Leur anti-sarkozysme les rend inappropriés aux fonctions de rassemblement
Ces socialistes qui ne peuvent être des représentants de tous les Français
Aubry et Ayrault, représentants des deux factions ennemies du PS
Jean-Marc Ayrault et Martine Aubry ont réuni les députés PS, mercredi à l'Assemblée nationale, pour organiser le plan de bataille de la campagne qui s'ouvre pour le contrôle de l'Assemblée nationale.
Depuis les présidentielles anti-sarkozystes et maintenant dans la perspective des élections législatives, les chefs de guerre socialistes qui dressent les Français les uns contre les autres ne peuvent plus prétendre les rassembler.
En poursuivant dans leur lancée, Jean-Marc Ayrault et Martine Aubry ont choisi de renoncer au poste de Premier ministre. " J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle, a lancé en introduction. Je commence par la mauvaise: nous avons un député de moins, c'est le député de Corrèze. La bonne nouvelle, c'est qu'il est devenu président de la République," a lancé La Voix de son Maître, Monsieur P'tite blague. Applaudissements des présents. La réunion visait aussi à cela: " se congratuler et applaudir ceux qui ont mené campagne ", raconte la députée de Paris, Annick Lepetit.
Prenant la parole après le patron des députés socialistes, Jean-Marc Ayrault, la première secrétaire du PS a ainsi salué François Hollande. " Si nous n'avions pas eu un candidat qui a fait un sans-faute, nous n'aurions pas gagné ", a assuré Martine Aubry avant de passer au gros du sujet, les élections législatives de juin, en ouvrant son propos sur un nouveau réquisitoire contre ses adversaires.
Ces deux A-là ne nous ramèneront pas le triple A, car ils sont encore dans la haine et incapables de fumer le calumet de la paix avec tous les Français.
Aubry n'est pas la Mère Denis
" Nous, nous respecterons l'opposition (…) L'échec de la France, c'est l'échec de la droite ", a-t-elle promis, malgré tous les signaux contraires dont elle est l'émettrice, appelant les candidats à se méfier de Nicolas Sarkozy qui " tout d'un coup serait l'ange blanc."
Aubry acceptera-t-elle d'être responsable de l'échec de la gauche ?
" La droite prétend qu'on veut tous les pouvoirs…" Qui pourrait en douter au moment de leur lancement de la campagne des législatives !
" Mais l'échec de la France, c'est l'échec de la droite et que l'on ne nous dise pas qu'il faudrait maintenant l'union nationale, alors que l'on n'a jamais écouté nos propositions." Alors que le PS a refusé de voter la plupart des textes proposés au Parlement.
" Il faut une majorité " à François Hollande. C'est l'enjeu. Ce que Jean-Marc Ayrault a également rappelé en assurant qu' " un président de gauche avec une majorité hostile conduirait à une crise ". Ainsi donc la droite n'a-t-elle finalement pas tort de "prétendre qu'on veut tous les pouvoirs"…
Pour leur campagne, les socialistes vont donc s'appuyer sur ce qui a fait le succès de celle de François Hollande: le rejet de Nicolas Sarkozy.
Savoir si ça marchera deux fois, car ce dernier a réduit l'écart, alors que Hollande n'a pas obtenu une victoire franche en ne l'emportant en fait que grâce au vote blanc et nul: un million deux cent mille voix d'écart, mais deux millions bulletins blancs.
Bien que Sarkozy ait pris du champ au soir du 6 mai et que la population stigmatise aujourd'hui les interférences anti-républicaines des media militants dans le jeu démocratique, le PS estime que sa recette de dénigrement et de mensonges ne sera pas éventée.
Accessoirement, il sera question -mais aussi peu que possible - de défendre l'application du projet du président socialiste et de ses soixante propositions.
Les alliances avec les autres partis de gauche s'annoncent épineuses
Les socialistes partent confiants, mais leur hégémonie en a braqué plus d'un qui ne brigue ni maroquin, ni niche dorée.
Un " accord " serait possible sur des candidatures communes de la gauche dans les circonscriptions où elle risque l'élimination au premier tour, annonce Stéphane Le Foll, un proche de François Hollande, court-circuitant le premier secrétaire du PS, la Ch'tite Aubry, qui a pourtant la responsabilité des élections. Un signe que l'Elysée entend bien s'emparer de tous les pouvoirs.
Signe que l'accord en question est toujours bloqué, le PCF s'est dit réservé sur l'issue des discussions. D'après la très sincère Martine Aubry, elles sont toutefois " en bonne voie " et pourraient déboucher sur une candidature unique de la gauche au second tour dans 55 circonscriptions. " Cela ne pose pas de grandes difficultés ", prétend la première comploteuse du PS.