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mardi 27 août 2019

Pas de "violences irréparables" du pouvoir contre les Gilets jaunes, estime Macron 

Des mots "terribles" et "dangereux", objecte la Ligue des droits de l'homme

Macron, dans le déni des mutilations et amputations sur manifestants

Résultat de recherche d'images pour "arc de triomphe MASQUE de Rude cassé"Avocat membre du bureau national de la Ligue des droits de l'Homme et conseil de plusieurs Gilets jaunes, maître Arié Alimi,  réagit aux assertions d'Emmanuel Macron, qui a assuré lundi que les forces de l'ordre n'ont pas commis de "violences irréparables" lors de ce mouvement social.
"Je trouve ces mots terribles et profondément dangereux", a -t-il expliqué sur franceinfo lundi 26 août, suite à l'entretien du président innocent sur France 2 : son ministre de l'Intérieur, Castaner, n'a pas commis l'irréparable en ordonnant aux forces de l'ordre équipées de LBD 40 (le "lanceur de balles de défense"), de grenades GLI-F4 et de balles en caoutchouc), de taper dans le tas.

La Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe ne sait pas ce qu'elle dit donc lorsqu'elle se déclare "gravement préoccupée" par la gravité des blessures provoquées par les armes utilisées par les forces de police au cours des manifestations de Gilets jaunes. L'inquiétude de Dunja Mijatovic n'est donc pas fondée, malgré le "grand nombre de personnes blessées, certaines très gravement" dans les manifestations. Pour elle, le climat d’hostilité qui règne dans certaines manifestations, ou la surcharge de travail des policiers, ne saurait d'ailleurs justifier "le nombre et la gravité des blessures résultant de l’usage de la force par les forces de l’ordre." 
La Commissaire aux droits de l’homme déplore au passage "une formation insuffisante aux techniques de maintien de l’ordre et à l’usage de certaines armes" de certaines unités de force de l’ordre engagées dans les manifestations.

Les violences policières se sont imposées également aux députés européens qui ont "dénoncé le recours à des interventions violentes" et condamné l'usage "disproportionné" des forces de police et militaire par "les autorités publiques lors de protestations et de manifestations pacifiques".

Jusqu'à la communauté internationale qui s'est indignée de la répression. 
L'ONU s'est quant à elle prononcée sur ce sujet dans un communiqué qui cite un groupe d'experts des droits de l'homme des Nations Unies. Ils s'inquiétaient du "nombre élevé d'interpellations et de gardes à vue, des fouilles et confiscations de matériel de manifestants, ainsi que des blessures graves causées par un usage disproportionné d'armes dites 'non-létales', telles que les grenades et les lanceurs de balles de défense ou 'flashballs', ajoutant que "les autorités devraient repenser leurs politiques en matière de maintien de l'ordre pour garantir l'exercice des libertés"

Les experts alertent également sur le risque de "sévères restrictions à la liberté de manifester" que pourrait causer la loi anticasseurs. Cette dernière permet en effet aux préfets de prononcer des interdictions de manifester, un point validé à chaud par la majorité présidentielle en émoi à l'Assemblée nationale, le 30 janvier dernier.


"Un homme qui fait primer l'ordre public sur le droit à la vie"

"Je m'interroge de savoir ce que vous penseriez d'un homme qui fait primer l'ordre public sur le droit à la vie", poursuit l'avocat, évoquant les cas de Zineb Redouane, une femme atteinte au visage par une grenade lacrymogène à la fenêtre de son appartement en marge d'une manifestation de Gilets jaunes à Marseille, en décembre 2018, et de Steve Maia Caniço, jeune fêtard de la fête de la musique, retrouvé mort dans la Loire à Nantes à la suite d'une charge policière.
Résultat de recherche d'images pour "Rodrigues J enucléé"On notera que les Gilets Jaunes énucléés - tel Jérôme Rodriguès, le 26 janvier, ou David, tailleur de pierre de 31 ans, le 1er décembre 2018 - ne sont pas mentionnés...

Arié Alimi a également pointé du doigt "un homme qui fait primer l'ordre public sur la liberté d'expression et d'opinion". "Que penseriez-vous d'un homme qui, face aux familles de ces personnes mortes, mutilées, qui ont perdu un membre ou un œil, leur dirait qu'il n'y a pas eu de violences irréparables ?" L'avocat "ne pense pas qu'il y ait un véritable mea culpa". Il évoque plutôt "une reconnaissance à pas feutrés", mais qui écarte toute "compassion pour les victimes du mouvement".

Au G7 de Biarritz,
la presse hexagonale a pu faire croire que Macron est un interlocuteur autrement plus respectable que Poutine ou Bolsonaro...

dimanche 28 avril 2019

Le collectif des "mutilés pour l’exemple", une création des Gilets jaunes

Ce collectif fait écho aux "fusillés pour l'exemple"

Une vingtaine de manifestants blessés par les forces de l’ordre s'est réunie ce dimanche à la ferme de l’horloge à Gennevilliers

2019 : des Français tirent
contre des Français
Les blessés réclament notamment l’interdiction des tristement célèbres LBD-40, responsables de graves blessures aux yeux, voire des énucléations, ou des mutilations.  Richi, Jérôme, Franck, Jacky, Jean-Philippe, Vanessa, Fiorina, etc... sont arrivés avec des béquilles, un bandage au poignet pour une amputation de la main ou équipés d’un cache œil ou de lunettes noires. Dix-neuf manifestants gravement blessés par les forces de l’ordre - sur ordre du gouvernement Philippe et de Castaner -venus de toute la France, ont convergé vers Gennevilliers, ce dimanche matin, parsemée pour l’occasion d’affiches aux écrits jaunes.

Ils y ont annoncé la création d’un collectif baptisé "les mutilés pour l’exemple", en référence aux "fusillés pour l’exemple", des soldats exécutés par l’armée française, lors de la Grande guerre. 
Ils ont également lancé un appel à une grande manifestation nationale le 26 mai prochain à Paris, pour les blessés.

"On réclame la vérité, la justice et l’interdiction des armes sublétales"
Le maire (PCF et cadre salarié au comité d'entreprise d'EDF), Patrice Leclerc, a exprimé son soutien aux Gilets jaunes et aux blessés en leur prêtant une salle de la ferme de l’horloge pour y organiser une conférence de presse.
Résultat de recherche d'images pour "Gennevilliers, ce dimanche 28 avril 2019. Jérôme Rodrigues (debout, à gauche). LP/Marjorie Lenhardt"
"On réclame la vérité, la justice et l’interdiction des armes sublétales", indique le Gilet jaune Robin Pagès, handicapé depuis sa grave blessure au pied survenue durant une précédente manifestation en 2017 à Bure (Meuse) contre le projet de site d’enfouissement de déchets nucléaires. Il énumère alors le prénom des manifestants venus de la région parisienne, Montpellier, Lille, Bordeaux, Quimperlé qui ont été mutilés lors d’affrontement avec les forces de l’ordre depuis le 17 novembre dernier.
"Ça fait 22 personnes qui ont perdu un œil ou l’usage de leur œil, c’est ça la vérité, martèle-t-il. Cinq personnes ont eu une main arrachée et il y a eu d’autres mutilations. Axel a perdu son odorat et Fabien a reçu un tir dans un testicule qui a dû être amputé".

"D’autres blessures sont moins visibles..."


On déplore 22 éborgnés en quatre mois du fait de la police de Macron armée de lanceurs de balle de défense, LBD-40 ou 'flash-balls' 


Se levant devant une dizaine de caméras, le Parisien Jérôme Rodrigues, figure du mouvement éborgné lors d’une manifestation à Paris en janvier, prend la parole à son tour : "vous avez 19 personnes devant vous et vous n’avez que 26 yeux qui vous regardent. Faites le compte, il y a un problème", s’insurge-t-il.
Résultat de recherche d'images pour "fusillés pour l'exemple"
Le 11 novembre 2015, France 3 diffusait "Les fusillés", quelques-uns des 650 soldats français réfractaires fusillés pour l’exemple
Résultat de recherche d'images pour "lyceens mantes la jolie a genoux face police"
Décembre 2018, plus de 700 lycéens ont été interpellés par la police de Macron, dans toute la France, dont Mantes-la-Jolie, Yvelines

Ainsi, comme de nombreuses autres associations, le collectif demande l’interdiction des LBD - 40 (lanceurs de balle de défense) qui envoient des balles de caoutchouc de 40 mm de diamètre à une puissance de 160 joules (dix fois la puissance d’un paintball). 
Ils réclament par ailleurs le retrait des grenades GLI-F4, essentiellement composées de TNT et des grenades de désencerclement. 
"D’autres blessures sont moins visibles, mais de nombreuses personnes ici présentes ont des plaques en titane et des vis dans le visage", ajoute Robin Pagès.

"Je comprends leur besoin de devoir se retrouver, de pouvoir exprimer leur traumatisme et puis le collectif permet de rendre visible ces mutilations et ces blessures", remarque Elsa Faucillon, député (PCF) de Gennevilliers, Colombes et Villeneuve-la-Garenne. Cette dernière a déposé une proposition de loi pour l’interdiction des LBD, le 6 mars dernier. "Là, on a des chiffres concrets qui montrent l’ampleur du phénomène, 22 éborgnés en quatre mois, c’est inédit et extrêmement grave", conclut-elle.

Début mars, le ministère de l’Intérieur comptabilisait 13.095 tirs de LBD depuis le premier acte de ce mouvement et 83 enquêtes pour des tirs potentiellement problématiques. En janvier, le Conseil d’État avait rejeté les demandes de la Ligue des droits de l’homme et de la CGT de l’usage du lanceur de balles de défense.

"Un plombier à une main, ça n’existe pas" 

Résultat de recherche d'images pour "les gueules cassees"
"Gueules cassées" de la Grande guerre...

"J’étais à 10 m des gendarmes, je me suis juste penché, et ça a explosé. J’ai vu ma main, c’était l’horreur". 
Il a eu la main arrachée par une grenade lacrymogène instantanée (GLI F 4) devant l’Assemblée nationale durant l’acte XIII des gilets jaunes. Sébastien Maillet, Argenteuillais de 30 ans, a vu sa vie basculer ce jour-là.

Résultat de recherche d'images pour "gilet jaune main arrachee"
Sébastien Maillet a eu la main arrachée par une grenade lacrymogène instantanée (GLI F4) devant l’Assemblée nationale lors de  l’acte XIII  
Les street medics sont immédiatement venus à son secours puis il a été soigné dans l’Assemblée nationale par les pompiers avant de partir à l’hôpital. Depuis, plus rien n’est pareil. "Le quotidien, c’est l’enfer, ce sont des insomnies, des cauchemars, tout est compliqué avec une main; psychologiquement, c’est l’horreur".
Le trentenaire s’était reconverti dans la plomberie il y a un peu plus d’un an. Mais aujourd’hui sa carrière est brisée : "un plombier à une main, ça n’existe pas". Il est en arrêt maladie pour l’instant et va certainement être licencié ou faire une rupture conventionnelle dans les mois à venir. L’avenir, pour l’instant, il ne l’imagine pas. "Ma priorité, c’est de me soigner, on verra plus tard dans quoi je vais pouvoir me reconvertir".



Aujourd’hui, Sébastien ne participe plus aux manifestations, mais il soutient toujours les Gilets jaunes, premier mouvement de sa vie dans lequel il s’enrôle. Il sera en revanche présent le 26 mai prochain à Paris lors de la manifestation des blessés. Le 13 février dernier, une marche blanche avait été organisée pour lui à Argenteuil. "Je suis soutenu, ça fait du bien, ce n’est pas le cas de tout le monde".

mercredi 3 juillet 2013

Montebourg ironise sur le "très beau travail" de Batho

Montebourg rend "hommage" Batho: ça ne mange pas de croissants !

Au bal des hypocrites, Montebourg n'est pas à l'orchestre

Najat Vallaud-Belkacem a accablé Delphine Batho, ministre de l'Environnement renvoyée comme une malpropre pour avoir amèrement regretté l'amputation du budget de l'écologie. Elle a pris en revanche la défense d'Arnaud Montebourg, l'employeur de son mari, Boris Vallaud, bien qu'il s'en soit pris à tout le monde, entrepreneurs et jusqu'à son premier ministre, qu'il a injurié devant témoins sur sa gestion de la France. La porte-parole du gouvernement a néanmoins eu le front d'assurer que le ministre du Redressement productif "n’a jamais contesté publiquement un arbitrage rendu par le Premier ministre".
Hollande et Ayrault auraient été les seuls à ne pas savoir apprécier l'excellence du travail de la bannie.

Le ministre de l'esbrouffe improductive a encore fait du zèle en flattant la ministre tombée en disgrâce. Se démarquant du Premier ministre et donc du chef de l'Etat, il a en effet adresse un "message de courage et d'affection" (sic) à son ex-collègue, évincée du gouvernement mardi.
Montebourg n'a pas manqué d'audace devant les caméras mercredi, à l’issue du Conseil des ministres:
il ne manquait que les fleurs. Toujours ministre malgré ses désaccords publics avec Jean-Marc Ayrault fin 2012 au sujet de Florange, il a été le seul à voir en Delphine Batho une "excellente collègue", qui a "fait un très beau travail". "C’est une amie par ailleurs. Je veux lui adresser un message de courage et d’affection". Le couple exécutif aura apprécié cet accès isolé de complaisance.

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a d'ailleurs justifié l'éviction de la ministre. 
François Hollande "a dit (...) qu’il y a une règle, et les règles elles s’appliquent" à tous les membres du gouvernement, qui ne doivent pas critiquer la ligne politique budgétaire choisie, a-t-il souligné devant la presse à l’issue du Conseil. Cette règle est "celle, dans un gouvernement, du respect des engagements autour du Budget, qui est un acte essentiel", a-t-il insisté. L’ambiance a néanmoins été "tout à fait studieuse," a-t-il encore ajouté en langue de bois: cette éjection est un non-événement ! 

Le coprésident du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon enfourche le thème de l'hégémonie socialiste.
Côté cour, l'élu d'extrême gauche a estimé mercredi que le président François Hollande "aux abois" a montré "un visage autoritaire, machiste et violent" en l'encontre de Dephine Batho, une jeune ministre exposée, car sans réseau. Et d'espérer que cette décision accélèrera "l’indispensable recomposition politique (...) dont le peuple a besoin".
"François Hollande avait déjà divisé la gauche politique, puis les syndicats. Il divise à présent son gouvernement. Et du même coup son parti, comme il va le voir bientôt. Il s’en mordra les doigts", commente Jean-Luc Mélenchon dans un communiqué au lendemain du limogeage de la socialiste. "Il croyait faire un exemple sans frais. Mais Madame Batho n’est pas la faible femme qu’il croit", prétend-il et "son expulsion correspond à un moment politique qui lui donne un sens très large", estime l’Eurodéputé, pour qui "les socialistes et les Verts savent dorénavant qu’ils n’ont d’autre espace que celui de la soumission aveugle et silencieuse au dogme de l’austérité" et que "toutes leurs convictions y seront sacrifiées".

"
Seuls Hollande et sa cour de technocrates peuvent croire que les préoccupations de carrière sont les seules motivations du grand nombre des socialistes et des écologistes. Cela ne passera pas", martèle l’ancien candidat à la présidentielle, pour qui "François Hollande, aux abois, montre un visage autoritaire, machiste et violent". "Sa décision va révulser. Puisse-t-elle accélérer l’indispensable recomposition politique sur des bases saines et honnêtes dont le peuple a besoin", se réjouit l’ancien sénateur de l’Essonne.Côté jardin des Verts radicaux, mardi soir, le député-maire de Bègles, Noël Mamère, proposait sur RTL une "réunion de crise" d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) après l'"éviction" de la socialiste. "Il faut que notre parti avec les ministres organise au plus vite une réunion de crise pour savoir si nous devons rester dans ce gouvernement", a-t-il estimé. 
A l'inverse, Pascal Canfin, l’un des deux ministres écologistes qui, avec Cécile Duflot, campent au gouvernement, annonçait sur Europe 1 qu’ils feraient mardi soir avec Pascal Durand, numéro un d’EELV, "l’analyse politique de la situation".
Mais
Barbara Pompili, co-présidente du groupe des députés Europe Ecologie-Les Verts (EELV), a confirmé mardi soir à la presse que "les Verts ne quitt(ent) pas le gouvernement", malgré l'amputation du budget de l'environnement et l'éviction de sa ministre. En quittant la réunion en cours des dirigeants EELV au ministère du Logement dirigée par l’écologiste Cécile Duflot, Barbara Pompili a ajouté dans une formule malencontreuse que "la question de la sortie du gouvernement a été évacuée assez vite". "On attend notamment de rencontrer Jean-Marc Ayrault. J’espère qu’on va le rencontrer assez vite. On a besoin d’avoir des éléments qui nous rassurent sur ce que veut faire ce gouvernement par rapport à l’écologie", a-t-elle prétendu.Pascal Durand, secrétaire national de EELV, a déploré qu'avec le débarquement de Batho l’écologie serve "encore de variable d’ajustement". "A partir du moment où elle exprime un désaccord, je regrette que l’on mette fin à ses fonctions immédiatement, et qu’on ne laisse pas l’espace à un débat", a-t-il déclaré sur BFM Business. "On va arriver au troisième ministre de l’écologie en une année. C’est le seul ministère qui a tourné de cette manière, le seul ministère qui manifestement sert de variable d’ajustement". Il a demandé au président François Hollande et au Premier ministre "des engagement clairs et des actes pour que l’écologie soit définitivement prise en compte dès le budget 2014", a-t-il précisé à l’issue d’une réunion des ténors du part.

"Deux poids, deux mesures"

Le co-président des députés écologistes, François de Rugy, a évidemment déversé son lisier, estimant que "sanctionner les bons élèves quand certains cancres n’ont jamais de sanction", comme Arnaud Montebourg, par exemple, "c’est quand même assez fort de café" équitable. "Cela donne l’impression qu’il y a deux poids deux mesures, quand on parle d’écologie et d’autre chose", a-t-il commenté. 

Interrogé sur le successeur de D. Batho, Philippe Martin
, qui avait été mandaté il y a quelques mois pour faire le lien avec les écologistes, il a déclaré : "On le connaît bien, mais la question c’est : quelle sera sa marge de manoeuvre". "Il faut qu’il ait une parole forte". Rugy n'attend donc pas des actes.
Le député EELV
Sergio Coronado a fustigé "la violence de la décision" et "un fonctionnement de caserne". "Je ne crois pas qu’on ait besoin de cela en ce moment", a-t-il observé. 
Pour la co-présidente du groupe écologiste Barbara Pompili, qui ne semble pas revendiquer un ministre écolo à l'environnement, ce qui importe "ce n’est pas le casting, mais l’orientation écologiste du gouvernement". "On disait à Delphine Batho qu’il fallait qu’elle s’engage plus, qu’elle 'l’ouvre plus', malheureusement elle l’a ouvert, un peu trop tard. La vie politique est injuste mais nous, ce qui nous importe ce n’est pas le casting mais l’orientation écologiste de ce gouvernement", a-t-il déclaré dans les couloirs de l’Assemblée, sans regrets pour Batho.

L'opposition tacle

L’ancien ministre de l’Écologie
Jean-Louis Borloo a dénoncé la politique du gouvernement qui consiste à " faire porter la responsabilité au ministre" qui "défend sa mission. "La méthode qui consiste à amputer aussi violemment cette politique avec plus de 7% de baisse de son budget faisant porter la responsabilité au ministre en charge qui défend sa mission relève plus de la faiblesse et de l’inélégance que de la fermeté", souligne le président de l’UDI dans un communiqué. "Depuis la composition de ce gouvernement, j’ai dénoncé le démantèlement du grand ministère de l’Écologie, ministère d’État, avec l’amputation des transports, du logement et de l’urbanisme, c’est-à-dire les trois quarts des sujets environnementaux notamment en matière d’émission de CO2", rappelle le député du Nord.
En conséquence, dit-il, "ce ministère affaibli n’a pas pu défendre les économies d’énergie dans les bâtiments, les transports doux comme le Canal Seine-Nord, les autoroutes ferroviaires et a constaté impuissant la mise en berne des énergies renouvelables comme si la présence d’écologistes au gouvernement était une caution qui autorisait l’abandon de ces politiques".

François Fillon, ancien Premier ministre, a dénoncé le "deux poids deux mesures" de ce limogeage de Delphine Batho, alors que le président François Hollande laisse "divaguer sur la place publique" d’autres ministres comme Arnaud Montebourg ou Cécile Duflot. Le renvoi de Mme Batho du gouvernement est "un épisode désolant. Manifestement, François Hollande et Jean-Marc Ayrault sont plus prompts à sanctionner leur ministre de l’environnement que M. Montebourg ou Duflot", a affirmé F. Fillon
lors d’un meeting à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) . Selon lui, " il y a les membres de la majorité que le président et le Premier ministre craignent. "Celui qui divague le plus, c’est Montebourg qui a réussi l’exploit de nous fâcher avec tout le monde: les industriels, les investisseurs étrangers, les chefs d’entreprises français, la Commission européenne, l’Allemagne de Mme (Angela) Merkel. Lui, il peut continuer, il restera à son poste car il doit peser sans doute dans la majorité,"  a-t-il ajouté. "La pauvre Mme Batho a sûrement eu tort de dire que son budget était mauvais mais je remarque ce deux poids deux mesures", a-t-il fait valoir.

L'épisode Batho devrait être
l'occasion d'une évaluation de ce que Montebourg a fait de ses 17% et ce qu'est devenu son poids politique réel.