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lundi 4 mars 2019

Grenoble : nuits d'émeutes, suite à la mort accidentelle de deux délinquants à scooter

Deuxième nuit de "tensions" à Grenoble après la mort de deux voyous à scooter

D
eux fuyards à scooter trouvent la mort dans un accident qui déclenche deux nuits d’émeutes urbaines depuis samedi soir 




Des nouvelles scènes d'émeutes ont eu lieu ce dimanche soir au quartier Mistral. Photo Le DL/Marc GREINER
De nouveaux incidents ont eu lieu dans la nuit du dimanche 3 au lundi 4 mars dans le quartier Mistral, à Grenoble (Isère). Des véhicules et des locaux de la ville servant de garage et d’entrepôt ont été incendiés, de même que du mobilier urbain a été dégradé, a rapporté France Bleu lundi
Pour être précis, à 23h30, on dénombrait treize voitures de travailleurs peu fortunés, dont deux engins de chantier (un élévateur et une pelleteuse) du service de la voirie municipale, des locaux de la ville [EELV] servant de garage et d'entrepôt, ainsi que des poubelles, incendiés le soir du dimanche 3 mars, pour la deuxième soirée de "tensions" dans ce quartier, notamment.
Dimanche soir, les pompiers (SDIS) avaient activé une cellule de crise, alors que les violences reprenaient comme la veille. Les secours sont également intervenus, dans une moindre mesure, dans les quartiers grenoblois Teisseire et Léon Jouhaux pour des départs de feu. Après un retour au calme au milieu de la nuit, la cellule de crise a finalement été désactivée vers 2 heures du matin. Une information judiciaire a été ouverte pour éclaircir les circonstances de l'accident.
Deux voitures ont été incendiées sur le parking de cette résidence située avenue Rhin-et-Danube. Plusieurs autres véhicules ont été dégradés sur le même parking. Les vitres d’un local commercial inoccupé ont également été brisées.





A 20h45, le maire de Grenoble avait pourtant lancé un appel au calme. Un communiqué disait qu'Eric Piolle "invite chacun à respecter le deuil des familles et des proches des deux adolescents, décédés hier soir. Monsieur le Procureur de la République s’est immédiatement saisi des faits et l’enquête a commencé pour établir les circonstances de l’accident. J’appelle au calme et à ne pas rajouter des violences urbaines à ce drame." En vain.

Deux jeunes de 17 et 19 ans ont trouvé la mort 
dans un accident de scooter alors qu’ils tentaient d'échapper à un contrôle de police, samedi soir 2 mars à Grenoble après avoir percuté, peu avant 22h30, le car d’un club de football amateur qui sortait de l’autoroute A480 et circulait dans le même sens sur le pont de Catane, ont indiqué les pompiers. Un accident qui a déclenché deux nuits d’émeutes dans leur quartier où les forces de l’ordre restaient mobilisées.

Un feu a été allumé dans le hall de l’Institut de formation sanitaire et sociale dont les portes vitrées avaient été préalablement cassées.
Un feu a été allumé dans le hall de l’Institut de formation sanitaire et sociale dont les portes vitrées avaient été préalablement cassées.
Une caserne de CRS a été prise pour cible dans la nuit de samedi à dimanche. Des policiers et gendarmes, arrivés en renfort, ont répliqué à des jets de cocktails Molotov par des tirs de grenades lacrymogènes et de balles de défense (LBD 40). Des voitures et des poubelles ont été incendiées, ainsi que le hall d’une école d’infirmières, un local associatif et du mobilier urbain. Aucune interpellation n’a eu lieu.

Le sentiment d’une bavure policière, entretenu par les gauchistes
Les pompiers interviennent sur un véhicule en feu dans le quartier Mistral à Grenoble, le 3 mars.
Intervention des pompiers sur un véhicule en feu
dans le quartier Mistral à Grenoble, le 3 mars
"Des jeunes du quartier ont vu ce qui s’est passé et ont le sentiment d’une bavure policière, c’est de là que vient toute cette tension", estime Hassen Bouzeghoub, directeur du centre socioculturel du quartier, juge et partie. Par son témoignage, cet éducateur participe ainsi à la psychose alimentée par les "on-dit" propagés par "l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours" : ses sources et lui ont-ils participé à la course poursuite jusqu'au lieu de l'accident, sur le pont de Catane?
Les deux hommes qui ont perdu la vie dans l’accident étaient connus des services de police pour des faits de petite délinquance. Une information judiciaire a été ouverte pour éclaircir les circonstances dans lesquelles les deux victimes – qui circulaient sans casque sur un engin de grosse cylindrée, dépourvu de plaques – ont trouvé la mort en percutant un autocar, tandis qu’un véhicule de la brigade anti-criminalité les suivait.

Le Parquet évoque pour l’heure "un accident", alors que l’idée d’une "bavure" prévaut dans le quartier où vivaient les deux délinquants en infractions au Code de la route. Aucune indication n'est fournie sur l'identité du propriétaire de l'"engin de grosse cylindrée, dépourvu de plaques"... 
Plusieurs feux ont été allumés dans le quartier Mistral suite à l'accident mortel survenu dans la nuit du 2 au 3 mars pont de Catane.Dimanche, le procureur Eric Vaillant a reçu leurs proches durant plus d’une heure au palais de justice de Grenoble. Lors d’une conférence de presse et en l’état d’une enquête "qui ne fait que débuter", le magistrat a écarté tout choc entre le véhicule de la police qui suivait les victimes et le scooter. "J’ouvre une information pour recherche des causes du décès. Je ne vise aucune infraction commise par les uns ou les autres", a-t-il insisté.

Les premières investigations s’appuient notamment sur les images d’une caméra de vidéosurveillance

Elles montrent la scène nocturne "de façon assez vague" et le témoignage du chauffeur de l’autocar qui transportait une équipe de football de l’agglomération. Le drame est survenu loin d’un pont et d’une bretelle d’autoroute. Le conducteur du bus – dont les tests d’alcoolémie et aux stupéfiants se sont avérés négatifs –affirme avoir serré à droite pour laisser passer le scooter dès qu'il l'a aperçu dans son rétroviseur, suivi d’un véhicule de police.

A ce moment-là, les deux fuyards tentaient, eux, de doubler le car sur sa droite et ils se sont retrouvés coincés contre le parapet, selon le procureur. Plus tôt dans la soirée, un scooter similaire avait été signalé pour des infractions routières, avant la course-poursuite fatale. 
Pour les enquêteurs, il s’agit du même engin, "mais le lien n’est pas encore totalement avéré". Pour autant, l’intervention des policiers était "totalement justifiée", insiste le Parquet : ils n’auraient pas suivi les deux individus "s’ils n’avaient pas mis les autres usagers de la route en danger, en brûlant des feux rouges, en roulant sur le trottoir, en roulant à vive allure".

Le quartier de la ville écologiste avait déjà connu une flambée de violences après l’arrestation, il y a une semaine, d’un homme détenteur de cannabis par une brigade spécialisée. Des renforts de police y ont été maintenus dimanche soir.

jeudi 12 juillet 2018

Collomb suspend un policier pour violences sur un détenu rebelle

Le policier est placé en garde à vue sur la foi d'une vidéo

Cette vidéo montre-t-elle ce qui a précédé les coups ?

Le policier stagiaire suspendu par Collomb à la suite de la diffusion d'une vidéo le montrant en train de frapper un détenu dans l'enceinte du tribunal de grande instance de Paris a été  aussitôt placé en garde à vue jeudi.

Des images de vidéosurveillance, d'une durée de près de six minutes, montrant ce gardien de la paix menottant, puis frappant au sol un homme qui devait être jugé en comparution immédiate pour vol, avaient été révélées sur internet par un site d'information dans la continuité de l'émission de Daniel Mermet sur France Inter, et qqui se dit "Plus près des jetables que des notables". Mermet, 75 ans, est cofondateur d'Attac et mit le pied à l'étrier à François Ruffin, député La France insoumise

Le Parquet de Paris avait dans la foulée ouvert deux enquêtes

Une première pour "violences par personne dépositaire de l'autorité publique" et "faux", et une seconde pour "introduction frauduleuse dans un système automatisé de données", en raison de l'extraction et de la diffusion des images de vidéosurveillance. Les faits se sont déroulés le 9 juin, ce qu'a confirmé une source proche de l'enquête.
Ces deux enquêtes ont été confiées à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la "police des polices".

En début de soirée, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a annoncé la suspension du policier mis en cause.
"Le ministre d’Etat a pris connaissance ce jour de l'existence d'une vidéo présentant un comportement violent et inadmissible d'un gardien de la paix stagiaire dans l'enceinte du Tribunal de grande instance de Paris. Le ministre d’Etat condamne avec la plus grande fermeté ce comportement inadmissible qui vient nuire à l'image de l'ensemble des forces de sécurité", a fait savoir le ministère de l'Intérieur.
"Par conséquent, il a immédiatement décidé de la suspension, à titre conservatoire, du fonctionnaire en cause, dans l'attente des conclusions des enquêtes judiciaires et administratives", a-t-il ajouté.

Ce que montre la vidéo (et ce qu'elle ne montre pas)

La vidéo montre un homme qui semble refuser de retourner dans sa cellule. Après environ 45 secondes de lutte au corps à corps, le gardien de la paix qui l'escorte l'immobilise au sol et le menotte.
Il le ramène par la force jusque dans sa cellule, avant de lui asséner des coups de pied, alors qu'il est au sol et menotté - suite à une provocation, injure ou geste insultant - sous le regard de deux témoins, des collègues arrivés en renfort et qui éloignent ensuite le policier.

Selon le site militant, créé en 2015 après le licenciement de Daniel Mermet, c'est un policier (syndiqué ?) qui leur a transmis la vidéo pour dénoncer ces agissements.

Selon le bilan de l'IGPN pour 2017 publié récemment, les enquêtes sur des violences volontaires imputées à des policiers ont augmenté de 6% par rapport à 2016. A mesure que se sont développées les incivilités et agressions de policiers.
Dans le cadre professionnel, ces violences relèvent pour 19% de faits commis dans les locaux de police, notamment lors du déroulement d'une garde à vue ou d'une rétention (10%).

lundi 6 février 2017

Police nationale d'Aulnay-sous-Bois : le maire dénonce la requalification du "viol" en "violences volontaires"

Le viol n'est plus avéré, selon le Parquet 

Ce dimanche 5 février, le maire d'Aulnay-sous-Bois a pris position pour la paix civile



Un homme de 22 ans a été blessé par les matraques de policiers, le jeudi 2 février. Il s'était interposé au côté de jeunes soumis à un contrôle d'identité à la cité des 3.000 d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). 
Le jeudi 2 février, à Aulnay-sous-Bois, dans la Cité des 3 000, vers 17 heures, "quatre fonctionnaires de police procédaient à un contrôle de l’identité d’une dizaine de personnes après avoir entendu les cris caractéristiques des guetteurs de points de vente de stupéfiants, annonça le Parquet. Au cours de cette opération, ces fonctionnaires tentaient de procéder à l’interpellation d’un homme de 22 ans."D’après le journal Le Monde, des images de vidéosurveillance ont permis de cerner plus précisément le déroulé des faits. "On est sur un contrôle d’identité qui dégénère; il y a des échanges de mots, mais on ignore ce qui se dit", précise la source du journal.
Les
quatre policiers de la brigade spécialisée de terrain (BST), police nationale à Aulnay-sous-Bois, se seraient scindés en deux binômes. Deux agents "tentent de maîtriser l’individu" pendant que leurs deux collègues se placent dos à la scène, en sécurisation. "Assez rapidement, ils font usage de gaz lacrymogène", ce qui aurait eu pour effet de gêner un des policiers interpellateurs, au point qu’il se baisse au sol. "Son collègue est seul, il sort sa matraque télescopique et porte des coups au niveau des jambes de l’individu dans l’idée, on pense, de faire fléchir ses genoux." La source ajoute : "D’après les images, le pantalon de la personne interpellée semble glisser tout seul." Celle-ci n'aurait pas hésité plutôt à accuser les policiers de lui avoir volontairement baissé.
 
"Sur la vidéo, on voit un coup de matraque télescopique, à l’horizontale, vers la victime. Le coup traverse le caleçon. Nous pensons que c’est celui-ci qui entraîne la blessure."
L'homme, âgé de 22 ans, toujours hospitalisé dimanche soir, présente une section du sphincter anal et une lésion du canal anal de dix centimètres de profondeur, selon le médecin de l'hôpital Robert-Ballanger d'Aulnay. Une blessure qui lui vaut, à ce stade, soixante jours d’interruption totale de travail.

"Bien sûr qu’on est énervés ! (…) C’est vraiment dégueulasse." Omar, un habitant qui a assisté à la scène (ou une partie !) a également fait part de sa colère au journal Le Parisien et expliqué ce qu’il a vu :

"Ils sont arrivés sur place; ils ont giflé un petit. Par la suite, le petit Théo [sic] a voulu s’interposer pour défendre son pote (…) et les flics n’ont pas aimé. Par la suite, il a été violemment agressé par la police." [Agresser en douceur, ça existe, ça?] 
Or, voici, ci-contre, la photo du "petit Théo"... 
Et son identité a été révélée par France 2, chaîne de télévision du service public vertueux qui possède des redresseurs de torts très médiatisés, telle Elise Lucet, harceleuse exemplaire des ses cibles...

Ces journalistes délicats sont respectueux de la personne, sachant que les détails des blessures sont exposés par la presse.

Les blessures de Théo, 22 ans, ont depuis été constatées par le corps hospitalier, les quatre policiers présentés à la justice. Une enquête avait d'abord été ouverte pour viol.
Un des policiers a été mis en examen pour viol et les trois autres pour violences volontaires en réunion, a annoncé vendredi le Parquet de Bobigny. 

Dans la foulée, le ministre de l’Intérieur, Bruno Le Roux, a suspendu les quatre policiers mis en cause "immédiatement et à titre conservatoire". Dès samedi, dans un communiqué, le ministre de l'Intérieur a de son côté souhaité "que toute la lumière soit faite sur les accusations d'une extrême gravité portées à l'encontre de ces fonctionnaires", prévenant que des "sanctions" seraient prises "s'il était avéré que les règles déontologiques, éthiques et de droit n'ont pas été scrupuleusement respectées".

Depuis la déclaration du pouvoir politique, les quatre fonctionnaires de la police nationale ont été placés sous contrôle judiciaire et trois d'entre eux se sont vus interdire d'exercer l'activité de fonctionnaire de police, indique le parquet dans un communiqué, sans plus de précision.

Mais, dimanche soir 5 février, trois jours après les faits, le Parquet de Bobigny a annoncé avoir requalifié les chefs d'accusation en "violences volontaires" avec circonstances aggravantes".

Le maire dénonce la requalification et l'allègement du chef d'accusation visant les policiers

Des affrontements ont eu lieu samedi soir, vers 20h30, dans la cité de la Rose des Vents, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).
Samedi soir, vers 21h00, de brefs incidents ont éclaté dans la vaste cité des 3.000, où une voiture a été brûlée et une tentative d'incendie constatée sur un bus. Des abribus ont également été cassés, et le quartier plongé dans l'obscurité après le sabotage de l'éclairage public. Une compagnie de CRS a été appelée en renfort dans le quartier, selon une source policière.
Les habitants font évidemment le lien avec le contrôle de Theo, jeudi. "80 personnes, encagoulées ou encapuchonnées déambulant dans la cité ont été vues," indique une source anonyme.

La qualification de viol n’a pas été retenue car il n’y a pas l’élément intentionnel de la pénétration : si la violence est bien volontaire, le policier n’aurait toutefois pas eu l’intention de frapper à cet endroit au cours du corps à corps. 

Mais cette requalification avait néanmoins été vivement critiquée par Bruno Beschizza, le maire LR de la ville, lui-même ancien officier de police, qui a dénoncé "un détournement de vérité".
"Nous, les Aulnaysiens, ne pouvons pas comprendre cette requalification. Elle est vécue comme un détournement de vérité", explique dimanche le maire, Bruno Beschizza dans une tribune publiée sur sa page Facebook.
La vidéo de l'interpellation, par la vidéosurveillance de la police municipale et des témoins, a provoqué un vif émoi.

Loin de convaincre, les divers récits ont provoqué un mouvement d'indignation autour de cette affaire, amplifié par les détails apportés par "une source proche de l'enquête". Et quand une source est floue, c'est qu'il y a un loup...


L’avocat de Théo, Eric Dupond-Moretti, a réclamé "une véritable exigence vis-à-vis de la justice".
 
Lundi matin sur France Inter, le conseil a indiqué que le jeune homme n’était pas connu des services de police.

La famille du jeune homme a refusé dimanche de rencontrer le ministre de l'Intérieur, B. Le Roux
, a précisé Me Dupond-Moretti : "La famille n’a pas besoin pour le moment d’être reçue par le ministre de l’Intérieur; elle a besoin de réponses aux questions qu’elle se pose et elle veut que la justice traite ces policiers comme serait traité n’importe quel justiciable."

samedi 8 octobre 2016

Tentative d'assassinats: des policiers de proximité attaqués par des caïds de quartier en Essonne

Etat d'urgence ? Deux policiers grièvement brûlés dans une attaque aux cocktails Molotov

Depuis plus d’un an, la mairie de Viry-Châtillon tente de reprendre le territoire aux agresseurs à ce carrefour dit "du Fournil" – du nom de la boulangerie voisine – et y a dans ce but installé une caméra de vidéosurveillance, que les policiers attaqués étaient chargés de... protéger. 
L’attaque du samedi 8 octobre a eu lieu peu avant 15h00 près de cette caméra vue comme un obstacle à leur "business" par des délinquants, qui l’ont visée à plusieurs reprises. 

"Une dizaine [?] d’individus s’en est prise à eux avec des jets de cocktails Molotov" sur la voiture de police des deux fonctionnaires, alors que les plus gravement blessés effectuaient leur mission de surveillance, a indiqué "une source policière". 
Ces deux policiers grièvement brûlés, un homme de 28 ans, très grièvement brûlé au visage, au torse et aux mains, et une femme de 39 ans, mère de trois enfants, ont été admis dans un hôpital parisien: l'un d'eux est "entre la vie et la mort", révèle une source policière. Deux autres agents, une femme de 28 ans et un homme de 38 ans, appelés en renfort pour leur porter secours, ont été légèrement blessés après avoir été la cible eux aussi de cocktails Molotov. Choqués, ils ont également été évacués vers un centre hospitalier. 

"On peut penser que c’était organisé et prémédité", a déclaré le directeur général de la police nationale, Jean-Marc Falcone, qui s’est rendu sur place et s’est dit " scandalisé" ! Des individus cagoulés ont brisé les vitres du véhicule de police pour y jeter leurs cocktails Molotov incendiaires, avec la volonté de tuer.

L’exécutif a condamné l’attaque et promis des sanctions pour les agresseurs. Après cette attaque "inqualifiable et intolérable", le président François Hollande - ou ses services - a assuré, en langue de bois dans un communiqué, que "tout sera fait pour retrouver les auteurs de cette attaque et les traduire devant la justice pour qu’ils soient condamnés à une peine à la mesure de la gravité de leur acte", selon la formule consacrée. 
"Des actes aussi intolérables appellent des sanctions exemplaires", a promis le premier ministre, un ancien député de l’Essonne: Manuel Valls a été 1er vice-président du Conseil régional d'Île-de-France de mars 1998 à juin juin 2002. 
Fustigeant des "actes d’une extrême gravité", son successeur à l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a indiqué qu’il se rendra au chevet des policiers blessés " dès que possible". Malgré l'"extrême gravité", il a, semble-t-il, droit à son repos du weekend...

"Quand on attaque des fonctionnaires qui portent un uniforme, c'est l'Etat qu'on attaque", a rappelé J.-J. Urvoas, ministre de la Justice, soulignant "l'intention de porter atteinte aux policiers et à la vie".

De nombreux policiers, armés de lanceurs de grenades lacrymogènes et de boucliers, ont été envoyés sur place. 
Plusieurs camions de CRS restaient positionnés à l’entrée de la cité en fin de journée. Les deux véhicules de police, stationnés sur un trottoir et entièrement calcinés, ont été remorqués. L’enquête a été confiée à la sûreté départementale de l’Essonne. 

"Assassins" et "trafics" 

"On a affaire à des assassins mais nous travaillons de concert avec l’État. Cette attaque va accélérer les choses qui perdurent malgré la prise en charge du ministère de l’Intérieur de mai 2012 à mars 2014 par Manuel Valls, ex-maire d'Evry situé à 9 km de Viry-Chatillon et Grigny
La prochaine étape, c’est d’aller à l’intérieur de la Grande Borne pour faire cesser tous ces trafics car c’est bien ça que la caméra dérange", a déclaré le maire Jean-Marie Vilain (UDI).
"Aujourd’hui on a un crime", a dénoncé le secrétaire départemental du syndicat policier Alliance Claude Carillo, réclamant des effectifs supplémentaires "dans le département du Premier ministre"

"Les violences contre les policiers doivent être sévèrement sanctionnées", a jugé Eric Ciotti (Les Républicains) sur Twitter. 
"La République s’indigne de cette montée continue des violences. Que fait Valls?", a dit Florian Philippot (FN).
En revanche, Christophe Cambadélis (PS) reste coi... 

Samedi dernier, une attaque avait déjà eu lieu au même carrefour de Viry-Châtillon

Un camion volé avait brûlé mais sans endommager la caméra. Le lendemain, des blocs de béton ont été disposés autour du mât supportant la caméra. Cette caméra est toute neuve: la précédente avait en effet été détruite il y a deux semaines à l’aide d’une fourgonnette volée, utilisée comme voiture-bélier puis incendiée au cocktail Molotov. La scène s’était déroulée à l’heure du déjeuner, exposant de nombreux passants.