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vendredi 8 février 2019

Gilets jaunes :France info mène une enquête soupçonnant à priori la droite ultra d'infiltration

La radio de service publique mène-t-elle aussi l'enquête sur une possible infiltration de l'ultra-gauche ?

Radio France cherche à corroborer les accusations de l'exécutif

Résultat de recherche d'images pour "CGT Gilets jaunes"

Comparer aux années 30 et à la montée du nazisme le rejet actuel de l'Europe par un nombre grandissant de ses peuples est une vieille habitude à laquelle a sacrifié Macron, bien que le trentenaire ait promis la construction d'un "monde nouveau".
Ainsi Hollande, au moment des européennes de 2014, n’évoqua-t-il les "heures sombres" de l’entre-deux-guerres à propos du Front national. Intellectuel paresseusement, imprégné de l'idéologie gauchiste dominante, Macron ressort les mêmes poncifs, sans fondement historique dans une Europe apaisée, mais avec le même réflexe reptilien de dramatisation des enjeux du XXIe siècle par le biais de ce parallèle archaïque et usé, dans un entretien avec Ouest France, avec, hier comme aujourd’hui, une logique de bouc émissaire. Dans ce contexte d'élections européennes en mai, Macron joue avec les peurs, et après lui, Darmanin qui, en écho sur le même sujet, évoqua la "peste brune" en novembre dernier, ou le journaliste Matthieu Gorisse-Mondoloni qui traque aujourd'hui les "Gaulois réfractaires" revêtus de jaune et susceptibles d'être des héritiers des "chemises brunes".

Mondoloni mène l'enquête sur Google. Cet ancien de Rue89 n'est pas mécontent que ce méchant GAFA tourne pour lui... 

Devant son écran, le journaliste d'investigation se rabat sur un chiffre publié par l’Ifop, dont il admet qu' ''il nécessite d’être nuancé : 41% des Français seraient tentés par un régime "autoritaire", "quitte à alléger les mécanismes de contrôle démocratique s’exerçant sur le gouvernement". Par ses attaques visant les contre-pouvoirs et le peu de cas qu’il fait de ses oppositions et du Parlement en général, le pouvoir actuel [Macron, pour ne pas le nommer] ne nourrit-il pas lui aussi ce terreau ? Déjà, la notion de "terreau" révèle ce journaliste : génération après génération et hors des jardineries, le mot est récurrent pour évoquer les racines de la droite contemporaine, à ont vu, commencer par le "populisme" dont la gauche s'exclut. 

Plusieurs groupuscules sont présents quasiment depuis le début des manifestations, assure Mondoloni. 
Le mot "groupuscule" est également révélateur, car s'il évoque des petits nombres inorganisés et mouvants (comme, d'ailleurs, ceux de l'ultra-gauche antifa, notamment), parce qu'il trahit, pour le moins, du mépris, et plus certainement, une haine très répandue dans les milieux bobos, autoproclamés intellos et classés dans l'élite, dont les journalistes se revendiquent modestement.

Les "gilets jaunes" organisent une nouvelle manifestation samedi 9 février, ce sera la 13e semaine de mobilisation. Ce mouvement est convoité, infiltré même, par l’ultradroite française, c’est ce que révèle notre enquête franceinfo. 
On sent venir l'enquête à charge - vous savez, les "relents" attachés à l'antisémitisme, l'homophobie et l'ultra-droite - , car les observateurs les moins avertis ont gardé en mémoire les reportages et vidéos prouvant la même infiltration par la gauche, et ont vu, s'ils font du terrain, les contre-exemples locaux nombreux qui jettent la suspicion sur ce travail en chambre.

Une infiltration théorisée il y a maintenant trois semaines, le 19 janvier, lors d’une réunion à Rungis, sur le thème : "Gilets jaunes ou la révolution qui vient !". Dans une salle, devant 400 personnes, des figures bien connues de l’extrême droite et de l’ultradroite française se retrouvent. Sur scène, il y a notamment Alain Soral, d’Egalité et Réconciliation, Hervé Ryssen, auteur de plusieurs ouvrages antisémites et Yvan Benedetti (en gilet jaune dans la video), ancien du Front national et ancien président de l’Œuvre française, un mouvement dissous par les autorités en 2013.

PaSiDupes a lu L'Humanité, comme le journaliste d'investigation Mondoloni

Le journal communiste publie son article le 6 février et France Info, le 8, à la mi-journée. L'illustration est commune (ci-dessus)...
L'enquête de France Info ressemble fort à du plagiat.
On y relève des similitudes, temporelles floues : "Dès la naissance des gilets jaunes, les mouvements d’extrême droite avaient tenté de les structurer," contre "plusieurs groupuscules sont présents quasiment depuis le début des manifestations, assure Mondoloni". Or, le 19 janvier, date de la fameuse réunion de l'ultra-gauche à Rungis, où s'étend le MIN, Marché d'Intérêt National de Rungis (Val-de-Marne), on n'est plus franchement "dès la naissance des gilets jaunes", ni au "début des manifestations", même "quasiment"...

Mondoloni poursuit imperturbablement son enquête d'investigation tendancieuse
"Yvan Benedetti est un des premiers à prendre la parole, avec sur le dos un gilet jaune : "Il faut, non pas tenter de récupérer les 'gilets jaunes'. Mais il convient d'aiguillonner le mouvement, d'orienter le mouvement, parce que les révoltes sont stériles. Seules les révolutions sont salvatrices. Nous sommes rentrés en période révolutionnaire." Une période révolutionnaire durant laquelle tous espèrent jouer un rôle prédominant. Certains intervenants ajoutent qu’ils sont "prêts à mourir pour les 'gilets jaunes' et pour renverser le système" et cela passe notamment par les manifestations." Une synthèse mondolonienne qui vaut ce qu'il vaut lui-même...
A vous de vérifier que les propos sur lesquels il ironise ont bien été tenus:

"Ces groupuscules sont présents quasiment depuis le début dans ces manifestations. Ils sont là, mais discrètement : ils ne s’affichent pas comme des membres de l’extrême droite ou de l’ultradroite. Ils se sont illustrés, comme Ryssen ou Benedetti, notamment en s’en prenant à des journalistes lors des manifestations." Crime de lèse-majesté, Etat dans l'Etat ? La république des juges n'est pas un fantasme; celle des journalistes en est-elle un ?

"Une très forte idéologie d’extrême droite, favorable à un coup d’Etat militaire"

Image associéeAu total, selon une source policière et Mondoloni, ils seraient environ 200, régulièrement présents avec leurs gilets jaunes sur le dos. Pour certains (l'investigation ne dit pas qui...), ils ont même réussi à noyauter le service d’ordre du mouvement, qui s’est mis en place le 12 janvier - le début des manifestations date "quasiment" d'un mois - lors de la manifestation parisienne et dans lequel on retrouve un certain Victor Lenta, ancien parachutiste, béret rouge sur la tête et médailles accrochées à son gilet jaune [voir la photo qui alimente la thèse commune à L'Humanité et à Radio France]. 
Victor Lenta donne des interviews à certains médias en se faisant appeler "Anthony", poursuit Mondoloni, sauf qu'il est un militant bien connu de l’ultradroite, passé par le Bloc identitaire et les Jeunesses nationalistes. Le mardi 5 février, avant le journaliste de France Info, France Soir l'a résumé en un "paramilitaire d'extrême droite qui tente de manipuler les Gilets jaunes". Victor Lenta a aussi été mercenaire aux côtés des pro-russes dans la région ukrainienne du Donbass en 2014. C'est un homme connu des services de renseignement français. Une source policière [le secret des sources permet d'éviter de livrer son identité] le décrit comme quelqu’un avec "une très forte idéologie d’extrême droite, favorable à un coup d’Etat militaire". L'affirmation est grave mais rappelle l'histoire de l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours, ce qui ne fait pas très sérieux et s'apparente à la rumeur. En termes d'investigation, c'est douteux et malsain.

Victor Lenta a justement fait parler de lui samedi dernier, lors de la dernière manifestation des "gilets jaunes", à Paris. 
Résultat de recherche d'images pour "CGT Gilets jaunes"Il se présente alors toujours comme membre du service d’ordre. Quand des échauffourées entre manifestants éclatent en tête de cortège, il déclare dans une vidéo postée sur internet : "Nous sommes obligés d'évacuer monsieur Jérôme Rodrigues, apparemment les black blocs ont émis des menaces contre lui, ils ont apparemment chargé le service d'ordre mais la foule a complètement repoussé les black blocs et ils ne sont plus acceptés chez les 'gilets jaunes'". Jérôme Rodrigues, l’une des meneurs des "gilets Jaunes", est alors effectivement exfiltré, dans la précipitation. La menace venait des Black bloc, groupuscules qui ne retiennent pas l'attention de Mondoloni, France Soir et L'Humanité : ils glissent sur les violences de l'ultra-gauche.

Mais ce n’est en rien une attaque des black blocs, c’est en fait une tentative de manipulation de Victor Lenta, assure Mondoloni
Pour preuve, "ce militant antifasciste parisien, présent lors de plusieurs manifestations depuis le 17 novembre. Mondoloni ne prend même pas la peine d'affubler ce quidam d'un nom d'emprunt...: "En aucune façon, Jérôme Rodrigues était ciblé par les black blocs ou les antifas, ce n'est pas dans les pratiques. [Qui peut croire ça ?] Les gens qui étaient visés, c'était les militants d'extrême droite, qui justement agressent les gens qui appartiennent aux mouvements sociaux et mouvements de gauche et qui cherchent aussi à manipuler les 'gilets jaunes', à infiltrer les mouvements." Non seulement la présence de Black bloc est admise, mais elle est justifiée !

"Lenta, politiquement je ne sais pas s'il a un projet derrière, mais pour lui c'est une façon d'apparaître et de se recréer une image et une position au sein de l'extrême droite française", explique un militant antifasciste digne de foi pour franceinfo...

Il souhaite apparaître comme un leader dans son propre camp, comme chez les "gilets jaunes", car la famille ultradroite est parfois divisée. Alors les idéologues comme Ryssen, Benedetti ou Lenta dans une moindre mesure, espèrent fédérer autour d’eux les plus jeunes, qui sont aussi les plus violents. C’est le cas d’un groupuscule d’extrême droite qui se fait appeler les Zouaves, présents dans toutes les manifestations depuis le 17 novembre. Ce sont une soixantaine de membres ultra-violents qui se sont notamment illustrés lors de la manifestation du 1er décembre près de l’Arc de Triomphe. Six avaient été interpellés à cette occasion, condamnés à des peines de prison avec sursis pour cinq d’entre eux. Cela ne les a pas empêchés d’agresser des militants du NPA il y a quinze jours dans la manifestation parisienne des "gilets jaunes".

Une menace "minimisée" par les autorités, selon France Info 

Parfois, Radio France n'est pas aussi laxiste que l'assure la rumeur...
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La "peste brune" d'ultra droite est-elle noire ?
Face à ce phénomène, les autorités se disent officiellement [Mondoloni en douterait-il ?] très préoccupées.  le secrétaire d’Etat auprès du demi-ministre de l’Intérieur, était d’ailleurs auditionné, jeudi 7 février à l’Assemblée nationale. Devant les députés de la commission d’enquête sur la lutte contre les groupuscules d’extrême droite, il [Laurent Nuñez] a parlé d’un "fléau", qui utilise aujourd’hui les manifestations des "gilets jaunes" pour se répandre. "Il renvoie d’ailleurs dos à dos ultradroite et ultragauche, qui s’affrontent depuis quelques semaines dans les cortèges," concède incidemment Mondoloni. L'infiltration des Gilets jaunes par l'ultra-gauche fera-t-elle l'objet d'un prochain volet de la fresque mondolonienne ?

Image associée
C'était lors des mobilisations de l'extrême gauche
 contre la Loi Travail...
Mais selon une source policière qui souhaite rester anonyme [si ça peut servir la thèse développée par ce journaliste "libre et indépendant"], la menace n’est pas assez prise au sérieux : "Cela fait un moment qu’on alerte nos autorités, mais c’est minimisé. Au ministère de l’Intérieur, on nous dit que c’est la guerre des boutons, alors que c’est de plus en plus violent. Nous, ce qu’on craint, c’est une nouvelle affaire Méric, - un petit jeune homme malade mais, anarcho-syndicaliste de la Confédération nationale du travail (CNT), ce qu'on fait de mieux en matière de valeurs républicaines - qu’un membre de l’ultragauche ou de l’ultradroite meure sous les coups lors d’une manifestation des 'gilets jaunes'." Un policier porte-parole de l'ultra-gauche n'apparaît pas suspect à cette belle âme de Mondoloni...

Du côté des "gilets jaunes" eux-mêmes, a-t-on conscience de ce jeu de pouvoir au sein des manifestations ?, s'inquiète Mondoloni ! 
Il a justement trouvé l'un de ces inquiets sans nom... "Le mouvement appartient au mouvement, appartient au peuple, appartient aux 'gilets jaunes', il n'appartient à personne et personne ne le récupérera, répond Jérôme Rodrigues, l’une des figures du mouvement, celui qui a justement été évacué samedi dernier lors de ces affrontements. Ce n'est pas une bande de bras cassés qui croient en des idées que je ne cautionne pas du tout, moi j'ai quand même un passif où j'ai deux arrière-grands-pères qui ont atterri dans des camps de concentration avec le pyjama rayé. Donc comprenez bien que ces gens-là, moi je ne peux pas les supporter." Jérôme Rodrigues  a reçu ce qui semble être une balle de "flash ball" dans l'oeil. Or, les lanceurs (LBD40) sont confiés aux forces de l'ordre. Mondoloni suggère-t-il que cet oeil probablement perdu à la cause du pouvoir d'achat sera due à l'ultra-droite ?

L’ultradroite qui veut prendre le pouvoir, l’ultragauche qui s’y refuse et au milieu, un mouvement dont la position apolitique est "intenable", assure une source policière (tout aussi anonyme que le plus grand nombre des témoins de Mondoloni), qui ajoute : "A un moment, les 'gilets jaunes' seront obligés de choisir". Et Macron, dans l'affaire ?

Philippe Martinez, CGT : "avec les 'gilets jaunes', on a fait connaissance"... 

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté mardi 5 février, partout en France
, à l'appel principalement de la CGT et avec la participation de Gilets jaunes. Infiltrés ?
300.000 personnes ont manifesté mardi partout en France, à l'appel principalement de la CGT, syndicat d'extrême gauche, proche du PCF, et avec la participation de Gilets jaunes marchant côte à côte.

Il existe "des contacts" entre son syndicat et le mouvement des "gilets jaunes," a confirmé sur Europe 1 le patron de la CGT, Philippe Martinez.

La CGT a-t-elle fini par infiltrer la contestation sociale qui se poursuit depuis près de trois mois pour la défense du pouvoir d'achat et des libertés publiques? Bien qu'il ait des témoins sous le coude, nous ne demanderons pas à Mondoloni. Longtemps laissée ou restée en marge du mouvement des "gilets jaunes", la centrale espère désormais y conserver un pied. "Il y a des contacts depuis un certain temps", a expliqué le leader du syndicat, Philippe Martinez, sur Europe 1 mardi matin. "On a fait connaissance." Trois jours plus tard, le grand reporter Mondoloni n'en a toujours pas eu vent... 
"Aujourd’hui, c’est un succès qui en appelle d’autres", s’est réjoui le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez. Et, comme chacun sait, la CGT n'est pas de ceux qui militent pour la prise du pouvoir par le peuple et "favorable à un coup d’Etat"...

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"Dès le début des manifestations", le mercredi matin 21 novembre, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a légitimé le mouvement des Gilets jaunes, à la papeterie UPM Chapelle d'Arblay
Récupération et infiltration par l'extrême gauche

Le syndicaliste radical a obtenu "des défilés communs, côte à côte, l'un derrière l'autre", lors de la grève et de la manifestation du 5 février à l'appel de la CGT, et ce, dans de nombreux départements. 
Alors que Mélenchon se déclare "fasciné" par certaines figures du mouvement, Martinez le dit : "je suis intéressé par le mouvement des 'gilets jaunes' quand il porte des revendications sociales", soulignant que cela n'avait pas toujours été le cas. "Les 'gilets jaunes' ont démarré contre la taxe pour les produits pétroliers, c'était soutenu par le Medef. Quelques jours après, on a vu des revendications sociales. Je suis moins fasciné par une minorité qui porte autre chose qui ne sont pas les valeurs de la CGT." Mondoloni a donc sombré dans la désinformation en faisant, au côté de L'Humanité, le procès d'une minorité qu'il a présentée comme la totalité du mouvement, infiltré et mené par l'extrême droite.

En estimant par ailleurs qu'il est nécessaire de diversifier les modes d'action pour faire entendre les revendications sociales, en visant aussi les patrons, Martinez confirme sa volonté de main mise sur le mouvement. 

Philippe Martinez : La CGT souhaite notamment changer les jours de mobilisation. "Le samedi, c'est bien; la semaine c'est mieux", a-t-il martelé. Parce que c'est le meilleur moyen de pénaliser les entreprises. "Les 'gilets jaunes' attaquent beaucoup le gouvernement, et Emmanuel Macron a sa part de responsabilité. Mais qui augmente les salaires dans l'entreprise ? Ce sont les patrons. On dit aux 'gilets jaunes' qu'eux aussi [les patrons] sont responsables de leur situation." 

lundi 18 septembre 2017

Volonté de brûler du flic : les "antifa" dénoncent un "dossier politique"

L'extrême gauche menace des policiers de mort par le feu : les 'antifa' plaident un ...complot politique

Deux policiers ont échappé à la mort dans les flammes de leur véhicule de fonction  en 2016 à Paris, en marge au cours d’une manifestation "anti-fasciste" contre la loi travail. 

La voiture de police incendiée le 18 mai 2016 quai de Valmy.

Les "antifascistes" utilisent leur procès comme tribune pour manifester contre "la répression policière" supposée.
Les ultras de l'extrême gauche violente et le collectif Libérons-les font monter la pression devant le tribunal correctionnel de Paris, le mardi 19 septembre, avant même l'ouverture du procès de l’affaire de la voiture de police incendiée quai de Valmy, en 2016. Neuf personnes sont poursuivies pour des faits de violences et de dégradations aggravées. La violence des images est restée dans les mémoires : à l'occasion d’une manifestation interdite en plein mouvement contre la loi travail, le 18 mai 2016, plusieurs activistes masqués avaient attaqué deux policiers (Allison B. et Kevin P.) dans leur voiture de patrouille. 

L'action préméditée avec intention de donner la mort ne faisait pas de doute.
Un jet de fumigène à l’intérieur de l’habitacle avait mis le feu au véhicule. Les deux policiers avaient réussi à s'extraire de leur véhicule et avaient échappé à la mort carbonisés, mais la scène, impressionnante de cruauté, avait largement été relayée dans les media dans le monde entier. 

Très vite, le gouvernement s’était saisi de cette atteinte aux forces de l'ordre. Alors chef du gouvernement, Manuel Valls avait ainsi appelé à des sanctions " implacables" contre ceux qui "veulent se payer un flic". Le Parquet avait aussitôt ouvert une enquête préliminaire pour tentative d’homicide (sur personne dépositaire de l’autorité publique), une qualification criminelle passible des Assises. 

De premières interpellations avaient eu lieu  dans la mouvance "antifasciste", en fait anti-libérale, sur la base du témoignage d’un policier des renseignements généraux. Au final, l’instruction n’a pas caractérisé l’intention d’homicide. 
Le journal Libération, sous la plume d'Ismaël Halissat, affirme en accroche : "L’instruction, menée sous pression politique, est critiquée par la défense [...] pour ses erreurs et péripéties."
Ce journaliste rappelle ainsi les faits : 
"des projectiles lancés par des manifestants, aux visages dissimulés, contre des policiers coincés dans leur voiture"
"Affaire du Quai Valmy" ?
Ou haine anti-flic avec tentative d'homicides ?
"Jusqu’à un fumigène qui déclenche un feu [origine?). Puis l’un des agents qui, en prenant la fuite après avoir reçu des coups, alors qu’il était au volant, se protège à mains nues contre un assaillant armé d’une tige en métal. Et quelques minutes plus tard, la carcasse du véhicule calcinée par le feu, plantée au milieu de la chaussée."  
Style ...dépouillé, approche distanciée ! Mais l'auteur de l'article peut se montrer plus précis et impliqué  : "Ce 18 mai 2016, des policiers manifestent sur la place de la République contre "la haine antiflic' à l’appel du syndicat Alliance, classé à droite."
Il poursuit : "Allison B. s’en sort avec trente jours d’ITT, dus en grande partie au choc psychologique, tandis que les blessures de Kevin P. justifient dix jours d’ITT.
Dès les premières heures, l’enquête prend une tournure politique. [Après avoir cité Manuel Valls, alors Premier ministre, il désigne le ministre de l’Intérieur] Bernard Cazeneuve veut, lui, mettre "hors d’état de nuire" les "casseurs" ". Les criminels ne sont plus des activistes d'extrême gauche mais des "casseurs" incontrôlés, en marge de la manifestation. Il en est de même avec les terroristes qui ne sont pas des islamistes, mais des "déséquilibrés"...

Les "antifa" dénoncent un "dossier politique" 
L'antifascisme prend forme dans les années 1920 et se développe avec la montée du fascisme en Europe. Il a connu un très fort développement au cours des années 1930 et avec la formation des Fronts populaires, puis pendant la Seconde Guerre mondiale dans des mouvements de résistance aux dictatures fascistes et nazies.Le terme d'antifascisme a très tôt été instrumentalisé par les partis communistes, puis différents partis d'extrême gauche, pour combattre leurs adversaires politiques, proches ou lointains sur le plan idéologique, voire tout opposant critique. Certains analystes, de gauche (Furet) comme de gauche, parlent de terrorisme intellectuel concernant l'instrumentalisation manichéenne de l'antifascisme par les communistes français qui amalgamaient tout anticommunisme au fascisme. Une forte tendance qui perdure dans les media et encore plus sur les réseaux.
En France, Lionel Jospin qui fut trotskiste, premier secrétaire du PS en 1981 et durant tout le premier septennat de François Mitterrand, puis ministre du gouvernement sous le second, déclara en 2007 que :
"Pendant toutes les années du mitterrandisme, nous n'avons jamais été face à une menace fasciste; donc tout antifascisme n'était que du théâtre, nous avons été face à un parti – le Front national – qui était un parti d'extrême droite, un parti populiste aussi à sa façon, mais nous n'avons jamais été dans une situation de menace fasciste et même pas face à un parti fasciste."Pour Pierre-André Taguieff, philosophe issu de l’anarcho-situationnisme (Internationale situationniste, IS, une organisation révolutionnaire), et politologue (directeur de recherche au CNRS attaché au Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF), enseignant à l'Institut d'études politiques de Paris), l'indignation des antifascistes vis-à-vis de certaines dictatures serait davantage motivée par des motifs politiques (anarcho-révolutionnaires) que par un réel intérêt pour le sort des populations sous le joug de dictateurs.
Action antifasciste Paris-Banlieue, créée en 2012, serait en France le groupe qui compterait le plus de militants antifa à Paris, avec beaucoup d’anciens de la tribune Auteuil du Parc des Princes. Elle s'est révélée au grand public en juin 2013 avec l'affaire Clément Méric, l'un des siens (également membre de Solidaires Étudiant-e-s, issu de la Fédération SUD Étudiant et de la Fédération syndicale étudiante, FSE -anti-capitaliste, laïc, anti-sexiste, anti-impérialiste et pro-palestinien-, qui se revendiquent tous deux du syndicalisme de lutte) en coordination étroite avec le Collectif antifasciste Paris Banlieue.
La mouvance antifasciste actuelle est aussi fortement liée à la scène "skinhead de gauche" et à la mouvance Redskin (skinheads communistes, trotskistes, communistes libertaires, autonomes…) qui en est la fraction la plus politisée.
La plupart des prévenus ont été placés en détention préventive, comme Antonin Bernanos, qui est resté dix mois en prison avant d’être remis en liberté. Ce dernier, porte-voix des 'antifa' dans ce procès, a toujours nié sa participation aux violences qui lui sont reprochées. Trois des neuf prévenus ont reconnu, en revanche, leur implication à des degrés divers. 
"Les investigations sont tout de suite orientées par l’audition d’un témoin au nom particulier, estime Libération : «142». Cette déposition anonyme va être décisive lors du début de l’enquête et conduire, quelques heures après les faits, à l’interpellation de quatre manifestants. «142» explique aux enquêteurs qu’il a entendu des «provocations verbales envers les policiers» et vu «des manifestants commencer à s’équiper et à se dissimuler le visage». Ce témoin est même capable d’identifier quatre personnes : les deux frères Bernanos (Antonin, 23 ans, et Angel, 19 ans, arrière-petits-fils de l’écrivain), Bryan M., 24 ans, et Leandro L., 32 ans. Il assure qu’Antonin Bernanos a brisé la vitre arrière de la voiture de police avec un plot métallique et a asséné les coups à la tête reçus par Kevin P., alors qu’il se trouve encore à l’intérieur. «142» identifie aussi formellement Angel Bernanos, Bryan M. et Leandro L. parmi les manifestants, sans être capable de préciser le rôle de chacun. On apprendra au hasard d’une erreur de procédure que ce témoignage sous X est en réalité celui d’un policier des renseignements de la préfecture de police." Suspicion sur la faculté à témoigner d'un professionnel du Renseignement ? Les parents et les voisins des agresseurs sont-ils mieux qualifiés ? 
Selon les antifascistes et le collectif Libérons-les, ces poursuites font partie d’une volonté du pouvoir de criminaliser le mouvement social

Pour eux, la manifestation était une réponse légitime au rassemblement des policiers le même jour "contre la haine antiflics", où sont venues "des personnalités de la droite extrême, chaleureusement accueillies", comme " Gilbert Collard, Marion Maréchal-Le Pen ou Eric Ciotti". 

Politisation? Vous avez dit politisation ? Qui politise?
La défense veut développer les actions communes avec les collectifs qui se multiplient contre les bavures policières dans les quartiers populaires, notamment autour de l’affaire Adama Traoré, un jeune homme mort à 24 ans, lors de son interpellation par des gendarmes en juillet 2016 dans le Val-d’Oise. 
"Il faut travailler cette question de convergences. Cela ne se fera pas via une intégration dans nos luttes, mais en respectant leur autonomie et leur grille de lecture même si elle peut différer en de nombreux points", insiste Antonin Bernanos. 
Dans cette démarche, les antifascistes sont de moins en moins isolés. Un appel à rassemblement le 19 septembre à 19 heures devant le palais de justice et à se rendre tous les jours au procès, a été publié par le Front social, coordination issue du mouvement contre la loi travail. 

Plusieurs personnalités de gauche – qu'on ne retrouve côte-à-côte que dans les luttes contre les institutions – l’ont signé. C’est le cas, entre autres, de la députée (La France insoumise) de Paris Danièle Obono, d’Olivier Besancenot, de Frédéric Lordon, économiste et ­figure du mouvement Nuit debout, ou encore de la controversée Houria Bouteldja, présidente du Parti des indigènes de la République, formation identitaire et postcoloniale dont le discours ­racialiste suscite de plus en plus le malaise à gauche. 
Du côté des ­organisations signataires, on trouve, entre autres, l’Union syndicale Solidaires, Alternative ­libertaire, les maoïstes de l’OCML-VP ou encore le NPA. 

La gauche radicale travaille à perturber la sérénité de l’audience. 
Ce procès se déroule en outre dans un contexte de rentrée sociale avec des manifestations au cours desquelles des affrontements entre forces de l’ordre et "black blocs" (des militants violents d'extrême gauche intégralement vêtus de noirs se réclamant de l’antifascisme, de l’anarchisme ou de l’autonomie) pourraient entrer en résonance avec les faits du 18 mai 2016.
Des militants du syndicat de police Alliance, qui s’est constitué partie civile, devraient être présents et soutenir les deux victimes.  

L’avocat d’Antonin Bernanos, Arié Alimi, entend développer la dimension inévitablement politique de l'affaire quand des fonctionnaires de police sont attaqués dans l'exercice de leurs fonctions et en temps d'état d'urgence : "La politique du maintien de l’ordre a été modifiée. Avant, on tenait les manifestants à distance en faisant le moins de victimes possible. Désormais [sic], on rentre dans le rapport de forces [dans lequel les forces de maintien de l'ordre étaient désarmées]. Il y a une volonté de décrédibilisation et de criminalisation du mouvement social".
Résultat de recherche d'images pour "potelet"Libération affaiblit les accusations de la défense.
"Le jour même de l’agression, les quatre jeunes hommes sont interpellés et placés en garde à vue. Leurs logements sont perquisitionnés. Sont saisis pêle-mêle chez les frères Bernanos : «un masque à gaz», «un poing américain, «des autocollants antifascistes», «248 tracts et 24 affiches», «4 protège-tibias, «5 petites bouteilles de gaz de camping», «7 blousons noirs à capuche».
"
Les enquêteurs sont convaincus de la culpabilité d’Antonin Bernanos, après l’exploitation des images vidéo. Couleur du caleçon, marque des chaussures, sac à dos, deux formes dans les poches du pantalon, deux anneaux aux doigts et des cernes au visage : tout a été passé au crible. Après dix mois en détention provisoire, il est finalement libéré à la suite d’un bras de fer judiciaire avec le parquet de Paris qui s’y est systématiquement opposé."
Le 8 juin 2016, Nicolas F., 41 ans, est ciblé après plusieurs recoupements et interpellé à l’occasion d’un nouveau rassemblement. Lors d’une audition le mois suivant, il reconnaît être l’auteur des coups avec la tige en métal. Il explique «avoir pété les plombs» et avoir frappé le policier «en espérant qu’il s’en aille». Les policiers vont identifier d’autres suspects avec la même recherche sur vidéo.
Thomas R., 20 ans, dont l’exploitation du téléphone mobile indique qu’il avait été
 «en contact avec Antonin Bernanos et Bryan M.», est interpellé le 28 septembre 2016. Lors d’une audition deux jours plus tard, il reconnaît avoir porté des coups dans le véhicule et «avoir fait un signe de victoire en partant». Kara B., 28 ans, soupçonnée d’avoir lancé un plot contre la voiture, est interpellée le 24 mai, «avec la même tenue vestimentaire que lors de la manifestation du 18 mai». Lors d’une audition en juillet 2016, elle reconnaissait également sa participation, s’estimait «désolée» et se jugeait «stupide».  

Résultat de recherche d'images pour "potelet"Ari R., 30 ans, est également poursuivi pour avoir brisé la vitre arrière droite du véhicule avec un potelet. Là aussi, les policiers s’attachent à constituer un signalement physique pour l’identifier. Il est interpellé le 7 février 2017 mais refuse au cours des différents interrogatoires de s’expliquer sur les faits. Chez lui est saisie une affiche «Tout le monde déteste la police» comportant une référence à l’affaire du quai de Valmy, se réjouissant que «leurs voitures partent en fumée», notent les magistrats. Nicolas F., Ari R. et Kara B. sont en détention provisoire depuis la date de leur arrestation.Le dernier suspect, Johachim L., 28 ans, est, lui, toujours dans la nature. Il est pourtant soupçonné par les policiers d’être le lanceur du fumigène qui déclenche l’incendie dans la voiture. De nationalité suisse, il est identifié «avec certitude» par les autorités de son pays à l’aide de comparaisons photographiques. Visé depuis par un mandat d’arrêt, il ne se présentera sûrement pas à l’audience." 
"Dans cette affaire, il y a eu la volonté de trouver des coupables très rapidement par un ciblage arbitraire sur la simple base de renseignements de la préfecture de police de Paris", estime Arié Alimi, avocat d’Antonin Bernanos. 
De quoi, en effet, la police se mêle-t-elle ?...