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samedi 13 juin 2020

Castaner maintient la suppression de la technique d'interpellation, exposant les policiers aux violences

Le ministre de l'Intérieur a adressé une lettre de confirmation de sa décision qui ulcère les forces de maintien de l'ordre 

Christophe Castaner confirme la suppression de la technique d'interpellation dite "d'étranglement"

Le ministre "désarme" ses hommes face aux interpellés violents.
Vendredi 12 juin au soir, à la stupéfaction des policiers et de leurs syndicats, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, a confirmé  la suppression de la technique d'interpellation dite "d'étranglement" qui permet de maîtriser les individus agressifs. 

Christophe Castaner refuse ainsi d'entendre la colère des syndicats qui attendaient de la lettre du ministre qu'il prenne en compte leurs difficultés à assumer leur rôle de maintien de l'ordre républicain et revienne donc sur son annonce du lundi 8 juin interdisant cette technique d'interpellation des agresseurs de policiers, avant même qu'une méthode alternative puisse être mise en place.
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"Elle a été jugée dangereuse par le groupe de travail conjoint dirigé par les directeurs généraux de la police et de la gendarmerie nationales, désigné en janvier dernier - dans le contexte du mouvement social des Gilets Jaunes - par le ministre de l'Intérieur pour passer en revue l'intégralité des gestes et techniques d'intervention des forces de l'ordre", est-il écrit dans un communiqué conjoint de Christophe Castaner et de son secrétaire d'Etat Laurent Nuñez. "Conformément aux préconisations de ce groupe de travail, cette technique (...) ne sera plus enseignée dans les écoles de police. Elle ne l'est déjà plus en gendarmerie ou dans les rangs de l'administration pénitentiaire", confirment-ils.

L'exécutif repart à zéro, six mois après ouvert le dossier

"Un [nouveau] groupe de travail sera chargé d'ici le 1er septembre de déterminer les techniques et moyens matériels de substitution, auxquels les fonctionnaires seront alors formés", ont poursuivi les Dupont-Dupond de Beauvau. "Parce qu'il a pu y avoir de l'incompréhension parmi les policiers, supputent-ils, il convient de préciser que cela ne remet pas en cause, dans les cas de confrontations physiques avec des individus qui opposent une résistance [ce qui a toujours été la limite observée], la possibilité de réaliser une prise arrière de façon à amener l'individu au sol pour le menotter", ajoutent-ils. 

Christophe Castaner et Laurent Nuñez ont également annoncé une expérimentation territoriale du pistolet à impulsion électrique (PIE) dernière génération ainsi qu'une généralisation des caméras-piétons "dont la technologie doit monter en gamme".

Jeudi, le ministre de l'Intérieur a reçu les représentants syndicaux des gardiens de la paix et vendredi ceux des officiers et des commissaires. Lors de ses rencontres avec les syndicats, Christophe Castaner a reconnu, selon ces derniers, "une connerie", une maladresse de langage quand il a demandé, en cas de "soupçon avéré" de racisme, une suspension du fonctionnaire concerné. Pour le ministre, ce type de suspension conservatoire de policier ne peut intervenir qu'en cas de faits avérés. 
Le ministre de l'Intérieur affirme d'ailleurs dans sa lettre aux policiers qu'"il n'a jamais été question de remettre en cause la présomption d'innocence à laquelle policiers et gendarmes ont évidemment droit, comme tout un chacun". 
Il a également promis de "toujours faire la différence entre les fautes de quelques-uns et l'action sans faille des forces de l'ordre au service des Français".

Les policiers ont organisé des actions diverses et symboliques un peu partout en France, dès jeudi 11

Ils ont ostensiblement jeté au sol leurs menottes, pour clamer leur ras-le-bol et leur demande de soutien de la part de l'exécutif. 

Castaner se fait zapper par les fonctionnaires de police.
Leurs syndicats ont en effet demandé à être reçus par le chef de l'Etat. "On est venu dire au président Macron qu'il doit soutenir, respecter, considérer sa police (...) La police n'est pas raciste, la police est républicaine (...), elle ne choisit pas sa délinquance, elle ne choisit pas la couleur de la délinquance (...) et elle sauve des vies quelle que soit la couleur de la peau de l'individu", a souligné vendredi Fabien Vanhemelryck, secrétaire général du syndicat Alliance, à deux pas de l'Elysée.

vendredi 5 juillet 2019

Castaner suspend le patron d'un syndicat de policiers

Le gouvernement frappe à la tête le syndicat Vigi, émanation de la CGT, minoritaire chez les flics et partie civile dans le dossier Benalla

Alexandre Langlois a été sanctionné pour avoir offensé sa hiérarchie

Résultat de recherche d'images pour "syndicat policier Vigi"



Castaner vise haut et tape fort. 
Alexandre Langlois, secrétaire général de Vigi, "syndicat de la colère des policiers", a été sanctionné le 21 juin dernier d'une d'exclusion temporaire de douze mois, dont six avec sursis pour avoir tenu des propos jugés "injurieux" envers  son ministre et la haute hiérarchie policière. Une décision effective depuis jeudi.

Eric Morvan, nouveau Directeur Général de la Police Nationale.
Des "accusations impertinentes", des "articles indignes", des "critiques outrancières", des "remises en cause injurieuses" ou "offensantes" et des "sous-entendus infamants", du point de vue de l'ancien préfet des Pyrénées Atlantiques... Entre le patron du syndicat minoritaire Vigi Alexandre Langlois (photo ci-contre) et le directeur général de la police nationale Eric Morvan, Directeur Général de la Police Nationale (DGPN), la coupe est pleine. Nommé à ce poste à 60 ans par Collomb, il reproche au syndicaliste d'extrême gauche, depuis au moins le début de l'année 2018, des attaques répétées à l'égard de l'institution et de la haute hiérarchie policière, à grand renfort de tracts syndicaux et de déclarations fracassantes sur les plateaux télé. 

Des "critiques outrancières et injurieuses"
La directrice-adjointe des ressources et des compétences de la police nationale, Martine Sanchez-Coudert, inspectrice générale de la police nationale, auteure de la décision de suspension, pour le compte du ministre de l'Intérieur,  reproche au patron de Vigi  de nombreux manquements "à ses devoirs de réserve, de loyauté et d'exemplarité" dans ses prises de position publiques. En "formulant à plusieurs reprises des critiques outrancières et injurieuses nominatives" envers la haute hiérarchie policière, le fonctionnaire a notamment porté "atteinte au crédit et au renom" de l'institution.

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Tract de Vigi, en date du 16 octobre 2017, donnant des conseils aux collègues marseillais
de pas céder aux pressions de demande de "trucage" des statistiques.

Un tract de Vigi, daté du 10 janvier 2018, est à l'origine du conflit, ouvert par les violences policières avec énucléations et amputations 
Il accuse le directeur général de la police nationale (DGPN), Eric Morvan, et le directeur de la sécurité publique des Bouches-du-Rhône de l'époque, Jean-Marie Salanova (devenu depuis directeur central de la sécurité publique), "d'avoir falsifié des statistiques de la délinquance". En illustration, un photomontage des deux hommes porte la mention "Criminels ?", à la forme interrogative. Un texte assorti d'un signalement pour faux en écriture publique auprès de l'IGPN, la police des polices. Ces accusations, est-il notamment écrit dans la décision de la place Beauvau, mettent "gravement en cause la probité des deux autorités".

Des "sous-entendus infamants"

Score-Morvan-criminelAlors que l'institution policière est secouée par une série inédite de suicides, elle a un autre grief. Dans un tract du 19 février 2018, Alexandre Langlois écrit, que la hiérarchie policière pourrait être jugée coupable de "provocation au suicide", voire de "complicité de meurtre de fonctionnaires de police". Là encore, les formulations, cinglantes, sont jugées "particulièrement indignes" par la direction de la police nationale.
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Troisième motif,
des "critiques outrancières et des sous-entendus infamants" formulées dans un tract, daté du 24 octobre 2018, évoquant les agissements du médecin-chef de la police de Metz (qui a depuis été condamné pour agressions sexuelles et interdit définitivement d'exercer). Le Parisien en rend compte en ces termes "Christian Frey, un médecin-chef de la police, a été condamné mardi à Reims à un an de prison avec sursis et une interdiction définitive d'exercer pour avoir agressé sexuellement des élèves d'une école de police, a-t-on appris auprès de l'avocate d'une des victimes."

Dans le tract syndical, Vigi caricature notamment plusieurs huiles de l'institution policière sous les traits des personnages de la série 'Game of Thrones', à renfort de surnoms peu amènes : "le traître", le "seigneur des sangsues" ou encore " l'enfant-roi capricieux". Des caricatures dont ne se prive pas par ailleurs LREM dans son opération de main mise sur les socialistes les moins couillus  : Lien PaSiDupes - Municipales 2020 : l' "Anschluss" de LREM sur le PS, révélée: La méthode aggressive du parti du président pour saigner le PS
Le tract demande leur "expertise psychiatrique", pour savoir si ceux-ci sont, ou non, des "pervers narcissiques". "On me fait payer le fait d'avoir révélé le scandale", rétorque Alexandre Langlois.

"Nous resterons acides et irrévérencieux"

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Castaner en visite au Pays basque,
sous la houlette d'Eric Morvan,
ancien préfet des Pyrénées Atlantiques
Le syndicaliste estime être également être sanctionné pour deux autres raisons, qui ne sont pas mentionnées. Tout d'abord, pour ses "prises de position" syndicales sur "la gestion du maintien de l'ordre pendant la crise des Gilets jaunes". Ensuite, la place Beauvau ne lui pardonnerait pas d'avoir "déposé plainte" et de s'être constitué "partie civile dans le dossier Benalla", affirme-t-il.

Dans sa décision, le ministère de l'Intérieur reconnaît toutefois qu'Alexandre Langlois a exprimé ses "regrets" lors de son conseil de discipline le 20 janvier, et qu'il "s'est engagé à modifier la ligne éditoriale de son site syndical en supprimant les propos infamants y figurant". 
"Nous ne sommes pas là pour blesser, mais nous resterons acides et irrévérencieux", prévient Alexandre Langlois, qui entend bien poursuivre ses activités syndicales le temps de sa mise à l'écart. 
Pour faire face à sa perte sèche de revenus, ce père de deux enfants a lancé une cagnotte, qui a déjà récolté, pour l'heure , plus de 20.000 euros. Contactés, ni la direction générale de la police nationale, ni le ministre de l'Intérieur ne communique.

Vigi dénonce une "discrimination syndicale" envers un satellite de la CGT.
Le patron du syndicat policier Vigi va porter plainte contre le ministre. Affecté au Renseignement territorial des Yvelines, le gardien de la paix va contester devant le tribunal administratif en référé, a-t-il indiqué ce vendredi.

L'un de ses avocats, Me Yassine Bouzrou, confirme qu'il va déposer plainte ce vendredi contre le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, pour " discrimination syndicale aggravée". "Ce sont des sanctions extrêmement lourdes, alors que je suis très bien noté par ma hiérarchie", souligne Alexandre Langlois, ce vendredi. "C'est uniquement pour mes prises de position syndicales que je suis attaqué."

jeudi 19 octobre 2017

Corps à corps entre CRS en civil et policiers de la BAC à Calais

Une bagarre en discothèque dégénère en guerre des polices 

Des CRS et des policiers de la BAC en viennent aux mains


Quand une bagarre éclata entre deux fêtards de la discothèque, le "No Comment", et une quinzaine de copains CRS hors service à Calais, dans la nuit du jeudi 12 au vendredi 13 octobre, vers 1h du matin, des CRS en civil, en mission dans les Hauts de France, et des policiers de la brigade anti-criminalité (BAC) se sont castagnés, rapporte Le Canard enchaîné.
Une discussion entre un CRS et un autre client du bar est à l'origine de la bagarre, selon France 3 Hauts-de-France : l'un affirmait que l'autre lui avait volé son téléphone portable, l'altercation a dégénéré en bagarre générale et l'un des fêtards a alors appelé la police à la rescousse.

Appelés pour cette échauffourée, les policiers de la BAC se rendirent sur place, mais les CRS s'en prirent directement à leurs collègues, selon Le Canard enchaîné. Les CRS "ont foncé dans le lard" des membres de la BAC, "dérobant une matraque au passage", rapporte la presse.

"On constate des actes de rébellion", a confirmé le Parquet de Boulogne-sur-Mer à France 3. "Un CRS refuse de se faire interpeller; il y a des actes de violence sur un agent de la BAC et plusieurs outrages".

L'hebdomadaire anarchiste précise même que l'un des CRS leur aurait lancé : "Quand vous aurez des problèmes avec des migrants, on ne viendra pas vous sauver; on fera comme si on n'entendait pas les appels sur les ondes radio".


https://t.co/X85TOoLoDl pic.twitter.com/VSOPBdEFnL

— La Voix Calais (@VDNCalais) 14 octobre 2017


Les CRS auraient continué la bagarre 
entre eux à leur hôtel


L'un des leurs a passé la nuit en cellule de dégrisement, insiste encore Le Canard enchaîné. 

Suite à cet incident, deux personnes ont dû être hospitalisées pour des ecchymoses et un nez cassé, rapporte La Voix du Nord, et une enquête a été ouverte par l'inspection générale de la police nationale (IGPN).

Le procureur a d'ores et déjà indiqué que certains fonctionnaires pourraient être inquiétés par la justice. "A ce jour, tout le monde a été entendu ou presque. Comme les CRS ont généralement des missions de 10 ou 15 jours, certains étaient déjà repartis dans le Sud", a indiqué le procureur Pascal Marconville à France 3. 
Une enquête a été ouverte "à l'encontre des agents de la BAC" de Calais, selon l'AFP, pour "violences en réunion, rébellion et outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique".
Le Canard enchaîné vise plutôt les CRS. Selon l'hebdomadaire, les policiers incriminés seraient issus de la compagnie 58 basée à Perpignan qui s'était déjà rendue célèbre en emboutissant la voiture du capitaine du commissariat en sortant de boîte de nuit, "avant de prendre la fuite".
La BAC (Brigade anti-criminalité) est un service de la police nationale française et exerce dans les différentes directions départementales de sécurité publique (DDSP). Les Compagnies républicaines de sécurité, CRS, forment également un corps spécialisé de la police nationale.

mardi 17 octobre 2017

Procès Merah : un enquêteur lâche une info qui accuse

Un ancien responsable des services de renseignement met en cause l'Intérieur

Le témoignage qui jette un froid sur le procès du frère de Mohamed Merah, Abdelkader

Le président Hollande prit la pose
avec Mohamed Merah
Appelé à la barre lundi 16 octobre, un ancien responsable des services de renseignement a laissé échapper une information tenue secrète qui en dit long sur les circonstances des attentats perpétrés par le terroriste islamiste, le 11 mars 2012, à 16 h 10, Mohammed Merah tua le maréchal des logis-chef Imad Ibn Ziaten, un Français d'origine marocaine du 1er régiment du train parachutiste, le 15 mars 2012, à Montauban, faisant deux morts, des militaires, et le 19 mars 2012 vers 8 h à Toulouse, assassinant quatre enfants d'une école juive.

Christian Balle-Andui, ex-directeur régional du renseignement intérieur toulousain, a expliqué que, le 15 mars 2012, il a transmis à sa direction une note dans laquelle il avait listé une douzaine de noms de djihadistes présumés, dont celui de Mohamed Merah. Alors que deux militaires venaient, le même jour, d'être assassinés à Montauban, quatre jours après le meurtre d'un soldat à Toulouse, il jugeait que le suspect devait se trouver sur cette liste.

Sa direction négligea alors ces informations pour privilégier la piste de l'extrême droite... 
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Quatre jours plus tard, quatre personnes, dont trois enfants, sont abattues à l'école juive Ozar Hatorah de Toulouse par un homme armé et casqué, venu sur les lieux en scooter. "Si on vous avait écouté monsieur, on ne serait dans doute pas là aujourd'hui. Vous avez donné une indication qui ne figure pas au dossier", a déclaré maître Morice, avocat des parties civiles, à Christian Balle-Andui.

Un coup de théâtre impliquant  la Police nationale

Réalisant qu'il avait révélé des informations confidentielles, 
Christian Balle-Andui a cessé de répondre aux questions concernant la collaboration éventuelle d'Abdelkader Merah (ci-contre) aux actions terroristes de son frère. "L'État est incapable de reconnaître ce que nous savons aujourd'hui, qu'il y a eu des fautes lourdes, inadmissibles de l'État. 

"Le nom de Mohamed Merah était sur une fiche", a répété maître Morice. Christian Balle-Andui avait en outre adressé, sans succès, plusieurs demandes de judiciarisation de l'islamiste, dès le mois de juin 2011.

Après 32 heures de siège, l'islamiste auteur des tueries de Toulouse et Montauban était abattu d'une balle dans la tête par le Raid. Le candidat du PS à l'Elysée, François Hollande, évoqua des failles.
Pour Yves Bordenave, journaliste au Monde, invité de d'Europe 1, "il est difficile d'imaginer qu'un gamin de 22 ans, qui sort de la cité des Izards à Toulouse, se rende dans la zone pakistano-afghane avec un Guide du routard en disant 'bonjour, c'est moi, je vais faire le djihad'"."Il semble que ce jeune homme soit beaucoup plus pris en charge qu'on veuille bien le dire", avait-il estimé.

Le grand-frère, Abdelkader, 29 ans, qui était alors en garde à vue dans le cadre de la tuerie de Toulouse, avait été arrêté en 2007. Il était soupçonné d'être en lien avec une filière d'acheminement de combattants islamistes vers l'Irak, via la Jordanie et la Syrie. Un itinéraire identique emprunté par Mohamed Merah plus tard. 
Le demi-frère par alliance de Mohamed Merah, Sabri Essid, a été arrêté en Syrie en décembre 2006, dans une "planque" d'Al-Qaïda avec des gens armés. Il y avait six Français, tous originaires de Toulouse et sa région. En 2008, Mohamed a demandé un droit de visite à Sabri Essid. Les deux djihadistes décident de "remarier" leurs parents (la mère de Mohamed Merah et le père de Sabri Essid).Sabri Essid mettra près d’un an à réapparaître en Syrie, mais la mise en scène est soignée. Agenouillé, à ses pieds, dans une vidéo de propagande de l’Etat islamique diffusée mi-mars, un jeune arabe israélien qu’il accuse d’appartenir au Mossad. Revêtu d’un T-shirt orange semblable à la tenue des prisonniers de Guantanamo, l’otage attend la mort. On ne sait si c'est l’enfant qui accompagne Sabri Essid ou Sabri Essid lui-même qui la lui donnera.Revolver à la main, 'Allahou akbar' à la bouche, le garçon (que ses anciens camarades d’école à Toulouse ont reconnu) grimace. A son côté, à peine plus grand que lui, dans un treillis couleur terre, Sabri Essid prend la parole. En français. Celui qui a longtemps été dans l’ombre de son 'frère' d’arme, Mohamed Merah (qu’il a d’ailleurs enterré, avec seulement quelques intimes, ci-dessus) s’avance sur le devant d’une scène qu’il occupe en réalité depuis bien longtemps. Bien avant Mohamed. Et qu’il perpétue après lui, en Syrie.
En décembre 2006, Sabri Essid, âgé de 16 ans, est arrêté par la police à Hama en Syrie, d'où il tentait de rejoindre l'Irak. Ce qui vaudra à sa mère d'être interrogée par les enquêteurs français en février 2007. Face à eux, elle évoque, impuissante, un fils qui a "toujours été attiré par l’islamisme radical". "Encouragé" en cela par son père. 
Au même moment, autour d’"Abdelnasser", alias Abdelkader Chadli, en lien avec le Front islamique tunisien et le GIA algérien, se constitue à Toulouse, une cellule dont un converti, le dit Fabien Clain, prend bientôt les rennes.
Sabri Essid sera condamné à cinq ans de prison. Puis se fera oublier. Pour réapparaître en 2015 en Syrie.

lundi 25 septembre 2017

Collomb accueille un ancien "fiché S" dans la police nationale

Quand la police se laisse infiltrer... 

Autrefois dans le viseur du Renseignement pour sa pratique de l'islam

Il est devenu gardien de la paix, vendredi 22 septembre, en France.
Résultat de recherche d'images pour "police nationale"Une nouvelle promotion de gardiens de la paix a vu le jour, la semaine dernière. Or, parmi ces nouvelles forces de l'ordre, un homme sort du lot par son parcours, révèle RTL. 

Cette recrue a fait l'objet d'une fiche S (sûreté de l'État). Les faits remontent à l'année 2012, date à laquelle les services de la DGSI avaient commencé à s'intéresser à cet adepte de l'islam radical.  
 
Déjà à cette époque, l'homme tenta pourtant d'entrer dans la police, après avoir été chassé de l'Armée. Les services du Renseignement reçurent alors un signalement concernant cet individu. Dans la foulée, le ministère de l'Intérieur le classa parmi les fichés S, soupçonnés de vouloir s'attaquer à la France. 

Les failles béantes des services

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Le port du hijab bientôt autorisé
dans la police nationale
Malgré cette mesure individuelle, le suspect passa inaperçu et parvint à se faire embaucher comme adjoint de sécurité. Il resta sous surveillance pendant trois ans, et sembla avoir un comportement tout à fait normal.

Cellule dormante ?
Malgré l'"état d'urgence" instauré le 14 novembre 2015 sur tout le territoire national en raison des attentats islamistes du 13 novembre 2015, la DGSI décida donc de lever la fiche S dont il faisait l'objet. Plus rien ne l'empêchait de devenir policier et c'est que qu'il fit le 22 septembre 2017, lorsqu'il devint officiellement gardien de la paix après une formation à l'Ecole nationale de police (ENP), selon RTL.

Cet individu a pu être recruté et formé en école nationale de police, alors qu'il a fait l'objet d'une fiche S et ça ne fait pas problème ? 
A l'heure actuelle, il n'existe pas de contrôle administratif systématique lors des recrutements dans la police ou la gendarmerie pour connaître le parcours précis des candidats.
Cette disposition est prévue dans la nouvelle loi antiterroriste... 
Le suspect sera peut-être passé brigadier...

lundi 6 février 2017

Police nationale d'Aulnay-sous-Bois : le maire dénonce la requalification du "viol" en "violences volontaires"

Le viol n'est plus avéré, selon le Parquet 

Ce dimanche 5 février, le maire d'Aulnay-sous-Bois a pris position pour la paix civile



Un homme de 22 ans a été blessé par les matraques de policiers, le jeudi 2 février. Il s'était interposé au côté de jeunes soumis à un contrôle d'identité à la cité des 3.000 d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). 
Le jeudi 2 février, à Aulnay-sous-Bois, dans la Cité des 3 000, vers 17 heures, "quatre fonctionnaires de police procédaient à un contrôle de l’identité d’une dizaine de personnes après avoir entendu les cris caractéristiques des guetteurs de points de vente de stupéfiants, annonça le Parquet. Au cours de cette opération, ces fonctionnaires tentaient de procéder à l’interpellation d’un homme de 22 ans."D’après le journal Le Monde, des images de vidéosurveillance ont permis de cerner plus précisément le déroulé des faits. "On est sur un contrôle d’identité qui dégénère; il y a des échanges de mots, mais on ignore ce qui se dit", précise la source du journal.
Les
quatre policiers de la brigade spécialisée de terrain (BST), police nationale à Aulnay-sous-Bois, se seraient scindés en deux binômes. Deux agents "tentent de maîtriser l’individu" pendant que leurs deux collègues se placent dos à la scène, en sécurisation. "Assez rapidement, ils font usage de gaz lacrymogène", ce qui aurait eu pour effet de gêner un des policiers interpellateurs, au point qu’il se baisse au sol. "Son collègue est seul, il sort sa matraque télescopique et porte des coups au niveau des jambes de l’individu dans l’idée, on pense, de faire fléchir ses genoux." La source ajoute : "D’après les images, le pantalon de la personne interpellée semble glisser tout seul." Celle-ci n'aurait pas hésité plutôt à accuser les policiers de lui avoir volontairement baissé.
 
"Sur la vidéo, on voit un coup de matraque télescopique, à l’horizontale, vers la victime. Le coup traverse le caleçon. Nous pensons que c’est celui-ci qui entraîne la blessure."
L'homme, âgé de 22 ans, toujours hospitalisé dimanche soir, présente une section du sphincter anal et une lésion du canal anal de dix centimètres de profondeur, selon le médecin de l'hôpital Robert-Ballanger d'Aulnay. Une blessure qui lui vaut, à ce stade, soixante jours d’interruption totale de travail.

"Bien sûr qu’on est énervés ! (…) C’est vraiment dégueulasse." Omar, un habitant qui a assisté à la scène (ou une partie !) a également fait part de sa colère au journal Le Parisien et expliqué ce qu’il a vu :

"Ils sont arrivés sur place; ils ont giflé un petit. Par la suite, le petit Théo [sic] a voulu s’interposer pour défendre son pote (…) et les flics n’ont pas aimé. Par la suite, il a été violemment agressé par la police." [Agresser en douceur, ça existe, ça?] 
Or, voici, ci-contre, la photo du "petit Théo"... 
Et son identité a été révélée par France 2, chaîne de télévision du service public vertueux qui possède des redresseurs de torts très médiatisés, telle Elise Lucet, harceleuse exemplaire des ses cibles...

Ces journalistes délicats sont respectueux de la personne, sachant que les détails des blessures sont exposés par la presse.

Les blessures de Théo, 22 ans, ont depuis été constatées par le corps hospitalier, les quatre policiers présentés à la justice. Une enquête avait d'abord été ouverte pour viol.
Un des policiers a été mis en examen pour viol et les trois autres pour violences volontaires en réunion, a annoncé vendredi le Parquet de Bobigny. 

Dans la foulée, le ministre de l’Intérieur, Bruno Le Roux, a suspendu les quatre policiers mis en cause "immédiatement et à titre conservatoire". Dès samedi, dans un communiqué, le ministre de l'Intérieur a de son côté souhaité "que toute la lumière soit faite sur les accusations d'une extrême gravité portées à l'encontre de ces fonctionnaires", prévenant que des "sanctions" seraient prises "s'il était avéré que les règles déontologiques, éthiques et de droit n'ont pas été scrupuleusement respectées".

Depuis la déclaration du pouvoir politique, les quatre fonctionnaires de la police nationale ont été placés sous contrôle judiciaire et trois d'entre eux se sont vus interdire d'exercer l'activité de fonctionnaire de police, indique le parquet dans un communiqué, sans plus de précision.

Mais, dimanche soir 5 février, trois jours après les faits, le Parquet de Bobigny a annoncé avoir requalifié les chefs d'accusation en "violences volontaires" avec circonstances aggravantes".

Le maire dénonce la requalification et l'allègement du chef d'accusation visant les policiers

Des affrontements ont eu lieu samedi soir, vers 20h30, dans la cité de la Rose des Vents, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).
Samedi soir, vers 21h00, de brefs incidents ont éclaté dans la vaste cité des 3.000, où une voiture a été brûlée et une tentative d'incendie constatée sur un bus. Des abribus ont également été cassés, et le quartier plongé dans l'obscurité après le sabotage de l'éclairage public. Une compagnie de CRS a été appelée en renfort dans le quartier, selon une source policière.
Les habitants font évidemment le lien avec le contrôle de Theo, jeudi. "80 personnes, encagoulées ou encapuchonnées déambulant dans la cité ont été vues," indique une source anonyme.

La qualification de viol n’a pas été retenue car il n’y a pas l’élément intentionnel de la pénétration : si la violence est bien volontaire, le policier n’aurait toutefois pas eu l’intention de frapper à cet endroit au cours du corps à corps. 

Mais cette requalification avait néanmoins été vivement critiquée par Bruno Beschizza, le maire LR de la ville, lui-même ancien officier de police, qui a dénoncé "un détournement de vérité".
"Nous, les Aulnaysiens, ne pouvons pas comprendre cette requalification. Elle est vécue comme un détournement de vérité", explique dimanche le maire, Bruno Beschizza dans une tribune publiée sur sa page Facebook.
La vidéo de l'interpellation, par la vidéosurveillance de la police municipale et des témoins, a provoqué un vif émoi.

Loin de convaincre, les divers récits ont provoqué un mouvement d'indignation autour de cette affaire, amplifié par les détails apportés par "une source proche de l'enquête". Et quand une source est floue, c'est qu'il y a un loup...


L’avocat de Théo, Eric Dupond-Moretti, a réclamé "une véritable exigence vis-à-vis de la justice".
 
Lundi matin sur France Inter, le conseil a indiqué que le jeune homme n’était pas connu des services de police.

La famille du jeune homme a refusé dimanche de rencontrer le ministre de l'Intérieur, B. Le Roux
, a précisé Me Dupond-Moretti : "La famille n’a pas besoin pour le moment d’être reçue par le ministre de l’Intérieur; elle a besoin de réponses aux questions qu’elle se pose et elle veut que la justice traite ces policiers comme serait traité n’importe quel justiciable."

dimanche 5 février 2017

Seine-Saint-Denis : quatre policiers soupçonnés du viol d'un jeune homme

Pruno Le Roux: ça lui en touche une, sans faire bouger l'autre ?

Un "petit jeune" a été sérieusement blessé jeudi après-midi, au cours d’un contrôle de police  à Aulnay-sous-Bois (9.3)

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Les faits remonteraient à jeudi lors de l'interpellation d'un jeune homme de 22 ans dans le quartier de la Rose-des-Vents. Un jeune adulte de 22 ans,  M*., a été opéré dans la nuit de jeudi à vendredi après avoir été sérieusement blessé, en marge  au cours d'un contrôle de police jeudi après-midi, dans le quartier de la Rose-des-Vents à Aulnay-sous-Bois.

Quatre policiers du commissariat local sont soupçonnés de viol en réunion sur le jeune blessé et ont été placés en garde à vue dans les locaux de l'inspection générale de la police nationale (IGPN). Les quatre fonctionnaires nient les accusations, mais leur garde à vue a été prolongée de 24 heures samedi. 

Le patron des policiers, le ministre de l'Intérieur, Bruno Le Roux a dit "souhaiter que toute la lumière soit faite sur les accusations d'une extrême gravité portées à l'encontre de ces fonctionnaires": langue de bois d'un communiqué  classique rédigé par un sous-fifre.  

L'interpellation a été filmée, mais l'identité de la victime, floutée... 

"M. était juste sorti apporter une paire de baskets à une copine", raconte la mère. En fait, la famille ne sait que ce qu'en ont raconté quelques jeunes du quartier et M. lui-même. Elle a aussi visionné les vidéos tournées depuis leurs fenêtres par des habitants. Sur celles-ci, on voit quatre fonctionnaires qui font tomber à terre un grand gaillard, avant de l'embarquer sans ménagement dans leur voiture. Arrivée juste après l'interpellation, la grande soeur de M., qui rentrait du travail ce jeudi après-midi, raconte néanmoins ce qu'elle n'a pas vu : "J'ai vu les regards dans le quartier se tourner vers moi. Un jeune est venu me voir, m'a dit : M. a été embarqué, on n'a rien pu faire: on a été gazés. Désolé. Et il m'a tendu une basket de M., c'est tout ce qu'ils avaient pu récupérer de lui."

Policiers accusés de viol à Aulnay : un témoin du quartier raconte  

L'un des frères appelés par la grande soeur, accouru au commissariat, indique avoir aperçu M., le visage tuméfié, partir en fauteuil roulant pour l'hôpital.
Or, la famille n'apprendra que vers 22 heures que le jeune homme a été pris en charge à l'hôpital. "Il n'a pas pu lui parler", précise cette fois la soeur. 

Arrivé au commissariat, le jeune homme se serait plaint "de saignements à la bouche et à l'anus", explique une source proche du dossier. Il aurait alors expliqué que, lors de l'interpellation, tout en tentant de le maîtriser, l'un des quatre policiers aurait réussi à introduire une matraque télescopique dans l'anus du malabar.
La victime précise que le viol ne se serait pas déroulé dans un véhicule ou au commissariat, mais sur la voie publique. L'examen médical pratiqué à l'hôpital d'Aulnay a effectivement mis en évidence "des lésions importantes", poursuit cette source, sans préciser à quand  - avant ou après l'interpellation - peuvent remonter les violences. 
L'auteur de l'examen hospitalier ajoute: "Ce qui correspond clairement à l'introduction d'un objet." Mais l'enquête devra établir quand...

VOIR et ENTENDRE le récit sujet à caution d'un habitant qui commente de supposés mauvais traitements de policiers municipaux sur un "ptit jeune" de 22 ans,par ailleurs décrit comme "costaud" :

La video montre la résistance du "ptit jeune" lors de son interpellation et les lieux de la scène où l’avocat Jean-Pierre Mignard, parrain des deux fils du président François Hollande, dispose d'un cabinet juridique depuis 2004.


Les faits rapportés par les quatre policiers divergent de la version familiale

"Ils reconnaissent qu'il y a eu des coups de bâton télescopique car ils ne parvenaient pas à maîtriser ce grand costaud", indique un collègue. 

Le groupe de jeunes hostiles présents aurait de leur côté assuré que M., comme d'autres, aurait réagi bruyamment à une gifle donnée par un représentant des forces de l'ordre à un ado qu'il contrôlait. L'analyse des vidéosurveillances devrait permettre d'éclaircir cette accusation. 

Les jeunes - une cinquantaine à 22h00 - auraient opposé de la résistance. 
On y distinguerait les quatre policiers en train de lui donner des coups au niveau des jambes et on le verrait tomber. "Ce sont des scènes de violences, mais nous n'avons pas identifié de gestes à connotation sexuelle", souligne une "personne" (anonyme)  qui aurait pu visionner la vidéo. 

Les caméras de vidéosurveillance de la ville d'Aulnay ne sont pas les seules à avoir capturé cette "intervention suspecte", selon l'AFP. 
Une "cinquantaine de personnes étaient présentes", indique un policier. Leurs images sont en cours d'examen, tout comme la matraque télescopique du fonctionnaire qui aurait servi à commettre les violences. Ces fonctionnaires appartiennent à la brigade spécialisée de terrain (BST). 
Les Brigades spécialisées de terrain (BST) anciennement (UTeQ), sont des unités de la Direction centrale de la sécurité publique (DCSP) de la police nationale. Implantées dans les quartiers sensibles, pour des missions plutôt de façon pédestres, elles sont parfois présentées comme une nouvelle version de la police de proximité. Elles ne sont pas constituées de "policiers d'ambiance ou des éducateurs sociaux", ni de "grands frères inopérants en chemisette qui font partie du paysage", avait prévenu le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux
"Ce sont des agents sectorisés sur les zones sensibles ou en cas de violences urbaines. Ils sont là pour faire de l'interpellation", précise un policier qui ajoute qu'il serait "consterné si les faits étaient avérés". La famille de M. a annoncé son intention de déposer plainte. "C'est inacceptable, nous ne pouvons pas en rester là."
* Le prénom a été modifié pour le grand public, mais la video le désigne sous le prénom de Théo qui ne commence pas par un M. Qui dit vrai ?...

Du bled au ghetto en passant par le paradis de la Rose-des-Vents

La cité des 3.000, à Aulnay-sous-Bois, a une culture de la rébellion depuis plusieurs émeutes violentes depuis le 29 octobre 2005. Construite en 1969 pour loger les ouvriers et les cadres des usines Citroën, elle s'est progressivement dégradée. Au milieu des années 1960, les Bellakhal, une famille marocaine venue chercher du travail en 1958, vivaient dans une cave louée par un compatriote indélicat : "C'était atroce. On a fait une demande de logement à la mairie. Quand la Rose-des-Vents s'est bâtie, on nous a donné un quatre-pièces. J'avais 11 ans. Pour moi, c'était le paradis. On se roulait dans la salle à manger de bonheur. On a dû appeler le gardien pour qu'il nous explique comment fonctionnaient les toilettes. C'était tout neuf, tout beau. Et dès qu'on sortait, on se retrouvait dans les champs de blé." Le quartier comptait alors "plus de Français que d'immigrés", commente M. Bellakhal.

Sur la dalle du centre commercial Surcouf, "les boutiques se sont peu à peu développées. Il y avait aussi des banques, des assureurs... Les gens étaient contents de quitter des logements insalubres pour des appartements fonctionnels." Débarquaient des ménages de toutes origines. Des gendarmes du Bourget et de Roissy, des agents des PTT s'étaient vu réserver deux ou trois tours.

En dix ans, du premier choc pétrolier (1973-1974) à la crise de l'automobile (1982-1984), les choses se sont dégradées, avec les suppressions d'emplois chez Citroën et la fermeture d'Ideal Standard, et la "ghettoïsation" au moment où les centres commerciaux régionaux ouvraient leurs portes. Conséquence du chômage, les magasins du centre Surcouf "ont commencé à fermer les uns après les autres", se rappelle M. Prévost, boulanger de 58 ans.


19 octobre 1994


Aulnay-sous Bois, au coeur des émeutes urbaines de 2005

Plusieurs nuits de violences urbaines ont secoué Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis, à la suite de celles qui qui ont commencé à Clichy-sous-Bois, consécutivement à la mort de deux adolescents, Zyed Benna et Bouna Traoré (octobre 2005), électrocutés dans l'enceinte d'un poste électrique dont l'accès était condamné. 
Des voitures ont été incendiées dans l’entrée du parking de l’allée de La Bourdonnais, à Aulnay-sous-Bois et devant la préfecture à Bobigny. Des "caillassages et prises à partie des forces de police" ont été signalés dans six communes du département, au Blanc-Mesnil, La Courneuve, Clichy-sous-Bois, Tremblay-en-France, Livry-Gargan et Sevran, selon la préfecture. A Aulnay-sous-Bois, c'est l’antenne de police du Galion qui, bien qu'elle fasse de la "prévention", a également fait l’objet d’une tentative d’incendie dans le quartier de la cité des 3.000...  "Elle a été "investi" (sic: orthographe dans son jus) sans que l’on sache dans l’immédiat si la police a réussi à faire sortir les intrus," écrivit Jérôme Charré du MoDem à Aulnay. "Les forces de police arrivent dans le quartier de la Rose des Vents [...] Ils tirent des flash-ball dans le tas sans se soucier de savoir si les personnes peuvent essayer de déplacer leur voiture au cs où se produirait un nouvel incendie. Les jeunes étant aussi courtois, aimables et solidaires accompagnent les pauvres victimes jusqu’à chez eux," écrivit cet acteur politique local.

Dans les services de la protection maternelle et infantile (PMI), certaines employées estiment aussi que les relations entre hommes et femmes se sont dégradées. 
"Ici, la libre circulation, c'est valable pour les garçons", regrette Sérénade Chafik, conseillère conjugale. Elle reçoit des femmes en souffrance, victimes de violences, des adolescentes "en grande détresse, traitées de "pute" parce qu'elle porte une jupe et dont les parents, obsédés par la virginité, contrôlent les règles". Sous l'emprise du mari, les femmes "vont reproduire le même schéma en laissant les garçons exercer leur virilité notamment sur leurs soeurs", estime-t-elle. "La place des filles n'est pas acquise, et celle des mères est à réhabiliter", car "la génération actuelle est plus sur la défensive que sur la revendication".

L'islam a rendu les quartiers invivables. 
Un bel "entrepôt"
"Il y a dix ans, je ne voyais qu'une seule femme voilée et en noir de pied en cap. Maintenant, c'est monnaie courante." Sérénade Chafik se dit inquiète "d'une présence active des intégristes, notamment sur les marchés". D'après le père Xavier Chavanne, responsable de la chapelle Saint-Jean, il y a deux fois plus de musulmans que de chrétiens dans les quartiers nord d'Aulnay. La Rose-des-Vents et ses alentours comptent cinq mosquées ou salles de prière, qui illustrent toute la diversité de l'islam en France.

La mosquée turque est dans une cave d'immeuble. La mosquée Al-Salam, fréquentée par des Maghrébins, est installée dans un pavillon en lisière du quartier. Le foyer de travailleurs, rue Henri-Matisse, compte une salle de prière fréquentée majoritairement par les Africains. Une confrérie sénégalaise mouride anime un lieu de culte.


La commune possède pourtant une grande mosquée, Al-Irchad, installée dans un ancien "entrepôt" (trois photos de l'entrepôt, à gauche), sur la zone industrielle. Aucun croissant ou minaret ne la signale de l'extérieur. Tous les vendredis, elle accueille 1.200 personnes, et plus de 5.000 lors des grandes fêtes. Le président marocain de l'association, Aït Hamou, est un ancien ouvrier de Citroën. Il est à la recherche d'un imam parlant français. "Le prêche est en arabe, se plaint-il. Les jeunes ne comprennent pas. Même mes enfants ne parlent pas bien l'arabe. A la maison, on utilise le berbère... Difficile de lancer des appels au calme dans ces conditions." 
S'il ne s'inscrit pas dans le paysage par des minarets, l'islam est visible dans le voile porté par les femmes, pour l'essentiel des mères de famille. Un voile traditionnel porté par beaucoup de Marocaines venues du bled. Très peu portent le foulard islamique.

Dans ce contexte, l'homosexualité est non seulement taboue, mais réprimée.