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samedi 10 juin 2017

Macron à Oradour-sur-Glane ou la dimension théâtrale de la présidence

Le masque de l'effroi sur Macron, de retour à Oradour-sur-Glane

Le président de la République est venu présider samedi matin les cérémonies commémoratives du massacre d'Oradour-sur-Glane

Macron à Oradour-sur-Glane, ce 10 juin,
toutes les persécutions et massacres du monde sur son visage
Rien de morbide, rassure son entourage, mais le président Macron est revenu samedi matin 10 juin à Oradour-sur-Glane, en Haute-Vienne, pour présider les cérémonies du 73e anniversaire du massacre de 642 villageois par la division SS Das Reich qui rejoignait le front de Normandie. S'il ne s'agissait pas de loi Travail, ni d'article 49.3, ni de gouvernance par ordonnances, c'est-à-dire avec carte blanche des députés nouveaux de sa majorité disparate sous l'étiquette le "République en marche", le 10 juin 1944, les troupes nazis étaient ...en marche forcée et sanglante.

Image illustrative de l'article Massacre d'Oradour-sur-Glane
Le chef de l'État a été accueilli par quelques-uns des 500 enfants rassemblés dans le nouveau village d'Oradour-sur-Glane, là où ont été exécutés  pour participer à cette cérémonie. Il a ensuite rejoint l'ancienne église du village où plus de 450 femmes et enfants [selon l'AFP, pour qui chaque vie humaine n'est pas un si lourd tribut, puisqu'ils auraient été 350 : inflation des chiffres dans le sens de l'Histoire ?] avaient été enfermés et brûlés vifs, les hommes, répartis en six groupes, étant abattus dans des granges avant que le village ne soit entièrement incendié.
La veille, la division SS Das Reich du général Lammerding avait pendu 99 otages dans la ville voisine de Tulle.

Promesse non oubliée, à la veille des législatives.
Dans cette église à ciel ouvert, Emmanuel Macron a retrouvé Robert Hébras, 91 ans, dernier rescapé du massacre d'Oradour-sur-Glane, en compagnie duquel il devait ensuite parcourir pendant près d'une heure les rues du village martyr, laissé en l'état depuis sa destruction.
500 enfants rassemblés en 2017 pour 246 femmes et 207 enfants,
dont 6 de moins de 6 mois, brûlés dans cette église, en 1944.
Le 28 avril dernier, en campagne de l'entre-deux-tours, le candidat à la présidentielle avait promis à cet homme de 18 ans lors de la tragédie, mitraillé et laissé pour mort dans un garage d'où il avait réussi à s'échapper malgré l'incendie, de revenir en tant que chef de l'État.

"Quelle belle journée !", a déclaré ce survivant au président, malgré le souvenir de cette journée tragique. Il s'est dit très troublé par la présence des enfants autour du président, se souvenant avec émotion du destin funeste qu'ont subi ses petits camarades à l'époque. "Il y a 73 ans, c'était une journée ensoleillée comme celle-ci. C'était un samedi comme aujourd'hui et ma mémoire va à ceux qui ont disparu. Merci monsieur le président d'être parmi nous." Très ému, il a ensuite appelé tous les officiels et les citoyens présents à se recueillir pour une minute de silence.

"On a mis le feu sur nous"
Hebras, à la gauche du député PCF 
André Chassaigne, à Oradour
Face aux enfants et au président, le nonagénaire a retracé le déroulé de cette atroce journée. "A un moment, un des soldats a fait le tour du groupe. Lorsqu'il est arrivé à notre hauteur, il nous a fait signe. On s'est levés. Le temps qu'il revienne à l'entrée de la grange, il y a une détonation dans le village et c'est la fusillade", a-t-il raconté.
"On tombe les uns sur les autres. Pourquoi je suis là? Je ne sais pas. Ce sont les autres qui m'ont sauvé la vie", s'est-il remémoré avant de poursuivre : "Après, il y a eu le coup de grâce. Ils nous ont couvert de tout ce qui pouvait brûler et on a mis le feu sur nous. Quand le feu m'a atteint, je n'avais pas le choix, où je mourais brûlé vif, ou je savais que j'allais mourir quand même, parce que pour moi les soldats étaient devant la porte. Quand je suis sorti de dessous les autres, il n'y avait que des morts et des mourants." 

Visage hyper-tendu, Emmanuel Macron a écouté le reste de son histoire. "Quand je suis sorti de dessous les autres, les soldats n'étaient plus là. J'ai tenté de m'enfuir par la porte juste ici, mais c'était une cour sans issue, donc je suis revenu dans la fumée, sur les autres. Et je me suis caché dans une de ces granges, a expliqué R. Hébras. J'étais seul, je me suis caché dans une étable et j'ai attendu. Et à un moment j'ai entendu parler français."

Un récit qui évoque d'autres massacres aussi horribles. Sans remonter à la Terreur quand 1.500 à 1.600 prisonniers vendéens furent fusillés par les Républicains, citons (sans prétention à l'exhaustivité) :

la répression de l'insurrection de Lyon (1867 morts) ou les massacres du Mans (10.000 à 15.000 morts) en 1793 également, les Colonnes infernales (20.000 à 50.000 morts) en 1794, sous la Terreur;

les massacres de 1804 en Haïti (3.000 à 5.000), 
le massacre de chrétiens maronites par des druzes au Mont-Liban (8.000 à 10.000 en 1860,

le massacre de 200 Sioux de Wounded Knee par l'armée américaine (1890), 
le massacre d'ouvriers italiens par des villageois et ouvriers d'Aigues-Mortes en 1893 (10 morts), 

les massacres de 30.000 Arméniens de Cilicie par les Turcs en 1909, 
le génocide de 1.200.000 Arméniens par le gouvernement Jeune-Turc ottoman. (1915-16),
la Terreur rouge russe par les Bolcheviks (environ 140.000 personnes), les Terreurs rouge puis blanche hongroises, 
les massacres de la Terreur blanche chinoise et exactions commises par les Nationalistes du Kuomintang pendant la Guerre civile chinoise (2.645.000 morts entre 1927 et 1950), 

le génocide de 220.000 à 500.000 Tziganes en Europe sous le Troisième Reich (1936-1945),
les Grandes Purges de Staline pour éliminer toute opposition (entre 680.000 et 2.000.000 morts), 
le massacre de Katyń (20.000 à 28.000 officiers et membres de l’élite polonaise fusillés par le NKVD, police politique soviétique) en avril 1940,
le massacre du bois d'Eraine, à Cressonsacq en France (en plus de celui de Chasselay, durant la bataille de France, quand les Allemands du régiment Grossdeutschlandl de la 10e Panzerdivision, massacrent la totalité des Africains de la 4e division d'infanterie coloniale et du 24e régiment de tirailleurs sénégalais fait prisonniers, en juin 1940, dans l'indifférence du CRAN et du très compassionnel président Macron !
La Shoah ou 'Solution Finale' ou encore 'Holocauste', génocide de la population juive d'Europe pendant le Troisième Reich par les camps d'extermination, les camps de concentration et les marches de la mort.(1941-1945), 5.100.000 à 5.500.000;

les massacres, famines et persécutions politiques, ethniques et religieuses commises par le régime des Khmers rouges (régime dictatorial communiste d'inspiration maoïste) dirigé par Pol Pot: 740.000 à 2.200.000 de Cambodgiens morts entre 1975 et 1979,

exécution de prisonniers politiques, majoritairement des membres de l'Organisation des moudjahiddines du peuple iranien, après la guerre Iran-Irak, sur ordre de Khomeini (1988), guide spirituel de la révolution islamique de 1979 qui renverse le shah d'Iran Mohammad Reza Pahlavi, après avoir été accueilli en France : entre 4.482 à 30.000 morts,

massacre de Tian'anmen (1989) : répression de la manifestations de la place Tian'anmen par l'armée chinoise fit entre 300 à 3.000 morts, selon les sources,

ou le génocide au Rwanda, 1988, quand des Hutus massacrèrent des Tutsis et certains Hutus considérés comme traîtres : 880.000 morts,

les massacres de la guerre civile au Darfour (2003-inachevés) ont d'ores et déjà fait plus de 200.000 morts depuis 2007, notamment par les milices janjawids avec l'appui de l'armée soudanaise,

les djihadistes de l'État islamique assassinent des civils yézidis (pratiquants d'une religion kurde) et en enlèvent au moins 4.000, principalement des femmes et des enfants. Ces derniers sont convertis de force ou réduits en esclavage,

attaque de l'université de Garissa (avril 2015, Kenya) par un commando de djihadistes qui massacrèrent 148 étudiants, majoritairement chrétiens,

tueries d'Egyptiens coptes (10% de la population), des Chrétiens : 28 ont été assassinés par des hommes masqués, en mai 2017. Des groupes de défense des droits de l'homme ont signalé une "intolérance religieuse grandissante" et des violences sectaires contre la communauté copte d'Égypte, ainsi que l'échec du gouvernement égyptien à enquêter et à sévir contre les auteurs de ces attaques...
En avril 2010, 17 membres du Congrès américain expriment leurs inquiétudes sur les femmes coptes, victimes "de violences physiques et sexuelles, de captivité, d'exploitation par de la servitude domestique forcée ou de commerce sexuel".
C'est à Cuba, pendant la guerre d'indépendance de Cuba (1897) que les premiers camps de concentration sont expérimentés. Ainsi doit-on au général Valeriano Weyler, gouverneur militaire espagnol à Cuba, l'usage du fil de fer barbelé jusqu'alors utilisé dans les Grandes Plaines américaines au milieu du siècle, pour parquer les troupeaux de bovins et protéger les champs de leur passage, qu'il appliqua aux humains pour constituer des "camps de concentration" pour les paysans rebelles cubains.
La récupération de Macron
Un des six rescapés du massacre, Robert Hébras, la victime qui fascine autant Macron, n'est pas blanc-blanc.
Il a été condamné le 14 septembre 2012 à un euro symbolique de dommages et intérêts et à 10.000 euros de frais de justice pour avoir émis
des doutes sur le caractère forcé de l’enrôlement d’Alsaciens dans les Waffen SS dans un livre. Il y dénonçait, "parmi les hommes de main, quelques Alsaciens enrôlés soi-disant de force dans les unités SS". A la suite des protestations des Associations des évadés et incorporés de force (Adeif) du Bas-Rhin et du Haut-Rhin qui demandaient le retrait du livre des librairies, il avait nuancé ce propos dans les éditions suivantes, mais, dans un nouveau retirage en 2009, il avait réitéré ses accusations initiales...
La cour d’Appel de Colmar a estimé que Robert Hébras "a outrepassé les limites de la liberté d’expression en mettant en doute le caractère forcé et non volontaire de l’incorporation de force de jeunes Alsaciens dans les unités allemandes de Waffen SS." Elle a estimé par ailleurs que "Robert Hébras ne pouvait pas se prévaloir de la qualité de témoin, car, à l’époque du massacre, "il n’avait pas distingué les Allemands nazis des Alsaciens, portant tous le même uniforme" et qu’il était "encore moins témoin de l’incorporation de force des Alsaciens dans les unités allemandes". L’incorporation de force, estime la Cour d’appel, est une "vérité historiquement et judiciairement établie." Mais le président Macron a-t-il en quoi que ce soit affaire avec l'Histoire et la culture ?
Le chef de l'État a également tenu un discours, s'adressant plus particulièrement aux jeunes générations, pour les appeler à "se souvenir" de la barbarie nazie et à en tirer des enseignements pour le présent. "Oradour, ce n'est pas seulement un drame de guerre. 
Oradour est un scandale absolu", a déclaré le trentenaire, ajoutant que "ce qui se produisit ce jour-là [il y a 73 ans] est exactement ce que la France a toujours voulu combattre".

Et de poursuivre, une cellule d'assistance psychologique disponible à courte distance: "Le monde était dangereux et il l'est encore aujourd'hui. La barbarie se reforme et ne change pas" mais "la vie, à la fin, l'emporte"...
Une nouvelle prorogation de l'état d'urgence est justifié ?

vendredi 27 février 2015

Révolution culturelle islamiste: destructions dans un musée de Mossoul

"Sens de l'Histoire": la révolution maoïste a produit le totalitarisme islamiste

"Guerre de civilisation", "barbarie" socialiste, "fascisme hitlérien" ou totalitarisme khmer rouge... 

Un vidéo montre des islamistes en train de détruire des statues pré-islamiques à coups de masse. D'une durée de cinq longues minutes, elle a été fièrement mise en ligne jeudi par le groupe djihadiste Etat islamique, autrement connu comme Daesh.
Ils ont vandalisé les collections du musée de Mossoul, qui renferment des objets inestimables des périodes assyrienne et hellénistique, datant de plusieurs siècles avant l'ère chrétienne. Dans une autre scène de cette vidéo, les islamistes ont également recours à un perforateur pour défigurer un imposant taureau ailé assyrien en granit, sur le site archéologique de la porte de Nergal à Mossoul, ville contrôlée par les djihadistes depuis l'été. Ce taureau a un jumeau, exposé au British Museum de Londres. "Fidèles musulmans, ces sculptures derrière moi sont des idoles pour les peuples d'autrefois qui les adoraient au lieu d'adorer Dieu", déclare un fanatique en s'adressant à la caméra.

L'UNESCO demande une réunion de crise du Conseil de sécurité

La directrice générale de l'Unesco a demandé jeudi une réunion de crise du Conseil de sécurité des Nations unies après les destructions par les djihadistes de l'État islamique de sculptures pré-islamiques au musée de Mossoul, dans le nord de l'Irak. "Cette attaque est bien plus qu'une tragédie culturelle, c'est également une question de sécurité parce qu'elle alimente le sectarisme, l'extrémisme violent et le conflit en Irak", a dénoncé la responsable de l'Unesco, Irina Bokova, dans un communiqué après la diffusion d'une vidéo mise en ligne par l'EI. "C'est pourquoi j'ai immédiatement contacté le président du Conseil de sécurité pour lui demander de convoquer une réunion d'urgence du conseil sur la protection du patrimoine irakien en tant qu'élément faisant partie intégrante de la sécurité du pays", a-t-elle précisé.
Ces destructions étaient une violation de la résolution 2199 adoptée par le Conseil de sécurité de l'ONU début février pour tenter d'empêcher le trafic des antiquités volées en Irak et en Syrie, et qui sont considérées comme une source-clé de financement pour le groupe EI.



Les djihadistes de l'EI détruisent des... par 6MEDIAS

La classe politique réagit aux destructions dans un musée de Mossoul.










Une alarmante parenté entre les islamistes de l'Etat islamique avec les communistes révolutionnaires chinois 

La grande révolution culturelle prolétarienne déclenchée par le président Mao en 1966 constitue l'un des événements les plus tragiques de l'histoire chinoise contemporaine, dont le retentissement international reste considérable.

 Soirée Dazibao sur les thèmes
de l’environnement et
du développement durable
(
3 juin 2010 à Rennes)
Comme le candidat Hollande qui donnait la priorité aux jeunes, Mao voulait consolider son pouvoir en s'appuyant sur la jeunesse du pays. Comme Valls qui cherche des noises à Gérard Bapt, le grand timonnier souhaitait purger le Parti communiste chinois (PCC) de ses éléments "révisionnistes". Les "gardes rouges", fanatiques inspirés du Petit Livre rouge, devinrent le bras actif de cette révolution culturelle. Les intellectuels, de même que les cadres du Parti, furent alors publiquement humiliés, les élites bafouées, les valeurs culturelles chinoises traditionnelles et certaines valeurs occidentales dénoncées au nom de la lutte contre les "quatre vieilleries" (idées, culture, habitudes, coutumes): les révisionnistes visaient à éradiquer les valeurs traditionnelles. C'est ainsi que des milliers de sculptures et de temples (bouddhistes pour la plupart) furent détruits. 

L'expression politique s'est libérée par le canal des "dazibao", affiches placardées par lesquelles s'expriment les jeunes révoltés. La période de chaos qui s'ensuivit mena la Chine au bord de la guerre civile.
"Mur des cons" du Syndicat de la Magistrature
hébergé par le ministère de l'Intérieur
Dazibao chinois
Cette agitation permet à Mao de reprendre le contrôle de l'État et du Parti communiste. La Révolution culturelle est responsable de la mort de centaines de milliers de personnes. Certains auteurs, comme le sinologue Jean-Luc Domenach ou l'historien Stéphane Courtois dans l'ouvrage collectif Le Livre noir du communisme, estiment le nombre de morts à plusieurs millions.

En... mars 2001, les Bouddhas de Bâmiyân furent détruits par les Taliban: 
Statue du grand Bouddha avant 
et après sa destruction en mars 2001
les trois statues monumentales de Bouddha (53, 28 et 10 m de haut) furent délogées de la paroi d'une falaise de la vallée de Bâmiyân au centre de l'Afghanistan, après quinze siècles d'existence et de respect.
Après la destruction, le mollah Omar, chef des taliban d'Afghanistan, déclara qu'il était "fier de tous les taliban qui avaient participé à la destruction de cette horreur impie synonyme d'une religion pour dégénérés."


Or, la notion d'"art dégénéré" renvoie à la position officielle adoptée par le régime nazi pour interdire l'art moderne.


Au Cambodge, les Khmers rouges, fanatiques communistes d'inspiration maoïste qui dominèrent le pays de 1975 à 1979. Leurs dirigeants avaient été formés durant leur séjour en France, dans les années 1950, au plus fort de la période stalinienne, et les milieux universitaires et politiques français portent une lourde responsabilité. Patron du parti communiste cambodgien, puis premier ministre du Kampuchéa, Pol Pot est toutefois sorti non diplômé de l'École d'ingénieurs en radioélectricité de Paris. De la Révolution culturelle chinoise ils gardèrent l'anti-intellectualisme et la négation de la culture.

Les Khmers rouges bénéficient du soutien d'un ensemble de pays occidentaux.
Eglise copte saccagée en Egypte
Comme c'est aujourd'hui le cas d'Obama qui soutient les rebelles de Kiev et de Tchernobyl en Ukraine contre les Ukrainiens russophones et la Russie de Poutine, au Cambodge, les États-Unis continuèrent de reconnaître comme légitime le gouvernement du Kampuchéa démocratique (communiste) pour marquer leur opposition à l'occupation vietnamienne soutenue par l'URSS. Ils s'allièrent pour l'occasion à la République populaire de Chine, à qui ils laissèrent carte blanche sur le problème cambodgien. La Chine fournit des armes aux Khmers rouges, tandis que les États-Unis et le Royaume-Uni apportaient leur soutien à l'ensemble des mouvements de guérilla contre les Vietnamiens (dont les Khmers rouges). L'aide financière américaine aux Khmers rouges se serait montée à 84,5 millions de dollars entre 1980 et 1986.
Les Khmers rouges ordonnèrent le déplacement des populations des villes à la campagne et tout ce qui pouvait évoquer la civilisation urbaine, l'industrie, les hôpitaux, les écoles ou les administrations fut anéanti. Cet exode forcé fit des centaines de milliers de nouvelles victimes. 
Caractère spécifiquement raciste des exactions khmères rouges à l'égard des minorités ethniques du Cambodge. 
Les Chams, ethnie musulmane dite "Khmers islam", fait l'objet d'un traitement particulier de la part de Pol Pot, qui les considère comme privilégiés. Concernant le bouddhisme, religion majoritaire au Cambodge, Pol Pot prévoit la sécularisation forcée de tous les bonzes et leur mise au travail dans les rizières. La communauté catholique du Cambodge, urbaine et associée au souvenir de la colonisation française de l'Indochine, mais très minoritaire, est proportionnellement l'une des plus touchées parmi les groupes ethniques et religieux. La cathédrale de Phnom Penh est, avec la Banque nationale du Cambodge, le seul édifice à être totalement rasé en 1975 par les Khmers rouges.
Les Khmers rouges avaient interdit l'accès au site d'Angkor aux visiteurs, mais les pillards purent en revanche y prospérer.

dimanche 3 août 2014

Parti-pris de la presse: baisse des ventes de quotidiens nationaux au premier semestre

Montée de la défiance du lectorat envers la presse française 

La plupart des quotidiens nationaux payants ont vu leur diffusion baisser au premier semestre 2014

Le quotidien socialiste Libération en difficulté évoque une réduction de ses effectifs
Avec 93.731 exemplaires vendus tous les jours, Libération voit ses ventes diminuer. Menacé de faillite, le journal a été recapitalisé jeudi à hauteur de 18 millions d'euros et veut bâtir un nouveau Libération, avec  le retour du furet, Laurent Mouchard-Joffrin, en tandem avec Johan Hufnagel, chargés de redresser les ventes, en baisse depuis un an. Ce dernier était rédacteur en chef et cofondateur de la version française et africaine du magazine en ligne Slate, avant de collaborer aux versions en ligne de Libération comme rédacteur en chef du site web et de 20 minutes.

"L'équilibre économique de Libération suppose une réduction de ses effectifs d'environ 60 personnes".
Les actionnaires envisagent une cinquantaine de départs, avec, pour arranger les finances du journal, l'ouverture d'une clause de cession pour les journalistes. "Mais ça m'étonnerait qu'on les atteigne", avait toutefois précisé le président du directoire, François Moulias, dans une tribune commune avec Laurent Joffrin, publiée dans l'édition du week-end du journal.
Précisant que la direction souhaite des départs "sur la base du volontariat", les deux cogérants du journal soulignent que "l'objectif devra être atteint en tout état de cause, faute de quoi les coûts salariaux resteraient impossibles à supporter dans l'entreprise". Les bobos du quotidien socialiste n'envisagent pas de réductions de salaires...

De sa ligne éditoriale, il restera plusieurs hauts faits. PaSiDupes retiendra ici celui du 18 avril 1975. Tandis que les Khmers rouges commencent à déporter la population entière de Phnom Penh au Cambodge, Libération choisit de saluer avec enthousiasme l'entrée de ses frères communistes "révolutionnaires" dans la capitale: "Phnom Penh : sept jours de fête pour une libération" ! par des génocidaires... 
C'est dire que les attaques terroristes du Hamas sur Israël rencontrent l'entière adhésion de Libération de Jean-Paul Sartre et Serge July.

L'Equipe et Libération accusent les plus fortes baisses avec respectivement -10,56% et -9,41% par rapport à l'année dernière.
Libération a pourtant reçu 14 millions d'euros des contribuables (2012), via l'Etat...

Si le quotidien La Croix parvient à limiter la casse avec 96.133 exemplaires vendus, soit une diminution de ses ventes de 2,09%, en revanche, Le Parisien (-8%), Aujourd'hui en France (-7,20%) n'échappent pas à la baisse générale.
Malgré un effet "Mondial" qui a débuté au mois de juin avec la Coupe du Monde, le quotidien sportif a vendu quotidiennement 216.017 exemplaires depuis le début de l'année.

Les ventes du Monde restent stables 

Les finances du quotidien Le Monde sont presque stables, avec une baisse de 0,31%, malgré la crise traversée ces derniers mois par le journal avec la contestation d'un plan de mobilité visant à poursuivre la transition numérique et la démission en mai de sa directrice Natalie Nougayrède notamment.

Mais Le Monde ne communique pas son chiffre d'affaires
C'est la Société des lecteurs du Monde qui annonçait un chiffre d'affaires de 462 millions d'euros en 2002. En 2007, il était de 628,65 millions d'euros, malgré une perte nette de 14,3 millions d'euros en 2006, à ajouter aux pertes nettes précédentes de 27,9 millions d'euros en 2005 et de 54,2 millions en 2004. En juin 2010, le journal recherchait encore 10 millions d'euros pour éviter la cessation de paiement en juillet, avec des dettes s'élevant à 94 millions d'euros.

Le journal Le Monde touche des subventions de l'État, comme la plupart des titres de presse français, dont le quotidien communiste L'Humanité, le plus dépendant de tous. Ainsi, Le Monde a perçu 2,95 millions d’euros d’aide du fonds d'aide à la modernisation de la presse de 2003 à 2010. En 2010, il est le second quotidien français qui reçoit le plus de subventions de l'État avec 17 millions d'euros d'aides directes. En 2011 et 2012, il est le premier sous perfusion, avec 16,9 et 18,6 millions d'euros.

Le Figaro et Les Echos font exception 

Ils parviennent même à augmenter légèrement leurs ventes.
Le Figaro reste en tête du classement, avec 323.473 exemplaires vendus tous les jours depuis le début de l'année, soit une hausse de 0,19% par rapport à la même période en 2013, selon les chiffres publiés par l'OJD, l'association professionnelle de la presse.

Le journal économique du groupe LVMH, Les Echos affiche la plus grosse augmentation avec une progression des ventes de 1,32% par rapport à janvier-juin 2013 et 124.423 exemplaires vendus chaque jour depuis début 2014. Il a perçu 1,5 million d’euros d’aide du fonds d'aide à la modernisation de la presse de 2003 à 2010.

Lectorat frappé de la double peine

Depuis le 29 mars 2010,
seuls les abonnés aux formules payantes du Monde peuvent lire les articles du Monde. 
Le journal mettait ainsi fin  au "rêve de la gratuité" de l'information sur Internet. Aujourd'hui, les Français qui paient 
les subventions de l'Etat à la presse doivent mettre la main à la poche pour s'informer, au risque que les articles, photos et video achetés disparaissent sans crier gare.   

dimanche 30 mars 2014

Najat Vallaud-Belkacem, "Viêt minh souriante" ou "Khmère rose"

Najat Vallaud-Belkacem voit du machisme partout

Mais voit-elle le sexisme féministe?

C'était pas bien...







Mais ça, c'est bien !

Comme porte-parole godillot d’un gouvernement verbeux, NVB remplit bien son rôle, à cela près que personne ne l'écoute: à force de sectarisme, elle est devenue inaudible. Elle a donc des progrès à faire pour être crédible et efficace. 
Au point que l’opposition parlementaire ne peut pas la souffrir: ni indulgence, ni clémence pour une totalitaire de type soviétique, époque guerre froide.  

La nouvelle ligne “Boss au féminin” des célèbres marqueurs Stabilo n’a pas du tout plu aux féministes
Selon la publicité de la marque, le design des feutres, en forme de tube de gloss, concilie "élégance et sens pratique" dans un style "délibérément féminin". Problème : beaucoup de personnes sur les réseaux sociaux n’ont pas du tout apprécié l’initiative commerciale de la marque et les sarcasmes ont fusé toute la journée de mardi. Stabilo s’est finalement excusé en fin de journée sur son compte Twitter.
Qui nous gâte la vie?
Toute notre vie publique, mais aussi privée devient invivable, car elle est désormais passée au crible de l'idéologie dominante, tantôt sur l'indifférenciation des sexes, tantôt sur le féminisme, comme le font déjà les écologistes radicaux qui entendent régler nos existences jusque dans nos foyers.  Qu'il soit vert ou rose, ce totalitarisme excède les Français. Quelques voix fortes s'élèvent toutefois pour demander que cessent  les pressions et intimidations, les stigmatisations et entraves, les culpabilisations et sanctions fiscales.

Le Figaro Magazine consacre un article à "NVB", "symbole de cette gauche sociétale", 
écrivait l’hebdomadaire le vendredi 14 février. 

Une qualification de la ministre des Droits des Femmes,  Najat Vallaud-Belkacem, tirée du commentaire fait par le député UMP Hervé Mariton, fervent opposant au mariage homosexuel lors des débats à l’Assemblée nationale, qui décrit la ministre comme une "Viêt-minh souriante". Au sourire jaune. 
La porte-parole du gouvernement a d’abord jugé ces qualificatifs "insignifiants". Un adjectif qu’elle accole également à l’hebdomadaire du Figaro: "Tout ce qui est excessif est insignifiant. C’est ce que m’inspire souvent ce magazine." La socialiste a une idée approximative du pluralisme... 
Et, ajoutant la caricature à l'amalgame, NVB de poursuivre, sur la ligne éditoriale du magazine: "Vivement que le Figaro magazine revienne à ses sujets de prédilection : où acheter son champagne [français], où acheter son caviar [d'Aquitaine], où aller skier". "C’est totalement incongru", estime-t-elle.

Hervé Mariton l'a, quant à lui, gratifiée sur Twitter d'une petite explication de texte sur les notions de "colonialisme" et de "misogynie", faisant observer que "Viêt-Minh" est un "qualificatif politique" et que "souriant" peut être associé aussi bien à un homme qu'à une femme.

Des propos dénoncés par Laurence Rossignol, sénatrice et porte-parole du PS, qui les a qualifiés de "sexistes" et "racistes".
Pour cette ex-révolutionnaire trotskiste de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), dans un réflexe qu'elle partage avec H. Désir (SOS Racisme, comme elle), Hervé Mariton allierait à la fois racisme et sexisme, évitant de peu le stigmate du fascisme.
L'ayatollah du féminisme va jusqu'à taxer de "sexiste" la mention d'un sourire de femme par un homme. Elle a néanmoins accepté les fonctions de chargée de mission, puis chef de cabinet auprès d'un président de l’Assemblée nationale qui passe pourtant pour voir dans la femme un produit de consommation, Laurent Fabius.

Dans une tribune publiée le 6 avril 2012 sur le site Mediapart, Rossignol a aussi défendu la position de Najat Vallaud-Belkacem favorable à l'abolition de la prostitution. 
Contrairement aux trilles de son homonyme à plumes, la complainte de Rossignol est binaire. Vice-présidente PS de la région Picardie, c'est sans circonstances atténuantes qu'elle a condamné Anne Sinclair que la presse socialiste sanctifiait : "C'est un personnage des chansons d'Edith Piaf : 'I'm'fout des coups, I'm'prend mes sous, mais c'est mon homme, je l'aime.' Et de conclure que la richissime socialiste "Anne Sinclair incarne l'universalité de la domination des femmes."

Ex-Pétroleuse du MLF, 
Mlle Rossignol ne craint
 d'ailleurs  pas la caricature et l'outrance


"Khmère rose", aussi.

Le Figaro intitulait son article "la Khmère rose", une comparaison empruntée à l'ex-UMP Christian Vanneste en 2006.  Montrant quelques heures plus tard que le PS est plus réactif sur le sociétal qu'au social, Bruno Le Roux, le patron du groupe socialiste à l'Assemblée, avait estimé qu'il s'agissait d'un propos "colonialiste et misogyne" et tirait également sur le traitement journalistique du Figaro : "La conclusion grossière et pathétique qu’en tire Le Figaro Magazine est de titrer son article "La Khmère rose", ajoutant aux relents colonialistes, la référence à un mouvement qui a causé la mort de millions de Cambodgiens. 60 ans après Dien Bien Phu, le débat public et notre mémoire collective méritent mieux que ces propos outranciers et blessants." 
Le Roux omet de préciser que le mouvement qu'il évoque est communiste d'inspiration maoïste et qu'il s'est rendu coupables de déportation massive et de massacres de la population.

Autre élu en première ligne contre le mariage pour tous et interrogé sur la porte-parole du gouvernement, le député du Parti Chrétien-démocrate de Christine Boutin, Jean-Frédéric Poisson. Pour lui, NVB évoque "le beau visage de l’idéologie".

Président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, Christian Jacob ne ménage pas non plus la franco-marocaine du gouvernement.
Pour lui, la ministre n’est que dans l’apparence. Et manque de fond. "Elle parle beaucoup, affiche son sourire, mais derrière,cela sonne creux."
Sexisme politiquement correct 
et de bon goût

Investie par les féministes et les écologistes radicaux, la gauche politique ne serait-elle pas devenue le refuge des aigri(e)s en tout "genre"?


mercredi 8 mai 2013

Hollande a présidé les cérémonies du 8 mai 1945 à Paris

Devoir de mémoire contre commémorations 

Les cérémonies nationales du 8 mai, commémorant la victoire des Alliés   à l'issue de la Seconde Guerre mondiale, ont débuté mercredi vers 10h40 avec l'arrivée du chef de l'Etat.

François Hollande a présidé mercredi les cérémonies du 8 mai.
Après un dépôt de gerbe au pied de la statue du général de Gaulle, en bas des Champs-Elysées, le chef de l'Etat a remonté l'avenue escorté de la garde républicaine, salué sous un ciel couvert par un public clairsemé.

Le chef de l'Etat était cette année accompagné du président polonais Bronislaw Komorowski, invité des commémorations. 
Une importante délégation des forces polonaises était également présente. La Pologne a particulièrement souffert de l'occupation nazie durant le conflit et les Polonais ont joué un rôle important dans la Résistance intérieure en France.

Les deux responsables ont ranimé conjointement la flamme sur la tombe du soldat inconnu sous l'Arc de Triomphe, avant que soient interprétés les hymnes nationaux et le Chant des partisans qui célèbre la résistance à l'occupant.

Le président a abordé la polémique française avec l'Allemagne en présence du président polonais

Interrogé à l'issue des cérémonies sur les récentes tensions entre la France et l'Allemagne, le président Hollande a souligné que
Paris et Berlin doivent aujourd'hui se "retrouver ensemble pour une Europe qui soit celle de la croissance et de l'emploi". "C'est le sens du débat que nous avons engagé (...) Il y a un débat et à la fin ça se passe toujours avec un compromis entre la France et l'Allemagne, ce sera encore le cas pour les grands dossiers que nous avons à régler", a-t-il assuré sur France2.

Le chef de l'Etat a également souligné la volonté de Paris et Varsovie de "relancer le triangle de Weimar, c'est à dire l'amitié entre la France, l'Allemagne et la Pologne ensemble pour préparer l'Europe".

A propos du climat politique un an après son élection, il a observé qu'"il n'y a pas de célébration" mais "une obligation de réussir". "Je veux dire aux Français, y compris dans ce moment de gravité, de souvenir, que nous sommes en train de préparer un avenir, nous le faisons en Europe, nous le faisons en France", a-t-il affirmé.

Plusieurs ministres ont également minimisé les tensions récentes entre Paris et Berlin sur les politiques à mettre en place pour sortir de la crise. 
"Il peut y avoir des hauts et des bas dans nos relations avec l'Allemagne, mais ce qui est certain c'est que le couple franco-allemand est déterminant, c'est le socle de l'Europe. Le 8 mai c'est aussi une forme de message et de signe de la réconciliation franco-allemande", a observé le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

Les cérémonies commémorent chaque année la capitulation sans condition de l'Allemagne nazie le 8 mai 1945

Le terme de 'génocide' fut forgé à la suite au procès de Nuremberg, peu après la seconde guerre mondiale, après cinq ans du conflit, le plus meurtrier de l'histoire,
sans compter le génocide vendéen et les massacres associés au marxisme, d'URSS ou de Chine, où 
Mao Zedong utilisa ses Gardes rouges pour poursuivre le processus de la révolution culturelle et quand des enfants tibétains furent enlevés à leurs parents entre 1951 et 1955 pour être éduqués au communisme maoïste, à la Corée du Nord ou à la Birmanie, en passant par  la guerre idéologique du Vietnam entre les forces du sud et du nord communiste, qui ont tué environ 1,5 million de Vietnamiens (puis les victimes de l'exode après 1975 et de la répression des années 1980, soit plus d'un demi-million, dont 65.000 à 100.000 exécutions par le régime communiste, 150.000 à 175.000 prisonniers disparus, le reste étant des boat-people) et  génocide cambodgien perpétré par les Khmers rouges, des communistes maoïstes menés par le sinistre Pol Pot.

Jour férié depuis 1953, le 8 mai s'est peu à peu imposé comme la date symbolique de la fin de la Seconde Guerre mondiale. En 1975, le président Valéry Giscard d'Estaing avait supprimé les commémorations au titre du rapprochement avec l'Allemagne. Mais elles ont été rétablies en 1981 par le socialiste François Mitterrand et ne sont plus remises en cause.

Or, 2014 doit être une année chargée en commémorations, avec, outre celles du 8 mai, les célébrations du 100è anniversaire du début de la Première Guerre mondiale et celles du 70è anniversaire du débarquement des troupes alliées en Normandie, le 6 juin 1944.

Mais la binationnale Eva Joly déclara en 2011 que le défilé militaire du 14 juillet symbolise " le passé"
et proposa de lui substituer un "défilé citoyen"...

Aujourd'hui encore,
la gauche considère que les jours fériés de commémorations diverses obèrent les chances de réussite de la politique de Hollande, le "François courage", de Le Drian !...

mercredi 1 février 2012

Chenva Tieu, du Cambodge en France, à l'UMP

Chenva Tieu prend de plus en plus d'espace

Chinois du Cambodge devenu Français

Il vit en France depuis si longtemps qu’il s’étonne encore de nos idées préconçues sur les chinois. Au point d’avoir écrit le « Manuel de chinoiseries à l’usage de mes amis cartésiens », aux Editions Anne Carrière. Une occasion pour rencontrer le co-fondateur du « Club XXIe siècle »[2] qui regroupe l’élite républicaine issue de la diversité. Et pour parler de la Chine, de sa culture, de son rapport à l’environnement, vaste sujet !

Un UMP d'origine asiatique fait sa place dans l'entourage du président

Comme en 2007, le président de la République aura à coeur de mettre en avant des personnes issues - comme on dit - de la diversité.
Bien que le Chef de l'Etat ne soit pas encore officiellement candidat à sa succession, Nicolas Sarkozy s'intéresse d'ores et déjà aux nouveaux visages qui composeront sa future équipe. Depuis quelques semaines, il multiplie en effet les rencontres, à l'affût de jeunes talents, dans l'espoir de les voir apporter un peu de fraîcheur au sein d'une droite en vue depuis cinq années de pouvoir.
Instruit par les précédents Rachida Dati et Rama Yade - des "déceptions", selon lui -, il privilégiera des profils plus sobres mais aussi consistants sur le fond. À l'image de Chenva Tieu, un chef d'entreprise de 47 ans, fondateur de la société de production Online Productions et originaire de Chine, que le président a reçu durant quarante-cinq minutes, au début du mois de novembre, à l'Élysée. Conquis par le discours de son visiteur, Nicolas Sarkozy a, depuis, des ambitions pour lui. En commençant par lui réserver la 9e circonscription de Paris, celle qui englobe le 13e arrondissement, haut lieu de la communauté chinoise dans la capitale. On lui promet également un rôle dans la future équipe de campagne présidentielle.

"Ne pas toucher à leur portefeuille"
Chenva Tieu n'est pas totalement novice en politique. En 2010, il participe à la campagne des régionales de Valérie Pécresse. Quelques mois plus tard, Jean-François Copé, patron de l'UMP, lui propose un poste de secrétaire national en charge de l'Asie. Il accepte, mais ne se contente pas de livrer de petites notes géopolitiques sur les relations France-Asie. Le nouvel encarté fait le choix d'aller au contact de la communauté asiatique de France (évaluée à près d'un million d'individus - les Chinois représentent les deux tiers de cette communauté). Autant dire que lorsque cette communauté s'éveillera politiquement, les rapports de force électoraux seront tout autres...


Le président l'a sans doute compris. "Les Asiatiques votent de plus en plus. Il y a deux principes à respecter vis-à-vis d'eux : 1- Ne pas toucher à leur portefeuille. 2 - Ne pas porter atteinte à leur dignité", analyse Chenva Tieu. Après des débuts prometteurs à l'UMP, l'auteur d'un Manuel de chinoiseries (éditions Anne Carrière), fils de boat people, dont la famille a vécu à son arrivée d'Asie rue de la Boétie, non loin de l'actuel siège de l'UMP, a rencontré Olivier Biancarelli, conseiller politique auprès du président. C'est ce dernier qui a convaincu le chef de l'État de le recevoir à l'Élysée. Parfaitement sinophone, le cofondateur du XXIe Siècle, un club qui favorise la diversité dans l'entreprise, aurait bluffé Nicolas Sarkozy par son parcours, sa connaissance de la Chine, mais aussi de la France. Un modèle d'intégration que le président entend donc promouvoir.