POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est Ligue des Droits de l'Homme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Ligue des Droits de l'Homme. Afficher tous les articles

samedi 11 avril 2020

Epidémie de coronavirus: drones de police, oui, mais traçage, non?

Les libertés individuelles vont-elles faire des morts ? 

Les ayatollahs de la LDH valent-ils plus cher que les membres du "comité scientifique" de Macron

Voici comment fonctionnera StopCovid l’application de traçage numérique du gouvernement
La "distanciation sociale" numérique en question
A Rennes, la police déploie un drone pour veiller au confinement contre le Coronavirus.
Si la majorité des habitants respectent le confinement, les autres tentent d’y échapper, menaçant la vie de cette majorité de citoyens. Alors, un drone piloté par la police scrute la zone des  prairies Saint-Martin, par exemple, et repère les récalcitrants. Des patrouilles de policiers se charge du reste. Et Ouest France du 26 mars titre : "A Rennes, la police déploie [sic] un drone [et un seul] pour veiller au confinement": si, clairement, la presse a perdu le sens des mots, elle conserve sa fonction de relais du gouvernement. Et "on voit bien" que son seul et unique souci est la prévention : "La, "derrière le bosquet d’arbres, il y a deux personnes assises dans l’herbe. Deux personnes qui pensaient pouvoir profiter allègrement du soleil, à l’écart des sentiers piétonniers d’où ils pourraient être aperçus. Mais c’était sans compter sur un drone surveillant les lieux et piloté par un policier. Ce dernier informe, par radio, ses collègues patrouillant dans les prairies à vélo de la position des contrevenants au confinement. Quelques minutes plus tard, ils sont trouvés. La pause soleil va leur coûter cher." Bienveillance des recouvreurs de fonds... 
Mis à disposition par la police judiciaire du ministère de l'Intérieur, ce drone, dont l'utilisation était "justifiée" par le maintien de l'ordre dans les mobilisations de rue, désormais, "nous permet de surveiller plus facilement une zone étendue, avec des arbres et des futaies épaisses qui nous rendent difficile le contrôle de cet espace, explique la commissaire Nathalie Freche du commissariat de Rennes. Il est nécessaire de rappeler régulièrement les règles du confinement [un rappel payant]. Les sorties physiques sont limitées à une heure et elles ne doivent pas être à plus d’un kilomètre du domicile. Il en est de même pour la sortie des animaux de compagnie." 

Restrictions de la liberté individuelle d'aller et venir.
Quinze jours plus tard, les consignes gouvernementales ont changé. Ainsi, à compter du 8 avril 2020, les sorties pour des activités sportives ne sont plus autorisées entre 10h et 19h sur l’ensemble du territoire du Val-de-Marne.
A la même date, un communiqué commun de la mairie de Paris et du préfet de police a annoncé l’interdiction de "toute activité sportive individuelle" dans le même créneau. Elle devient la première ville à renforcer les mesures du confinement après l’appel du gouvernement, la veille, à ne pas relâcher les efforts pour lutter contre la contamination au Covid-19. Bizarrement, Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la mairie de Paris, a précisé sur Twitter (un réseau social pourri mais utile !) que les "promeneurs" ne sont pas concernés... 

Ce type d’opération de surveillance sera renouvelé très régulièrement, sans que la LDH ne dresse l'oreille.
Volant à une centaine de mètres de hauteur, le drone est furtif : il est quasiment inaudible et invisible dans le ciel. Quant à son opérateur, il dispose d’images vidéo de très bonne qualité, grâce à sa caméra embarquée haute résolution. L'engin peut aussi se rendre dans des endroits difficilement accessibles, insiste la commissaire. Au motif du risque de contamination des écureuils ?

La LDH laisse se développer la surveillance aérienne depuis un an 
Depuis la mi-juin 2019, le Conseil Départemental de Charente-Maritime présidé par Dominique Bussereau a reçu sa commande de drones - quatre pour les services de sécurité intérieure, deux pour les pompiers, un pour la gendarmerie et un pour la police et les pompiers, les gendarmes et les policiers disposent de trois télé-pilotes - pour huit drones - formés par la gendarmerie aux contrôles de la circulation routière, des incendies ou des manifestations.
A 120 mètres de haut un drone est quasiment invisible : on ne l'entend pas, et on ne le voit pas. Surtout s'il est blanc, comme le drone pourtant massif utilisé par la gendarmerie de Charente-Maritime : "l'avantage de ce drone là, c'est qu'il devient invisible quand il y a du soleil" : "on voit bien" que l'objectif est "clairement" la prévention et le sécurité... Nullement de prendre en défaut et de verbaliser ! quoi rasséréner la Ligue des Droits de l'Homme ?

Macron est-il capable d'un traçage bienveillant des citoyens ?

Un projet d'application de traçage des relations sociales des Français a filtré
Actuellement en phase de mise au point, une application appelée StopCovid vise à retracer l'historique des déplacements de ses utilisateurs. 
Mercredi, dans un entretien avec Le Mondele ministre de la Santé Olivier Véran et le secrétaire d'Etat au Numérique Cédric O. ont révélé les grandes lignes du fonctionnement  de l'application pour téléphones portables dans le but avoué de  prévenir les usagers volontaires s'ils ont côtoyé une personne testée positive au coronavirus. Fonctionnant par Bluetooth, dont la portée n'est que de quelques mètres, StopCovid constituerait une menace, mais limitée à la fois dans le temps et à la lutte contre le virus tueur : une sorte de bracelet électronique, certes à courte distance mais, "en même temps", une placement en semi-liberté.  
"Si ça peut marcher, si cela se fait sur la base du volontariat, s'il ne s'agit pas d'une surveillance généralisée, s'il y a un contrôle de la CNIL et du Parlement, alors on sort du fantasme d'une application liberticide et on utilise cet outil, un outil parmi d'autres, avec les mesures barrières bien évidemment, mais avec énormément de garanties", s'est avancé l'ancien locataire de Matignon.

Le socialiste Manuel Valls défend l'utilisation d'une application de 'tracking'
L'ancien premier ministre  franco-espagnol de Hollande ne défend pas la langue française, mais nous parlerons, quant à nous, de 'traçage'. Rangé derrière le gouvernement, ce socialiste estime que, par le biais d'une application, l'utilisation du traçage numérique pourrait faciliter la sortie du confinement de la population, alors que le projet gouvernemental de suivi numérique des citoyens divise jusqu'au sein de la majorité.
 
Il fallait sortir "du fantasme d'une application liberticide", a estimé l'ex-ministre de l'Intérieur, ce jeudi 9 avril sur l'antenne d'Europe 1. Et de faire valoir que "l'objectif du traçage numérique de la population à l'issue du confinement est de sauver des vies". "Si ça peut marcher, si cela se fait sur la base du volontariat, s'il ne s'agit pas d'une surveillance généralisée, s'il y a un contrôle de la CNIL et du Parlement, alors on sort du fantasme d'une application liberticide et on utilise cet outil, un outil parmi d'autres, avec les mesures barrières bien évidemment, mais avec énormément de garanties", s'est avancé l'ancien locataire de Matignon.

Un contrôle librement consenti est-il envisageable ?
L'une des principales limites opposées à ce dispositif est qu'il nécessite un taux important de pénétration de la population pour produire des résultats contre la pandémie. "Il faut parler vrai, obtenir le consentement des populations, leur confiance, susciter l'adhésion", a listé Manuel valls, rappelant que "le débat a lieu aussi en Espagne", où le gouvernement "est sur le papier, l'un des plus à gauche en Europe".

Le 'traçage' (tracking) des données de smartphones est utilisé dans de plus en plus de pays pour maîtriser l'épidémie de Covid-19. Faut-il, là encore, attendre que l'efficacité de ces solutions soit établie: le Parlement va-t-il fixer un "protocole", comme en fixent les mandarins de la Santé qui bloquent l''extension du recours au traitement du professeur Raoult, alors que s'allonge la liste des morts du coronavirus ? Singapour, dont l'application basée sur les contacts Bluetooth TraceTogether a fortement influencé l'approche française, vient de compléter son dispositif de traçage par le confinement d'une partie de la population car le nombre de contaminations est reparti à la hausse, faute de participants au 'traçage".

La Ligue des droits de l'Homme choisit-elle les idées contre la vie ?

En France, la presse évoque les repoussoirs de Corée du Sud ou de Chine qui obligent depuis le début de la crise leurs habitants à se géolocaliser sur leur téléphone portable pour empêcher la propagation du coronavirus. Bien qu'il ne soit pourtant 
pas question de "géolocalisation" par 3G ou 4G, précises au mètre près, mais bien de Bluetooth, de rayon d'action très limité, l'idéologie dominante veut que les Français privilégieraient les idées contre la vie et qu'ils préfèrent la mort à'une atteinte à leurs libertés individuelles. Or, le Premier ministre envisage néanmoins que des volontaires pourraient y avoir recours.

Mais l'Edouard dit tout et son contraire
Mercredi soir, devant la commission d'information de l'Assemblée nationale, le premier ministre Edouard Philippe a affirmé qu'une telle mesure ne s'appliquerait pas en France, tout simplement parce que... "ces dispositifs ne seraient pas légalement permis".
"En même temps", Edouard Philippe affirme que la question d'un recours à des méthodes de "tracking" est "encore ouverte : on pourrait peut être, et je dis bien peut être, insiste Edouard Philippe, sur le fondement d'un engagement volontaire, utiliser ces méthodes pour mieux tracer la circulation du virus" en France. 

La ligne rouge est le consentement des personnes. D'ailleurs, l'exécutif travaille sur la question. Le 24 mars, Macron a chargé un comité de chercheurs [un de plus !] de se pencher sur le sujet. Depuis la mi-mars, un consortium de chercheurs européens, dont des Français, travaillent à la création d'une application de tracking respectueuse des normes européennes en matière de protection des données, puisque les applications utilisées en Asie ne sont pas transposables telles quelles chez nous.

Le 'traçage' vertueux à l'européenne, comment ça marche ? 
Cette "corona-app" européenne fonctionnerait de manière assez simple pour l'utilisateur. Vous téléchargez l'application sur votre téléphone et vous aurez ensuite 2 choix possibles sur votre écran : appuyer sur "je me protège", ou "j'ai le coronavirus". 
Si vous indiquez être malade, l'application va utiliser la géolocalisation de votre téléphone pour retracer tous vos déplacements des 14 derniers jours. Si vous pensez être sain, l'algorithme de l'application va utiliser les données des malades pour les croiser avec vos déplacements des 14 derniers jours. Si des données coïncident et que vous avez été exposé à un risque, l'application vous le dira. Selon les presses belge et suisse, l'application devrait être finalisée d'ici le 13 avril.  Dans deux jours.
En France, le traçage pourrait aussi aider à enrayer l'épidémie et à préparer le déconfinement. 


Restent les ayatollahs droitsdelhommistes...

Les associations de défense des libertés craignent l'ouverture d'une brèche dans leur fonds de commerce. Maître Arié Alimi, de la Ligue des Droits de l'Homme s'interroge sur France Info : "Ces dérogations, ces mesures exceptionnelles, vont-elles durer après la crise sanitaire?"

Sur France Info toujours, en croyant être transparent, le défenseur des droits nommé par François Hollande en juillet 2014, Jacques Toubon, 79 ans, reste dans le flou :
Il faut voir d'un côté ce que sont les exigences des libertés et de l'autre côté quel est le bénéfice de cette mesure de géolocalisation pour l'épidémie.
On en est là, c'est-à-dire nulle part.

 

mardi 27 août 2019

Pas de "violences irréparables" du pouvoir contre les Gilets jaunes, estime Macron 

Des mots "terribles" et "dangereux", objecte la Ligue des droits de l'homme

Macron, dans le déni des mutilations et amputations sur manifestants

Résultat de recherche d'images pour "arc de triomphe MASQUE de Rude cassé"Avocat membre du bureau national de la Ligue des droits de l'Homme et conseil de plusieurs Gilets jaunes, maître Arié Alimi,  réagit aux assertions d'Emmanuel Macron, qui a assuré lundi que les forces de l'ordre n'ont pas commis de "violences irréparables" lors de ce mouvement social.
"Je trouve ces mots terribles et profondément dangereux", a -t-il expliqué sur franceinfo lundi 26 août, suite à l'entretien du président innocent sur France 2 : son ministre de l'Intérieur, Castaner, n'a pas commis l'irréparable en ordonnant aux forces de l'ordre équipées de LBD 40 (le "lanceur de balles de défense"), de grenades GLI-F4 et de balles en caoutchouc), de taper dans le tas.

La Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe ne sait pas ce qu'elle dit donc lorsqu'elle se déclare "gravement préoccupée" par la gravité des blessures provoquées par les armes utilisées par les forces de police au cours des manifestations de Gilets jaunes. L'inquiétude de Dunja Mijatovic n'est donc pas fondée, malgré le "grand nombre de personnes blessées, certaines très gravement" dans les manifestations. Pour elle, le climat d’hostilité qui règne dans certaines manifestations, ou la surcharge de travail des policiers, ne saurait d'ailleurs justifier "le nombre et la gravité des blessures résultant de l’usage de la force par les forces de l’ordre." 
La Commissaire aux droits de l’homme déplore au passage "une formation insuffisante aux techniques de maintien de l’ordre et à l’usage de certaines armes" de certaines unités de force de l’ordre engagées dans les manifestations.

Les violences policières se sont imposées également aux députés européens qui ont "dénoncé le recours à des interventions violentes" et condamné l'usage "disproportionné" des forces de police et militaire par "les autorités publiques lors de protestations et de manifestations pacifiques".

Jusqu'à la communauté internationale qui s'est indignée de la répression. 
L'ONU s'est quant à elle prononcée sur ce sujet dans un communiqué qui cite un groupe d'experts des droits de l'homme des Nations Unies. Ils s'inquiétaient du "nombre élevé d'interpellations et de gardes à vue, des fouilles et confiscations de matériel de manifestants, ainsi que des blessures graves causées par un usage disproportionné d'armes dites 'non-létales', telles que les grenades et les lanceurs de balles de défense ou 'flashballs', ajoutant que "les autorités devraient repenser leurs politiques en matière de maintien de l'ordre pour garantir l'exercice des libertés". 

Les experts alertent également sur le risque de "sévères restrictions à la liberté de manifester" que pourrait causer la loi anticasseurs. Cette dernière permet en effet aux préfets de prononcer des interdictions de manifester, un point validé à chaud par la majorité présidentielle en émoi à l'Assemblée nationale, le 30 janvier dernier.


"Un homme qui fait primer l'ordre public sur le droit à la vie"

"Je m'interroge de savoir ce que vous penseriez d'un homme qui fait primer l'ordre public sur le droit à la vie", poursuit l'avocat, évoquant les cas de Zineb Redouane, une femme atteinte au visage par une grenade lacrymogène à la fenêtre de son appartement en marge d'une manifestation de Gilets jaunes à Marseille, en décembre 2018, et de Steve Maia Caniço, jeune fêtard de la fête de la musique, retrouvé mort dans la Loire à Nantes à la suite d'une charge policière.
Résultat de recherche d'images pour "Rodrigues J enucléé"On notera que les Gilets Jaunes énucléés - tel Jérôme Rodriguès, le 26 janvier, ou David, tailleur de pierre de 31 ans, le 1er décembre 2018 - ne sont pas mentionnés...

Arié Alimi a également pointé du doigt "un homme qui fait primer l'ordre public sur la liberté d'expression et d'opinion". "Que penseriez-vous d'un homme qui, face aux familles de ces personnes mortes, mutilées, qui ont perdu un membre ou un œil, leur dirait qu'il n'y a pas eu de violences irréparables ?" L'avocat "ne pense pas qu'il y ait un véritable mea culpa". Il évoque plutôt "une reconnaissance à pas feutrés", mais qui écarte toute "compassion pour les victimes du mouvement".

Au G7 de Biarritz,
la presse hexagonale a pu faire croire que Macron est un interlocuteur autrement plus respectable que Poutine ou Bolsonaro...

vendredi 2 novembre 2018

Européennes : le clip propagandiste de l'Elysée

L'exécutif "assume" la provocation anti-démocratique du clip controversé

Son clip pour inciter les Français à se rendre aux urnes le 26 mai respecte le Code électoral

Telle est la posture du gouvernement, alors que l'opposition dénonce un outil de propagande dont les images à charge sont insidieuses et la tonalité volontairement alarmiste.

Résultat de recherche d'images pour "clip gouvernemental européennes"
Un clip qui se veut vertueux, mais de fait discriminant et haineux
Mis en ligne le 26 octobre, ce clip ne cesse de susciter de très vives réactions. La vidéo commandée par le gouvernement, et diffusée sur Internet, suscite un tir groupé de critiques indignées d'une très large part de la classe politique, qui dénonce un outil de propagande binaire.

"Europe, union ou division ?"
Résultat de recherche d'images pour "clip gouvernemental européennes"
Manichéisme primaire
Une musique anxiogène et des interrogations rhétoriques en incrustation comme "immigration, maîtriser ou subir ? ", "climat, agir ou ignorer ?", le tout sur des images ciblant, sans les nommer, plusieurs chefs de gouvernement européens voisins, démocratiquement élus, comme Matteo Salvini, le ministre de l'Intérieur italien, issu de la droite radicale, ou encore le Premier ministre hongrois Viktor Orban, tous deux chantres du nationalisme européen. La caricature épargne la Pologne, sans qu'on sache pourquoi...
Macron prend les Français pour des crétins

Honte à ceux et celles qui voudraient rejeter Macron et les siens 
En trente secondes, le ton est donné et la charrette constituée. Le sort des "lépreux" est scellé : ils sont désignés comme les nouveaux nazis. Le message est simpliste : dénoncer la menace populiste qui pèse sur l'Europe. 
Ce clip, qui s'achève par un appel aux Français à voter le 26 mai prochain, est jugé tendancieux et incitateur à la haine de peuples partenaires.

Mais la Ligue des Droits de l'Homme n'a pas encore bronché...
Résultat de recherche d'images pour "clip gouvernemental européennes"
Clip populiste
Sa raison sociale est pourtant de combattre l'injustice, l'illégalité, l'arbitraire, l'intolérance, toute forme de racisme et de discrimination fondée sur le sexe, l'orientation sexuelle, les mœurs, l'état de santé ou le handicap, les opinions politiques, philosophiques et religieuses, la nationalité, et plus généralement toute atteinte au principe fondamental d'égalité entre les êtres humains, etc, etc...
Dans la majorité présidentielle, on estime que tous les moyens sont bons pour combattre les dirigeants et les peuples "déviants" !


Rappelons que Macron a été élu président par défaut, par rejet de la candidate FN...

vendredi 10 avril 2015

1942 à Paris - 2015 à Montpellier: les rafles de Rom vont-elles continuer?

Un syndicaliste FO propose un bus spécial pour les Rom 

La prise en charge de certains usagers provoque une gêne dans les bus

"C'est intenable pour les usagers et les conducteurs de la ligne de bus de Montpellier, Hérault, qui dénoncent l'odeur que dégagent depuis plusieurs années des  voyageurs rom, mais la proposition de les isoler a d'ores et déjà déclenché de vives critiques.

Un "danger sanitaire" 
C'est ainsi que Dominique Granier, délégué syndical Force Ouvrière (FO)  définit l'odeur des Rom qui empruntent les bus de la ligne 9 de Montpellier. Dans un entretien accordé à la Gazette de Montpellier, relayée par Midi Libre, le syndicaliste à la TaM (Transports de l'agglomération de Montpellier) propose en conséquence de "créer une navette spécialement pour eux". 

Quotidiennement, de nombreuses familles rom se rendent de  leur bidonville, situé à proximité du quartier de Grammont, au centre-ville de Montpellier en empruntant cette ligne. Et selon un syndicat de chauffeur, l'odeur de ces personnes serait insupportable. "C'est une véritable infection", confirme le syndicat FO. "C'est intenable pour les usagers et les conducteurs. C'est un problème sanitaire, il faut trouver une solution, d'autant que cela remonte à plusieurs années", ont indiqué, selon Midi Libre, des représentants de Force Ouvrière, présents au comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail.

Gilbert Fouilhe, secrétaire général de FO, nie les propos de Dominique Granier. "On n'a pas du tout fait cette proposition. Après, je ne suis pas derrière tout le monde. Monsieur Granier est chauffeur de bus; il n'a donc pas l'habitude des media. Il est possible qu'il a été amené sur un terrain où il ne souhaitait pas aller", a-t-il minimisé pour reprendre l'affaire en mains, renvoyant  un élu syndical au dépôt avec la base et suggérant que la presse fabrique du buzz.

En attendant que la ministre Ségolène Royal s'en mêle

"Luttons contre la pauvreté, pas contre les pauvres"
La CGT Tam Montpellier a immédiatement récupéré l'affaire pour se démarquer de FO sur sa page Facebook: "La CGT-TaM va faire des propositions après concertations pour régler ce problème dans le respect de toutes et tous y compris les Roms qui ne sont pas des animaux mais bien des êtres Humains. [A noter la majuscule...] D'autre parts [orthographe d'origine] de mémoire de Syndicat jamais à TaM un cas de Tuberculose ou Gale n'est apparu chez les conducteurs [un évocation révélatrice...] après un service sur la ligne 9 ou une autre ligne,restons serein chers collègues." On est ailleurs rassuré: "Ce ne sont pas des lépreux; ils sont suivis sur le plan sanitaire ! Luttons contre la pauvreté, pas contre les pauvres". Amis lépreux, évitez Montpellier, ville d'un spécialiste de l'exclusion, puisqu'aux élections municipales de Montpellier, ce chirurgien-dentiste socialiste du nouveau quartier d'affaires d'Antigone, était un candidat dissident du PS...
"C'est une honte. Oui, il y a une mauvaise odeur quand les Roms sont dans le bus et on le signale depuis deux ans mais ce n'est pas leur de faute. C'est parce qu'on les abandonne tellement qu'ils n'ont qu'un robinet sur leur camp! Ce ne sont pas des animaux. On ne doit pas s'attaquer aux pauvres mais à la pauvreté. Ça ne ferait que déplacer le problème. On ne va pas reproduire l'apartheid à Montpellier", renchérit auprès de Libération Bernard Gotis, délégué syndical CGT à la TaM.

ATD Quart-Monde balaie d'un revers de manche le mal-être des usagers
Le "vivre-ensemble" reste plus que jamais un slogan de vertueux donneurs de leçons dont sont exclus les devoirs. "Un bus spécial pour les Roms? Ce serait de la pure discrimination. Chacun a droit à sa place dans la société, et à une place digne. Qu'il y ait des difficultés, on ne peut pas le nier. Mais on ferait mieux de construire pour eux des points d'eau et des sanitaires plutôt que de se focaliser sur les conséquences de ce manque d'hygiène", s'indigne de son côté sur France tv info, Marie-Françoise Combaz, responsable de l'association ATD Quart-Monde en Languedoc-Roussillon. En s'exprimant sur le service public, s'adresse-t-elle à Ségolène Royal, Bernard Cazeneuve, Manuel Valls et François Hollande? Le spécialiste des catastrophes et des chrysanthèmes lâchera-t-il encore la courbe du chômage pour venir compatir sur place: pour se brancher sur les réseaux d'eau et d'électricité de la commune, les congénères de Leonarda attendent-ils en effet qu'il déclare solennellement, escorté de Nanard Cazeneuve et NVB, qu' "il y a" un problème, "il faut" et "c'est l'Etat qui paie" ? "Cette demande est scandaleuse. C'est même scandaleux d'y penser; il n'y a aucune chance que cela se fasse, car ce serait illégal", déplore Philippe Goossens, chargé par la Ligue des droits de l'homme - à laquelle appartenait l'altermondialiste Richard Durn, auteur en 2002 de la tuerie du Conseil municipal de Nanterre - de la défense des Rom et honteux d'avoir de vilaines pensées....

Selon Laurent El Ghozi, co-fondateur du collectif Romeurope, les propos du syndicaliste d'en face sont insupportables.
Depuis Nanterre où il est adjoint au maire (PCF, depuis avant-guerre: hôtel de ville de Nanterre, ci-contre), chargé de l'enseignement supérieur et de la ville, il reproche à la population locale héraultaise de ne pas s’interroger sur les moyens qui sont mis en œuvre pour permettre à ces populations de vivre dignement. 
Sa volonté de polémiquer se révèle lorsqu'il interpelle: "Est-il nécessaire de leur rappeler que les Roms ne sont pas sales génétiquement ? Les problèmes d’hygiène ne sont pas liés à un mode de vie ou à des considérations culturelles, mais au "fait qu’on oblige ces populations à vivre dans des bidonvilles ou des squats," accuse-t-il, "sans leur donner la possibilité de se laver", alors qu'il doit à la vérité d'admettre qu'ils  refusent la sédentarisation. Et d'ajouter: "C’est la manière dont on les traite qui est le fond du problème." Faut-il fournir le savon ?

Petit détour par Nanterre, il y a seulement quelques mois. En octobre 2014 à Nanterre, une dizaine de camions de CRS ont encerclé un ensemble de pavillons abandonnés du fond de l'avenue du Général-Leclerc pour chasser une trentaine de Rom installés dans une maison inoccupée, située en face du dépôt ...RATP. 
La police a-t-elle pu intervenir sans y avoir été appelée par le conseil municipal où Laurent El Ghozi est adjoint ? Ces familles erraient dans Nanterre depuis le mois de mai précédent, suite à leur expulsion  d'un terrain appartenant à l'Etablissement Public d'Aménagement Défense Seine Arche (Epadesa: bâtiment ci-contre). "Ce bâtiment est inoccupé depuis plus d'un an et nous avions décidé de le réquisitionner tant qu'une solution n'avait pas été trouvée pour reloger ces familles," expliqua un membre du comité créé pour les soutenir. 
El Ghozi ne s'en tient pas là. "Pour remédier à cette 'nuisance', le syndicat [FO] propose une solution qui relève de la ségrégation raciale." (...) "il s’agit là de discrimination. Cela rappelle tristement l’apartheid qu’ont pu connaître les Noirs en Afrique du Sud ou dans certains États américains." Et de menacer: "Si cette navette venait tout de même à être mise en place, les associations comme RomEurope, dont je fais partie, saisiraient le défenseur des droits."
L'adjoint au maire communiste exploite visiblement un filon. Mediapart soutient d'ailleurs ce dossier. "L’arrivée de la gauche au pouvoir n’y a rien changé. Les conditions de vie dans les bidonvilles n’ont cessé de se dégrader au cours des deux dernières années, écrivait le site trotskiste en mars 2014. Et les élections municipales ne font qu'empirer la situation. Tel est le bilan dramatique que dresse le réseau associatif Romeurope dans un rapport rendu public mercredi 5 mars, réalisé à partir des observations des ONG et des collectifs de riverains qui le composent.
El Ghozi n'en a pas fini et s'en prend aux travailleurs FO.
"Ces chauffeurs de bus montpelliérains évoquent un "danger sanitaire". Croient-ils réellement que, parce que l’on sent la transpiration, on présente un risque pour la santé d’autrui ? Ils sont même allés jusqu’à saisir le CHSCT pour faire constater les "nuisances", s'indigne-t-il contre des salariés.
Pour faire court, signalons enfin que l'élu communiste de Seine-Saint-Denis dénonce tout en bloc comme "inacceptable sur le plan des valeurs et faux sur le plan épidémiologique", mais s'en prend à la municipalité socialiste de Montpellier. "Pour régler le problème, la ville de Montpellier doit simplement appliquer la loi : les communes sont dans l’obligation d’apporter, entre autres, l’eau et l’électricité aux populations migrantes. L’installation de douches publiques est donc la solution." Demandons donc aux usagers languedociens de voter pour que leurs impôts locaux soient utilisés selon les volontés du Francilien. 

PLUS
édifiant
Lien video 2 (1981) : R. Hue (PCF) mène la chasse aux migrantx, accusés non pas de relents nauséabonds, mais de trafic de drogue. Robert Hue est aujourd'hui supporter du président Hollande


Devoir de mémoire: l'affaire du tramway de Saint-Denis utilisé lors de l'expulsion de Rom 

Les vieux démons des salariés de la régie parisienne de transport ne sont pas morts: ils semblent avoir conservé la nostalgie de la rafle du Vel d'Hiv' en juillet 1942, au cours de laquelle les autobus parisiens de la STCRP, l'entreprise qui a précédé la RATP, ont transporté les Juifs raflés. La prévention par les journées de sensibilisation, les enseignements et les documentaires de la bien-pensance prend encore un rude coup. La gauche est sous le choc, vexée par ce retour de ce désir de discrimination et de ségrégation qui pèse toujours sur l'histoire de l'entreprise. Est-ce en connaissance de cause que ce pauvre Manu Valls avait évoqué, oeil noir et sourcil froncé, l'existence d' " un apartheid territorial, social, ethnique" en France ? A l'époque, les autorités policières avaient ordonné la participation des véhicules et des employés des transports en commun. En 1942, certains pointaient la responsabilité individuelle des conducteurs de bus ou de tramway face aux ordres supérieurs. En 2015, c'est un encarté FO de base -  son patron Jean-Claude Mailly, est lui-même encarté au PS - qui lance cette proposition à sa hiérarchie... 

Il faut encore rappeler que lors de la manifestation des Algériens de Paris et de la répression qui s'en suivit, le 17 octobre 1961,  les autobus de la RATP furent aussi utilisés pour transporter les personnes arrêtées. "Ce n'est pas à nous de transporter des convois de personnes qui ne sont pas forcément volontaires pour monter dans les tramways", avait déclaré un délégué syndical de la RATP. La gare de Bobigny, Seine-Saint-Denis, terminus de cette ligne de tramway, avait pourtant joué un rôle central durant la Seconde Guerre mondiale dans la déportation vers les camps de la mort de 22.000 Juifs du camp de Drancy. Elle abrite aujourd'hui un mémorial...  
Le président Hollande va-t-il occulter le malaise ou s'emparer au contraire du sujet pour lâcher une de ses phrases empathiques et définitives?