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mercredi 15 janvier 2020

Edouard Philippe mis à mal sur la gestion d'une association au Havre

Le premier ministre s'est fait épinglé sur la gestion d'une association au Havre

Philippe rattrapé par un rapport de la chambre régionale des comptes, la gestion de la structure présente de multiples défaillances


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Avant son arrivée-surprise à Matignon, et donc jusqu’en 2017, l'Edouard présidait l’agence de développement économique Le Havre Développement (LHD). Le rapport au vitriol de la chambre régionale des comptes (CRC) de Normandie est un sévère rappel à l’ordre. Selon le document, rendu public le 14 janvier et relayé dans Le Monde du 16 janvier, l’agence de développement économique Le Havre Développement (LHD) - qui disposait d’un financement de 1,2 million d’euros, assuré à 98% par des fonds publics - fait apparaître de multiples irrégularités pour les cinq exercices de 2013 à 2017.

Premier problème relevé par la CRC : le conseil d’administration de l’association est identique à la composition de l’assemblée générale. Une confusion qui rend, selon le rapport, "difficile l’identification des attributions et compétences respectives de deux instances".

Par ailleurs, selon les statuts de l’association, le président est le seul à pouvoir signer les contrats, engager et régler les dépenses. Or, dans la pratique, Edouard Philippe a délégué la quasi-totalité de ses pouvoirs au directeur général, sans qu’aucune disposition statutaire ne le prévoie, indique Le Monde. "Ce cumul conduit à concentrer dans les mains du directeur général les fonctions d’ordonnateur et de payeur, en contradiction avec le principe de séparation des tâches", relève le rapport de la CRC. 

De plus, ces délégations n’ont jamais été clairement inscrites dans les textes. "En conséquence, l’ensemble des actes pris sous la direction des directeurs est présumé dépourvu de fondement juridique", tranche la CRC.

Côté financement, en 2014 et 2016, la communauté d’agglomération havraise (Codah) a alloué deux subventions à l’association pour financer des prestations externes, pointe la CRC. Un dispositif qui peut être considéré comme "un moyen de contourner les règles de la commande publique" et qui "contrevient aux dispositions de la loi", détaille la Chambre régionale des comptes. 
Tout en notant que l’association "méconnaît la réglementation relative à la commande publique", elle relève de surcroît que "les dépenses ne sont pas rattachées aux actions mises en œuvre" et invite l’agence de développement "à améliorer la cohérence et la lisibilité de son activité".

Alors que Le Havre Développement a vu son périmètre se réduire au fil des années, la Chambre régionale des comptes pose également la question du maintien de l’agence de développement et invite ses membres à "s’interroger sur sa raison d’être".

samedi 8 juin 2019

Qui sont ces maires de droite se déclarant prêts à collaborer avec Macron ?

Edouard Philippe sert d'entremetteur

Une quarantaine de maires de droite et du centre appellent à collaborer avec le président de la République et son gouvernement

Au moment où, mercredi, Valérie Pécresse annonçait qu’elle quittait LR, 
le premier ministre Philippe recevait à Matignon des maires de villes moyennes
Un non-événement monté en épingle malgré l'identité des signataire de la tribune dans une tribune, publiée la semaine prochaine,  à l’initiative d’Edouard Philippe. Alors que l'échéance des élections municipales approche (l'année prochaine) et au vu du score historiquement faible de 8,5% enregistré par les Républicains aux dernières Européennes, certains sortants choisissent de se laisser porter par le courant macronien, plutôt que de défendre ce qu'ils appelaient jusqu'ici des convictions...

Ce jeudi, le premier ministre leur avait tendu son miroir aux alouettes, réunissant une quinzaine de maires de la droite et du centre, autour d’un déjeuner, pour évoquer les municipales 2020, le ventre plein. 

Parmi eux, beaucoup de "Macron-compatibles", pour ne pas dire des juppéistes comme ce participant au Groupe Bilderberg depuis 2012, le maire d’Angers Christophe Béchu, ci-dessous avec l'Edouard, qui a quitté Les Républicains dès 2017 et a soutenu la liste de La République en marche aux élections européennes de 2019. En vue du second tour de l'élection présidentielle française, qui opposa Emmanuel Macron à Marine Le Pen, il signa déjà une tribune de soutien au candidat En marche!. Ce soutien, pourtant tardif dans la campagne présidentielle, était motivé par l'ambition de Béchu de devenir ministre dans le gouvernement du nouveau président.

Ainsi, le maire d’Orléans Olivier Carré,
soutien de l'actuel ministre de l'Economie de Macron, Bruno Le Maire, lors de la primaire présidentielle des Républicains de 2016, puis de François Fillon lors de l'élection présidentielle de 2017, avant de quitter Les Républicains en juin 2017. Il est membre de 'La France audacieuse', mouvement lancé par Christian Estrosi.
Pour respecter la loi sur le cumul des mandats, il renonça à se présenter aux législatives de 2017, ce qui l'incita à quadrupler son indemnité de maire pour compenser sa perte de revenus, créant ainsi une polémique: il s'assura en effet un revenu de 8.000 € mensuels.

Louis Vogel, maire de Melun, est aussi du nombre: en novembre 2017, il participa à la création d'Agir!, présidé par Franck Riester, un groupie de Macron et un garagiste que le président a récompensé du ministère de la Culture.

Christophe Bouchet (Tours, 136.000 habitants), un homme d'affaires membre du Mouvement Radical soutenu par un ancien ministre de Sarkozy, Jean-Louis Borloo, qui sortit de sa retraite pour soutenir Macron au second tour de l'élection présidentielle française de 2017 face à Marine Le Pen.

Comme Luc Bouard
, maire de La Roche-sur-Yon, sur une liste de rassemblement de la droite et du centre (UMP, MoDem, UDI et La Roche pour tous)...

Ou David Robocelui de Vannes, qui fut conseiller de son mentor, François Goulard, ancien maire UMP de Vannes et ministre délégué à l'Enseignement supérieur et à la Recherche dans le gouvernement Villepin.

Franck Le Bohellec 
(Villejuif), qui prit un certain nombre de décisions anticommunistes, comme par exemple l'intervention la police contre des manifestants vendant du muguet devant la mairie le 30 avril 2014, veille du 1er mai. En décembre 2014, il créa des remous dans les rangs communistes en choisissant de renommer le parvis Georges-Marchais de Villejuif professeur Georges-Mathé, résistant gaulliste et chercheur contre le cancer. Le maire dénonça un personnage controversé ayant soutenu la dictature soviétique, s'alliénant certaines associations (Amis de l’Humanité, Attac, France Palestine Solidarité et l’Association des musulmans du Val de Bièvre) à l'exception du MRAP.

Ou encore Marie-Hélène Thoraval
(Romans-sur-Isère), épinglée par Mediapart  en septembre 2013 pour avoir payé avec ses frais de mandats 2.000 euros pour louer un bateau quatre jours en Méditerranée avec son mari et ses filles. Elle sera pourtant porte-parole du groupe "Les Maires avec Alain Juppé" et à l'initiative du rassemblement ".000 Maires avec Alain Juppé".
Et bien sûr, ...Thierry Solère, député LREM des Hauts-de-Seine et proche d’Edouard Philippe, après l'avoir été de Jean-Pierre Raffarin, Bruno Le Maire, Claude Guéant et François Fillon, dont il fut le porte-parole pour la présidentielle de 2017. Il appela même en vain Alain Juppé à remplacer le candidat Fillon. Solère participera à la création du groupe les Constructifs : républicains, UDI et indépendants qui appuiera la majorité présidentielle de Macron (En Marche!). Archétype du traître, ce franc-maçon se fit exclure des Républicains le 31 octobre 2017 et, le 25 novembre 2017, il adhéra à La République en marche (LREM). Au lendemain des élections européennes de 2019, la majorité compte sur lui dans son opération débauchage des brebis égarées des Républicains.
Aucun n'a la reconnaissance du ventre...

Sont maintenant annoncés une cinquantaine d’élus de droite et du centre, signataires, la semaine prochaine, d'une tribune appelant à soutenir Emmanuel Macron. 
Intitulé "République des maires et des élus locaux", l'appel veut "la réussite du président de la République et du gouvernement car rien ne se construira sur leur échec," selon eux. "Nous refusons de nous laisser réduire à une étiquette, à une consigne de vote, à un appareil partisan. Notre parti, ce sont d’abord nos habitants, c’est la République", n'hésitent pas à graver dans le marbre les girouettes de la droite orléaniste. 

Point commun de tous ces élus : ce sont des proches d’Edouard Philippe. 
Comme lui, Christophe Béchu a d’ailleurs été l’un des porte-parole d’Alain Juppé lors de la primaire de la droite en 2016. Le premier ministre s’est d’ailleurs déjà déplacé à trois reprises à Angers depuis le début du quinquennat.
Dernière en date, un meeting à quelques jours des européennes, un mois après que Christophe Béchu avait déjà signé une tribune défendant "une Europe façon Macron" dans le Journal du dimanche. A moins d’un an des élections municipales, l’exécutif continue de façonner le nouveau visage de l’échiquier politique.

vendredi 22 mars 2019

Philippe pouvait-il tout ignorer des mœurs de son adjoint au Havre ?

Le maire du Havre démissionne après la diffusion de photos de lui nu à plusieurs femmes

Philippe a fait un déplacement secret au Havre pour exiger la démission de son protégé


La photo montre le premier ministre de Macron, Edouard Philippe, (à gauche), accompagné de son ex-adjoint à la mairie du Havre, Luc Lemonnier, dont il a fait son successeur à la mairie du Havre, lors de sa nomination à Matignon. 
L'affaire était suivie de près ces derniers jours à Matignon, où la démission du successeur d'Edouard Philippe suscite des interrogations en vue des municipales de 2020.

Suite à la visite éclair et tenue secrète de Philippe, le maire du Havre, Luc Lemonnier (assureur de 51 ans), a annoncé jeudi 21 mars sa démission, officiellement pour "protéger sa famille" sur fond de scandale lié à la diffusion de photos de lui nu par une femme qui se dit elle-même victime de l'édile.
"J'ai décidé de présenter ma démission de mes fonctions et mandats à la ville du Havre et à la communauté urbaine. Cette décision, mûrement réfléchie, s'est imposée à moi en raison de la nécessité de protéger ma famille et mes proches", a annoncé le maire dans un communiqué.

Luc Lemonnier, 50 ans et père de quatre enfants, avait remplacé en mai 2017 l'actuel premier ministre de Macron, Edouard Philippe, dont il est proche, à la tête de la ville portuaire de plus de 170.000 habitants. Matignon n'a pas souhaité faire de commentaire.

"Pour moi, ça a été un viol, en fait"

En juin 2018, il avait déposé plainte pour diffamation et diffusion de photos de lui nu à des conseillers municipaux, ainsi qu'à Edouard Philippe, sans que celui-ci ne s'offusque et prenne une décision. 
"Des conseillers municipaux ont été destinataires d'une photo du maire nu accompagné d'un texte qui prêtait au maire des comportements qu'il dément", a expliqué Me Saint-Palais. Pas plus transparent que Matignon, le Parquet du Havre s'est refusé à tout commentaire sur cette affaire. Selon son avocat, Me Christian Saint-Palais, cette plainte a été classée sans suite et la personne à l'origine des faits a écopé d'un rappel à la loi.

Interrogée mardi par France-Bleu Normandie, la femme qui avait révélé le scandale en diffusant  ces photos a assuré avoir voulu, par son geste, dénoncer les clichés envoyés par le maire lui-même deux années auparavant.
"J'avais l'impression d'être seule, que personne ne voulait m'entendre et pour moi, ça a été un viol en fait", a-t-elle affirmé au micro de la radio, souhaitant garder l'anonymat. "Ça a été compliqué, j'ai fait une tentative de suicide. Je suis mariée depuis plus de vingt ans, j'ai des enfants, je suis épanouie dans ma vie de couple, je n'étais pas du tout dans un jeu de séduction", explique-t-elle, ajoutant avoir voulu porter plainte, mais que cela avait été "compliqué".

Le plus choqué serait l'exhibitionniste...
Luc Lemonnier dit avoir "été choqué et blessé par cette interview. La présentation qui en est faite ne correspond pas à la réalité des faits. Les mots utilisés l'ont blessé et choqué", avait réagi Me Saint-Palais.
Dans un communiqué mercredi, le maire avait démenti "catégoriquement les comportements qui lui sont prêtés". "Les échanges de messages auxquels il a pu participer sont intervenus dans le cadre de communications virtuelles exclusives de toute contrainte et entre adultes consentants", assurait-il.

Quatre femmes accusent le successeur d'Edouard Philippe de comportements déplacés

Nouveau rebondissement vendredi 22 mars, alors que France-Inter publie les témoignages de quatre femmes qui affirment avoir reçu des photos pornographiques du maire démissionnaire du Havre

La première femme est "une quadragénaire havraise, catholique pratiquante" qui a connu Luc Lemonnier au début des années 2000, parce que leurs enfants fréquentaient la même école. "Le futur maire du Havre est même invité au mariage d'Elise [son prénom a été modifié, NDLR] en 2005", précise France-Inter. Six ans plus tard, en 2011, Elise raconte avoir reçu quatre clichés pornographiques sur son téléphone portable dans lesquels on peut voir Luc Lemonnier dans des positions très suggestives. "Je n'ai pas compris pourquoi il m'envoyait ces photos dégoûtantes, raconte Elise. Il m'a dit qu'il voulait me montrer qu'il était ouvert pour toutes propositions." 

A ce moment-là, Luc Lemonnier est conseiller municipal d'Edouard Philippe. 
En 2014, Luc Lemonnier est en bonne place sur la liste d'Edouard Philippe aux municipales. Il est  le directeur de campagne du protégé de Juppé et deviendra son 1er adjoint.
Alors "Elise et son mari décident de transmettre ces clichés pornographiques à des colistiers de Luc Lemonnier pour les mettre en garde", explique France-Inter. L'une des élues destinataires des photos écrit alors au procureur : le couple aurait été convoqué par le parquet du Havre, sans qu'il y ait de suites judiciaires pour autant.

Une femme, "qui a des responsabilités dans une collectivité normande", raconte que Lemonnier lui a envoyé en 2014 – alors qu'il était le premier adjoint d'Edouard Philippe – une photo de son sexe alors qu'elle n'avait rien demandé. 

Le dernier témoignage évoque des "selfies" nus de Luc Lemonnier reçu le 13 juillet 2018, alors qu'il est maire du Havre. Mikaëla (son prénom a été modifié), mère de famille qui venait de perdre un enfant, avait pris contact avec le maire parce qu'elle était en situation financière précaire. 
Selon France-Inter, Luc Lemonnier et Mikaëla auraient eu plusieurs échanges de SMS. "Mikaëla ne s'en offusque pas ce soir-là, et ses réponses, que nous avons lues, semblent montrer qu'elle était consentante", écrit la cellule investigation de la radio. Mikaëla raconte : "J'étais sous antidépresseurs, je sortais de l'hôpital; en fait, je me suis laissée faire. J'ai marché dans son plan, puis je me suis sentie très mal. Moi, je voulais de l'aide, pas des photos de nu. J'ai pris ça comme un coup de couteau."

mercredi 20 janvier 2016

Justice politique: suspension de la "garde biterroise" par le tribunal administratif

Quand le judiciaire est sur la longueur d'ondes de l'exécutif...

Le vendredi 9 janvier 2015, Hollande avait appelé "tous les Français" à se "lever" contre le terrorisme

Il fallait se rassembler dans la rue à son appel et participer à sa manifestation dominicale. Il avait annoncé qu'il serait lui-même la vedette américaine de ce show médiatique, alors que la France n'en a "pas terminé" avec ces menaces. Diverses initiatives ont été prises en régions, mais certaines n'ont pas reçu l'agrément de cet organisateurs de spectacles.

Le pouvoir n'a rien à faire: ses juges accomplissent la besogne
La "garde biterroise" de Robert Ménard ne sera pas mise en place. Le tribunal administratif de Montpellier a suspendu ce mardi la décision du conseil municipal de la ville de Béziers qui avait créé ce dispositif. "Dans son analyse, le juge des référés précise que la délibération est notamment dépourvue de fondement légal", indique le Midi Libre. 

Cette "garde" controversée, qualifiée de "milice" par des opposants au maire co-fondateur de l'association Reporters sans frontières (RSF) et proche du FN, Robert Ménard, devait être composée de "citoyens volontaires, dont l'expérience et la qualification (anciens gendarmes, militaires, policiers ou sapeurs pompiers à la retraite) les amènent à apporter leur aide à la collectivité dans un contexte marqué par l'état d'urgence", selon la délibération municipale. Elle était censée patrouiller dans les rues de la ville: de la prévention et de la dissuasion dont la gauche ne veut pas, quand elle n'en a pas l'initiative. 

Deux recours en référé


En décembre 2015, Robert Ménard proposa de créer une "garde biterroise", composée de bénévoles, pour patrouiller de concert avec la police municipale pendant l'état d'urgence, histoire de renforcer la protection de ses administrés. Le président Hollande se posait en "protecteur" des Français et Ménard avait reçu le message. 

Or, le préfet, représentant du gouvernement, avait déposé deux recours: un référé en urgence pour demander au juge de démontrer que la décision ne s'applique pas. Sans surprise, la sentence est tombée mardi et fera jurisprudence, interdisant à toute autre municipalité de suivre l'exemple de Béziers, quelles que soient ses difficultés.
L'autre référé demandait clairement l'annulation de la décision municipale, mais doit encore être examiné. 

Le juge des référés se justifie en faisant référence à l'"application d'une jurisprudence constante, selon laquelle la police administrative constitue un service public qui, par sa nature, ne saurait être délégué". Le maire n'est pas maître en sa mairie.
Subjectivité judiciaire


"Doute sérieux sur la légalité de la délibération"
"Il [le tribunal] juge ainsi que les tâches de surveillance des bâtiments publics et de la voie publique sont partie intégrante, dans les communes, de la police municipale -quels que soient ses effectifs et ses moyens-  et doivent être exercées par le maire ou par des agents placés sous son autorité, sous le contrôle du représentant de l'Etat, et que le conseil municipal de Béziers ne pouvait en conséquence légalement confier à des particuliers les missions de surveillance de la voie publique ou des bâtiments publics", poursuit le jugement. Puisqu'elle ne peut "déléguer", on imagine bien la maire de Lille patrouillant, de nuiten gilet pare-balles. Mais sans chiens: de cela, elle peut faire l'économie... 

Le juge rejette de surcroît la notion de "collaborateur occasionnel du service public", mise en avant par Me Raphaële Hiault-Spitzer, l'avocate de la ville de Béziers à l'audience du 13 janvier. 

Mettant en avant "un doute sérieux sur la légalité de la délibération", le juge en ordonne la suspension et "enjoint" la commune de Béziers "de surseoir à la mise en place opérationnelle de la 'garde biterroise' et de mettre fin à toute mesure d'information et de publicité la concernant, jusqu'à ce que le tribunal statue sur le fond de l'affaire". 

"Une décision politique", réagit le maire

"Aujourd'hui la garde biterroise n'est pas illégale, seule la délibération est suspendue"
, a souligné Robert Ménard lors d'une conférence de presse à Béziers. 
"C'est une étape... La préfecture a pris une décision politique. Nous, ce que nous attendons aujourd'hui, c'est un vrai débat au fond pour donner plus de pouvoirs aux maires dans des situations exceptionnelles". Ne sommes nous pas en effet en "état d'urgence" ?

Manque encore un sondage d'opinion consacré à l'idée de "garde municipale" pendant la durée de l'état d'urgence", à titre expérimental.

vendredi 31 juillet 2015

Lassé par ses échecs à redresser la courbe de l'emploi, Rebsamen veut se retirer à Dijon

Rebsamen candidat à la mairie de Dijon et bientôt sorti du gouvernement?

Couac: François Rebsamen sera candidat à la mairie de Dijon, fait savoir un membre de son cabinet au ministère

Frère Rebsamen saisit l'occasion du décès 
 de son ancien adjoint
 
Rebsamen rêve de Côte d'Or
Alain Millot, en cours de mandat, pour sortir du guêpier gouvernemental. L'élection devrait avoir lieu le 10 août et le ministre du Travail assure qu'il ne démissionnera pas. Rebsamen devrait prochainement redevenir maire de Dijon. Mais sera-t-il encore ministre en 2016 ?

Et si, lassé de commenter mois après mois les soi-disant frémissements de la courbe du chômage comme on compte les battements de coeur d'un cher moribond, François Rebsamen s'exfiltrait lui-même du ministère du Travail ? L'hypothèse enfle depuis le décès du maire de Dijon Alain Millot, qui laisse derrière lui un fauteuil vide qu'a longtemps occupé l'actuel monsieur Chômage du gouvernement. 

Le ministre candidat ne se déclare pas franchement et clairement

Curieusement, c'est l'entourage ministériel de François Rebsamen qui a annoncé jeudi 30 juillet sa candidature officielle au retour en mairie à la mi-août. A 15h30, François Rebsamen entretient la confusion en affirmant qu'il ne démissionnera pas de ses fonctions au gouvernement.
Le ministre du Travail justifie cette décision par l'existence d'une "jurisprudence (Frédéric) Cuvillier", du nom de l'ex-secrétaire d'Etat aux Transports, qui avait cumulé son poste ministériel avec le mandat de maire de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) pendant cinq mois, du 30 mars au 25 août 2014.

La moutarde serait montée au nez de Hollande
Angela brandit son trophée
L'Elysée a aussitôt fait savoir que le faux frère "sera remplacé."
"Tant que le président ne m'aura pas demandé de cesser mes fonctions, je les assumerai", a riposté François Rebsamen ce jeudi. Et le ministre a bien fait savoir qu'il "remettra sa démission entre les mains du président et du Premier ministre, quand ses engagements ministériels seront terminés"

L'entourage du ministre du Travail laisse entendre que celui-ci pourrait conserver les deux fonctions quelques semaines, avant un probable remaniement après les élections régionales, en décembre.

Mais l'Elysée qui veut forcer François Rebsamen à choisir, l' recadré: le ministre "sera remplacé" s'il est "élu maire de Dijon". "Il y a un principe: il n'est pas possible de cumuler une fonction ministérielle et un mandat exécutif local." 

G. Cherpion, député des Vosges et tombeur du socialiste sortant Christian Pierret, est secrétaire National Les Républicains chargé du Travail et de l'Emploi.

Par ailleurs,
Manuel Valls est officiellement monté au créneau avec les mêmes arguments : "Il y a des principes qui s'appliquent et [François Rebsamen] le sait parfaitement: on ne peut pas être chef d'un exécutif (...) et en même temps membre du gouvernement. [C'est] une exigence des citoyens." En 2012, Valls avait été préféré à Rebsamen au ministère de l'Intérieur et les deux hommes s'apprécient guère. François Rebsamen est en effet considéré comme l'un des spécialistes de sécurité au sein du PS. 

Pendant la campagne présidentielle de 2012, c'est lui qui a élaboré et vendu à l'opinion ce volet du programme de François Hollande.  
En mai 2013, la victoire du PSG au championnat de France fut suivie de violentes émeutes au Trocadéro, à Paris. Interrogé par Public Sénat qui lui demandait qui, du club ou du ministère de l'Intérieur, était responsable de la tournure prise par les événements, François Rebsamen avait répondu "peut-être les deux". En août 2013, répondant à une question du JDD lui demandant s'il avait le sentiment que Manuel Valls en faisait trop durant l'été, François Rebsamen répondait: "Disons qu'il sait être au service de sa popularité. C'est sa méthode et visiblement elle lui réussit plutôt bien".
Avec l'arrivée de Valls à Matignon, François Rebsamen avait totalement changé de musique. Le sénateur PS avait décrit le nouveau Premier ministre comme "l'homme de la situation". "Valls est l'homme en situation et qui correspond à la situation", avait-il déclaré. Tout en affirmant, "comprendre" les doutes de "l'aile gauche du PS."

Le plan de carrière de François Rebsamen provoque les sarcasmes de l'opposition 

Luc Chatel n'a pas épargné le cumulard.

Le député Les Républicains de la Haute-Marne a expliqué à Patrick Roger en quoi
"ce gouvernement fait fausse route" sur le chômage :
Luc Chatel est d'acocord avec Rebsamen: si lutter contre le chômage est trop "difficile" pour le ministre de Valls, il faut en effet qu'il change de boulot.

A Dijon, on se consacre pour l'instant à un "temps du recueillement." 
Un hommage était rendu à Alain Millot en mairie ce jeudi après-midi, avant une cérémonie officielle prévue à 17h. François Rebsamen avait annoncé sur son compte Twitter qu'il serait présent. Un conseil municipal extraordinaire sera convoqué le 10 août à 14h pour élire le nouveau maire, selon des sources politiques locales. Puis, à 17h, l'assemblée du Grand Dijon se réunira pour choisir un nouveau président.
Depuis le décès d'Alain Millot qui avait été le premier-adjoint de ce dernier depuis 2001, c'est la première adjointe Nathalie Koenders qui assure l'intérim à la mairie.

dimanche 28 juin 2015

Orléans: Olivier Carré (Les Républicains), élu maire en remplacement de Serge Grouard (UMP)

Olivier Carré a été élu maire d'Orléans ce dimanche.

Le député du Loiret (Les Républicains) remplace le tombeur du socialiste Jean-Pierre Sueur en 2001


Olivier Carré
Serge Grouard a démissionné pour raison de santé.Conseiller municipal depuis 2001, Olivier Carré, jusqu'alors premier adjoint, a obtenu 45 voix sur 54 lors du conseil municipal extraordinaire. Il y a eu neuf bulletins blancs.
La voix cassée par l'émotion, le nouveau maire a aussitôt remercié son prédécesseur, dont il a salué le sérieux de la gestion "sans peser ni sur l'impôt ni sur la dette".

Une famille de serviteurs de l'Etat
Natif d'Orléans, Olivier Carré, 54 ans, est un ancien chef d'entreprise, bien implanté localement. Son grand-oncle, Roger Secrétain, fut maire d'Orléans de 1959 à 1971. Son oncle, Antoine Carré, a été député et vice-président du conseil général. Son père a dirigé le quotidien local La République du Centre.

Marié et père de cinq enfants, Olivier Carré est par ailleurs député de la première circonscription du Loiret, où il a été élu pour la première fois en 2007, et réélu en 2012. A l'Assemblée nationale, il est membre de la commission des Finances.

Jean-Pierre Sueur est encore sénateur PS du Loiret
Ce franc-maçon de 68 ans et ancien secrétaire d’État aux Collectivités territoriales des gouvernements Cresson et Bérégovoy, fut successivement soutien de Dominique Strauss-Kahn à la primaire socialiste pour l'élection présidentielle de 2007, aussi bien que de Martine Aubry à celle de 2012.

Serge Grouard, ex-collaborateur de Jacques Chirac


Son prédécesseur, Serge Grouard, 56 ans, conseiller technique au cabinet du maire de Paris, Jacques Chirac (1993-1996), a été le premier maire d'Orléans à se faire élire à trois reprises depuis 2001. Il demeure membre du conseil municipal, adjoint à la stratégie métropolitaine, et député du Loiret.

En mars 2013, il refusa l’implantation d’une école musulmane à Orléans, au nom de la "laïcité" et expliquant : "Après, on m'oppose l'argument des écoles dédiées à d'autres religions. Mais ça n'a rien à voir ! Les écoles catholiques, notamment, sont sous contrat, avec un programme, et une obligation de respect de la laïcité ! Et elles acceptent aussi des enfants d'autres religions, des enfants musulmans. Si l'État accepte et veut la mettre sous contrat, c'est un autre sujet. Mais là, c'est une porte ouverte vers de possibles dérives."


Or, l'attentat terroriste du 26 juin 2015 en Isère, marqué par la décapitation en France, un vendredi et pendant le ramadan, a été commis par un Français musulman de la région de Lyon sur le gérant d’une société de transports demeurant à Chassieu dans le Rhône qui travaillait en sous-traitance pour Air Products .

Air Products est dirigée depuis 2014 par un Iranien, Seifi Ghasemi. L’agence Reuters souligne que l’Iran chiite est "en pointe dans le combat contre les forces sunnites de l’Etat islamique, mouvement sunnite" dont se réclame le terroriste Salhi Yassin, domicilié à Saint-Priest, commune française de la métropole de Lyon. 
Celle-ci héberge le groupe scolaire al-Kindi, membre de la Fédération nationale de l'enseignement musulman (Fnem), qui recense deux établissements sous contrat (outre al-Kindi à Lyon, Averroès à Lille, ainsi qu'une trentaine d'autres hors contrat (3.000 élèves au total). 
La FNEM est présidée par Makhlouf Mamèche, directeur-adjoint du lycée Averroès, en charge de l'enseignement privé à l'Union des organisations islamistes de France (UOIF), proche des Frères musulmans... 

samedi 29 mars 2014

30 mars, jour d'une double avancée

Votez, mais votez bien !

Pensez à avancer vos montres d'une heure

dans la nuit de samedi à dimanche

Et dimanche, on va voter !

Heure d'été, heure du renouveau...


samedi 22 mars 2014

Municipales 2014: le maire de Tulle craint l' "encombrant soutien de Hollande

La présence du président Hollande à Tulle jugée embarrassante pour le maire PS sortant
Le maire de Tulle  demande la discrétion à F. Hollande...

B. Combes prend la suite de F. Hollande
à Tulle en 2008
La présence du président Hollande à Tulle jugée embarrassante pour le maire socialiste sortant, déjà dénoncée par son adversaire UMP. 

L'indésirable votera à Tulle, dimanche 23 mars, pour le premier tour des élections municipales, mais le public et la presse devraient être tenu à distance des abords du bureau de vote.
 
Il est toutefois prévu qu'il fasse une rapide tournée "électorale" des bureaux de vote. Le chef de l'État  déjeunera avec le maire sortant socialiste Bernard Combes. qui se serait volontiers passé dont cette exposition au côté du président descendu le plus bas dans les sondagesselon Le Lab d'Europe 1.

Contraint de défendre le bilan du président tout au long de la campagne, Bernard Combes "tente dans cette dernière ligne droite de faire oublier qu'il connaît du monde à Paris" et ce que son administration doit à l'Elysée. Il a donc fait savoir au chef de l'État que son soutien n'est pas forcément nécessaire : "Joue-la plutôt discrète, ne donne pas l'impression de faire campagne pour moi, ce n'est pas conforme à ton statut", a-t-il suggéré au Président.

Raphaël Chaumeil, son concurrent UMP, dénonce cette tournée des popotes 

Raphaël Chaumeil, candidat UMP à Tulle, voit dans cette visite "une manœuvre politique" qui pourrait même "sauver le soldat Combes"
Il se dit d'ailleurs prêt à demander "l'invalidation du scrutin", si le président fait campagne, regrettant "une fois encore des manquements qui sont faits au code de la campagne électorale".

mardi 27 août 2013

Le maire de la Faute-sur-Mer jugé pour homicides involontaires

La tempête Xynthia n'est pas seule responsable

Le maire de La Faute-sur-Mer (Vendée), où 29 personnes avaient trouvé la mort lors de la tempête Xynthia en février 2010, a été renvoyé en correctionnelle pour homicides involontaires avec quatre autres personnes et deux entreprises locales, a-t-on appris mardi de source judiciaire.
 
La tempête Xynthia 
La conjonction de vents violents et de fortes marées a donné lieu à une onde de tempête qui a occasionné d'importantes inondations dans certaines régions littorales, principalement en Charente-Maritime, en Vendée et dans les Côtes-d'Armor. La Cour des comptes note que "la carte des zones submergées par la tempête Xynthia recouvre les espaces soumis aux flots marins à l’embouchure de la Sèvre niortaise.
Xynthia a fait 59 morts et de nombreux dégâts matériels. A l’Aiguillon-sur-Mer et à la Faute-sur-Mer seules, cette tempête a fait 26 personnes retrouvées noyées dans un lotissement construit en bord de mer.

La préfecture s'en tire mieux que l'élu, René Marratier
 
 
La connaissance du risque n'est imputable qu'à la commune à la date de la délivrance du permis, alors que le préfet de police est chargé de délimiter les zones à risque dans le plan de prévention des risques d’inondation (PPRI).

Selon cette information révélée par France 3 Pays-de-la-Loire, les prévenus devront en outre répondre de mise en danger de la vie d'autrui, conformément à leur mise en examen initiale. Lors de
la clôture de l'enquête en avril 2013, le Parquet des Sables-d'Olonne en charge du dossier avait évoqué pour "la mi-2014", au mieux, la date du procès auquel participeront plus d'une centaine de parties civiles.

lundi 9 juillet 2012

Les socialistes Bernardini et Weygand, condamnés par la Cour des Comptes

Affaire de l'OCID : Bernardini et Weygand sont condamnés à payer 

Le PS des Bouches-du-Rhône hors-la-loi 

La Cour des comptes a rejeté hier la requête en appel de François Bernardini et Lucien Weygand

D'appel en appel, les élus socialistes continuaient de refuser de s'acquitter de
l'amende solidaire de 56 653 euros à laquelle ils avaient été condamnés dans l'affaire dite de l'OCID (Office de communication et d'information départemental)
Entre 1990 et 1992 et sous leur responsabilité, cet organisme chargé de promouvoir l'image du département des Bouches-du-Rhône avait dépensé plus de 9,5 millions d'euros dans des subventions "irrégulièrement extraites de la caisse publique", selon les termes de la Cour des Comptes à Paris.

Le 18 juin 1997, la Chambre régionale des Comptes avait transmis des éléments au Parquet d'Aix en Provence: le docteur Jacques Siffre (ancien maire) et François Bernardini étaient alors mis en examen pour ingérence, détournement de fonds publics, abus de confiance et abus de biens sociaux. C'est tout !


Le maire socialiste d'Istres, François Bernardini (ci-dessus), avait mis en cause l'impartialité du président de la Chambre régionale des Comptes lors de la toute première procédure ayant abouti à une condamnation en 1998. A l'époque, ce dernier s'était vu refuser par le département des subventions demandées par des associations dans lesquelles il exerçait "des fonctions". 
Une pratique qui n'est pas sans rappeler celle de Sylvie Andrieux entre Marseille et le Conseil régional de PACA dirigé par Michel Vauzelle (PS). Mme Andrieux est fille du sénateur SFIO puis PS Antoine Andrieux, a pris pour attaché parlementaire Roland Balalas, fils de Théo Balalas, ex-FN et ex-OAS, lequel est toujours responsable des adhésions à la " fédé " socialiste des Bouches-du-Rhône. A-t-il encore facilité les échanges avec le FN, lors des dernières législatives ?

Mennucci, Christophe Masse (deuxième sur la gauche de la photo), fils de Marius Masse, petit-fils de Jean Masse, arrière-petit-fils de Marius Masse. A ses côtés, Samia Ghali, députée des quartiers nord. A droite de Guérini, Sylvie Andrieux, fille d’Antoine Andrieux et nièce de sénatrice PS. Et à ses côtés, Henri Jibrayel, père de Sébastien Jibrayel


Quelques vidéos montrent le vide sidéral de leur pensée politique :
Samia Ghali (maire du huitième secteur de Marseille depuis mars 2008 ET vice-présidente du conseil régional Provence-Alpes-Côte d'Azur de 2004 à 2010  ET conseillère municipale depuis 2001 ET sénatrice des Bouches-du-Rhône depuis 2008)
Ont-ils tous pris des cours de langue de bois chez Franck Lepage ? 





On voit mal Sylvie Andrieux militer pour des constructions sociales en faveur des gens du voyage à Endoume





Sylvie Andrieux, une élue des quartiers défavorisés,
mais qui vit à Marseille à l'abri des incivilités,
dans ce gentil petit pavillon au bord de la Méditerranée
tourné  certes vers le Maghreb..
.


Quand elle veut La Provence n'est pas très loquace 

La Provence résulte de la fusion du Provençal et du Méridional, deux journaux qui appartenaient à… Gaston Defferre ! Le quotidien a donc ses préférés...
"Des fonctions" comme celles de Bernardini peuvent être difficilement auto-censurées. Mais la presse nationale aux ordres fait l'impasse et le quotidien régional en situation de quasi-monopole se limite au "minimum syndical"...

Le cumul des mandats était alors l'un des plus lourds qui soit

Le maire socialiste d'Istres était conseiller général des Bouches-du-Rhône (1988-1998), député européen (1994-1999), conseiller régional Provence-Alpes-Côte d'Azur (1998), président du Conseil Général des Bouches-du-Rhône ( mars 1998- juin 1998), avant de céder la place au socialiste Jean-Noël Guérini en raison de premiers démêlés avec la justice. Guérini avait hérité de son oncle, Jean-Christophe Guérini, le fief électoral du quartier du Panier. Encore un exemple de transmission héréditaire de charges électorales.

Et ce n'est pas tout: également vice-président du Syndicat d'agglomération nouvelle (SAN) Ouest Provence, l'intercommunalité de Fos-sur-Mer,
Bernardini avait été exclu du PS pour s'être présenté aux municipales d'Istres en 2001 contre un candidat investi par son parti.

Elu maire, il avait abandonné son mandat fin 2002 après
une condamnation à cinq ans d'inéligibilité dans un dossier d'abus de confiance.
Il avait été réélu en 2008.

Enfin, F. Bernardini est un ex-patron de la Fédération PS des Bouches-du-Rhône (1990 à 2000)... 
Son successeur n'est autre que Jean-Noël Guérini. Ils ont occupé les mêmes fonctions: patron de la puissante Fédération PS des Bouches-du-Rhône et Président du Conseil Général. Et les détracteurs de ces deux mafieux du PS "vertueux" seraient malveillants ? 

F. Bernardini polémiquait sur la procédure initiale 
Selon lui, elle aurait été viciée depuis l'origine 
Par conséquent, elle devait faire tomber toutes les condamnations survenues dans cette affaire jusqu'à aujourd'hui. Les juges de la Cour des Comptes de la rue Cambon, à Paris, ont jugé comme leurs confrères de PACA. Malgré les multiples recours, "le jugement de gestion de fait est passé en force de chose jugée et les motifs sont à la fois exacts et suffisants", a conclu la Cour des comptes.

La Provence épargne totalement Lucien Weygand

Cet élu de  Marseille fait partie de ces nombreux socialistes qui se font élire dans les quartiers nord islamisés et zones de non-droit, mais qui fuient  leurs circonscriptions défavorisées comme la peste pour perpétuer leurs dynasties familiales dans les zones les plus calmes de la cité phocéenne.
Le canton de La Rose (sic), pendant 29 ans (1973 à 2002) eut Lucien Weygand  pour conseiller général PS. Il est le fils de Félix Weygand, lui aussi cadre socialiste de Marseille. Et de 2002 à aujourd'hui, le conseiller général de la Rose (et conseiller municipal) est Félix Weygand (à ne pas confondre avec son grand-père !), PS, qui succéda à son papa, Lucien Weygand.
En 1997, Lucien Weygand, alors président PS du Conseil Général (1973-2002), refusa d'inscrire à l'ordre du jour du conseil général la question de la démission d'office de François Bernardini.


La carrière politique de Lucien Weygand, construite sur le logement social, s'est développée dans l'ombre de G. Defferre.
Né dans le quartier villageois de St. Just, Lucien Weygand a fait sa carrière politique dans le 16ème canton de Marseille, mitoyen de son village natal et comprenant les quartiers de Malpassé, Montolivet, La Rose, St. Mitre et St. Jérôme, mais conseiller municipal de 1959 à 1983 et maire du 1er secteur (1er, 4ème, 13ème, 14ème) de 1983 à 1989 et enfin, conseiller régional depuis 1974. Lucien Weygand devient président PS du Conseil général des Bouches-du-Rhône (1989-1998) et
Mais sa compétence s’est construite essentiellement sur le terrain du social et de l’assistance, puisque Weygand a été un des membres fondateurs de la fédération Léo Lagrange à Marseille et vice-président national de Léo Lagrange dans les années 1970. Il est donc adjoint aux œuvres sociales de 1971 à 1977 et président du Bureau d’Action Sociale. Lucien Weygand régnait en maître sur l’attribution de logements sociaux dans son territoire. On peut même dire qu’il a façonné sa carrière sur ce territoire.

Après la défaite des socialistes aux élections cantonales de 1979, Weygand adresse un rapport confidentiel à Gaston Defferre dans lequel il fait le constat d’une politique clientélaire qui n’a plus la même efficacité. Et tout en écrivant qu’il " paraît évident que l’on doit mettre à disposition des élus quelques moyens de satisfaire leurs électeurs, ou cesser ce type de pratiques ", il demande au maire de relancer les politiques municipales en matière d’amélioration des services publics. Les années 80 marquent donc une inversion de la tendance en matière de redistribution des ressources, avec la baisse des ressources disponibles en matière de logements et d’emplois publics. Sans qu’il y soit mis fin, le clientélisme change de nature.

Charles-Emile Loo, Marius Masse, la famille Guérini et Lucien Weygand sont quelques-uns de ces chefs de clientèle, élus locaux sans réelle envergure nationale, mais incontournables dans leur territoire.


La Cour des Comptes a rejeté le dernier recours qu'il avait engagé avec Bernardini.

Les deux élus socialistes continuaient de refuser, on le sait, les remboursements des sommes qui leur avaient été imposées dans l'affaire dite de l'Office de communication et d'information départemental (OCID), entre 1990 et 1992, mais la justice les a rattrapés.
"Les motifs sont à la fois exacts et suffisants", a jugé la Cour des comptes. 

Un règlement de comptes de Michel Vauzelle remontant à 1998
En 1998, au centre des querelles se joua une lutte d'influence pour le contrôle du Conseil général des Bouches-du-Rhône, occupé depuis 1989 par Lucien Weygand, mais dans la ligne de mire de François Bernardini, patron de la puissante fédération socialiste du département.  Cet amateur de thrillers américains, pénalisé par plusieurs affaires judiciaires, comptait profiter du renouvellement partiel des conseillers généraux pour prendre la place de "Lulu", 64 ans il y a 14 ans. Soutenu par Laurent Fabius, son protecteur parisien, et Sylvie Andrieux, députée PS de Marseille, Bernardini a refusé à Weygand des places éligibles à ses partisans sur la liste des régionales et la deuxième position pour lui-même sur celle des sénatoriales de septembre 1998. Weygand a donc claqué la porte. "François Bernardini pense que c'est le Parti socialiste qui doit diriger la vie politique et les institutions [depuis Paris], s'insurge le président du Conseil général. Moi, je pense que ce rôle revient aux élus."  

Weygand parla alors d'une liste "alternative" à celle de Vauzelle et non "concurrente", l'ancien marchand d'articles de pêche, roublard, se gardant bien de dire sur quelle ligne il tirerait lors de l'élection du président, au lendemain du scrutin régional. "Je n'ai plus à tenir compte de ce que dit le PS, puisqu'il m'a mis hors parti, observe-t-il. Quand on ne peut avoir de majorité politique, on doit obtenir des majorités techniques. Il n'y a pas une route, une crèche ou un lycée qui soit de droite ou de gauche." 
Ces luttes internes au panier à crabes auraient-elles eu des retombées judiciaires avec le retour de la gauche au pouvoir et  le concours de la Cour. ?