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mardi 2 août 2016

Le financement étranger des mosquées mis en question par Bayrou, en écho à Valls

Financement extérieur des mosquées: "Cette question est urgente", selon Bayrou en écho au PS 

Le patron du MoDem réagit à l'
interdiction "temporaire du financement de l'étranger pour la construction des mosquées," envisagée par  Valls.

Tulle, fief de Hollande,
15.000 habitants en Corrèze:
pour moins de 100 pratiquants, un canular?
Ce lundi matin, trois jours après, François Bayrou lui a partiellement donné raison. "Le gouvernement a raison de poser cette question" car, affirme-t-il sans fournir de raisons, il n'est "pas possible d'avoir une religion qui soit financée de l'extérieur par des autorités politiques extérieures aux autorités françaises". "On ne peut pas avoir une religion financée par l'extérieur", insiste le patron du MoDem qui s'est fait inviter sur France Info. 

"Une contribution sur la certification halal" peut être "une réponse" au financement

A la tête d'un seul député MoDem symbolique, Bayrou voit "une autre question à poser"
"Quel financement pour remplacer ces financements extérieurs et pour qu'on trouve un meilleur équilibre ?" Jean Lassalle, député MoDem des Pyrénées-Atlantiques depuis 2002, n'y répondra pas: ce vice-président du Mouvement démocrate est actuellement en congé du parti centriste. 
"On a une fondation [Fondation des œuvres pour l’islam de France, FOIF, créée en 2005] qui ne marche pas depuis 10 ans, fait remarquer François Bayrou, (...) dont il faut revoir la légitimité des représentants et dont il faut revoir les sources de financement".
Destinée à assurer le financement de l’islam, et notamment "la construction et la gestion des lieux de culte", cette fondation est présentée aujourd’hui par Manuel Valls et des personnalités musulmanes françaises comme une solution pour réformer l’islam de France.
Qu’est-ce que c’est ?
A l’origine, la FOIF avait été créée, il y a plus de 10 ans, pour permettre d’assainir le financement de l’islam de France. Alors que les différentes institutions existantes, notamment l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), la Fédération nationale des musulmans de France (FNMF) et la Fédération nationale de la Grande Mosquée de Paris (FNGMP) ont leurs propres réseaux de financements, la FOIF devait permettre de centraliser l’argent. "Il appartient à l’État républicain de faire en sorte que les financements que les uns et les autres peuvent obtenir, de l’Algérie, de l’Arabie Saoudite, du Maroc, de tel ou tel autre pays du Golfe, puissent transiter par le canal de la Fondation pour les œuvres de l’islam de France, de façon que l’argent collecté soit mis en commun", estimait la secrétaire d’Etat Nora Berra en 2010, répondant à une question orale de Jean-Pierre Chevènement au Sénat. Cette fondation devait déjà être alimentée par des dons des entreprises, notamment, et avait été dotée d’un million d’euros.
Or, Manuel Valls dénonce la FOIF comme "un échec total". 
C’est la constitution du Conseil d’administration qui a posé problème : "Les dysfonctionnements de la Fondation tiennent d’abord à la composition de son conseil d’administration, liée aux équilibres, par nature difficiles à trouver, au sein du Conseil français du culte musulman [CFCM, association loi de 1901 sous l'égide du ministère de l'Intérieur et qui a vocation à représenter les musulmans de France]", expliquait Jean-Pierre Chevènement. Ces rivalités de pouvoir -singulièrement entre Maroc (Rassemblement des musulmans de France) et Algérie (la Grande mosquée de Paris) - ont permis au CFCM (dominé par le Maroc, comme on peut le constater jusqu'au gouvernement avec trois femmes: Najat Vallaud-Belkacem, Myriam El Khomri et Audrey Azoulay) de rester le principal interlocuteur du gouvernement.
Il faut "reconstruire une capacité de financement française" de l’islam,
Membres du CFCM autour de B. Cazeneuve
 estimé Manuel Valls dans un entretien avec Le Monde ce vendredi. "Il y a urgence à aider l’islam de France à se débarrasser de ceux qui le minent de l’intérieur. Pour cela, il nous appartient de bâtir un véritable pacte avec l’islam de France, donnant à la Fondation une place centrale", a affirmé le premier ministre.

L’appel de plusieurs personnalités musulmanes va dans le même sens : "Une Fondation pour l’islam de France avait été créée il y a plus de dix ans. Elle n’a jamais fonctionné. Il est temps de la réactiver maintenant, de lui donner la capacité de collecter des ressources. Les Français de confession musulmane sont prêts à la relancer, à l’animer, à contribuer à son financement." (ce dimanche dans le JDD)
Depuis l'attentat islamiste meurtrier dans l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray, des chefs d'entreprise, artistes, journalistes, élus, chercheurs ou encore médecins ont réagi. Tous ont en commun qu'ils sont musulmans et s'inquiètent des conséquences du terrorisme sur leur communauté. "Nous étions silencieux parce que nous avions appris qu'en France, la religion est une affaire privée. Nous devons parler maintenant parce que l'islam est devenue une affaire publique et que la situation actuelle est intolérable", écrivent-ils dans un appel publié dans les colonnes du JDD.
L’objectif est de "changer de générations, avec un projet d’organisation clair", estiment les signataires de l’appel. Pour Manuel Valls, il s’agit surtout de lutter contre l’islamisme radical en assainissant les sources de financement des mosquées de France. Depuis novembre 2015, après les attentats de Paris et Saint-Denis, une mission gouvernementale est chargée de préfigurer la renaissance de la FOIF. Ses missions pourraient être étendues au financement de la formation des imams ou à la "promotion de l’islam" sous l’angle "cultuel et culturel". Pour le moment, malgré novembre 2015 notamment et l'expression de leur solidarité par les musulmans, la FOIF est encore au point mort.

Le centriste avoue également ne pas savoir ce que veut dire "l'expression islam de France"

Bayrou souligne que l'islam "n'est pas une religion organisée". Et d'ajouter: je ne sais pas "ce que sont les musulmans de France".
Bayrou peut trouver la réponse auprès de son ami Jean-Christophe Lagarde qui est l'un de ses soutiens et maire de Drancy: l'auteur du livre ci-contre est dû au président de l'association culturelle des musulmans de Drancy, ville où il est imam.

Suite à la menace durable de terrorisme islamiste, Bayrou confirme également sa décision d'armer la police municipale de sa ville. 

"Personne ne peut dire qu’une décision, qu'un dispositif puisse à lui seul empêcher les horreurs que nous avons rencontrées", explique d'abord le maire de PauL'ex-candidat  à la présidence de la République conteste-t-il l'Etat de droit derrière lequel se retranchent Hollande et Valls ? Il leur a toutefois fallu déguiser l'état d'exception en "état d'urgence" pour pouvoir assurer qu'ils le  respectent malgré plusieurs prolongations successives. 

Interrogé sur sa décision d’armer la police municipale de sa ville face à la menace terroriste, alors qu’il y était jusqu’à présent réticent, F. Bayrou a  ensuite expliqué que "lorsque la menace évolue, il faut que la réponse évolue (...) Nous sommes dans des circonstances qui vont durer longtemps dans lesquelles personne n'est à l'abri, y compris des villes comme les nôtres".
"Et que ceux qui ont la charge de défendre des citoyens soient armés pour faire face à la menace", a-t-il soutenu. Alors, la "garde biterroise" de Ménard est-elle en train d'accoucher d"une "garde paloise" ?

"Il faut prendre le taureau par les cornes", estime le socialiste Julien Dray. 

18 février 2014
"La religion musulmane est nouvelle pour la société française,estime à son tour le conseiller régional d'Ile-de-France, invité de France Inter. Aujourd'hui, il y a en gros [aveu d'un flou, à deux millions près...] entre six et huit millions de pratiquants. Il faut donc être capable de l'intégrer dans la modernité de ce qu'est la République française". Capacité d'intégration ou volonté de la gauche ?

Comme Manuel Valls, ce proche de François Hollande juge qu'il est urgent de s'occuper du problème "des financements des lieux de culte et de la formation des imams à l'étranger". "La question de la radicalisation des mosquées se pose... évidemment il ne s'agit pas de l'ensemble des mosquées de France, loin de là (... ), nuance-t-il avec cette précaution de langage socialiste trahissant le renoncement de l'exécutif,  mais c'est un problème quand des puissances étrangères financent", maintient également Julien Dray, maniant péniblement les éléments de langage officiels. 

Il fait encore écho à Matignon en insistant désormais pour "que la fondation de France ait les moyens nécessaires pour financer les lieux de culte". Du Valls copié-collé... 

Le porte-voix de l'exécutif relaie également -tout aussi spontanément- l'idée que des contributions sur les rites religieux, comme le commerce communautaire de la nourriture halal, peuvent être un "financement alternatif". 

Par ailleurs, Julien Dray évoque le problème des réseaux sociaux et parle notamment de Facebook qui "ne donne pas accès à sa messagerie privée dans laquelle il y a des contacts"

Une reprise du discours de Nadine Morano, depuis plusieurs mois

Bastille: statue de la République occupée 
"Nous avons un gros problème avec l'organisation de l'islam en France", regrette l'ancienne ministre, sous les attaques de la gauche, révolutionnaire ou modérée. 

Morano avait rappelé les "racines chrétiennes" de la France aux musulmans et à leurs soutiens en recherche d'un électorat, voire d'une force subversive et révolutionnaire. L'élue prenait position en écho à l'interdiction des crèches de Noël qui n’auraient pas leur place dans l'espace public, à la différence du voile islamique, ni les galettes des rois évoquant l'Epiphanie, faisant suite à la suppression du poisson le vendredi dans les cantines scolaires, au nom sacro-saint de la laïcité répressive, mais aussi à l'introduction du menu alternatif au porc pour tous. En revanche, le halal pour tous est revendiqué comme laïc. La décision revient aux gestionnaires des cantines et les collectivités territoriales qui se flattent de ménager la neutralité républicaine de l’école et la liberté confessionnelle.
Ces grands principes inspirés d'une idéologie binaire anti-nationale, anti-coloniale (et anti-libérale) propagée par les admirateurs de Staline, de Mao, du Che ou de Chavez font le lit de l'islam contre notre devenir naturel, notre culture et notre Histoire. 
Ces interdits ont, pour les internationalistes, un double objectif: imposer des us et coutumes venus d'ailleurs et contribuer à l'éradication de la chrétienté de France. 
De recul en recul, la culture chrétienne cédait aux coups de butoirs de la gauche instrumentalisée par l'islam, même modéré.

"La situation va s'aggraver si nous ne réglons pas le problème des dérives de l'islam en France," a prévenu l'eurodéputée les Républicains sur l'antenne de RMC. 

Elle dénonce l'attitude de Manuel Valls, un premier ministre  qui "en quinze jours dit tout et son contraire sur le financement étranger des mosquées". 
La candidate à la primaire de la droite demande de "fermer et démolir les moquées salafistes", dénonçant le danger que fait courir à la France "l'immigration arabo-musulmane" et le risque "que la France devienne musulmane"

"La laïcité et la loi sur la laïcité n'ont pas été faites pour gommer notre culture et nos racines chrétiennes, martèle-t-elle (…) La France est un pays aux racines chrétiennes", a ainsi dû rappeler Nadine Morano sur France 3, en novembre dernier, après que le sang ait été versé dans Paris. "Quand proposerons-nous la suppression de la fête de la Sainte-Geneviève pour les gendarmes ou la Sainte-Barbe pour les pompiers? La France doit rester la France", poursuivit-elle en se positionnant en héraut d'une lutte personnelle qui, pour sa clairvoyance à contre-courant de l'idéologie dominante, lui rallie désormais un plus grand nombre de citoyens vigilants.

VOIR et ENTENDRE
Nadine Morano sur France 3 en novembre 2015:
Il est plus que jamais souhaitable que les Constitutions européenne et nationale fassent référence à nos racines chrétiennes.

Nadine Morano insiste également pour
que "les responsables musulmans disent haut et fort qu'ils sont contre le port du voile intégrale"
.

Bayrou ne fait rien d'autre que participer à l'unanimisme du parti au pouvoir.

dimanche 17 juillet 2016

Cazeneuve, partisan d'une "garde bitteroise" à l'échelle nationale

Suite à l'attentat de Nice, le ministre de l'Intérieur de Hollande et Valls fait du Ménard...

La "réserve opérationnelle", c'est quoi ?

Après le carnage terroriste commis à l'issue de la soirée festive du 14 Juillet à Nice, le président Hollande, en plus du maintien contesté de l’opération Sentinelle (10.000 militaires affectés au maintien de l'ordre, en association avec les forces de l'ordre, gendarmes et policiers), fait appel à une "réserve opérationnelle", "c’est-à-dire à tous ceux qui, à un moment, ont été sous les drapeaux ou dans les effectifs de la gendarmerie pour venir soulager les effectifs de policiers et de gendarmes".

En quoi consiste ce dispositif ?
C’est une partie du dispositif dit de "réserve militaire", qui comprend aussi la "réserve citoyenne", destinée à la sensibilisation, et, depuis plus récemment, la "réserve citoyenne cyberdéfense".
Cette réserve opérationnelle regroupe des citoyens volontaires, avec ou sans expérience militaire, âgés d’au moins 17 ans. Ils signent un contrat rémunéré (avec une solde dans les mêmes conditions que les militaires de carrière) pour quelques dizaines de jours par an.

Y appartenir implique des contraintes de forme physique ou d’âge, comme dans la réserve de la gendarmerie ou de l’armée de l’air, où la limite d’âge est par exemple fixée à 30 ans.

Les participants peuvent se voir confier les mêmes missions que les militaires d’active, précise le ministère de la défense.
"Les réservistes militaires permettent de faire face à la simultanéité des opérations et d’accroître la capacité des forces à durer en renforçant les unités d’active, en particulier lors des pics d’activité (opération Sentinelle, plan Vigipirate, crises sur le territoire national, intempéries, services d’ordre public lors d’événements majeurs, protection de bases navales, de ports d’intérêt vitaux et d’installations sensibles…)."
François Hollande a précisé, dans sa déclaration solennelle, que la réserve opérationnelle sera nécessaire "en particulier pour le contrôle des frontières".

Quels sont ses moyens ?
Au 30 novembre 2015, la réserve opérationnelle militaire était composée de 28. 000 réservistes du ministère de la Défense et 23.000 réservistes de la gendarmerie nationale ; 19 % seulement sont des femmes.




Au ministère de la Défense, l’ambition est d’augmenter les effectifs d'un tiers pour atteindre l’objectif de 40.000 personnes mobilisables par l’armée d’ici trois ans. Du coup, l’armée de Terre recrute. Cette arme contribuera en effet à hauteur de 800 réservistes par jour, soit 80 % de l’objectif annoncé par le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, président de la région Bretagne.
Au total, si les effectifs de réservistes de la gendarmerie n’évoluent pas: il y aura en 2019 en France 63.000 réservistes pour participer à la protection du territoire.

En outre, la loi de programmation militaire 2014-2019 a été actualisée afin, notamment, de renforcer le dispositif de réserve opérationnelle avec un accroissement des jours d’activité des réservistes, de 24 actuellement à 30 jours par personne et par an. Le maximum est de 60 jours appelables, mais ce plafond peut être porté de façon exceptionnelle à 150, voire 210 jours par an.
Près de 44 % des réservistes actifs moins de 10 jours
Durée d'activité moyenne des réservistes opérationnels en 2014
0 %10 %20 %5 %15 %25 %Répartition dans les effectifs de réservistes0 jour0.5 à 5 jours6 à 10 jours11 à 20 jours21 à 30 jours31 à 60 jours61 à 150 jours151 à 210 jours
SOURCE : MINISTÈRE DE LA DÉFENSE
Pour permettre le renforcement du dispositif de réserve citoyenne, une augmentation de 77 % du budget annuel qui lui est consacré est prévue entre 2014 et 2018.

Quelle est son utilité réelle ?
Selon le ministère de la Défense, les forces réservistes font "partie intégrante du nouveau modèle d’armée issu du Livre blanc. Sans elles, les forces de défense et de sécurité ne sont pas en mesure de remplir l’ensemble de leurs missions, en particulier en cas de crise sur le territoire national", note le guide d’orientation de la défense française.

Et il existe en fait de nombreux freins à l’utilisation des réservistes : le premier est le temps de formation, selon le lieutenant-colonel Gérald Orlik, qui témoignait dans le cadre de la commission de la Défense nationale et des forces armées en avril 2015 : "Le premier obstacle pour nous est le temps nécessaire à la préparation et à la formation des réservistes (…). Expliquer à des jeunes qu’on les prépare cette année, mais qu’on ne les emploiera que l’année suivante faute de crédits nuit [à la fidélisation des réservistes]."
Un temps de formation d’autant plus indispensable pour remplir des missions en armes au sein de la population. Ainsi, seulement 321 réservistes ont été engagés dans l’opération Sentinelle, soit à peine plus de 3 % des personnels engagés, d’après les chiffres donnés par Pierre de Villiers. Le chef d’état-major des Armées souligne aussi le manque de réactivité du dispositif et le cantonnement des réservistes dans des missions de "garde statique". Pas de quoi motiver...

La fidélisation des volontaires est d’autant plus difficile que, visant des actifs, le dispositif requiert le soutien des employeurs. Ces derniers doivent libérer les volontaires désireux de servir la réserve au moins cinq jours par an : pendant l’activité de réserve, le contrat de travail est suspendu et l’employeur n’est pas indemnisé. Résultat, certains des volontaires sont des réservistes "honteux", témoignait le lieutenant-colonel Orlik, "qui ne déclarent pas leur état de réserviste à leur employeur et prennent sur leurs congés pour pratiquer leurs activités militaires".
La gauche appelle ça faire de la prévention ?

Quelle différence avec la "garde biterroise" de Robert Ménard ? 

La "réserve opérationnelle" de Hollande est une copie grand format de sa garde biterroise, observe Robert Ménard.

Aujourd'hui, Robert Ménard souligne que l'État se livre à un copié-collé du dispositif que la justice lui a interdit de mettre en place.  Les réservistes opérationnels mobilisés par le gouvernement socialiste seront placés sous l'autorité de la hiérarchie policière ou militaire, comme le seront les patrouilles placées sous l'autorité du maire de Béziers, Robert Ménard, sans disposer d'aucune autonomie d'intervention.

L'initiative du maire Robert Ménard décriée par les gauches socialiste et radicale qui la qualifient de "sécuritaire" est reprise sous le terme de  "réserve opérationnelle", avec l'approbation des mêmes acteurs polico-médiatiques.
Les décrypteurs, experts et autres spécialistes de la 'désintox' et du 'vrai ou faux' 
de la maison socialiste - très en vogue dans les salles de rédaction des organes de presse au service de l'Elysée - planchent ce dimanche sur l'argumentaire officiel à opposer à Ménard pour démontrer que ça n'a rien à voir. Rendez-vous aux premières heures, ce lundi matin...

Hollande, Valls et Cazeneuve sont-ils les premières menaces sur l'ordre publique ?

A Béziers, "le premier risque pour l’ordre public, c’est Ménard," titrait Le Monde du 7 mai 2015.
"Ça, c’est les Gaulois !": la pancarte, criarde [sic], accueille le visiteur à l’entrée du Musée du Biterrois, ricanait Madjid Zerrouky, envoyé spécial du journal officieux du PS. Et de commenter: "Comme si la municipalité de Béziers (Hérault), dont le maire, Robert Ménard, a affirmé [sic] qu’il y a 64,6 % d’enfants musulmans dans ses écoles, cherchait à conjurer le sort [re-sic] en rendant hommage à "nos ancêtres" [sic encore] , comme le soulignait le journal municipal en mars. Qui sous-titrait même : 'La Gaule contre-attaque !' " Sans compter la contestation des "têtes blondes" ("une affiche très années 1950", selon Madjid Zerroukyou les citations aigres par le journaliste des références aux paroles d’une chanson d’Henri Salvador [métis] côtoyant celles de 'La Marche lorraine' ("Jeanne d’Arc, vierge souveraine"…).

Le journal national dézingue la population qui a élu Ménard maire
Dans une rue de Béziers.  Depuis le 1er février 2015, la police municipale est équipée d'armes à feu."Béziers détient le titre peu enviable de quatrième ville la plus pauvre de France. Les façades sont délabrées, les immeubles murés, les trottoirs défoncés et la propreté est à l’avenant. Ici, où se succèdent kebabs, boucheries hallal et même un écrivain public, difficile de trouver des ouailles de Robert Ménard, dénigre Zerrouky. "On est tombé sur le gros facho, vous pouvez l’écrire, s’exclame Tony Ferreira, 28 ans. Et c’est un Portugais qui vous le dit !" cite le journaliste issu du lycée Descartes d'Alger.

Le journaliste franco-algérien de dresser un catalogue de mesures qui horrifient les communautaristes haineux de notre société, lorsqu'elle réagit à ce qui lui est étranger. "La dernière en date d’une série de mesures à caractère polémique, mises en œuvre depuis son élection en mars 2014 : interdiction de pendre le linge aux fenêtres et de "cracher sur la voie publique", limitation des antennes paraboliques visibles depuis la rue, instauration d’un couvre-feu de 23 heures à 6 heures pour les mineurs lors des week-end et vacances scolaires, renforcement et armement de la police municipale, installation d'une crèche de Noël dans l'hôtel de ville... Le tout sur fond de réhabilitation de l'Algérie française, en rebaptisant une rue au nom d'un putschiste de 1961." 

La gauche radicale franco-algérienne 
- notamment le NPA- 
contre la "réserve opérationnelle" de Hollande ?
Ce qu'omet - par inadvertance, au risque d'être accusé de désinformation - de préciser notre donneur de leçons franco-algérien, c'est que c'est la rue du 19 mars 1962, date des accords d'Évian, lesquels ne marquent nullement la fin des exactions, mais inaugurent une période de massacres de harkis.
"Vous venez pour Satan ?" est l'une des citations choisies du journal contre le maire de la ville qui n'a cessé d'osciller entre gauche et droite et qu'une majorité de Biterrois a démocratiquement confiée à ce proche du FN. "Robert Ménard privilégie le noyau dur de son électorat, à commencer par les commerçants, à qui il a promis de développer le tourisme et que son discours séduit", ajoute Cyril Hennion, le vice-président de la Ligue des droits de l’homme à Béziers.
"Le premier risque pour l’ordre public, c’est Ménard", déclare David Garcia, membre du syndicat Solidaires, associé aux trotskistes de SUD, et pour qui le nouveau maire joue en ce moment avec le feu.

Et encore, le tribunal a suspendu la "garde biterroise"

Pour mettre le gouvernement face à ses responsabilités, la délibération pour la création d'une "garde biterroise" à Béziers a été adoptée en décembre 2015 par le conseil municipal. La "proposition" du maire Robert Ménard, vivement critiquée par le préfet de l'Hérault, a été votée avec 35 voix pour.
La "Garde biterroise", composée de bénévoles, ex-gendarmes ou ex-policiers chargés d'assurer des gardes statiques devant les bâtiments publics, d'organiser des déambulations sur la voie publique et d'alerter les forces de l'ordre, a été créée à Béziers.
Mais une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Montpellier datée de mardi 19 janvier, est venu suspendre la "garde bitterroise', qualifiée de 'milice' par les opposants, sans la dissoudre. La préfecture avait déposé deux recours : un référé en urgence pour s’assurer que la décision ne s’applique pas et dont la décision a en effet été prise; l’autre référé demandant l’annulation de la décision municipale doit encore être examinée.

Le juge a, en outre, rejeté la notion de "collaborateur occasionnel du service public", que Raphaële Hiault-Spitzer, l’avocate de la ville de Béziers à l’audience du 13 janvier, a fait valoir. Emettant "un doute sérieux sur la légalité de la délibération", le juge a ordonné la suspension et a "enjoint" à la commune de Béziers de "surseoir à la mise en place opérationnelle de la 'garde biterroise' " et de mettre fin à toute mesure d’information et de publicité la concernant, jusqu’à ce que le tribunal statue sur le fond de l’affaire".

Cazeneuve élargit la "garde biterroise" à l'hexagone

Sous la pression des circonstances, vendredi 15, au lendemain du massacre terroriste des innocents du feu d'artifice de Nice, le président Hollande a annoncé un prolongement de trois mois de l'état d'urgence. Dans la foulée et la précipitation, et non pas en prévention d'autres drames à venir, donc, Flanby a lancé un appel à une réserve opérationnelle. Une décision aussitôt confirmée samedi par Nanard Cazeneuve, son ministricule de l'Intérieur. "Nous allons renforcer la présence des forces de sécurité sur l'ensemble du territoire nationale", a déclaré l'occupant de la Place Beauvau. "Je voudrais lancer un nouvel appel à rejoindre cette réserve pour tous les Français patriotes qui le souhaitent", a-t-il gravement déclaré. Pour l'occasion, l'Etat-PS est-il devenu nationaliste ?

Le juge des référés du tribunal administratif de Montpellier devra-t-il maintenant se déjuger ?
Et le Conseil d'Etat doit-il statuer en urgence ? Solidaires devrait logiquement se dresser contre cette 'milice' nationale...
Si localement, "le premier risque pour l’ordre public, c’est Ménard," que dire de Hollande à l'échelle nationale ? On hâte de lire la prose du journal Le Monde qui va devoir se contorsionner... 

mercredi 20 janvier 2016

Justice politique: suspension de la "garde biterroise" par le tribunal administratif

Quand le judiciaire est sur la longueur d'ondes de l'exécutif...

Le vendredi 9 janvier 2015, Hollande avait appelé "tous les Français" à se "lever" contre le terrorisme

Il fallait se rassembler dans la rue à son appel et participer à sa manifestation dominicale. Il avait annoncé qu'il serait lui-même la vedette américaine de ce show médiatique, alors que la France n'en a "pas terminé" avec ces menaces. Diverses initiatives ont été prises en régions, mais certaines n'ont pas reçu l'agrément de cet organisateurs de spectacles.

Le pouvoir n'a rien à faire: ses juges accomplissent la besogne
La "garde biterroise" de Robert Ménard ne sera pas mise en place. Le tribunal administratif de Montpellier a suspendu ce mardi la décision du conseil municipal de la ville de Béziers qui avait créé ce dispositif. "Dans son analyse, le juge des référés précise que la délibération est notamment dépourvue de fondement légal", indique le Midi Libre. 

Cette "garde" controversée, qualifiée de "milice" par des opposants au maire co-fondateur de l'association Reporters sans frontières (RSF) et proche du FN, Robert Ménard, devait être composée de "citoyens volontaires, dont l'expérience et la qualification (anciens gendarmes, militaires, policiers ou sapeurs pompiers à la retraite) les amènent à apporter leur aide à la collectivité dans un contexte marqué par l'état d'urgence", selon la délibération municipale. Elle était censée patrouiller dans les rues de la ville: de la prévention et de la dissuasion dont la gauche ne veut pas, quand elle n'en a pas l'initiative. 

Deux recours en référé


En décembre 2015, Robert Ménard proposa de créer une "garde biterroise", composée de bénévoles, pour patrouiller de concert avec la police municipale pendant l'état d'urgence, histoire de renforcer la protection de ses administrés. Le président Hollande se posait en "protecteur" des Français et Ménard avait reçu le message. 

Or, le préfet, représentant du gouvernement, avait déposé deux recours: un référé en urgence pour demander au juge de démontrer que la décision ne s'applique pas. Sans surprise, la sentence est tombée mardi et fera jurisprudence, interdisant à toute autre municipalité de suivre l'exemple de Béziers, quelles que soient ses difficultés.
L'autre référé demandait clairement l'annulation de la décision municipale, mais doit encore être examiné. 

Le juge des référés se justifie en faisant référence à l'"application d'une jurisprudence constante, selon laquelle la police administrative constitue un service public qui, par sa nature, ne saurait être délégué". Le maire n'est pas maître en sa mairie.
Subjectivité judiciaire


"Doute sérieux sur la légalité de la délibération"
"Il [le tribunal] juge ainsi que les tâches de surveillance des bâtiments publics et de la voie publique sont partie intégrante, dans les communes, de la police municipale -quels que soient ses effectifs et ses moyens-  et doivent être exercées par le maire ou par des agents placés sous son autorité, sous le contrôle du représentant de l'Etat, et que le conseil municipal de Béziers ne pouvait en conséquence légalement confier à des particuliers les missions de surveillance de la voie publique ou des bâtiments publics", poursuit le jugement. Puisqu'elle ne peut "déléguer", on imagine bien la maire de Lille patrouillant, de nuiten gilet pare-balles. Mais sans chiens: de cela, elle peut faire l'économie... 

Le juge rejette de surcroît la notion de "collaborateur occasionnel du service public", mise en avant par Me Raphaële Hiault-Spitzer, l'avocate de la ville de Béziers à l'audience du 13 janvier. 

Mettant en avant "un doute sérieux sur la légalité de la délibération", le juge en ordonne la suspension et "enjoint" la commune de Béziers "de surseoir à la mise en place opérationnelle de la 'garde biterroise' et de mettre fin à toute mesure d'information et de publicité la concernant, jusqu'à ce que le tribunal statue sur le fond de l'affaire". 

"Une décision politique", réagit le maire

"Aujourd'hui la garde biterroise n'est pas illégale, seule la délibération est suspendue"
, a souligné Robert Ménard lors d'une conférence de presse à Béziers. 
"C'est une étape... La préfecture a pris une décision politique. Nous, ce que nous attendons aujourd'hui, c'est un vrai débat au fond pour donner plus de pouvoirs aux maires dans des situations exceptionnelles". Ne sommes nous pas en effet en "état d'urgence" ?

Manque encore un sondage d'opinion consacré à l'idée de "garde municipale" pendant la durée de l'état d'urgence", à titre expérimental.