POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

dimanche 17 juillet 2016

Cazeneuve, partisan d'une "garde bitteroise" à l'échelle nationale

Suite à l'attentat de Nice, le ministre de l'Intérieur de Hollande et Valls fait du Ménard...

La "réserve opérationnelle", c'est quoi ?

Après le carnage terroriste commis à l'issue de la soirée festive du 14 Juillet à Nice, le président Hollande, en plus du maintien contesté de l’opération Sentinelle (10.000 militaires affectés au maintien de l'ordre, en association avec les forces de l'ordre, gendarmes et policiers), fait appel à une "réserve opérationnelle", "c’est-à-dire à tous ceux qui, à un moment, ont été sous les drapeaux ou dans les effectifs de la gendarmerie pour venir soulager les effectifs de policiers et de gendarmes".

En quoi consiste ce dispositif ?
C’est une partie du dispositif dit de "réserve militaire", qui comprend aussi la "réserve citoyenne", destinée à la sensibilisation, et, depuis plus récemment, la "réserve citoyenne cyberdéfense".
Cette réserve opérationnelle regroupe des citoyens volontaires, avec ou sans expérience militaire, âgés d’au moins 17 ans. Ils signent un contrat rémunéré (avec une solde dans les mêmes conditions que les militaires de carrière) pour quelques dizaines de jours par an.

Y appartenir implique des contraintes de forme physique ou d’âge, comme dans la réserve de la gendarmerie ou de l’armée de l’air, où la limite d’âge est par exemple fixée à 30 ans.

Les participants peuvent se voir confier les mêmes missions que les militaires d’active, précise le ministère de la défense.
"Les réservistes militaires permettent de faire face à la simultanéité des opérations et d’accroître la capacité des forces à durer en renforçant les unités d’active, en particulier lors des pics d’activité (opération Sentinelle, plan Vigipirate, crises sur le territoire national, intempéries, services d’ordre public lors d’événements majeurs, protection de bases navales, de ports d’intérêt vitaux et d’installations sensibles…)."
François Hollande a précisé, dans sa déclaration solennelle, que la réserve opérationnelle sera nécessaire "en particulier pour le contrôle des frontières".

Quels sont ses moyens ?
Au 30 novembre 2015, la réserve opérationnelle militaire était composée de 28. 000 réservistes du ministère de la Défense et 23.000 réservistes de la gendarmerie nationale ; 19 % seulement sont des femmes.




Au ministère de la Défense, l’ambition est d’augmenter les effectifs d'un tiers pour atteindre l’objectif de 40.000 personnes mobilisables par l’armée d’ici trois ans. Du coup, l’armée de Terre recrute. Cette arme contribuera en effet à hauteur de 800 réservistes par jour, soit 80 % de l’objectif annoncé par le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, président de la région Bretagne.
Au total, si les effectifs de réservistes de la gendarmerie n’évoluent pas: il y aura en 2019 en France 63.000 réservistes pour participer à la protection du territoire.

En outre, la loi de programmation militaire 2014-2019 a été actualisée afin, notamment, de renforcer le dispositif de réserve opérationnelle avec un accroissement des jours d’activité des réservistes, de 24 actuellement à 30 jours par personne et par an. Le maximum est de 60 jours appelables, mais ce plafond peut être porté de façon exceptionnelle à 150, voire 210 jours par an.
Près de 44 % des réservistes actifs moins de 10 jours
Durée d'activité moyenne des réservistes opérationnels en 2014
0 %10 %20 %5 %15 %25 %Répartition dans les effectifs de réservistes0 jour0.5 à 5 jours6 à 10 jours11 à 20 jours21 à 30 jours31 à 60 jours61 à 150 jours151 à 210 jours
SOURCE : MINISTÈRE DE LA DÉFENSE
Pour permettre le renforcement du dispositif de réserve citoyenne, une augmentation de 77 % du budget annuel qui lui est consacré est prévue entre 2014 et 2018.

Quelle est son utilité réelle ?
Selon le ministère de la Défense, les forces réservistes font "partie intégrante du nouveau modèle d’armée issu du Livre blanc. Sans elles, les forces de défense et de sécurité ne sont pas en mesure de remplir l’ensemble de leurs missions, en particulier en cas de crise sur le territoire national", note le guide d’orientation de la défense française.

Et il existe en fait de nombreux freins à l’utilisation des réservistes : le premier est le temps de formation, selon le lieutenant-colonel Gérald Orlik, qui témoignait dans le cadre de la commission de la Défense nationale et des forces armées en avril 2015 : "Le premier obstacle pour nous est le temps nécessaire à la préparation et à la formation des réservistes (…). Expliquer à des jeunes qu’on les prépare cette année, mais qu’on ne les emploiera que l’année suivante faute de crédits nuit [à la fidélisation des réservistes]."
Un temps de formation d’autant plus indispensable pour remplir des missions en armes au sein de la population. Ainsi, seulement 321 réservistes ont été engagés dans l’opération Sentinelle, soit à peine plus de 3 % des personnels engagés, d’après les chiffres donnés par Pierre de Villiers. Le chef d’état-major des Armées souligne aussi le manque de réactivité du dispositif et le cantonnement des réservistes dans des missions de "garde statique". Pas de quoi motiver...

La fidélisation des volontaires est d’autant plus difficile que, visant des actifs, le dispositif requiert le soutien des employeurs. Ces derniers doivent libérer les volontaires désireux de servir la réserve au moins cinq jours par an : pendant l’activité de réserve, le contrat de travail est suspendu et l’employeur n’est pas indemnisé. Résultat, certains des volontaires sont des réservistes "honteux", témoignait le lieutenant-colonel Orlik, "qui ne déclarent pas leur état de réserviste à leur employeur et prennent sur leurs congés pour pratiquer leurs activités militaires".
La gauche appelle ça faire de la prévention ?

Quelle différence avec la "garde biterroise" de Robert Ménard ? 

La "réserve opérationnelle" de Hollande est une copie grand format de sa garde biterroise, observe Robert Ménard.

Aujourd'hui, Robert Ménard souligne que l'État se livre à un copié-collé du dispositif que la justice lui a interdit de mettre en place.  Les réservistes opérationnels mobilisés par le gouvernement socialiste seront placés sous l'autorité de la hiérarchie policière ou militaire, comme le seront les patrouilles placées sous l'autorité du maire de Béziers, Robert Ménard, sans disposer d'aucune autonomie d'intervention.

L'initiative du maire Robert Ménard décriée par les gauches socialiste et radicale qui la qualifient de "sécuritaire" est reprise sous le terme de  "réserve opérationnelle", avec l'approbation des mêmes acteurs polico-médiatiques.
Les décrypteurs, experts et autres spécialistes de la 'désintox' et du 'vrai ou faux' 
de la maison socialiste - très en vogue dans les salles de rédaction des organes de presse au service de l'Elysée - planchent ce dimanche sur l'argumentaire officiel à opposer à Ménard pour démontrer que ça n'a rien à voir. Rendez-vous aux premières heures, ce lundi matin...

Hollande, Valls et Cazeneuve sont-ils les premières menaces sur l'ordre publique ?

A Béziers, "le premier risque pour l’ordre public, c’est Ménard," titrait Le Monde du 7 mai 2015.
"Ça, c’est les Gaulois !": la pancarte, criarde [sic], accueille le visiteur à l’entrée du Musée du Biterrois, ricanait Madjid Zerrouky, envoyé spécial du journal officieux du PS. Et de commenter: "Comme si la municipalité de Béziers (Hérault), dont le maire, Robert Ménard, a affirmé [sic] qu’il y a 64,6 % d’enfants musulmans dans ses écoles, cherchait à conjurer le sort [re-sic] en rendant hommage à "nos ancêtres" [sic encore] , comme le soulignait le journal municipal en mars. Qui sous-titrait même : 'La Gaule contre-attaque !' " Sans compter la contestation des "têtes blondes" ("une affiche très années 1950", selon Madjid Zerroukyou les citations aigres par le journaliste des références aux paroles d’une chanson d’Henri Salvador [métis] côtoyant celles de 'La Marche lorraine' ("Jeanne d’Arc, vierge souveraine"…).

Le journal national dézingue la population qui a élu Ménard maire
Dans une rue de Béziers.  Depuis le 1er février 2015, la police municipale est équipée d'armes à feu."Béziers détient le titre peu enviable de quatrième ville la plus pauvre de France. Les façades sont délabrées, les immeubles murés, les trottoirs défoncés et la propreté est à l’avenant. Ici, où se succèdent kebabs, boucheries hallal et même un écrivain public, difficile de trouver des ouailles de Robert Ménard, dénigre Zerrouky. "On est tombé sur le gros facho, vous pouvez l’écrire, s’exclame Tony Ferreira, 28 ans. Et c’est un Portugais qui vous le dit !" cite le journaliste issu du lycée Descartes d'Alger.

Le journaliste franco-algérien de dresser un catalogue de mesures qui horrifient les communautaristes haineux de notre société, lorsqu'elle réagit à ce qui lui est étranger. "La dernière en date d’une série de mesures à caractère polémique, mises en œuvre depuis son élection en mars 2014 : interdiction de pendre le linge aux fenêtres et de "cracher sur la voie publique", limitation des antennes paraboliques visibles depuis la rue, instauration d’un couvre-feu de 23 heures à 6 heures pour les mineurs lors des week-end et vacances scolaires, renforcement et armement de la police municipale, installation d'une crèche de Noël dans l'hôtel de ville... Le tout sur fond de réhabilitation de l'Algérie française, en rebaptisant une rue au nom d'un putschiste de 1961." 

La gauche radicale franco-algérienne 
- notamment le NPA- 
contre la "réserve opérationnelle" de Hollande ?
Ce qu'omet - par inadvertance, au risque d'être accusé de désinformation - de préciser notre donneur de leçons franco-algérien, c'est que c'est la rue du 19 mars 1962, date des accords d'Évian, lesquels ne marquent nullement la fin des exactions, mais inaugurent une période de massacres de harkis.
"Vous venez pour Satan ?" est l'une des citations choisies du journal contre le maire de la ville qui n'a cessé d'osciller entre gauche et droite et qu'une majorité de Biterrois a démocratiquement confiée à ce proche du FN. "Robert Ménard privilégie le noyau dur de son électorat, à commencer par les commerçants, à qui il a promis de développer le tourisme et que son discours séduit", ajoute Cyril Hennion, le vice-président de la Ligue des droits de l’homme à Béziers.
"Le premier risque pour l’ordre public, c’est Ménard", déclare David Garcia, membre du syndicat Solidaires, associé aux trotskistes de SUD, et pour qui le nouveau maire joue en ce moment avec le feu.

Et encore, le tribunal a suspendu la "garde biterroise"

Pour mettre le gouvernement face à ses responsabilités, la délibération pour la création d'une "garde biterroise" à Béziers a été adoptée en décembre 2015 par le conseil municipal. La "proposition" du maire Robert Ménard, vivement critiquée par le préfet de l'Hérault, a été votée avec 35 voix pour.
La "Garde biterroise", composée de bénévoles, ex-gendarmes ou ex-policiers chargés d'assurer des gardes statiques devant les bâtiments publics, d'organiser des déambulations sur la voie publique et d'alerter les forces de l'ordre, a été créée à Béziers.
Mais une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Montpellier datée de mardi 19 janvier, est venu suspendre la "garde bitterroise', qualifiée de 'milice' par les opposants, sans la dissoudre. La préfecture avait déposé deux recours : un référé en urgence pour s’assurer que la décision ne s’applique pas et dont la décision a en effet été prise; l’autre référé demandant l’annulation de la décision municipale doit encore être examinée.

Le juge a, en outre, rejeté la notion de "collaborateur occasionnel du service public", que Raphaële Hiault-Spitzer, l’avocate de la ville de Béziers à l’audience du 13 janvier, a fait valoir. Emettant "un doute sérieux sur la légalité de la délibération", le juge a ordonné la suspension et a "enjoint" à la commune de Béziers de "surseoir à la mise en place opérationnelle de la 'garde biterroise' " et de mettre fin à toute mesure d’information et de publicité la concernant, jusqu’à ce que le tribunal statue sur le fond de l’affaire".

Cazeneuve élargit la "garde biterroise" à l'hexagone

Sous la pression des circonstances, vendredi 15, au lendemain du massacre terroriste des innocents du feu d'artifice de Nice, le président Hollande a annoncé un prolongement de trois mois de l'état d'urgence. Dans la foulée et la précipitation, et non pas en prévention d'autres drames à venir, donc, Flanby a lancé un appel à une réserve opérationnelle. Une décision aussitôt confirmée samedi par Nanard Cazeneuve, son ministricule de l'Intérieur. "Nous allons renforcer la présence des forces de sécurité sur l'ensemble du territoire nationale", a déclaré l'occupant de la Place Beauvau. "Je voudrais lancer un nouvel appel à rejoindre cette réserve pour tous les Français patriotes qui le souhaitent", a-t-il gravement déclaré. Pour l'occasion, l'Etat-PS est-il devenu nationaliste ?

Le juge des référés du tribunal administratif de Montpellier devra-t-il maintenant se déjuger ?
Et le Conseil d'Etat doit-il statuer en urgence ? Solidaires devrait logiquement se dresser contre cette 'milice' nationale...
Si localement, "le premier risque pour l’ordre public, c’est Ménard," que dire de Hollande à l'échelle nationale ? On hâte de lire la prose du journal Le Monde qui va devoir se contorsionner... 

Aucun commentaire :

Enregistrer un commentaire

Vous pouvez ENTRER un COMMENTAIRE (il sera modéré):