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mercredi 2 mai 2018

1er Mai: des violences habituelles au sein (et non 'en marge') du cortège, qualifiées d' "inédites" !

Les révolutionnaires étaient une fois encore en tête de défilé

Les "black blocs" avaient promis "une journée en enfer", mais ont pu s'infiltrer



Le défilé à Paris a été perturbé de bout en bout par de violents heurts
 qui n'ont pas eu lieu "en marge", mais bien parmi les manifestants (avec leur complicité) et au cours du défilé :



commis par environ
1.200 activistes violents d'extrême gauche proches du PCF et du NPA,

donc de la CGT et de Solidaires (SUD). 


Anarchistes ou "autonomes", ce sont des anti-sociaux et anti-capitalistes

qui ont en commun d'être anti-républicains,
qu'on les appellent "casseurs" ou "voyous", mots fourre-tout qui privilégient la notion de délinquance pour nier l'aspect politique,
  

ou "antifa", "ultra gauche" et  "black blocs" (avec banderoles, photo ci-dessus),
Des activistes politiques peuvent-ils être qualifiés de "casseurs" ?
Ce sont des révolutionnaires.
lesquels avaient promis "une journée en enfer".




vendredi 13 avril 2018

NDDL: Macron lâche du lest...

Les zadistes obtiennent une rallonge de 10 jours pour se régulariser

Non seulement la police assure la remise des lieux en état, mais la préfète accorde un délai supplémentaire aux occupants illégaux

Les gendarmes ont la charge de la remise des lieux en l'état

Les occupants de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes ont obtenu vendredi la possibilité de régulariser leur situation avant le 23 avril.
Macron est-il en train de perdre la face ? La préfète des Pays de la Loire a tendu la main aux zadistes, y compris les expulsés, en leur offrant un délai de grâce pour déclarer leurs projets d'ici le 23 avril et amorcer un "processus de régularisation", quelques heures après avoir montré les muscles, pour l'opinion, lançant une opération coup de poing visant à dégager une route départementale et après s'être flatté de la fin des opérations d'expulsion.

"Il leur est simplement demandé à ce stade de déclarer leur nom, de déclarer le projet agricole qu'ils souhaitent développer et de préciser les parcelles sur lesquelles ils souhaitent le mettre en oeuvre afin que l'Etat (...) puisse instruire ces demandes", a précisé Nicole Klein, soudain très ouverte et  accommodante, soulignant que "les projets collectifs n'empêchent pas les projets individuels".

La préfète multiplie les amabilités

NDDL: les zadistes ont un nouveau délai de 10 jours pour se régulariserElle a aussi annoncé qu'elle recevrait une délégation des occupants "le plus rapidement possible". En attendant, les gendarmes vont rester trois semaines à un mois avec un triple objectif: déblayer les parcelles, garantir la libre circulation sur la D281 et la D81 et prévenir toute réoccupation illégale, a-t-elle énoncé.

Le dispositif demeurera "le temps qu'il faudra, avec les forces qui seront nécessaires pour remettre les lieux en l'état, à la place des squatteurs qui se disent pourtant respectueux de la nature. 

Les occupants illégaux obtiennent qu' "il n'y aura plus d'expulsion", promesse, dans la matinée, du général Richard Lizurey, directeur général de la gendarmerie.

Intransigeance des zadistes

"Ce dont nous sommes certains, c'est qu'il ne sera pas possible de penser sereinement à la suite tant que la ZAD sera ciblée par ce type d'actions policières," estiment-ils dans un communiqué. 

Et "malgré les destructions, la ZAD va se donner les moyens de continuer à résister et vivre", préviennent-ils.

Des concessions de l'Etat, alors que le conflit perdure

Des échauffourées ont eu lieu pendant les pourparlers,
 le 13 avril 2018, sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes

La préfète cédait du terrain, alors que des affrontements étaient en cours un peu partout et que retentissaient en continu des tirs de grenade.

L'opération de la gendarmerie s'est concentrée sur la D81, l'une des deux routes principales nord-sud traversant la ZAD, surmontée de barricades enflammées vendredi matin. C'est sur cet axe, au carrefour de La Saulce, qu'une embuscade a eu lieu jeudi, selon les gendarmes, faisant 10 blessés dans leurs rangs, embuscade niée par les zadistes.

Les gendarmes se sont finalement retirés en fin de matinée, malgré des échauffourées en matinée un peu partout sur le site. Le calme est alors revenu et des activistes sont parvenus à remonter plusieurs barricades sur la D81.

"Il y a un moment où on peut comprendre qu'il faut savoir cesser un combat qu'on a gagné, raconte pourtant  le ministre de la Transition écologique, et donc il n'y avait aucune raison que certaines personnes n'offrent aucune perspective, sauf de rester dans une situation illégale, d'autant plus que c'était contre-productif pour la plupart des opposants", a réagi jeudi soir sur France info  Nicolas Hulot, enfin sorti de sa réserve. 

Les mensonges et approximations des parties et de la presse aux ordres

L'opération d'expulsion des occupants de la ZAD considérés comme illégaux a commencé lundi, avec le déploiement de 2.500 gendarmes, huissiers et engins de chantier, face à 200 (à 500, selon les sources) réfractaires révolutionnaires, nous disait-on, et 29 squats ont été détruits en trois jours, alors qu'il en reste autant.
Le général Lizurey avoue environ 250 opposants présents sur la zone en début de semaine, mais il ne précise pas combien d'activistes ont réussi à infiltrer les lignes de gendarmerie dans la nuit de lundi à mardi. Mais "hier soir [mardi, justement], nous avions 700 personnes en face de nous, notamment des gens extrêmement violents, de l'ultra-gauche, certains 'black blocs' sont présents ici. Le seul objectif, c'est de casser, de casser du gendarme, de blesser, d'agresser, de vandaliser", a-t-il commenté.

Les gendarmes ont par ailleurs lancé une opération de police judiciaire au lieu-dit "La Grée", où des éléments "utiles à l'enquête" sur des tirs de fusée mardi contre un hélicoptère de gendarmerie ont été saisis, selon le Parquet de Rennes. 
Au total, quatre personnes ont été interpellées vendredi matin pour participation à un attroupement, violences sur agent de la force publique (avec un marteau) ou outrage et rébellion, selon la cour d'Appel de Rennes, précisant qu'un autre manifestant interpellé jeudi pour détention d'engin explosif est toujours en garde à vue. Combien de mis en examen ont-ils déjà été relâchés ?
Par ailleurs, le tribunal des référés de Nantes a rejeté vendredi la demande d'un occupant de la ZAD qui contestait la légalité de son expulsion du lieu-dit "Les 100 noms".

Le 17 janvier, lorsqu'il a mis fin au projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, le Premier ministre Édouard Philippe s'était engagé à éradiquer cette "zone de non droit".
Le travail n'est pas fait.

lundi 18 septembre 2017

Volonté de brûler du flic : les "antifa" dénoncent un "dossier politique"

L'extrême gauche menace des policiers de mort par le feu : les 'antifa' plaident un ...complot politique

Deux policiers ont échappé à la mort dans les flammes de leur véhicule de fonction  en 2016 à Paris, en marge au cours d’une manifestation "anti-fasciste" contre la loi travail. 

La voiture de police incendiée le 18 mai 2016 quai de Valmy.

Les "antifascistes" utilisent leur procès comme tribune pour manifester contre "la répression policière" supposée.
Les ultras de l'extrême gauche violente et le collectif Libérons-les font monter la pression devant le tribunal correctionnel de Paris, le mardi 19 septembre, avant même l'ouverture du procès de l’affaire de la voiture de police incendiée quai de Valmy, en 2016. Neuf personnes sont poursuivies pour des faits de violences et de dégradations aggravées. La violence des images est restée dans les mémoires : à l'occasion d’une manifestation interdite en plein mouvement contre la loi travail, le 18 mai 2016, plusieurs activistes masqués avaient attaqué deux policiers (Allison B. et Kevin P.) dans leur voiture de patrouille. 

L'action préméditée avec intention de donner la mort ne faisait pas de doute.
Un jet de fumigène à l’intérieur de l’habitacle avait mis le feu au véhicule. Les deux policiers avaient réussi à s'extraire de leur véhicule et avaient échappé à la mort carbonisés, mais la scène, impressionnante de cruauté, avait largement été relayée dans les media dans le monde entier. 

Très vite, le gouvernement s’était saisi de cette atteinte aux forces de l'ordre. Alors chef du gouvernement, Manuel Valls avait ainsi appelé à des sanctions " implacables" contre ceux qui "veulent se payer un flic". Le Parquet avait aussitôt ouvert une enquête préliminaire pour tentative d’homicide (sur personne dépositaire de l’autorité publique), une qualification criminelle passible des Assises

De premières interpellations avaient eu lieu  dans la mouvance "antifasciste", en fait anti-libérale, sur la base du témoignage d’un policier des renseignements généraux. Au final, l’instruction n’a pas caractérisé l’intention d’homicide. 
Le journal Libération, sous la plume d'Ismaël Halissat, affirme en accroche : "L’instruction, menée sous pression politique, est critiquée par la défense [...] pour ses erreurs et péripéties."
Ce journaliste rappelle ainsi les faits : 
"des projectiles lancés par des manifestants, aux visages dissimulés, contre des policiers coincés dans leur voiture"
"Affaire du Quai Valmy" ?
Ou haine anti-flic avec tentative d'homicides ?
"Jusqu’à un fumigène qui déclenche un feu [origine?). Puis l’un des agents qui, en prenant la fuite après avoir reçu des coups, alors qu’il était au volant, se protège à mains nues contre un assaillant armé d’une tige en métal. Et quelques minutes plus tard, la carcasse du véhicule calcinée par le feu, plantée au milieu de la chaussée."  
Style ...dépouillé, approche distanciée ! Mais l'auteur de l'article peut se montrer plus précis et impliqué  : "Ce 18 mai 2016, des policiers manifestent sur la place de la République contre "la haine antiflic' à l’appel du syndicat Alliance, classé à droite."
Il poursuit : "Allison B. s’en sort avec trente jours d’ITT, dus en grande partie au choc psychologique, tandis que les blessures de Kevin P. justifient dix jours d’ITT.
Dès les premières heures, l’enquête prend une tournure politique. [Après avoir cité Manuel Valls, alors Premier ministre, il désigne le ministre de l’Intérieur] Bernard Cazeneuve veut, lui, mettre "hors d’état de nuire" les "casseurs" ". Les criminels ne sont plus des activistes d'extrême gauche mais des "casseurs" incontrôlés, en marge de la manifestation. Il en est de même avec les terroristes qui ne sont pas des islamistes, mais des "déséquilibrés"...

Les "antifa" dénoncent un "dossier politique" 
L'antifascisme prend forme dans les années 1920 et se développe avec la montée du fascisme en Europe. Il a connu un très fort développement au cours des années 1930 et avec la formation des Fronts populaires, puis pendant la Seconde Guerre mondiale dans des mouvements de résistance aux dictatures fascistes et nazies.Le terme d'antifascisme a très tôt été instrumentalisé par les partis communistes, puis différents partis d'extrême gauche, pour combattre leurs adversaires politiques, proches ou lointains sur le plan idéologique, voire tout opposant critique. Certains analystes, de gauche (Furet) comme de gauche, parlent de terrorisme intellectuel concernant l'instrumentalisation manichéenne de l'antifascisme par les communistes français qui amalgamaient tout anticommunisme au fascisme. Une forte tendance qui perdure dans les media et encore plus sur les réseaux.
En France, Lionel Jospin qui fut trotskiste, premier secrétaire du PS en 1981 et durant tout le premier septennat de François Mitterrand, puis ministre du gouvernement sous le second, déclara en 2007 que :
"Pendant toutes les années du mitterrandisme, nous n'avons jamais été face à une menace fasciste; donc tout antifascisme n'était que du théâtre, nous avons été face à un parti – le Front national – qui était un parti d'extrême droite, un parti populiste aussi à sa façon, mais nous n'avons jamais été dans une situation de menace fasciste et même pas face à un parti fasciste."Pour Pierre-André Taguieff, philosophe issu de l’anarcho-situationnisme (Internationale situationniste, IS, une organisation révolutionnaire), et politologue (directeur de recherche au CNRS attaché au Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF), enseignant à l'Institut d'études politiques de Paris), l'indignation des antifascistes vis-à-vis de certaines dictatures serait davantage motivée par des motifs politiques (anarcho-révolutionnaires) que par un réel intérêt pour le sort des populations sous le joug de dictateurs.
Action antifasciste Paris-Banlieue, créée en 2012, serait en France le groupe qui compterait le plus de militants antifa à Paris, avec beaucoup d’anciens de la tribune Auteuil du Parc des Princes. Elle s'est révélée au grand public en juin 2013 avec l'affaire Clément Méric, l'un des siens (également membre de Solidaires Étudiant-e-s, issu de la Fédération SUD Étudiant et de la Fédération syndicale étudiante, FSE -anti-capitaliste, laïc, anti-sexiste, anti-impérialiste et pro-palestinien-, qui se revendiquent tous deux du syndicalisme de lutte) en coordination étroite avec le Collectif antifasciste Paris Banlieue.
La mouvance antifasciste actuelle est aussi fortement liée à la scène "skinhead de gauche" et à la mouvance Redskin (skinheads communistes, trotskistes, communistes libertaires, autonomes…) qui en est la fraction la plus politisée.
La plupart des prévenus ont été placés en détention préventive, comme Antonin Bernanos, qui est resté dix mois en prison avant d’être remis en liberté. Ce dernier, porte-voix des 'antifa' dans ce procès, a toujours nié sa participation aux violences qui lui sont reprochées. Trois des neuf prévenus ont reconnu, en revanche, leur implication à des degrés divers. 
"Les investigations sont tout de suite orientées par l’audition d’un témoin au nom particulier, estime Libération : «142». Cette déposition anonyme va être décisive lors du début de l’enquête et conduire, quelques heures après les faits, à l’interpellation de quatre manifestants. «142» explique aux enquêteurs qu’il a entendu des «provocations verbales envers les policiers» et vu «des manifestants commencer à s’équiper et à se dissimuler le visage». Ce témoin est même capable d’identifier quatre personnes : les deux frères Bernanos (Antonin, 23 ans, et Angel, 19 ans, arrière-petits-fils de l’écrivain), Bryan M., 24 ans, et Leandro L., 32 ans. Il assure qu’Antonin Bernanos a brisé la vitre arrière de la voiture de police avec un plot métallique et a asséné les coups à la tête reçus par Kevin P., alors qu’il se trouve encore à l’intérieur. «142» identifie aussi formellement Angel Bernanos, Bryan M. et Leandro L. parmi les manifestants, sans être capable de préciser le rôle de chacun. On apprendra au hasard d’une erreur de procédure que ce témoignage sous X est en réalité celui d’un policier des renseignements de la préfecture de police." Suspicion sur la faculté à témoigner d'un professionnel du Renseignement ? Les parents et les voisins des agresseurs sont-ils mieux qualifiés ? 
Selon les antifascistes et le collectif Libérons-les, ces poursuites font partie d’une volonté du pouvoir de criminaliser le mouvement social

Pour eux, la manifestation était une réponse légitime au rassemblement des policiers le même jour "contre la haine antiflics", où sont venues "des personnalités de la droite extrême, chaleureusement accueillies", comme " Gilbert Collard, Marion Maréchal-Le Pen ou Eric Ciotti". 

Politisation? Vous avez dit politisation ? Qui politise?
La défense veut développer les actions communes avec les collectifs qui se multiplient contre les bavures policières dans les quartiers populaires, notamment autour de l’affaire Adama Traoré, un jeune homme mort à 24 ans, lors de son interpellation par des gendarmes en juillet 2016 dans le Val-d’Oise. 
"Il faut travailler cette question de convergences. Cela ne se fera pas via une intégration dans nos luttes, mais en respectant leur autonomie et leur grille de lecture même si elle peut différer en de nombreux points", insiste Antonin Bernanos. 
Dans cette démarche, les antifascistes sont de moins en moins isolés. Un appel à rassemblement le 19 septembre à 19 heures devant le palais de justice et à se rendre tous les jours au procès, a été publié par le Front social, coordination issue du mouvement contre la loi travail. 

Plusieurs personnalités de gauche – qu'on ne retrouve côte-à-côte que dans les luttes contre les institutions – l’ont signé. C’est le cas, entre autres, de la députée (La France insoumise) de Paris Danièle Obono, d’Olivier Besancenot, de Frédéric Lordon, économiste et ­figure du mouvement Nuit debout, ou encore de la controversée Houria Bouteldja, présidente du Parti des indigènes de la République, formation identitaire et postcoloniale dont le discours ­racialiste suscite de plus en plus le malaise à gauche. 
Du côté des ­organisations signataires, on trouve, entre autres, l’Union syndicale Solidaires, Alternative ­libertaire, les maoïstes de l’OCML-VP ou encore le NPA. 

La gauche radicale travaille à perturber la sérénité de l’audience. 
Ce procès se déroule en outre dans un contexte de rentrée sociale avec des manifestations au cours desquelles des affrontements entre forces de l’ordre et "black blocs" (des militants violents d'extrême gauche intégralement vêtus de noirs se réclamant de l’antifascisme, de l’anarchisme ou de l’autonomie) pourraient entrer en résonance avec les faits du 18 mai 2016.
Des militants du syndicat de police Alliance, qui s’est constitué partie civile, devraient être présents et soutenir les deux victimes.  

L’avocat d’Antonin Bernanos, Arié Alimi, entend développer la dimension inévitablement politique de l'affaire quand des fonctionnaires de police sont attaqués dans l'exercice de leurs fonctions et en temps d'état d'urgence : "La politique du maintien de l’ordre a été modifiée. Avant, on tenait les manifestants à distance en faisant le moins de victimes possible. Désormais [sic], on rentre dans le rapport de forces [dans lequel les forces de maintien de l'ordre étaient désarmées]. Il y a une volonté de décrédibilisation et de criminalisation du mouvement social".
Résultat de recherche d'images pour "potelet"Libération affaiblit les accusations de la défense.
"Le jour même de l’agression, les quatre jeunes hommes sont interpellés et placés en garde à vue. Leurs logements sont perquisitionnés. Sont saisis pêle-mêle chez les frères Bernanos : «un masque à gaz», «un poing américain, «des autocollants antifascistes», «248 tracts et 24 affiches», «4 protège-tibias, «5 petites bouteilles de gaz de camping», «7 blousons noirs à capuche».
"
Les enquêteurs sont convaincus de la culpabilité d’Antonin Bernanos, après l’exploitation des images vidéo. Couleur du caleçon, marque des chaussures, sac à dos, deux formes dans les poches du pantalon, deux anneaux aux doigts et des cernes au visage : tout a été passé au crible. Après dix mois en détention provisoire, il est finalement libéré à la suite d’un bras de fer judiciaire avec le parquet de Paris qui s’y est systématiquement opposé."
Le 8 juin 2016, Nicolas F., 41 ans, est ciblé après plusieurs recoupements et interpellé à l’occasion d’un nouveau rassemblement. Lors d’une audition le mois suivant, il reconnaît être l’auteur des coups avec la tige en métal. Il explique «avoir pété les plombs» et avoir frappé le policier «en espérant qu’il s’en aille». Les policiers vont identifier d’autres suspects avec la même recherche sur vidéo.
Thomas R., 20 ans, dont l’exploitation du téléphone mobile indique qu’il avait été
 «en contact avec Antonin Bernanos et Bryan M.», est interpellé le 28 septembre 2016. Lors d’une audition deux jours plus tard, il reconnaît avoir porté des coups dans le véhicule et «avoir fait un signe de victoire en partant». Kara B., 28 ans, soupçonnée d’avoir lancé un plot contre la voiture, est interpellée le 24 mai, «avec la même tenue vestimentaire que lors de la manifestation du 18 mai». Lors d’une audition en juillet 2016, elle reconnaissait également sa participation, s’estimait «désolée» et se jugeait «stupide».  

Résultat de recherche d'images pour "potelet"Ari R., 30 ans, est également poursuivi pour avoir brisé la vitre arrière droite du véhicule avec un potelet. Là aussi, les policiers s’attachent à constituer un signalement physique pour l’identifier. Il est interpellé le 7 février 2017 mais refuse au cours des différents interrogatoires de s’expliquer sur les faits. Chez lui est saisie une affiche «Tout le monde déteste la police» comportant une référence à l’affaire du quai de Valmy, se réjouissant que «leurs voitures partent en fumée», notent les magistrats. Nicolas F., Ari R. et Kara B. sont en détention provisoire depuis la date de leur arrestation.Le dernier suspect, Johachim L., 28 ans, est, lui, toujours dans la nature. Il est pourtant soupçonné par les policiers d’être le lanceur du fumigène qui déclenche l’incendie dans la voiture. De nationalité suisse, il est identifié «avec certitude» par les autorités de son pays à l’aide de comparaisons photographiques. Visé depuis par un mandat d’arrêt, il ne se présentera sûrement pas à l’audience." 
"Dans cette affaire, il y a eu la volonté de trouver des coupables très rapidement par un ciblage arbitraire sur la simple base de renseignements de la préfecture de police de Paris", estime Arié Alimi, avocat d’Antonin Bernanos. 
De quoi, en effet, la police se mêle-t-elle ?...

jeudi 23 juin 2016

"Le gouvernement utilise la police à des fins politiques," explique un chercheur

Au four et au moulin, les policiers refusent d'être moulus

Les policiers doivent assurer la sécurité de l'Euro contre le risque d'attentat 
 islamistes et des manifestations contre la loi travail

Depuis 18 mois et les attentats djihadistes de Charlie Hebdo, les policiers sont sans cesse et de plus en plus sollicités. 
Dans un contexte d'état d'urgence et de risque d'attentats islamistes, les forces de l'ordre doivent assurer la sécurité de l'Euro de football, des manifestations sociales, et sont confrontées à la violence des "casseurs", c'est-à-dire des groupuscules de l'"ultra-gauche", anarcho-révolutionnaires et antifa'' mêlés
Suite aux violences et dégradations au cours de la manifestation contre la loi travail du 14 juin, François Hollande a fait planer la menace d’interdiction des manifestations "au cas par cas". Manuel Valls a de surcroît hystérisé le débat, appelant le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, à renoncer à l'organisation de grandes manifestations à Paris, après avoir lui-même recouru à l'article 49.3 pour faire passer sa réforme sans la soumettre au débat parlementaire. Est-ce en rupture avec le droit constitutionnel de manifester ?
Le 19 mai 2016 , Manuel Valls rappelait que nous sommes un Etat de droit et ajoutait : "Si nous décidions d’interdire un certain nombre de manifestations, la justice administrative casserait cette décision". Le même jour, Bernard Cazeneuve disait sensiblement la même chose. Les récentes déclarations de François Hollande et Manuel Valls marquent indéniablement une rupture avec le droit constitutionnel. C’est pourquoi la justice administrative est susceptible de casser ces éventuelles décisions. Ils ont reculé face à ce risque.
Rappelons encore que
neuf des dix suspensions individuelles d’autorisation à manifester ont été cassées par la justice administrative. Nous sommes dans une situation de tension entre le droit et des affirmations politiques qui se heurtent à la réalité du Conseil constitutionnel.
Plutôt que de dissoudre ces groupes anti-républicains violents, le pouvoir socialiste préfère interdire les manifestations syndicales à risques. L'interdiction de ce 24 juin social aurait pu être une première sous la VIe République. En cinq ans, Nicolas Sarkozy n'y a pas recouru et il faut remonter à mai 1952 et les événements d'Algérie pour en trouver une illustration. 
A l’échelle du siècle, très peu d’organisations en France ont mobilisé la violence comme une forme d’action stratégique. Il y a des exceptions : l’Action française avant 1914 et dans les années 1930, le PCF en mai 1952, et des forces d’extrême gauche dans les années 1970. On retrouve aujourd’hui des forces minoritaires, comme le MILI (Mouvement inter-luttes indépendant, collectif d'extrême gauche composé de "jeunes" lycéens, étudiants ou non, qui refusent toute hiérarchie), qui se réclament de la violence comme facteur de déstabilisation. Ce n’était plus le cas de la CGT depuis longtemps et les dernières déclarations de Philippe Martinez, ces derniers jours, laissent perplexe au vu des violences et de la casse. La violence dans le mouvement ouvrier a toujours été dénoncée, mais pratiquée et qualifiée de violence subie, "en marge" de ses meetings et défilés, même si les dockers ont par exemple un rapport à la force physique – et donc si nécessaire à la violence –, plus élevé et que la CGT s'est constitué un service d'ordre réputé efficace, quand elle le veut bien...
Directeur du Centre de recherche sociologique sur le droit et les institutions pénales (Cesdip) et chercheur au CNRS, Christian Mouhana décrit le "ras-le-bol des policiers". Pour Le Point, ce spécialiste des questions de sécurité et de la police décrit ce ras-le-bol.

Le Point.fr : Les policiers sont-ils vraiment au bout du rouleau ?

Christian Mouhana : Il ne faut pas tout mélanger. Il y a un ras-le-bol structurel au sein de la police, comme dans tous les services publics victimes de coupes budgétaires et de méthodes de management productivistes venues des États-Unis. Mais c'est vrai qu'il y a un contexte particulier qui augmente ce ras-le-bol. Avec 85 % environ d'opinions positives, la police est une des professions les plus aimées par la population. Pourtant, quand vous parlez à des policiers, ils n'ont pas l'impression d'être aimés. Après les attentats de Charlie Hebdo, on a eu l'impression que ça allait mieux. Mais depuis, les choses ont changé. C'est parce que dans le cadre de leur métier, ils font plus souvent face à la minorité, aux 25 % qui ne les aiment pas, notamment des jeunes des quartiers sensibles, qui font souvent l'objet de contrôle d'identité, des casseurs, des criminels… Mais aussi des manifestants lorsqu'ils trouvent que l'intervention des policiers se fait de manière trop brutale.

Le meurtre du policier et de sa femme, au domicile dans les Yvelines et revendiqué par Daesh, a-t-il aggravé ce mal-être ?

Bien sûr, même si les policiers se sentaient déjà en insécurité. Il y a eu des sites internet qui dénonçaient certains policiers et donnaient leurs adresses. Ils se sentent sans arrêt sous la menace. Beaucoup d'entre eux n'habitent pas sur leur lieu de travail. Cet événement augmente ce sentiment. Mais on ne sait pas encore s'il s'agit vraiment d'un attentat, d'un règlement de comptes, ou les deux.

La police française est-elle dépassée face aux 'Black blocs' et leur organisation quasi militaire ?

La police française a toujours eu une bonne réputation dans le domaine du maintien de l'ordre. Il y a une police spécifique composée de gendarmes mobiles et de CRS (environ 25 % à 30 % des effectifs) qui attend qu'on l'appelle pour gérer les événements problématiques. C'est un choix politique et coûteux que peu d'autres pays ont fait à cette échelle. Avec un résultat positif, il n'y avait quasiment jamais de morts et très peu de blessés graves causés par la police, comme on l'a constaté lors des émeutes de 2005. Mais il faut se demander si ce modèle est toujours valable. Et l'apparition des armes dites non létales pose problème, car elles remettent en cause ce modèle et sont très utilisées.

Pourquoi ?

Parce qu'il y a beaucoup de blessés des deux côtés. Il y a aussi un problème de stratégie : les policiers ont du mal à attraper les casseurs. Ils se mêlent aux manifestants et s'en vont quand la police réplique. Du coup, les policiers s'énervent, et interpellent, par défaut, des manifestants qui ne sont pas dans une posture violente. Ces derniers peuvent se dire que les casseurs ont raison. Cela produit un cercle vicieux de dérapages. Avant, la police avait la capacité de négocier avec les services d'ordre des syndicats. C'est moins le cas. Pourtant, les manifestants n'ont pas intérêt à ce qu'il y ait des casseurs qui discréditent le mouvement. On voit comment le Premier ministre utilise la police pour asseoir son autorité et éviter le débat.

Le gouvernement utilise-t-il la police à des fins politiques ?

Oui. L'état d'urgence a par exemple été utilisé pour restreindre l'action des militants qui manifestaient contre la COP21 ou contre la loi El Khomri. Il y a un mélange des genres. Cela pose un vrai problème de société. Pour qui travaille-t-on quand on est policier ? Pour les politiques ou pour les citoyens ? Les policiers sont tiraillés entre ces deux impératifs.

La police française est-elle politisée ?

Pendant très longtemps, elle a été majoritairement affiliée à des syndicats de gauche. Aujourd'hui, aucun syndicat policier majeur ne se positionne clairement à gauche. Chez FO, il y a toutes les sensibilités politiques. Et beaucoup de policiers, comme dans d'autres parties de la société française, votent sans doute FN. Beaucoup d'études annoncent un glissement des policiers vers la droite. Mais ces études mêlent les policiers et les militaires, donc c'est compliqué de se faire une idée précise. Ce qui est certain, c'est qu'il y a dans la société une très forte montée de la critique contre les élites de gauche et de droite, y compris dans la police.

Pourtant, le gouvernement a fait des "cadeaux" aux policiers …

Il n'y a pas pour autant d'engouement ni d'adhésion vis-à-vis du gouvernement actuel. Il est tenu pour responsable de l'absence de réforme de la police. Les syndicats sont entendus, mais il n'y a pas de mouvement définissant clairement la place du policier dans la société. Depuis 2002, la police s'éloigne de plus en plus de la population. La France a abandonné tout effort pour construire sa police de proximité. C'est le seul pays développé à avoir renoncé à tout progrès en ce sens. C'était le discours de Sarkozy à Toulouse en 2003. 

Depuis 2012, les choses n'ont pas évolué.
Christian Mouhana non plus: il reste un militant de gauche. A propos de l'Institut national des hautes études de la sécurité (Inhes), dont il a démissionné, il écrivait en 2007: "Pour le directeur, on est une bande de gauchistes fous."