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samedi 27 janvier 2018

Méthode Macron : le chômage n'a toujours pas baissé en décembre

"Le chômage a stagné en décembre," titre Le Monde: et le niveau de vie des chômeurs, bien davantage !

Pôle emploi et le ministère du Travail choisissent la catégorie A pour assurer que le 
nombre de demandeurs d’emploi a baissé de 0,1 % 

Non seulement c'est la catégorie des demandeurs sans aucun emploi, mais c'est sur un mois et dans la seule France métropolitaine... 
Ces chiffres diffusés et commentés chaque mois avaient plombé la politique de François Hollande, tout au long de son quinquennat, en dépit des mensonges de Michel Sapin. Dans un souci peu évident de transparence, Macron ne fera plus communiquer Pôle emploi sur le nombre d’inscrits que tous les trois mois. Le Monde suggère que la publication mensuelle d’une douzaine de pages consacrées à ces statistiques, serait une charge trop lourde. 
Mieux, elle ne contiendra plus désormais que des indicateurs moyens calculés sur trois mois. Certes, les services du ministère communiqueront toujours les données mensuelles, mais de façon beaucoup plus sommaire, au prétexte qu'elles seraient peu significatives, l’objectif étant qu’elles tombent dans l’oubli et soient de moins en moins commentées, non pas tant par les journalistes que par les experts, auprès desquels les premiers puisent leurs pseudo-"décryptages". 

L'effet Macron n'atteint toujours pas la courbe du chômage 
Selon la dernière livraison des chiffres officiels de Pôle emploi et du ministère du Travail, arrivée mercredi 24 janvier, le nombre de demandeurs d'emploi n'a pas évolué de manière significative : ce que Le Monde appelle de la "quasi-stabilité". Le nombre de demandeurs d’emploi qui n’ont exercé aucune activité (catégorie A) a très peu bougé en décembre 2017 : – 0,1 %, seulement, sur un mois en France métropolitaine, soit 2.700 inscrits en moins. Il y a, au total, 3,45 millions de chômeurs dans l’Hexagone.

Macron ministre ou Macron président, quelle différence ?

L'Outre-mer est encore considéré par-dessus la jambe. Pour mention, les services de l'Etat daignent parfois affiner la situation des demandeurs d'emploi "en incluant les territoires outre-mer". Et ça donne "un peu plus de 3,7 millions, rien qu'en Catégorie A. 

Solidairement, le ministère de Pénicaud et Pôle emploi enregistrent une même baisse de 0,5 %, sur un an. Sachant qu'Emmanuel Macron a été à Bercy d'août 2014 à août 2016, puis à l'Elysée pendant sept mois à la fin décembre 2017, on s'interroge sur sa capacité à peser sur l'économie.

D'autant que la baisse de 0,5 % est beaucoup moins nette qu’en 2016 (– 3 %). Un universitaire maintient néanmoins "une confirmation du mouvement de recul, enclenché en 2015, et qui concerne la plupart des régions", mais Yannick L’Horty, professeur à l’université Paris-Est et directeur de fédération de recherche du CNRS, n'est pas qu'un observateur éclairé: il publie communément dans la revue de l'OFCE, classée à gauche. 
On aurait pu espérer une performance plus éclatante, sous la houlette de Jupiter, compte tenu de la solidité de la croissance chez nos partenaires européens, où elle n'est pas, comme en France, qu'un frémissement chronique : + 1,9 % en 2017, d’après les dernières prévisions de l’INSEE, une direction générale du ministère des Finances. 
Tout ça pour décrire un "dynamisme qui a soutenu les créations d’emplois" dont on a constaté en décembre qu'elles sont toujours limitées et peu significatives... Entre le troisième trimestre 2016 et le troisième trimestre 2017, les effectifs dans le privé se sont accrus de 260.000. Et sur les trois derniers mois de 2017, le nombre de déclarations d’embauche (hors intérim) de plus d’un mois a progressé de 3,4 % pour atteindre "un niveau jamais enregistré" depuis 2000, selon l’ACOSS, un établissement public à caractère administratif, EPA, sous les tutelles du ministère des Solidarités et de la Santé et du ministère de l'Action et des Comptes Publics (la caisse nationale du réseau des Urssaf), qui coiffe le réseau des organismes collectant les cotisations sociales. 

Deux phénomènes viennent toutefois "contrarier" ce beau "dynamisme" de "reflux du chômage." Le décryptage est cette fois assuré par Bruno Ducoudré, de l’Observatoire français des conjonctures économiques : toujours l'OFCE. 
Il est temps de rappeler qu'en février 2017, à la veille de l'élection présidentielle, l'OFCE était particulièrement volontariste. Cet éminent observatoire prévoyait une baisse importante du chômage pour les années à venir, atteignant 8,7 % pour 2019-2020, puis 7,7 % en 2022. Cette prévision est en contradiction avec une étude de l'UNEDIC de fin 2016, qui prévoit une légère hausse du chômage jusqu'en 2019 à 9,6 %.
1 - Le plan de 500.000 formations supplémentaires en faveur des demandeurs d’emploi, lancé début 2016, a cessé de produire ses effets : il avait contribué à la diminution du nombre de personnes relevant de la catégorie A de Pôle emploi et à l’accroissement concomitant de la catégorie D – celle qui regroupe les demandeurs d’emploi "non tenus" de rechercher un poste, en raison, notamment, d’un ...stage ou d’une ...formation (+ 24,6 % en 2016). Depuis, bon nombre des bénéficiaires du "plan 500.000"annoncé "massif' et "d'urgence" par François Hollande, le 18 janvier 2016, et mis en place par la précédente majorité, sous l'autorité de Myriam El Khomri (qui est passée au théâtre avec une énième version des 'Monologues du vagin', le 7 mars prochain, aux côtés des commères Marlène Schiappa et Roselyne Bachelot), ont dû refaire surface en catégorie A – ou en catégories B et C (demandeurs d’emplois ayant exercé une activité réduite). La preuve en est que la catégorie D a fondu (– 18,3 % en 2017). Bilan 2017 mitigé. 

2- L'autre magouille qui n'a pu perdurer et contribue à un possible retard dans la diminution du chômage : l’enveloppe des contrats aidés au second semestre 2017 a été amputée, rappelle Bruno Ducoudré. 
Le président Macron s'en est violemment pris aux opposants à sa suppression massive de contrats aidés, en novembre dernier à Tourcoing, dans le Nord. "Que ceux qui les défendent les prennent ! Ils n'en voudraient pas pour eux-mêmes ! J'entends les messages qui m'ont été livrés sur les contrats aidés. Il y a des publics très en difficulté, il y a des quartiers très en difficulté, il y a quelques priorités que j'ai déjà évoquées pour les emplois aidés, au niveau de 200.000", chiffre retenu dans le budget 2018, a déclaré le chef de l'État."Mais il n'est pas sain, selon les cycles électoraux, de monter à 500.000 ou 600.000 les emplois aidés en les plaçant comme des petits pains auprès des collectivités ou des maires pour arranger les chiffres du moment et nous expliquer que c'est l'alpha ou l'oméga de la politique de l'emploi. Un contrat aidé, c'est un contrat à court terme subventionné par l'Etat. Un contrat aidé, ce n'est pas la bonne solution quand il n'y a pas une formation à la clé pour trouver un emploi", a lancé le président de la République dans une nouvelle pique adressée à son prédécesseur François Hollande, qui avait porté à 459.000 le nombre de ces contrats en 2016.
Il est probable, par ailleurs, que la vigueur du marché du travail engendre un "effet d’appel", ajoute l'économiste de l'OCDE: des personnes qui avaient cessé leur quête d'un job – disparaissant, du même coup, des statistiques – auraient repris courage et se sont inscrites à Pôle emploi. C’est pourquoi le bilan 2017 est mitigé, y compris pour les moins de 25 ans, raconte-t-il. 

Ce public particulièrement "fragile", et dont le gouvernement a indiqué vouloir faire une priorité, en particulier dans son plan d’investissement pour les compétences, a certes vu ses effectifs baisser, l’an passé, mais bien moins qu’en 2016 (– 3,5 %, contre – 8,8 %, pour la catégorie A, en ...métropole). 

Le chômage de longue durée repart à la hausse

C'est un fait que la cohorte des économistes et journalistes copieurs-colleurs macroniens ne peuvent glisser sous le tapis un accroissement "sensible" du nombre d’inscrits à Pôle emploi depuis au moins un an (+ 5,1 % en métropole, dans les catégories A, B et C). 

Si Emmanuel Macron et sa sexagénaire suscitent la curiosité des décideurs étrangers qu'il attire à Versailles, l'opération séduction n'a jusqu'ici été qu'un miroir aux alouettes. Les demandeurs d'emploi peuvent l'attester.

vendredi 5 août 2016

El Khomri place un membre de son Cabinet à l’Inspection générale des finances, en embuscade

Pierre-André Imbert va pantoufler et noyauter ce service d'inspection interministériel "indépendant"

Ce quadra discret s’est révélé un pilier du ministère du Travail. 



Pierre-André Imbert (à droite de Myriam El Khomri), 
lors d'une réunion avec le Medef à Matignon, le 30 juin 2016.
A noter le regard direct de Manuel Valls...
Arrivé dès 2012, alors que Michel Sapin occupait le poste de conseiller aux mutations économiques et aux entreprises, Pierre-André Imbert s’est peu à peu imposé comme directeur de cabinet adjoint, avant d’être nommé, l’année dernière, directeur de cabinet de François Rebsamen, un franc-maçon notoire.

Ce technicien de l’ombre a agité l'opinion lors de son suivi de tous les dossiers contestés du ministère de la R
ue de Grenelle, de celui du chômage à la loi sur le dialogue social, en passant par le travail du dimanche ou les grandes restructurations. Il a toutefois peiné dans les arcanes du droit du travail et s'est échoué sur les écueils du paritarisme, malgré l'indéfectible soutien de la CFDT. 

Ancien collaborateur du pape français du social, Raymond Soubie, PDG du cabinet de conseil en ressources humaines Altedia, puis d'Alixio (stratégie sociale et management du changement)Raymond Soubie, Pierre-André Imbert a géré les affaires courantes du ministère en attendant que François Rebsamen, démissionnaire de son portefeuille ministériel, soit remplacé. En tout cas, c’est Imbert qui a préparé les dossiers nourris de plusieurs rapports sur le sujet de la Loi travail, dont celui de l’Institut Montaigne, un groupe de réflexion,  que Myriam El Khomri -une proche de Martine Aubry- a trouvés prêts à l'emploi. Citons notamment la création au 1er janvier 2017 d'un compte personnel d’activité (annoncé en avril 2015, qui regroupera le compte de formation, le compte pénibilité, etc. pour une "flexi-sécurité à la française")L'enjeu est politique: faire baisser le chômage et inverser sa trop douloureuse courbe, à l'ouverture de la campagne présidentielle de Hollande qui en a fait une cause personnelle d'abandon.

Imbert prendra ses fonctions à partir du 1er septembre.

Cet économiste de formation a été nommé inspecteur général des finances,
selon le compte-rendu du conseil des ministres mercredi. Il sera chargé notamment de conseiller les autorités publiques...

Ex-
directeur de cabinet de Sapin, ministre baratineur du Travail de 2012 à 2014. 
Arrivée  rue de Grenelle en septembre 2015, Myriam El Khomri l'avait gardé à ce poste. Il était alors présenté comme l'homme de la continuité et le mentor de la ministre. Il a en fait la synthèse des diverses réflexions sur le projet de loi Travail, à en croire Pierre Jacquemain - issu de la gauche radicale et collaborateur de Clémentine Autain, mais proche conseiller de la ministre du Travail-  un objecteur de conscience qui a choisi de  déserter mi-février, pour marquer son désaccord avec le projet de loi El Khomri.  

Pierre-André Imbert  est par ailleurs l'auteur d'"Attac: contre la dictature des marchés", en collaboration avec Bernard Cassen (président d'honneur de l'organisation altermondialiste Attac-France) et Liêm Hoang-Ngoc (démissionnaire du PS pour promouvoir le dialogue avec le Front de gauche, le mouvement écologiste et la gauche radicale et fondateur du mouvement de "déçus du PS" jugé "moribond", la Nouvelle Gauche socialiste).
Signataires d'un appel à voter Mélenchon
Liêm Hoang-Ngoc, ex-membre du bureau national du PS; Julien Jusforgues, ex-membre du conseil national; Daniel Bonnot, ex-membre de la Commission nationale des conflits; Roger Tropéano, ex-délégué national; Catherine Renaud-Mayer, ex-première secrétaire fédérale de la Manche; Laurent Beaud, ex-membre du bureau fédéral de l’Hérault; Alain Bourgeade, ex-membre du bureau fédéral de Haute-Garonne; Jean-Claude Bridon, ex-membre du bureau fédéral du Cher; Fabienne Chiche, ex-membre du bureau fédéral du Val-de-Marne; Annie Darrieux, ex-membre du bureau fédéral du Gers; Sabrina Ghallal, ex-membre du bureau fédéral de la Marne; Denis Gouteux, ex-membre du bureau fédéral du Cantal; Nicolas Grondin, ex-membre du bureau fédéral de l’Essonne; Laurent Hecquet, ex-membre du bureau fédéral du Puy-de-Dôme; Catherine Laur, ex-membre du bureau fédéral de l’Aveyron; Frédéric Martin-Delvincourt, ex-membre du bureau fédéral des adhésions de Paris; Jean-Claude Maurin, ex-membre du bureau fédéral du Gard; Anas Moutabarrik, ex-membre du bureau fédéral de la Marne; Daniel Orts, ex-membre du conseil fédéral de l’Aveyron; Franck Rey, ex-membre du bureau fédéral du Cantal; Olivier Spinelli, ex-membre du bureau fédéral de la Somme.
C'est François Rebsamen qui a nommé Pierre-André Imbert directeur de cabinet pour la première fois.
Myriam El Khomri va perdre son bras gauche.
L'IGF n'est pas indépendante du pouvoir exécutif, puisque son chef est nommé par le président de la République lui-même, sur proposition de son ministre des Finances. Placée sous  les tutelles du ministre de l'Économie et des Finances et du ministre du Budget, des Comptes publics, de la Fonction publique et de la Réforme de l'État, l'IGF alimente la critique sur le caractère fermé et mandarinal du pouvoir: les proches des politiques y trouvent "un placard doré" pour pantoufler jusqu'à l'heure de la retraite, mais les politiques y casent aussi des hommes dévoués, voire des 'francs tireurs', dans la perspective de l'alternance politique. Après l'avoir dirigée de novembre 2005 à juin 2007, l'ancien directeur général de la Caisse des dépôts et consignations et actuel secrétaire général de la présidence de la République, Jean-Pierre Jouyet, pourra y retourner pour en reprendre la présidence, sur décision de son actuel employeur, le président de la République soi-même, sur proposition de son ministre des Finances, peut-être Emmanuel Macron, inspecteur des finances.
Claire Waysand, première femme à diriger le cabinet des Finances, devrait bientôt atterrir également à l'Inspection des Finances, sans aucune obligation de réussite. 

Il faut la protéger de Sapin: comme Georges Tron, porté sur la réflexologie plantaire, accusé d'agressions sexuelles et mis en examen pour viol, Michou a une addiction pour les élastiques de strings: il tire tout ce qui dépasse, mais impunément.

mercredi 2 mars 2016

El Khomri, larguée par un conseiller du ministère du Travail

L’ex-conseiller de Myriam El Khomri explique pourquoi il claque la porte 

L'ancien conseiller stratégie de la ministre du Travail s'est mis en congé de la République
 
Pierre Jacquemain ne supportait plus les conditions de travail imposées par son patron. Il a démissionné début février, mais les Français ne l'on appris qu'un mois plus tard, quand le Canard enchaîné l'a révélé la semaine dernière. On pourrait en outre penser que son ancien conseiller au secrétariat d’Etat à la politique de la ville (2014-2015) pointe Myriam El Khomri, mais il dézingue en fait l'avant-projet de loien raison de son désaccord avec le texte et avec l'homme qui tient la main de la ministre, occupe son cerveau et tire les ficelles de sa marionnette. 

Pierre Jacquemain devait notamment se charger de la réforme du code du travail. 
Cependant, face à ce qu’il a considéré comme une trop forte ingérence de Matignon dans la conduite du projet de loi, l'ancienne "plume" de Myriam El Khomri s’est opposée aux orientations du premier ministre et de Myriam El Khomri, pour finalement claquer la porte du ministère du Travail début février et non pas "quitter sa fonction le lundi 29 février", comme l'affirme Le Monde, organe de presse officieux de l'Etat-PS. 
C'est de surcroît à L'Humanité que ce jeune homme  issu de la gauche radicale (il a été collaborateur de Clémentine Autain) et en charge de la stratégie publique de la ministre, livrait lundi les raisons de sa démission.

L'avant-projet de loi de Valls est contesté jusque dans l'entourage de Myriam El Khomri
"Peut-être ai-je été trop naïf sur la capacité de la ministre du travail, Myriam El Khomri, à faire rêver et progresser les travailleurs de notre pays" ? A incarner une parole de gauche, une parole libre, une parole utile, une parole forte. Une parole juste. Celle qui dénonce la paupérisation de la société, celle qui s’insurge devant la précarisation du monde du travail qui conduit des millions de Français à vivre au jour le jour – avec toujours cette peur du lendemain. La réforme de Myriam El Khomri devait porter l’exigence d’un nouveau modèle de société. C’était, je le crois, l’ambition de la huitième ministre du gouvernement." Une place de choix dans la hiérarchie gouvernementale. 

C'était sans compter avec l'autocrate Valls
 
"En réalité, la politique du ministère du Travail se décide ailleurs, à Matignon." C’est le Premier ministre qui  tire les ficelles de son âme damnée. Après le rapport Combrexelle, Myriam El Khomri avait pourtant une grande ambition. Elle a mené une concertation fructueuse avec les partenaires sociaux, qui a débouché sur de réelles avancées, estime son ex-conseiller. Malheureusement, aucune de ces avancées n’apparaît dans le projet de loi final. Le compte personnel d’activité n’est qu’une coquille vide, qui n’est que l’agrégation de droits sociaux déjà acquis. Par ailleurs, à qui veut-on faire croire que la dématérialisation des fiches de paie est une grande avancée sociale ?"
La confirmation que "c’est le premier ministre qui donne le ton" est arrivée ce lundi matin, car c'est bel et bien Manuel Valls qui a annoncé le report à la fin mars de la présentation du texte en Conseil des ministres, pour "lever un certain nombre d'incompréhensions". Les interlocuteurs de ce bac +3 ne comprennent rien à rien !...
 
"Un porte-voix exceptionnel pour donner le 'la' à une réforme majeure du quinquennat dans un gouvernement au parti pris libéral assumé ? Le président de la République lui-même avait fait de cette réforme l’un des tournants de son quinquennat. Ce devait être une réforme de progrès; ce sera au mieux une réforme de compromis – voire de compromission. Au pire, cela restera comme une trahison historique – et destructrice – d’une gauche en mal de repères. 
"Ce projet de loi est une erreur historique, assène le conseiller. C’est une régression en matière de droits sociaux, dans la mesure où de nombreux acquis des travailleurs pourront être renégociés à l’échelle des entreprises, où le rapport de force est systématiquement défavorable aux salariés. C’est un non sens économique, parce qu’il n’est pas prouvé que cette loi créera de l’emploi.
C’est enfin
un non sens politique: quand on se dit de gauche, quand on s’estime progressiste, je ne vois pas comment on peut soutenir un tel texte."
Myriam El Khomri était-elle la bonne personne au bon endroit ?

Fleur Pellerin était déjà une erreur de casting. Et c'est une femme de plus que Hollande a jetée comme un Kleenex. 
 
Après la franco-marocaine Najat Vallaud-Belkacem à l'Education, c'était, semble-t-il, au tour d'une autre trentenaire de prendre les commandes d'un grand ministère. Comme d'élire un métis à la Maison Blanche, en le faisant passer pour Black, et maintenant, la première femme, une septuagénaire, en la faisant passer pour agile et équilibrée. Dans dix ans, le PS pourra citer les noms de ces deux calamités, avec celui d'Audrey Azoulay, pour preuve de la promotion socio-politique du Maghreb sous une présidence socialiste, indépendamment de leurs accomplissements et de leur impopularité. 

N'est-ce pourtant pas cette même 
Myriam El Khomri, ministre de Hollande, il faut dire, qui, en novembre 2015, a étalé l'étendue de son incompétence sur le nombre de renouvellements d'un CDD ? Après s'être empêtrée sur ce nombre lors d'une entretien de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et RMC, elle a ensuite avoué qu'elle ignorait la réponse.
En fin de matinée, depuis la cour de l'Elysée et en direct sur BFMTV, Myriam El Khomri avait commis l'imprudence de revenir sur cet échange, se disant "très sereine", et considérant qu'il n'est pas dans son rôle de "réciter l'intégralité des articles du Code du travail". Pffftttt....

Si El Khomri a trébuché dans sa douche, 
Trop drôle de gérer le chômage des Français !
c’est parce que c'est une militante fonceuse, nous assure-t-on, comme s'il s'agissait d'une qualité. A 38 ans, la franco-marocaine, qui dépasse Valls d'une tête, a moins que jamais la notion du possible et peut tenir tête au premier ministre, si c'est un petit zizi, ou au président de la République, si c'est un gros mou, car la bécasse a plus d'ambition que de perspicacité: c'est une arriviste à qui son militantisme a tout donné tout cuit, au nom de la promotion de la diversité. Son parcours depuis Rabat, son DESS acquis dans une université amie, au vu de "ses engagements, son expérience à la Ville de Paris et au secrétariat d’Etat à la politique de la ville auraient pu – auraient dû – la conduire à porter haut et fort les revendications des travailleurs, à défendre les salariés d’Air France quand 3.000 postes sont menacés", mais les petits gestes princiers de la main et la distribution de sourires ne règlent rien. S'est-elle fermement opposée au travail le dimanche? N'a-t-elle rien lâché sur les commandes patronales, notamment en matière de licenciement ? Son conseiller dit avoir cru en elle. "Et nous avons échoué", constate-t-il. 

Mais Myriam El Khomri y croit encore, constate son ex-conseiller.
Fonceuse du genre bourrin, ambitieuse qui accepte tout ce qui passe, elle n'a pas imaginé un seul instant que "petit zizi" la fourrait dans un mauvais pétrin, faisant d'elle la mère-porteuse de son projet de réforme du Code du Travail pour ne pas y laisser de plumes. La dinde, oui. Les féministes socialistes se sont mobilisées sur les plateaux de télévision pour faire croire qu'elle est plus maligne qu'elle en a l'air et qu'elle est victime de machisme et, pendant qu'on y était, de sexisme, car si on est une femme, on est forcément supérieure à l'homme. Au même titre que les attentats nous font quelque peu douter de Malraux assurant que "le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas", Najat Vallaud-Belkacem et Myriam El Khomri contredisent la maxime de Louis Aragon selon laquelle "la femme est l'avenir de l'homme"...

"Je n’étais donc plus utile à ses côtés. J’ai quitté son équipe sur un désaccord politique et stratégique majeur." Et Jacquemain d'ajouter: "D’ordinaire, un conseiller ministériel, petite main de l’ombre, ça ferme sa gueule." Mais la petite main prépare sa reconversion: un  changement de majorité est si vite arrivé...   

dimanche 9 août 2015

Adieu Rebsamen: Hollande recherche volontaire pour ministère du Travail

Mission impossible: qui veut travailler sous Valls à retrouver la courbe de l'emploi ?

"Rebs" renonce et rentre à Dijon !

Hollande encaisse mal ce nouveau coup dur venu de la Rue de la Grenelle et d'un familier. La succession de Frère Rebsamen est ouverte au gouvernement: il devrait redevenir maire de la ville, mais sa place à Bercy ne motive personne, pas même les inconscients les plus ambitieux.  
François Rebsamen devrait reprendre lundi son siège de maire de Dijon suite au décès, fin juillet, de son ancien adjoint qui lui avait succédé. Une décision annoncée trois jours après le décès à 63 ans d'Alain Millot, à qui il avait confié les rênes de la municipalité en avril 2014.
S'il est élu, il quittera avec une retraite de ministre le gouvernement Valls,sa succession au poste très exposé de ministre du Travail reste pendante. Après seize mois au gouvernement, il a préféré prendre ses cliques et ses claques et revenir à la tête de la ville qu'il a déjà dirigée pendant treize ans.
 
Mieux vaut être le premier dans son village que le dernier des derniers dans Rome.
Lors de la réunion du conseil municipal, lundi à 14 heures, François Rebsamen, sera dans un premier temps candidat au mandat de maire. À 17 heures, il devrait ensuite retrouver également le siège de président du Grand Dijon, occupé lui aussi pendant seize mois par Alain Millot. Oppose frontalement à Hollande sur le non-cumul des mandats, Le ministre du Travail et de l'Emploi souhaitait cumuler les fonctions et rester au gouvernement. Mais il s'est fait sèchement recadrer par l'Élysée et Matignon qui lui ont rappelé la règle : "On ne pas être chef d'un exécutif et membre du gouvernement." Son remplacement devrait donc se faire rapidement. D'après une fuite de Matignon, le ministre serait remplacé après le conseil des ministres de rentrée, qui a lieu le 19 août.

A Dijon, l'annonce de son retour laisse perplexe. 
Anne Erschens, chef de file (LR) de l'opposition municipale, n'y voit ni "grande surprise", ni une réaction "anormale". S'il veut de nouveau se consacrer à Dijon, ça ne pourra "se faire qu'à plein temps", fait-elle toutefois valoir. Autre élu d'opposition, Emmanuel Bichot (LR) fustige en revanche un "retour piteux" du ministre, lui prédisant "le mandat de trop" à la mairie de Dijon. 
Outre François Rebsamen, aucun autre conseiller municipal n'a jusqu'à présent fait savoir qu'il sera candidat au poste de maire. Aux municipales de mars 2014, la liste conduite par François Rebsamen avait recueilli 52,84 % des voix dans une triangulaire qui l'opposait au sénateur LR de Côte-d'Or Alain Houpert (34,02 %) et au FN Édouard Cavin (13,13 %). La montée du FN avait clairement profité au socialiste.

VOIR et ENTENDRE le gestionnaire dilettante dont la rue de Grenelle ne sera pas mécontent de se débarrasser et que Dijon veut récupérer:

L'un des postes gouvernementaux les plus désespérants

Certes, à 64 ans comme Rebs, mieux vaut être à la tête du ministère du Chômage que demandeur à Pôle emploi. Et pourtant les candidats ne se pressent pas pour lui succéder dans ce gouvernement, impuissant à agir sur l'économie et le chômage de masse, retranché dans le sociétal et fanfaronnant sur le front de la com'.

Quelques hypothèses ont été avancées pour préserver les équilibres politiques
A l'approche des régionales et de l'ouverture officielle de la campagne présidentielle, la victime parfaite serait à la fois proche de François Hollande, membre de l'aile gauche du PS (pour rameuter l'électorat séduit par les extrêmes, y compris frontiste, et écologiste...

Mais dans le cercle de Hollande, seul... Alain Vidalies, l'actuel mais inexistant secrétaire d'État aux Transports (qualifié de fin connaisseur des dossiers sociaux, mais remplacé par Valls au premier coup de vent social), a  laissé filtrer que l'emploi ne l'a "jamais laissé insensible". Vidalies, c'est celui pour lequel Hollande cherche, en vain depuis trois ans, un poste qui lui corresponde de près ou de loin: il a été placé au secrétariat d'État aux Relations avec le Parlement, puis recasé aux Transports, à la Mer et à la Pêche, avec les mêmes résultats. Serait-il avisé de le déplacer contre les intérêts de la France et de le promouvoir ministre ?

L'Elysée fait aussi circuler le nom d'un factotum de Hollande, l'intermittent du gouvernement Stéphane Le Foll que l'on dit pourtant aussi malade que l'Agriculture qu'il a en charge, mais hautain par faiblesse, face à la détresse des éleveurs. 
L'exécutif est tellement à la ramasse qu'il cite encore un inconnu sans aucune expérience du monde du travail,  Jean-Marc Germain, une ombre grise des femmes: c'est en effet un proche de Martine Aubry et prince consort de la maire de Paris, sous la tutelle d'Anne Hidalgo. Du secteur économique, il ne connaît que les cabinets: celui de Martine Aubry au ministère de l’Emploi et de la Solidarité, puis à la communauté urbaine de Lille métropole, ainsi que celuis de Lionel Jospin à Matignon. A cinquante ans, l'essentiel de sa carrière se situe à Lille.

Le Cégétiste Henri Krasucki aurait pu faire l'affaire, mais il est hélas mort:
Et Thierry Lepaon ? Voilà un syndicaliste disponible et à la convenance des socialistes !

A l'évidence, François Rebsamen a tout aussi échoué 
au Travail que Michel Sapin. Son prédécesseur a passé seize mois à relever les frémissements de la courbe de l'emploi en promettant une volupté à venir, sans parvenir à l'explosion. Frère Rebsamen a préféré l'honnêteté, intellectuelle et politique, mais l'éthique personnelle ne supplée pas non plus à la compétence.
Passé derrière Sapin et deux années d'attentisme du ravi de Bercy, Rebs n'a connu que désillusions. Ce pensant plus compétent à l'Intérieur avec un DESS de sciences économiques, ce haut-fonctionnaire territorial a accepté le ministère du Travail par amitié pour les Ségollande en même temps que l'entrée de Ségolène Royal au gouvernement Valls 2. 
Or, sous sa direction, Pôle emploi a vu affluer plus de 200.000 chômeurs supplémentaires. Il a lui-même reconnu un temps un "échec" du gouvernement, avant de tabler sur une baisse effective du nombre de demandeurs d'emploi "à la fin de l'année" 2015. Il  a préféré ne pas attendre de faire le constat...
  
Le successeur de Rebs est donc condamné à obtenir des résultats

Les couacs et les divergences de François Rebsamen ont ajouté au ministère une image d'impuissance et d'abandon que les mensonges de Sapin, la bouche en coeur, avait déjà passablement dégradée.    
Pour patron, il faudrait un familier des dossiers, un technicien capable de maintenir des rapports cordiaux avec les partenaires sociaux, mais à poigne, lucide et sincère. Une perle rare dans le marigot des bras cassés socialistes.

Outre la tâche de redresser la courbe de l'emploi, le malheureux élu de l'exécutif aura pour mission de relancer Hollande. Qui saura servir les ambitions d'un Pépère qui, fin juillet, faisait toujours fi de son impopularité. En France, "même un président impopulaire peut agir avec une grande capacité, une grande liberté ( ...) c'est ça qui fait la différence entre nos institutions et celles de nos pays voisins", a fait valoir le chef de l'Etat devant l'Association de la presse présidentielle, une centaine de journalistes sous les lambris de la Maison des Polytechniciens, et s'est dit prêt à assumer le risque d'un échec, mais menace de se représenter. "C'est dans l'année 2016 que cette baisse crédible doit apparaître", a escompté le président. Il s'agit de "faire diminuer le chômage suffisamment longtemps pour que ce soit suffisamment crédible", a-t-il martelé. 

Question crédibilité, Hollande est-il fiable ?
"J'avais pris un engagement, cet engagement devra être tenu", a insisté le chef de l'Etat. "S'il n'y a pas de résultat, il ne peut pas y avoir de crédibilité sur une candidature". 
Une nouvelle modification des modes de calcul pourrait lui arranger le coup !

vendredi 31 juillet 2015

Lassé par ses échecs à redresser la courbe de l'emploi, Rebsamen veut se retirer à Dijon

Rebsamen candidat à la mairie de Dijon et bientôt sorti du gouvernement?

Couac: François Rebsamen sera candidat à la mairie de Dijon, fait savoir un membre de son cabinet au ministère

Frère Rebsamen saisit l'occasion du décès 
 de son ancien adjoint
 
Rebsamen rêve de Côte d'Or
Alain Millot, en cours de mandat, pour sortir du guêpier gouvernemental. L'élection devrait avoir lieu le 10 août et le ministre du Travail assure qu'il ne démissionnera pas. Rebsamen devrait prochainement redevenir maire de Dijon. Mais sera-t-il encore ministre en 2016 ?

Et si, lassé de commenter mois après mois les soi-disant frémissements de la courbe du chômage comme on compte les battements de coeur d'un cher moribond, François Rebsamen s'exfiltrait lui-même du ministère du Travail ? L'hypothèse enfle depuis le décès du maire de Dijon Alain Millot, qui laisse derrière lui un fauteuil vide qu'a longtemps occupé l'actuel monsieur Chômage du gouvernement. 

Le ministre candidat ne se déclare pas franchement et clairement

Curieusement, c'est l'entourage ministériel de François Rebsamen qui a annoncé jeudi 30 juillet sa candidature officielle au retour en mairie à la mi-août. A 15h30, François Rebsamen entretient la confusion en affirmant qu'il ne démissionnera pas de ses fonctions au gouvernement.
Le ministre du Travail justifie cette décision par l'existence d'une "jurisprudence (Frédéric) Cuvillier", du nom de l'ex-secrétaire d'Etat aux Transports, qui avait cumulé son poste ministériel avec le mandat de maire de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) pendant cinq mois, du 30 mars au 25 août 2014.

La moutarde serait montée au nez de Hollande
Angela brandit son trophée
L'Elysée a aussitôt fait savoir que le faux frère "sera remplacé."
"Tant que le président ne m'aura pas demandé de cesser mes fonctions, je les assumerai", a riposté François Rebsamen ce jeudi. Et le ministre a bien fait savoir qu'il "remettra sa démission entre les mains du président et du Premier ministre, quand ses engagements ministériels seront terminés"

L'entourage du ministre du Travail laisse entendre que celui-ci pourrait conserver les deux fonctions quelques semaines, avant un probable remaniement après les élections régionales, en décembre.

Mais l'Elysée qui veut forcer François Rebsamen à choisir, l' recadré: le ministre "sera remplacé" s'il est "élu maire de Dijon". "Il y a un principe: il n'est pas possible de cumuler une fonction ministérielle et un mandat exécutif local." 

G. Cherpion, député des Vosges et tombeur du socialiste sortant Christian Pierret, est secrétaire National Les Républicains chargé du Travail et de l'Emploi.

Par ailleurs,
Manuel Valls est officiellement monté au créneau avec les mêmes arguments : "Il y a des principes qui s'appliquent et [François Rebsamen] le sait parfaitement: on ne peut pas être chef d'un exécutif (...) et en même temps membre du gouvernement. [C'est] une exigence des citoyens." En 2012, Valls avait été préféré à Rebsamen au ministère de l'Intérieur et les deux hommes s'apprécient guère. François Rebsamen est en effet considéré comme l'un des spécialistes de sécurité au sein du PS. 

Pendant la campagne présidentielle de 2012, c'est lui qui a élaboré et vendu à l'opinion ce volet du programme de François Hollande.  
En mai 2013, la victoire du PSG au championnat de France fut suivie de violentes émeutes au Trocadéro, à Paris. Interrogé par Public Sénat qui lui demandait qui, du club ou du ministère de l'Intérieur, était responsable de la tournure prise par les événements, François Rebsamen avait répondu "peut-être les deux". En août 2013, répondant à une question du JDD lui demandant s'il avait le sentiment que Manuel Valls en faisait trop durant l'été, François Rebsamen répondait: "Disons qu'il sait être au service de sa popularité. C'est sa méthode et visiblement elle lui réussit plutôt bien".
Avec l'arrivée de Valls à Matignon, François Rebsamen avait totalement changé de musique. Le sénateur PS avait décrit le nouveau Premier ministre comme "l'homme de la situation". "Valls est l'homme en situation et qui correspond à la situation", avait-il déclaré. Tout en affirmant, "comprendre" les doutes de "l'aile gauche du PS."

Le plan de carrière de François Rebsamen provoque les sarcasmes de l'opposition 

Luc Chatel n'a pas épargné le cumulard.

Le député Les Républicains de la Haute-Marne a expliqué à Patrick Roger en quoi
"ce gouvernement fait fausse route" sur le chômage :
Luc Chatel est d'acocord avec Rebsamen: si lutter contre le chômage est trop "difficile" pour le ministre de Valls, il faut en effet qu'il change de boulot.

A Dijon, on se consacre pour l'instant à un "temps du recueillement." 
Un hommage était rendu à Alain Millot en mairie ce jeudi après-midi, avant une cérémonie officielle prévue à 17h. François Rebsamen avait annoncé sur son compte Twitter qu'il serait présent. Un conseil municipal extraordinaire sera convoqué le 10 août à 14h pour élire le nouveau maire, selon des sources politiques locales. Puis, à 17h, l'assemblée du Grand Dijon se réunira pour choisir un nouveau président.
Depuis le décès d'Alain Millot qui avait été le premier-adjoint de ce dernier depuis 2001, c'est la première adjointe Nathalie Koenders qui assure l'intérim à la mairie.