POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est navette. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est navette. Afficher tous les articles

vendredi 10 avril 2015

1942 à Paris - 2015 à Montpellier: les rafles de Rom vont-elles continuer?

Un syndicaliste FO propose un bus spécial pour les Rom 

La prise en charge de certains usagers provoque une gêne dans les bus

"C'est intenable pour les usagers et les conducteurs de la ligne de bus de Montpellier, Hérault, qui dénoncent l'odeur que dégagent depuis plusieurs années des  voyageurs rom, mais la proposition de les isoler a d'ores et déjà déclenché de vives critiques.

Un "danger sanitaire" 
C'est ainsi que Dominique Granier, délégué syndical Force Ouvrière (FO)  définit l'odeur des Rom qui empruntent les bus de la ligne 9 de Montpellier. Dans un entretien accordé à la Gazette de Montpellier, relayée par Midi Libre, le syndicaliste à la TaM (Transports de l'agglomération de Montpellier) propose en conséquence de "créer une navette spécialement pour eux"

Quotidiennement, de nombreuses familles rom se rendent de  leur bidonville, situé à proximité du quartier de Grammont, au centre-ville de Montpellier en empruntant cette ligne. Et selon un syndicat de chauffeur, l'odeur de ces personnes serait insupportable. "C'est une véritable infection", confirme le syndicat FO. "C'est intenable pour les usagers et les conducteurs. C'est un problème sanitaire, il faut trouver une solution, d'autant que cela remonte à plusieurs années", ont indiqué, selon Midi Libre, des représentants de Force Ouvrière, présents au comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail.

Gilbert Fouilhe, secrétaire général de FO, nie les propos de Dominique Granier. "On n'a pas du tout fait cette proposition. Après, je ne suis pas derrière tout le monde. Monsieur Granier est chauffeur de bus; il n'a donc pas l'habitude des media. Il est possible qu'il a été amené sur un terrain où il ne souhaitait pas aller", a-t-il minimisé pour reprendre l'affaire en mains, renvoyant  un élu syndical au dépôt avec la base et suggérant que la presse fabrique du buzz.

En attendant que la ministre Ségolène Royal s'en mêle

"Luttons contre la pauvreté, pas contre les pauvres"
La CGT Tam Montpellier a immédiatement récupéré l'affaire pour se démarquer de FO sur sa page Facebook: "La CGT-TaM va faire des propositions après concertations pour régler ce problème dans le respect de toutes et tous y compris les Roms qui ne sont pas des animaux mais bien des êtres Humains. [A noter la majuscule...] D'autre parts [orthographe d'origine] de mémoire de Syndicat jamais à TaM un cas de Tuberculose ou Gale n'est apparu chez les conducteurs [un évocation révélatrice...] après un service sur la ligne 9 ou une autre ligne,restons serein chers collègues." On est ailleurs rassuré: "Ce ne sont pas des lépreux; ils sont suivis sur le plan sanitaire ! Luttons contre la pauvreté, pas contre les pauvres". Amis lépreux, évitez Montpellier, ville d'un spécialiste de l'exclusion, puisqu'aux élections municipales de Montpellier, ce chirurgien-dentiste socialiste du nouveau quartier d'affaires d'Antigone, était un candidat dissident du PS...
"C'est une honte. Oui, il y a une mauvaise odeur quand les Roms sont dans le bus et on le signale depuis deux ans mais ce n'est pas leur de faute. C'est parce qu'on les abandonne tellement qu'ils n'ont qu'un robinet sur leur camp! Ce ne sont pas des animaux. On ne doit pas s'attaquer aux pauvres mais à la pauvreté. Ça ne ferait que déplacer le problème. On ne va pas reproduire l'apartheid à Montpellier", renchérit auprès de Libération Bernard Gotis, délégué syndical CGT à la TaM.

ATD Quart-Monde balaie d'un revers de manche le mal-être des usagers
Le "vivre-ensemble" reste plus que jamais un slogan de vertueux donneurs de leçons dont sont exclus les devoirs. "Un bus spécial pour les Roms? Ce serait de la pure discrimination. Chacun a droit à sa place dans la société, et à une place digne. Qu'il y ait des difficultés, on ne peut pas le nier. Mais on ferait mieux de construire pour eux des points d'eau et des sanitaires plutôt que de se focaliser sur les conséquences de ce manque d'hygiène", s'indigne de son côté sur France tv info, Marie-Françoise Combaz, responsable de l'association ATD Quart-Monde en Languedoc-Roussillon. En s'exprimant sur le service public, s'adresse-t-elle à Ségolène Royal, Bernard Cazeneuve, Manuel Valls et François Hollande? Le spécialiste des catastrophes et des chrysanthèmes lâchera-t-il encore la courbe du chômage pour venir compatir sur place: pour se brancher sur les réseaux d'eau et d'électricité de la commune, les congénères de Leonarda attendent-ils en effet qu'il déclare solennellement, escorté de Nanard Cazeneuve et NVB, qu' "il y a" un problème, "il faut" et "c'est l'Etat qui paie" ? "Cette demande est scandaleuse. C'est même scandaleux d'y penser; il n'y a aucune chance que cela se fasse, car ce serait illégal", déplore Philippe Goossens, chargé par la Ligue des droits de l'homme - à laquelle appartenait l'altermondialiste Richard Durn, auteur en 2002 de la tuerie du Conseil municipal de Nanterre - de la défense des Rom et honteux d'avoir de vilaines pensées....

Selon Laurent El Ghozi, co-fondateur du collectif Romeurope, les propos du syndicaliste d'en face sont insupportables.
Depuis Nanterre où il est adjoint au maire (PCF, depuis avant-guerre: hôtel de ville de Nanterre, ci-contre), chargé de l'enseignement supérieur et de la ville, il reproche à la population locale héraultaise de ne pas s’interroger sur les moyens qui sont mis en œuvre pour permettre à ces populations de vivre dignement
Sa volonté de polémiquer se révèle lorsqu'il interpelle: "Est-il nécessaire de leur rappeler que les Roms ne sont pas sales génétiquement ? Les problèmes d’hygiène ne sont pas liés à un mode de vie ou à des considérations culturelles, mais au "fait qu’on oblige ces populations à vivre dans des bidonvilles ou des squats," accuse-t-il, "sans leur donner la possibilité de se laver", alors qu'il doit à la vérité d'admettre qu'ils  refusent la sédentarisation. Et d'ajouter: "C’est la manière dont on les traite qui est le fond du problème." Faut-il fournir le savon ?

Petit détour par Nanterre, il y a seulement quelques mois. En octobre 2014 à Nanterre, une dizaine de camions de CRS ont encerclé un ensemble de pavillons abandonnés du fond de l'avenue du Général-Leclerc pour chasser une trentaine de Rom installés dans une maison inoccupée, située en face du dépôt ...RATP. 
La police a-t-elle pu intervenir sans y avoir été appelée par le conseil municipal où Laurent El Ghozi est adjoint ? Ces familles erraient dans Nanterre depuis le mois de mai précédent, suite à leur expulsion  d'un terrain appartenant à l'Etablissement Public d'Aménagement Défense Seine Arche (Epadesa: bâtiment ci-contre). "Ce bâtiment est inoccupé depuis plus d'un an et nous avions décidé de le réquisitionner tant qu'une solution n'avait pas été trouvée pour reloger ces familles," expliqua un membre du comité créé pour les soutenir. 
El Ghozi ne s'en tient pas là. "Pour remédier à cette 'nuisance', le syndicat [FO] propose une solution qui relève de la ségrégation raciale." (...) "il s’agit là de discrimination. Cela rappelle tristement l’apartheid qu’ont pu connaître les Noirs en Afrique du Sud ou dans certains États américains." Et de menacer: "Si cette navette venait tout de même à être mise en place, les associations comme RomEurope, dont je fais partie, saisiraient le défenseur des droits."
L'adjoint au maire communiste exploite visiblement un filon. Mediapart soutient d'ailleurs ce dossier. "L’arrivée de la gauche au pouvoir n’y a rien changé. Les conditions de vie dans les bidonvilles n’ont cessé de se dégrader au cours des deux dernières années, écrivait le site trotskiste en mars 2014. Et les élections municipales ne font qu'empirer la situation. Tel est le bilan dramatique que dresse le réseau associatif Romeurope dans un rapport rendu public mercredi 5 mars, réalisé à partir des observations des ONG et des collectifs de riverains qui le composent.
El Ghozi n'en a pas fini et s'en prend aux travailleurs FO.
"Ces chauffeurs de bus montpelliérains évoquent un "danger sanitaire". Croient-ils réellement que, parce que l’on sent la transpiration, on présente un risque pour la santé d’autrui ? Ils sont même allés jusqu’à saisir le CHSCT pour faire constater les "nuisances", s'indigne-t-il contre des salariés.
Pour faire court, signalons enfin que l'élu communiste de Seine-Saint-Denis dénonce tout en bloc comme "inacceptable sur le plan des valeurs et faux sur le plan épidémiologique", mais s'en prend à la municipalité socialiste de Montpellier. "Pour régler le problème, la ville de Montpellier doit simplement appliquer la loi : les communes sont dans l’obligation d’apporter, entre autres, l’eau et l’électricité aux populations migrantes. L’installation de douches publiques est donc la solution." Demandons donc aux usagers languedociens de voter pour que leurs impôts locaux soient utilisés selon les volontés du Francilien. 

PLUS
édifiant
Lien video 2 (1981) : R. Hue (PCF) mène la chasse aux migrantx, accusés non pas de relents nauséabonds, mais de trafic de drogueRobert Hue est aujourd'hui supporter du président Hollande


Devoir de mémoire: l'affaire du tramway de Saint-Denis utilisé lors de l'expulsion de Rom 

Les vieux démons des salariés de la régie parisienne de transport ne sont pas morts: ils semblent avoir conservé la nostalgie de la rafle du Vel d'Hiv' en juillet 1942, au cours de laquelle les autobus parisiens de la STCRP, l'entreprise qui a précédé la RATP, ont transporté les Juifs raflés. La prévention par les journées de sensibilisation, les enseignements et les documentaires de la bien-pensance prend encore un rude coup. La gauche est sous le choc, vexée par ce retour de ce désir de discrimination et de ségrégation qui pèse toujours sur l'histoire de l'entreprise. Est-ce en connaissance de cause que ce pauvre Manu Valls avait évoqué, oeil noir et sourcil froncé, l'existence d' " un apartheid territorial, social, ethnique" en France ? A l'époque, les autorités policières avaient ordonné la participation des véhicules et des employés des transports en commun. En 1942, certains pointaient la responsabilité individuelle des conducteurs de bus ou de tramway face aux ordres supérieurs. En 2015, c'est un encarté FO de base -  son patron Jean-Claude Mailly, est lui-même encarté au PS - qui lance cette proposition à sa hiérarchie... 

Il faut encore rappeler que lors de la manifestation des Algériens de Paris et de la répression qui s'en suivit, le 17 octobre 1961,  les autobus de la RATP furent aussi utilisés pour transporter les personnes arrêtées. "Ce n'est pas à nous de transporter des convois de personnes qui ne sont pas forcément volontaires pour monter dans les tramways", avait déclaré un délégué syndical de la RATP. La gare de Bobigny, Seine-Saint-Denis, terminus de cette ligne de tramway, avait pourtant joué un rôle central durant la Seconde Guerre mondiale dans la déportation vers les camps de la mort de 22.000 Juifs du camp de Drancy. Elle abrite aujourd'hui un mémorial...  
Le président Hollande va-t-il occulter le malaise ou s'emparer au contraire du sujet pour lâcher une de ses phrases empathiques et définitives?

 

jeudi 5 février 2009

Le Sénat a réussi à infléchir la loi audiovisuelle

Le Parlement adopte définitivement le projet de loi audiovisuelle

Dans un ultime vote, le Parlement a définitivement adopté , le projet de loi réformant l'audiovisuel, au Sénat le mercredi 4 février .

Fin de navette parlementaire
La dernière version du texte établie par la commission mixte paritaire (CMP, 7 sénateurs et 7 députés), chargée de trouver un compromis entre les lectures du Sénat et de l'Assemblée Nationale, a été adoptée avec 18 voix d’avance (177 contre 159). Le PS, le PCF, les Verts et RDSE (à majorité PRG) ont voté contre et l'UMP et les centristes pour.

L'Assemblée ayant déjà voté ce texte mardi, le vote du Sénat rend donc l'adoption de la réforme définitive.
C’est le signal de la mise en œuvre de la nouvelle loi dont le vote intervient un mois quasiment jour pour jour après l'entrée en vigueur, le 5 janvier, de la mesure-phare du texte, la suppression de la publicité après 20 heures sur les chaînes publiques. Bien que les Français l’aient déjà plébiscitée, l’opposition s’était livrée à une résistance farouche, renâclant à cette réforme, comme à toutes les autres, mais avec des méthodes qui n’ont pas grandi l’image du Parlement.

Le Sénat n’a pas aggravé son cas


C’est le Sénat qui a introduit l’augmentation de la redevance audiovisuelle, contre la promesse du Président de la République de ne pas augmenter les impôts. Et la déclaration de Jean-François Copé: "moi vivant, pas d’augmentation de la redevance ». C’était avant que la crise internationale, que la gauche nous fait craindre, ne commence à peser sur l’économie française.

Les Français n’apprécient guère pourtant cette augmentation de 1,74 euros en 2009, voulue par les sénateurs du centre et qui à elle seule porte la redevance à 118€. Mais l’inflation étant estimée à 1,5%, la redevance passera en fait à 120€ par an, contre 116 euros aujourd'hui.
Concrètement, en 2008, le tarif de la redevance était de 116 € en métropole et de 74 € dans les départements d'outre-mer. En 2010, elle devrait bien être portée à 121 euros .

C'est "l'ensemble du paysage audiovisuel qui sera redynamisé, avec un service public libre de remplir ses missions et des chaînes privées moins corsetées", s'est félicitée Christine Albanel, ministre de la Culture.

Le Sénat avait tenté d’imprimer sa marque au texte

Les sénateurs avaient notamment souhaité limiter la possibilité de révocation par le Chef de l'Etat du patron de France Télévisions ou de Radio France. Ils n’ont pas réussi à leur éviter l’obligation de rendre compte: ils seront responsables.
Ils ont donc également essayé de maintenir la publicité sur RFO.

Leur bilan est positif: ils ont réussi à
- encadrer la révocation des présidents du public,
- refuser la suppression de la pub sur RFO
- et augmenter la redevance :
seule sa proposition de hausse de la redevance (par indexation au niveau de l'inflation, soit deux euros par an environ) a été retenue par la CMP.

La gauche n'inspire pas le respect
Pitoyable dans l'échec
"Le Sénat vient de montrer son utilité", se félicite le PS, qui voulait le supprimer et bloquer le projet de réforme.
Et carrément mauvaise joueuse
Que n’a-t-elle objectivement observé dans sa grande sagesse que
la séparation des pouvoirs existe bien
et que
l’omniprésident n’est pas omnipotent.

L’opposition ne va pas manquer de rectifier ses slogans à l’emporte-pièce…