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dimanche 16 septembre 2018

Les Harkis réclament des actes à Macron

Les Harkis réclament à Macron un effort de mémoire et de justice

Les associations demandent entre 4 et 40 milliards d'euros de réparations pour les préjudices subis depuis la première génération 

Une stèle pour des harkis qui attendent davantageLa communauté harkie appelle le président Emmanuel Macron à lui accorder des réparations à la hauteur du préjudice subi à la fin de la guerre d'Algérie. Elle a rappelé le soutien qu'elle lui a apporté en 2017

Les Harkis dénoncent une reconnaissance incomplète. "M. Macron a reconnu que la colonisation était un crime contre l'humanité; c'est peut-être courageux de crever l'abcès, mais il ne peut dire cela et de l'autre côté ne pas regarder l'histoire de ces soldats et citoyens français" abandonnés en Algérie en 1962, souligne le président du Comité national de liaison des harkis (CNLH), Boaza Gasmi.

Le Comité national de liaison des harkis menace maintenant de porter plainte contre la France pour crimes contre l'humanité

Lancé à l'initiative du président Macron, le groupe de travail propose 40 millions d'euros... et Macron préconise de créer un "fonds de réparation et de solidarité" de 40 millions d'euros pour ces anciens supplétifs de l'armée française et leurs enfants, loin des attentes des associations qui ont chiffré le préjudice à 40 milliards. 

Les associations se concerteront le 15 septembre à Agen pour étudier quelle riposte opposer au gouvernement, si celui-ci ne prend pas en compte leurs demandes, anticipent-elles, alors qu'il pourrait faire des annonces le 25 septembre, à l'occasion de la Journée nationale d'hommage aux Harkis.

Entre 4 et 40 milliards d'euros de réparations pour les préjudices subis génération après générationainsi qu'une loi gravant dans le marbre la responsabilité de la France dans ce dossier, là où le groupe d'experts préconise une simple résolution parlementaire. "La France a fait que notre terre natale nous est devenue hostile, que nos frères de sang sont devenus nos propres ennemis. Aujourd'hui cette loi nous la voulons !", insiste Mohamed Badi, porte-parole du CNLH, également présent mercredi à Paris. 
"On sait qu'une résolution ce n'est pas exécutoire (..) C'est du papier qui ne sert absolument à rien", renchérit-il.

150.000 Algériens recrutés dans l'armée française. 
L'armée française a recruté jusqu'à 150.000 Algériens comme auxiliaires durant la guerre d'Algérie (1954-1962), rappelle le rapport du groupe de travail remis en juillet au gouvernement et intitulé "Aux harkis, la France reconnaissante". A la fin de la guerre, 90.000 personnes, Harkis et leurs familles, ont été mis en sécurité contre les représailles du FLN en France, dans des conditions soudaines et précaires (dans des camps, des hameaux de forestage et des cités urbaines) sans réelles perspectives d'intégration pour eux-mêmes, ni leurs enfants. 

Entre 55.000 et 75.000 harkis, selon les historiens, sont restés dans leur département d'Algérie, soit qu'ils en ont fait le choix, soit qu'ils y ont été abandonnés et victimes de sanglantes représailles de la part des 
L'armée française égorgeait-elle 
les femmes et les enfants?
révolutionnaires nationalistes qui les considéraient comme des traîtres, en dépit des Accords d'Evian passés avec le FLN qui s'était engagé sur l'honneur et par écrit à ne pas exercer de représailles. 
C'est ainsi que des images de mutilations et d'exécutions sont parfois attribuées à l'armée française, mais sont en vérité au nombre des crimes contre l'humanité perpétrés par les Algériens du FLN.

"La seconde génération ne sera pas aussi docile que la première, elle se battra jusqu'au bout tant que le dossier harki n'aura pas été réglé de manière juste et digne, même s'il fallait porter nos problèmes auprès de la Cour européenne de justice, des tribunaux internationaux et des organes de l'ONU", a prévenu le porte-parole du CNLH, Mohamed Badi, samedi à Agen, lors d'une réunion publique réunissant quelque 150 personnes.
"Nous allons attendre ce qu'ils nous proposent mais il n'y aura pas plus que les propos qu'ils nous ont tenus", a estimé M. Badi, qualifiant leurs propositions de "mesurettes". Le CNLH entend organiser plusieurs conférences de presse et exprimer ses revendications sur les réseaux sociaux.

samedi 10 juin 2017

Macron à Oradour-sur-Glane ou la dimension théâtrale de la présidence

Le masque de l'effroi sur Macron, de retour à Oradour-sur-Glane

Le président de la République est venu présider samedi matin les cérémonies commémoratives du massacre d'Oradour-sur-Glane

Macron à Oradour-sur-Glane, ce 10 juin,
toutes les persécutions et massacres du monde sur son visage
Rien de morbide, rassure son entourage, mais le président Macron est revenu samedi matin 10 juin à Oradour-sur-Glane, en Haute-Vienne, pour présider les cérémonies du 73e anniversaire du massacre de 642 villageois par la division SS Das Reich qui rejoignait le front de Normandie. S'il ne s'agissait pas de loi Travail, ni d'article 49.3, ni de gouvernance par ordonnances, c'est-à-dire avec carte blanche des députés nouveaux de sa majorité disparate sous l'étiquette le "République en marche", le 10 juin 1944, les troupes nazis étaient ...en marche forcée et sanglante.

Image illustrative de l'article Massacre d'Oradour-sur-Glane
Le chef de l'État a été accueilli par quelques-uns des 500 enfants rassemblés dans le nouveau village d'Oradour-sur-Glane, là où ont été exécutés  pour participer à cette cérémonie. Il a ensuite rejoint l'ancienne église du village où plus de 450 femmes et enfants [selon l'AFP, pour qui chaque vie humaine n'est pas un si lourd tribut, puisqu'ils auraient été 350 : inflation des chiffres dans le sens de l'Histoire ?] avaient été enfermés et brûlés vifs, les hommes, répartis en six groupes, étant abattus dans des granges avant que le village ne soit entièrement incendié.
La veille, la division SS Das Reich du général Lammerding avait pendu 99 otages dans la ville voisine de Tulle.

Promesse non oubliée, à la veille des législatives.
Dans cette église à ciel ouvert, Emmanuel Macron a retrouvé Robert Hébras, 91 ans, dernier rescapé du massacre d'Oradour-sur-Glane, en compagnie duquel il devait ensuite parcourir pendant près d'une heure les rues du village martyr, laissé en l'état depuis sa destruction.
500 enfants rassemblés en 2017 pour 246 femmes et 207 enfants,
dont 6 de moins de 6 mois, brûlés dans cette église, en 1944.
Le 28 avril dernier, en campagne de l'entre-deux-tours, le candidat à la présidentielle avait promis à cet homme de 18 ans lors de la tragédie, mitraillé et laissé pour mort dans un garage d'où il avait réussi à s'échapper malgré l'incendie, de revenir en tant que chef de l'État.

"Quelle belle journée !", a déclaré ce survivant au président, malgré le souvenir de cette journée tragique. Il s'est dit très troublé par la présence des enfants autour du président, se souvenant avec émotion du destin funeste qu'ont subi ses petits camarades à l'époque. "Il y a 73 ans, c'était une journée ensoleillée comme celle-ci. C'était un samedi comme aujourd'hui et ma mémoire va à ceux qui ont disparu. Merci monsieur le président d'être parmi nous." Très ému, il a ensuite appelé tous les officiels et les citoyens présents à se recueillir pour une minute de silence.

"On a mis le feu sur nous"
Hebras, à la gauche du député PCF 
André Chassaigne, à Oradour
Face aux enfants et au président, le nonagénaire a retracé le déroulé de cette atroce journée. "A un moment, un des soldats a fait le tour du groupe. Lorsqu'il est arrivé à notre hauteur, il nous a fait signe. On s'est levés. Le temps qu'il revienne à l'entrée de la grange, il y a une détonation dans le village et c'est la fusillade", a-t-il raconté.
"On tombe les uns sur les autres. Pourquoi je suis là? Je ne sais pas. Ce sont les autres qui m'ont sauvé la vie", s'est-il remémoré avant de poursuivre : "Après, il y a eu le coup de grâce. Ils nous ont couvert de tout ce qui pouvait brûler et on a mis le feu sur nous. Quand le feu m'a atteint, je n'avais pas le choix, où je mourais brûlé vif, ou je savais que j'allais mourir quand même, parce que pour moi les soldats étaient devant la porte. Quand je suis sorti de dessous les autres, il n'y avait que des morts et des mourants.

Visage hyper-tendu, Emmanuel Macron a écouté le reste de son histoire. "Quand je suis sorti de dessous les autres, les soldats n'étaient plus là. J'ai tenté de m'enfuir par la porte juste ici, mais c'était une cour sans issue, donc je suis revenu dans la fumée, sur les autres. Et je me suis caché dans une de ces granges, a expliqué R. Hébras. J'étais seul, je me suis caché dans une étable et j'ai attendu. Et à un moment j'ai entendu parler français."

Un récit qui évoque d'autres massacres aussi horribles. Sans remonter à la Terreur quand 1.500 à 1.600 prisonniers vendéens furent fusillés par les Républicains, citons (sans prétention à l'exhaustivité) :

la répression de l'insurrection de Lyon (1867 morts) ou les massacres du Mans (10.000 à 15.000 morts) en 1793 également, les Colonnes infernales (20.000 à 50.000 morts) en 1794, sous la Terreur;

les massacres de 1804 en Haïti (3.000 à 5.000), 
le massacre de chrétiens maronites par des druzes au Mont-Liban (8.000 à 10.000 en 1860,

le massacre de 200 Sioux de Wounded Knee par l'armée américaine (1890), 
le massacre d'ouvriers italiens par des villageois et ouvriers d'Aigues-Mortes en 1893 (10 morts), 

les massacres de 30.000 Arméniens de Cilicie par les Turcs en 1909, 
le génocide de 1.200.000 Arméniens par le gouvernement Jeune-Turc ottoman. (1915-16),
la Terreur rouge russe par les Bolcheviks (environ 140.000 personnes), les Terreurs rouge puis blanche hongroises, 
les massacres de la Terreur blanche chinoise et exactions commises par les Nationalistes du Kuomintang pendant la Guerre civile chinoise (2.645.000 morts entre 1927 et 1950), 

le génocide de 220.000 à 500.000 Tziganes en Europe sous le Troisième Reich (1936-1945),
les Grandes Purges de Staline pour éliminer toute opposition (entre 680.000 et 2.000.000 morts), 
le massacre de Katyń (20.000 à 28.000 officiers et membres de l’élite polonaise fusillés par le NKVD, police politique soviétique) en avril 1940,
le massacre du bois d'Eraine, à Cressonsacq en France (en plus de celui de Chasselay, durant la bataille de France, quand les Allemands du régiment Grossdeutschlandl de la 10e Panzerdivision, massacrent la totalité des Africains de la 4e division d'infanterie coloniale et du 24e régiment de tirailleurs sénégalais fait prisonniers, en juin 1940, dans l'indifférence du CRAN et du très compassionnel président Macron !
La Shoah ou 'Solution Finale' ou encore 'Holocauste', génocide de la population juive d'Europe pendant le Troisième Reich par les camps d'extermination, les camps de concentration et les marches de la mort.(1941-1945), 5.100.000 à 5.500.000;

les massacres, famines et persécutions politiques, ethniques et religieuses commises par le régime des Khmers rouges (régime dictatorial communiste d'inspiration maoïste) dirigé par Pol Pot: 740.000 à 2.200.000 de Cambodgiens morts entre 1975 et 1979,

exécution de prisonniers politiques, majoritairement des membres de l'Organisation des moudjahiddines du peuple iranien, après la guerre Iran-Irak, sur ordre de Khomeini (1988), guide spirituel de la révolution islamique de 1979 qui renverse le shah d'Iran Mohammad Reza Pahlavi, après avoir été accueilli en France : entre 4.482 à 30.000 morts,

massacre de Tian'anmen (1989) : répression de la manifestations de la place Tian'anmen par l'armée chinoise fit entre 300 à 3.000 morts, selon les sources,

ou le génocide au Rwanda, 1988, quand des Hutus massacrèrent des Tutsis et certains Hutus considérés comme traîtres : 880.000 morts,

les massacres de la guerre civile au Darfour (2003-inachevés) ont d'ores et déjà fait plus de 200.000 morts depuis 2007, notamment par les milices janjawids avec l'appui de l'armée soudanaise,

les djihadistes de l'État islamique assassinent des civils yézidis (pratiquants d'une religion kurde) et en enlèvent au moins 4.000, principalement des femmes et des enfants. Ces derniers sont convertis de force ou réduits en esclavage,

attaque de l'université de Garissa (avril 2015, Kenya) par un commando de djihadistes qui massacrèrent 148 étudiants, majoritairement chrétiens,

tueries d'Egyptiens coptes (10% de la population), des Chrétiens : 28 ont été assassinés par des hommes masqués, en mai 2017. Des groupes de défense des droits de l'homme ont signalé une "intolérance religieuse grandissante" et des violences sectaires contre la communauté copte d'Égypte, ainsi que l'échec du gouvernement égyptien à enquêter et à sévir contre les auteurs de ces attaques...
En avril 2010, 17 membres du Congrès américain expriment leurs inquiétudes sur les femmes coptes, victimes "de violences physiques et sexuelles, de captivité, d'exploitation par de la servitude domestique forcée ou de commerce sexuel".
C'est à Cuba, pendant la guerre d'indépendance de Cuba (1897) que les premiers camps de concentration sont expérimentés. Ainsi doit-on au général Valeriano Weyler, gouverneur militaire espagnol à Cuba, l'usage du fil de fer barbelé jusqu'alors utilisé dans les Grandes Plaines américaines au milieu du siècle, pour parquer les troupeaux de bovins et protéger les champs de leur passage, qu'il appliqua aux humains pour constituer des "camps de concentration" pour les paysans rebelles cubains.
La récupération de Macron
Un des six rescapés du massacre, Robert Hébras, la victime qui fascine autant Macron, n'est pas blanc-blanc.
Il a été condamné le 14 septembre 2012 à un euro symbolique de dommages et intérêts et à 10.000 euros de frais de justice pour avoir émis
des doutes sur le caractère forcé de l’enrôlement d’Alsaciens dans les Waffen SS dans un livre. Il y dénonçait, "parmi les hommes de main, quelques Alsaciens enrôlés soi-disant de force dans les unités SS". A la suite des protestations des Associations des évadés et incorporés de force (Adeif) du Bas-Rhin et du Haut-Rhin qui demandaient le retrait du livre des librairies, il avait nuancé ce propos dans les éditions suivantes, mais, dans un nouveau retirage en 2009, il avait réitéré ses accusations initiales...
La cour d’Appel de Colmar a estimé que Robert Hébras "a outrepassé les limites de la liberté d’expression en mettant en doute le caractère forcé et non volontaire de l’incorporation de force de jeunes Alsaciens dans les unités allemandes de Waffen SS." Elle a estimé par ailleurs que "Robert Hébras ne pouvait pas se prévaloir de la qualité de témoin, car, à l’époque du massacre, "il n’avait pas distingué les Allemands nazis des Alsaciens, portant tous le même uniforme" et qu’il était "encore moins témoin de l’incorporation de force des Alsaciens dans les unités allemandes". L’incorporation de force, estime la Cour d’appel, est une "vérité historiquement et judiciairement établie." Mais le président Macron a-t-il en quoi que ce soit affaire avec l'Histoire et la culture ?
Le chef de l'État a également tenu un discours, s'adressant plus particulièrement aux jeunes générations, pour les appeler à "se souvenir" de la barbarie nazie et à en tirer des enseignements pour le présent. "Oradour, ce n'est pas seulement un drame de guerre. 
Oradour est un scandale absolu", a déclaré le trentenaire, ajoutant que "ce qui se produisit ce jour-là [il y a 73 ans] est exactement ce que la France a toujours voulu combattre".

Et de poursuivre, une cellule d'assistance psychologique disponible à courte distance: "Le monde était dangereux et il l'est encore aujourd'hui. La barbarie se reforme et ne change pas" mais "la vie, à la fin, l'emporte"...
Une nouvelle prorogation de l'état d'urgence est justifié ?

vendredi 18 mars 2016

Conflit algérien: Hollande commémore le cessez-le-feu du 19 mars 1962, outrageant les morts français

Hollande indigne les familles des soldats harkis et métropolitains avec l'opposition

Le 19 mars 1962, à midi, prenait officiellement effet un cessez-le-feu qui mettait fin à huit ans de guérilla armée en Algérie.

La veille du cessez-le-feu, le gouvernement français avait renoncé à ses pouvoirs sur l'Algérie et le Sahara au profit des insurgés et du gouvernement provisoire de la république algérienne (GPRA), bras politique du Front de libération nationale (FLN) durant la guerre d’indépendance de l’Algérie. Le GPRA a négocié les accords de paix (accords d'Évian) avec la France en 1962.

Un double référendum vint après coup conforter cette décision. Le 8 avril 1962, les Français de métropole approuvèrent à plus de 90% le revirement du général de Gaulle, parfois qualifiée de trahison de ses engagements d'une "Algérie française" et des Pieds Noirs. Le 1er juillet 1962, les Algériens se prononcèrent pour l'indépendance de leur pays qui devint effective le 3 juillet 1962. Le 4 juillet, Ahmed Ben Bella s'installa à Alger en qualité de président de la nouvelle république. Le 5 juillet, l'indépendance était officiellement proclamée.

L' "utopie juridique" (historien Guy Pervillé) des accords d'Evian n'apporta pas la paix promise, mais inaugura une période de violences redoublées et de massacres des harkis. La France dénombra 28.500 militaires morts, 30.000 à 90.000 harkis (selon que sont ou non décomptés les victimes des assassinats du FLN en représailles contre les soldats musulmans restés loyaux à la France), 4.000 à 6.000 chez les civils européens et environ 65.000 blessés.
Ces "réfugiés"-là ne sont ni des clandestins,
ni des victimes de Bachar al-Assad,
mais des Français d'Algérie, depuis 1830
Hollande commémore le cessez-le-feu pour la première fois, samedi  

Le "président de tous les Français" a choisi de mépriser la douleur des harkis et des Français d'Algérie, les "Pieds-noirs". L'initiative présidentielle est contestée par de nombreuses associations d'anciens combattants et de pieds-noirs qui demandent que le 19 mars marque  le début de l'exil et du massacre de civils et des harkis et que le président sado-masochiste cesse son auto-flagellation de la République à propos de la fin du conflit algérien.

Hollande s'applique à diviser
 également la classe politique

L'ex-président Nicolas Sarkozy tonne contre la décision de son successeur.
"Pour qu'une commémoration soit commune, il faut que la date célébrée soit acceptée par tous. Or, chacun sait qu'il n'en est rien, le 19 mars reste au cour d'un débat douloureux", fait-il valoir, dans une tribune publiée vendredi dans le Figaro,  contre cette première médiatisée.
N. Sarkozy note qu'en son temps l'ex-président socialiste François Mitterrand, acteur de ce conflit, "refusa catégoriquement de reconnaître cette date pour commémorer la fin de la guerre d'Algérie" sachant, quant à lui, qu'après les accords d'Evian, "la tragédie s'était poursuivie pendant des mois".

"Une provocation à l'encontre de l'ensemble de la communauté rapatriée et des harkis", d
énonce le maire de Nice et président de la région PACA, Christian Estrosi, qui a prévenu qu'"aucune cérémonie" ne viendra raviver cette verte plaie ouverte de l'Histoire dans sa ville, samedi.

Le chef de l'Etat a "violé la mémoire" des anciens combattants et harkis, a accusé Marine Le Pen, présidente du FN.

Afin de ne pas relancer les passions, Jacques Chirac avait choisi une date neutre, le 5 décembre 2002, pour inaugurer un monument célébrant la mémoire des victimes de la guerre d'Algérie, mais aussi celles des combats en Tunisie et au Maroc.

François Hollande prononcera 
une allocution, samedi à 16h30


C'est devant ce mémorial érigé quai Branly, au pied de la Tour Eiffel, que avec pour idée : tenter "le compromis" pour instaurer "la paix des mémoires" sur ce conflit algérien qui exacerbe toujours les passions.

C'est à son initiative, qu'une loi avait été votée au Parlement le 6 décembre 2012 faisant du 19 mars la "journée nationale du souvenir et du recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie" mais aussi "des combats en Tunisie et au Maroc".

Manifestation politicienne, sans repentance: une hypocrisie de plus ?


Mémorial de la guerre d'Algérie et de l'après 19 mars 1962
inauguré quai Branly, le 5 Décembre 2002 
par le Président de la République Jacques Chirac
Le 19 mars, "c'est une date qui renvoie à des mémoires qui ont été longtemps opposées dans la population française", reconnaît-on dans l'entourage du chef de l'Etat. Mais "l'ambition du président de la République, c'est d'embrasser toutes les mémoires et de les faire entrer dans le récit de l'Histoire de France (...)", racontent-ils pour s'accaparer l'initiative consensuelle du président Jacques Chirac.Et de tenter de se justifier: "Ca n'est pas de faire disparaître les douleurs; ça n'est pas de nier les morts et les drames; c'est de les rappeler et de leur rendre hommage". Ce qui méritait en effet d'être précisé !


Dans son discours, comme il l'avait fait devant le parlement algérien le 20 décembre 2012, le président français récidiviste devrait se valoriser sur le thème de "l'injustice du système colonial"quand son procès est facile, 55 ans après et que la cause est désormais entendue, mais sans verser dans "le registre de la repentance", précise un conseiller qui renonce à twitter, préférant ainsi garder l'anonymat.
 

L'historien Benjamin Stora, récemment convoqué à l'Elysée pour mettre en musique la démarche présidentielle devant la presse
Le chantre du socialisme hollandien voit "un certain courage" dans la volonté de François Hollande "d'essayer de trouver une sorte de compromis, de consensus par rapport à cette guerre d'Algérie qui a bien du mal encore à passer dans l'histoire française".


A l'inverse, un collectif d'historiens proteste contre le choix du 19 mars.


Dans un texte transmis par le Centre de documentation historique sur l'Algérie (CDHA),  ces spécialistes condamne ce choix de date qui "ne peut être considérée ni comme la date d'un cessez-le-feu, ni comme la fin de la guerre d'Algérie", puisqu'elle déclencha "une période de massacres et de violences sans précédent".

"Je trouve ça scandaleux", s'insurge le délégué régional PACA du comité de liaison national des harkis, Mohamed Otsmanie, qui pointe pour sa part les visées "électoralistes" du chef de l'Etat en direction notamment "des binationaux franco-algériens" dans la circonstance d'inquiétude suscitée par le débat sur sa réforme constitutionnelle portant sur la déchéance nationale.


samedi 20 décembre 2014

PS: certains Saint-Just laissent éclater leur haine d'Eric Zemmour

"Monsieur Zemmour, la République, on l’aime ou on la quitte"
C'est Libération qui leur ouvre cette tribune
Sans-papiers d'A. Hidalgo?
"Illettré" de Gad ?
Photo de Zemmour choisie par Libération
Yann Galut, député PS du Cher (Fidl, UNEF, MJS, SOS Racisme, ATTAC), fondateur et porte parole de la Gauche forte, Medhi Thomas Allal, délégué général de la Gauche forte, non élu (fondation Terra Nova), Colette Capdevielle, députée PS des Pyrénées-Atlantiques, Alexis Bachelay, député des Hauts-de-Seine et porte-parole de la Gauche forte, Marie-Anne Chapdelaine, députée PS d'Ile-et-Villaine et David Abdelkader-Corrihons membre de la Gauche forte (deuxième année de Sciences- Po) se sont érigés en juges, le 18 décembre 2014. Sans les sénateurs Patricia Schillinger et Ronan Kerdraon, ni les députés Jean-Pierre Maggi et Hugues Fourage.
Ils se comportent en groupe des Montagnards de la Révolution française 
Galut et Abdelkader-Corrihons, sur TF1
dont les plus intolérants, Robespierre (Bachelay) et Saint-Just (Galut), membres de la Convention, furent guillotinés le 28 juillet 1794. L'intransigeant Saint-Just fut notamment l'inspirateur de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, celle de 1793 qui présente comme un devoir l'insurrection populaire contre un pouvoir oppressif, tyrannique et, despotique. "Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs". Au nom de cette déclaration de 1793, les révolutionnaires instaurèrent le règne de l'arbitraire caractérisé par les exécutions de masse de la période sanglante de la Terreur responsable de colonnes infernales et de massacres qui fit plusieurs dizaines de milliers de victimes, voire plus de 100.000 victimes, singulièrement en Vendée et en vallée du Rhône.

TRIBUNE

Procès d'intention en préambule
"Vous prétendez aimer la France, mais vous en haïssez le véritable peuple, quand un quart d’entre nous a un grand-parent né à l’étranger", affirment-ils péremptoirement, forts de leur arrogante idéologie. Pour se donner quelqu'autorité, ils citent Emile Zola: "La République est envahie par les réactionnaires de tous genres; ils l’adorent d’un brusque et terrible amour; ils l’embrassent pour l’étouffer." (Lettre à la France, 7 janvier 1898).

Profession de foi
"Nous sommes patriotes. Nous aimons la France, autant que nous aimons la République, parce que, pour nous, la France est République ou elle n’est pas. Nous sommes patriotes parce que nous chérissons les valeurs républicaines d’égalité des droits, de liberté, d’émancipation et de laïcité."

Réquisitoire
"Monsieur Zemmour, ceux qui, comme vous, se font les prêcheurs des idéologies du déclin et prédisent le 'grand remplacement', n’aiment pas la France." [généralisation clivante et liste noire]

En faisant des musulmans de France des boucs émissaires [assertion], vous reniez les valeurs républicaines de notre pays. Vous vous accrochez aux stigmates des périodes les plus sombres de notre histoire, pour ériger en modèle votre propre système, antirépublicain, raciste et xénophobe… Non, l’islamophobie n’a pas sa place dans la République ! [ostracisme]

Vous voudriez nous faire croire que la France appartient à une certaine religion et à une certaine "ethnie", à ce que certains acclament comme un peuple exclusivement constitué par des "Français de souche", mais qui n’est rien d’autre que le fruit de leurs fantasmes, déconnecté de ce qu’a été l’histoire de France. [discrimination]

Nous répondons que la République, c’est la puissance du vivre-ensemble [l'évoquer, c'est en admettre l'absence], grâce à des valeurs, qu’il n’y a d’autre peuple que l’assemblée de tous les citoyens français. L’essentialisme culturel [distinction sexe et genre, notamment] et ethnique [opposant nature et la culture] n’a pas sa place dans notre République ! [dogmatisme]

Vous prétendez aimer la France [audacieux déni], mais vous en haïssez le véritable peuple [qui sont les faux ou mauvais Français?], quand un quart d’entre nous a un grand-parent né à l’étranger [combien sont Européens?]. Le discours prononcé par François Hollande inaugurant la Cité nationale de l’histoire de l’immigration (CNHI) a permis de rappeler comment se construit une nation : par les échanges, par les apports extérieurs, par le contact…

La Gauche forte, idéologue fumeuse
"La France est diversité" [qui le nie?], précisait Braudel [marxiste à bien des égards]. Elle est le plus ancien pays d’immigration en Europe. [après les pays nordiques et l'Allemagne !]

Sa force, c’est son métissage [son histoire  séculaire et son génie singulier, accessoirement ?] grâce auquel elle a pu grandir [axiome galutien: sans métissage, point de croissance], se réinventer et enrichir sa culture. Le nier, c’est attaquer la France [binaire et ], c’est renier la tradition française, c’est être antipatriote [la sentence est tombée!].

Etre français et être républicain ne se décrète [accord au pluriel, SVP] pas par le sang [exclusive hardie], mais se définit par une adhésion commune à des principes qui nous dépassent [c'est clair!], à ces valeurs transmises par l’école de la République [disons plutôt de la FSU].

La Gauche forte n'est pas agressive...
Vous vous attaquez aux droits fondamentaux du peuple français, issus d’une histoire commune et garantis par le préambule de la Constitution [celle de la Ve République peut encore servir !] : "Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d’asservir et de dégrader la personne humaine [nazi et soviétique], le peuple français [ses citoyens et non ses clandestins] proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés."

Cette histoire commune, c’est celle des conflits mondiaux du XXe siècle, c’est celle des 100.000 soldats musulmans morts pour la France, tirailleurs algériens, marocains, tunisiens ou sénégalais [Harkis, aussi, ou non ?]. Non, Monsieur Zemmour, lorsque vous bafouez la mémoire nationale, vous n’aimez pas la France. [de quel droit cette condamnation terroriste ?]

Attendus du jugement de condamnation
Députés PS Y. Galut et N. Bays,
brièvement époux d'Aurore Bergé (UMP),
pro-mariage homosexuel
En déclarant la guerre à une sorte "d’ennemi intérieur" [que ce quarteron  de signataires insanes nous épargne en revanche ses "démons intérieurs"], vous vous inscrivez dans la tradition de l’extrême droite réactionnaire, qui a toujours nié l’égalité des humanités et l’égalité des possibles. Vous rêvez d’attiser la haine et les rancœurs d’une France contre l’autre. Vous mettez en danger la démocratie fondée sur le pacte social républicain. Ne soyons pas dupes et écoutons les mots de Montaigne : "Une injustice faite à un seul est une menace faite à tous." [mais que ni Zemmour, ni aucun républicain ne se sente menacé !]

Au secours, le GIGN, retenez les djihadistes roses !