POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est ras-le-bol. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est ras-le-bol. Afficher tous les articles

lundi 11 mars 2019

LREM: une cinquantaine de députés en a ras la casquette

Ils ne voudraient surtout pas se représenter aux élections législatives de 2022 

Des erreurs de recrutement et des électeurs abusés

Résultat de recherche d'images pour "ras le bol"
La majorité présidentielle à l'Assemblée rencontre des problèmes avec certains de ses élus. Entre 40 et 60 députés La République en marche seraient des erreurs de recrutement à l'Assemblée, confirme Le Journal du dimanche et une cinquantaine d'entre eux n'en peuvent plus. 
Alors que huit députés ont quitté La République en marche depuis le mois de juin 2017, d'autres ne seraient tout simplement pas à leur place et chercheraient à quitter la politique.Après plus d'un an et demi de mandat, certains s'interrogent sur les raisons de leur candidature qui les ont conduits dans cette galère et la qualité de leur recrutement par le groupe en vue des élections législatives de juin 2017. 

Il n'a eu que de "quelques mois pour aller chercher les candidats"explique un ancien membre de la Commission nationale d'investiture, parfois des novices en politique, souvent inconnus qui n'auraient pas dû. 
Cette CNI était présidée par Jean-Paul Delevoye, un ancien ministre de Jean-Pierre Raffarin et des élus du Parti socialiste. Ainsi, Anne Emery-Dumas, sénatrice (PS) de la Nièvre est du nombre. Jean Launay, député élu dans le Lot, est lui aussi encarté au Parti socialiste. François Patriat, sénateur élu dans la Côte-d'Or, est aussi membre de la principal composante de l'actuelle majorité. Il fait partie des suppléants désignés auprès de la commission.On remarque encore une personnalité politique: Christine de Veyrac, une ex-député européenne, qui fut membre de l'UDI. En-dehors de ces personnalités politiques, on note aussi la présence de Catherine Barbaroux, ancienne présidente de l'ADIE, association française de micro-crédit, qui intègre également l'ensemble. Elle a été déléguée générale à l'emploi et à la formation professionnelle. A ce titre, elle a travaillé auparavant avec Martine Aubry, Elisabeth Guigou, François Fillon et Jean-Louis Borloo. 
Résultat, deux députés ont été priés de quitter le groupe : M'Jid El Guerrab, dès le mois de septembre 2017 (lien PaSiDupes), accusé d'avoir frappé un élu socialiste avec son casque et Joachim Son-Forget, poussé vers la sortie après une nuit de messages délirants postés sur Twitter (lien PaSiDupes).

Certains députés reconnaissent ne pas être faits pour le job 

Depuis le début de leur mandat, six députés ont claqué la porte de La République en marche à cause d'incompatibilités politiques, rappelle Le Journal du dimanche. Des départs que minimise Gilles Le Gendre, chef de file de La République en marche à l'Assemblée nationale : "Depuis le début, certains nous lançaient des signaux sur le fait que leur participation à la vie collective leur pesait," raconte-t-il.

Si la dizaine de départs, forcés ou volontaires, donnent une mauvaise image du parti,
certains, parmi ceux qui restent, ne font pas non plus bonne figure. 
Cité par le JDD, un proche du groupe estime qu'entre 40 et 60 députés marcheurs "sont... perdus, pas bons. Ils font des trucs mais ils brassent de l'air". Des élus qui ne seraient pas heureux dans l'hémicycle, qui "subissent les textes" et se contentent de "faire acte de présence", confie un député. Pas de quoi s'inquiéter pour Gilles Le Gendre, qui évoque au magazine des "vagues" de découragement car la "mission est exigeante". "Les députés sont comme tout le monde, ils peuvent connaître des hauts et des bas", banalise-t-il.

Pourtant, ce mal-être serait au point qu'une cinquantaine d'entre eux songeraient à ne pas se représenter en 2022, voire à profiter des élections municipales de 2020 pour s'échapper, une bonne fois pour toute, de l'hémicycle. Gilles Legendre a réagi auprès de nos confrères du Point : "C'est une invention, avec deux citations, vous faites un papier. Je ne connais pas ces 40 députés dont il est question".

vendredi 22 février 2019

Ras-le-bol des policiers mobilisés pour garder La Lanterne, résidence royale des Macron

Macron a beau les caresser dans le sens du poil, les policiers ne le supportent plus non plus

Les gardes statiques répétées à la résidence présidentielle de La Lanterne à Versailles insupportent les syndicats des forces de l'ordre. 

Résultat de recherche d'images pour "la lanterne"

"Avec Emmanuel Macron, c'est tous les week-ends", sans considération - en dehors des discours et des caméras - de la fatigue accumulée des policiers sans cesse sollicitée par le couple, crise sociale et samedis de Gilets jaunes ou non. Ils y ont droit, mais Emmanuel Macron et la douairière se rendent chaque week-end dans ce pavillon de chasse réservé au chef de l'Etat, encore un caprice présidentiel sans précédent sous la Ve République. 

Des patrouilles immobilisées chaque week-end, un manque d'effectif avec des conséquences pour la sécurité publique : les  syndicats policiers ne peuvent plus voir en peinture les Macron qui les obligent à des gardes statiques répétées de La Lanterne à Versailles (Yvelines), résidence royale particulièrement prisée du couple présidentiel.

Depuis son accession à l'Elysée, Emmanuel Macron a pris pour habitude de séjourner très fréquemment dans ce pavillon de chasse avec vue sur le château, en lisière du parc de Versailles. Le premier personnage de l'Etat a peu à peu squatté cette ancienne résidence des premiers ministres implantée dans un domaine de quatre hectares, avec piscine et terrain de tennis.

"A Versailles, on se retrouve à une patrouille, voir zéro sur le week-end" 

Image associée
Si ses prédécesseurs n'y séjournaient pas très souvent, "c'est monté en puissance avec Hollande", raconte Julien Le Cam, délégué syndical Alliance dans le département, "et là, maintenant, avec Emmanuel Macron, c'est tous les week-ends". Trois patrouilles, composées au total de six policiers, doivent garder l'extérieur du domaine dès que le président y séjourne. L'intérieur est surveillé par le groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR).

"Ce ne sont pas les gardes en soi qu'on dénonce, explique Julien Le Cam, mais c'est l'impact que ça a sur police-secours. Alors qu'il y a déjà peu d'équipages le week-end, qui trinque, c'est la sécurité publique". "Ça plombe l'opérationnalité de l'ensemble du département", confirme son collègue Cyril Thiboust, délégué Unité-SGP police, en affirmant que "par moment à Versailles [commune], on se retrouve à une patrouille, voir zéro sur le week-end"

Versailles n'est pas le seul lieu mettant à contribution les policiers des Yvelines. 
Deuxième personnage de l'Etat, comme président du Sénat, Gérard Larcher se rend aussi régulièrement à Rambouillet : il y a son domicile privé, ce qui fait la différence... Et une patrouille est à chaque fois mobilisée pour en assurer la surveillance. "Même quand M. Larcher sort avec sa 4L pour aller à la chasse, une patrouille doit rester devant son domicile. Et quand vous mobilisez une patrouille, vous mobilisez tous les effectifs de Rambouillet", explicite Julien Le Cam. 

"Qu'on arrête de piocher dans police-secours", réclame un policier du commissariat de Versailles, qui souhaite rester anonyme. 
Résultat de recherche d'images pour "le 17"
"S'il y a appel au 17, ce sont les collègues d'Élancourt qui doivent se déplacer""On est là à regarder nos tablettes, nos téléphones portables, mais nous,ce qu'on veut, c'est bosser".
Sur le terrain, les effectifs supportent de moins en moins ces gardes statiques. Selon ce policier, en 2018, "40% du temps de travail des unités de Versailles a été consacré à des gardes statiques", en comptant les gardes du commissariat ou de détenus hospitalisés.
 
Les syndicats déplorent également l'absence de toilettes devant La Lanterne, dont l'installation a été refusée. "Il faut demander une relève" pour s'y rendre, s'indigne Cyril Thiboust.

Les policiers des Yvelines ont déjà connu une situation similaire avec la surveillance de la maison de Marine Le Pen, à La Celle-Saint-Cloud, parfois pendant "des étés entiers, alors qu'il n'y avait personne", se rappelle Julien Le Cam. "On a mis deux ans à la suppression de cette servitude", imposée au lendemain des attentats de janvier 2015, assure Cyril Thiboust.

Vers la création d'une unité dédiée aux gardes statiques ? 
Résultat de recherche d'images pour "garde statique à la lanterne"
La préfecture a reçu les syndicats et leur a assuré avoir fait remonter l'information au ministère de l'Intérieur, ainsi qu'à la présidence de la République. D'après Cyril Thiboust, la direction départementale de la sécurité publique des Yvelines a suggéré la création d'une unité dédiée à ces gardes statiques. Elle nécessiterait le recrutement complémentaire d'"approximativement 36 personnes", avance-t-il. Une perspective à laquelle ne croit guère Julien Le Cam : "en un an, on a eu 6 recrues dans les Yvelines". Et combien de départs à la retraite ?

jeudi 23 juin 2016

"Le gouvernement utilise la police à des fins politiques," explique un chercheur

Au four et au moulin, les policiers refusent d'être moulus

Les policiers doivent assurer la sécurité de l'Euro contre le risque d'attentat 
 islamistes et des manifestations contre la loi travail

Depuis 18 mois et les attentats djihadistes de Charlie Hebdo, les policiers sont sans cesse et de plus en plus sollicités. 
Dans un contexte d'état d'urgence et de risque d'attentats islamistes, les forces de l'ordre doivent assurer la sécurité de l'Euro de football, des manifestations sociales, et sont confrontées à la violence des "casseurs", c'est-à-dire des groupuscules de l'"ultra-gauche", anarcho-révolutionnaires et antifa'' mêlés
Suite aux violences et dégradations au cours de la manifestation contre la loi travail du 14 juin, François Hollande a fait planer la menace d’interdiction des manifestations "au cas par cas". Manuel Valls a de surcroît hystérisé le débat, appelant le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, à renoncer à l'organisation de grandes manifestations à Paris, après avoir lui-même recouru à l'article 49.3 pour faire passer sa réforme sans la soumettre au débat parlementaire. Est-ce en rupture avec le droit constitutionnel de manifester ?
Le 19 mai 2016 , Manuel Valls rappelait que nous sommes un Etat de droit et ajoutait : "Si nous décidions d’interdire un certain nombre de manifestations, la justice administrative casserait cette décision". Le même jour, Bernard Cazeneuve disait sensiblement la même chose. Les récentes déclarations de François Hollande et Manuel Valls marquent indéniablement une rupture avec le droit constitutionnel. C’est pourquoi la justice administrative est susceptible de casser ces éventuelles décisions. Ils ont reculé face à ce risque.
Rappelons encore que
neuf des dix suspensions individuelles d’autorisation à manifester ont été cassées par la justice administrative. Nous sommes dans une situation de tension entre le droit et des affirmations politiques qui se heurtent à la réalité du Conseil constitutionnel.
Plutôt que de dissoudre ces groupes anti-républicains violents, le pouvoir socialiste préfère interdire les manifestations syndicales à risques. L'interdiction de ce 24 juin social aurait pu être une première sous la VIe République. En cinq ans, Nicolas Sarkozy n'y a pas recouru et il faut remonter à mai 1952 et les événements d'Algérie pour en trouver une illustration. 
A l’échelle du siècle, très peu d’organisations en France ont mobilisé la violence comme une forme d’action stratégique. Il y a des exceptions : l’Action française avant 1914 et dans les années 1930, le PCF en mai 1952, et des forces d’extrême gauche dans les années 1970. On retrouve aujourd’hui des forces minoritaires, comme le MILI (Mouvement inter-luttes indépendant, collectif d'extrême gauche composé de "jeunes" lycéens, étudiants ou non, qui refusent toute hiérarchie), qui se réclament de la violence comme facteur de déstabilisation. Ce n’était plus le cas de la CGT depuis longtemps et les dernières déclarations de Philippe Martinez, ces derniers jours, laissent perplexe au vu des violences et de la casse. La violence dans le mouvement ouvrier a toujours été dénoncée, mais pratiquée et qualifiée de violence subie, "en marge" de ses meetings et défilés, même si les dockers ont par exemple un rapport à la force physique – et donc si nécessaire à la violence –, plus élevé et que la CGT s'est constitué un service d'ordre réputé efficace, quand elle le veut bien...
Directeur du Centre de recherche sociologique sur le droit et les institutions pénales (Cesdip) et chercheur au CNRS, Christian Mouhana décrit le "ras-le-bol des policiers". Pour Le Point, ce spécialiste des questions de sécurité et de la police décrit ce ras-le-bol.

Le Point.fr : Les policiers sont-ils vraiment au bout du rouleau ?

Christian Mouhana : Il ne faut pas tout mélanger. Il y a un ras-le-bol structurel au sein de la police, comme dans tous les services publics victimes de coupes budgétaires et de méthodes de management productivistes venues des États-Unis. Mais c'est vrai qu'il y a un contexte particulier qui augmente ce ras-le-bol. Avec 85 % environ d'opinions positives, la police est une des professions les plus aimées par la population. Pourtant, quand vous parlez à des policiers, ils n'ont pas l'impression d'être aimés. Après les attentats de Charlie Hebdo, on a eu l'impression que ça allait mieux. Mais depuis, les choses ont changé. C'est parce que dans le cadre de leur métier, ils font plus souvent face à la minorité, aux 25 % qui ne les aiment pas, notamment des jeunes des quartiers sensibles, qui font souvent l'objet de contrôle d'identité, des casseurs, des criminels… Mais aussi des manifestants lorsqu'ils trouvent que l'intervention des policiers se fait de manière trop brutale.

Le meurtre du policier et de sa femme, au domicile dans les Yvelines et revendiqué par Daesh, a-t-il aggravé ce mal-être ?

Bien sûr, même si les policiers se sentaient déjà en insécurité. Il y a eu des sites internet qui dénonçaient certains policiers et donnaient leurs adresses. Ils se sentent sans arrêt sous la menace. Beaucoup d'entre eux n'habitent pas sur leur lieu de travail. Cet événement augmente ce sentiment. Mais on ne sait pas encore s'il s'agit vraiment d'un attentat, d'un règlement de comptes, ou les deux.

La police française est-elle dépassée face aux 'Black blocs' et leur organisation quasi militaire ?

La police française a toujours eu une bonne réputation dans le domaine du maintien de l'ordre. Il y a une police spécifique composée de gendarmes mobiles et de CRS (environ 25 % à 30 % des effectifs) qui attend qu'on l'appelle pour gérer les événements problématiques. C'est un choix politique et coûteux que peu d'autres pays ont fait à cette échelle. Avec un résultat positif, il n'y avait quasiment jamais de morts et très peu de blessés graves causés par la police, comme on l'a constaté lors des émeutes de 2005. Mais il faut se demander si ce modèle est toujours valable. Et l'apparition des armes dites non létales pose problème, car elles remettent en cause ce modèle et sont très utilisées.

Pourquoi ?

Parce qu'il y a beaucoup de blessés des deux côtés. Il y a aussi un problème de stratégie : les policiers ont du mal à attraper les casseurs. Ils se mêlent aux manifestants et s'en vont quand la police réplique. Du coup, les policiers s'énervent, et interpellent, par défaut, des manifestants qui ne sont pas dans une posture violente. Ces derniers peuvent se dire que les casseurs ont raison. Cela produit un cercle vicieux de dérapages. Avant, la police avait la capacité de négocier avec les services d'ordre des syndicats. C'est moins le cas. Pourtant, les manifestants n'ont pas intérêt à ce qu'il y ait des casseurs qui discréditent le mouvement. On voit comment le Premier ministre utilise la police pour asseoir son autorité et éviter le débat.

Le gouvernement utilise-t-il la police à des fins politiques ?

Oui. L'état d'urgence a par exemple été utilisé pour restreindre l'action des militants qui manifestaient contre la COP21 ou contre la loi El Khomri. Il y a un mélange des genres. Cela pose un vrai problème de société. Pour qui travaille-t-on quand on est policier ? Pour les politiques ou pour les citoyens ? Les policiers sont tiraillés entre ces deux impératifs.

La police française est-elle politisée ?

Pendant très longtemps, elle a été majoritairement affiliée à des syndicats de gauche. Aujourd'hui, aucun syndicat policier majeur ne se positionne clairement à gauche. Chez FO, il y a toutes les sensibilités politiques. Et beaucoup de policiers, comme dans d'autres parties de la société française, votent sans doute FN. Beaucoup d'études annoncent un glissement des policiers vers la droite. Mais ces études mêlent les policiers et les militaires, donc c'est compliqué de se faire une idée précise. Ce qui est certain, c'est qu'il y a dans la société une très forte montée de la critique contre les élites de gauche et de droite, y compris dans la police.

Pourtant, le gouvernement a fait des "cadeaux" aux policiers …

Il n'y a pas pour autant d'engouement ni d'adhésion vis-à-vis du gouvernement actuel. Il est tenu pour responsable de l'absence de réforme de la police. Les syndicats sont entendus, mais il n'y a pas de mouvement définissant clairement la place du policier dans la société. Depuis 2002, la police s'éloigne de plus en plus de la population. La France a abandonné tout effort pour construire sa police de proximité. C'est le seul pays développé à avoir renoncé à tout progrès en ce sens. C'était le discours de Sarkozy à Toulouse en 2003. 

Depuis 2012, les choses n'ont pas évolué.
Christian Mouhana non plus: il reste un militant de gauche. A propos de l'Institut national des hautes études de la sécurité (Inhes), dont il a démissionné, il écrivait en 2007: "Pour le directeur, on est une bande de gauchistes fous."

mercredi 30 septembre 2015

Cambadélis rejette Macron à la marge du PS

Macron est-il un hérétique à conduire au bûcher?

Le Parti socialiste "ne polémique pas avec un ministre d'ouverture"

Macron est ainsi devenu le Bachar al-Assad du gouvernement Valls...
A la tête du Parti socialiste, l'ex-trotskiste a trouvé le moyen de donner libre cours à sa violence naturelle. Jean-Christophe Cambadélis est devenu premier secrétaire du PS, mais est resté 'Kostas'. Rares sont ceux qui avaient pris  la juste mesure de sa brutalité rentrée quand, en plein hémicycle de l'Assemblée nationale, il avait menacé du poing Dominique de Villepin, alors Premier ministre (photo ci-contre), libérant sa haine anti-républicaine.      

C'est une habitude socialiste, à en croire la gifle de rappel à l'ordre que Manuel Valls (ci-contre à droite) appliqua à un "frondeur" qui contesta sa politique lors de l'université d'été du PS au début du mois. 

Les dernières déclarations du ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, ont déclenché une cabale. "C'est un ministre d'ouverture et le Parti socialiste ne polémique pas avec un ministre d'ouverture, a-t-il lâché, avec mépris. Ce qu'il dit ne nous engage pas et ce que nous pensons ne l'engage pas. On en restera là". Telle est la sentence de Cambadélis lors d'une conférence de presse. 

Macron,  paria du PS

Le patron de Solférino fait référence - injure suprême - aux ministres d'ouverture recrutés par Nicolas Sarkozy lors de son accession à l'Elysée en 2007. Des socialistes ou radicaux avaient déjà été bannis du parti vertueux de la tolérance et des libertés: Bernard Kouchner, Eric Besson, Jean-Pierre Jouyet et Martin Hirsch, classés à gauche, avaient ainsi participé au gouvernement Fillon I. Deux d'entre eux servent à nouveau le président Hollande, l'un à l'Elysée et l'autre à la direction générale de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris où il a décidé de réduire le nombre des hôpitaux, en sorte que Hollande puisse offrir 100 millions d'euros aux 'réfugiés' et au Programme d’aide alimentaire...

En clair, pour Cambadélis, Macron n'est donc pas de gauche. 
Un huissier doit contenir 'Kostas'
Lors du Monde Festival du dimanche 27 septembre 2015, l'hérétique du ministère de l'Economie s'est approprié le libéralisme comme "valeur de gauche", une réquisition jugée iconoclaste. "Il faut rénover la pensée profonde de la gauche, a martelé l'ancien banquier. J’ai rarement vu des gens aller au bout du bovarysme parlementaire", dénonçant l’inaction de ceux qui ne vont pas au bout de leurs souhaits de réforme. "… J’assume qu’il y ait un libéralisme. Le libéralisme est une valeur de gauche." Poussé à prouver qu’il ne s’est pas trompé de famille politique, le ministre s'est appliqué à convaincre les sceptiques de sa lutte contre les inégalités. Et de prendre en exemple l’ouverture des lignes d’autocars au transport des passagers : "On a rouvert de la mobilité, c’est une lutte contre l’inégalité." Manquent simplement les gares routières capables de les accueillir...

Macron a également estimé qu' être élu est "un cursus d'un ancien temps". Sur ce dernier point, il a été recadré par Manuel Valls. Le Premier ministre lui a rétorqué que l'expérience du terrain d'un élu est "irremplaçable". Dans un entretien avec le site internet MY-TF1, vendrediCambadélis avait déjà clamé que la formule de Martine Aubry - son " 'ras-le-bol' de Macron" (sic) - est partagé, y compris dans l'exécutif". 

Le calendrier et la question du référendum posés 

Et on vote bien: j'vous ai à l'oeil !
"Face à la droite et l'extrême droite, souhaitez-vous l'unité de la gauche et des écologistes aux élections régionales ?"  Telle est la question que le Parti socialiste (PS) posera les 16, 17 et 18 octobre. Problème de flou : le retrait de la précision "avant le premier tour", fait polémique. La mention qui faisait auparavant partie de l'interrogation a en effet été escamotée tant l'enjeu est grand pour Europe Ecologie-les Verts, les communistes et le Parti de gauche. 

Impuissant à rassembler la gauche pour les régionales, Kostas détourne l'attention
Le PS semble s'accommoder de la menace du  Front national donné premier par les sondages dans plusieurs régions. Depuis Mitterrand, le FN fait en effet florès sous la gauche. Jean-Christophe Cambadélis amuse donc la galerie en lançant l'idée d'un référendum, espérant forcer la main des appareils des partis. Il en a précisé les dates et la question hier mardi. Toute personne qui accepte de laisser son nom, son prénom et son adresse de courriel, pourra voter "oui" ou " non" par internet du vendredi 16 octobre au dimanche 18 octobre à 20 heures. Les votes physiques auront également lieu du 16 au 18, jusqu'à 18 heures. Un point de presse sera organisé dès le dimanche soir pour communiquer les résultats, qui seront -ou non- validés "dans les jours qui suivent" par la Haute autorité du PS.

En tenant ces propos,
Macron prépare-t-il son retour dans la fonction publique - devant un think tank, Emmanuel Macron a estimé que le statut des fonctionnaires à vie n'est plus "adéquat" - ou à la banque ? Si la fonction de ministre est une rente, ce n'est pas un statut à vie... 

mercredi 23 septembre 2015

Martine Aubry s'en prend violemment à "Macron" (sic)

Martine Aubry en a "ras-le-bol" des déclarations d'Emmanuel Macron

La maire (PS) de Lille s'est laissée aller à une violente attaque contre 
Emmanuel Macron

Marginalisée et hargneuse, Martine Aubry a dit son "ras-le-bol" du ministre de l'Economie mercredi, lors de sa conférence de presse de rentrée. 
Interrogée sur les récentes déclarations d'E.Macron, qui avait jugé "pas justifiable" le statut d'emploi à vie des fonctionnairesfaisant déborder son bock de bière, M. Aubry, a répondu en avoir "ras-le-bol" de ce ministre. "Macron... Comment vous dire ? Ras-le-bol ! ras-le-bol, voilà ! Il faut qu'il mette toute son énergie, et sans doute tous ses talents, à accélérer la croissance et l'emploi. Je supporte de moins en moins à la fois l'arrogance - notamment sur les fonctionnaires, pour un ancien fonctionnaire certes devenu banquier d'affaires (...) - , et une ignorance de ce que vivent les gens aujourd'hui, et il y a un moment où ce n'est plus supportable. Qu'il s'occupe de son ministère, ce serait déjà très bien !", s'est emportée l'ex-première secrétaire du¨PS.



Elle s'en est aussi prise aux projets du gouvernement de "modifier le Code du travail, pour accroître la précarité", selon elle, épargnant toutefois le président François Hollande dont elle souhaite "la réussite" du quinquennat, bien qu'il la marginalise. Le réformisme de Valls relève d'"une espèce d'idéologie du passé", qui n'est "pas la modernité", martèle-t-elle. "Comment voulez-vous que les gens ne soient pas inquiets ?"


L'ex-ministre de l'Emploi de Jospin a aussi accusé Valls et son gouvernement de ne "pas appliquer" le texte d'orientation du congrès 

Sans nommer Manuel Valls ou les autres membres du gouvernement (telle Marilyse Lebranchu, une intime), "si ceux qui ont signé ne respectent pas ce qu'ils ont signé, il faut leur poser la question" de savoir pourquoi ils agissent ainsi, a-t-elle lancé aux signataires comme elle, en juin à Poitiersprônant une inflexion de la politique économique



Elle a aussi ironisé sur les décisions du gouvernement qui, "quand il a voulu améliorer la compétitivité des entreprises (...), a réussi à rétablir les marges" des entreprises. "Mais toutes disent: il y a un problème de demande, on n'a plus de marché" et l'effort du gouvernement en ce sens est "encore insuffisant", a-t-elle jugé.

Bruno Le Roux, le président du groupe socialiste à l'Assemblée a aussitôt taclé la maire de Lille.  Moody's vient de déclasser la France" en abaissant sa note, mais "il n'y a pas que les frondeurs qui disent ça", des râleurs qui ont souvent associé "M. Macron et M. Sapin (ministre des Finances et des Comptes publics)" dans leurs critiques.

La meneuse des frondeurs a aussi critiqué le défaut de contreparties aux aides aux entreprises du Pacte de compétitivité et d'emploi. "Sans contrepartie, il n'y a pas de pacte", a-t-elle lancé.

L'amère Aubry n'a pas manqué de taper aussi sur l'opposition

Appuyant sans réserve le candidat PS aux régionales, l'eurodéputé Pierre de Saintignon, son premier adjoint de Martine Aubry à la mairie de Lille, la très courtoise Aubry a encore affirmé - omettant le plus souvent son prénom, comme celui d'Emmanuel Macron - que "Le Pen ne sert à rien" et estimé que Xavier Bertrand, "n'a laissé de trace nulle part".

L'ex-numéro deux du gouvernement Jospin a été aussi détestable avec Xavier Bertrand (Les Républicains) qu'avec Marine Le Pen (FN), tous deux candidats aux régionales en Nord-Pas-de-Calais/Picardie.


Il faut dire qu'Aubry a misé sur le mauvais cheval. Son poulain, Pierre de Saintignon, (PS), premier vice-président du Conseil régional Nord Pas-de-Calais chargé du développement économique, part en position désespérée.

Or, les socialistes locaux lui reprochent son manque d'investissement dans les régionales où son candidat n'est annoncé qu'en troisième position, derrière la première nommée et le second objet de sa furie, qui la talonne. Sa politique du pire est sur le point de réussir, au détriment du Parti socialiste dont elle a pourtant été la première secrétaire.

vendredi 8 novembre 2013

Standard and Poor's sanctionne la politique économique de Hollande

Un réquisitoire justifie la dégradation par l'agence de notation  

L’agence s’interroge en clair sur la capacité des socialos-écolos
L’agence de notation a décidé d’abaisser la note souveraine accordée à la France. Elle passe de « AA+ » à « AA ». - AFP
à mener des nouvelles réformes et à réduire les dépenses publiques.

En dégradant la France pour la deuxième fois en moins de deux ans,
à AA , Standard & Poor’s porte un coup dur au gouvernement. D’autant que, loin de critiquer les fondamentaux de l’économie, l’agence de notation met en cause directement à sa politique économique et s’interroge ouvertement sur la capacité de l’exécutif à réformer le pays.
"Cet abaissement traduit notre opinion selon laquelle il est peu probable que l’approche actuelle du gouvernement en matière de réformes budgétaire et structurelle dans les domaines de la fiscalité, du secteur des biens et services et du marché du travail améliore de manière substantielle les perspectives de croissance de la France à moyen terme ", explique Standard & Poor’s dans son communiqué . Après une croissance nulle cette année, elle anticipe une hausse du PIB de 0,7 % l’an prochain et de 1,4 % en 2015, inférieure aux prévisions de Bercy (+0,9 % en 2014, + 1,7 % en 2015).

Marge de manoeuvre réduite

S&P prend note des mesures prises depuis un an (notamment le crédit d’impôt compétitivité et emploi, ou encore l’accord sur l’emploi conclu par les partenaires sociaux traduit dans la loi cet été) mais estime qu’elles sont "probablement insuffisantes " pour débloquer le potentiel de croissance et n’ont "pas réduit de manière significative le risque que le taux de chômage reste au-dessus de 10% jusqu’en 2016".

Ce contexte réduit la marge de manoeuvre du gouvernement, selon Standard & Poor’s. "Le niveau actuel du chômage amoindrit le soutien populaire en faveur de nouvelles réformes structurelles et sectorielles et affecte les perspectives de croissance à plus long terme ", souligne l’agence. 
La fronde bretonne sur l’écotaxe, impôt maudit en France, et, plus globalement le débat sur le "ras-le-bol fiscal" ne sont également pas passés inaperçus. Le "mécontentement grandissant" des Français face "au poids croissant de la fiscalité" et les " revirements" du gouvernement en la matière (écotaxe, épargne..) "les pouvoirs publics disposent désormais d’une marge de manœuvre réduite pour augmenter les recettes", met en garde S&P.

"Incapacité à réduire significativement les dépenses"

L'agence pointe l'"incapacité du gouvernement à réduire les dépenses de l’Etat de manière significative". Comme ne cesse de le répéter l'opposition, "nous ne percevons pas de plan d’ensemble pour redéfinir les dépenses publiques pour dégager un potentiel de croissance", a précisé Jean-Michel Six, chef économiste pour l’Europe de S&P. Impossibilité d’augmenter davantage les impôts, difficultés à baisser les dépenses, "la marge de manœuvre budgétaire de la France s’est réduite, alors que nous la considérions auparavant comme élevée au regard des pays comparables", poursuit l’agence. 
S&P annonce un déficit de public de 4,1 % cette année, conforme à la prévision du gouvernement, mais supérieur aux 3,5 % attendus par S&P il y a un an quand elle avait confirmé la note de la France. Elle estime désormais que la dette publique de la France culminera à 93,2 % du PIB en 2015 (hors soutiens aux fonds européens).

Difficile pour le gouvernement d'avoir raison contre tous

Hollande avait fait de la maîtrise des finances publiques sa ligne conductrice,
depuis son arrivée au pouvoir l’an dernier, dans l’espoir notamment de maintenir au plus bas les taux d’intérêt des emprunts d’Etat, et donc le coût de la dette publique. Mais il a aussi créé des postes de fonctionnaires et engagé des dépenses inconsidérées, tels les 3 milliards promis encore aujourd'hui par Ayrault pour le désenclavement des quartiers populaires de Marseille nord.
Le gouvernement a mal pris la condamnation de sa politique. 
Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, en déplacement à Marseille pour la municipale 2014, a soutenu sur France Bleu Provence que l’agence n’aurait "pas pris en compte toutes les réformes" menées depuis l’an dernier, notamment le projet concernant les retraites, en dépit de l'opposition de TOUS les sénateurs, toutes tendances confondues, un fait sans précédent. 
De son côté, le ministre de l’Economie Pierre Moscovici a dénoncé les " jugements critiques et inexacts" de l’agence de notation.


Depuis mai 2012,
chacun redoutait d'avoir à payer d'un lourd tribut l'inexpérience du président et l'amateurisme de l'exécutif. 
Les Français affligés ont dû faire avec l'injustice sociale et la totale inconscience d'un pouvoir d'idéologues donneurs de leçons inappropriées et incapables d'adaptation à la situation. Non seulement ils prennent leur entêtement pour une "détermination" que les résultats ne justifient en rien, mais ils nient avec entêtement les évidences, les conseils et les mises en garde, d'où qu'ils viennent.

Les Bonnets rouges ont compris qu'il n'y a rien à attendre de bon de ces bras cassés-là.

Pourvu qu'ils n'aient pas donné en Bretagne le signal de la révolte partout en France.

   

lundi 28 octobre 2013

Le ras-le-bol fiscal plus fort que la grogne sociale

Les Français rejettent un remède plus fort que le mal

Le 
gouvernement est pris de court par l'ampleur du phénomène de 
"ras-le-bol" fiscal 
diagnostiqué en France par le ministre de l'Economie Pierre Moscovici. Alors qu'il promettait la fin des hausses d'impôts mais les empilait sur le dos d'une part grandissante des classes moyennes, Hollande avait jusqu'à présent été épargné par les mouvements sociaux classiques. 

D'erreurs psychologiques de communication en mesures fiscales improvisées,
retirées ou édulcorées aussitôt qu'annoncées,
François Hollande est en passe de perdre la crédibilité regagnée avec une réforme des retraites qui n'a guère mobilisé la rue. Il croyait embobiner les Français  de mots et les embrouiller de sémantique pendant encore quatre ans, mais les jeunes se sont défoulés dans l'émotion comme les travailleurs de l'agroalimentaire dans les violences. 

"La protestation syndicale n'est qu'une partie de la protestation sociale et populaire", souligne Guy Groux, chercheur associé au Centre de recherche de l'Institut de sciences politiques de Paris (Cevipof).

En chargeant la mule de la fiscalité, le chef de l'Etat socialiste s'est exposé à un triple risque: sanction dans les urnes par les classes moyennes, guérilla itinérante comme en Bretagne et détermination du patronat.

Ce rejet est lié à un taux de prélèvements parmi les plus élevés au monde. Mais pour l'économiste Elie Cohen, plus Hollando-dépendant que le plus rose des socialistes, elle a aussi été alimentée par les déclarations de Pierre Moscovici et de François Hollande"Si les plus hautes autorités de l'Etat prennent position pour un gel fiscal et qu'après on apprend tous les matins à la radio qu'il y a une nouvelle mesure, quelque chose ne va plus."

D'autres économistes qui ont comme lui soutenu François Hollande en 2012 critiquent sévèrement un manque de cohérence.
"Il y a un éparpillement de mesures dont la seule cohérence est la volonté de réduire le déficit budgétaire", dit ainsi Michel Aglietta, professeur à l'université de Paris-Nanterre. 

Elie Cohen va même jusqu'à qualifier de "mesure imbécile" la taxation supplémentaire des produits de l'épargne longue (PEA, PEL et assurance-vie) sur laquelle le gouvernement a rétropédalé partiellement ce week-end, ou de "connerie" la taxation de l'EBE (excédent brut d'exploitation) un temps envisagée.

Cela pose la question de la "capacité d'arbitrage politique de Bercy", qui paraît selon lui fortement affaiblie: "Comment un ministre a-t-il pu laisser passer la taxe sur l'EBE?" Et comment un Parlement peut-il voir passer toutes ces imbécilités et conneries diverses sans broncher?

Et Cohen distingue trois phénomènes qui n'ont guère vocation, selon lui, à converger sur le terrain.
Si la taxation de l'épargne longue a donné lieu à un débat public âpre, il ne faut pas s'attendre à ce que les détenteurs de PEA ou d'assurance vie descendent dans la rue.
Le Medef, principale organisation patronale, sait pour sa part jouer des contradictions gouvernementales et "a réussi à avoir quelques victoires faciles", notamment sur l'EBE. "Mais on sait négocier avec lui", fait valoir Elie Cohen. A moins que ce ne soit l'inverse.

En revanche, "la révolte bretonne sur l'écotaxe, c'est autre chose. Ça renoue avec une tradition insurrectionnelle", ajoute-t-il. "Si le mouvement breton venait à s'étendre, le gouvernement serait confronté à un vrai problème."
Le mouvement anti-écotaxe en Bretagne est très hybride et rompt avec les mouvements catégoriels classiques, assure Guy Groux, le spécialiste des mouvements sociaux du Cevipof. "Cela va des paysans aux entrepreneurs, des petits patrons de PME aux représentants du Medef et aux salariés menacés de licenciement, à quoi s'ajoute un mécontentement diffus", énumère-t-il, mais le même mouvement disparate peut s'étendre pour les mêmes raisons de région en région.

Aucun des analystes interrogés ne veut cependant vraiment croire à une extension de la jacquerie bretonne, ancrée dans une réalité sociale qu'ils disent spécifique et une forte identité régionale. Les transports ne sont-ils pas néanmoins un vecteur naturel de la grogne et de la révolte?

Les manipulateurs stigmatisent le ..."populisme" présumé 

Ils conçoivent toutefois que le désenchantement se mue en révolte dans les urnes
Il aura "une traduction lors des prochaines élections" municipales et européennes de 2014, prédit Elie Cohen, selon qui le (nouveau) gouvernement s'efforcera de calmer le jeu lors des prochaines assises de la fiscalité.

Pour l'économiste Philippe Chalmin, le prochain test pour la crédibilité de François Hollande sera cette semaine sa rencontre avec les dirigeants des clubs de football de première division, ulcérés par la surtaxe de 75% sur les hauts salaires."Si jamais il recule sur les clubs de football, c'est la fin", estime-t-il.

Encore un autre danger guette le gouvernement: l'affaiblissement du consentement à l'impôt, une des bases de la solidarité et de la démocratie.
Cet affaiblissement risque de nourrir des formations populistes comme le Front national ou le Front de gauche moribond, avec ou sans Mélenchon, lointains héritiers du poujadisme, mouvement politique né au début des années 1950 d'une révolte antifiscale de commerçants et d'artisans. Jean-Marie Le Pen, fondateur du FN, en fut un des élus en 1956, alors que le Parti communiste était à son apogée.

Face à ce épouvantail, les appels à une réforme en profondeur de la fiscalité, promise en 2012 par François Hollande mais jamais ébauchée, reprennent de la vigueur.

"Il faut remettre à plat tout le dossier fiscal"
, a ainsi déclaré le dirigeant communiste Pierre Laurent sur France Info.

"Le mot 'ras-le-bol fiscal' a été une lourde erreur. Et l'autre erreur est de ne pas avoir fait la réforme fiscale que les Françaises et les Français attendaient", a renchéri le sénateur écologiste
Jean-Vincent Placé sur RMC et BFMTV.

Pour Philippe Chalmin, Hollande a manqué le coche.
Lui-même partisan d'un "grand soir fiscal", il estime cependant qu'une telle réforme ne pouvait se concevoir que dans les trois premiers mois après l'élection présidentielle.
Cet économiste est de ceux qui, comme le dirigeant centriste Jean-Louis Borloo, commencent à voir dans une éventuelle dissolution de l'Assemblée nationale une possible issue pour François Hollande, qui pourrait être tenté de passer la patate chaude à la droite pour tenter de se redonner le beau rôle avant la présidentielle de 2017, avec l'assistance des media.
"Je ne pense pas que ce soit mûr, pas avant les municipales en tout cas. Mais après, pourquoi pas?" souligne-t-il.