Hollande estime que les Harkis ne sont plus des "sous-hommes", selon Georges Frêche, PS
François Hollande a "reconnu""les responsabilités des gouvernements français dans l'abandon des harkis"
Un indécenttapage médiatique aux relents de récupération électoraliste
La reconnaissance des "responsabilités" de la France dans "l'abandon" des Harkis n'arrive pas trop tard pour François Hollande, à sept mois de l'élection présidentielle. Nicolas Sarkozy aussi s'y était livré, à la différence que c'était en avril 2012, alors que la droite en avait eu l'initiative la première. Depuis que, par le décret du 31 mars 2003, Jacques Chirac, l'a instituée, cette journée d'hommage national aux Harkis donne lieu chaque année à Paris à une cérémonie officielle dans la cour des Invalides.
C'est à la préfecture de Perpignan (Pyrénées-Orientales) que Nicolas Sarkozy avait reconnu la "responsabilité historique" de la France dans "l'abandon" des Harkis - ces natifs d'Algérie qui ont combattu avec les troupes françaises, avant d'être pourchassés après l'indépendance, en 1962, car considérés comme des traîtres par une partie des Algériens. "La France se devait de protéger les Harkis de l'Histoire. Elle ne l'a pas fait. C'est cette responsabilité que je suis venu reconnaître", avait notamment déclaré le chef de l'Etat.
Pour la première fois, ce dimanche 25 septembre 2016, François Hollande a présidé une brève cérémonie largement retransmise depuis la cour de l'Hôtel des Invalides à Paris. L'ancien président Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen, présidente du FN, NKM et Jean-François Copé, candidats à la primaire de la droite, assistaient à cet hommage.
"Je reconnais les responsabilités des gouvernements français dans l'abandon des harkis, les massacres de ceux restés en Algérie et les conditions d'accueil inhumaines de ceux transférés en France", a déclaré le chef de l'Etat, applaudi par certains représentants des Harkis présents dans l'assistance. Evoquant une "vérité implacable" et "cruelle", François Hollande a parlé des "combattants qui furent privés de la protection de la France au lendemain de la guerre d'Algérie" et "dont l'abandon ne fut jamais pleinement reconnu par la République," selon lui.
Les Harkis sont une partie des supplétifs engagés au côté de l’armée française de 1957 à 1962, sous contrat mensuel renouvelable, sans avoir aucun statut militaire durant la guerre civile algérienne. En France, 'harki' est souvent utilisé comme synonyme de "Français musulmans rapatriés" (FMR) à partir de 1962, "Français rapatriés de confession islamique" (FRCI) en 1970 ou "Rapatriés d'origine nord-africaine" (RONA) dans les années 1980. Aujourd’hui, deux termes se sont imposés : "FMR" et "Harki". Après l'indépendance de l'Algérie, ceux d'entre eux qui ont décidé de quitter le Maghreb ont pu s'installer en France, sous la protection de la loi sur les rapatriés.Comme tous les Algériens qui résidaient en France après 1962, ils purent conserver la nationalité française par simple déclaration jusqu'au 22 mars 1967.
A moindres frais, François Hollande n'a fait qu'honorer une promesse de campagne, faite dans un discours prononcé le 5 avril 2012, se fendant d'un quasi copié-collé du texte de sa déclaration de l'époque. Il l'avait déjà fait en partie lors de la même cérémonie le 25 septembre 2012, mais à l'époque c'était par un message... lu par Kader Arif, son ministre délégué aux Anciens combattants, né à Alger - dont le père, s'était lui-même engagé comme supplétif de l'armée française - et qui, en novembre 2014,dut démissionner du gouvernement en raison de l'ouverture d'une enquête préliminaire sur des marchés publics attribués à plusieurs de ses proches. Une information judiciaire du Parquet national financier est d'ailleurs pendante depuis décembre 2015.
Après les accords d'Evian du 18 mars 1962, les 55.000 à 75.000 harkis "abandonnés" en Algérie, selon des historiens, ont fait confiance en leurs compatriotes musulmans arrivés au pouvoiret furent victimes de sanglantes représailles de la part des nationalistes. On peut nommer ces "nationalistes" qui font horreur quand ils sont français: en l'occurrence, ce sont
A compter de mars 1962, la France dut faire face à des rapatriements massifs.
En comptant les "pieds-noirs" européens, les juifs et tous les musulmans "loyalistes", aurait accueilli 2,5 millions de personnes. Elle le fit tant bien que mal pour les uns et les autres et parmi eux, 42.500 harkis qui l'ont souhaité ont pu trouver refuge en France métropolitaine.
Mais Philippe Denoix estime leur nombre à 90.000: en effet, beaucoup de familles n'ont pas demandé la nationalité et sont restées algériennes, d'où l'incertitude sur le nombre total de rapatriés et l'exploitation qui est faite de l'idée d'abandon.
La grande majorité resta en Algérie et des dizaines de milliers d’entre eux furent assassinés.
Hollande et le FLN Bouteflika
Sur ordre du GPRA(Gouvernement provisoire de la République algérienne qui a négocié les accords de paix -accords d'Évian- avec la France en 1962), bras politique et gouvernemental du Front de libération nationale (FLN), les massacres de Harkis (considérés comme 'collaborateurs' et traîtres), parfoisperpétrés sur des familles entières, s’accompagnèrent souvent de tortures et de viols. Ils se déroulèrent dans un climat de désordre dû aux luttes internes (y compris armées) de l’ALN (Armée de libération nationale, bras armé du Front de libération nationale (FLN) et du GPRA pour la prise de pouvoir qui précéda et suivit l’indépendance.
Sans compter les prisonniers, le nombre total de harkis exterminés par leurs compatriotes après le cessez-le-feu fut d'abord estimé selon les sources entre 10.000 et 150.000. En dépit des accords d'Évian par lesquels le FLN s'était engagé à ne pas exercer de représailles. L'actuel président de l'Algérie, Abdelaziz Bouteflika, est président d'honneur du FLN.
Quelque 60.000 "réfugiés" ont été transférés et accueillis en France
Instituée par un décret de Jacques Chirac en date du 31 mars 2003, cette journée d'hommage national aux Harkis donne lieu chaque année à Paris à une cérémonie officielle dans la cour des Invalides. Hollande a attendu sa cinquième année de présidence pour l'honorer de sa présence. Maltraités, insultés par Georges Frêche, PS Le 11 février 2006, leprésident socialiste de la région Languedoc-Roussillon, s’adressant à des responsables d’associations harkies, lança : " Vous êtes allés avec les gaullistes (...). Ils ont massacré les vôtres en Algérie (...). Ils les ont égorgés comme des porcs. Vous faites partie de ces harkis qui ont vocation à être cocus jusqu'à la fin des temps (...). Vous êtes des sous-hommes, vous êtes sans honneur". La Cour de cassation a rejeté la plainte pour injure publique : Frêche est innocent, en dépit de l'article 33-3 de la loi du 29 juillet 1881, qui incrimine des injures proférées "à raison de l'origine, de l'ethnie ou de la religion d'une personne ou d'un groupe de personnes".
Avec leurs descendants, la communauté des musulmans loyalistes est estimée à 500.000 personnes en 2012 , voire 800.000 personnes en France.
Suite à l'attentat de Nice, le ministre de l'Intérieur de Hollande et Valls fait du Ménard...
La "réserve opérationnelle", c'est quoi ?
Après le carnage terroriste commis à l'issue de la soirée festive du 14 Juillet à Nice, le président Hollande, en plus du maintien contesté de l’opération Sentinelle (10.000 militaires affectés au maintien de l'ordre, en association avec les forces de l'ordre, gendarmes et policiers), a fait appel à une "réserve opérationnelle", "c’est-à-dire à tous ceux qui, à un moment, ont été sous les drapeaux ou dans les effectifs de la gendarmerie pour venir soulager les effectifs de policiers et de gendarmes".
En quoi consiste ce dispositif ?
C’est une partie du dispositif dit de "réserve militaire", qui comprend aussi la "réserve citoyenne", destinée à la sensibilisation, et, depuis plus récemment, la "réserve citoyenne cyberdéfense".
Cette réserve opérationnelle regroupe des citoyens volontaires, avec ou sans expérience militaire, âgés d’au moins 17 ans. Ils signent un contrat rémunéré (avec une solde dans les mêmes conditions que les militaires de carrière) pour quelques dizaines de jours par an.
Y appartenir implique des contraintes de forme physique ou d’âge, comme dans la réserve de la gendarmerie ou de l’armée de l’air,où la limite d’âge est par exemple fixée à 30 ans.
Les participants peuvent se voir confier les mêmes missions que les militaires d’active, précise le ministère de la défense.
"Les réservistes militaires permettent de faire face à la simultanéité des opérations et d’accroître la capacité des forces à durer en renforçant les unités d’active, en particulier lors des pics d’activité (opération Sentinelle, plan Vigipirate, crises sur le territoire national, intempéries, services d’ordre public lors d’événements majeurs, protection de bases navales, de ports d’intérêt vitaux et d’installations sensibles…)."
François Hollande a précisé, dans sa déclaration solennelle, que la réserve opérationnelle sera nécessaire "en particulier pour le contrôle des frontières".
Quels sont ses moyens ?
Au 30 novembre 2015, la réserve opérationnelle militaire était composée de 28. 000 réservistes du ministère de la Défense et 23.000 réservistes de la gendarmerie nationale ; 19 % seulement sont des femmes.
Au ministère de la Défense, l’ambition est d’augmenter les effectifs d'un tiers pour atteindre l’objectif de 40.000 personnes mobilisables par l’armée d’ici trois ans. Du coup, l’armée de Terre recrute.Cette arme contribuera en effet à hauteur de 800 réservistes par jour, soit 80 % de l’objectif annoncé par le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, président de la région Bretagne.
Au total, si les effectifs de réservistes de la gendarmerie n’évoluent pas: il y aura en 2019 en France 63.000 réservistes pour participer à la protection du territoire.
En outre, la loi de programmation militaire 2014-2019 a été actualisée afin, notamment, de renforcer le dispositif de réserve opérationnelle avec un accroissement des jours d’activité des réservistes, de 24 actuellement à 30 jours par personne et par an. Le maximum est de 60 jours appelables, mais ce plafond peut être porté de façon exceptionnelle à 150, voire 210 jours par an.
Près de 44 % des réservistes actifs moins de 10 jours
Durée d'activité moyenne des réservistes opérationnels en 2014
SOURCE : MINISTÈRE DE LA DÉFENSE
Pour permettre le renforcement du dispositif de réserve citoyenne, une augmentation de 77 % du budget annuel qui lui est consacré est prévue entre 2014 et 2018.
Quelle est son utilité réelle ?
Selon le ministère de la Défense, les forces réservistes font "partie intégrante du nouveau modèle d’armée issu du Livre blanc. Sans elles, les forces de défense et de sécurité ne sont pas en mesure de remplir l’ensemble de leurs missions, en particulier en cas de crise sur le territoire national", note le guide d’orientation de la défense française.
Et il existe en fait de nombreux freins à l’utilisation des réservistes : le premier est le temps de formation, selon le lieutenant-colonel Gérald Orlik, qui témoignait dans le cadre de la commission de la Défense nationale et des forces armées en avril 2015 : "Le premier obstacle pour nous est le temps nécessaire à la préparation et à la formation des réservistes (…). Expliquer à des jeunes qu’on les prépare cette année, mais qu’on ne les emploiera que l’année suivante faute de crédits nuit [à la fidélisation des réservistes]."
Un temps de formation d’autant plus indispensable pour remplir des missions en armes au sein de la population. Ainsi, seulement 321 réservistes ont été engagés dans l’opération Sentinelle, soit à peine plus de 3 % des personnels engagés, d’après les chiffres donnés par Pierre de Villiers. Le chef d’état-major des Armées souligne aussi le manque de réactivité du dispositif et le cantonnement des réservistes dans des missions de "garde statique". Pas de quoi motiver...
La fidélisation des volontaires est d’autant plus difficileque, visant des actifs, le dispositif requiert le soutien des employeurs. Ces derniers doivent libérer les volontaires désireux de servir la réserve au moins cinq jours par an : pendant l’activité de réserve, le contrat de travail est suspendu et l’employeur n’est pas indemnisé. Résultat, certains des volontaires sont des réservistes "honteux", témoignait le lieutenant-colonel Orlik, "qui ne déclarent pas leur état de réserviste à leur employeur et prennent sur leurs congés pour pratiquer leurs activités militaires".
La gauche appelle ça faire de la prévention ? Quelle différence avec la "garde biterroise" de Robert Ménard ?
La "réserve opérationnelle" de Hollande est une copie grand format de sa garde biterroise, observe Robert Ménard.
#Nice : @BCazeneuve veut 1 réserve d'anc gendarmes... Comme notre Garde Biterroise que l'Etat vient d'interdire. De qui se moque t-on ?
Aujourd'hui, Robert Ménard souligne que l'État se livre à un copié-collé du dispositif que la justice lui a interdit de mettre en place. Les réservistes opérationnels mobilisés par le gouvernement socialiste seront placés sous l'autorité de la hiérarchie policière ou militaire, comme le seront les patrouilles placées sous l'autorité du maire de Béziers, Robert Ménard, sans disposer d'aucune autonomie d'intervention.
L'initiative du maire Robert Ménarddécriée par les gauches socialiste et radicale qui la qualifient de "sécuritaire" est reprise sous le terme de "réserve opérationnelle", avec l'approbation des mêmes acteurs polico-médiatiques.
Les décrypteurs, experts et autres spécialistes de la 'désintox' et du 'vrai ou faux' de la maison socialiste- très en vogue dans les salles de rédaction des organes de presse au service de l'Elysée - planchent ce dimanche sur l'argumentaire officiel à opposer à Ménard pour démontrer que ça n'a rien à voir. Rendez-vous aux premières heures, ce lundi matin...
Hollande, Valls et Cazeneuve sont-ils les premières menaces sur l'ordre publique ?
A Béziers, "le premier risque pour l’ordre public, c’est Ménard," titrait Le Monde du 7 mai 2015.
"Ça, c’est les Gaulois !": la pancarte, criarde [sic], accueille le visiteur à l’entrée du Musée du Biterrois, ricanait Madjid Zerrouky, envoyé spécial du journal officieux du PS. Et de commenter: "Comme si la municipalité de Béziers (Hérault), dont le maire, Robert Ménard, a affirmé [sic] qu’il y a 64,6 % d’enfants musulmans dans ses écoles, cherchait à conjurer le sort [re-sic]en rendant hommage à "nos ancêtres" [sic encore], comme le soulignait le journal municipal en mars. Qui sous-titrait même : 'La Gaule contre-attaque !' " Sans compter la contestation des "têtes blondes" ("une affiche très années 1950", selon Madjid Zerrouky) ou les citations aigres par le journaliste des références aux paroles d’une chanson d’Henri Salvador [métis] côtoyant celles de 'La Marche lorraine' ("Jeanne d’Arc, vierge souveraine"…).
Le journal national dézingue la population qui a élu Ménard maire
"Béziers détient le titre peu enviable de quatrième ville la plus pauvre de France. Les façades sont délabrées, les immeubles murés, les trottoirs défoncés et la propreté est à l’avenant. Ici, où se succèdent kebabs, boucheries hallal et même un écrivain public, difficile de trouver des ouailles de Robert Ménard, dénigre Zerrouky. "On est tombé sur le gros facho, vous pouvez l’écrire, s’exclame Tony Ferreira, 28 ans. Et c’est un Portugais qui vous le dit !" cite le journaliste issu du lycée Descartes d'Alger.
Le journaliste franco-algérien de dresser un catalogue de mesures qui horrifient les communautaristes haineux de notre société, lorsqu'elle réagit à ce qui lui est étranger."La dernière en date d’une série de mesures à caractère polémique, mises en œuvre depuis son élection en mars 2014 : interdiction de pendre le linge aux fenêtres et de "cracher sur la voie publique", limitation des antennes paraboliques visibles depuis la rue, instauration d’un couvre-feu de 23 heures à 6 heures pour les mineurs lors des week-end et vacances scolaires, renforcement et armement de la police municipale, installation d'une crèche de Noël dans l'hôtel de ville... Le tout sur fond de réhabilitation de l'Algérie française, en rebaptisant une rue au nom d'un putschiste de 1961."
La gauche radicale franco-algérienne
- notamment le NPA-
contre la "réserve opérationnelle" de Hollande ?
Ce qu'omet - par inadvertance, au risque d'être accusé de désinformation - de préciser notre donneur de leçons franco-algérien, c'est que c'est la rue du 19 mars 1962, date des accords d'Évian, lesquels ne marquent nullement la fin des exactions, mais inaugurent une période de massacres de harkis.
"Vous venez pour Satan ?" est l'une des citations choisies du journal contre le maire de la ville qui n'a cessé d'osciller entre gauche et droite et qu'une majorité de Biterrois a démocratiquement confiée à ce proche du FN. "Robert Ménard privilégie le noyau dur de son électorat, à commencer par les commerçants, à qui il a promis de développer le tourisme et que son discours séduit", ajoute Cyril Hennion, le vice-président de la Ligue des droits de l’homme à Béziers.
"Le premier risque pour l’ordre public, c’est Ménard", déclare David Garcia, membre du syndicat Solidaires, associé aux trotskistes de SUD, et pour qui le nouveau maire joue en ce moment avec le feu.
Et encore, le tribunal a suspendu la "garde biterroise"
Pour mettre le gouvernement face à ses responsabilités,la délibération pour la création d'une "garde biterroise" à Béziers a été adoptée en décembre 2015 par le conseil municipal. La "proposition" du maire Robert Ménard, vivement critiquée par le préfet de l'Hérault, a été votée avec 35 voix pour.
La "Garde biterroise", composée de bénévoles, ex-gendarmes ou ex-policiers chargés d'assurer des gardes statiques devant les bâtiments publics, d'organiser des déambulations sur la voie publique et d'alerter les forces de l'ordre, a été créée à Béziers.
Mais une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Montpellier datée de mardi 19 janvier, est venu suspendre la "garde bitterroise', qualifiée de 'milice' par les opposants, sans la dissoudre. La préfecture avait déposé deux recours : un référé en urgence pour s’assurer que la décision ne s’applique pas et dont la décision a en effet été prise; l’autre référé demandant l’annulation de la décision municipale doit encore être examinée.
Le juge a, en outre, rejeté la notion de "collaborateur occasionnel du service public", que Raphaële Hiault-Spitzer, l’avocate de la ville de Béziers à l’audience du 13 janvier, a fait valoir. Emettant "un doute sérieux sur la légalité de la délibération", le juge a ordonné la suspension et a "enjoint" à la commune de Béziers de "surseoir à la mise en place opérationnelle de la 'garde biterroise' " et de mettre fin à toute mesure d’information et de publicité la concernant, jusqu’à ce que le tribunal statue sur le fond de l’affaire".
Cazeneuve élargit la "garde biterroise" à l'hexagone
Sous la pression des circonstances, vendredi 15, au lendemain du massacre terroriste des innocents du feu d'artifice de Nice, le président Hollande a annoncé un prolongement de trois mois de l'état d'urgence. Dans la foulée et la précipitation, et non pas en prévention d'autres drames à venir, donc, Flanby a lancé un appel à une réserve opérationnelle. Une décision aussitôt confirmée samedi par Nanard Cazeneuve, son ministricule de l'Intérieur. "Nous allons renforcer la présence des forces de sécurité sur l'ensemble du territoire nationale", a déclaré l'occupant de la Place Beauvau. "Je voudrais lancer un nouvel appel à rejoindre cette réserve pour tous les Français patriotes qui le souhaitent", a-t-il gravement déclaré. Pour l'occasion, l'Etat-PS est-il devenu nationaliste ?
Le juge des référés du tribunal administratif de Montpellier devra-t-il maintenant se déjuger ?
Et le Conseil d'Etat doit-il statuer en urgence ? Solidaires devrait logiquement se dresser contre cette 'milice' nationale...
Si localement, "le premier risque pour l’ordre public, c’est Ménard," que dire de Hollande à l'échelle nationale ? On hâte de lire la prose du journal Le Monde qui va devoir se contorsionner...
Hollande indigne les familles des soldats harkis et métropolitains avec l'opposition
Le 19 mars 1962, à midi, prenait officiellement effet un cessez-le-feu qui mettait fin à huit ans de guérilla armée en Algérie.
La veille du cessez-le-feu, le gouvernement français avait renoncé à ses pouvoirs sur l'Algérie et le Sahara au profit des insurgés et du gouvernement provisoire de la république algérienne (GPRA), bras politique du Front de libération nationale (FLN) durant la guerre d’indépendance de l’Algérie. Le GPRA a négocié les accords de paix (accords d'Évian) avec la France en 1962.
Un double référendum vint après coup conforter cette décision. Le 8 avril 1962, les Français de métropole approuvèrent à plus de 90% le revirement du général de Gaulle, parfois qualifiée de trahison de ses engagements d'une "Algérie française" et des Pieds Noirs. Le 1er juillet 1962, les Algériens se prononcèrent pour l'indépendance de leur pays qui devint effective le 3 juillet 1962. Le 4 juillet, Ahmed Ben Bella s'installa à Alger en qualité de président de la nouvelle république. Le 5 juillet, l'indépendance était officiellement proclamée.
L' "utopie juridique" (historien Guy Pervillé) des accords d'Evian n'apporta pas la paix promise, mais inaugura une période de violences redoublées et de massacres des harkis. La France dénombra 28.500 militaires morts, 30.000 à 90.000 harkis (selon que sont ou non décomptés les victimes des assassinats du FLN en représaillescontre les soldats musulmans restés loyaux à la France), 4.000 à 6.000 chez les civils européens et environ 65.000 blessés.
Ces "réfugiés"-là ne sont ni des clandestins,
ni des victimes de Bachar al-Assad,
mais des Français d'Algérie, depuis 1830
Hollande commémore le cessez-le-feu pour la première fois, samedi Le "président de tous les Français" a choisi de mépriser la douleur des harkis et des Français d'Algérie, les "Pieds-noirs". L'initiative présidentielle est contestée par de nombreuses associations d'anciens combattants et de pieds-noirs qui demandent que le 19 mars marque le début de l'exil et du massacre de civils et des harkis et que le président sado-masochiste cesse son auto-flagellation de la République à propos de la fin du conflit algérien.
Hollande s'applique à diviserégalement la classe politique
L'ex-président Nicolas Sarkozy tonne contre la décision de son successeur. "Pour qu'une commémoration soit commune, il faut que la date célébrée soit acceptée par tous. Or, chacun sait qu'il n'en est rien, le 19 mars reste au cour d'un débat douloureux", fait-il valoir, dans une tribune publiée vendredi dans le Figaro, contre cette première médiatisée. N. Sarkozy note qu'en son temps l'ex-président socialiste François Mitterrand, acteur de ce conflit, "refusa catégoriquement de reconnaître cette date pour commémorer la fin de la guerre d'Algérie" sachant, quant à lui, qu'après les accords d'Evian, "la tragédie s'était poursuivie pendant des mois".
"Une provocation à l'encontre de l'ensemble de la communauté rapatriée et des harkis", dénonce le maire de Nice et président de la région PACA, Christian Estrosi, qui a prévenu qu'"aucune cérémonie" ne viendra raviver cette verte plaie ouverte de l'Histoire dans sa ville, samedi. Le chef de l'Etat a "violé la mémoire" des anciens combattants et harkis,a accusé Marine Le Pen, présidente du FN.
Afin de ne pas relancer les passions, Jacques Chirac avait choisi une date neutre, le 5 décembre 2002, pour inaugurer un monument célébrant la mémoire des victimes de la guerre d'Algérie, mais aussi celles des combats en Tunisie et au Maroc.
François Hollande prononcera une allocution, samedi à 16h30
C'est devant ce mémorial érigé quai Branly, au pied de la Tour Eiffel, que avec pour idée : tenter "le compromis" pour instaurer "la paix des mémoires" sur ce conflit algérien qui exacerbe toujours les passions.
C'est à son initiative, qu'une loi avait été votée au Parlement le 6 décembre 2012 faisant du 19 mars la "journée nationale du souvenir et du recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie" mais aussi "des combats en Tunisie et au Maroc".
Manifestation politicienne, sans repentance: une hypocrisie de plus ?
Mémorial de la guerre d'Algérie et de l'après 19 mars 1962, inauguré quai Branly, le 5 Décembre 2002
par le Président de la République Jacques Chirac
Le 19 mars, "c'est une date qui renvoie à des mémoires qui ont été longtemps opposées dans la population française", reconnaît-on dans l'entourage du chef de l'Etat. Mais "l'ambition du président de la République, c'est d'embrasser toutes les mémoires et de les faire entrer dans le récit de l'Histoire de France (...)", racontent-ils pour s'accaparer l'initiative consensuelle du président Jacques Chirac.Et de tenter de se justifier: "Ca n'est pas de faire disparaître les douleurs; ça n'est pas de nier les morts et les drames; c'est de les rappeler et de leur rendre hommage". Ce qui méritait en effet d'être précisé !
Dans son discours, comme il l'avait fait devant le parlement algérien le 20 décembre 2012, le président français récidiviste devrait se valoriser sur le thème de "l'injustice du système colonial", quand son procès est facile,55 ans après et que la cause est désormais entendue,mais sans verser dans "le registre de la repentance", précise un conseiller qui renonce à twitter, préférant ainsi garder l'anonymat.
L'historien Benjamin Stora, récemmentconvoqué à l'Elysée pour mettre en musique la démarche présidentielle devant la presse
Le chantre du socialisme hollandienvoit "un certain courage" dans la volonté de François Hollande "d'essayer de trouver une sorte de compromis, de consensus par rapport à cette guerre d'Algérie qui a bien du mal encore à passer dans l'histoire française".
A l'inverse, un collectif d'historiens proteste contre le choix du 19 mars.
Dans un texte transmis par le Centre de documentation historique sur l'Algérie (CDHA), ces spécialistes condamne ce choix de date qui "ne peut être considérée ni comme la date d'un cessez-le-feu, ni comme la fin de la guerre d'Algérie", puisqu'elle déclencha "une période de massacres et de violences sans précédent".
"Je trouve ça scandaleux", s'insurge le délégué régional PACA du comité de liaison national des harkis,Mohamed Otsmanie, qui pointe pour sa part les visées "électoralistes"du chef de l'Etat en direction notamment "des binationaux franco-algériens" dans la circonstance d'inquiétude suscitée par le débat sur sa réforme constitutionnelle portant sur la déchéance nationale.