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dimanche 29 décembre 2019

Réforme des retraites: changement de pied de Macron avec les danseurs de l’Opéra de Paris

Le gouvernement "droit dans ses bottes" fait des concessions aux danseurs de l’Opéra

Des danseuses du corps de ballet ont exécuté la 'mort du cygne'
du "Lac des cygnes" sur le parvis de de l’Opéra Garnier

Aux danseurs de l'Opéra de Paris en grève contre son projet de réforme, l'exécutif a proposé que le nouveau texte n’entre en vigueur que pour les danseurs recrutés à partir de 2022. Les autres n'avaient qu'à arrêter le travail...

L'AFP assure que c'est une proposition gouvernementale volontaire, présentant la sarabande gouvernementale - danse enseignée par le diable pour que les sorcières la dansent lors du sabbat - comme "quelques pas en direction des danseurs et danseuses de l’Opéra de Paris", en grève contre ce projet de réforme. 

"La réforme entrera en vigueur pour les danseurs recrutés après le 1er janvier 2022, tandis que les règles actuelles seront maintenues pour les danseurs recrutés avant cette date", assurent le ministre de la Culture, un garagiste, Franck Riester, et le secrétaire d’Etat chargé des retraites, le toujours débraillé Laurent Pietraszewski, dans un courrier du 23 décembre adressé au directeur général de l’Opéra de Paris, Stéphane Lissner.

L'AFP assure par ailleurs que le gouvernement propose - toujours aussi spontanément - d’élaborer "un dispositif de reconversion professionnelle" pour les quelques danseurs (six par an en moyenne sur les cinq dernières années) qui s’arrêteront chaque année.

Dans ce même courrier, ainsi que dans un autre envoyé à la Comédie-Française, le gouvernement invite les directeurs des deux institutions à mener avec lui des concertations pour la mise en œuvre de la réforme à partir du début de l’année prochaine et jusqu’à l’automne 2020. Le fruit de ces travaux sera intégré dans les textes d’application de la loi.

Un Lac des cygnes  très symbolique

Les danseurs de l’Opéra de Paris (Garnier et Bastille) partent actuellement à la retraite à 42 ans compte tenu de la "pénibilité" de leur métier, plus crûment le vieillissement, des risques de blessure et du fait que la majorité des danseurs peut difficilement continuer à danser les grands ballets au-delà de cet âge avec le même niveau d’excellence. Ainsi sont-ils tous considérés comme des danseurs et danseuses étoiles, des premier rôles.

La grève qui touche l’Opéra a entraîné l’annulation de plusieurs spectacles et des pertes s’élevant à 8 millions d’euros, selon les chiffres communiqués par l’institution au début de la semaine. A quelques heures de Noël, le 24 décembre, des danseuses du corps de ballet de l’Opéra ont dénoncé avec grâce une réforme qui "met en danger" leur métier.
"Ce que les filles vous ont montré, c’est quinze ans de sacrifices, et c’est du travail quotidien. Et pour arriver à ça, il y a une limite, une contrainte », a déclaré à la presse le danseur et élu à la caisse des retraites Alexandre Carniato, simple danseur de l'Opéra National de Paris et chorégraphe pour la Compagnie Attractif de Morgane Dragon depuis 2005. L’Opéra et la Comédie-Française sont les seules institutions culturelles concernées par la réforme du gouvernement. Le régime spécial de l’Opéra date de 1698, sous Louis XIV.
A leur tour, les artistes du cirque, vont-bénéficier des faveurs du prince ?

vendredi 1 juillet 2016

Présidentielle: le Conseil supérieur de l'audiovisuel réécrit les règles

Le CSA modifie le comptage du volume de médiatisation des candidats

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a présenté hier les nouvelles règles qui s'appliqueront aux media audiovisuels pour la présidentielle.
  
L'objectif de la modification est de veiller à plus d'équité dans le pluralisme de la campagne présidentielle. A partir du 1er février 2017, le CSA évaluera le temps de présence des candidats à la radio et la télévision selon une nouvelle méthode qui intégrera tous les commentaires qui leur seront consacrés, a annoncé ce jeudi son président Olivier Schrameck.

Seront compris les sujets, chroniques, éditoriaux, débats, analyses, revues de presse ou commentaires, "sauf si la séquence lui est clairement défavorable", a expliqué Olivier Schrameck.

Le CSA élargit ses critères pour mesurer l'exposition médiatique globale de chaque candidat
En élargissant les critères du comptage, le CSA veut tendre vers une meilleure évaluation de l'exposition médiatique globale de chaque candidat. C'est une réponse au problème posé par exemple par le Front national, qui se plaint de ne pas être assez présent dans les media, alors qu'il est très visible dans les commentaires des analystes ou les éditoriaux. 

Ces règles du pluralisme ont déjà été largement modifiées par une loi d'avril 2016, qui a réduit la période où les groupes audiovisuels doivent offrir un temps de parole strictement égal à chaque candidat, le fixant à seulement trois semaines avant la présidentielle, soit du 10 avril au 5 mai. 

Du 19 mars (date de la publication de la liste officielle des candidats par le Conseil constitutionnel) au 9 avril, les media n'ont plus de contrainte d'égalité, mais seulement d'équité de présence médiatique pour chaque candidat, reflétant grosso modo leur poids politique et excluant la nuit (de minuit à 6 heures) pendant laquelle pouvaient être relégués les "petits" candidats, a rappelé le CSA. Cette règle d'équité vaudra aussi pour les candidats présumés, dans la période du 1er février au 19 mars.

Une prise de conscience de France Inter à propos du Brexit


Qu'il s'agisse des media audiovisuels ou de la presse écrite (et numérique), la sélection des citations d'acteurs politiques et syndicaux anonymés
- élus et technocrates supposés, comme associatifs et activistes masqués -, des témoignages "spontanés", des prises de position des intervenants (chroniqueurs sociétaires, experts 
patentés et décrypteurs-maison) et des commentaires des représentants floutés de l'exécutif, tout reste en fait à clarifier.   
France Inter entraînera-t-elle ses confrères "indépendants" de tout (pouvoirs politique et financier, ainsi qu'idéologique), si la chaîne publique fait également son aggiornamento sur le prosélytisme politique ?

La route sera longue  
Voire interminable et déliquescente comme une chronique humoristique de Frédérick Sigrist qui, pendant quatre années, semble être le seul à n'avoir pas senti passer Hollande. 
C'est en effet sur ...France Inter qu'il est revenu sur les Brexit et les conséquences du largage des amarres britanniques. L'occasion justement de voir comment nos media -entretenus par la redevance audiovisuelle- ont traité le sujet, selon lui, le 27 Juin 2016:

Comment Schrameck décomptera-t-il de leur temps de couverture médiatique l'ensemble des charges qui accablent certains candidats, plus que d'autres, quand l'art et l'humour autorisent toutes les dérives partisanes ?

jeudi 22 octobre 2015

Cambadélis (PS) et Sarkozy (LR) tombent d'accord contre l'invitation de France 2 à Marine Le Pen (FN)

Offensive concertée du PS et des Républicains contre l'invitation de Le Pen à DPDA

Cambadélis ne s'adresse pas au CSA pour  réclamer plus d'équité médiatique 
L'émission Des Paroles et des Actes "introduit une distorsion dans l'équité médiatique", estime le premier secrétaire du Parti socialiste, suite à l'invitation de la présidente du Front national. Nicolas Sarkozy "partage la même analyse".

En effet, pour la cinquième fois depuis la création de l'émission, Marine Le Pen prendra place jeudi sur le plateau de l'émission Des Paroles et des Actes sur France 2, présentée par David Pujadas. Ce rendez-vous médiatique est incontournable et très recherché par d'autres ténors de partis politiques que Marine Le Pen...

L'invitation de la présidente du Front national crée le soupçon d'un traitement de faveur à l'approche des élections régionales de décembre. 
La patronne du FN est en effet candidate en Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Mercredi, c'est le premier secrétaire du Parti socialiste a dénoncé un manque d'"équité médiatique" et le député de Paris a adressé une lettre, non pas à Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, ou à Olivier Schrameck, président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), mais à Nicolas Sarkozy pour lui proposer de saisir avec lui le CSA. "Il n'est pas admissible que le service public fasse plus de deux heures de publicité pour Madame Le Pen au détriment des partis républicains représentés à l'Assemblée nationale", écrit Jean-Christophe Cambadélis. Par cette initiative, le patron de la rue de Solférino veut "porter un coup d'arrêt à la fascination, à la promotion morbide de l'extrême droite dans le pays". Et "une démarche commune sonnerait comme un rappel à l'ordre et aux valeurs de notre pays", écrit-il à Nicolas Sarkozy.

La lettre de Cambadélis à Sarkozy:

Sarkozy "partage la même analyse"

Le président des Républicains a répondu favorablement à la démarche de Jean-Christophe Cambadélisa fait savoir l'entourage de Nicolas Sarkozy en fin d'après-midi . "Ils partagent la même analyse concernant cette affaire, c'est une violation manifeste de la règle républicaine de l'équité du temps de parole", a-t-on précisé, confirmant un contact téléphonique entre les deux responsables politiques
Cette fois-ci signée de Frédéric Péchenard, le directeur général des Républicains, une nouvelle lettre a été envoyée à France Télévisions et au CSA

Cambadélis met en évidence le parti-pris de Schrameck et d'Ernotte

Le CSA est finalement sorti de sa torpeur et a préconisé sur commande et par communiqué mercredi, qu'une "expression contradictoire (soit) rapidement offerte aux concurrents" de Marine Le Pen.

Jusqu'alors, lcontrôleur vigilant des media faisait le mort. Xavier Bertrand, le candidat des Républicains dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie et Pierre de Saintignon, le candidat du Parti socialiste dans la même région la semaine dernière, avaient pourtant, chacun de son côté, envoyé un courrier similaire pour se plaindre de l'invitation de leur rivale frontiste. 

En contournant les présidents du CSA, régulateur supposé du paysage audiovisuel français, et de France Télévisions, service que certains qualifient de public, Cambadélis dénonce l'autisme des personnels mis en place par le président Hollande à la tête des institutions de l'Etat.    

A noter, en revanche, que
Delphine Ernotte peut faire preuve d'autorité, au faciès et sur ordre de l'Elysée. Elle a ainsi mis à pied le chef du service météo de France Télévisions, Philippe Verdier, un journaliste hérétique, auteur d'un livre qui met en question les conséquences catastrophistes propagées par le pouvoir.

 

vendredi 8 août 2014

Pacte de responsabilité: Fillon raille "l'amateurisme" du gouvernement

Le gouvernement s'est fait sanctionner par le Conseil constitutionnel

Le Conseil constitutionnel a rejeté mercredi l'allègement progressif des cotisations salariales,
promis par le candidat Hollande et prévu pour les revenus les plus modestes, jusque 1,3 fois le SMIC. Ce rejet du texte est logique pour l'UMP Gilles Carrez, mais l'allègement n'est que partie remise, selon le patron taclé du PS à l'Assemblée nationale, Bruno Le Roux.

Les petits salaires devront attendre que le président Hollande mette au point ce pacte de responsabilité qu'il prépare pourtant depuis plusieurs années. La mesure devait s'appliquer dès le 1er janvier 2015 et concerner 5,2 millions de salariés et 2,2 millions de fonctionnaires. 

Préservant Hollande mais accablant son premier ministre, 
Libération écrit: "Une gifle. Le Conseil constitutionnel a rejeté mercredi soir une mesure sociale phare du gouvernement Valls"...

Le gouvernement tente de sauver la face
Tandis que Manuel Valls, le Premier ministre, est aux abonnés absents, le ministère des Finances s'est fendu d'un communiqué où Bercy "se réjouit" (sic) de l'adoption du pacte de responsabilité et n'évoque la partie rejetée qu'à la fin du texte. Honnête et exemplaire ! 

Les réactions

Bruno Le Roux mélange tout.
"Nous avions eu un avis favorable du Conseil d'Etat sur le sujet. C'est un renversement de jurisprudence", a raconté jeudi sur BFMTV le patron vertueux des députés PS qui compare une décision administrative et un jugement de constitutionnalité. 

Des élus UMP comme François Fillon ou Christian Estrosi ont en revanche pointé "l'amateurisme" du gouvernement. 
"L'amateurisme fait perdre du temps à la France, déplore l'ancien Premier ministre. "En jugeant contraire à la constitution l’allègement des cotisations salariales promis par l’exécutif dans le cadre de son pacte de responsabilité, le Conseil constitutionnel sanctionne le caractère brouillon et improvisé de sa politique économique et lui rappelle les principes fondamentaux de notre contrat social.

Avec le Conseil constitutionnel, François Fillon rappelle le gouvernement à l'ordre soulignant à la fois " les impératifs du financement de notre système de protection sociale et le lien entre le droit à des prestations et le versement effectif de cotisations par les intéressés. Ce lien est au cœur de notre contrat social. "

Le Parti communiste a, quant à lui, jugé que
le pacte "est en cendres"
, tandis que la CGT y a vu un "camouflet".

Le "grand risque" du gouvernement 

Bruno Le Roux accuse le coup, mais enfume l'opinion: "Nous rétablirons une mesure de même ampleur que celle qui vient d'être annulée", et cela, dès la prochaine loi de Finance.
"C'est un coup porté au pouvoir d'achat des salariés les plus modestes", prétend Bruno Le Roux, pour 500 euros par ...an, de l'aveu de Manuel Valls ! 

"Il était simplement impossible d'introduire de la progressivité dans les cotisations, explique à BFMTV le député UMP et président de la Commission des Finances à l'Assemblée nationale Gilles Carrez sur BFMTV. Comment justifier que certains auraient payé moins de cotisations sociales tout en gardant les mêmes prestations sociales? Le Conseil constitutionnel a jugé une rupture caractérisée du principe d'égalité."

Les députés UMP, "coupables", selon Le Roux, de la saisine des "Sages", se félicitent d'avoir fait préserver le principe d'équité entre les citoyens. "Le gouvernement a pris un gros risque, il a perdu", estime lui Gilles Carrez. 

Ce n'est pas la première fois que le gouvernement doit faire face à un refus du Conseil constitutionnel: la taxe à 75 % sur les très hauts revenus, mesure phare du candidat Hollande, et la proposition de loi Florange sur les cessions de sites rentables, avaient aussi connu la même désapprobation.


Par la bouche de la sénatrice socialiste Marie-Noëlle Lienemann, la gauche du PS demande la "suspension immédiate" du pacte de responsabilité.

jeudi 7 août 2014

Pacte de responsabilité: Hollande prend un coup de règle du Conseil constitutionnel sur les doigts

Les amateurs de l'exécutif devront revoir leur copie, une fois de plus 

Valls avait précisé le "pacte de solidarité" promis par François Hollande
 

qui devait "redonner confiance aux Français" et stimuler la croissance. Argumentaire dans le désordre... 

L'objectif visé en avril dernier était en effet de redonner du pouvoir d’achat aux ménages modestes en diminuant la pression fiscale sur les salaires, grâce à une enveloppe de cinq milliards d’euros, dont Manuel Valls n’avait toutefois pas précisé la ventilation. Or, si faible que s'annonce pourtant la croissance aujourd'hui, l'allègement des cotisations salariales, promis par le gouvernement pour faire augmenter les salaires modestes et relancer la consommation, vient d'être retoqué ce mercredi 6 août par le Conseil constitutionnel
Les Sages avaient en revanche validé l'allègement des cotisations patronales, provoquant la colère de certains élus, notamment à gauche. Les salariés n'avaient pas encore eu gain de cause, à la différence des patrons avec le pacte de responsabilité. Pourquoi les Sages ont-ils retoqué l'allègement des cotisations salariales… mais pas celui des cotisations patronales ? 

L'injustice apparente se situe-t-elle là où la gauche du PS la dénonce ? 

L'allègement des cotisations était censé faire mécaniquement augmenter les salaires modestes. L'article 1er du projet de loi prévoyait une baisse dégressive des cotisations des salariés touchant entre un SMIC et 1,3 SMIC. Le revenu net du smicard devait ainsi bondir de 520 euros par ...an. Sur le papier, la mesure, qui devait s'appliquer au 1er janvier 2015, aurait concerné 5,2 millions de salariés et 2,2 millions de fonctionnaires, pour un coût de 2,5 milliards d'euros supporté par les contribuables. 

Le ministre Christian Eckert dit trouver cette invalidation "un peu surprenante". C'est une décision "qui laisse perplexe", a renchérit le chef de file des députés socialistes, Bruno Le Roux. Dans le même temps, les Sages, juges en droit, ont en effet validé toutes les exonérations patronales, lesquelles, soulignons-le, contribuent elles aussi à la relance de la croissance. Le Conseil a ainsi validé les allègements de cotisations patronales sur les salaires inférieurs à 1,6 SMIC, les exonérations de charges pour les indépendants, ainsi que la suppression de la contribution sociale de solidarité des sociétés et contribution additionnelle (C3S), pour les petites entreprises.

Selon  le député Christian Paul, meneur des "frondeurs" de la gauche du PS, "l'allègement des cotisations salariales était la seule partie de ce texte qui avait un effet positif sur le pouvoir d'achat des salariés". D'autres réactions de même sensibilité se sont multipliées sur Twitter : "la Constitution de la Vème permettrait donc d'alléger les cotisations patronales et pas les cotisations salariales ??? Vivement la VIème !" a ainsi ironisé écologiste radical Denis Baupin, député EELV.

Les Sages ont des raisons de droit que l'idéologie ignore

Contrôleurs de la constitutionnalité de textes législatifs, ils ont jugé que l'allègement des cotisations salariales est "contraire à la Constitution", notamment parce qu'il "méconnaît le principe d'égalité".
Dans sa décision, le Conseil constitutionnel souligne ainsi que la mesure institue "une différence de traitement, qui ne repose pas sur une différence de situation entre les assurés d'un même régime de sécurité sociale". En clair, cet allègement aurait fait bénéficier tous les salariés des même droits, ceux de l'assurance maladie, par exemple, mais tous ces salariés n'auraient pas cotisé équitablement pour y avoir accès.

"Près d’un tiers" des salariés bénéficiaires n'auraient plus rien cotisé, dénoncent les Sages. En clair toujours, exécutif et parlementaires de la "gauche sociale" se préparaient à sanctionné certains Français au profit d'autres.

À l'inverse, les cotisations patronales ne bénéficient pas directement aux patrons. La C3S, par exemple, sert à financer le Fonds vieillesse. Ce n'est donc pas contraire au "principes d'égalité" si tous les patrons ne cotisent pas de la même manière.

Jean-Claude Mailly rappelle ses basiques à la gauche

"Il aurait été beaucoup plus simple d'augmenter le Smic plutôt que ce tour de passe-passe", estime le patron de FO. 

Chassé par la porte, le gouvernement compte passer par la fenêtre. 
Alors qu'en démagogue il se dit "déterminé à améliorer le pouvoir d'achat des Français, en vérité, le pouvoir socialiste est pressé par le risque confirmé de déflation et l'obligation d'une reprise de la croissance. Il proposera à l'automne des mesures alternatives encore non précisées, mais pourtant "de même ampleur", a assuré Michel Sapin, le très lunaire ministre des Finances.

vendredi 20 juin 2014

La justice est-elle plus sévère avec les petits, gros et laids ?

En Californie, la photo d'un prisonnier émoustille Facebook

Madame la juge saura-t-elle rester impartiale?
Un bad boy au physique de mannequin est-il équitablement exposé aux  rigueurs de la loi qui frappe les brutes que la nature n'a pas avantagés ? La CGT et le SM planchent sur la question...

Arrêté mercredi pour vol à main armée, un beau brun aux yeux clairs, a déjà son fan club sur le réseau social.  
13.000 "J'aime"... pour un braqueur. Des admiratrices se ruaient jeudi sur la page Facebook d'un commissariat de Californie où la photo d'un prisonnier au physique de mannequin créait une émeute en ligne.

Mercredi, Jeremy Meeks, 30 ans, s'est fait arrêter avec trois  complices pour une série de vols à main armée par la police de Stockton à l'est de San Francisco. Au lendemain de son arrestation, sa photo d'identité judiciaire avait récolté plus de 13.000 "J'aime" et généré plus de 350 partages sur Facebook.

Les juges et les jurys populaires peuvent-ils rester insensibles?

"Oh mon Dieu, il est à croquer !", s'exclame Adjutha Lambertina sur Facebook. "Est-ce qu'on peut me menotter à lui?", supplie Asher Morales. Et Mme la juge avec ?
La loi est dure, mais c'est la loi
"Il devrait figurer sur un panneau d'affichage, pas sur une photo de prisonnier", regrette encore Kylie Romero. Sur le "Mur des cons" du Syndicat de la Magistrature, peut-être pas ! 
Justice quantitative
A quel TIG (travail d'intérêt public) M. le juge peut-il donc bien le condamner, sans créer une émeute au lycée mixte le plus proche (ou au collège le plus reculé) ? Le juge d'application des peines (JAP) n'aura pas vraiment le choix entre la présentation de la lingerie masculine sur les podiums d'Yves Saint-Laurent ou de Jean-Paul Gautier et un stage au service d'une association, les Femen, ou auprès de personnes défavorisées, car l'entretien des espaces verts, des plages ou des squares, paraît exclu, tout comme la maçonnerie. 

Les photos d'identité de ses comparses apparaissent elles aussi sur la page Facebook du commissariat, mais elles n'ont récolté qu'une centaine de "J'aime" à eux trois
Et encore, nous ne savons rien de la peine infligée à son complice teint, rondouillard et mou, non plus qu'à son collaborateur sec et méchant, aux cheveux passés au gel...
La réforme pénale de Taubira devra prévoir d'enlaidir certain(e)s prévenu(e)s et de relooker certain(e) autres. C'est ce que tente ici Valls sur un sujet particulièrement ingrat.

samedi 22 mars 2014

Municipales 2014: le maire de Tulle craint l' "encombrant soutien de Hollande

La présence du président Hollande à Tulle jugée embarrassante pour le maire PS sortant
Le maire de Tulle  demande la discrétion à F. Hollande...

B. Combes prend la suite de F. Hollande
à Tulle en 2008
La présence du président Hollande à Tulle jugée embarrassante pour le maire socialiste sortant, déjà dénoncée par son adversaire UMP. 

L'indésirable votera à Tulle, dimanche 23 mars, pour le premier tour des élections municipales, mais le public et la presse devraient être tenu à distance des abords du bureau de vote.
 
Il est toutefois prévu qu'il fasse une rapide tournée "électorale" des bureaux de vote. Le chef de l'État  déjeunera avec le maire sortant socialiste Bernard Combes. qui se serait volontiers passé dont cette exposition au côté du président descendu le plus bas dans les sondagesselon Le Lab d'Europe 1.

Contraint de défendre le bilan du président tout au long de la campagne, Bernard Combes "tente dans cette dernière ligne droite de faire oublier qu'il connaît du monde à Paris" et ce que son administration doit à l'Elysée. Il a donc fait savoir au chef de l'État que son soutien n'est pas forcément nécessaire : "Joue-la plutôt discrète, ne donne pas l'impression de faire campagne pour moi, ce n'est pas conforme à ton statut", a-t-il suggéré au Président.

Raphaël Chaumeil, son concurrent UMP, dénonce cette tournée des popotes 

Raphaël Chaumeil, candidat UMP à Tulle, voit dans cette visite "une manœuvre politique" qui pourrait même "sauver le soldat Combes"
Il se dit d'ailleurs prêt à demander "l'invalidation du scrutin", si le président fait campagne, regrettant "une fois encore des manquements qui sont faits au code de la campagne électorale".

vendredi 21 juin 2013

Affaire Bettencourt: indices convergents de connivence du juge et de son expert

L'expert Sophie Gromb peut-elle faire basculer l'affaire ?

L'expert qui a conclu à l'état de faiblesse de Liliane Bettencourt est une proche amie du juge Gentil.
 

Certains se demandent quel rôle elle a joué... L'expertise peut-elle être annulée ?
Sophie Gromb est l'une des cinq expertes qui ont conlu à l'état de faiblesse de Liliane Bettencourt. (GEORGES GOBET / AFP)
La sémillante Sophie Gromb est l'une des experts qui ont conclu à 
l'état de faiblesse de Liliane Bettencourt. 

Le juge s'est choisi des experts à  sa manche. Un personnage  non prévu au programme fait ainsi son apparition dans la tentaculaire affaire Bettencourt : Sophie Gromb. L'experte qui a jugé que l'héritière de l'Oréal était en état de faiblesse, est une proche amie du juge d'instruction Jean-Michel Gentil, révèle  Le Parisien le jeudi 30 mai. "Un conflit d'intérêts manifeste", dénoncent les avocats des principaux mis en examen, dont Nicolas Sarkozy.  d'un réseau Aucune des deux autres juges n'a dénoncé ce réseau de copains. Il n'est pas l'heure de mettre en cause une collégialité de façade que l'avocat avait présentée comme une garantie contre la partialité d'un juge mégalo. Mais  que peut changer une telle révélation ?

  • Quel rôle a joué le Pr. Sophie Gromb dans l’affaire Bettencourt ?
Sophie Gromb, chef du service de médecine légale du CHU de Bordeaux, était membre de l'équipe médicale qui a expertisé l'état de santé de Liliane Bettencourt. Devenue en 1997 attachée des hôpitaux en médecine légale, cette ancienne professeure de droit a manifestement su cultiver au fil de son parcours professionnel un lien étroit entre le monde judiciaire et médical.

Lors de l'expertise médicale dans la chambre de Liliane Bettencourt à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), Sophie Gromb serait restée 35 minutes en compagnie du juge Gentil, avant que quatre autres experts ne les rejoignent, précise Le Parisien.


L'évaluation psychiatrique, réalisée dans des conditions contestées par la défense, car menée au saut du lit et sans préavis (et par surprise) sur une très vieille dame que l’on dit sourde et un peu désorientée, avait établi que l’héritière de l’Oréal n'avait plus toutes ses facultés mentales depuis septembre 2006. Une situation de faiblesse à une date qui couvre justement la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, début 2007.


Or, c'est justement sur la base de cette expertise que le Parquet de Bordeaux avait ouvert en septembre 2011 une information pour abus de faiblesse, qui a abouti à la mise en examen d'une douzaine de personnes, dont l'ancien chef de l'Etat.
A Bordeaux, le Parquet du cru n'avait pas envisagé que le juge ait pu lui-même  se rendre coupable d'un abus de faiblesse. 



  • Quels sont exactement ses liens avec le juge Gentil ?
Selon Le Parisien, Sophie Gromb a été témoin au mariage de Jean-MichelGentil avec sa femme Isabelle, une autre magistrate bordelaise,le 30 juin 2007 à Mérignac (Gironde). L'experte raconte que Jean-Michel Gentil est un "type bien", mais refuse d'en dire plus, au nom du respect de la vie privée: l'heureuse élu du parano est en effet vice-procureur dans le même tribunal... Lorsqu'il épousa Isabelle Raynaud, le juge ne prit pas la peine de demander la dispense réglementaire avant de s'unir à une magistrate de la même juridiction. Lien PaSiDupes


Une source proche du milieu judiciaire bordelais a cependant confirmé que Sophie Gromb avait bien été témoin du mariage de Jean-Michel Gentil.
Ils auraient d'ailleurs passé des vacances ensemble. "Le juge Gentil a commis une grave erreur en la nommant et c'est d'autant plus surprenant que c'est quelqu'un de très droit", ajoute la même source. Et d'ajouter : "Quand elle a été nommée pour faire cette expertise, elle aurait dû refuser." La source anonyme semble confirmer que les lampistes devraient porter le chapeau, mais que le juge Gentil doit être protégé.


D'ailleurs,
Valérie Noël, un des trois juges bordelais qui instruisent le dossier Bettencourt fait corps, adoptant la même ligne que l'avocat du potentat bordelais. "Ce n’est pas le juge Gentil qui a nommé Sophie Gromb comme experte, mais nous trois. […] Le choix de l’experte médicale fait partie de ces discussions collégiales que nous avons sur chaque point de l’instruction", fait valoir à Francetv info, la magistrate, qui rappelle que "quatre autres experts" ont accompagné Sophie Gromb dans ses travaux. A l'évidence, toutes aussi indépendantes ?

  • L'expertise peut-elle être annulée ?
Le choix souverain d'une experte par le juge dans son cercle d'amis constitue non pas une "erreur", mais une grave faute que la presse partisane présente comme une "aubaine" pour les avocats des mis en examen qui n'en soupçonnaient certes pas tant. 


Dans un communiqué commun, les avocats de Nicolas Sarkozy, Eric Woerth, Patrice de Maistre, François-Marie Banier, Stéphane Courbit et Pascal Wilhelm soulignent à juste titre que "les liens de proximité anciens et très étroits" entre l'experte et le couple Gentil "caractérisent
un conflit d'intérêt manifeste qui jette la suspicion sur l'impartialité de l'expertise sur laquelle repose la procédure d'instruction". Qui peut sérieusement nier la connivence ?


Sans aller jusqu'à demander la révocation du juge Gentil, ils estiment "qu'il appartient désormais" au procureur de Bordeaux "de
tirer toutes les conséquences de ces atteintes aux droits de la défense et au droit au procès équitable qui a entravé la manifestation de la vérité".


"Je ne crains aucunement l’annulation de notre expertise, on tombe une fois de plus dans le domaine de la déstabilisation. Ce n’est pas sérieux ! Nous nageons en plein délire !
Une proximité entre Jean-Michel Gentil et Sophie Gromb ne pose aucun problème déontologique...", réplique sur France TV info l'un des trois juges en charge de l'affaire, Valérie Noël, décidément très en pointe, mais également gravement impliquée.


Nicolas Huc-Morel, avocat de
Françoise Bettencourt-Meyers, en conflit d'intérêts d'une autre nture avec sa maman, abonde en ce sens et estime que de tels faits "ne seraient pas susceptibles de remettre en cause les conclusions de cette expertise rédigée par cinq experts au total". Il fait ainsi valoir que la spécialité de l'amie "est la médecine légale qui n'apparaît pas comme la plus déterminante dans cette expertise". Pourquoi le juge Gentil a-t-il pris la peine de la recevoir en tête-à-tête avant les autres, si elle n'avait pas pour mission de faire pression sur ses confrères ?

Ce même avocat remarque "que le travail réalisé a été conforté par d'autres médecins depuis le début de l'enquête et par les nombreux témoins qui ont fait le constat de cet état de faiblesse". Et d'ajouter : "Je constate que cette affaire sort de manière opportune, alors que les juges d'instruction s'apprêtent à rendre leur ordonnance de règlement dans cette affaire." Il était donc grand temps que toute la lumière soit faite sur la validité de ces expertises entre soi.

  • Quelles suites judiciaires  ?
    Les proches de Nicolas Sarkozy qui pointent depuis plusieurs mois les méthodes du juge étaient donc d'autant plus fondés à s'indigner qu'ils apprennent maintenant pourquoi le juge refuse avec tant de constance qu'on mêle sa vie professionnelle et à sa vie privée. 
    Ces accusations d'impartialité peuvent-ils conduire à la récusation de Jean-Michel Gentil ?  LePoint.fr est allé solliciter un magistrat bordelais anonyme pour porter un jugement partisan sur ce scénario déclaré peu probable. "Il ne faut pas oublier qu'il y a dans ce dossier deux autres femmes juges d'instruction", hasarde-t-il, comme si quiconque de bonne foi n'avait pas connaissance de la "chape de plomb, presque une parano" que ce juge, qualifié de "cow-boy" fait peser sur l'affaire, et au-delà sur la JIRS.


Des rendez-vous judiciaires importants attendent désormais les différents protagonistes de l’affaire. Dans une semaine, la cour d'Appel de Bordeaux doit notamment étudier d'éventuelles demandes de nullité de procédure soulevées par les avocats de la défense.

Me Thierry Herzog, le conseil de l'ancien président de la République, devrait notamment, avec ses confrères, démonter l'ensemble de la procédure en demandant l'annulation pure et simple de l'expertise psychiatrique réalisée le 7 juin 2011 sur Liliane Bettencourt.
Que l'experte contestée ait pu être professeure de droit médical à l'Université de Bordeaux II laisse déjà quelque peu rêveur. Ce qui interpelle encore davantage, c'est que le juge Jean-Michel Gentil, qui a présidé l’Afmi, l’Association française des magistrats instructeurs, a bel et bien formaté des stagiaires de l'Ecole nationale supérieure de magistrature de Bordeaux et que sa réputation était pourtant déjà celle d’un juge inflexible, peu bavard, " raide comme la ­justice"
Si peu d'humanité fait froid dans le dos.