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samedi 28 janvier 2017

Myriam El Khomri ne "minimise" pas l'ampleur des récents plans sociaux

Les "plans sociaux" sont simplement convertis en "plans de sauvegarde de l'emploi"

La gauche sociale se flatte d'une baisse de 12% des plans sociaux

Les "plans de sauvegarde de l'emploi", c'est comme les plans sociaux d'antan, dans certains cas, mais pas dans d'autres... Et la rhétorique en plus. 

Le nombre de plans de sauvegarde de l'emploi (PSE) en France a baissé de 12% entre 2015 et 2016, a annoncé jeudi la ministre du Travail, Myriam El Khomri, sans vouloir "minimiser l'ampleur" des récents plans sociaux. "Qu'il n'y ait aucun malentendu. Je ne veux absolument pas minimiser l'ampleur" des derniers plans de restructuration, comme celui du groupe Vivarte, "ni minimiser la souffrance de ces salariés", "mais je veux dire ici que le nombre de PSE a diminué de 12% entre 2015 et 2016", a-t-elle admis lors de ses voeux à la presse. Le sujet est sensible pour la ministre du Travail. Il s'agit d'un "chiffre significatif"selon la ministre.

En effet, chez Vivarte, la direction a annoncé, lundi, le lancement de deux PSE, à la Halle aux Chaussures et dans sa filiale Vivarte Services.  
Une partie de la gauche reproche à la loi travail de Valls, qui porte le nom de sa mère-porteuse, de faciliter les plans sociaux. Lors du premier débat public entre les sept candidats, Benoît Hamon, finaliste à la primaire socialiste, avait ainsi expliqué que le plan social de la Voix du Nord n'aurait pas été possible sans la loi El Khomri. Une affirmation rejetée par la ministre responsable. La direction du quotidien régional n'a pas hésité  en effet à invoquer la sauvegarde de la compétitivité pour justifier son plan. Or, ce motif était accepté par la jurisprudence de la Cour de cassation bien avant la loi El Khomri, laquelle n'a donc rien amélioré.
La ministre de Valls maintient que "la loi travail ne facilite pas les licenciements". 
Le texte "explicite seulement, sur la base de la jurisprudence actuelle, dans quelles circonstances précises une entreprise a le droit de procéder à des licenciements économiques". "Elle leur donne un cadre clair et sécurisé sans rien retirer au pouvoir des juges", a-t-elle insisté.

La réforme en matière de plans sociaux date de juin 2013 et de la loi sur la sécurisation de l'emploi. Le texte visait à simplifier les procédures des licenciements économiques de taille importante et s'applique aux entreprises de 50 salariés et plus qui souhaitent licencier pour motif économique au moins dix salariés sur une même période de 30 jours.


Deux modalités sont désormais prévues
: 
soit l'employeur conclut un accord collectif majoritaire avec les représentants syndicaux, qui est soumis à validation par l'administration régionale, soit il prend une décision unilatérale, soumise dans ce cas à homologation de l'administration. Auparavant, le chef d'entreprise devait seulement notifier le PSE auprès de l'administration. Pour les entreprises, ce cadre présente le grand avantage de limiter les contentieux. Les se félicitent aussi d'avoir désormais affaire, en cas de recours, au juge administratif et non plus judiciaire. 
Enfin, la nouvelle procédure est également plus rapide.

En 2014, 728 PSE ont été mis en œuvre. 39 % de ces plans résultaient de la validation d'un accord entre l'entreprise et les organisations syndicales. Les services du ministère du Travail publieront dans les prochaines semaines les données pour 2015 et 2016.

El Khomri a déploré que "certains aient cherché récemment à imputer" à la loi travail "la responsabilité de certains plans sociaux"

Lien France Info
Tel est notamment le cas à la Voix du Nord, comme l'a souligné Benoît Hamon il y a deux semaines. 
"Non, la loi travail ne facilite pas les licenciements", a martelé la ministre. La réforme des licenciements économiques que contient cette loi "explicite seulement, sur la base de la jurisprudence actuelle, dans quelles circonstances précises une entreprise a le droit de procéder à des licenciements économiques", selon elle. "Elle leur donne un cadre clair et sécurisé, sans rien retirer au pouvoir des juges. Codifier la jurisprudence, quelle audace !", a poursuivi la ministre, qui polémique en estimant que la loi travail a "suscité beaucoup d'approximations et de fantasmes". "Beaucoup de mécontentements exprimés tenaient davantage au contexte qu'au texte", et la loi "a fait aussi office de catharsis en mettant à jours des clivages syndicaux anciens, des clivages politiques très profonds et un malaise général de l'opinion", a-t-elle conclu.

L'AFP, L'Express et Libération publient les mêmes éléments de langage de la ministre. 
Ainsi, pour abonder dans le sens du gouvernement et du candidat Valls, francetvinfo.fr cite nommément Libération qui fait un copié collé de l'AFP. Le service public qui cumule les services  journalistiques de deux chaines, une radio ou deux (si on n'omet pas France Inter) et une télévision,

Hamon accuse la loi Travail du plan social à "La Voix du Nord"
"Le plan social proposé avant l'application de la loi El Khomri avait été refusé. Il a été autorisé car désormais, la loi le permet", a affirmé Benoît Hamon. "Oui, il y a des dispositions dans la loi El Khomri qui facilitent le licenciement, et qui vont fragiliser les salariés au moment où ils cherchent à préserver leur emploi", a poursuivi le candidat.

La ministre du Travail a immédiatement protesté sur Twitter. "Non @benoithamon la #LoiTravail n'est pas responsable du plan social de La Voix du Nord", a-t-elle posté sur le réseau social, affirmant que "les plans de sauvegarde de compétitivité existent depuis plus de vingt ans". Convaincant ?

"Les plans de sauvegarde de compétitivité existent depuis plus de vingt ans", selon un amalgame de ministre, l'illustre El Khomri
La loi El Khomri autorise les licenciements économiques en cas de baisse des commandes ou de chiffre d'affaires, y compris si l'entreprise fait des bénéfices, ce qui est le cas du groupe Rossel La Voix. Ce dernier prévoit la suppression d'"au maximum" 178 emplois. "La direction du travail avait (...) retoqué l’été dernier le premier projet de plan de La Voix du Nord, souligne Le Monde. Malheureusement pour les salariés, la loi El Khomri est passée par là," écrit la chaîne de service public, au détour d'une phrase.

dimanche 27 juillet 2014

Fioraso s'en prend aux bons élèves les plus méritants

Révolte des bons élèves contre la suppression des bourses au mérite 

Geneviève Fioraso a choisi la torpeur estivale pour passer à l'acte


En juillet 2013, la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche a prévenu que la bourse au mérite sera supprimée à la rentrée 2014 dans le cadre d'une refonte du système d'aides aux étudiants. Mise en place en 2009 par Valérie Pécresse pour récompenser les bacheliers ayant décroché la mention "très bien", cette allocation de complément coûtait de plus en plus cher, au rythme des mentions bradées chaque année.  Elle était réservée aux étudiants bénéficiant déjà d'une bourse sur critères sociaux et s'élevait à 1 800 euros par an - étalés en neuf mensualités.

Si les étudiants qui bénéficiaient déjà de la bourse pourront continuer à la toucher pendant la durée prévue, "il n'y aura plus de nouveaux entrants", confirme le cabinet de Geneviève Fioraso, désormais secrétaire d'État (photo ci-dessus). 

Une vague d'indignation s'est développée parmi les lauréats 2014 

"Touche pas à ma bourse, je la mérite" (lien)
"La position est claire, on n'a pas pris les gens par surprise !" se défend le cabinet, accusé d'avoir agi en catimini par les bacheliers qui y prétendent. "La réforme était déjà actée l'année dernière et les mesures portant sur la rentrée scolaire 2014 ont été annoncées par Geneviève Fioraso et Benoît Hamon (ci-contre), le 30 juin." Mais tout le monde n'est pas aussi bien doté en récepteurs de son...

Jusqu'à l'officialisation, les jeunes lauréats ne pouvaient pas  réellement imaginer une telle régression budgétaire venant de la "gauche sociale" alors que le candidat Hollande clamait que la jeunesse serait sa "priorité des priorités"... "Bien au-delà de la simple gratitude de réussir avec brio le baccalauréat, la bourse au mérite représentait la possibilité pour la majorité de pouvoir continuer à s'investir pleinement dans les études supérieures sans avoir à se soucier de trouver un travail à mi-temps, un job d'été et autre revenu compensatoire indispensable face aux prix des appartements et au coût de la vie", peut-on lire sur une pétition adressée à Benoît Hamon intitulée "Touche pas à ma bourse, je la mérite". Et le réquisitoire d'enfoncer le clou : "Logement, déplacement, frais scolaires... Les projets des étudiants se retrouvent amputés d'une aide précieuse qui, avec sa suppression, laissera certainement un goût d'amertume aux bacheliers et étudiants dont les espoirs d'être récompensés de leurs efforts semblent s'envoler."

"Ce n'est pas assez pour subvenir à mes besoins"

Ce parchemin est-il devenu un torchon?
Antoine et Vincent, 17 ans, mention TB en S, sont "dégoûtés". Le premier vient d'obtenir son sésame avec 19,34 de moyenne générale. À la rentrée, il déménage dans une résidence privée à Lille où il fera une classe préparatoire aux écoles de commerce. Certes, il est boursier à taux zéro, mais manque de chance pour lui : il est trop "riche" pour bénéficier de l'échelon zéro bis, nouvellement créé dans l'usine à gaz de Fioraso: un choc de simplification qui terrasse cet élève modèle. 
Ce super échelon zéro permet à ses bénéficiaires de toucher 1.000 euros par an. "Je n'aurai aucune aide, s'indigne le jeune homme", avec le sentiment d'une sanction pour cause d'excellence. "200 euros supplémentaires par mois, ça aurait aidé pour payer le loyer ! Si la suppression est maintenue, il faudra envisager de jongler entre les études très prenantes et un boulot à côté, voire un crédit...", déplore-t-il. 

Son camarade de classe a obtenu 17,81/20. Fils d'un responsable d'éducation dans un collège privé et d'une mère artisan-coiffeur, Vincent touche près de 165 euros par mois grâce à sa bourse échelon 1. "C'est déjà bien, mais ce n'est pas assez pour subvenir à mes besoins", calcule-t-il. "Je suis en colère, je ne comprends pas... On nous dit que l'avenir de la France, c'est la jeunesse, on nous dit de faire des études, mais au final on n'aide pas ceux qui ont de l'ambition !" Ces jeunes gens bien sous tous rapports ont en commun le défaut de ne pas être du genre qui convient à N. Vallaud-Belkacem et Fioraso...

" #RendezNousNosBourses " (lien Twitter)

Le cabinet de la secrétaire d'État lâche un rideau de fumée masquant la sortie administrative des meilleurs 
La suppression de la bourse au mérite est à mettre en perspective avec la hausse du budget alloué aux aides sociales. "L'effort budgétaire en faveur des bourses étudiantes est de 458 millions d'euros sur la seule période 2013-2015 !" Depuis la réforme, 132.500 nouveaux boursiers bénéficient d'une bourse annuelle de 1.000 euros grâce à la mise en place d'un échelon dit "0 bis". L'ensemble des bourses a été revalorisé et un nouvel "échelon 7", permettant la revalorisation de 15 % (soit + 800 euros par an) des bourses des 30 000 étudiants issus de familles aux revenus les plus faibles, a été créé. "Cette réforme sociale ambitieuse s'inscrit dans un objectif politique de démocratisation de l'accès aux études supérieures. Elle confirme la priorité du gouvernement en faveur de la jeunesse", est-il écrit en conclusion. 
Dialogue de sourds, puisque l'individu ne parle pas des plaignants. 

"Indigné" et "trahi", Antoine a créé le hashtag #RendezNousNosBourses sur Twitter. Aidé par Vincent et quelques amis, le message s'est rapidement diffusé sur le réseau social. "On était contents de voir que de plus en plus de monde se mobilisait, alors j'ai pris l'initiative de le tweeter directement au compte du ministère de l'Éducation et de l'Élysée", confie Vincent, plein d'espoir. "Mais comme vous vous en doutez, aucune réponse ni réaction !" 
Un exemple de plus de l'écoute gouvernementale et de la réalité du dialogue à la socialiste.

"Je demande à être jugé sur deux choses : la justice et la jeunesse." (François Hollande) 

Fallait pas le croire la-dessus non plus !

Mais o
n peut toutefois participer à la PETITION

dimanche 13 juillet 2014

La "gauche sociale" descend le Livret A à son plus bas historique

Le Livret A est au plus mal 

Le gouvernement a annoncé une baisse du taux du Livret A de 1,25% à 1% au 1er août 
Quelles sont les conséquences pour les épargnants, s'interroge finement L'Expansion, au cas où les Français les plus stupides n'auraient pas compris. L'économiste Philippe Crevel envisage même que cette baisse de rémunération de l'épargne populaire ait des effets positifs. Pour qui, s'il vous plaît ?

Petits épargnants, votre Livret rapportera moins, mais vous gagnerez plus...
Voilà la tête qu'il a
Le taux du Livret A a atteint son niveau le plus bas historique: le placement préféré des Français passera de 1,25% à 1% au 1er août 2014. Cette nouvelle baisse annoncée par le gouvernement ce jeudi est-elle pour autant si grave? L'économiste Philippe Crevel (ci-contre) répond que ce n'est que du bonheur....

Comment explique-t-on cette nouvelle baisse ?

Le taux d'inflation enregistré par l'Insee de 0,5% est extrêmement bas. Le gouvernement avait déjà reporté en février cette baisse. Il aurait pu suivre les recommandations de la Banque de France et abaisser à 0,75%, mais il a décidé de couper la poire en deux avec un taux de 1%.  [les municipales de mars et les européennes de mai nous avaient donné un sursis: les sanctions peuvent maintenant tomber...]

Qu'est-ce que cela va changer pour l'épargnant concrètement au 1er août?

C'est évidemment une mauvaise nouvelle pour les propriétaires du Livret A [bien fait: en Socialie, les "propriétaires", si petits soient-ils, sont des riches. D'abord, il y aura un moindre rendement pour les épargnants et de facto, une perte du pouvoir d'achat. Pour un épargnant ayant placé 4.000 euros (moyenne nationale), cela représente 10 euros d'intérêt en moins par an. Pour ceux ayant atteint le plafond maximum de 22.950 euros, c'est un moins à gagner de 60 euros par an. 

Ce ne sont pas des sommes trop élevées (juge l'Expansion]. L'impact de cette baisse n'est-il pas plutôt psychologique pour l'épargnant? [La réponse est dans la question...]

En matière d'épargne, la psychologie compte beaucoup [C'est ce qui fait bouillir la marmite?] Cela risque d'inciter les épargnants a laisser leur argent dans leur compte courant. A la suite de la baisse d'août 2013, on a constaté cinq mois de décollecte sur le Livret A. Cette fois encore, un effet de décollecte fort va probablement être enregistré. 

Quelles sont les contreparties positives de cette mesure? 
[parce qu'il en a: tellement qu'on se demande pourquoi avoir attendu plusieurs mois...]

D'une part, elle pourrait encourager les épargnants à privilégier des placements à long terme comme les assurances vie [une nouveauté chez les petits épargnants!], ce qui est plutôt positif. D'autre part, un taux du Livret A plus bas permet une diminution du coût des logements sociaux [qui bénéficient de prêts financés par le Livret A, mais a condition que les volumes soient préservés. Or, notre économiste a lui-même exprimé ses craintes de décollecte...], ce qui en pleine crise du bâtiment, serait une bonne nouvelle. [Le conditionnel en dit long sur le volontarisme de ce manipulateur psychologique] 

Cette baisse est-elle suffisante pour rebooster la construction? 
[Soyons fous!]

Je ne pense pas. [Y a donc des limites au foutage de gueule?] Déjà, le prix du foncier est très cher et le problème des logements sociaux est plus profond. Techniquement, il faut trouver des terrains, lancer des projets et les municipalités ne sont pas toujours d'accord pour accueillir des HLM. 

Le Livret A reste-t-il malgré tout un placement attractif? 
[L'Expansion insiste!]

Cela reste de l'épargne de précaution: même si on ne gagne pas grand-chose, au moins on ne perd rien [le taux de rémunération baisse et on "ne perd rien"!]. En revanche, cela doit rester du placement à court terme. Pour les placements plus longs, à partir de trois ou quatre ans, il vaut mieux placer son argent ailleurs [lâche finalement l'individu]. Il existe d'autres alternatives: l'assurance vie, qui est rémunérée actuellement à 2,8%. Mais le plan épargne logement (PEL) à 2,5% est également intéressant: c'est celui qui se rapproche le plus du Livret A et le mieux rémunéré. 

Quels arguments économiques le gouvernement peut-il utiliser pour faire passer la pilule aux épargnants? 
[une pilule amère, au bout du compte...]

D'abord, l'argument de la baisse de l'inflation (0,1 % en juin) qui contraint à un taux d'intérêt faible. Deuxième option, le gouvernement peut utiliser la relation entre le taux d'intérêt bas et la consommation. En effet, si les épargnants ne sont plus incités à épargner [si on relit l'économiste, on constate qu'il a tout dit et son contraire: "même si on ne gagne pas grand-chose, au moins on ne perd rien"], ils laissent leur argent dans leur compte courant, et indirectement, dépensent davantage. Cela aurait un effet marginal mais permettrait d'augmenter la croissance, ce qui est un des objectifs principaux du gouvernement.

L'individu a toutes les qualités requises pour participer à une quelconque Haute Autorité... Il est très versatile flexible: c'est un ancien conseiller de Jean-François Mattei, ministre UDF de la santé et du Président de la Caisse des Dépôts et Consignation). Tenté par un retour au CDC ? Generali l'a en effet démis de ses fonctions de conseiller de la direction générale et de secrétaire général du Cercle des épargnants.

mercredi 2 juillet 2014

Budget rectificatif: les "frondeurs" du PS étaient des péteux

Les bravaches sont rentrés dans le rang pour voter le budget rectificatif de l’État

Beaucoup de bruit pour rien
Les Coréens du Nord du PS  
Les députés se sont heurtés à l'autoritarisme du parti et ont dû approuver en première lecture mardi le projet de budget rectificatif de l'Etat pour 2014.

Le projet de budget rectificatif prévoit notamment une réduction d'impôt sur le revenu des ménages modestes, par une large majorité de 307 voix contre 232. 
Ce texte prévoit en outre quatre milliards d'euros d'économies pour tenter de réduire le déficit public à 3,8% du PIB. 

Y figure aussi un nouvel impôt indirect avec le remplacement de l'écotaxe (Grenelle 1) par un péage de transit poids lourds qui rapportera moins, du fait d'un recul du gouvernement sur un nombre réduit de routes nationales et départementales placées sous contrôle de portiques électroniques.
L'activité législative reprend de plus belle

Reportés le temps de la fronde de plusieurs dizaines d'élus socialistes, les votes sur le Budget rectificatif de la Sécurité sociale ont par ailleurs repris. 

Un peu plus tôt, le socialiste Christian Paul, l'un des chefs de file des frondeurs, avait fait savoir que les récalcitrants voteraient le nouveau budget de l’État - car ils n'ont pas le souci de faire rentrer l'impôt et financer la dépense - mais pas celui de la Sécurité sociale.
"Le budget rectificatif de l'Etat peut être voté car il comporte des baisses d'impôts pour près de 4 millions de familles. En revanche, nous considérons que le PLFSSR, qui a pour effet de faire financer le soutien aux entreprises par le gel des prestations sociales, n'est pas votable", pour l'heure, avait grondé le velléitaire député de la Nièvre après deux réunions des "frondeurs".

Contenu du projet de budget rectificatif de l’État qui vient d'être adopté 

Sur la fiscalité des ménages
3,7 millions de nouveaux foyers fiscaux vont bénéficier d'une réduction d'impôt dès la rentrée de septembre, dont 1,9 million en seront totalement exonérés. Cette mesure concerne les personnes dont le revenu va jusqu'à 1,1 fois le SMIC. Une personne seule paiera 350 euros d'impôts de moins (ex: mère isolée d'enfants nés dans la polygamie), un couple 700 euros (ex: couple du même sexe). Il s'agit pour le gouvernement de faire sortir du barème de l'impôt sur le revenu ceux qui y étaient entrés en 2012 et 2013 ou qui y seraient rentrés cette année en raison de sa politique fiscale et non parce que leurs revenus ont augmenté. La mesure représente un coût de 1,16 milliard d'euros, 3,7 millions de nouveaux foyers fiscaux , si elle rapporte après avoir déjà donné.

Les députés ont également décidé de la reconduction pour un an de l'exonération de taxe d'habitation et de redevance audiovisuelle pour environ 250.000 contribuables modestes (pour un coût de 45 millions d'euros).
La majorité présidentielle a voté au passage la suppression du gel des aides au logement initialement prévu dans le texte gouvernemental.


Sur la fiscalité des entreprises. 

Décidée à l'automne dernier pour compenser la suppression de petites taxes mal ciblées, la surtaxe de l'impôt sur les sociétés est prolongée jusqu'en 2016. Elle représente 2,5 milliards d'euros et sera versée en priorité par les grandes entreprises.

Les mesures d'économies. 

L’État va imposer 1,6 milliard d'efforts supplémentaires aux Français en 2014, correspondant au marchandage des "frondeurs" avec l'exécutif. 
Un milliard de crédits sont annulés et 600 millions d'euros sont puisés dans la réserve de précaution, mise de côté chaque année pour les dépenses imprévues. Ces annulations se répartissent entre tous les ministères et leurs opérateurs.

L'augmentation des impôts indirects

L'écotaxe suspendue, un manque à gagner de 1.712 euros par minuteSur (feu) l'Ecotaxe.
Les députés ont voté un amendement gouvernemental remplaçant l'écotaxe par un péage de transit poids lourds. Le nouveau dispositif, qui entrera en vigueur au 1er janvier 2015, concernera les camions de plus de 3,5 tonnes circulant sur un réseau de près de 4.000 kilomètres de routes nationales et locales très fréquentées par les poids lourds. Elle devrait rapporter 500 millions d'euros par an. L'écotaxe, elle, devait porter sur 15.000 kilomètres de routes et rapporter près du double pour financer les infrastructures de transport. Ni les frondeurs, ni Manuel Valls ne précise comment ce manque à gagner sera compensé..


Sur la taxe de séjour. L'Assemblée a rendu possible un quintuplement jusqu'à 8 euros de la taxe de séjour dans les communes pour les hôtels 3, 4 et 5 étoiles. Elle a par ailleurs voté la création d'une taxe de séjour spécifique à l'Ile-de-France -et discriminatoire visant essentiellement les étrangers- de 2 euros par nuitée pour aider au financement des transports en commun de la région. Ce vote des députés qui autorise une augmentation de plus est vivement contesté par les professionnels du tourisme, soutenus par le ministre en charge du Tourisme Laurent Fabius et le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg, alors que le secrétaire d'Etat au Budget Christian Eckert la juge au contraire "pas totalement anormale".

L'Assemblée nationale approuve le plan d'économies de 50 milliards d'euros par 265 voix contre 232
Kim Jong-Il et sa troupe
Sur la dette et le déficit. Le gouvernement constate que le service de la dette va lui coûter en 2014 1,8 milliard de moins que ce qu'il avait initialement prévu. Le déficit budgétaire de l'Etat (1,4 milliard d'euros) sera plus important que prévu cette année, en raison d'une moindre rentrée de recettes de 4,8 milliards en 2013, par rapport aux prévisions. Or, le gouvernement assure par ailleurs -avec les "frondeurs" de son aile gauche- qu'il pourra financer les nouvelles réductions d'impôts de 3,7 millions foyers fiscaux par la lutte contre la fraude fiscale !

L'activité législative reprend de plus belle

Passage du flambeau de Ayrault à Valls
Reportés le temps de la fronde de plusieurs dizaines d'élus socialistes, les votes sur le Budget rectificatif de la Sécurité sociale ont par ailleurs repris. 

Un peu plus tôt, le socialiste Christian (Po)Paul, l'un des chefs de file des frondeurs, avait fait savoir que les récalcitrants voteraient le nouveau budget de l’État - car ils n'ont pas le souci de faire rentrer l'impôt et financer la dépense - mais pas celui de la Sécurité sociale.
"Le budget rectificatif de l'Etat peut être voté car il comporte des baisses d'impôts pour près de 4 millions de familles. En revanche, nous considérons que le PLFSSR, qui a pour effet de faire financer le soutien aux entreprises par le gel des prestations sociales, n'est pas votable", pour l'heure, avait grondé le velléitaire député de la Nièvre après deux réunions des "frondeurs".
Attendons de voir si les "frondeurs" baissent à nouveau le pantalon...

mardi 24 juin 2014

Surfiscalisation: les nantis de gauche ne sont pas des entrepreneurs

Laurent Ruquier ne "comprend pas qu'on se plaigne de payer trop d'impôts"
Une France aux mains des amuseurs
Ruquier, plus pointeur
que tireur
Ruquier intervient dans le débat sur la fiscalité du monde des vedettes du monde du spectacle. Alors que l'animateur radio et TV poursuit la promotion de son livre Radiographie, Laurent Ruquier a eu les honneurs de la quatrième de couverture de ...Libération du 20 juin. 

L'animateur de l'émission On N'est Pas Couché (ONPC) refuse de se lamenter sur sa contribution fiscale.
"Je ne comprends pas qu'on puisse se plaindre de payer trop d'impôts", explique-t-il dans cet entretien accompagné de son portrait. "Ça fait rire mon comptable. Il sait que ce n'est pas la peine de me proposer des solutions pour optimiser ma fiscalité. On nous engraisse suffisamment. Qu'est ce qu'ils veulent de plus, un chiotte en or ?", interroge-t-il, dans son domaine de compétence.  

Le roi Philippe et la reine Mathilde à Paris
L'animateur de télévision et de radio est en fait producteur de télévision et de théâtre et sa déclaration est publiée alors que son confrère Arthur est dans la tourmente depuis qu'il s'est installé à Uccle en Belgique. Il y a un an, l'animateur-producteur, dont la fortune est estimé à 200 millions d'euros, avait délocalisé la holding de tête de son groupe Arthur World Participation Group (AWPG) de la France vers le Luxembourg. En revanche, Ruquier n'est pas contre la Belgique et les Belges: l'animateur de France 2 a avoué qu'au temps de France Inter, il était amoureux de l'humoriste belge François Pirette.

Diversion: faire oublier l'interpellation de Hollande par Patrick Sébastien

D'une part, même s'il confirme que ses "idées [sont à] gauche", Laurent Ruquier refuse en revanche d'évoquer ses revenus. "Par décence", explique-t-il, et aussi parce qu'il "ne les mérite pas".
D'autre part, Patrick Sébastien s'en est pris à François Hollande en direct sur France 2 et Ruquier s'est chargé de détourner l'attention. "Mon cher François à chaque fois qu'on s'est rencontré, tu m'as promis que l'humain prendrait le pas sur tout. J'ai toujours eu confiance en ta parole. Aujourd'hui, pour les intermittents, ou pour tous ceux qui galèrent, si tu penses que l'humain doit prendre le pas, c'est pas demain, c'est pas après-demain, c'est maintenant qu'il faut le faire !"

Travailler plus pour payer plus d'impôts

Quoi qu'il en soit, Laurent Ruquier ne risque pas de compter au nombre des manques à gagner de la rentrée ...fiscale. Il reprendra la saison prochaine son émission phare du samedi soir, On N'Est Pas Couché", avec Aymeric Caron et la nouvelle venue Léa Salamé. Et s'il quitte Europe1 et son émission culte On Va S'Gêner" dans quelques semaines, on le retrouvera sur RTL à la rentrée, à la tête des Grosses Têtes, en remplacement de Philippe Bouvard.

samedi 24 mai 2014

L'UNEDIC prévoit déjà au moins 103.000 chômeurs de plus en 2014

Notre facture sociale s'allonge encore

Le gestionnaire de l'assurance chômage prévoit également 60.000 demandeurs d'emploi de plus en 2015.

Magie socialiste
L'UNEDIC ne croît pas non plus aux promesses gouvernementales.
On savait que le nombre de demandeurs d'emploi excède celui des créations et le gestionnaire de l'assurance chômage table d'ailleurs sur une poursuite de la hausse du chômage, avec 103.200 demandeurs d'emploi sans activité supplémentaires en 2014 et 60.000 en 2015, a-t-il annoncé jeudi.

Bizarrement, le déficit du régime d'assurance chômage devrait, quant à lui, baisser 

Et le magicien Hollande assume le changement 
Il s'élèverait à 3,7 milliards 2014 et 3,6 milliards fin 2015, contre 3,8 milliards en 2013, par la magie des nouvelles règles d'indemnisation qui doivent entrer en vigueur au 1er juillet.

Demandez aux sereins Sapin ou Le Roux, ils nieront, assurant que le thermomètre est fiable. 


Quand à Valls, c'est un spécialiste du gel lubrifiant intime capillaire...

samedi 17 mai 2014

Festival de Cannes: Le Point dénonce le business de Canal+

Vitrine magique, il n'est pas la "danseuse" de Canal+
Est-ce la poule aux oeufs d'or? 
 
La "gauche sociale" laisse faire...
Un syndic des marchands du temple socialiste
Selon l'hebdomadaire Le Point, c'est une caverne d'Ali Baba. "Une suite du Carlton abrite des centaines de produits prêts à être offerts aux stars de passage. Le nec plus ultra du marketing."
C'est un business à part entière. Les "gifting lounges" ou suites-cadeaux,  en français, pour stars à séduire. À Hollywood, c'est désormais une tradition: chaque événement people a sa suite-cadeaux, c'est-à-dire une pièce remplie d'objets en tous genres, gracieusement offerts aux célébrités qui daignent s'y compromettre avec grâce, dans l'espoir qu'elles accepteront  de se transformer en "femmes-sandwichs" en se faisant photographier avec dans la pièce attenante. Autrement dit, de la promotion de produits de haut niveau, sans que l'organisation socialiste autorise pour autant à parler de luxe ou de "bling-bling".

Fondatrice de DPA Gifting Lounge, l'une des quelques agences évoluant sur ce créneau très pointu, la Franco-Américaine Nathalie Dubois a importé le concept à Cannes. La classe en plus. "Je me suis inspirée de ce qu'ils faisaient aux États-Unis et l'ai adapté : là-bas, cela manquait d'élégance, il fallait le présenter mieux, donner le sentiment de luxe", explique-t-elle dans sa suite aménagée au Carlton.

Testé par Aurélie Filippetti ?
Autour d'elle, des dizaines d'exposants vantent les mérites de leurs produits aux personnalités qui ont su trouver le chemin de cet appartement pas comme les autres. On trouve de tout, des crèmes de beauté aux bijoux, en passant par des lunettes de soleil ou même du thé, probablement "made in France"... Tout ne doit pas forcément être luxueux mais tout se doit d'être original. Phyderma, une marque "100 % Riviera" (elle a été créée à Cannes en 2009), présente ainsi son soin rajeunissant au caviar et son élixir anti-âge aux bulles de champagne californien ou à base de caviar d'Iran. 
Dégustées par Manolo ?
Plus loin, une petite compagnie japonaise au nom étrange (Non-F) tente de convaincre des qualités miraculeuses de sa crème anticellulite. Les bouledogues de Teo Jasmin se prélassent sur des coussins, près des coffrets du Palais des thés. Des foulards en soie Blacmera (le gracieux MC -prononcer [èmesi], maître de cérémonie, Lambert Wilson, venu visiter la suite, s'est laissé séduire !) côtoient des bouteilles Detox Delight et des chips. Mais attention, pas n'importe quelles chips, celles-là sont produites par l'entreprise d'Ashton Kutcher ! 

Visiblement, l'industrie du cinéma est en crise...

Lescure (Canal+) et
Filippetti, ministre PS,
 en petite robe Kiabi
"Les stars ont tout, elles sont blasées. Si elles viennent malgré tout dans ma suite, c'est parce qu'elles savent que j'ai les meilleurs cadeaux, des choses qu'elles ne connaissent pas, qu'elles ne trouveront pas ailleurs, qui piqueront leur curiosité. Des choses qu'elles auront avant qu'elles entrent en masse sur le marché. C'est ça qui leur plaît." Nathalie Dubois et ses équipes travaillent toute l'année à la sélection de ces produits d'avant-garde: c'est ce qui s'appelle être innovant et "progressiste"! 
Julie Gayet sur les marches
du Festival, le 12 mai 2010
Elles choisissent aussi de promouvoir de jeunes créateurs encore peu connus, mais sur lesquels elles parient, à l'image du Français Vincent Bottesi, designer de chaussures de luxe pour femmes [et Aquilino Morelle] de la marque russe Alina German, qui se targue d'avoir habillé Lady Gaga et Johnny Depp [Poutine, aussi, dit-on]; ou encore de Dana Alnafisi, créatrice de bijoux originaire du Koweit et spécialisée dans le traitement des métaux précieux.

Mais Valls ne promet pas encore ces cadeaux-là "aux plus défavorisés". 
Bien qu'il comprenne la situation des victimes de sa politique d'austérité, le ministère de la Culture populaire n'ignore pas que certaines pièces valant plusieurs milliers d'euros elles ne sont offertes qu'aux stars parmi les stars. Et pour les "key people", une dizaine de personnalités triées sur le volet, il y a le Graal : un pendentif d'une valeur de 12.000 dollars et un voyage à ...Tahiti, voir la misère de près et se faire photographier avec les victimes du séisme de 2010, il y a quatre ans. Qui décrochera le gros lot ? Antonio Banderas ? Sharon Stone ? Adrian Brody ("un fidèle qui vient tous les ans") ? Ces victimes de la vie ont en tout cas promis de passer tenter leur chance...