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vendredi 2 décembre 2016

CSA, police de la pensée "politiquement correcte"

Les ayatollahs du CSA menacent Eric Zemmour par le biais de France 5 et RTL  

Chasse aux sorcières et dénonciations

Résultat de recherche d'images pour "schrameck hollande""Certains auditeurs et téléspectateurs ont dénoncé un discours qu’ils percevaient comme une forme de racisme et d’islamophobie", indique le CSA qui se contente de plaintes partisanes.
Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) n'a pas hésité à mettre en garde RTL et France 5, se ralliant en novembre au sentiment de militants selon qui la maîtrise de leur antenne aurait été "insuffisamment assurée au regard de la gravité des propos tenus" par Eric Zemmour dans des émissions diffusées en septembre.

Le CSA avait reçu de nombreuses plaintes - qu'il ne chiffre pas précisément- de téléspectateurs pour des points de vue que rejettent les tenants anonymes de la pensée unique d'Etat. Les plaignants - dont l'identité n'est pas révélée - visent le polémiste pour des émissions C à vous (France 5) du 6 septembre, 6 minutes pour trancher (RTL) du 7 septembre et Bourdin Direct (BFMTV-RMC) du 16 septembre. 
Conseillers désignés par le Président de la République
Olivier Schrameck, présidentjusqu'en janvier 2019
Francine Mariani-Ducrayjusqu'en janvier 2017
Conseillers désignés par le Président du Sénat
Nicolas Aboutjusqu'en janvier 2017
Mémona Hintermann-Afféjeejusqu'en janvier 2019
Nicolas Curienjusqu'en janvier 2021
Conseillers désignés par le Président de l’Assemblée nationale
Patrice Gélinetjusqu'en janvier 2017
Sylvie Pierre-Brossolettejusqu'en janvier 2019
Nathalie Sonnacjusqu'en janvier 2021
Que signifie "une maîtrise de l’antenne 
"Une volonté de censure"

"Certains auditeurs et téléspectateurs ont dénoncé auprès du Conseil un discours qu’ils percevaient [subjectivité] comme une forme [amalgame] de racisme et d’islamophobie", indique le CSA par communiqué. Si tout est dans le flou, les faits ne sont pas caractérisés et le CSA sombre dans la sujétion aux groupes de pression associatifs et le procès d'intention contre la liberté de pensée.

Bourdin Direct est blanchi: proche du pouvoir ? Dans le cas des amis, le CSA ne pas cède pas à l'accusation de manquement. Le régulateur [!] estime que "la maîtrise de l’antenne doit être proportionnée au discours de l’invité et donc particulièrement forte lorsque ce dernier se caractérise par l’exacerbation des antagonismes au sein de la société française et la justification de comportements discriminatoires". Le CSA a-t-il dressé une liste noire des penseurs a l'Index de la Socialie ?

L'exception faite de l’émission Bourdin Direct se justifierait, selon le CSA.
"La maîtrise de l’antenne avait été effectuée par le journaliste, dans la mesure où les propos de l’invité ont fait, le plus souvent, l’objet d’une contradiction parfois vive".
 Bourdin, censeur officieux mais agréé par le CSA ?

En revanche, le Conseil a estimé que "la maîtrise de l’antenne avait été insuffisamment assurée" par C à vous et 6 minutes  et a "mis en garde les responsables de RTL et de France Télévisions contre le renouvellement d’un tel manquement.

vendredi 1 juillet 2016

Présidentielle: le Conseil supérieur de l'audiovisuel réécrit les règles

Le CSA modifie le comptage du volume de médiatisation des candidats

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a présenté hier les nouvelles règles qui s'appliqueront aux media audiovisuels pour la présidentielle.
  
L'objectif de la modification est de veiller à plus d'équité dans le pluralisme de la campagne présidentielle. A partir du 1er février 2017, le CSA évaluera le temps de présence des candidats à la radio et la télévision selon une nouvelle méthode qui intégrera tous les commentaires qui leur seront consacrés, a annoncé ce jeudi son président Olivier Schrameck.

Seront compris les sujets, chroniques, éditoriaux, débats, analyses, revues de presse ou commentaires, "sauf si la séquence lui est clairement défavorable", a expliqué Olivier Schrameck.

Le CSA élargit ses critères pour mesurer l'exposition médiatique globale de chaque candidat
En élargissant les critères du comptage, le CSA veut tendre vers une meilleure évaluation de l'exposition médiatique globale de chaque candidat. C'est une réponse au problème posé par exemple par le Front national, qui se plaint de ne pas être assez présent dans les media, alors qu'il est très visible dans les commentaires des analystes ou les éditoriaux. 

Ces règles du pluralisme ont déjà été largement modifiées par une loi d'avril 2016, qui a réduit la période où les groupes audiovisuels doivent offrir un temps de parole strictement égal à chaque candidat, le fixant à seulement trois semaines avant la présidentielle, soit du 10 avril au 5 mai. 

Du 19 mars (date de la publication de la liste officielle des candidats par le Conseil constitutionnel) au 9 avril, les media n'ont plus de contrainte d'égalité, mais seulement d'équité de présence médiatique pour chaque candidat, reflétant grosso modo leur poids politique et excluant la nuit (de minuit à 6 heures) pendant laquelle pouvaient être relégués les "petits" candidats, a rappelé le CSA. Cette règle d'équité vaudra aussi pour les candidats présumés, dans la période du 1er février au 19 mars.

Une prise de conscience de France Inter à propos du Brexit


Qu'il s'agisse des media audiovisuels ou de la presse écrite (et numérique), la sélection des citations d'acteurs politiques et syndicaux anonymés
- élus et technocrates supposés, comme associatifs et activistes masqués -, des témoignages "spontanés", des prises de position des intervenants (chroniqueurs sociétaires, experts 
patentés et décrypteurs-maison) et des commentaires des représentants floutés de l'exécutif, tout reste en fait à clarifier.   
France Inter entraînera-t-elle ses confrères "indépendants" de tout (pouvoirs politique et financier, ainsi qu'idéologique), si la chaîne publique fait également son aggiornamento sur le prosélytisme politique ?

La route sera longue  
Voire interminable et déliquescente comme une chronique humoristique de Frédérick Sigrist qui, pendant quatre années, semble être le seul à n'avoir pas senti passer Hollande. 
C'est en effet sur ...France Inter qu'il est revenu sur les Brexit et les conséquences du largage des amarres britanniques. L'occasion justement de voir comment nos media -entretenus par la redevance audiovisuelle- ont traité le sujet, selon lui, le 27 Juin 2016:

Comment Schrameck décomptera-t-il de leur temps de couverture médiatique l'ensemble des charges qui accablent certains candidats, plus que d'autres, quand l'art et l'humour autorisent toutes les dérives partisanes ?

jeudi 22 octobre 2015

Cambadélis (PS) et Sarkozy (LR) tombent d'accord contre l'invitation de France 2 à Marine Le Pen (FN)

Offensive concertée du PS et des Républicains contre l'invitation de Le Pen à DPDA

Cambadélis ne s'adresse pas au CSA pour  réclamer plus d'équité médiatique 
L'émission Des Paroles et des Actes "introduit une distorsion dans l'équité médiatique", estime le premier secrétaire du Parti socialiste, suite à l'invitation de la présidente du Front national. Nicolas Sarkozy "partage la même analyse".

En effet, pour la cinquième fois depuis la création de l'émission, Marine Le Pen prendra place jeudi sur le plateau de l'émission Des Paroles et des Actes sur France 2, présentée par David Pujadas. Ce rendez-vous médiatique est incontournable et très recherché par d'autres ténors de partis politiques que Marine Le Pen...

L'invitation de la présidente du Front national crée le soupçon d'un traitement de faveur à l'approche des élections régionales de décembre. 
La patronne du FN est en effet candidate en Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Mercredi, c'est le premier secrétaire du Parti socialiste a dénoncé un manque d'"équité médiatique" et le député de Paris a adressé une lettre, non pas à Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, ou à Olivier Schrameck, président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), mais à Nicolas Sarkozy pour lui proposer de saisir avec lui le CSA. "Il n'est pas admissible que le service public fasse plus de deux heures de publicité pour Madame Le Pen au détriment des partis républicains représentés à l'Assemblée nationale", écrit Jean-Christophe Cambadélis. Par cette initiative, le patron de la rue de Solférino veut "porter un coup d'arrêt à la fascination, à la promotion morbide de l'extrême droite dans le pays". Et "une démarche commune sonnerait comme un rappel à l'ordre et aux valeurs de notre pays", écrit-il à Nicolas Sarkozy.

La lettre de Cambadélis à Sarkozy:

Sarkozy "partage la même analyse"

Le président des Républicains a répondu favorablement à la démarche de Jean-Christophe Cambadélisa fait savoir l'entourage de Nicolas Sarkozy en fin d'après-midi . "Ils partagent la même analyse concernant cette affaire, c'est une violation manifeste de la règle républicaine de l'équité du temps de parole", a-t-on précisé, confirmant un contact téléphonique entre les deux responsables politiques
Cette fois-ci signée de Frédéric Péchenard, le directeur général des Républicains, une nouvelle lettre a été envoyée à France Télévisions et au CSA

Cambadélis met en évidence le parti-pris de Schrameck et d'Ernotte

Le CSA est finalement sorti de sa torpeur et a préconisé sur commande et par communiqué mercredi, qu'une "expression contradictoire (soit) rapidement offerte aux concurrents" de Marine Le Pen.

Jusqu'alors, lcontrôleur vigilant des media faisait le mort. Xavier Bertrand, le candidat des Républicains dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie et Pierre de Saintignon, le candidat du Parti socialiste dans la même région la semaine dernière, avaient pourtant, chacun de son côté, envoyé un courrier similaire pour se plaindre de l'invitation de leur rivale frontiste. 

En contournant les présidents du CSA, régulateur supposé du paysage audiovisuel français, et de France Télévisions, service que certains qualifient de public, Cambadélis dénonce l'autisme des personnels mis en place par le président Hollande à la tête des institutions de l'Etat.    

A noter, en revanche, que
Delphine Ernotte peut faire preuve d'autorité, au faciès et sur ordre de l'Elysée. Elle a ainsi mis à pied le chef du service météo de France Télévisions, Philippe Verdier, un journaliste hérétique, auteur d'un livre qui met en question les conséquences catastrophistes propagées par le pouvoir.

 

lundi 24 août 2015

Hécatombe à France Télévisions

Bruno Patino quitte France Télévisions 

Le Monsieur numérique et directeur des programmes de France Télévisions, Bruno Patino, a annoncé ce matin son départ du groupe
 
Ce cadre dirigeant, membre historique de l'équipe Pflimlin, ne figurait plus sur les tablettes de la nouvelle pédégère, Delphine Ernotte, laquelle prendra officiellement  ce week-end ses fonctions d'ores et déjà flétries par l'arbitraire. 
 
Ancien directeur de la station de radio France Culture et de l'École de journalisme de Sciences-Po, Bruno Patino est remercié, malgré un bon bilan dans l'entreprise, puisqu'il est à l'origine du redressement de France 2 et des bonnes audiences de France Télévisions enregistrées ces derniers mois. Le site FranceTVInfo, lancé par Bruno Patino, peut en effet se targuer d’être le premier site d’information audiovisuelle. Toute une série d’offres spécifiques ont aussi vu le jour, notamment Culture Box. Et le groupe public a même pris l’habitude de travailler avec des start-ups.

Pas suffisant pour celle qui veut faire table rase en prenant les rênes: trop de compétence chez ses collaborateurs pourrait lui porter ombrage...
B. Patino, à gauche et R. Pfimlin, à droite
Patino est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris et de l’ESSEC, titulaire d’un Master of Arts (Université Johns-Hopkins à Baltimore) et d’un doctorat de science politique, ainsi qu'ancien élève de l’INSEAD. Son diplôme de l'École centrale Paris et sa direction générale d'Orange France la prédisposent assez peu à la présidence de France Télévisions.
 
Seule la directrice des programmes de France 3 et future directrice de cette chaîne, Dana Hastier, aura donc échappé au grand coup de balai de la féministe parvenue au poste suprême par la volonté de Hollande, par l'entremise de son âme damnée, Olivier Schrameck (CSA).

Significative est aussi la décision d'Ernotte de s'adjoindre la présence de Stéphane Sitbon-Gomez 
(ci-contre au milieu, au côté de Sergio Coronado qui a fait son coming-out en juin 2012), petit-fils du journaliste Guy Sitbon (Marianne et Le Nouvel Observateur), ancien conseiller et directeur de cabinet de Cécile Duflot et ancien directeur de campagne d’Eva Joly à la peu glorieuse présidentielle de la candidate EELV, 2,30% des voix au premier tour (lien PaSiDupes). Ernotte part décidément sur d'excellentes bases...

Bruno Patino était aussi le patron de France 5 où Michel Field le remplace

A 61 ans, Michel Field a touché à tout, avec un succès mitigé, en radio sur France Culture ou Europe 1 et en télévision sur Canal+, en passant par France 2 ou TF1. Chroniqueur littéraire, animateur ou journaliste, il fut notamment présentateur de l'émission Politiquement Show sur LCI, de 2005 à 2007, avec Patrick Buisson.

Et Michel Field, c'est l'auteur de 'Impasse de la nuit' (1986, Ed.Barrault)  est 
présenté comme un livre-culte dans les milieux libertins, mais jugé scabreux par les autres. Ainsi les scènes de plein air aux Tuileries (?) où des couples exhibitionnistes apportent un stimulant aux libidos en berne de voyeurs aux braguettes ouvertes. Oh, les beaux programmes télé à venir ! Rémy Pfimlin pourrait ne plus reconnaître le service public et les mamies sursauter à l'énoncé des questions très techniques des petites têtes blondes qu'elles planteront par inadvertance devant les futurs programmes de la 5...
Quelle mouche a donc piqué Delphine Ernotte-Cunci, la nouvelle présidente de France Télévisions 

samedi 22 août 2015

Encore une nomination discutable et encore à France Télévisions

Aux postes stratégiques, Hollande place des inadaptés comme lui 

La main-mise du pouvoir se poursuit dans l'entre-soi socialiste


Germain Dagognet
Le nouveau numéro 2 de l'info sur France Télévisions est un proche du président du Conseil supérieur de l’audiovisuel !
Olivier Schrameck, intermédiaire damné de Hollande, a accepté la nomination de l'ancien chargé de com du cabinet de Lionel Jospin, alors dirigé par... lui-même... Cette nomination de Germain Dagognet est une provocation qui ne pouvait passer inaperçue, puisqu'il était rédacteur en chef des journaux du week-end de Claire Chazal sur TF1, chaîne privée honnie de France Télévisions. 

La sérénité n'est pas prête de revenir
Cette nomination d'un protégé de Schrameck ravive donc les braises mal éteintes de l'élection de Delphine Ernotte à la présidence du groupe audiovisuel où la patronne d'Orange France a coiffé sur les poteaux un incontestable expert des media, Pascal Josèphe, qui a été chargé de mission auprès d’Hervé Bourges, alors directeur général de Radio France internationale et a dirigé plusieurs chaînes de télévision, TF1, La Cinq, France 2 et France 3. 
Le syndicat CGC avait pourtant fait campagne contre Ernotte pour son rôle dans la crise des suicides chez Orange... Mais bien qu'elle n'ait aucune expérience des media, ses réseaux plutôt à gauche avaient fit la différence.



Dans les couloirs de la rédaction de France 2 et de France 3, on s'étonne de la nécessité qu'il y avait à débaucher le maître d'oeuvre d'un JT en capilotage dont l'audience faiblit irrémédiablement et dont la légèreté fait jaser, selon les partisans du trottoir d'en face
Sous ce pouvoir stalinien, Pascal Golomer, le patron des rédactions de France 2 et France 3 à la place de Yannick Letranchant, n'a pas eu son mot à dire dans le choix de son bras droit. Il aurait préféré faire venir à son côté un cadre de la rédaction de France 3, quelqu'un qui connaît bien la maison et ses équipes. Mais Delphine Ernotte, qui remplacera officiellement lundi 24 août Rémy Pflimlin dans son fauteuil de président, a imposé ce transfert inattendu.

L'innocence de l'âge...

Et ce n'est pas tout ! Nommée au printemps par le CSA présidé par Olivier Schrameck, Delphine Ernotte a choisi un ancien collaborateur de... Schrameck. En 1989, lorsque ce dernier est directeur de cabinet du ministre de l'Éducation nationale de François Mitterrand,  Lionel Jospin,  Schrameck s'appuie sur un conseiller technique chargé de communication nommé Germain Dagognet... Le marquage politique de ce dernier est clair, et sa proximité avec le patron de l'Autorité de régulation suscite la fureur des barons et des syndicats du service public, qui n'ont toujours pas digéré les conditions dans lesquelles l'ancienne directrice générale d'Orange France a été nommée à la tête de France Télévisions."Germain est un bon journaliste loyal, reconnaît l'un de ses confrères qui l'ont côtoyé à LCI, où il fut longtemps rédacteur en chef, avant de prendre en main les journaux de Claire Chazal sur TF1 en 2008."

Germain Dagognet confirme. "J'avais 25 ans, précise-t-il. Je venais de l'INA, alors dirigée par Jacques Pomonti, par la volonté de F. Mitterrand. C'est lui qui m'a recommandé à Lionel Jospin qui cherchait "un jeune." J'y suis resté deux ans et demi, de 1988 à 1990." Conscient qu'il lui sera difficile de se recycler immédiatement dans le journalisme en France, Dagognet est ensuite parti pour le Canada, avant d'intégrer l'équipe de direction de TV8 Mont Blanc, l'une des premières chaînes de télévision locales privées. Le nouvel homme fort de la rédaction éprouve le besoin de préciser qu'il n'a "jamais eu [s]a carte du PS."

Cette nomination est perçue au sein de France Télévisions comme éminemment politique à trois mois des élections régionales et à moins de deux ans d'une présidentielle où tous les coups seront permis... Elle vient alourdir un peu plus une atmosphère déjà passablement dégradée dans les couloirs de l'entreprise. Et ajoute quelques suspicions sur la tutelle d'Olivier Schrameck sur l'équipe Ernotte...

Et Hollande nous affirmera qu'il a les mains propres...
D'Olivier Schrameck, Catherine Trautmann déclara dans Le Monde: "Je pense qu'il a été choisi parce qu'il n'est mêlé à aucun intérêt dans ce secteur. En outre, c'est un homme qui sait construire des compromis en prenant en compte tous les points de vue". L'ancienne ministre de la Culture et de la Communication sous Lionel Jospin est clairvoyante et son jugement pas partisan du tout...
L'Olivier qui rassemble tant de qualités d'une si belle âme est entre autres le petit-neveu d'Abraham Schrameck qui fut ministre de l'Intérieur du Cartel des gauches et vota les pleins pouvoirs à Pétain. Hollande n'est pas responsable des ascendants de ce maître des basses oeuvres de son quinquennat. 

vendredi 19 juin 2015

France télévisions: le grand n'importe quoi des nominations partisanes d'écologistes radicaux

Stéphane Sitbon-Gomez, une éminence pas très cathodique 

A 27 ans, novice dans l'audiovisuel, il devient directeur du cabinet de Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions

Delphine Ernotte choisit l'ancien bras droit de Cécile Duflot comme directeur de cabinet. Encore une nomination presque aussi contestée que celle de sa patronne, en date du 23 avril dernier. Comment une telle nomination à un tel poste, le 20 mai 2015, se justifie-t-elle quand on est un rejet de l'écologie politique radicale ?
Sa silhouette pourtant frêle inquiète. Au siège de France Télévisions, personne ne connaissait Stéphane Sitbon. Ce diplômé de Science Po a été successivement membre de l’exécutif des Jeunes Verts, assistant de la secrétaire nationale, directeur de cabinet de celle-ci à la région Ile-de-France, puis membre de l’équipe de campagne du parti pour les élections européennes de 2009 et régionales l’année suivante. "Un vrai apparatchik", rigole-t-il. 
Depuis le 20 mai et la publication d'un article de L'Obs annonçant que l'ancien conseiller de Cécile Duflot devient directeur de cabinet de Delphine Ernotte, elle-même nouvelle présidente de France Télévisions, la maison s'interroge sur la compétence, les prérogatives et surtout les intentions de ce vieil adolescent. 

"Avec lui, on est clairement dans la politisation de l'état-major"

C'est l'inquiétude d'un très haut cadre anonyme du groupe, qui rappelle son engagement dans ce parti dès l'âge de 14 ans, puis dans l'élection présidentielle de 2017. Depuis six ans, il écrit les discours de Cécile Duflot, dont on serait bien en peine de citer une phrase marquante. En 2012, il codirige la calamiteuse campagne présidentielle d'Eva Joly. La candidate écologiste aux lunettes vertes avait alors recueilli 2,31 % des voix. En 2014, sa patronne et lui quittent précipitamment le gouvernement, ravivant dans leur parti la question de la participation au pouvoir. "Son génie restera d'avoir fait de Cécile quelqu'un qui compte, et de l'avoir transformée en ministre", estime Patrick Farbiaz, conseiller politique avisé de nombreux leaders écologistes: attaché parlementaire de Noël Mamère, le 11 janvier, lors d'une suspension de séance du congrès des Verts dans la salle de la CFDT à Paris, il cria " Vive le Hamas, le Hamas vaincra ! " Mamère (ex-PS et actuellement EELV) réagit en affirmant que ce que Proche-orient.info avait publié était faux parce que rapporté "par un journaliste juif" ! Ils avaient reçu les soutiens d'Olivia Zémor (CAPJPO), Arlette Laguillier (LO), Mouloud Aounit (MRAP).

L'ancien président de France Télévisions, Rémy Pflimlin, a la réputation de laisser une liberté éditoriale confortable aux équipes de l'information. "Ces dernières années, on a tapé sur Sarko, on a tapé sur Hollande", se flatte un journaliste de la rédaction. "Qu'en sera-t-il avec un directeur de cabinet de la présidente issu des Verts? Quand on connaît le sectarisme et la désorganisation de ce parti, ça ne fait pas rêver..." 

Le titre même de Stéphane Sitbon intrigue les salariés de France Télévisions : "directeur de cabinet", un poste qui n'existait pas, et qui renvoie plus à l'organigramme d'un ministère qu'à celui d'une grande entreprise.
En politique, la finesse est soeur de la prudence, une vertu dont essaie d'user ces derniers jours le nouveau bras droit de Delphine Ernotte. Depuis l'annonce de sa nomination, Stéphane Sitbon n'a pas pris la parole en public.

Stéphane Sitbon rase les murs depuis l'annonce de sa nomination

Il passe son temps à la découverte des dossiers de l'audiovisuel. Il assiste, en compagnie de Delphine Ernotte, à des réunions avec des directeurs de programmes, où, à la surprise de certains, il n'hésite pas à donner son avis. Il consulte, téléphone aux animateurs de France 2 et de France 3 directement sur leurs portables, caressant les uns, donnant des frayeurs aux autres. Récemment, il rencontre Nagui et lui dit apprécier l'émission musicale Taratata. Les sourcilleux se demandent qui rétribue le nouveau dirigeant du groupe. Rémy Pfimlin occupe pleinement ses fonctions et ne lâche pas les rênes: Delphine Ernotte ne prend officiellement ses fonctions que le 22 août et n'était pas censée embaucher avant cette date.

Malgré les échecs qui lui collent aux basques aux côtés de Duflot et Joly,
la gauche radicale continue de le présenter comme le "Mozart des Verts", mais tous se penchent désormais sur son CV, sans comprendre le lien avec la télévision. 
Débarqué en politique en 2001, Stéphane Sitbon se tourne d'abord vers la figure tutélaire de la section verte de son chaotique XXe arrondissement de Paris: un certain Guy Philippon. A 86 ans, après avoir participé au lancement de l’Alternative rouge et verte (Arev), idéologiquement issu du PSU aujourd'hui,  mais "stalinien dans ses méthodes" d'après un membre de la section, il accueille avec paternalisme ce collégien de 14 ans. Il s’est laissé convaincre de raconter sa vie, d’écrire son autobiographie sous la forme d’un dialogue avec Stéphane Sitbon-Gomez, qu’il a contribué à former. Celui-ci écrira au sujet de sa rencontre avec son mentor: "J'ai lancé une bouteille à la mer. J'ai la certitude - et sûrement le secret espoir - qu'elle ne sera jamais saisie." La suite ? Sitbon se fait véritablement aspirer par la politique. Au service de Cécile Duflot, les camarades l'ont vu rire mais aussi pleurer. Couche-tard et lève-tôt, il manque de s'évanouir d'épuisement au congrès des Verts, à La Rochelle, en 2011. Au ministère du Logement, il sera médicalement prié de faire une pause, pour cause d'affaiblissement général.

Le conseiller de Cécile Duflot possède un logiciel politique depuis la naissance, là où la patronne se cherche encore une ligne, entre radicalité, réformisme et petites photos sur Twitter. Petit-fils d'un journaliste du Nouvel Observateur juif tunisien et proche du Parti communiste local, fils d'un père un peu loufoque impliqué dans la lutte pour la légalisation du cannabis et les mouvements autonomes, le plus jeune de l'arbre généalogique peut se décliner comme féministe, internationaliste, écologiste et égalitariste.
Parmi les oeuvres qui l'ont forgé, celles de l'opéraïsme, courant italien marxiste des années 1960 pour lequel le socialisme s'apparente à une nouvelle forme de capitalisme. Proche de penseurs français comme Dominique Méda (conseillère de la candidate Ségolène Royal) et le sociologue Jean-Marc Salmon (ci-contre à droite), 62 ans et soixante-huitard maoïste, le conseiller politique apprécie les travaux de ces sociologues fortement éloignés du courant social-démocrate.

Stéphane Sitbon possède quelque chose de plus utile qu'une culture universitaire, des réseaux. Au gouvernement, tous ceux qui l'ont approché découvrent un garçon moins sectaire que son étiquette politique ne le laisse entendre. Sur la forme, le jeune homme est vraiment sympa. Il connaît les leaders européens des mouvements alternatifs comme Podemos en Espagne, les journalistes politiques, les grands patrons du secteur de la construction, les membres du cabinet de François Hollande, les jeunes bobos du nord-est de la capitale et les communicants bien introduits sur la place de Paris.
Dans cette catégorie, un homme l'a fait roi : Denis Pingaud. Ex-journaliste, ex-attaché de presse de Laurent Fabius à Matignon, Pingaud, 63 ans (ci-contre), conseille José Bové sur sa communication et apparaît également sur les radars écolo. Il n'est autre que "l'homme de l'ombre" qui a orchestré la campagne de Mathieu Gallet pour la présidence de Radio France, son communicant privé à 90.000 euros par an de prestations. Dans le milieu des années 2000, il fait la cour à Dany Cohn-Bendit, oeuvre dans les lieux les plus discrets de la campagne présidentielle d'Eva Joly en 2012, tel le cabinet d'avocats d'Emmanuel Pierrat, où se retranche une partie du staff de la candidate dans les moments difficiles. Mutique, cassant, cynique, pénétré et manipulateur, Pingaud est décrit par ses interlocuteurs comme possédant les défauts usuellement liés à sa fonction.
C'est lui le pilier de l'entreprise de lobbying tous azimuts lancée en faveur de Delphine Ernotte au début de 2015, faisant équipe avec Xavier Couture, ancien dirigeant de Canal +, s'appuyant sur David Kessler, ancien conseiller pour la culture de François Hollande, et Robert Zarader, consultant ami du chef de l'Etat. A l'Elysée, Pingaud se prévaut également du relais de Gaspard Gantzer, ci-contre, au centre, le responsable de la communication présidentielle. Lequel ne nie pas l'amitié, mais se défend d'avoir eu "quelque rôle que ce soit" dans la nomination d'Ernotte. 

Une infiltration écologiste des institutions

Entre Pingaud et Sitbon, la relation s'accélère ces derniers mois. Après le départ de ce dernier du ministère du Logement, où Pingaud passait une tête de temps en temps, les deux hommes continuent de se fréquenter. On les voit déjeuner ensemble, on les croise marchant dans les rues de Paris. Il est question que l'un travaille pour Balises, l'agence de communication de l'autre. Dans M, le magazine du Monde, qui publie un portrait du controversé Mathieu Gallet, président de Radio France conseillé par Pingaud, Stéphane Sitbon élève une statue à son chasseur de têtes : Pingaud "a un vrai sens de la communication, sans les travers des pubards. [...] Des anciens de la Ligue communiste révolutionnaire qui sont restés à gauche, il n'y en a pas tant que ça !".
Sitbon, mal calibré pour ce poste, mais capable de surprendre
Déjà empêtré dans le déminage des dépenses somptuaires de son client Mathieu Gallet, Pingaud entraîne Sitbon dans une autre galère politico-médiatique. Le jour même de l'annonce de la nomination du nouveau directeur de cabinet de Delphine Ernotte, le député Républicain Thierry Solère pose une question au gouvernement, dénonce l'opacité des méthodes du CSA et raille la "perle rare", "un militant écologiste de 27 ans".  

Jusque dans les rangs écologistes, la promotion de l'ex-nouvelle star a un arrière-goût aigre. 
Sergio Coronado, Sitbon et Duflot
Le député Sergio Coronado, qui adore sincèrement son cadet et précise que la personne de "Stéphane" n'est pas en cause, ne peut que reconnaître : "Il apparaît que la désignation d'Ernotte n'est pas conforme à ce qui est prévu dans les textes." Le 26 mai, en réunion de groupe EELV, le même député interroge ses camarades : "Eu égard aux articles de presse, peut-on ne pas réfléchir sur cette nomination ?" Cécile Duflot esquive : "Vous comprendrez bien que je n'intervienne pas dans ce débat."

Cécile Duflot botte en touche sur la nouvelle fonction de son ancien conseiller, Stéphane Sitbon.
Le débat prend sa source au CSA. Attaquée en justice au sujet de ses pratiques obscures, l'institution est décriée pour la sinuosité de son président, Olivier Schrameck. 

Depuis le 1er octobre 2014, le nouveau directeur général s'appelle Frédéric Lenica. Ancien directeur de cabinet de Cécile Duflot au Logement, Lenica est aujourd’hui directeur général du... Conseil Supérieur de l’Audiovisuel. Il a travaillé avec Stéphane Sitbon pour mener à bien la loi Alur sur l'immobilier, une loi usine à gaz du quinquennat. A la soirée des 30 ans de Canal +, le 4 novembre 2014, au Palais de Tokyo, Lenica confie toute son admiration à un des invités de la fête : "Stéphane m'a appris tant de choses sur la politique..." 
L'amitié passée a-t-elle joué au moment du choix de Delphine Ernotte par le CSA? La ministre de la Culture, Fleur Pellerin, camarade de promo à l'ENA de Lenica, estime que ces spéculations relèvent du "délire complotiste"...

Le débat se prolonge en direction de l'Elysée. François Hollande a toujours revendiqué ne pas vouloir se mêler, à l'inverse de Nicolas Sarkozy, de la présidence de France Télévisions. Il a donc réformé la méthode de désignation, laissant le CSA en première ligne. Une certitude, pourtant : le président de la République voulait une femme. Alors va pour Ernotte. Laquelle choisit, comme plus proche collaborateur, le plus important conseiller de Cécile Duflot, ancienne ministre devenue rebelle et tête de pont d'un parti majoritairement opposé à un retour au gouvernement ! Rien ne va plus. 
"La nomination de Sitbon est pour nous un acte politique, affirme Christian Kert, député Républicain siégeant à la commission des Affaires culturelles. On ne peut pas penser que c'est un acte gratuit : Ernotte a forcément dû demander la validation de la tutelle."

La nomination de Delphine Ernotte elle-même fait débat: 
le président du CSA, Olivier Schrameck, est accusé de partialité mais s'en défend. "Nous ne sommes pas en position favorable pour demander des passe-droits, vu notre situation politique depuis la sortie du gouvernement!" oppose Jonathan Sorel, bras droit de la secrétaire nationale des Verts et copain d'adolescence de Sitbon. La réalité : l'étoile montante de la gauche alternative s'est converti aux codes de la gauche affairée, avec la chance professionnelle de sa vie au final.
Mal calibré pour ce poste ? Sans aucun doute, mais capable aussi de surprendre? Ancien des cabinets Fabius, ancien secrétaire général des sociétés du multimillionnaire Stéphane Courbit, copain de François Hollande, Thierry Lajoie, ci-contre, dirigeant d'entreprise membre du Parti socialiste, croise Sitbon quelques mois en 2012-2013, lors d'un contrat ponctuel pour le cabinet de la ministre Duflot. Il livre son verdict : "C'est le gars le plus protéiforme que j'aie rencontré de toute ma vie." Comparable à Jacques Attali ou Alain Minc. En somme, des personnalités susceptibles de travailler plus que les autres et de passer de la production d'idées au Meccano politicien.
Qu'est-ce qu'ils ont tous après leur noeud?
Un Meccano auquel Stéphane Sitbon participe une dernière fois le 12 mai, lors d'une réunion interne d'Europe Ecologie-les Verts, à la mairie du IIe arrondissement de Paris, consacrée à la constitution des listes pour les régionales. Il était temps pour lui de sortir de la politique et de sa tambouille d'arrière-cuisine : huit jours plus tard, sa nomination est officialisée.