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dimanche 26 janvier 2020

Castaner fait l'annonce remarquable de l'interdiction de grenade... 

Quelqu'un doit lui dire qu'on ne la fabrique plus depuis 2013

Castaner annonce le retrait de la grenade lacrymogène GLI-F4

Or, cet outil utilisé dans le cadre du maintien de l'ordre n'est plus fabriqué depuis sept années. Il devrait être remplacé par une grenade vide d'explosif. Cette grenade, petite par la taille (17,8 cm de hauteur, 5,6 cm de diamètre, 190 g), a un triple effet lacrymogène, sonore (forte détonation) et de souffle. Sa dangerosité réside dans son caractère explosif (elle contient 26 g de TNT). 

Selon un rapport de la police cité par le Défenseur des droits, "la France est le seul pays d'Europe à continuer d'employer des munitions explosives" dans le maintien de l'ordre face à des manifestants.

Christophe Castaner a annoncé dimanche 26 janvier le retrait symbolique d'une grenade lacrymogène controversée, la
GLI-F4, régulièrement accusée de provoquer de graves blessures chez des manifestants.

Ces armes de répression "n'ont pas une couleur, elles n'ont pas un signalement spécifique et il est arrivé, il y a plusieurs mois, que des policiers soient obligés de les utiliser pour se désengager d'une menace et que des manifestants les prenant volontairement en main se blessent gravement. C'est la raison pour laquelle je pense qu'il nous faut retirer les GLI-F4", a déclaré le ministre de l'Intérieur sur France 3.
 
L'exécutif français admet désormais certains «manquements déontologiques" parmi les forces de police 

Résultat de recherche d'images pour "GLI-F4"

Saisi en juillet 2019, notamment par la Ligue des droits de l'homme (LDH) et la CGT,  le Conseil d'Etat avait rejeté des requêtes contre l'usage de la grenade GLI-F4, grenade lacrymogène instantanée.
Le retrait de cette grenade était toutefois prévu puisqu'elle n'est plus fabriquée depuis 2014. Elle est remplacée par une autre grenade - GM2L - à usage semblable mais sans explosif, ni effet de souffle.
"Cette décision n'a pas été prise du jour au lendemain. Elle s'inscrit dans le schéma national, un travail qui a duré plus de huit mois, avec des experts. Nous avons écouté aussi les associations", explique l'entourage du ministre. "Nous choisissons d'arrêter tout et maintenant. C'est une décision forte"...

Un syndicat policier déplore un "coup de com" après l'annonce de ce retrait. "C'est simplement un effet d'annonce à vocation politique à quelques semaines des municipales", rétorque Yves Lefebvre, secrétaire général d'Unité-SGP-FO.

Macron admet aujourd'hui certains "manquements déontologiques" dans la police 

L'exécutif français a changé de ton ces derniers jours sur la question du maintien de l'ordre. Alors que la liste de blessés lors de manifestations s'allonge,
Des événements récents ont changé la donne, comme le décès d'un père de famille de 42 ans, des suites d'une asphyxie avec fracture du larynx, à la suite d'un plaquage ventral par des policiers et une clef d'étranglement. Ou la diffusion d'une vidéo montrant une femme précipitée au sol par le croche-pied volontaire d'un policier. "Un geste imbécile", a dit le ministre, en connaisseur. 
"On ne fait pas de croche-pied à l'éthique", avait-il pourtant assuré après avoir appelé les policiers à l'"exemplarité" et à un "usage juste et proportionné de la force".

Le président Macron a, lui, fustigé "des comportements pas acceptables", pouvant "atteindre la crédibilité et la dignité" des forces de l'ordre, enjoignant Christophe Castaner de faire des "propositions pour améliorer la déontologie" dans leurs rangs, après des années de brutalités et de mutilations, notamment au moyen du LBD 40, un lance-grenade automatique tiré à l'épaule de calibre 40×46, destiné à des applications policières et militaires.

Le ministre de l'Intérieur a annoncé l'interdiction immédiate des grenades GLI-F4, jugée trop dangereuse. Sauf qu'en réalité, son arrêt était prévu de longue date, d'ailleurs elles ne sont plus fabriquées depuis... 2013.


La grenade de substitution pourrait être plus dangereuse encore

Quelque 11.000 grenades, dont 10.000 lacrymogènes, ont été tirées ou lancées par les gendarmes depuis le début de leur intervention sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, selon les informations de L’Essor, journal indépendant de la Gendarmerie Nationale.
Le millier de grenades restantes sont des grenades lacrymogènes instantanées GLI F4, qui possèdent trois caractéristiques : effet de souffle, assourdissantes et lacrymogènes. Interrogé par L’Essor, le général Bertrand Cavallier (2S), ancien patron du CNEFGN de Saint-Astier, le centre national d’entraînement de la Gendarmerie au maintien de l’ordre, a qualifié ce chiffre de 11.000 grenades de “considérable” pour ces vingt dernières années.

Pour autant, ce spécialiste explique ce chiffre par la durée de l’engagement (onze jours ce jeudi 19 avril 2018) des 25 escadrons de gendarmes mobiles (75 par escadron), soit 1.900 gendarmes. Le général Cavallier ajoute la superficie “à tenir” (24 km2, près du quart de la superficie de Paris) et l’exigence de “ne pas aller au contact” en tenant à distance les manifestants.

Les gendarmes font face à des “adversaires très dangereux” qui lancent des billes d’acier avec des frondes, des cocktails molotov ou disposent des pièges contenant des IED (engins explosifs rudimentaires), assure le général Cavallier. 

Début août 2017, le Service de l’achat, des équipements et de la logistique de la sécurité intérieure (Saelsi) a lancé un appel d’offres pour l’acquisition de grenades et de leurs lanceurs pour les gendarmes et les policiers. Un marché, estimé à 22 millions d’euros, vise à remplacer les GLI F4 actuelles. Concrètement, les nouvelles grenades de calibre 56 mm ne contiendront plus d’explosif (ici de la tolite), mais un dispositif pyrotechnique sans explosif brisant permettant le déclenchement de la munition.

Un cadre juridique strict et réglementé.
L’emploi de la force au maintien de l’ordre obéit à un cadre juridique précis régi par le code pénal et le code de la sécurité intérieure.
Dans ce cadre, la Gendarmerie a une doctrine qui permet d’avoir une réponse adaptée à chaque situation. La règle est celle de la gradation de l’emploi de la force et l’usage de grenades se situe à un niveau de violence assez, voire très, important. L’emploi de la force doit respecter les principes d’absolue nécessité, de proportionnalité au trouble à faire cesser et de simultanéité (art R.211-14 du code de la sécurité intérieure/CSI). Il est caractérisé par une progressivité, une gradation des moyens et des matériels mis en œuvre, qui permet de passer de la dissuasion à, s’il en est besoin, l’emploi de la force avec usage des armes.

Les grenades employées pour le maintien de l’ordre en Gendarmerie
La liste des grenades utilisables pour le maintien de l’ordre est définie par le code de la sécurité intérieur (art R.211-16 à D.211-20). Il en existe 4 types en dotation au sein de la Gendarmerie : des grenades lacrymogènes (MP7 et CM6) ; des grenades à effet lacrymogène, sonore et de souffle (GLI F4) ; des grenades à effets instantanés assourdissants et lacrymogènes (GM2L) et des grenades de désencerclement (DMP).

Depuis le retrait d’emploi de la grenade offensive suite au décès de Rémi Fraisse, la grenade GLI-F4 est la grenade la plus puissante que possède la Gendarmerie. Elle est actuellement en cours de remplacement par la GM2L. Toutes ces munitions disposent d’un dispositif retardateur de la mise à feu, d’une durée de quelques secondes. Cette durée est variable en fonction de selon l’usage qui en est fait : lancer de grenade à la main, tir avec le lance-grenades sur des distances de 50 à 200 mètres.

GRENADE GLI F4

La grenade à fusil et à main lacrymogène instantanée (GLI) modèle F4, est une munition à triple effet lacrymogène, sonore et de souffle. Son caractère explosif, en raison de la présence de tolite, en fait une arme de force intermédiaire. La grenade GLI F4 de calibre 56 mm peut être lancée soit à la main (avec bouchon allumeur à main) soit propulsée grâce à un lanceur de 56mm de type LGGM Cougar après adjonction d’un Dispositif de Propulsion à Retard (50, 100 ou 200m).

Caractéristiques : hauteur totale : 178 mm. Diamètre : 56mm. Masse totale : 190 g. Masse active : 45 g. Durée d’émission du CS : 25 à 30 secondes.

Emploi : le tir tendu est strictement interdit. en tir courbe, la balistique de la munition (trajectoire, explosion, dispersion du produit lacrymogène en l’air) permet d’éviter que les personnes ne soient directement impactées et ne puissent ramasser les plots au sol afin de les renvoyer en direction des forces de l’ordre.
GRENADE GM2L

La grenade GM2L calibre 56 mm à effets instantanés assourdissants et lacrymogènes, est destinée aux opérations de rétablissement de l’ordre tant en milieu urbain que rural. Capacité assourdissante. La grenade GM2L peut être lancée à la main ou tirée depuis un lanceur de 56 mm de type LGGM cougar (50, 100 ou 200m). L’utilisation de cette grenade permet un double effet (lacrymogène et assourdissant) sans éclat vulnérant. La zone couverte est d’environ 10 à 20 mètres carrés.

Caractéristiques : diamètre : 56 mm. Longueur : 125 mm. Poids : 170 g. Effet sonore : 145 db à 10 mètres. Gaz : 10 g de poudre lacrymogène au CS pur (conforme à la norme MIL-R-51029C, réglementation REACH). Utilisation possible avec BA (1,5 ou 2,5s) et DPR (50,100,200m). Emploi Les jets et les tirs de GM2L dans des locaux de faible capacité, sauf circonstances exceptionnelles, sont proscrits.

GRENADE MP7

La grenade multipots MP7 est une munition de rétablissement de l’ordre destinée à émettre un nuage lacrymogène important, persistant et dense. La grenade lacrymogène est un dispositif pyrotechnique à effet lacrymogène. Lors de son utilisation, la grenade MP7 libère ses 7 palets ou sous-munitions qui émettent du gaz CS. (gaz lacrymogène)

La légèreté et la petite taille de ses 7 palets évitent en théorie, par la fusion des conteneurs, le risque de relance par les manifestants. Elle peut être lancée à main (avec bouchon allumeur retard 2,5s) ou à l’aide d’un lanceur de 56 mm (avec un dispositif de propulsion à retard de 50, 100 ou 200m), elle garantit une distance de sécurité à l’utilisateur et évite tout contact entre les forces de l’ordre et les manifestants.

Caractéristiques : la durée d’émission du nuage lacrymogène et fumigène est d’environ 30s +/- 10s. La zone couverte est de 1000m 2 . Diamètre extérieur : 56 mm. Longueur sans ou avec dispositif d’allumage :165 mm. Masse totale : 360 g. Masse active : 154 g. Pourcentage de CS : 7 %.

GRENADE CM6

Spécialement étudiée pour le rétablissement de l’ordre en milieu urbain et pour la protection d’installations sensibles, la grenade CM6 émet rapidement un nuage fumigène et lacrymogène important, persistant et dense. Elle permet de créer une distance de sécurité pour les forces de l’ordre. La grenade CM6 contient 6 capsules actives de CS (gaz lacrymogène). Elles sont libérées avant même que la grenade arrive au sol empêchant tout renvoi sur le tireur.

Caractéristiques : diamètre extérieur : 56 mm. Longueur : 199 mm. Masse totale : 340 g. Masse active : 98 g. Pourcentage de CS : 15 %. Elle peut être utilisée à main (avec bouchon allumeur retard de 1,5 ou 2,5s) ou à l’aide du LGGM cougar (avec DPR 50,100, 200m). La zone de couverture des gaz est importante, jusqu’à 800 m2 sur 3 à 5 m de haut et durant environ 30s.

GRENADE MP7 COMMANDO

Cette grenade est utilisée par les forces de l’ordre comme moyen de dispersion face aux manifestations de masse en milieu urbain rapproché. Utilisable par les unités légères, isolées ou en patrouille, elle peut être tirée à partir d’un véhicule. Les grenades MP7 commando (multi-pots) présente un double effet lacrymogène et fumigène et contiennent 7 coupelles actives au CS (gaz lacrymogène de la classe des irritants oculaires). La grenade peut être lancée à la main avec un bouchon allumeur, par le LGGM avec un dispositif de propulsion à retard ou à partir de son tube. La distance de projection avec le moteur propergol est de l’ordre de 100 m. La zone couverte par le gaz est importante : entre 300 m 2 et 500 m2 sur 3 à 5 m de haut. 1.2

Caractéristiques : poids total : 640 grammes. Nombre de plots fumigènes : 7. Gaz : 7% d’agent lacrymogène CS. Délai du retard d’allumage : 2,25 s. Portée maximale : 100 m. Durée d’émission du gaz : 25 s. Poussée initiale: 60 Newton.

GRENADE A MAIN DE DESENCERCLEMENT

La grenade à main de désencerclement (GMD), aussi connue sous le nom de DMP (dispositif manuel de protection), est une grenade qui permet la projection de 18 galets en caoutchouc lors de son explosion.

L’affectation individuelle d’une GMD s’effectue impérativement selon les conditions cumulatives suivantes : elle concerne tous les militaires de gendarmerie titulaires d’une habilitation ; elle est temporaire et doit répondre aux besoins d’une mission ; elle est effectuée, pour la Gendarmerie nationale, sous la responsabilité du commandant d’unité ; elle est conditionnée à l’autorisation écrite ou verbale du commandant d’unité ou du chef de patrouille.

Caractéristiques : projection circulaire de 18 projectiles en caoutchouc. Effet sonore et de choc intense (plus de 155 db). Diamètre : 56 mm. Poids des projectiles : 10 g. Force cinétique unitaire : 80 joules. Rayon d’efficacité : 10 m. Poids total : 250 g.

mardi 27 août 2019

Pas de "violences irréparables" du pouvoir contre les Gilets jaunes, estime Macron 

Des mots "terribles" et "dangereux", objecte la Ligue des droits de l'homme

Macron, dans le déni des mutilations et amputations sur manifestants

Résultat de recherche d'images pour "arc de triomphe MASQUE de Rude cassé"Avocat membre du bureau national de la Ligue des droits de l'Homme et conseil de plusieurs Gilets jaunes, maître Arié Alimi,  réagit aux assertions d'Emmanuel Macron, qui a assuré lundi que les forces de l'ordre n'ont pas commis de "violences irréparables" lors de ce mouvement social.
"Je trouve ces mots terribles et profondément dangereux", a -t-il expliqué sur franceinfo lundi 26 août, suite à l'entretien du président innocent sur France 2 : son ministre de l'Intérieur, Castaner, n'a pas commis l'irréparable en ordonnant aux forces de l'ordre équipées de LBD 40 (le "lanceur de balles de défense"), de grenades GLI-F4 et de balles en caoutchouc), de taper dans le tas.

La Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe ne sait pas ce qu'elle dit donc lorsqu'elle se déclare "gravement préoccupée" par la gravité des blessures provoquées par les armes utilisées par les forces de police au cours des manifestations de Gilets jaunes. L'inquiétude de Dunja Mijatovic n'est donc pas fondée, malgré le "grand nombre de personnes blessées, certaines très gravement" dans les manifestations. Pour elle, le climat d’hostilité qui règne dans certaines manifestations, ou la surcharge de travail des policiers, ne saurait d'ailleurs justifier "le nombre et la gravité des blessures résultant de l’usage de la force par les forces de l’ordre." 
La Commissaire aux droits de l’homme déplore au passage "une formation insuffisante aux techniques de maintien de l’ordre et à l’usage de certaines armes" de certaines unités de force de l’ordre engagées dans les manifestations.

Les violences policières se sont imposées également aux députés européens qui ont "dénoncé le recours à des interventions violentes" et condamné l'usage "disproportionné" des forces de police et militaire par "les autorités publiques lors de protestations et de manifestations pacifiques".

Jusqu'à la communauté internationale qui s'est indignée de la répression. 
L'ONU s'est quant à elle prononcée sur ce sujet dans un communiqué qui cite un groupe d'experts des droits de l'homme des Nations Unies. Ils s'inquiétaient du "nombre élevé d'interpellations et de gardes à vue, des fouilles et confiscations de matériel de manifestants, ainsi que des blessures graves causées par un usage disproportionné d'armes dites 'non-létales', telles que les grenades et les lanceurs de balles de défense ou 'flashballs', ajoutant que "les autorités devraient repenser leurs politiques en matière de maintien de l'ordre pour garantir l'exercice des libertés"

Les experts alertent également sur le risque de "sévères restrictions à la liberté de manifester" que pourrait causer la loi anticasseurs. Cette dernière permet en effet aux préfets de prononcer des interdictions de manifester, un point validé à chaud par la majorité présidentielle en émoi à l'Assemblée nationale, le 30 janvier dernier.


"Un homme qui fait primer l'ordre public sur le droit à la vie"

"Je m'interroge de savoir ce que vous penseriez d'un homme qui fait primer l'ordre public sur le droit à la vie", poursuit l'avocat, évoquant les cas de Zineb Redouane, une femme atteinte au visage par une grenade lacrymogène à la fenêtre de son appartement en marge d'une manifestation de Gilets jaunes à Marseille, en décembre 2018, et de Steve Maia Caniço, jeune fêtard de la fête de la musique, retrouvé mort dans la Loire à Nantes à la suite d'une charge policière.
Résultat de recherche d'images pour "Rodrigues J enucléé"On notera que les Gilets Jaunes énucléés - tel Jérôme Rodriguès, le 26 janvier, ou David, tailleur de pierre de 31 ans, le 1er décembre 2018 - ne sont pas mentionnés...

Arié Alimi a également pointé du doigt "un homme qui fait primer l'ordre public sur la liberté d'expression et d'opinion". "Que penseriez-vous d'un homme qui, face aux familles de ces personnes mortes, mutilées, qui ont perdu un membre ou un œil, leur dirait qu'il n'y a pas eu de violences irréparables ?" L'avocat "ne pense pas qu'il y ait un véritable mea culpa". Il évoque plutôt "une reconnaissance à pas feutrés", mais qui écarte toute "compassion pour les victimes du mouvement".

Au G7 de Biarritz,
la presse hexagonale a pu faire croire que Macron est un interlocuteur autrement plus respectable que Poutine ou Bolsonaro...

lundi 3 juin 2019

Les mutilations de Gilets jaunes, détails des violences policières, selon Nuñez

"Pas de regret" sur la gestion de l'ordre public," assure Nuñez, secrétaire d'Etat à l'Intérieur 

"Ce n'est pas parce qu'une main a été arrachée, parce qu'un œil a été éborgné" qu'il y a eu faute des forces de l'ordre," a estimé le binôme de Castaner

Résultat de recherche d'images pour "place Tian'anmen""Nous n'avons pas de regret sur la façon dont nous avons mené l'ordre public et la sécurité publique. C'est une crise inédite depuis 50 ou 60 ans; personne n'a eu à affronter ce que nous avons eu à affronter avec Christophe Castaner et les choses se sont quand même globalement bien passées en matière d'ordre public", a déclaré Laurent Nuñez lors de l'émission le "Grand Jury" sur RTL/LCI/le Figaro, dimanche.

Résultat de recherche d'images pour ""marche des mutilés""Au même moment se déroulait à Paris une "marche des mutilés" organisée par des Gilets jaunes dénonçant l'utilisation de lanceurs de balles de défense (LBD) et de grenades de désencerclement, accusés d'avoir éborgné ou arraché des mains lors des manifestations. Cet événement a rassemblé entre 300 et 400 personnes.
Depuis le début du mouvement le 17 novembre, 2.448 personnes ont été blessées côté manifestants et 1.797 parmi les forces de l'ordre, selon des chiffres du ministère de l'Intérieur au 13 mai. 
Les manifestations de la place Tian'anmen se sont déroulées entre le 15 avril 1989 et le 4 juin 1989 à Pékinen république populaire de Chine. Pendant près de sept semaines, des étudiants, des intellectuels et des ouvriers installés pacifiquement devant la Cité Interdite ont tenu tête au pouvoir. Elles se sont conclues par une vague de répression qui a fait 10 000 morts civils "estimation minimale", 1.000, selon Euronews...

"Quand il y a une agression contre des policiers et qu'il y a une riposte proportionnée, oui il peut y avoir des blessés", s'est froidement justifié Laurent Nuñez, "ce n'est pas parce qu'une main a été arrachée, parce qu'un oeil a été éborgné, que la violence est illégale".
"Je ne présente pas d'excuses, je m'en remets à la justice de mon pays", a-t-il insisté, alors que le procureur de Paris a annoncé jeudi que des policiers seront jugés pour violence.

Le secrétaire d'Etat a souligné que "le nombre d'enquêtes est très faible au regard de l'engagement qui a été celui des policiers"

Résultat de recherche d'images pour "Nunes et castaner"
Et "le nombre de dossiers pour lesquels le procureur annonce qu'il pourrait y avoir des poursuites est encore plus faible".
"Une poursuite ne veut pas dire qu'il y aura condamnation", a-t-il aussi dit, assurant qu'en cas de condamnation, il y aura appel. "J'ai toute confiance dans les policiers et gendarmes de ce pays (...) Nous savons qu'ils ont employé la force de manière proportionnée dans la plupart des cas, et la force n'a été employée que quand il s'agissait de riposter à des agressions violentes contre eux-mêmes ou contre nos institutions", a-t-il affirmé. Elément de langage à destination des juges...

"Avec Christophe Castaner nous avions toujours dit que s'il y avait des fautes commises dans l'emploi de la force, il y aurait bien évidemment des sanctions", a-t-il toutefois assuré, décidant qu'il s'agissait d'un "nombre infime de cas".

vendredi 8 mars 2019

"Gilets jaunes": Macron, responsable de plus de 13.000 tirs de LBD sur ses concitoyens

La répression policière ne s'essouffle pas

Le gouvernement se flatte de ses statistiques déshumanisées

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Plus de 13.000 tirs de lanceurs de balles de défense (LBD) ont été enregistrés depuis le début du mouvement des "gilets jaunes" en novembre, et 83 enquêtes concernant des tirs sont en cours à l'IGPN et à l'IGGN impliquant des faits concernant des tirs de LBD", a avoué le secrétaire d'Etat à l'Intérieur, Laurent Nuñez, jeudi au Sénat.

Le binôme de Castaner s'exprimait au cours de l'examen d'une proposition de loi du groupe CRCE (à majorité communiste) demandant l'interdiction de l'usage des LBD dans les manifestations. Elle a été rejetée par une majorité de sénateurs. 

"Au total, on compte environ 2.200 blessés parmi les manifestants, depuis le début du mouvement dit 'les gilets jaunes'.
Résultat de recherche d'images pour "gilets jaunes eborgnés mutiles"
De son côté, Eliane Assassi, la présidente du groupe CRCE, a avancé les chiffres de "206 blessures à la tête, dont plusieurs dizaines liées à des tirs de LBD"13.095 tirs exactement, et "22 personnes éborgnées par ces tirs".
"L'impact d'une balle en caoutchouc à moins de dix mètres revient à recevoir un parpaing de 20 kg lancé à un mètre", a-t-elle affirmé. Selon elle, "ce n'est pas une proposition de loi contre les policiers, elle vise aussi à les protéger eux".

"Depuis le 17 novembre, il y a eu près de 1.500 blessés parmi les forces de l'ordre, qu'il s'agisse de policiers, de gendarmes et même de pompiers", a indiqué M. Nuñez, sans précision du nombre de chevilles foulées, mais faisant également état de "près de 80 dégradations majeures sur des bâtiments publics". Ses statistiques excluent les dégâts occasionnés aux devantures de magasins ou aux banques.

Le LBD 40 divise les partis politiques


Le texte a reçu le soutien du groupe PS. "La gravité des lésions générées par l'usage du LBD a atteint un niveau insoutenable pour notre société", a estimé Jérôme Durain, tout en affirmant "le soutien sans réserve" des socialistes aux forces de l'ordre.

François Grosdidier (LR) n'a pas en revanche été aussi ambigu: il a quant à lui jugé qu'interdire l'usage du LBD serait "la dernière chose à faire au moment où les policiers n'ont jamais été autant agressés".

"Le LBD répond à la multiplication des situations où les forces de l'ordre se trouvent aux limites de la légitime défense", a plaidé Laurent Nuñez. "Si nous supprimions le LBD, il ne resterait, dans bien des cas, que le corps à corps ou les armes de service".
"S'il n'y avait pas de violence, il n'y aurait pas de blessés chez les manifestants, ni chez les forces de l'ordre", a-t-il finement déclaré, en guise d'argumentaire... Et ce monsieur de La Palisse d'ajouter : "S'il n'y avait pas de casseurs, s'il n'y avait pas d'agresseurs, il n'y aurait aucun tir de LBD".

"Nous sommes confrontés sur le terrain à des individus extrêmement violents qui veulent en découdre (...) ces violences transforment en réalité les manifestations en émeutes", a-t-il estimé. "Aux techniques de dispersion classiques de cortèges, il faut substituer des techniques qui sont destinées à lutter contre des violences urbaines, contre des émeutes". 

Macron, condamné par les instances internationales

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Le Parlement de Strasbourg a pointé la répression policière du mouvement social. En session plénière, dans une résolution non-contraignante du jeudi 14 février, les eurodéputés des 27 états membres ont condamné l'usage disproportionné du LBD (lanceur de balles de défense) en marge des manifestations des gilets jaunes. Les députés des pays membres de l'UE ont "dénoncé [...] le recours à des interventions violentes et disproportionnées de la part des autorités publiques lors de protestations et de manifestations pacifiques". Cette résolution a été adoptée par 438 voix. 78 élus ont voté contre et 87 se sont abstenus.

Mercredi,
la Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU a réclamé une "enquête approfondie" sur les violences policières qui émaillent la crise sociale incarnée par les Gilets jaunes". "On n'a pas attendu le Haut-Commissaire pour faire la lumière sur l'ensemble des faits dès lors qu'il y a des plaintes", a froidement répliqué le premier ministre Edouard Philippe. 
Arrogance ?

dimanche 16 septembre 2018

Les Harkis réclament des actes à Macron

Les Harkis réclament à Macron un effort de mémoire et de justice

Les associations demandent entre 4 et 40 milliards d'euros de réparations pour les préjudices subis depuis la première génération 

Une stèle pour des harkis qui attendent davantageLa communauté harkie appelle le président Emmanuel Macron à lui accorder des réparations à la hauteur du préjudice subi à la fin de la guerre d'Algérie. Elle a rappelé le soutien qu'elle lui a apporté en 2017

Les Harkis dénoncent une reconnaissance incomplète. "M. Macron a reconnu que la colonisation était un crime contre l'humanité; c'est peut-être courageux de crever l'abcès, mais il ne peut dire cela et de l'autre côté ne pas regarder l'histoire de ces soldats et citoyens français" abandonnés en Algérie en 1962, souligne le président du Comité national de liaison des harkis (CNLH), Boaza Gasmi.

Le Comité national de liaison des harkis menace maintenant de porter plainte contre la France pour crimes contre l'humanité

Lancé à l'initiative du président Macron, le groupe de travail propose 40 millions d'euros... et Macron préconise de créer un "fonds de réparation et de solidarité" de 40 millions d'euros pour ces anciens supplétifs de l'armée française et leurs enfants, loin des attentes des associations qui ont chiffré le préjudice à 40 milliards. 

Les associations se concerteront le 15 septembre à Agen pour étudier quelle riposte opposer au gouvernement, si celui-ci ne prend pas en compte leurs demandes, anticipent-elles, alors qu'il pourrait faire des annonces le 25 septembre, à l'occasion de la Journée nationale d'hommage aux Harkis.

Entre 4 et 40 milliards d'euros de réparations pour les préjudices subis génération après générationainsi qu'une loi gravant dans le marbre la responsabilité de la France dans ce dossier, là où le groupe d'experts préconise une simple résolution parlementaire. "La France a fait que notre terre natale nous est devenue hostile, que nos frères de sang sont devenus nos propres ennemis. Aujourd'hui cette loi nous la voulons !", insiste Mohamed Badi, porte-parole du CNLH, également présent mercredi à Paris. 
"On sait qu'une résolution ce n'est pas exécutoire (..) C'est du papier qui ne sert absolument à rien", renchérit-il.

150.000 Algériens recrutés dans l'armée française. 
L'armée française a recruté jusqu'à 150.000 Algériens comme auxiliaires durant la guerre d'Algérie (1954-1962), rappelle le rapport du groupe de travail remis en juillet au gouvernement et intitulé "Aux harkis, la France reconnaissante". A la fin de la guerre, 90.000 personnes, Harkis et leurs familles, ont été mis en sécurité contre les représailles du FLN en France, dans des conditions soudaines et précaires (dans des camps, des hameaux de forestage et des cités urbaines) sans réelles perspectives d'intégration pour eux-mêmes, ni leurs enfants. 

Entre 55.000 et 75.000 harkis, selon les historiens, sont restés dans leur département d'Algérie, soit qu'ils en ont fait le choix, soit qu'ils y ont été abandonnés et victimes de sanglantes représailles de la part des 
L'armée française égorgeait-elle 
les femmes et les enfants?
révolutionnaires nationalistes qui les considéraient comme des traîtres, en dépit des Accords d'Evian passés avec le FLN qui s'était engagé sur l'honneur et par écrit à ne pas exercer de représailles. 
C'est ainsi que des images de mutilations et d'exécutions sont parfois attribuées à l'armée française, mais sont en vérité au nombre des crimes contre l'humanité perpétrés par les Algériens du FLN.

"La seconde génération ne sera pas aussi docile que la première, elle se battra jusqu'au bout tant que le dossier harki n'aura pas été réglé de manière juste et digne, même s'il fallait porter nos problèmes auprès de la Cour européenne de justice, des tribunaux internationaux et des organes de l'ONU", a prévenu le porte-parole du CNLH, Mohamed Badi, samedi à Agen, lors d'une réunion publique réunissant quelque 150 personnes.
"Nous allons attendre ce qu'ils nous proposent mais il n'y aura pas plus que les propos qu'ils nous ont tenus", a estimé M. Badi, qualifiant leurs propositions de "mesurettes". Le CNLH entend organiser plusieurs conférences de presse et exprimer ses revendications sur les réseaux sociaux.