienne militante au Parti radical, membre de l'UDI et ex-porte-parole des Républicains, remerciée pour son absence de langue de bois, l'auteure s'exprime sur l'école et plus particulièrement les musulmans français.

"11 janvier 2015, 4 millions de Français défilèrent pour Charlie.13 novembre 2015, l’islam radical tue plus de 130 personnes et fait plusieurs centaines de blessés : des vies volées, des destins brisés. Leur crime : être libres.
Renoncements, lâchetés et déni, la République a été frappée en plein cœur.
Que s’est-il donc passé, dans ce pays, pour que les coupables de janvier aient été perçus comme des victimes ? Pour que les défenseurs de la République soient montrés du doigt et sommés de se taire ? Pour que la laïcité soit abandonnée et le communautarisme triomphant ? Pour que le combat féministe oublie ses propres exigences ? Pour que l’école soit livrée à ceux qui la détruisent ? Pour que l’autorité et l’ordre, enfin, soient regardés comme des valeurs d’hier – et, à ce titre, démodées et méprisables ?
On dirait que Marianne, désormais, dérange tout le monde." ()
Quand elle revint au Roubaix de son enfance, après dix années à Bordeaux, Lydia Guirous dit ne plus reconnaître la ville : "le communautarisme avait tout envahi. C'était une sorte de bled importé dans le nord de la France… le supermarché est devenu un Halal Market... ou une femme en hidjab vous dit bonjour et vous interroge en arabe". "Il y a même des burqas, alors que c’est interdit".
Elle a épousé un catholique à l'église Saint-Augustin de Paris, ce qui, explique-t-elle, correspond "à
l'esprit d'ouverture qu'incarne ce saint d'origine berbère... Augustin était le trait d'union entre nos deux cultures et nos deux confessions".
Jean-Paul Brighelli rebondit sur les déclarations de Lydia Guirous et livre ses propos.

Jean-Paul Brighelli : Vous insistez à plusieurs reprises dans votre livre sur l'abyssal mépris de certains pédagogues – ceux qui dirigent la Rue de Grenelle depuis trente ans – pour le peuple. Pouvez-vous en donner des exemples ? Qu'en a-t-il été pour vous, née en Kabylie, petite fille d'une famille nombreuse déracinée dans le nord de la France par la montée des périls en Algérie, et parlant un français qui n'était pas forcément celui de vos petits camarades ?

Lydia Guirous : La gauche bien-pensante aime se donner bonne conscience en faisant semblant de s'intéresser aux enfants de condition modeste, et particulièrement aux enfants issus de l'immigration. Ils font leur BA, en bons scouts de la pensée unique, mais attention : il ne faut pas croire qu'ils souhaitent que tous les enfants modestes se mélangent avec les autres et que l'école républicaine tire tout le monde vers le haut, riches comme pauvres. Non, ce qu'ils veulent, eux, c'est garder les gens enfermés dans leurs cases : le pauvre, l'ouvrier, l'immigré… Eh oui, si tout le monde se mélangeait, on ne pourrait pas les entendre geindre sur les plateaux télé alors que leurs enfants sont tranquillement enfermés dans les bonnes écoles parisiennes. Alors ils ont trouvé la solution pour concilier leur volonté de se faire du bien et de leurrer le peuple : ils ont nivelé le niveau scolaire vers le bas dans les zones d'éducation difficile. De cette manière, ils ont l'illusion d'avoir œuvré pour le bien commun, alors que, finalement, ils ont créé des bataillons d'élèves de faible niveau qui seront très rapidement largués dans l'enseignement secondaire et supérieur et qui finiront chômeurs, car malheureusement le marché du travail, lui, augmente en permanence ses exigences. C'est cela, le mépris : faire croire au peuple qu'on l'aide, alors que l'on construit une barrière autour de lui et qu'on lui lance avec beaucoup de mépris quelques cacahuètes pour calmer sa colère. A titre personnel, à Roubaix, il a fallu que je me batte et que je travaille seule pour apprendre les grands auteurs, car de nombreux enseignants pensaient que l'étude du rap, du graph et des tags nous parlait plus… Mais ce n'est pas avec cette "culture urbaine" qu'on réussit ses copies de culture générale lors des concours de grandes écoles…

"C'est justement pour préserver ce qui est neuf et révolutionnaire dans chaque enfant que l'éducation doit être conservatrice." Un propos auquel j'adhère entièrement. Comment expliquez-vous que son évidence ne saute pas aux yeux de nos modernes pédagogues, qui se veulent (ou se croient) "de gauche"?

Tout simplement parce que ces idéologues vieillissants sont les produits du ravage culturel de Mai 68 : "il est interdit d'interdire", "Sous les pavés la plage ", "CRS, SS"… vous vous souvenez ? Eh bien, ce sont ces dinosaures, ces apparatchiks gauchistes, qui ont pris le pouvoir et lénifié la pensée et le sens critique pendant plus de quarante ans. Ils ont menti au peuple et à ses enfants en développant des théories absurdes sur l'autonomie des élèves et en n'ayant de cesse de niveler l'école vers le bas. Najat Vallaud-Belkacem est leur digne héritière ! Le pire dans tout cela, c'est que les pédagogues de gauche savent très bien qu'ils ont tort et que leur idéologie est dangereuse. Leur pensée, c'est un dol culturel et idéologique qui n'a pour seule ambition que de garder leur zone de pouvoir, leurs enseignements à la fac et leurs contrats d'édition… Dans le fond, ils savent très bien que ce qu'ils prônent ne marche pas, sinon ils n'y aurait pas autant d'enfants de profs à Sciences Po, à l'ENA et dans les grandes écoles… L'élitisme, ils connaissent – pour leurs enfants !

"La discrimination positive à l'école n'est rien d'autre qu'un néo-colonialisme déguisé" – bien sûr ! Mais alors, comment faire lorsque certaines populations sont de toute évidence en décalage culturel ? Leur proposer de travailler deux fois plus que les autres ?

Oui, c'est une évidence. Cela n'a rien de stigmatisant: quand on est moins bon, il faut travailler plus. Cela est vrai pour l'école, le sport, la musique, partout ! C'est comme ça. Quant au décalage culturel dont vous parlez, il y a deux points. Concernant les nouveaux entrants, il faut stopper l'immigration massive et passer à une immigration choisie, avec des populations en accord avec nos besoins économiques et nos valeurs culturelles et politiques. 
Concernant les immigrés qui sont déjà sur notre territoire, il faut imposer des cours de langue française, d'instruction civique et d'histoire et sanctionner ces derniers par un examen. La réussite à cet examen devrait, selon moi, conditionner l'obtention de la nationalité française et d'un certain nombre d'aides sociales. Cela permettrait une meilleure assimilation et nous retrouverions plus de cohésion nationale.

Vous retrouvez les formules de Jean Zay, homme de gauche qui préconisait, comme vous, "une école hermétique aux pressions de tout ce qui se présente avec le masque de la sacro-sainte modernité". Il n'y a donc pas d'école de droite ou d'école de gauche ?

Non, il n'y a qu'une seule école, l'école de la République, celle dans laquelle votre mérite et votre travail construisent votre avenir, celle dans laquelle vous devenez des citoyens, celle dans laquelle vous devenez des hommes. Malheureusement, ce gouvernement a choisi l'école du nivellement par le bas. Ils mettent l'école au niveau des plus mauvais élèves et y font entrer "tout ce qui se présente sous le masque de la modernité" en supprimant les notes, le redoublement, les classements… Ils remplacent les livres par des tablettes, l'apprentissage de l'écriture par des 'clics', les exposés se font par copier-coller sur Wikipédia [cf. TPE, travaux personnels encadrés, épreuve du baccalauréat passée en batterie de 3] sans un effort réel de compréhension… 

Et la laïcité est bafouée en laissant des femmes voilées accompagner les enfants lors des sorties scolaires. Cette école-là est une école à deux vitesses, qui s'apparente plus à une garderie qu'à un sanctuaire du savoir. Je souhaite une école de l'instruction, de la rigueur et de la discipline. C'est la seule manière de permettre à tous les élèves – quelle que soit leur condition – de réussir, de construire une génération de citoyens à l'esprit critique et éclairé; c'est la seule façon de rendre possible la méritocratie républicaine.

"La réforme du collège détruit l'ambition d'excellence pour tous et installe la médiocrité pour tous." Comment expliquez-vous que Najat Vallaud-Belkacem, née dans le Maghreb comme vous, petite fille d'une famille nombreuse comme vous, avec des parents ouvriers, n'ait pas pensé à revivifier l'école primaire et le collège qui lui ont permis de devenir ce qu'elle est – et même qu'au contraire elle ait à cœur de détruire ce qu'il en reste en mettant en place, comme vous le dites fort bien, "une école à deux vitesses, celle de l'instruction face à celle de la garderie" ? Par idéologie, par obéissance aux règles fixées par l'Europe – ou quoi ?

Le problème, c'est que bien des gens oublient de regarder derrière eux et de dire merci. C'est ce qui doit se passer pour Najat Vallaud-Belkacem, qui a oublié que c'est l'école de la République qui a fait d'elle ce qu'elle est aujourd'hui. Elle n'aime pas l'excellence ? Alors pourquoi est-elle allée sur les bancs de Sciences Po ? Elle aime la mixité sociale et ne supporte pas les élites… Et pourtant, son mari est énarque et secrétaire général adjoint de l'Élysée. Tout cela est factice, le positionnement idéologique de NVB comme de toute la gauche repose sur un mensonge, mais, rassurez-vous, leurs enfants, eux, sont dans les filières d'excellence ! Finalement, avec la gauche, c'est "faites ce que je dis, mais pas ce que je fais". Quel manque de considération pour les Français ! Quel cynisme, quel mépris !

"Une famille dont les enfants ont un fort taux d'absentéisme et causent des troubles au sein de l'école doit voir ses allocations diminuées ou complètement supprimées" – fort bien. Ne pourrait-on pas également repenser le système des bourses en les attribuant plus systématiquement au mérite, au lieu de les indexer systématiquement sur l'état des ressources ?

C'est à voir !
C'est une évidence, c'est le mérite qui doit primer. Il est vrai que, chaque année, certains bénéficient de bourses dans le supérieur sans suivre les cours ensuite. Avoir une bourse, alors que l'on ne veut pas travailler réellement, est une insulte pour tous les étudiants qui, sans bourse, vivent souvent dans 6 ou 7 mètres carrés avec des douches et des toilettes communes sur le palier.

"La religion se vit pour soi, chez soi, et ne doit pas se porter comme un étendard en place publique." Vous exprimez votre désir de voir étendue aux universités la loi de 2004. Mais êtes-vous favorable à une interdiction totale du voile dans les rues ? Et que pensez-vous de la décision de Mme Vallaud-Belkacem d'autoriser des mères voilées à encadrer des sorties scolaires ?

Je souhaite que le voile soit interdit à l'université, mais également dans les entreprises. Il est un instrument de prosélytisme religieux employé par les salafistes et les Frères musulmans pour construire une société où la religion s'impose dans l'espace public et défie la République. L'idée, c'est de dire 'nous sommes musulmanes avant d'être françaises': cela est incompatible avec le sens même de la République. Les femmes voilées sont les idiotes utiles du salafisme; elles ne se rendent même pas compte de leur degré de soumission aux hommes et à leur "communauté". Celles qui portent le jilbeb [de la tête au pied] ou le niqab sont les instruments de propagande d'une idéologie mortifère surtout chez les jeunes. Si c'est leur choix, elles doivent être cohérentes et aller vivre dans un pays où cela ne dérange personne et ne heurte pas les valeurs et le mode de vie. Il y a plein de beaux pays musulmans où leur pratique rigoriste et leur mode vestimentaire ne dérangeront pas… Mais pas en France.

Quant à la décision de NVB d'autoriser le voile aux mères accompagnatrices en revenant sur la circulaire Chatel, je la condamne fermement depuis plusieurs années. C'est une honte, un renoncement, une lâcheté, un recul grave qui consiste à laisser s'installer l'idée que le fait religieux a toute sa place à l'école publique de la République française. Je ne peux pas l'accepter. Et puis, c'est aussi une façon d'habituer les enfants à voir des voiles sur la tête des femmes et des signes ostentatoires à l'école… Ensuite, comment pourront-ils comprendre la loi de 2004 ? C'est une façon sournoise d'attaquer encore une fois la laïcité à l'école. Par ailleurs, cela installe l'idée que c'est l'école qui doit s'adapter aux minorités. Je combats cette idée. L'école est une institution pilier de notre République, il faut la renforcer. Ce n'est pas à elle de s'adapter aux élèves, aux parents, aux revendications religieuses, aux minorités.

Comme vous le notez, ce n'est plus seulement la viande de porc qui est rejetée par les petits musulmans à l'école, mais toute viande, à partir du moment où elle n'est pas halal – si bien que des centaines de kilos de viande sont jetés à la poubelle chaque jour. J'ai vu moi-même des élèves refuser des légumes qui étaient susceptibles d'avoir touché une viande non halal. Que proposer alors aux enfants dans les cantines ?

Vous savez, c'est un faux problème, le porc est servi moins d'une fois par semaine dans les cantines et, à chaque fois, on peut prendre en parallèle des légumes et des féculents, ainsi que des entrées, des desserts ou du fromage avec du pain. Je pense que le fait de ne pas manger de viande à un repas n'est pas un drame. D'ailleurs, aujourd'hui, ils ne mangent même pas le poulet, le bœuf, l'agneau, car ils ne sont pas "halal"… A mon sens, c'est un signe de radicalisation des esprits, c'est la pression des parents qui amène à ces comportements. Beaucoup de personnes d'origine maghrébine m'ont rapporté les pressions subies par leurs enfants. Des pressions venant d'autres camarades et même du personnel des cantines scolaires pour exiger qu'ils choisissent le menu de substitution. Cela s'appelle la pression communautaire, et elle se fait aujourd'hui au sein de l'école.

Pour moi, les menus de substitution à l'école, c'est comme le voile : c'est encore de la mauvaise foi pour remettre du religieux à l'école publique et faire céder la République en se victimisant et en jouant sur la culpabilité. Ces gens doivent savoir que l'école publique et laïque ne cédera pas à leur chantage, comme elle n'a pas cédé lorsque des filles voilées hurlaient qu'on les privait de l'accès au savoir en leur interdisant le voile en 2004. Finalement, elles ont retiré le voile dans le secondaire et sont allées à l'école quand même. Force doit rester à la loi. Ne nous laissons pas berner.

Agrégé de lettres venu de l'extrême gauche,
Jean-Paul Brighelli a été révélé au grand public en 2005, lors de la parution de La Fabrique du crétin, premier opus d'une série de quatre ouvrages fustigeant le déclin du système scolaire français au cours des dernières décennies.

mardi 19 août 2014

Cachan: Hollande ferme l'internat d'excellence pour les plus défavorisés

Benoît Hamon n'a plus de place pour les jeunes méritants

Les parents de ces élèves prometteurs ont été prévenues au dernier moment, l
e 29 mai dernier
Leurs enfants ne feront pas leur rentrée à l’internat d’excellence de Cachan. Ils s'y préparaient depuis des mois, mais le pouvoir socialiste ferme l'internat d'excellence de Cachan. Bien qu'étiquetés "défavorisés", des élèves méritants sont sanctionnés pour des raisons idéologique.

Le mérite, ça n'existe pas. 
Les meilleurs n'ont plus droit qu'au tronc commun: la "fosse" commune pour tous ! 

Nicolas Sarkozy les avait créés en 2008

Au nombre de 44, ils recevaient depuis des élèves défavorisés mais qui avaient donné des preuves de motivation. Au printemps, sans annonce du ministère, les parents d’élèves de l’internat apprennent que l’établissement  de Cachan supprime la moitié de ses classes dès septembre avant de fermer ses portes en 2015.

Camillia, adolescente de 13 ans, avait pourtant été présélectionnée pour entrer à Cachan. Elle a même visité l’internat. Mais fin mai, Shéhérazade, sa maman, reçoit une lettre de l’Académie de Créteil expliquant que la candidature de sa fille a finalement reçu "un avis défavorable"

Après enquête, Shéhérazade découvre qu'à la vérité, il n'y aura pas de classe de 4e à la rentrée dans l'établissement. Elle remue alors ciel et terre pour trouver une solution. Sa fille, très motivée, souffre de son environnement scolaire où il y a, dit-elle "beaucoup de mauvais élèves. Dans certaines matières, on ne finit jamais le programme."

Shéhérazade n'a obtenu aucune explication de l'éducation nationale. 

Prévenue fin mai,
elle n'a "pas pu se retourner. Les inscriptions dans le privé étaient closes." 
Shéhérazade élève Camillia seule avec un SMIC et doit  désormais mettre de l’argent de côté pour lui payer des cours particuliers: un dopage nécessaire, si on peut dominer le lot commun et qu'on veut préserver à la fois son potentiel et ses chances d'un avenir meilleur. 

Cachan ferme mais les autres internats d'excellence se savent sous la menace du ministre de l'aile gauche du PS. 
En février dernier, la Cour des Comptes considérait que leur coût était trop élevé et leur objectif pédagogique mal défini... 
On ne nivelle jamais assez.

dimanche 27 juillet 2014

Fioraso s'en prend aux bons élèves les plus méritants

Révolte des bons élèves contre la suppression des bourses au mérite 

Geneviève Fioraso a choisi la torpeur estivale pour passer à l'acte


En juillet 2013, la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche a prévenu que la bourse au mérite sera supprimée à la rentrée 2014 dans le cadre d'une refonte du système d'aides aux étudiants. Mise en place en 2009 par Valérie Pécresse pour récompenser les bacheliers ayant décroché la mention "très bien", cette allocation de complément coûtait de plus en plus cher, au rythme des mentions bradées chaque année.  Elle était réservée aux étudiants bénéficiant déjà d'une bourse sur critères sociaux et s'élevait à 1 800 euros par an - étalés en neuf mensualités.

Si les étudiants qui bénéficiaient déjà de la bourse pourront continuer à la toucher pendant la durée prévue, "il n'y aura plus de nouveaux entrants", confirme le cabinet de Geneviève Fioraso, désormais secrétaire d'État (photo ci-dessus). 

Une vague d'indignation s'est développée parmi les lauréats 2014 

"Touche pas à ma bourse, je la mérite" (lien)
"La position est claire, on n'a pas pris les gens par surprise !" se défend le cabinet, accusé d'avoir agi en catimini par les bacheliers qui y prétendent. "La réforme était déjà actée l'année dernière et les mesures portant sur la rentrée scolaire 2014 ont été annoncées par Geneviève Fioraso et Benoît Hamon (ci-contre), le 30 juin." Mais tout le monde n'est pas aussi bien doté en récepteurs de son...

Jusqu'à l'officialisation, les jeunes lauréats ne pouvaient pas  réellement imaginer une telle régression budgétaire venant de la "gauche sociale" alors que le candidat Hollande clamait que la jeunesse serait sa "priorité des priorités"... "Bien au-delà de la simple gratitude de réussir avec brio le baccalauréat, la bourse au mérite représentait la possibilité pour la majorité de pouvoir continuer à s'investir pleinement dans les études supérieures sans avoir à se soucier de trouver un travail à mi-temps, un job d'été et autre revenu compensatoire indispensable face aux prix des appartements et au coût de la vie", peut-on lire sur une pétition adressée à Benoît Hamon intitulée "Touche pas à ma bourse, je la mérite". Et le réquisitoire d'enfoncer le clou : "Logement, déplacement, frais scolaires... Les projets des étudiants se retrouvent amputés d'une aide précieuse qui, avec sa suppression, laissera certainement un goût d'amertume aux bacheliers et étudiants dont les espoirs d'être récompensés de leurs efforts semblent s'envoler."

"Ce n'est pas assez pour subvenir à mes besoins"

Ce parchemin est-il devenu un torchon?
Antoine et Vincent, 17 ans, mention TB en S, sont "dégoûtés". Le premier vient d'obtenir son sésame avec 19,34 de moyenne générale. À la rentrée, il déménage dans une résidence privée à Lille où il fera une classe préparatoire aux écoles de commerce. Certes, il est boursier à taux zéro, mais manque de chance pour lui : il est trop "riche" pour bénéficier de l'échelon zéro bis, nouvellement créé dans l'usine à gaz de Fioraso: un choc de simplification qui terrasse cet élève modèle
Ce super échelon zéro permet à ses bénéficiaires de toucher 1.000 euros par an. "Je n'aurai aucune aide, s'indigne le jeune homme", avec le sentiment d'une sanction pour cause d'excellence. "200 euros supplémentaires par mois, ça aurait aidé pour payer le loyer ! Si la suppression est maintenue, il faudra envisager de jongler entre les études très prenantes et un boulot à côté, voire un crédit...", déplore-t-il. 

Son camarade de classe a obtenu 17,81/20. Fils d'un responsable d'éducation dans un collège privé et d'une mère artisan-coiffeur, Vincent touche près de 165 euros par mois grâce à sa bourse échelon 1. "C'est déjà bien, mais ce n'est pas assez pour subvenir à mes besoins", calcule-t-il. "Je suis en colère, je ne comprends pas... On nous dit que l'avenir de la France, c'est la jeunesse, on nous dit de faire des études, mais au final on n'aide pas ceux qui ont de l'ambition !" Ces jeunes gens bien sous tous rapports ont en commun le défaut de ne pas être du genre qui convient à N. Vallaud-Belkacem et Fioraso...

" #RendezNousNosBourses " (lien Twitter)

Le cabinet de la secrétaire d'État lâche un rideau de fumée masquant la sortie administrative des meilleurs 
La suppression de la bourse au mérite est à mettre en perspective avec la hausse du budget alloué aux aides sociales. "L'effort budgétaire en faveur des bourses étudiantes est de 458 millions d'euros sur la seule période 2013-2015 !" Depuis la réforme, 132.500 nouveaux boursiers bénéficient d'une bourse annuelle de 1.000 euros grâce à la mise en place d'un échelon dit "0 bis". L'ensemble des bourses a été revalorisé et un nouvel "échelon 7", permettant la revalorisation de 15 % (soit + 800 euros par an) des bourses des 30 000 étudiants issus de familles aux revenus les plus faibles, a été créé. "Cette réforme sociale ambitieuse s'inscrit dans un objectif politique de démocratisation de l'accès aux études supérieures. Elle confirme la priorité du gouvernement en faveur de la jeunesse", est-il écrit en conclusion. 
Dialogue de sourds, puisque l'individu ne parle pas des plaignants. 

"Indigné" et "trahi", Antoine a créé le hashtag #RendezNousNosBourses sur Twitter. Aidé par Vincent et quelques amis, le message s'est rapidement diffusé sur le réseau social. "On était contents de voir que de plus en plus de monde se mobilisait, alors j'ai pris l'initiative de le tweeter directement au compte du ministère de l'Éducation et de l'Élysée", confie Vincent, plein d'espoir. "Mais comme vous vous en doutez, aucune réponse ni réaction !" 
Un exemple de plus de l'écoute gouvernementale et de la réalité du dialogue à la socialiste.

"Je demande à être jugé sur deux choses : la justice et la jeunesse." (François Hollande) 

Fallait pas le croire la-dessus non plus !

Mais o
n peut toutefois participer à la PETITION

jeudi 31 janvier 2008

Rocard, personnalité socialiste de l'ouverture, démissionne de la commission Pochard

L'ouverture, est-ce pour claquer les portes ?
Sont-ils sincères ou sourcilleux, ceux qui participent à l'ouverture? Membre du PS, il connaît ses méthodes: comment Rocard peut-il se tromper ainsi de cible?

Bizarre, le comportement de Rocard, ancien Premier ministre socialiste. Tout en vantant le bon climat qui a régné à la commission, Rocard a pourtant annoncé, aujourd'hui jeudi, avoir présenté sa démission de la commission Pochard sur la revalorisation du métier d'enseignant, dénonçant "l'exploitation politique mensongère et manipulatrice initiée par Le Figaro, qui est faite du travail de cette commission". Et non pas par le gouvernement, que ce soit clair !
"J'avais accepté bien volontiers d'apporter mon modeste savoir et mon expérience, en tant qu'homme de gauche, à la Commission réunie par Monsieur le Ministre Darcos, présidée par Monsieur Marcel Pochard et chargée d'établir un livre vert sur les conditions d'exercice du métier d'enseignant", a indiqué M. Rocard dans un communiqué.

Dans une interview au Figaro daté de jeudi, M. Rocard avait estimé que le calcul de la rémunération des enseignants pourrait mieux tenir compte de leur "performance" et intégrer les heures consacrées aux multiples tâches en dehors de la classe.
Le journal ayant titré en Une racoleuse et provocatrice: "Rocard propose de payer les profs au mérite", celui-ci avait ensuite précisé que le rapport de la commission "n'évoquait en aucun cas une rémunération au mérite". Affaire de terminologie. Raccourci journalistique? Incompétence? Comment évaluer leurs 'performances', celles des journalistes, comme celle des professeurs? Rocard serait bien avisé de fournir des éclaircissements sur ce point, en toute simplicité, plutôt que de claquer la porte d'une commission qui n'en peut mais. C'est ce qu'il a finalement fait sur i-Télé Ce sont les évolutions de carrières qui seraient soumises à évaluation, et non leurs salaires... Pourtant, de quoi dépendent les salaires, si ce n'est de l'évolution de carrière, échelon, par échelon et à l'ancienneté ou au choix? Bataille de jésuites.

Michel Rocard avait dénoncé une "polémique qui s'ouvre" sur ce sujet, alors que le rapport de la commission doit être remis lundi au ministre de l'Education nationale. Qui cherche à sanctionner Rocard ? Pourquoi tombe-t-il dans le panneau? Ne sait-il pas que la gauche fait une polémique de tout ?
D'autant que l'annonce de la participation de Michel Rocard à cette commission avait déjà déclenché au mois d'août un début de polémique au PS qui avait communiqué abondamment dans la presse. Certains socialistes l'avaient néanmoins accusé de conforter ainsi la politique "d'ouverture" de Nicolas Sarkozy, ce dont il s'était défendu. Le ministère qui avait assuré qu'il en assurerait la "haute autorité", avait dû battre en retraite et l'ancien Premier ministre immédiatement démentir. Au PS rôde Staline…
C'est donc ça, le cabinet fantôme?

De là à penser que l'origine de la fuite sur les meilleures feuilles du livre vert sur les "conditions d'exercice du métier d'enseignant" est socialiste, il n'y a que la Rue de Solférino à traverser.