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samedi 26 janvier 2019

Paris : Anne Hidalgo crée une police municipale

Armée de matraques, pour commencer...

Hidalgo arrive après les carabiniers

Paris est la seule ville de France où les pouvoirs de la police générale ne sont pas entre les mains du maire, mais dans celles du Préfet de police. Or, la loi réformant le statut de Paris adoptée en février 2017 a permis d'élargir les pouvoirs de police du maire de Paris. 
Deux plus tard, la mairie de gauche a fait du chemin depuis son rejet des caméras de surveillance. On en dénombrait 60.000 sur l'ensemble du territoire national, en janvier 2018, chiffre qui a doublé en huit ans, et il faut noter que les Français sont favorables au déploiement de ces caméras de vidéosurveillance puisque, selon différents sondages, les 3/4 d'entre eux sont pour. Mais, alors qu'elles n'ont cessé de se développer en France depuis 30 ans, il a fallu attendre 2008 pour que, sous la pression de l'arrivée des municipales, Bertrand Delanoë décide de la mise en place d'un plan de vidéosurveillance de 1.226 caméras à Paris, malgré le coût moyen annuel élevé - installation, l'exploitation et maintenance - de chacune (7.400 euros, selon la Cour des comptes). Pourtant au PS, on maintenait alors que la vidéosurveillance n'est pas efficace en termes de prévention de la délinquance. "Cela fait à peu près 30 ans que la vidéosurveillance se développe en France, et à peu près 30 ans que la réponse est la même : non, ce n'est pas vraiment efficace en termes de prévention de délits et de crimes."
Des matraques seront-elles plus efficaces pour enrailler les hausses de la délinquance et de la criminalité : cambriolages, agressions, vols, présence de toxicomanes dans certains quartiers, trafic de drogues ou rixes entre migrants ?

Pour faciliter la négociation de son virage idéologique, en juillet dernier, la maire de Paris Anne Hidalgo avait demandé un audit sur la sécurité dans la capitale, jusqu'alors assurée par les policiers de la Préfecture de police et les militaires de l'opération Sentinelle, constituée de militaires de l'armée française (déployée par le président socialiste Hollande, au lendemain des attentats des 7, 8 et 9 janvier 2015), à moindre coût pour la municipalité socialiste.


Depuis les attentats de janvier et novembre 2015, la police nationale est particulièrement mobilisée et les questions de la tranquillité publique et du quotidien ne sont pas assez traitées, souligne l'édile socialiste dans Le Parisien. "Il y a donc besoin de faire évoluer cette situation. Nous sommes parvenus à un moment où on peut le faire", assure-t-elle. Les municipales sont en 2020...
Paris est la seule ville de France où les pouvoirs de la police générale ne sont pas entre les mains du maire, mais dans celles du préfet de police (depuis l’arrêté du 12 messidor an VIII, 1er juillet 1800). 
Ville-capitale, ville qui fut le théâtre de la Commune (1871), Paris a reçu des statuts spécifiques.
Outre que
la cité parisienne n’élit son maire que depuis les municipales en 1977 (loi du 15 décembre 1975), les vingt maires d’arrondissement n'étaient pas des maires de plein exercice: ils ont un pouvoir consultatif (subventions, urbanisme), leur pouvoir de décision ne concernant que les équipements de proximité à vocation éducative, sociale, culturelle, sportive et d’information de la vie locale de l’arrondissement
Paris est aussi la seule commune à ce jour à être également un département : le maire de Paris est ainsi président du Conseil départemental, et le Conseil de Paris est à la fois conseil municipal et conseil départemental, disposant des deux séries de compétences.
Toutefois, à compter du 1er janvier 2019, c’est une collectivité unique à statut particulier, créée par la loi du 28 février 2017 relative au statut de Paris et à l’aménagement métropolitain et dénommée 'Ville de Paris', qui exercera les compétences de la commune et du département de Paris. Cette grande décentralisation permet désormais au maire de Paris d’exercer des compétences de proximité, comme la circulation et le stationnement, la police des baignades, la réglementation des manifestations de voie publique à caractère festif, sportif ou culturel, la police des édifices menaçant ruine, la salubrité des bâtiments à usage principal d’habitation ou à usage partiel ou total d’hébergement, ou encore la délivrance des cartes nationales d’identité et des passeports.
Des policiers municipaux armés de "Tonfa", mais pas de "Taser"

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A. Hidalgo annonce ainsi ce vendredi 25 janvier son intention de créer une police municipale en 2020 munie de matraques de "Tonfa" (cf. illustration ci-contre) pour "lutter contre les infractions du quotidien". C'est une arme "non létale", mais considérée comme dangereuse. En France, le tonfa est une arme classée en catégorie D, comme certaines bombes aérosols incapacitantes ou le poignard. Son port est interdit sans autorisation administrative. 
A Aulnay, en Seine-Saint-Denis, il y a également deux ans (février 2017), Théo Luhaka, un jeune éducateur sportif municipal récalcitrant à un contrôle policier, avait accusé des policiers de l'usage abusif et intrusif d'une matraque télescopique. Que de fantasmes malsains à venir sur fond de 'tonfa'...
Image associée
Pour mémoire, et à l'attention notamment de ceux qui ont pris hâtivement fait et cause pour Théo (le président Hollande, le comédien Omar Sy, le rappeur Youssoupha, l'animatrice de télévision Valérie Damidot, la chanteuse Imany ou du réalisateur Mathieu Kassovit, mais aussi des vertueux Patrick Bruel, Hugues Aufray, les comédiens Josiane Balasko, Jean Benguigui et Mathilda May, le réalisateur Nils Tavernier, Olivier Py ou encore l'humoriste Anne Roumanoff),
le 23 février, la presse révéla que le Parquet de Bobigny avait ouvert en juin 2016 une
enquête pour "suspicion d’abus de confiance et escroquerie" entre 2014 et 2016 contre l'association Aulnay Events que présidait un des frères Luhaka  et qui aurait en 18 mois détourné 678.000 euros de subventions publiques accordées au titre des "emplois aidés",  tout en laissant 350.000 euros de cotisations sociales impayées. Huit membres de la famille Luhaka ont reçu de l'association 170.000 euros, dont 52.000 virés sur le seul compte de Théo. Le 5 juin 2018, Théo Luhaka, ainsi que ses 2 frères et 3 autres personnes liées au monde associatif, furent interpellés pour soupçon d'escroquerie aux aides d'Etat. Le lendemain, Théo Luhaka et son frère Grégory sortent libres de garde à vue. En septembre, il est mis en examen pour « escroquerie en bande organisée". Théo est par ailleurs le neveu de Thomas Luhaka, ministre des Infrastuctures de la République démocratique du Congo.
Les 3.400 policiers municipaux seront également munis de gaz lacrymogène et de gilets tactiques, entre autres,  pour assurer la "verbalisation sur la voie publique" ou "les nuisances sonores", a précisé la mairie. Un temps évoqué, le "Taser" ne fera finalement pas partie de l'équipement de ces agents.




Hidalgo compte ainsi trouver de l'emploi aux gabarits imposants de ses quartiers Nord et Nord-Est.
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Un emploi municipal créé, c'est une demi-douzaine de personnes, parents et proches, hameçonnées. Qu’est ce qui différencie un élu national corrompu d’un maire en exercice qui distribue les emplois à la piscine, aux espaces verts ou à l'animation culturelle municipaux à ceux qui lui font allégeance ? 
Ces maires qui achètent la paix sociale grâce à des associations, des militants, des délégués de quartier, associatifs ou communautaires auto-proclamés, voire même des petits caïds à la petite semaine, qui veillent à ce que les votes ne s'égarent pas dans l'opposition. Le clientélisme n'a aucune limite et cette pratique fonctionne à plein régime dans les quartiers populaires sous le couvert respectable de l'aide sociale.

"Je fais le même choix que les maires de Bordeaux [ou Lille ?] ou de Londres [la police y utilise les menottes Speedcuffs (lien rigide entre chaque menotte), matraque télescopique ASP (qui peut être en acier 4140 avec un manche revêtu d'une mousse anti-dérapante, mis à disposition des forces de l'ordre en trois tailles) et des sprays incapacitants comme le  CS (lacrymogène), moins puissant que le PAVA (semblable à la bombe au poivre), entre 26 et 30 euro pièce] qui n'ont pas de police municipale armée. 
Depuis 2004, les forces de police du Royaume-Uni utilisent de plus en plus des Tasers contre des assaillants armés. Ils sont mis en œuvre par les Authorised Firearms Officers (agents autorisés à porter des armes à feu). Les autorités considèrent que les Tasers sont une alternative moins létale que les armes à feu. A New York, Rudy Giuliani avait le défaut d'être le maire Républicain qui a rétabli le sentiment de sécurité dans sa ville, 1994-2001]. En Irlande du Nord, tous les policiers portent des armes à feu.
Les agents auront des matraques et des bombes lacrymogènes, qui permettent de sécuriser un certain nombre d'interventions pour lesquelles cette police est mobilisée. Mais "pas d'arme à feu", insiste Anne Hidalgo. La Ville de Paris avoue un budget de 2 millions d'euros en masse salariale, et 1,5 million pour l'achat d'équipements en 2019.



Une mesure qui déplaît à l'aile radicale de sa majorité de gauche

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La mesure, présentée aux chefs de file des groupes élus vendredi, sera abordée lors du prochain conseil de Paris qui démarre le 4 février. Mais déjà, l'aile gauche de la majorité municipale parisienne a dénoncé une décision prise alors qu'elle ne figurait pas dans le "contrat de mandature". "La maire a pris sa décision seule hors du cadre de la majorité. Elle s'est mise hors du cadre de la majorité", a réagi Nicolas Bonnet-Oulaldj, chef de file des élus PCF et Front de gauche au Conseil de Paris. 

Sur le fond, les communistes, une composante indispensable à la majorité d'Anne Hidalgo avec leurs 13 élus, estiment que l'annonce faite vendredi "ne remplacera jamais ce qui fait partie de nos obligations et le cœur d'une politique de gauche, c'est-à-dire la prévention, la médiation, l'éducation et la protection des mineurs".

En signe de protestation, les élus d'extrême gauche (PCF et Parti de gauche), dont ceux de Génération.s et du groupe écologiste, ont quitté une réunion organisée par le premier adjoint (Emmanuel Grégoire, ex-chef de cabinet du maire de Paris, Bertrand Delanoë) et l'adjointe chargée de la sécurité, de la prévention, des quartiers populaires et de l'intégration(Colombe Brossel).

Ils ont également refusé ensuite une rencontre avec Mme Hidalgo. 
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"C'est à (Anne Hidalgo) de faire fonctionner sa majorité jusqu'à la fin. On ne peut pas avoir une majorité avec un coup de force permanent", a déclaré David Belliard, chef de file des Verts d'EELV au Conseil de Paris.

Le député juppéiste et "Macron-compatible" Pierre-Yves Bournazel, candidat à la mairie dans un an (parti Agir, la droite constructive) et favorable à une police municipale, a lui aussi fait mine de s'étonner d'une annonce "qui en vient à surprendre sa propre majorité", et a réclamé que la décision soit soumise au vote du Conseil de Paris. 

Pour le groupe municipal du parti présidentiel, La République en marche, qui prône une police municipale "d'arrondissement", Mme Hidalgo se contente de "renommer sa brigade de lutte contre les incivilités". 

Philippe Goujon, le maire Les Républicains du XVe  déplore "un ersatz de police municipale", soulignant que son groupe demande "une police armée avec des pouvoirs renforcés" qui puisse avoir accès à des fichiers de police, comme ceux des objets volés ou des personnes recherchées.

lundi 25 juillet 2016

Videosurveillance de Nice: le gouvernement nie en bloc tout harcèlement de la policière de Nice

Le pouvoir s'enfonce dans le pétrin de ses mensonges

Bernard Cazeneuve s'est défendu de pressions de son Cabinet sur la police municipale 

Attitudes lors de l'hommage aux martyrs de Nice
La cheffe de la vidéosurveillance municipale niçoise se plaint pourtant d'avoir reçu des pressions du ministère. Alors, Bernard Cazeneuve est sorti de ses gonds. "Ça suffit !" s'est écrié le ministre sur le service public de France 2 dimanche soir, tentant ainsi de faire taire la policière dont les révélations indignées de mensonge jettent le discrédit sur l'exécutif. Une version socialiste du "Je vous demande de vous taire! " de Balladur, en plus brutal.

Le ministre aux abois mêle l'ensemble du ministère au harcèlement de son Cabinet
"Je ne laisserai pas dans ma responsabilités de ministre de l'Intérieur, des préfets, des policiers qui ont fait leur travail, et notamment ceux de Nice qui ont procédé à la neutralisation du terroriste [après combien de morts ?], mis en cause comme cela est le cas depuis dix jours".

"Je suis tout à fait serein [bien que ça ne se voie vraiment pas] 
quant à l'issue que la justice donnera à la plainte que j'ai déposée [certitude démontrant s ondépendance du pouvoir exécutif...]  parce que je connais la vérité."  

"Je sais qu'aucun membre de mon cabinet n'a jamais été en contact avec madame Bertin", a d'abord affirmé le ministre.


Cazeneuve défie la policière. "Et si elle veut, madame Bertin, que nous sortions rapidement de l'ambigüité de ces accusations, elle n'a qu'une chose à faire, c'est donner le nom de la personne de mon cabinet avec laquelle elle a été en contact". Cazeneuve ne connaît-il pas toute la vérité ? Mais ne sait-il pas que trop bien en revanche que, lors des harcèlements téléphoniques, ses collaborateurs ont omis de se présenter et que s'ils se sont identifiés, la fonctionnaire territoriale a pu ne pas enregistrer ces données a priori fiables ? Le locataire de Beauvau prépare-t-il déjà sa défense (et ses cartons) en commençant à se désolidariser des membres de son Cabinet ?
Mais le ministère de l'Intérieur n'a-t-il donc pas les moyens de faire parler les écoutes téléphoniques dans lesquelles l'Etat-PS est passé maître ? Une commission parlementaire ne peut-elle obtenir l'identité des harceleurs de la policière que Cazeneuve, à son tour, cherche à intimider? Aussi longtemps que la policière n'est pas mise en accusation par un juge, c'est à l'accusateur Cazeneuve de faire la preuve de la culpabilité de la plaignante de harcèlement. 

La colère comme méthode de gouvernement 
"Cette polémique est absurde et ridicule puisqu'on parle d'un document qui n'a aucun impact sur l'établissement de la vérité, décrète le ministre pris en défaut. Et de décider, craintif mais péremptoire: "C'est un document qui n'a pas vocation à être versé au dossier de l'instruction."

Le ministre n'apporte aucun élément sur le fond. En revanche, le petit homme perd ses nerfs. "Donc je dis maintenant ça suffit ! Ça suffit de mettre en cause constamment l'Etat, les policiers, les préfets et le ministre de l'Intérieur qui dans cette affaire n'a jamais menti et n'a jamais tenté de travestir le moindre document," garantit-il, les "yeux dans les yeux, rappelant Jérôme Cahuzac. Christiane Taubira n'a pas non plus été convaincue de mensonge sur les documents qu'elle niait avoir reçus, tout en les brandissant devant les députés ?...

"Et je n'accepterai pas qu'on continue à mettre en cause mon honneur et ma dignité de ministre de l'Intérieur", a lancé, hors de lui, Nanard Cazeneuve. 

Cazeneuve a encore ajouté un amalgame
"La campagne acharnée qui est menée contre moi et une campagne dont je sortirai renforcé parce qu'elle est une campagne de vilenies"
"Elle est une campagne de calomnies face à laquelle je rendrai coup pour coup", a menacé le ministre acculé.
Foin de la sérénité de départ...

Le premier ministre monte au créneau sur BFMTV

Pour défendre son gouvernement, le premier ministre s'est fait inviter sur la chaîne de télévision privée amie. "On doit être digne des conditions d'une élection; on doit être à la hauteur des Français", a sermonné Manuel Valls, qui tente de faire taire l'ancien ministre en rappelant au passage que Christian Estrosi a été élu avec des voix de gauche aux élections régionales. La volonté de faire barrage à la candidate du FN, Marion Maréchal-Le Pen, ne lie pourtant pas le président de Région comme si ces voix socialistes s'étaient portées sur son nom...

Manuel Valls laisse aux journalistes la basse besogne de mettre un nom sur les visages des personnes qu'il dénonce. Devant Apolline de Malherbe, l'une de ces collabos de la presse (fille ducomte Guy de Malherbe, artiste-peintre, et de Marie-Hélène de La Forest Divonne, galeriste, propriétaires du château de Poncé-sur-le-Loir (Sarthe), le Catalan assure ainsi qu'il rejette la "violence politique" ainsi que "l'outrance" et "la remise en cause de la démocratie": c'est selon lui "la même méthode" que ce qui se passe aux Etats-Unis avec Donald Trump. L'ancien ministre de l'Intérieur leur "demande de se reprendre"...

VOIR et ENTENDRE Valls polémiquer en accusant le maire de Nice pour protéger les défaillances de son 
ministre grognon, l'incompétent Cazeneuve téléguidé par ses services:


Ferme sur son éthique, la policière maintient ses révélations

Mise en danger de la policière
dont la photo est étalée dans la presse
La policière de Nice n'a rien à retirer de son constat accablant le ministère de l'Intérieur. La policière municipale qui a révélé dans le Journal du dimanche que le ministère de l'Intérieur lui avoir fait subir des pressions pour qu'elle modifie un rapport sur le dispositif de sécurité après l'attentat du 14 juillet à Nice a maintenu dimanche soir ses observations. 

Elle doit faire un signalement auprès du procureur de la République pour "faux en écriture publique"a annoncé son avocat ce lundi. 
Sur France 2, Sandra Bertin a précisé que
- un "commissaire de police" disant être envoyé par le ministère s'est introduit dans le centre de vidéosurveillance de la ville 
- et une autre personne disant faire partie du cabinet du ministre, jointe par téléphone, l'avaient prssée "de faire apparaître sur certains endroits des positions de la police nationale" et de rédiger un rapport "modifiable".


Harcelée par téléphone
"Il y a un commissaire de police qui s'est présenté dans mon bureau, m'expliquant être envoyé par le cabinet du ministère et avoir besoin d'éléments de réponse quant au visionnage des caméras", a assuré dimanche soir S. Bertin, qui est également responsable du Syndicat autonome de la fonction publique territoriale de la Métropole et de la Ville de Nice. 
"Il me met en relation téléphonique avec une personne qui se présente elle aussi comme faisant partie du cabinet du ministre de l'Intérieur et qui décline son nom, son prénom et qui m'indique avoir besoin de précisions quant à l'événement", a-t-elle poursuivi.

"Dans le cadre de ces précisions, (cette personne) me demande de noter précisément dans le rapport les points de barrage où était positionnée la police municipale et où était positionnée la police nationale. Je lui réponds qu'en fonction de ce que je vois, je lui indiquerai, et qu'évidemment je n'inventerai rien", a encore raconté l'intraitable policière. 

"Partant de là, elle me demande une version modifiable de mon rapport, ce à quoi je m'oppose", a-t-elle ajouté, affirmant avoir été ensuite "littéralement harcelée téléphoniquement: au fur et à mesure que le temps passe, les appels sont de plus en plus rapprochés".

"Je ne suis pas une menteuse"
Après avoir envoyé son rapport, la personne se présentant comme un membre du cabinet de B. Cazeneuve a rappelé le commandant de police présent dans la pièce, explique toujours S. Bertin: elle "lui demande de me faire modifier certains éléments, certains paragraphes [sur les failles du dispositif de sécurité établi par le préfet] en me demandant notamment de faire apparaître sur certains endroits des positions de la police nationale". 
"Encore une fois je m'y oppose; le commandant de police s'énerve. Plusieurs personnes ont pris ma défense en disant qu'à un moment il fallait arrêter. (Le policier) indique à une des personnes -là encore je ne dis pas son nom, l'enquête le révélera- qu'il la réquisitionne, qu'il faut modifier le rapport", a conclu la policière.

En face, le ministre de l'Intérieur a nié toute pression et a garanti les yeux dans les yeux qu'aucun membre de son cabinet n'avait été en contact avec Sandra Bertin
Pourtant, dans Nice Matinla chef du centre de supervision urbain de Nice persiste et signe : "Je ne suis pas une menteuse, je dis la vérité. J'ai subi des pressions" de la part du ministère de l'Intérieur. 
Egalement interrogée par France Info, la jeune forte tête réserve au juge d'instruction le nom de la personne qui a exercé sur elle des pressions au téléphone, "pendant plus d'une heure", mais a indiqué que son identité sera "révélée très prochainement"


Le chef de toutes les polices peine à convoquer le collaborateur de son propre cabinet

Le ministre de l’Intérieur cherche à gagner du temps en polémiquant. Sans disculper aucun de ses proches au ministère, le petit ministre serein (sic) de la volière vallsienne ne s'est pas satisfait de lui aussi maintenir sa version des faits. Cazeneuve - que C-3PO (le premier ministre) surnomme "R2-D2" à cause de sa taille, en référence au petit robot de la saga Star Wars - a dénoncé des "manoeuvres de basse politique" : "Cela fait dix jours que nous sommes quasiment quotidiennement confrontés à des attaques, des insinuations, des mensonges de la part de gens à Nice qui, pour certains, exercent des responsabilités politiques", s’est ainsi indigné le petit robot de Beauvau.

dimanche 24 juillet 2016

La chef de la vidéosurveillance de Nice dénonce des pressions du ministre de l'Intérieur

Les méthodes des hommes de Valls démasquées

La chef du Centre de supervision urbain (CSU) de Nice révèle des interventions du ministère de l'Intérieur


De service aux commandes de la vidéosurveillance le soir de la tuerie du 14 juillet, Sandra Bertin, chef du CSU de Nice, a confié un harcèlement des services de Cazeneuve... Elle a informé le JDD des pressions qu'elles a subies de la part de la place Beauvau.  

Une semaine après l'attentat de Nice, on cherche à éclaircir les conditions qui ont permis au tueur de commettre un tel carnage prémédité sans être arrêté. Plusieurs dispositifs de sécurité ont connu des failles ou n'ont pas été activés, produisant un bilan sécuritaire désastreux.

Le 14 juillet, un camion de 19 tonnes a foncé sur la foule en liesse lors du feu d'artifices de la Promenade des Anglais à Nice, faisant 84 morts et plusieurs centaines de blessés parmi plus de 30.000 personnes présentes. Une semaine après, la question des failles de sécurité se pose de manière polémique: plusieurs dispositifs normalement nécessaires à la tenue d'un événement festif de cette ampleur étaient absents. Manuel Valls et Bernard Cazeneuve livrent à ce sujet une bataille sans fin face à Estrosi, président de la région PACA, chacun se renvoyant la responsabilité des erreurs, et l'IGPN, la "police des polices", saisie par Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur pris dans la tourmente de ses mensonges, a dû ouvrir une enquête sur le dispositif policier après les révélations accusatrices de Libération. 
Quand le camion de Mohamed Laouhaiej-Bouhlel entre sur la Promenade des Anglais, ce 14 juillet, que voyez-vous sur vos écrans? 

Je me rappellerai toute ma vie de cette heure-là : 22h33. J’étais devant les écrans du CSU avec les équipes. Nous recevons alors des policiers municipaux positionnés sur la Promenade le signalement d’un camion fou. Nous récupérons tout de suite son image à l’écran et nous demandons son interception. Le camion était lancé à 90 km/h, sans phares, sans qu’on l’entende à cause du bruit. Il contourne le barrage de la police municipale. Les équipes n’ont pas pu l’arrêter. On ne crève pas les pneus d’un 19 tonnes avec un revolver ! 
A ce moment-là, d’autres policiers municipaux sont en civil dans la foule, qui se retrouvent face à lui. S’ils avaient été armés comme nos collègues de la police nationale, une de nos revendications, ils auraient pu le stopper. 

Le poids-lourd se retrouve finalement face aux policiers nationaux, qui tirent et le neutralisent. Il est 22h34. 

"J’ai été harcelée pendant une heure. On m’a ordonné de taper des positions spécifiques de la police nationale que je n’ai pas vu à l’écran" 

La sous-direction anti-terroriste vous a demandé, le 20 juillet "l’effacement complet des enregistrements de vidéosurveillance" sur la Promenade pour cette nuit du 14 juillet afin d’éviter les fuites. Ce à quoi s’oppose la ville de Nice…. 

Le lendemain des attentats, le cabinet du ministre de l’Intérieur a envoyé un représentant au CSU qui m’a mis en ligne avec la place Beauvau
J’ai alors eu affaire à une personne pressée qui m’a demandé un compte-rendu signalant les points de présence de la police municipale, les barrières, et de bien préciser que l’on voyait aussi la police nationale sur deux points dans le dispositif de sécurité. Je lui ai répondu que je n’écrirais que ce que j’avais vu. 

Or, la police nationale était peut-être là, mais elle ne m’est pas apparue sur les vidéos.
Cette personne m’a alors demandé d’envoyer par email une version modifiable du rapport, pour "ne pas tout retaper". 

J’ai été harcelée pendant une heure, on m’a ordonné de taper des positions spécifiques de la police nationale que je n’ai pas vu à l’écran. A tel point que j’ai dû physiquement renvoyer du CSU l’émissaire du ministère ! 

J’ai finalement envoyé par email une version PDF non modifiable et une autre modifiable (...) 
Jeudi, Bernard Cazeneuve a saisi l'Inspection générale de la police nationale (IGPN, le service d'inspection de la Police nationale française, rattachée au ministère de l'Intérieur, et de la préfecture de police de Paris, sous l'autorité du ministre de l'Intérieur) pour une "évaluation technique du dispositif de sécurité et d'ordre public". Les conclusions de l'enquête doivent être rendues  la semaine prochaine au ...ministre qui défend le dispositif de sécurité défaillant mis en place
De son côté, vendredi, François Hollande a promis une transparence totale dans l'analyse du dispositif de sécurité déployé ce soir-là. Ancien maire (2001-2012) de la ville de Cherbourg-Octeville (37.000 habitants dans la Manche), absorbée par Cherbourg-en-Cotentin, l'ex-député Bernard Cazeneuve disposait d’une petite police municipale qui n’était pas équipée de vidéoprotection.

Pas de chance en effet pour les hommes de Cazeneuve mis en place par Manuel Valls avant de passer à Matignon, Sandra Bertin est secrétaire générale du Syndicat autonome de la Fonction publique territoriale (SAFPT) Métropole-Ville de Nice...
En avril 2014, le nouveau ministre de l'Intérieur - ancien ministre du ...Budget (il est ancien juriste à la Banque populaire) et nouveau "premier flic de France" inconnu des professionnels de la sécurité-
a dévoilé la composition de son cabinet. Suite aux départs de plusieurs collaborateurs de son prédécesseur Manuel Valls à Matignon, Cazeneuve a dû le renouveler à 50%, mais le préfet Thierry Lataste est resté directeur de cabinet du ministre de l'Intérieur. Celui-ci avait été préfet de la région Languedoc-Roussillon, directeur général des services de la région Rhône-Alpes, ainsi que directeur de cabinet de Pierre Mauroy, à la mairie de Lille (1983-1985).

jeudi 21 juillet 2016

Attentat de Nice: Libération dénonce un mensonge de Cazeneuve

Attentat de Nice : des failles de sécurité et un mensonge

Sécurité à Nice: 370 mètres de questions

Sur la promenade des Anglais, le 14 juillet, peu avant l’attentat. Des policiers municipaux (avec les chasubles jaunes) sont positionnés au croisement avec le boulevard Gambetta, qui marque le début de la zone rendue piétonne – le front de mer est à gauche de l’image. Photo DR











Contrairement à ce qu’a affirmé le ministère de l’Intérieur, l’entrée du périmètre piéton de la promenade des Anglais n’était pas protégée par la police nationale le 14 juillet au soir. Ce manque de transparence entame la confiance dans l’exécutif.

C’était il y a une semaine. Au volant d’un véhicule de 19 tonnes, Mohamed Lahouaiej Bouhlel fonce dans la foule réunie sur la promenade des Anglais, à Nice, pour les festivités du 14 Juillet [Fête nationale emblématique]. Il laisse derrière lui 84 morts, plus de 200 blessés, et des milliers de personnes traumatisées. Très vite pourtant, la polémique entre responsables politiques démarre, notamment sur les conditions de sécurité le soir du drame. Selon les éléments recueillis par Libération, la communication du gouvernement a, au minimum, travesti la réalité.

Quel était le dispositif officiellement prévu ?



Immédiatement après la tuerie,
Christian Estrosi, ex-maire de Nice et actuel patron du Conseil régional, a mis en cause [en termes voilés qui exprimaient surtout sa colère rentrée] la responsabilité du gouvernement
"J’aimerais comprendre comment ce camion a pu rentrer dans la zone piétonne ?" s’est-il interrogé, faisant comme s’il ignorait la réponse. [L'heure n'était pas non plus à la polémique soulevée moins d'une semaine plus tard par le quotidien socialiste]

Très vite, la question prend une tournure polémique. La mairie de Nice et le gouvernement se renvoyant la balle sur leurs responsabilités réciproques. La première accusant le second de ne pas avoir pris la mesure de l’événement en mobilisant un nombre réduit de policiers nationaux. Le second accusant Estrosi d’être parfaitement au courant du dispositif puisque les services de la mairie ont été étroitement associés aux différentes réunions préparatoires avec la préfecture. Pour tenter de mettre fin à la polémique, cette dernière [la mairie] détaille, dans un communiqué du 16 juillet, le dispositif spécialement pensé pour ce 14 Juillet : "La mission périmétrique était confiée pour les points les plus sensibles à des équipages de la police nationale, renforcés d’équipages de la police municipale. C’était le cas notamment du point d’entrée du camion, avec une interdiction d’accès matérialisée par le positionnement de véhicules bloquant l’accès à la chaussée. Le camion a forcé le passage en montant sur le trottoir.Et de préciser que ce dispositif a été mis en place pour la première fois.

A croire le communiqué, le début de la zone piétonne de la promenade des Anglais, qui commençait à l’angle avec
le boulevard Gambetta, devait donc être barré par des voitures de la police nationale, pour empêcher un éventuel passage en force. C’est ce même scénario que détaille, samedi 16 juillet, Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur, sur le perron de l’Elysée, à la sortie d’un conseil de défense restreint. "La police nationale était présente et très présente sur la promenade des Anglais", déclare-t-il, avant de préciser que "des véhicules de police rendaient impossible le franchissement de la promenade des Anglais". Et d’assurer que c’est "par les trottoirs et de façon très violente" que le camion a réussi à s’engager sur la voie piétonne.
Carte de Nice (BIG)

Quatre jours plus tard, mardi soir à l’Assemblée nationale, à l’occasion du débat sur le rétablissement de l’état d’urgence, Manuel Valls a catégoriquement refusé toute faille des services de l’Etat : "Je ne laisserai jamais dire qu’il y a des failles là où il n’y en a pas ! Je n’accepterai jamais les propos honteux qui insinuent que tout cela aurait pu être évité, car dire cela, c’est discréditer nos forces de sécurité qui se battent chaque jour et qui obtiennent des résultats." Jusqu’à mercredi 20 juillet, donc, pour le gouvernement, le dispositif de sécurité du 14 Juillet, mis en place de concert avec la municipalité de Nice, n’était sujet ni à débat, ni à questions. [!]
Pendant la séance des questions d’actualités, mercredi,
le premier ministre a esquivé la question de Rudy Salles, député UDI des Alpes-Maritimes et adjoint au maire de Nice, Philippe Pradal, qui s’interrogeait sur l’absence de policiers "lourdement armés" à l’entrée de la zone piétonne. Valls [ancien ministre de l'Intérieur] s’est contenté de répondre [vaguement] sur les critiques de Christian Estrosi relatives à une faible présence de policiers nationaux : "Nous tenons le tableau récapitulatif des présences de policiers nationaux sur le terrain à la disposition de la justice" (1). Et de déclarer, solennel [pompeux]: "Le pays a besoin de vérité, de tout savoir."

Quelle protection policière en réalité ?

Contrairement à la version avancée au plus haut sommet de l’Etat, le dispositif policier sur la promenade des Anglais ce 14 juillet au soir était en réalité bien plus léger. De nombreux témoignages recueillis par Libération en attestent, ainsi que des photographies, que nous avons pu consulter, prises quelques minutes avant l’entrée du camion conduit par Mohamed Lahouiaej Bouhlel sur la partie piétonne de la Promenade. Celle-ci débute à l’angle du boulevard Gambetta, à une dizaine de mètres du High Club, une boîte de nuit qui sera reconvertie en hôpital improvisé dans la nuit. Sur le cliché que nous publions en une, seuls deux agents de la police municipale [et non nationale] sont alors placés au milieu de la chaussée. Vêtus de chasubles jaunes, ils évoluent dans un trafic encore dense et s’assurent qu’aucun véhicule ne pénètre dans la zone piétonne. Les six voies dévolues à la circulation automobile sont coupées par des barrières métalliques et des plots rectangulaires rouge et blanc. C’est également la version d’un témoin présent sur les lieux le soir du drame, qui confirme n’avoir vu que des agents de la ville [et aucun camion de la police nationale].

Nulle trace, dans ce périmètre très précis, d’effectifs de la police nationale. Et pour cause, ceux-ci ont été relevés aux alentours de 20 h 30 par leurs collègues municipaux. Il n’y a donc aucune voiture de police nationale susceptible de barrer la chaussée, comme l’assurait la préfecture. Mais une source policière qui a pu visionner les images de la vidéosurveillance assure à Libération qu’un seul véhicule de police, celui des agents municipaux, se trouvait au milieu de la chaussée, côté mer. Sans pour autant être en mesure de bloquer le passage. Au moment où Lahouaiej Bouhlel contourne le barrage de Gambetta en montant sur le trottoir, poursuivant ainsi son carnage, les premiers hommes de la police nationale sont placés au cœur de la zone piétonne, à 370 mètres plus à l’est, près de l’hôtel Westminster. Deux voitures sont garées dans le sens de la circulation sur le bas-côté.

Comment expliquer l’absence de la police nationale ?

Le dispositif de sécurité pour les festivités du 14 Juillet a été préparé lors de trois réunions, les 28 juin, 7 et 8 juillet. Présidée par la préfecture des Alpes-Maritimes, la première envisage des mesures renforcées. "Il avait été demandé à la ville de Nice de sécuriser la manifestation par un barriérage avec filtration du public (palpations, ouvertures de sacs)", peut-on lire dans le compte-rendu de la réunion suivante, rédigé par la préfecture. Mais ce 7 juillet, la piste d’une fouille du public (près de 30.000 personnes sont attendues) est abandonnée en raison des effectifs de forces de l’ordre "contraints". La réunion établit alors les rôles de chacun. La police nationale doit se concentrer au cœur de la zone piétonne, là ou il y a les concerts. C’est ce qu’indique le compte rendu de la préfecture du 7 juillet.

Le lendemain, les derniers détails sont fixés.
Il est demandé à la police municipale de fournir 42 agents de terrain, soit 16 de plus qu’en 2015. Ces derniers, placés sous l’autorité du préfet, doivent se positionner à partir de 20 h 30 sur une vingtaine de points d’accès, et notamment à l’entrée de la zone piétonne. 

Au niveau du boulevard Gambetta, leurs missions sont d’assurer la "déviation des automobilistes et la fluidification du trafic", selon la note de service de la mairie de Nice. En clair, le dispositif constaté est exactement celui qui avait été prévu [à la charge de la mairie]. Mais pas du tout celui décrit a posteriori par la Place Beauvau et la préfecture. Puisque ces derniers assuraient qu’il y avait une présence de la police nationale à l’entrée de la zone piétonne.

Est-ce qu’un dispositif de sécurité renforcé aurait changé les choses ?


[La question est aussi intelligente que de se demander ce qu'il adviendrait "si ma tante en avait" !]

Impossible de répondre. Selon nos informations, l’alerte sur la présence d’un camion fou sur la promenade des Anglais est donnée par un équipage de la police municipale aux alentours de 22 h 33. Ces agents, qui n’étaient pas affectés au dispositif de sécurité spécifique au 14 Juillet, sont en pleine intervention près du Centre universitaire méditerranéen quand ils aperçoivent un camion circuler à grande vitesse sur le trottoir de la promenade des Anglais. Lahouaiej Bouhlel a déjà commencé son carnage quelques centaines de mètres plus à l’ouest, près de la rue Lenval. Roulant à près de 90 km/h, il laisse derrière lui de très nombreuses victimes.

L’alerte est donnée sur les ondes radio, mais au moment où les policiers municipaux positionnés à la barrière Gambetta la reçoivent, le chauffard est quasiment sur eux. Ils n’ont pas le temps de faire usage de leur revolver de type 38 spécial,
un six coups de calibre 7,65 millimètres, de toute façon inefficace contre un 19 tonnes lancé à pleine vitesse. "Pour endiguer la course d’un tel véhicule, les collègues auraient seulement pu essayer de tirer à travers une vitre latérale. Mais il faut être rapide et précis. Nos armes ne permettent pas de traverser le pare-brise ou de crever les pneus", explique Yves Bergerat, policier municipal à Nice. Il faudra attendre quelques dizaines de secondes plus tard les premiers tirs au Sig-Sauer 9 millimètres des policiers nationaux, alors postés devant l’hôtel Westminster et qui courent en direction de l’hôtel Negresco, pour que la course du camion commence à être entravée. Elle finit quelques mètres plus loin devant le palais de la Méditerranée.
(1) 85 policiers nationaux à 19 heures, 89 à 20 heures, 92 à 21 heures et 64 entre 22 heures et 23 heures.

Par Grégoire Biseau , Sylvain Mouillard, (à Nice), Willy Le Devin et Ismaël Halissat, (à Nice) — 20 juillet 2016 à 21:21

Question résiduelle en période d'"état d'urgence":
faut-il armer les polices municipales?